6 juil. 2026, 19:57
Le goût de la rentrée  PV Noa V. 
Jeudi, 6 juillet, 2051
@Noa Vane

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Ce n'était pas la première fois que Lyra se rendait sur le Chemin de Traverse, mais elle adorait cet endroit bien plus animé que sa banlieue, où sa famille tenait un café avec un coin boutique. Elle aimait y voir les gens déambuler et tout ce qui se trouvait à sa portée. Et c’était encore mieux lorsqu’elle y était avec son père, qui, d’un simple battement de cils, avait bien du mal à lui refuser quoi que ce soit.

Avec ses boucles rousses en deux petits chignons chaotiques sur la tête, Lyra était prête pour une journée de shopping en préparation de son entrée à Poudlard, prévue en septembre. Ses vêtements du jour : un short mauve ressemblant à une jupe et un chandail à motifs de chats dans l’espace. Le tout complété par sa besace qui rebondissait contre sa hanche. Après l’incident du gnome de jardin, les extensions de sacs étaient interdites en ce qui concernait Lyra, si bien que les attaches avaient du mal à se refermer entre ses carnets, son Bic et d’autres objets ramenés de chez elle ou achetés sur le Chemin de Traverse. Elle découvrirait sûrement une chocogrenouille écrasée au fond le soir même, si elle pensait à vider son sac.

Leur dernière visite remontait à un week-end à Londres il y a moins de deux semaines, mais Lyra avait réussi à convaincre son père, Fergus McKenna, de l’y ramener. Ses robes commandées quelques jours plus tôt n’étaient pas encore prêtes, et elle avait déjà reçu sa baguette sous le regard des trois adultes de sa vie, mais elle n’avait pas encore eu l’occasion de déguster une glace chez Florian Fortarôme. Il lui manquait encore le nécessaire de potions, ce qui lui offrait l’occasion parfaite de proposer une halte au comptoir de glaces pour terminer leurs emplettes.

Lâchant la main de son père, Lyra se colla quasiment le nez contre la vitre pour y lire les différents parfums. Framboise, arachide, crapaud à la menthe… il y avait l’embarras du choix. C'était presque trop pour la jeune rouquine, dont le regard s'illuminait à la simple promesse de sucre, comme si ses taches de rousseur en devenaient plus éclatantes.

Mais je suis supposée décider comment… et puis bulle baveuse, ça goûte quoi encore? lâcha-t-elle, se balançant d'un pied sur l'autre, incapable de détacher son regard de toutes ces couleurs, sans s'adresser à personne en particulier, certaine que son père répondrait.

Tu peux en choisir trois, Fergus lui répondit doucement, d'une voix grave, un sourire se cachant à peine derrière sa barbe rousse.

Son père lui avait dit avant même de rentrer dans la petite boutique, les limites. Il ne voulait pas se retrouver avec un cornet de chaque parfum, donc il avait clairement donné un guide de ce que Lyra pouvait commander avant de franchir le portique. Un gros cornet, une coupe, voire le spécial du jour, mais elle devait s'en tenir à trois parfums, et de préférence un qu'il apprécierait une fois qu'elle avait décidé, après quelques bouchées, qu'elle en avait suffisamment mangé.

Le fait que son père lui offre la possibilité d'en choisir trois ne l'aidait guère dans sa décision. Et en plus elle aurait à décider d'un format...La coupe laissait les mains libres, mais le cornet rendait la taxe paternelle plus difficile à récupérer.

550 mots
Image de Lyra générée par IA.

7 juil. 2026, 13:02
Le goût de la rentrée  PV Noa V. 
Noa ne savait plus où regarder.

À chaque fois qu'elle croyait avoir trouvé la chose la plus incroyable de la rue, une autre apparaissait aussitôt. Une vitrine remplie de balais. Une chouette qui hululait derrière une cage. Des livres qui semblaient vouloir s'enfuir de leurs étagères.

Les adultes avaient tort.

Deux yeux, ce n'était pas assez.

Les balais soigneusement alignés semblaient l'appeler derrière la vitre déjà couverte des traces laissées par des générations d'apprentis sorciers. Ils étaient si beaux. Avec leurs manches parfaitement polis et leurs brindilles taillées avec un soin presque maniaque, ils avaient l'air d'attendre qu'un sorcier vienne enfin les emmener dans les airs.

Noa piétina trois fois sur place avant de se tourner vers sa mère. Ses yeux étaient aussi ronds que des gallions, sa bouche dessinait une moue suppliante. Donatella ne cilla pas. Même lorsque sa fille lui promit qu'elle s'occuperait de son balai mieux que de n'importe quoi au monde. Le nom de Poilu s'échappa même de ses lèvres, comme si l'objet possédait déjà son identité.

Il ne fallut qu'une seconde d'hésitation.

Une seule.

Lorsque Donatella reposa les yeux devant elle, Noa avait déjà disparu parmi les passants.

Elle la retrouva quelques mètres plus loin, immobile devant une nouvelle vitrine.

Cette fois, il y avait des animaux.

Un immense lézard semblait la fixer sans cligner des yeux. Un hibou roulait doucement des épaules sur son perchoir tandis qu'une chouette tournait presque entièrement la tête, bien décidée à exhiber son étrange talent.

Les yeux de Noa couraient d'une cage à l'autre sans jamais réussir à s'arrêter.

Les adultes avaient encore tort.

Les yeux pouvaient bel et bien essayer de sortir de leur tête.

Une légère tape derrière son crâne la ramena brusquement sur terre. Elle leva aussitôt les yeux vers sa mère, perdue.

Le regard de Donatella suffisait largement à annoncer les remontrances qui arrivaient. Noa détourna les yeux avant même qu'elles ne commencent.

Elle gonfla les joues et se balança d'un pied sur l'autre.

Ce n'était quand même pas sa faute si les vitrines semblaient vouloir l'aspirer tout entière.

Après un long soupir, Donatella finit par céder sur un point.

Tu peux aller t'acheter une glace. Mais quand tu reviens, tu es la plus sage et la plus calme des petites filles. Compris ?

Noa hocha si vite la tête que sa tresse bondit contre son épaule. Ses yeux, eux, étaient déjà fixés sur les quelques pièces que sa mère venait de sortir de sa bourse.

Qu'est ce qu'elle allait prendre ? Chocogrenouille ? Crapaud à la menthe ? Il y avait tellement de parfums, et tant de sucre qu'elle n'avait pas encore avalé.

Elle courut presque jusqu’à la devanture sucrée. Là, trônaient une trentaine de bacs colorés qui semblaient se dédoubler par milliers sous les yeux de Noa.

Comment pouvait-elle faire un choix ?

Elle se tortilla d'un côté, puis de l'autre, comme si bouger allait soudainement lui apporter une réponse. Ça ne fonctionna pas. Ou en tout cas, pas dans le sens qu'elle espérait.

Puis, à côté d'elle, une autre enfant observa les parfums avec le même air perdu.

Noa hocha lentement la tête.
Elle comprenait.
Enfin quelqu'un qui comprenait.
Elle se rapprocha légèrement, comme si elles étaient déjà en pleine discussion depuis plusieurs minutes.

Tu crois qu'on peut tous les goûter avant de choisir ?

554 mots
@Lyra Moran

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.

7 juil. 2026, 22:26
Le goût de la rentrée  PV Noa V. 
Goûter… tous les parfums… avant de choisir ?

Mais qui était ce génie à ses côtés avec des idées aussi délicieuses ?

Lyra se décolla enfin de la vitrine pour dévisager la fillette blonde qui venait, à ses yeux, d'avoir l'idée du siècle. En l'espace d'une seconde, la jeune sorcière venait de gagner toute son admiration. Une véritable muse de la gourmandise.

Son regard glissa brièvement vers le glacier, puis vers les adultes un peu plus loin, avant de revenir vers la fillette.

Avec la bonne approche... je crois bien qu'on peut au moins essayer, répondit-elle avec un hochement de tête des plus convaincus.

Dans sa tête, le plan semblait pourtant infaillible. S'ils goûtaient tous les parfums, ils choisiraient forcément ceux qu'ils préféraient. C'était même un service rendu au glacier : deux clientes satisfaites reviendraient sûrement un jour. Enfin... c'était ce qu'elle espérait. Peut-être que ça vaudrait un bonus de persuasion. Ou au moins éviter un désavantage.

