17 juil. 2026, 10:34
 France   PNJ   A.S.  De cendres et de sang
28 juin 2051.
Entre la Norvège et la France.
Avec @Alice Sangblanc et ses PNJ.
Mention de @Lorelyne Jenkins.

Morgan ne se considérait pas comme une grande voyageuse. Même si, par rapport à d’autres sorciers, elle avait effectivement eu son lot d’expérience à l’étranger. L’Allemagne, le Mexique, les États-Unis… Et pourtant, sa liste s’arrêtait là.

Jusqu’à ce qu’elle traverse la mer du Nord pour rejoindre les terres qui avaient vu naître Lorelyne Jenkins. Et cette escapade dans les contrées plus froides de l’Europe n’avait été qu’une première étape. Car il n’était qu’une question de minutes avant qu’elle ne prenne un portoloin international qui la conduirait en Allemagne quelques jours puis... en France, auprès de Thomas et des siens.

Sa famille à elle, puis sa famille à lui. Sa… future belle famille à elle.

L’expression lui paraissait encore étrange. Presque étrangère.

Belle-famille.

Morgan avait encore du mal à associer ces mots à des personnes qui pourraient tout aussi bien devenir les siens que décider qu’elle n’avait rien à faire auprès de leur héritier. Il y avait quelque chose d’étrangement présomptueux à imaginer qu’un jour elle pourrait employer ce terme sans hésitation, alors même que ces personnes auraient entre leurs mains le pouvoir de convaincre Thomas que son choix était une erreur.

Et elle ne pouvait pas entièrement leur en vouloir.

Le souvenir du français réduisant sa chevalière en poussière était encore gravé dans son esprit avec une netteté presque douloureuse. Une part d’elle voulait garder Thomas auprès d’elle, préserver ce lien qu’ils avaient construit et accomplir son propre devoir, même si cela signifiait risquer de l’éloigner de sa famille. L’autre refusait catégoriquement de devenir la raison pour laquelle il tournerait le dos aux siens, n'attendant que cela, de le libérer des promesses qu’elle ne lui avait jamais demandé de lui faire.

Et malgré tout, une part encore attendait ce voyage avec une impatience qu’elle refusait soigneusement d’examiner.

Parce que, derrière l’appréhension, derrière les calculs et les scénarios catastrophes qu’elle avait déjà envisagés sous toutes leurs formes, il y avait la perspective de retrouver celui dont l’absence avait laissé un silence bien trop présent.

Les nuages norvégiens ne lui avaient jamais vraiment rendu l’image des boucles blanches qui avaient le don de désordonner ses pensées. Les paysages montagneux n’avaient pas réussi à lui faire oublier cette nuance de gris si particulière qui habitait le regard de l’être insensé ayant décidé, contre toute logique, de l’aimer. Et le silence de Lorelyne avait beau avoir accompagné son séjour dans le Nord, il n’avait rien eu de comparable aux mots si diablement bien maîtrisés de son chevalier. Ces phrases capables de l’agacer, de la désarmer ou de la convaincre lorsqu’elle aurait préféré rester obstinée.

Morgan était hautement agacée par tout cela - une semaine, ce n’était rien pourtant.

La sorcière réajusta distraitement la lanière de sa sacoche sur son épaule avant de jeter un bref regard à la malle posée à ses pieds. Le brouhaha du magi'port reprit peu à peu sa place autour d'elle, remplaçant le fil de ses pensées par la réalité bien plus immédiate : il était l'heure de prendre son portoloin.
Dernière modification par Morgan Rosenwald le 27 juil. 2026, 12:32, modifié 2 fois.

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

27 juil. 2026, 11:26
 France   PNJ   A.S.  De cendres et de sang


L’appréhension.
Thomas n’y était pas coutumier. Voilà ce que l’on gagne à sortir du chemin tracé par sa famille pour se lancer dans la plus intense, la plus improbable, la plus grande des aventures. Celle qu’il rêvait de vivre à jamais au côté de la sorcière qui avait volé son cœur quelques années auparavant.
Morgan serait bientôt de retour. Après avoir passé du temps en Norvège auprès d’une… amie, était-ce bien cela ? La belle avait poursuivit son voyage jusqu’en Allemagne, là où une famille que Thomas avait malmené dans sa traque. A cette pensée, un sourire fleurissait aux lèvres fines de l’homme. Merlin, il était à prévoir qu’elle aurait de nombreux reproches à lui faire. Lui en voudrait-il d’avoir fait montre de pugnacité enrobé de rage auprès des siens ? Ou bien serait-elle charmée de voir son chevalier si prompte à bousculer ciel et terre pour la récupérer ?
Quoi qu’il en soit, Thomas le savait : Morgan aurait bien des choses à lui reprocher, qu’elle soit charmée ou non. Ainsi était Morgan. Ainsi était la femme qu’il s’apprêtait à présenter à sa famille.

Dans le Magic’Port français, Thomas patientait, le nez levé vers le plafond de verre. L’été était bien là, désormais. Bouillonnant comme il le détestait. Pour une fois, Thomas avait hâte de retrouver le confort du domaine familial. Là, perché dans les hauteurs de la Haute-Savoie, bordé par les immenses sapins, soufflé par le vent alpin, Thomas osait dire qu’il s’y sentait bien, malgré tout ce que le manoir aux pierres blanches symbolisait pour lui et son avenir.
Pendant des semaines, l’héritier qui ne l’était plus vraiment s’était employé à préparer le terrain pour accueillir sa dame au cœur des siens. Cela, c’était sur le papier. En réalité, Thomas avait annoncé devoir leur “présenter quelqu’un”. Il n’avait pas parlé de fiancée. Il n’avait pas mentionné de belle dame aux boucles d’ébène qui avait volé son coeur pour ne plus jamais lui rendre, il y a trois ans de cela. Il n’avait fait que parler d’elle en “quelqu’un”. Quelqu’un qui s’apprêtait à sacrer roi leur chevalier.
Père s’était montré curieux, mais sans réellement le montré. Le chef de famille et son fils n’étaient plus en très bon terme depuis… eh bien, depuis toujours, n’est-ce-pas ? Quant à Grand-Père ? Le patriarche était inquiet, car lorsque votre petit fils décadent et malséant veut vous présenter quelqu’un, il y a bien du soucis à se faire. Peut-être s’imaginait-il que Thomas s’apprêtait à lui ramener un criminel notoire ou bien une chimère affamée. Si il connaissait Morgan, Grand-Père comprendrait qu’elle était l’un et l’autre selon les phases lunaires.

L’heure approchait. Thomas se sentit sourire. Il remonta les manches de sa chemise blanche, passa une main dans ses boucles blanches dépouillées de leur éternel couvre-chef.
Thomas glissa ses pouces dans les poches de son pantalon noir, et attendit que sa Morgan ne lui revienne.
Coeur battant.
Inquiétude aux tripes.
Il ne s’agissait pas là des affres de retrouvailles, ni même de celles d’un homme se sentant condamné par les mots qu’il avait prononcés envers sa belle famille.
Non. Ces affres là étaient celles qu’on ressent lorsqu’on se sait prêt à voir sa vie changer du tout au tout.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050