Funambules en péril quand avril s'abat sur le fil
TW : génocide rwandais, consommation de drogue (cigarette)
Qu'avait-elle donc ignoré, de si important qu'Ophelia parlait de "morts et de "commémoration" ? Merinda avait couru à la bibliothèque et parcouru les rayons à la vitesse de la lumière, jusqu'à trouver un ouvrage qui lui apprit l'impensable, quelques minutes à peine avant qu'elle ne doive quitter le château en courant pour ne pas louper le train.
Elle dormit mal - pour ne pas dire qu'elle ne dormit pas, et passa une partie de la nuit à taper son punshing ball, jusqu'à ce que sa mère vienne lui demander ce qui n'allait pas, ce à quoi elle lui répondit "Toujours à vouloir parler maintenant, pour comprendre c'est quoi mon problème, mais à l'époque où fallait parler parce qu'on en avait besoin on aurait dit qu'on vous avait jeté un Silencio éternel ! Allez vous faire foutre à vouloir réparer des trucs que vous avez cassé y'a trop longtemps ! ". Elle avait claqué la porte puis passé le restant de sa nuit à essayer de rédiger une lettre d'excuse à Ophelia, sans jamais être satisfaite.
Finalement, quand elle l'avait entendue se réveiller, elle avait été chercher sa petite soeur et lui avait proposé de jouer dans sa chambre. Elle avait alors regardé, en caressant sa vipère qui se vautrait dans ses draps, la rouquine lire à voix haute Les contes de Beedle le Barde. Merinda essayait d'écouter Carrie mais elle ne faisait que penser au fait que c'était le 9 avril et que 57 ans avant, à l'époque de sa grand-mère, le sang jaillissait au Rwanda, et peut-être dans sa famille. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si ses grands-parents n'avaient pas quitté le Rwanda à cause de ça, et elle en était désormais presque certaine. Sa grand-mère évitait toujours de parler de son départ du pays.
Se rendant compte que sa grande soeur ne l'écoutait qu'à moitié, Carrie avait finit par se lasser et quitter la chambre de Merinda. Cette dernière n'avait pas pu s'empêcher de se défouler de nouveau contre le punshing ball, oubliant de remettre les bandelettes autour de ses doigts. Finalement, lorsqu'elle avait entendu son père appeler à table, elle était sortie de chez elle, son skate à la main, en lâchant un :
"Je vais manger avec Shama et Evan."
Ce qui n'était pas du tout son intention. Elle voulait juste éviter de recroiser sa mère et de voir son père. Elle roula jusqu'au bar tabac du centre-ville où elle avait déjà accompagné Llo ou Ellie quand chacune d'elles s'achetait des cigarettes. Aux vacances de Noël, Ellie lui en avait proposé une, et Merinda avait voulu tenter. Encore un interdit de franchi avec Ellie. Elle avait toussé au début mais son amie lui avait montré comment faire. Aujourd'hui elle allait mal, et comme Llo fumait depuis qu'elle allait mal et allait désormais mieux, ça devait sûrement résoudre l'équation. De plus, Merinda avait particulièrement envie de faire quelque chose qui puisse déplaire à ses parents.
Elle ressortit du bar tabac avec un paquet de cigarettes et un briquet moldu. Assise sur son skate, elle s'en alluma une, rangea le briquet dans une poche de son bermuda, et aspira. Elle ne toussa qu'une seule fois, au plus grand plaisir de son égo, et, la cigarette à la bouche, les phalanges fortement abimées par le punshing ball, elle se laissa rouler sur son skate dans le centre-ville de Cardiff, essayant de se sentir libre dans cette ville tant aimée, pour contre balancer l'enfermement qu'elle ressentait dans sa cage thoracique.
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Tenue : bermuda large en jean jusqu'à en-dessous des genoux, crop top vert foncé qui dénude le ventre et les épaules, Doc Martens noires
Accessoires : boucles d'oreilles habituelles, voir fiche
Dimanche 09 avril 2051,
19h,
Avec @Aliosus Nerrah
19h,
Avec @Aliosus Nerrah
Telle était la lettre que Merinda avait reçue de la part de sa cousine rwandaise, samedi matin lors de son dernier petit déjeuner à Poudlard avant les vacances. Surprise par la brutalité du ton et par l'évocation d'évènements qui lui étaient inconnus - alors qu'ils auraient du l'être, selon Ophelia -, l'adolescente avait pris la claque de ces mots en pleine face. Ce décalage qu'elle détestait ressentir par rapport à sa famille rwandaise, ce décalage qui la faisait sentir étrangère parmi ceux dont elle voulait le plus au monde faire partie, il était là, encore et toujours, un fossé qui se creusait malgré ses efforts et ses sentiments.Merinda,
Ton invitation aurait pu me réjouir, si tu ne m'avait pas envoyé ta lettre et ton enthousiasme déplacé en ce moment. Etant donné les circonstances, je ne peux qu'en être déçue et profondément blessée.
Je sais que tu n'es pas née ici et que tu a toujours habité au Royaume-Uni, mais je te croyais plus respectueuse de notre pays, des morts innocents qui y ont perdu leur sang, dont nos ancêtres. Qui sont aussi tes ancêtres, je te rappelle.
Tu sais que les premiers jours de la commémoration sont les plus durs, et je ne peux pas partir du pays en faisant fi du passé et en te rejoignant pour faire la fête alors que mon coeur est lourd. Et que le tien devrait l'être.
Ophelia.
06 avril 2051,
Lac Kivu, Rwanda
Qu'avait-elle donc ignoré, de si important qu'Ophelia parlait de "morts et de "commémoration" ? Merinda avait couru à la bibliothèque et parcouru les rayons à la vitesse de la lumière, jusqu'à trouver un ouvrage qui lui apprit l'impensable, quelques minutes à peine avant qu'elle ne doive quitter le château en courant pour ne pas louper le train.
Merinda avait évité tout le monde dans le Poudlard Express et avait trouvé un wagon vide où elle avait passé tout le voyage, refusant d'adresser la parole à quiconque, maudissant une fois de plus ce monde de merde. Et ses parents. Encore eux, encore son père qui ne lui avait rien dit, ne lui avait pas appris d'où elle venait. L'avait laissée toute seule affronter la réalité avec huits-cent milles à un million de trains de retard. Ses parents n'avaient sûrement pas compris pourquoi elle ne leur adressa pas la parole de sa descente du Poudlard Express jusqu'à ce qu'elle s'enferme dans sa chambre.Du 7 avril au 17 juillet 1994, le Rwanda se vit déchiré par un génocide ayant pour cible la population Tutsi. Pratiqué à la machette chez les Moldus, ce génocide n'épargna pas les Sorciers, ni du côté des victimes ni du côté des bourreaux. On estime le nombre de morts de 800 000 à 1 000 000.
Elle dormit mal - pour ne pas dire qu'elle ne dormit pas, et passa une partie de la nuit à taper son punshing ball, jusqu'à ce que sa mère vienne lui demander ce qui n'allait pas, ce à quoi elle lui répondit "Toujours à vouloir parler maintenant, pour comprendre c'est quoi mon problème, mais à l'époque où fallait parler parce qu'on en avait besoin on aurait dit qu'on vous avait jeté un Silencio éternel ! Allez vous faire foutre à vouloir réparer des trucs que vous avez cassé y'a trop longtemps ! ". Elle avait claqué la porte puis passé le restant de sa nuit à essayer de rédiger une lettre d'excuse à Ophelia, sans jamais être satisfaite.
Finalement, quand elle l'avait entendue se réveiller, elle avait été chercher sa petite soeur et lui avait proposé de jouer dans sa chambre. Elle avait alors regardé, en caressant sa vipère qui se vautrait dans ses draps, la rouquine lire à voix haute Les contes de Beedle le Barde. Merinda essayait d'écouter Carrie mais elle ne faisait que penser au fait que c'était le 9 avril et que 57 ans avant, à l'époque de sa grand-mère, le sang jaillissait au Rwanda, et peut-être dans sa famille. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si ses grands-parents n'avaient pas quitté le Rwanda à cause de ça, et elle en était désormais presque certaine. Sa grand-mère évitait toujours de parler de son départ du pays.
Se rendant compte que sa grande soeur ne l'écoutait qu'à moitié, Carrie avait finit par se lasser et quitter la chambre de Merinda. Cette dernière n'avait pas pu s'empêcher de se défouler de nouveau contre le punshing ball, oubliant de remettre les bandelettes autour de ses doigts. Finalement, lorsqu'elle avait entendu son père appeler à table, elle était sortie de chez elle, son skate à la main, en lâchant un :
"Je vais manger avec Shama et Evan."
Ce qui n'était pas du tout son intention. Elle voulait juste éviter de recroiser sa mère et de voir son père. Elle roula jusqu'au bar tabac du centre-ville où elle avait déjà accompagné Llo ou Ellie quand chacune d'elles s'achetait des cigarettes. Aux vacances de Noël, Ellie lui en avait proposé une, et Merinda avait voulu tenter. Encore un interdit de franchi avec Ellie. Elle avait toussé au début mais son amie lui avait montré comment faire. Aujourd'hui elle allait mal, et comme Llo fumait depuis qu'elle allait mal et allait désormais mieux, ça devait sûrement résoudre l'équation. De plus, Merinda avait particulièrement envie de faire quelque chose qui puisse déplaire à ses parents.
Elle ressortit du bar tabac avec un paquet de cigarettes et un briquet moldu. Assise sur son skate, elle s'en alluma une, rangea le briquet dans une poche de son bermuda, et aspira. Elle ne toussa qu'une seule fois, au plus grand plaisir de son égo, et, la cigarette à la bouche, les phalanges fortement abimées par le punshing ball, elle se laissa rouler sur son skate dans le centre-ville de Cardiff, essayant de se sentir libre dans cette ville tant aimée, pour contre balancer l'enfermement qu'elle ressentait dans sa cage thoracique.
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Tenue : bermuda large en jean jusqu'à en-dessous des genoux, crop top vert foncé qui dénude le ventre et les épaules, Doc Martens noires
Accessoires : boucles d'oreilles habituelles, voir fiche