Sa main fila jusqu'à la poche de sa besace, où ses doigts trouvèrent aussitôt le d20 qu'elle avait glissé là le matin même. On ne savait jamais quand une négociation importante exigerait un lancer de persuasion.

Du coin de l'œil, Fergus croisa brièvement le regard de la vendeuse avant de hausser les épaules avec un sourire résigné. Cette expression-là, Lyra la connaissait. C'était celle qui disait : « Je n'approuve pas forcément son plan... mais j'aimerais bien voir où il mène. »

Elle fit soigneusement mine d'ignorer le regard de son père, qui semblait déjà avoir deviné qu'elle préparait quelque chose.

Si elles étaient deux à faire la demande, leurs chances augmenteraient forcément. C'était comme dans les jeux : plus il y avait de membres dans le groupe, plus les quêtes avaient de chances de réussir. Enfin... c'était ce qu'elle avait retenu après des années à jouer à Donjons et Dragons avec sa famille et à voir défiler toutes sortes de groupes dans leur boutique. À plusieurs, les choses semblaient toujours un peu plus faciles.

Bonjour, lança-t-elle à la dame derrière le comptoir. Elle savait que les bonnes manières donnaient toujours un petit bonus aux négociations. Son lancer de persuasion était peut-être en cours, mais ses yeux, eux, avaient déjà échoué à leur jet de patience.

Excusez-moi, Miss, serait-il possible d'avoir des échantillons de chaque parfum avant de faire son choix? Peut-être pas de café, du moins pour moi, mais autrement... Elle tourna la tête vers sa nouvelle alliée avec un regard qui voulait clairement dire : « Aide-moi. »

Les yeux de Lyra dévoraient les différentes glaces derrière la vitre, chaque petit mont de glace coloré marqué par une pancarte portant son nom. Son ventre gargouilla discrètement, comme s'il approuvait déjà le plan. Elle tenta de rester parfaitement immobile, comme si avoir l'air sage pouvait influencer la décision de la vendeuse. Ses yeux, eux, continuaient pourtant de voyager d'un parfum à l'autre. Framboise. Chocogrenouille. Bulle baveuse. Fraise. Citron. Crapaud à la menthe. Chaque nom semblait meilleur que le précédent, ce qui n'aidait absolument pas à choisir.

504 mots
@Noa Vane

8 juil. 2026, 09:43
Le goût de la rentrée  PV Noa V. 
La fillette rousse, le nez presque collé à la vitrine des glaces, s'en décolla un instant pour lui lancer un regard émerveillé. Noa lui répondit par un sourire encore plus large.

Elle était partante.

Évidemment.

À deux, la vendeuse accepterait forcément de leur faire goûter tous les parfums. Elle n'avait aucune raison de refuser. Deux glaces valaient forcément mieux qu'aucune. C'était de l'économie. Enfin... quelque chose dans ce genre-là.

Les deux fillettes s'approchèrent du comptoir, le regard déjà perdu parmi les couleurs des bacs, des idées de sucre plein la tête.

La rousse commença avec une politesse si parfaite que Noa en resta presque impressionnée.

Elle resta un instant bouche entrouverte.

C'était brillant.

Sa mère passait son temps à lui répéter que les adultes préféraient les enfants polis. Celle-là venait de commencer par « Bonjour » puis « Excusez-moi ».

Autant dire que la glace était déjà presque dans leurs mains.

Elle s'empressa de renchérir, posant ses deux mains sur le comptoir.

Oui ! Parce que si on choisit maintenant et que c'est pas le meilleur, on pourra plus revenir en arrière.

Elle réfléchit une fraction de seconde.

C'était un argument très solide.

Et puis on prendra quand même une glace après. Même une grosse.

Nouvelle réflexion.

Enfin... une chacun.

Elle hocha vivement la tête.

Comme ça, personne perd. On pourra même conseiller les autres enfants après !

Elle adressa un sourire plein de conviction à la vendeuse.

Franchement, le plan était parfait.

247 mots
@Lyra Moran

#d19002 - Tournes-toi vers le soleil, et l'ombre sera derrière toi.