OS Quand vint le hibou

Quand vint le hibou

Ce OS a pour but de relater la manière dont Hazel a reçu sa lettre pour Poudlard et comment cette dernière l'a vécu.

Inverness, Écosse
12 juillet, 17h23



Le début des vacances se passait plutôt bien. Hazel était même plutôt en forme, comparé à d’habitude, enfin, aussi en forme qu’il est possible de l’être lorsqu’une vague de chaleur s’abat sur votre région. Ses journées se résumaient à passer du temps à lire, à jouer à des jeux de société… Et, souvent, à profiter du moment où son père arrosait le jardin pour se positionner dans l’axe du jet d’eau et ainsi bénéficier d’un rafraîchissement très appréciable.

Depuis sa rencontre avec Calianor, une élève de Poudlard, quelques jours auparavant, les pensées de la petite sorcière tournaient en boucle, constamment. Dès qu’elle ouvrait les yeux, elle guettait à la fenêtre dans l’espoir de voir apparaître un hibou avec une lettre entre les pattes. Quand elle les fermait le soir, elle espérait de tout son cœur recevoir ce fameux bout de parchemin. Elle n’arrêtait pas de penser à Poudlard. Elle réfléchissait à toutes les choses qu’elle allait pouvoir découvrir de ses propres yeux et non à travers les récits de sa mère, et, en même temps, cette petite boule d’appréhension ne voulait pas céder sa place, logée depuis quelques semaines au creux de son ventre.

Cela faisait donc plusieurs jours que Hazel vivait dans cette sorte de routine d’attente mortelle. Elle avait même commencé à perdre son habitude de prier tout ce qu’il est possible de prier le soir avant de dormir. Sa mère lui avait assez répété que ce qui doit arriver arrivera. Qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Que c’était probablement juste à cause de la chaleur, que les hiboux étaient plus lents ou qu’ils partaient plutôt le soir, à la fraîche.

Ce qui l'angoissait, ce n’était pas tellement que les hiboux prennent leur temps. Heureusement qu’ils le prennent, les pauvres. Non, ce qui terrifiait la petite Écossaise, c’est qu’elle soit oubliée du monde administratif sorcier, que quelqu’un ait oublié de rédiger la lettre, de la donner au hibou… Elle avait peur que son existence soit oubliée alors même qu’elle apprenait encore récemment qu’elle appartenait à un groupe, une communauté. Elle faisait partie de quelque chose.

Ce douze juillet était donc un jour comme les autres, similaire à la veille, et encore la veille. En revanche, une chose avait changé : le soleil tapait légèrement moins fort, les oiseaux étaient revenus dans le jardin des Ashcroft, la ville semblait de nouveau plus animée.

Alors même si ses parents essayaient tant bien que mal de changer les idées de leur fille, cette dernière ne parvenait pas à quitter le ciel des yeux. Peut-être que cette fois, ce serait la bonne ?

La libération eut lieu plus tard dans la journée, aux alentours de dix-sept heures. Hazel était avec ses parents dans le salon, en train de jouer aux cartes. C’était à son tour lorsque le calme habituel de la maison fut dérangé par un bruit étrange vers l’entrée. Une sorte de frottement, assez léger, contre le parquet ?

Les yeux de l’Écossaise furent rapidement attirés par ce bout de papier qui venait d’apparaître par-dessous la porte d’entrée.

Comme par magie.

Hazel se mit à courir vers la porte pour s’en saisir. La matière du parchemin était assez douce, presque veloutée. Avant même de commencer à lire, elle caressa le parchemin d’un pouce, comme pour s’assurer qu’il était bien là, entre ses mains. Sa bulle ne pouvait être percée. Elle n’avait même pas remarqué les regards attendris de ses parents. Une petite larme ruisselait même sur la joue de sa mère.
Hazel parcourait la lettre comme si ce parchemin jauni était la plus belle chose qu’elle ait vue de sa vie. Elle lui était bien adressée à elle, il n’y avait pas eu d’erreur. On ne l’avait pas oubliée, on l’attendrait en septembre, à Poudlard.

Elle appartenait définitivement à quelque chose. Enfin.

La sorcière quitta sa lettre des yeux quelques secondes pour regarder ses parents, qui regardaient la scène du canapé. Son père n’avait toujours pas lâché ses cartes des mains. Ils attendraient demain pour l’appréhension. Là, ils étaient fiers.

Hazel l'était aussi. Mais une question lui brûla les lèvres :

- “Maman, Papa, il faut qu’on s’organise maintenant : quand est-ce que je vais au Chemin de Traverse ? J’aurai enfin ma baguette ? J’ai peur de ne pas être à Serdaigle, maman, je vais faire quoi si…”

La petite fille fut interrompue par ses parents, venus pour la serrer dans leurs bras.

Effectivement, l’appréhension pouvait attendre au moins quelques heures, non ?

Fin


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