Oh, la sale tronche !
4 février 2051
Bibliothèque – Poudlard
4ème année
De la main, je repousse Alizée qui tente de me suivre hors du dortoir. Elle ne comprend pas qu'elle ne peut pas venir avec moi. Un miaulement de protestation accompagne ses petits pas à reculons, et je soupire. Elle ne comprend pas, ou elle ne le veut pas ? Ce n'est pas la première fois que je l'empêche de sortir avec moi dans les couloirs. Et à chacune de ces fois-là, c'était pour me rendre dans la bibliothèque. Cela fait maintenant deux ans qu'elle occupe ma vie, et deux ans qu'elle ne comprend pas qu'il y a des fois où je ne peux pas l'emmener avec moi car elle n'a pas le droit d'être là. Mais elle ne veut rien entendre et se met à bouder. Si elle était capable de parler, elle serait certainement en train de me poser des milliers de questions. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je peux presque entendre sa voix résonner dans mon esprit.
Dans un mouvement de désespoir, je la prends dans mes bras et la dépose sur mon lit. Puis rapidement, j'attrape ma sacoche, sors du dortoir et ferme la porte derrière moi. La voilà coincée et je suis enfin débarrassée. Elle gratte quelques secondes contre le bois, miaule une dernière fois puis le silence s'installe entre elle et moi. Je n'ai plus qu'à me faire pardonner en rentrant, et je note dans un coin de ma tête de voler quelques morceaux de poulet lors du repas de ce soir.
En quelques minutes, j'arrive devant la bibliothèque. Depuis que Miss Pinehead est là, je ne saurais dire si ma fréquentation du lieu a baissé ou augmenté. D'un côté, la savoir à Poudlard me fait courir un long frisson dans le dos ; de gêne, de crainte, de souvenir ? Je ne saurais dire. Elle n'a jamais été la plus chaleureuse avec moi, mais ne m'a jamais rien fait de mal, ni n'a jamais vraiment été méchante. La seule chose que je pourrais lui reprocher est d'avoir créé cette peur d'avoir tort et de décevoir les autres, cette peur constante de ne jamais être à la hauteur. Mais c'est ce qui me permet, en même temps, de toujours aller de l'avant et de trouver l'énergie pour donner le meilleur de moi-même, de chercher sans cesse à m'améliorer.
Et de l'autre côté, la savoir à Poudlard me procure une légère sensation de familiarité, comme si les lieux, par sa présence glaciale, devenaient un peu plus chaleureux et me rappelaient ces quelques années où je la voyais souvent au Manoir. Cependant, je ne lui ai pas adressé un seul mot. Je prends toujours grand soin à l'éviter et à ne pas la croiser. Je me fais petite dans les couloirs lorsque j'entends le claquement familier de ses talons et je m'assieds toujours dans les coins les plus reculés de la bibliothèque. Viendra un moment où je devrai l'affronter ; mais tant que ce moment n'est pas arrivé ou que je n'y suis pas confronté, je ne compte pas déclencher une rencontre entre elle et moi.
Arrivée à la bibliothèque, la première chose que je vois est ces deux immenses tableaux affichés et visibles à travers la porte étrangement ouverte du bureau de la bibliothécaire. La seconde chose que je vois – ou plutôt que je reconnais – est le gros visage affiché de Cooper à l'emplacement de ce qui est désormais nommé le Mur de la Honte.
« C'est malin, ça... » dis-je dans un murmure qui m'échappe totalement, les yeux rivés sur les tableaux.
@Sonia Ross
Bibliothèque – Poudlard
4ème année
De la main, je repousse Alizée qui tente de me suivre hors du dortoir. Elle ne comprend pas qu'elle ne peut pas venir avec moi. Un miaulement de protestation accompagne ses petits pas à reculons, et je soupire. Elle ne comprend pas, ou elle ne le veut pas ? Ce n'est pas la première fois que je l'empêche de sortir avec moi dans les couloirs. Et à chacune de ces fois-là, c'était pour me rendre dans la bibliothèque. Cela fait maintenant deux ans qu'elle occupe ma vie, et deux ans qu'elle ne comprend pas qu'il y a des fois où je ne peux pas l'emmener avec moi car elle n'a pas le droit d'être là. Mais elle ne veut rien entendre et se met à bouder. Si elle était capable de parler, elle serait certainement en train de me poser des milliers de questions. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je peux presque entendre sa voix résonner dans mon esprit.
Dans un mouvement de désespoir, je la prends dans mes bras et la dépose sur mon lit. Puis rapidement, j'attrape ma sacoche, sors du dortoir et ferme la porte derrière moi. La voilà coincée et je suis enfin débarrassée. Elle gratte quelques secondes contre le bois, miaule une dernière fois puis le silence s'installe entre elle et moi. Je n'ai plus qu'à me faire pardonner en rentrant, et je note dans un coin de ma tête de voler quelques morceaux de poulet lors du repas de ce soir.
En quelques minutes, j'arrive devant la bibliothèque. Depuis que Miss Pinehead est là, je ne saurais dire si ma fréquentation du lieu a baissé ou augmenté. D'un côté, la savoir à Poudlard me fait courir un long frisson dans le dos ; de gêne, de crainte, de souvenir ? Je ne saurais dire. Elle n'a jamais été la plus chaleureuse avec moi, mais ne m'a jamais rien fait de mal, ni n'a jamais vraiment été méchante. La seule chose que je pourrais lui reprocher est d'avoir créé cette peur d'avoir tort et de décevoir les autres, cette peur constante de ne jamais être à la hauteur. Mais c'est ce qui me permet, en même temps, de toujours aller de l'avant et de trouver l'énergie pour donner le meilleur de moi-même, de chercher sans cesse à m'améliorer.
Et de l'autre côté, la savoir à Poudlard me procure une légère sensation de familiarité, comme si les lieux, par sa présence glaciale, devenaient un peu plus chaleureux et me rappelaient ces quelques années où je la voyais souvent au Manoir. Cependant, je ne lui ai pas adressé un seul mot. Je prends toujours grand soin à l'éviter et à ne pas la croiser. Je me fais petite dans les couloirs lorsque j'entends le claquement familier de ses talons et je m'assieds toujours dans les coins les plus reculés de la bibliothèque. Viendra un moment où je devrai l'affronter ; mais tant que ce moment n'est pas arrivé ou que je n'y suis pas confronté, je ne compte pas déclencher une rencontre entre elle et moi.
Arrivée à la bibliothèque, la première chose que je vois est ces deux immenses tableaux affichés et visibles à travers la porte étrangement ouverte du bureau de la bibliothécaire. La seconde chose que je vois – ou plutôt que je reconnais – est le gros visage affiché de Cooper à l'emplacement de ce qui est désormais nommé le Mur de la Honte.
« C'est malin, ça... » dis-je dans un murmure qui m'échappe totalement, les yeux rivés sur les tableaux.
@Sonia Ross
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Oh, la sale tronche !
Si on m'avait dit que la vieille dame qui a fait un tour dans la librairie de maman serait la nouvelle bibliothécaire, je ne l'aurais jamais cru. Alors je n'ai rien contre elle. Au contraire, elle semble être une passionnée de livres. Sa façon de manipuler les ouvrages, tourner les pages, caresser la tranche du livre, le remettre en place... Tout est réalisé selon un schéma précis qui ne m'a pas échappé. Elle fait sans aucun doute une excellente gérante sur ce pan là.Lieu : Bibliothèque
Date : Samedi 04 février 2051
Heure : Dans la journée
Avec : @Ashley Houston
Mais d'un autre côté... elle est assez... spéciale ? Elle observe, se tait. Et quand elle prend la parole, sa voix tranche l'air. Pas seulement ses cordes vocales, mais aussi ses mots. Je ne l'ai pas entendu dire quelque chose de gentil depuis que j'ai eu le plaisir de la retrouver à Poudlard.
Je dois l'avouer, si avant la bibliothèque était mon lieu préféré dans ce château, j'y vais beaucoup moins souvent. J'ai appris à apprécier la salle d'études, c'est pas aussi bien que la bibliothèque, mais ça fait l'affaire. Mais quand j'ai besoin d'un livre, je suis bien obligée d'y aller. L'odeur des livres me manque un peu... alors je passe un peu plus de temps à chercher. Et quand je le sens, je m'installe et travaille.
Ce qui me chagrine le plus depuis l'arrivée de Miss Pinehead ? On ne peut plus emprunter de romans. Non. Même pas un seul ! C'est vraiment trop nul... Pour pouvoir lire comme avant, je demande à maman de m'envoyer deux ou trois ouvrages, histoire de ne pas trop la déranger. Mais c'est quand même pas sympa... Si elle aurait été plus accueillante, je saurai aller lui demander la raison de ce choix. Et oui, on ne sait même pas pourquoi ! A croire qu'elle veuille qu'on ne lise plus rien...
Aussi ! Depuis son arrivée, elle a mis en place ce qu'ellr appelle : le mur de la gloire et le mur de la honte. Je n'ai pas trop suivi son délire, mais si l'un rend hommage aux bonnes actions d'un élève, l'autre a pour but de détruire son image... Et puis quoi encore ? Pourquoi la direction laisse passer ça ? En plus, Miss Montmort n'est plus là, c'est Miss Priddy qui est devenue directrice. Ça fait trois ans que je la connais et je nd pensais pas qu'elle laisserait passer une débilité pareille...
Mais voilà où nous en sommes. Ces visages placardés au mur me donnent un frisson. Sur le mur de la gloire, je reconnais une Serdaigle de ma promotion. Sur le mur de la honte, je crois reconnaître un première année de ma maison et un préfet de Poufsouffle. Comment un préfet peut se retrouver sur le côté de la honte ? Son système est vraiment nul...
« Pff... »
467 mots
#3E0576 | 3A RP | 3A devoir | rédactrice | fanfariste | choriste - soliste en formation | marraine | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre ! |
Oh, la sale tronche !
La porte du bureau de la bibliothécaire se referme aussi rapidement qu'elle s'est ouverte, et les tableaux disparaissent de ma vue. Mais ce que j'en ai aperçu m'a largement suffi à en déduire beaucoup de choses. La première, que Cooper et un autre y sont affichés pour être humiliés. La deuxième, qu'une autre élève, a contrario, y est presque célébrée. Et la dernière, que Miss Pinehead n'a pas changé d'une ride et qu'elle est aussi intransigeante que lorsque je l'ai connue. Oserais-je dire qu'elle est méchante ? Stricte, fermée d'esprit, sèche, froide, incompréhensive, insensible, monstrueuse ? Tant d'adjectifs me viennent lorsque je pense à elle ; je pourrais la décrire péjorativement de mille et une façons différentes. Je pourrais aussi la louer, si j'en avais l'envie. Mais quand je pense à ces tableaux, je n'ai qu'un souhait : la traiter de tous les noms. Car si j'ai bien appris une chose, c'est de détester l'injustice : or n'est-ce pas là ce que je vois ? Même si je ne porte aucune de ces trois personnes dans mon cœur, n'est-ce pas là honteux de les montrer ainsi face à tout Poudlard ?
Mais cela me révèle quelque chose d'autre : elle montre ses sentiments. Miss Pinehead, rigide comme la justice, étale ses sentiments devant tout Poudlard, lorsqu'elle était la première à me dire qu'il ne faut pas se réfugier derrière, que les émotions sont animales et vulgaires, qu'il faut s'en éloigner, s'en protéger, même. J'en rirais presque, si le bruit était autorisé dans la bibliothèque. Car c'est en partie à cause d'elle si aujourd'hui, je suis incapable de m'exprimer sur ce que je ressens et de comprendre les choses les plus simples de mon être.
Un souffle arrache mon regard de la porte du bureau et je tourne la tête vers son origine, pour découvrir une Gryffondor un peu plus jeune que moi. Je la regarde de haut en bas, suis la direction de son regard, et comprends alors qu'elle a vu la même chose que moi. Peut-être pense-t-elle comme moi ? Un instant, je m'imagine lui adresser la parole. Puis je réalise qu'en réalité, cette conversation ne mènerait à rien, car je n'aime pas parler dans le dos des gens. Si ce que je pense des actes de Miss Pinehead devait un jour être prononcé à l'oral, ce serait devant elle que j'irais parler, et devant personne d'autre.
Mon corps se tend, de cette tension des muscles qui précèdent un mouvement, comme lorsqu'on est debout et que l'on veut se mettre à marcher, mais je ne bouge pas. Je pense à la Gryffondor et à son regard sur les tableaux. Et, au fond de moi, j'ai bien envie d'en parler, de ces tableaux, car ils me dérangent. Mais je ne parlerai pas de Miss Pinehead ; mon avis sur elle ne regarde que moi. Alors d'une voix à peine plus audible qu'un chuchotement, je demande :
« Tu les connais ? »
Mais cela me révèle quelque chose d'autre : elle montre ses sentiments. Miss Pinehead, rigide comme la justice, étale ses sentiments devant tout Poudlard, lorsqu'elle était la première à me dire qu'il ne faut pas se réfugier derrière, que les émotions sont animales et vulgaires, qu'il faut s'en éloigner, s'en protéger, même. J'en rirais presque, si le bruit était autorisé dans la bibliothèque. Car c'est en partie à cause d'elle si aujourd'hui, je suis incapable de m'exprimer sur ce que je ressens et de comprendre les choses les plus simples de mon être.
Un souffle arrache mon regard de la porte du bureau et je tourne la tête vers son origine, pour découvrir une Gryffondor un peu plus jeune que moi. Je la regarde de haut en bas, suis la direction de son regard, et comprends alors qu'elle a vu la même chose que moi. Peut-être pense-t-elle comme moi ? Un instant, je m'imagine lui adresser la parole. Puis je réalise qu'en réalité, cette conversation ne mènerait à rien, car je n'aime pas parler dans le dos des gens. Si ce que je pense des actes de Miss Pinehead devait un jour être prononcé à l'oral, ce serait devant elle que j'irais parler, et devant personne d'autre.
Mon corps se tend, de cette tension des muscles qui précèdent un mouvement, comme lorsqu'on est debout et que l'on veut se mettre à marcher, mais je ne bouge pas. Je pense à la Gryffondor et à son regard sur les tableaux. Et, au fond de moi, j'ai bien envie d'en parler, de ces tableaux, car ils me dérangent. Mais je ne parlerai pas de Miss Pinehead ; mon avis sur elle ne regarde que moi. Alors d'une voix à peine plus audible qu'un chuchotement, je demande :
« Tu les connais ? »
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur