Advocate's Close
Le samedi 27 août 2050
PNJ actif : Caleb Cooper
PNJ actif : Caleb Cooper
Orphéa redoutait cette journée. Celle où elle allait enfin découvrir ce qui devait devenir son chez-elle : un lieu qu’elle n’avait pas choisi, qu’on lui imposait, avec de bonnes intentions, certes, mais aussi une infinité de conditions. C’était mieux que rien, sans aucun doute. Mais cela n’enlevait rien à cette étrange sensation d’être déplacée, presque déracinée. Bien que l’appartement soit relié au réseau de cheminette, son père avait tenu à ce qu’ils arrivent par la ville. Edimbourg, dans toute sa densité moldue, grouillait autour d’eux. Caleb se frayait un chemin avec une aisance presque insolente, comme s’il avait toujours appartenu à ces rues. La petite brune, elle, avançait en se sentant étrangère à tout, le regard happé par les vitrines, les passants, la vie qui se déroulait autour d'elle. Ils s’engouffrèrent finalement dans une ruelle étroite et sombre, puis franchirent la première porte sur la droite.
Le hall était à la fois négligé et grandiose. Des moulures ternies, un sol usé par des décennies de pas, mais surtout un immense escalier de marbre qui s’élevait vers les étages, majestueux malgré la poussière. Orphéa suivit son père jusqu’au quatrième et s’arrêta devant une porte sobre, mais subtilement différente de toutes celles qu’ils avaient croisées jusque-là. Il sortit de sa poche une vieille clé, usée par le temps, et la lui tendit.
"À toi l’honneur"
L'ancienne Serpentard hésita un instant, puis tourna la clé dans la serrure. Lorsqu’elle entra, son scepticisme, né dès l’instant où cet appartement lui avait été imposé, se fissura aussitôt. La décoration était datée, poussiéreuse, et tout demandait à être nettoyé, réinventé… mais le lieu avait une âme. Ce n’était pas très grand. Mais la vue sur la cathédrale Saint-Giles, à travers les hautes fenêtres, était à couper le souffle. Le vieux parquet gémissait doucement sous ses pas tandis qu’elle parcourait l’appartement : une grande pièce de vie, une cuisine séparée, une salle de bain, une chambre lumineuse donnant sur une cour intérieure, et même un bureau. La lumière traversait l’espace avec une douceur inattendue. Elle s’y déposait, chaude et rassurante, comme une promesse silencieuse. Cela n’empêcherait pas Orphéa de fouiller chaque recoin, de passer chaque mur au peigne fin. Elle n’avait aucune intention de laisser la moindre trace magique de sa grand-mère traîner ici. Mais malgré elle, quelque chose en elle se détendait.
"C’est sympa, lança finalement la jeune femme d’un ton faussement détaché, après avoir terminé sa visite. Je m’attendais à autre chose"
"Pour qui tu me prends ? Je n’allais pas te laisser vivre dans un taudis, répondit son père, appuyé contre l’encadrement de porte du salon, en esquissant un sourire. Tu auras un peu de travail de décoration, à moins que tu tiennes aux vieux posters que Charlie et moi avions collés partout"
Orphéa se figea.
"Tu as vécu ici ? demanda-t-elle en stoppant son observation"
"Oui. Quand j’étais étudiant, répondit-il, un voile de nostalgie dans la voix. À l’époque, l’ISDM était à quelques rues d’ici, sous l’université moldue"
"Hm… ajouta Orphéa sans savoir exactement quoi répondre à cela"
"Ça va ? lui demanda finalement Caleb, après un instant de silence"
Elle hésita. Mille choses se pressaient derrière ses lèvres : la peur, la gratitude, la fatigue, le sentiment d’être à la fois protégée et enfermée. Finalement, elle n’en laissa sortir qu’une.
"Oui. Je… Merci"
Et pour la première fois, depuis longtemps, ce mot n’était pas qu’une politesse.
Sorcière adulte, étudiante à l’ISDM •
L’influenceuse qui lance des modes cheloues / Elue Star des cachots et Romantique 2047