Les embruns sur la peau M.R

SAMEDI 1er JUILLET - ÉTUDIANTE
TINWORTH
@Miya Ryuū

Allée centrale du Chemin de Traverse
10h04


Les pièces d'or cliqueterèrent lorsqu'Élicia les posa sur le comptoir de la boutique. Il était rare qu'elle dépense autant d'argent d'un coup, surtout des gallions qu'elle préférait garder au fond de sa poche. Néanmoins, avec l'argent du balai qu'elle avait revendu, celui qu'elle avait économisé au fil des années et l'aide de Kenric, voilà qu'elle avait assez pour s'offrir ce petit plaisir.

Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas volé.

A Poudlard, tout était plus simple. Plus de temps libre. Plus de sécurité. Plus de discression. A l'époque il lui suffisait de prendre son balai posé à côté de son lit, dans son alcôve jaune, de choisir un moment où aucune équipe ne s'entraînait, et elle volait. Parfois quelques minutes à peine, d'autre une heure entière.
Retrouver le plaisir du ciel. Le vent fouettant son visage, les rayons du soleil lui caressant la peau. Le plaisir de la hauteur. Tout voir, ses camarades devenus fourmis, le château sous un autre angle, le lac plus étendu que jamais avec une multitude de paillettes à sa surface qui faisaient penser aux étoiles.

Après Poudlard, plus rien. Les études prenaient une part considérable de son temps. Le reste, elle l'utilisait avec ses amis. Aïsha, sa colocataire à la GEAD. Lumah, quand elles arrivaient à se retrouver entre deux semaines d'études pour l'une et d'apprentissage pour l'autre. Castiel aussi, parfois pour s'entraîner, parfois pour flâner. Et puis sa famille. Ses cousins et cousines, et ses parents désormais seuls à la maison. Raphael avait effectué sa dernière année à Poudlard, Emma sa toute première.
Et puis, comment voler, avec le risque d'être vue par les moldus ? Elle ne se voyait pas le faire entre les grilles de la GEAD, voler au dessus de Godric's Hollow serait sûrement mal vu.

Difficile donc de trouver le temps, l'occasion, et l'endroit.

Elle avait donc revendu le balai qui l'avait suivi à Poudlard.
Mais le vol lui manquait. Et ses journées de stage bien que stimulant avec Thomas lui faisait comprendre qu'elle avait besoin de faire autre chose de son temps libre.

Élicia s'était donc rendue sur le Chemin de Traverse ce samedi matin, levée au même temps que son père qui retournait à Godric's Hollow pour terminer la parution du lundi suivant.
Et voilà que s'étendait devant elle, sur ce grand comptoir, ce balai tout neuf qui l'attendait.
Les pièces cliqueterèrent quand elle les sortit de sa bourse, cliqueterèrent encore lorsqu'elle le déposa.
La jeune sorcière récupéra son nouveau jouet avec un sourire émerveillé aux lèvres.
Elle se devait de l'essayer, et vite.

Après un sourire au commerçant, un "Merci, bonne journée", elle poussa la porte de la boutique, son nouveau balai à la main.
Maintenant, où pouvait-elle bien l'essayer ?
Au dessus de la maison ? Non, trop de risque de moldus matinaux. Pré-au-Lard ? Elle n'avait étrangement pas envie de voir Poudlard. Ni même d'essayer de voler autour, voir si un sortilège pouvait la bloquer. Trop risqué. Godric's Hollow n'était pas une option non plus.

Et ce petit village sorcier où Aïsha l'avait amené durant les dernières vacances ? Le village où habitait la soeur duelliste de son amie ?
Un village cotier, au sud de l'Angleterre.
Avec la chaleur des derniers jours, un petit tour à la mer n'était pas une mauvaise idée. Bien au contraire.

Décidée, son sourire toujours sur ses lèvres, Élicia transplana.

___

Une Rue dans Tinworth
10h17


Comme à son habitude, il lui fallut une bonne minute pour se remettre sur pieds. Le transplanage lui apportait toujours quelques nausées, ou des vertiges, au choix. Cette fois-ci, c'était des vertiges.
Ses yeux fermés pour stabiliser son état, son nouveau balai toujours serré dans sa main droite, la jeune sorcière finit par se relever. Son regard glissa sur les bâtiments à l'architecture remarquable.
Alors même qu'elle ne la voyait pas, l'odeur de la mer se glissa sous ses narines, embomant l'air autour d'elle.

Son sourire se fit plus franc. Élicia voyait rarement la mer, mais qu'est-ce qu'elle aimait la contempler...
Alors elle ne perdit pas une minute de plus. Aïsha lui avait fait visiter le petit village la dernière fois. Il ne lui fallut donc pas longtemps pour retrouver son chemin, et très rapidement elle se rapprocha de la côte.

Plus bas, les vagues léchait le rivage caillouteux. Trop bas pour qu'elle puisse descendre. Trop glissant pour qu'elle ne s'y risque. Elle n'avait cependant aucune envie de sauter à l'eau, tant le courant d'air autour d'elle la rafraichissait déjà.

Élicia se tint donc un moment, silencieuse, songeuse, à fixer la mer et l'horizon qui s'étendait au loin, son balai toujours à la main.
Elle aurait tout le temps de l'essayer, mais le moment était à la contemplation.

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off

Les embruns sur la peau M.R
1er juillet 2051
Miya, 38 ans

D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours aimé voler. Dans les airs, je veux dire. Bon, faire les poches aussi ça a quelque chose de kiffant, je dois le reconnaitre, mais c'est pas pareil que de s'envoler dans le ciel, sentir l'air dans ses cheveux, et inspirer des bouffées d'oxygène si grandes qu'elles donnent mal à la tête, puis avoir l'impression de se sentir libre comme jamais. Cette simple pensée m'arrache un sourire doux alors que je déambule dans les rues de Tinworth, mon balai de course entre les bras. Il est moins tonic avec le temps, il commence à perdre un peu en vitesse et il m'envoie clairement les signes que je vais bientôt devoir le changer, mais je suis attachée à lui. Bon, c'est pas non plus mon balai de Poudlard, celui que j'utilisais à l'époque où j'étais une joueuse pour Serpentard. Être la batteuse des Crochets d'Argent ça claque un peu. J'm'en rappelle super bien, et j'étais pas mauvaise. J'étais même sacrément douée, quoi qu'en dise Kiki. J'suis sûre qu'il disait ça pour m'agacer en plus, parce que e ratais jamais le cognard, j'étais la meilleure.

« Imbécile, je marmonne affectueusement, sourire aux lèvres. J'étais la meilleure, et tu l'sais. »

Alors, quand j'ai le temps, l'envie et la motivation, je mets mon réveil le weekend, le samedi, et j'enfile une tenue confortable. Un long jogging, un débardeur, un pull, des gants et des lunettes de protection. Je fait un bisou à Kaida et, une fois que je suis certaine que ce reptile inutile n'est pas entrain de se mettre en danger pour rien, j'attrape mon balai, ma baguette et je transplane ici.

Tinworth, c'est mon havre de paix. J'y vais quand j'ai besoin de penser, quand j'ai besoin de moi et seulement de moi. Parfois j'emmène ma guitare et je peux passer plusieurs heures à composer ou à jouer sur les quais, le regard fixé sur l'horizon. J'aime regarder le soleil disparaitre, se fondre dans les flots, ne faire qu'un avec cet océan de perles salées. Sous mes yeux, rouge, jaune et rose, et violet, orange et parfois même vert se mêlent dans une peinture qui glisse sur la toile de la mer, celle qu'elle offre aux peintres — les nuages, qui composent alors les plus jolies des aquarelles, celles qui me font penser aux œuvres de Winnie. Parfois j'en oublie que je suis là pour me reposer, et je m'élance au-dessus des vagues, riant aux éclats, ravie de sentir les embruns sur ma peau.

C'est ce que je suis venue faire ce matin, même s'il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir eu cette idée. Au loin, sur la côte, là où j'aime me rendre pour prendre mon envol, je distingue une silhouette qui n'est pas celle de quelqu'un que je pourrais connaitre et qui m'attendrais pour aller voler avec moi. Méfiante, je fronce les sourcils sans pour autant ralentir.

En m'approchant, je distingue une cascade de cheveux roux, ce qui semble être un balai tout neuf et la silhouette d'une jeune fille. Je ne lui donne pas la vingtaine. Elle me fait penser à Leo.

« Hm..hm. »

Je tousse légèrement, essayant vainement de m'annoncer sans paraitre trop suspecte.


_______
539 mots
@Élicia Caldin

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage