OS PNJ Les entrailles de l'emprise familiale

TW Violences (mère sur enfant + entre adultes) et mots vulgaires employés


Lundi 21 août 2051
Début d'après-midi - Manoir des Cuthbert, Godric's Hollow
Avec : Hope Cuthbert, Allyson Cuthbert, Sophie Cuthbert, Amanda Jones, Richard Cuthbert, Agnès Cuthbert (PNJs actifs) et les autres membres de la famille



Point de vue de George


George était manifestement tendu en cette journée ensoleillée.
Il avait été convié - ou plutôt, son grand-père lui avait ordonné - de se rendre au Manoir familial afin de célébrer un heureux événement.

Les fiançailles de sa chère nièce, Allyson.

George et sa fille venaient à peine de rentrer de leur voyage à Venise et voilà qu’ils étaient obligés de se rendre au Manoir familial pour célébrer un événement auquel George ne croyait pas. Pour lui, c’était une pure mascarade. Car Allyson Cuthbert n’avait jamais envisagé de se marier aussi tôt. Son frère jumeau, Adrian, et elle venaient à peine de recevoir leurs ASPICs et d'être reçus dans l'école de leur choix. La jeune femme allait étudier à l’Institut Supérieur de Droit Magique, rêvait de devenir avocate et de faire de grandes études. Et puis, dans la famille Cuthbert, se marier pour une femme signifiait fonder une famille et élever ses enfants. Autrement dit, il n’y avait pas de place pour des ambitions comme celles de sa nièce ! Et jamais Allyson ne lui avait laissé entendre qu’elle souhaitait avoir des enfants !

Exténué d’avance, George s’était habillé convenablement et avait fait de même pour Hope. Ils se rendirent à Godric’s Hollow et une fois arrivés au Manoir, Hope s’en alla retrouver ses cousins. George se dirigea vers le buffet et prit une coupe de champagne avant de tourner son regard vers sa nièce. Elle était magnifique, à n’en pas douter mais elle avait un visage neutre, sans émotions apparentes. Et cela n’était pas dans les habitudes d’Allyson.

- Geogo ! Tu es venu !

Le sorcier se tourna vers sa petite sœur Sophie, un sourire sur ses lèvres.

- Soso ! Pour rien au monde je ne raterai les grands événements de nos neveux, même si je dois subir les foudres de notre famille en contrepartie.
- Vraiment, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi tu fais tout ça. Grand-père et Père trouveront toujours quelque chose à te reprocher mais toi, tu es là malgré tout.
- Je suis là avant tout pour nos neveux et nièces et aujourd’hui en particulier pour Allyson. Et puis, j’ai l’habitude maintenant d’être vu comme le mouton noir. N’en parlons plus.
- En parlant de notre nièce, tu es allé la voir ?
- Non, pas encore, je viens d’arriver. D’ailleurs, tu ne trouves pas qu’elle a changé ? Elle n’est pas la même personne… J’ai vraiment l’impression de voir notre grand-mère en Allyson et ça ne me plaît pas du tout.
- Tu te fais des idées, George. Elle doit être stressée à cause de sa fête de fiançailles : tout doit être parfait. Et tu connais Albert…

George hocha la tête, sceptique. Il n’aimait vraiment pas ce qu’il voyait et les raisons de sa sœur ne suffisaient pas à expliquer un tel changement. Allyson était une jeune femme souriante, douce et aujourd’hui, il avait en face de lui une copie conforme des femmes Cuthbert de la famille ! Ça ne lui plaisait pas du tout.
Il but une gorgée de sa coupe pour essayer de digérer cette nouveauté avant de s’avancer vers sa nièce, enfin seule. Il la salua puis l'embrassa sur son front comme le voulait l’usage.

- Ma chère Allyson !
- Merci d’être venu, Oncle George ! Je n’étais pas sûre de votre présence.
- Il n’était pas question pour moi de rater un tel événement !

Le sorcier observa la jeune femme et ne put s’empêcher de lui demander :

- Es-tu heureuse, Allyson ?
- Co-Comment ça ? répondit sa nièce, visiblement déconcertée par cette question inattendue.
- Sans vouloir t’offenser, se marier ne figurait pas dans la liste de tes projets. Qu’en est-il de tes études de droit ? De tes ambitions d’être une avocate reconnue et de tes espoirs de changer le monde ?
- Un Cuthbert se doit d’être réaliste. Nous ne rêvons pas, mon Oncle, nous agissons. Et il est de mon devoir de poursuivre la lignée de notre famille comme il se doit. Nous ne pouvons pas échapper à notre destin, celui qui nous est destiné de par notre nom.

George observa celle qui était sa nièce : elle n’était décidément plus la même personne depuis la fin de sa scolarité à Poudlard. Elle était là, à réciter ce que, lui, avait appris durant toute son enfance. Cela lui fit très mal au cœur. Comment une jeune fille aussi douce qu’Allyson avait pu se transformer en si peu de temps ?

- Tu sais que tu n’es pas obligée de faire ce que la famille attend de toi, tenta George. C’est ta vie, ne les lais-
- Merci de vous inquiéter pour moi, coupa sèchement Allyson, mais je sais très bien ce que je fais. Je vais épouser un homme que j’apprécie tout en faisant mon devoir. Personne ne peut véritablement sortir de notre famille et échapper au devoir que nous incombe notre nom. Nous sommes prisonniers. Et vous n’êtes pas le mieux placé pour me donner des leçons.

Des leçons ? George recula d’un pas, offensé. Jamais il n’avait été donneur de leçons et il ne le serait jamais. Il espérait juste sauver ce qui pouvait encore l’être de l’emprise familiale. Il venait d’échouer. Il se retourna prêt à partir mais au dernier moment, il s’arrêta et lança à sa nièce :

- Notre famille a le don d’étouffer nos rêves les plus chers Allie. J’espère sincèrement que vous ne les enfouirez pas au fond de vous et qu’au contraire, vous les laisserez vous guider vers la lumière. Encore toutes mes félicitations pour vos fiançailles. Tous mes vœux de bonheur.

Sur ces mots, le sorcier prit congé de la jeune femme laissant ainsi le loisir aux invités de venir féliciter la future mariée. Il ne remarqua pas le regard d’Allyson fixé sur lui, interloquée par ce qu’il venait de lui dire. Avait-elle réellement le pouvoir de choisir ce dont elle rêvait ?
Quant à George, il se contenta de chercher sa fille dans la salle au milieu de toute la foule d’invités…


Point de vue de Hope


A peine arrivée au Manoir, Hope s’était précipitée au milieu de la foule de gens pour retrouver ses cousins. Elle en avait beaucoup mais ceux qu’elle cherchait étaient les triplets McKay : Sebastian, Suzanne et Scarlett. Ils avaient un an de plus que la fillette et tous les quatre formaient le gang des Trois Mousquetaires. Ils étaient inséparables et ensemble, ils faisaient les quatre cents coups.
Hope n’eut aucun mal à les retrouver et les enlaça de bon cœur. Elle leur relata son extraordinaire voyage à Venise, ce qu’elle avait visité, qu’elle avait pu passer beaucoup de temps avec Miss Jane, Zézé, Lily, Ethan, Soso et les jumeaux Plogeth. Les triplets, quant à eux, relatèrent les différents repas conventionnels tous ennuyeux les uns que les autres et quelles bêtises ils avaient inventés. Bien vite, le gang se mit à s’amuser en courant dans la salle de réception du Manoir. Et tout en faisant des farces, ils prirent grand soin d’éviter leurs grands-parents, arrières-grands-parents, Oncle Albert et les parents des triplets. Autant dire qu’ils devaient à chaque fois ouvrir l'œil.

Seulement, voilà que leur grand-mère semblait les avoir vu et essayait maintenant de les rattraper. Les enfants filèrent aussi vite que l’éclair, se mirent à zigzaguer entre les invités en se cachant sous les tables et se faufilant derrière les chaises.
Ils arrivèrent enfin à la semer quand soudainement, Hope s’arrêta. Son regard était rivé sur un petit groupe d’invités qui se composait d’un couple plutôt âgé, d’un homme au visage froid et sévère à l’image de son grand-père, de deux petits garçons qui devaient avoir entre 2 et 4 ans accrochés aux jambes d’une dame au visage étonnamment familier pour Hope. Cette dernière s’approcha discrètement et bien vite, elle reconnut la femme au portrait, posé sur sa table de chevet.

Hope avait en face d’elle Amanda Jones, sa mère biologique.

Émue, la fillette sentit ses cousins la tirer mais elle ne bougea pas. Elle était obnubilée par cette femme dont elle avait tant rêvé de connaître et de se rappeler le son de sa voix.
Doucement, comme hypnotisée, Hope s’avança jusqu’à l’entendre distinctement :

- [...] sont pas mes seuls enfants. J’ai eu une fille de mon premier mariage que mon ex-mari a voulu appeler Hope. Quel comble ! Une fille n’est pas digne de s’appeler Espoir, encore moins pour une Cuthbert. Elle n’a été qu’une déception pour la famille et la pire erreur de ma vie. Elle est le plus grand regret qui me hantera à jamais.

Hope tressaillit.
La voix d’Amanda était dure, rocailleuse et hautaine. Elle n’était rien comparé à la douce voix angélique de Miss Jane. En tout cas, Amanda était en tout point fidèle au portrait que lui avait dressé Lily : froide et sans cœur.
Peur et colère se mélangèrent dans le creux des larmes qui s’échappaient le long des joues de Hope.

Cette dernière repoussa Sebastian et Scarlett qui tentaient de la tirer pour la énième fois et laissa sa bouche parler dans un souffle :

- Alors, c-c’est comme ça que vous me voyez ? Je ne suis qu’une erreur, un regret à vos yeux ?

Surprise par le son de cette petite voix, Amanda tourna la tête. En reconnaissant le visage de la fille qu’elle n’avait jamais désiré, elle afficha un air arrogant.

- Et selon toi, comment devrais-je te voir ?

La question dérouta la petite fille qui bégaya :

- Bah… Euh… Je sais pas… Je m’étais dit que vous devriez m’aimer au moins un petit peu pour m’avoir rendu visite…

Amanda éclata d’un rire froid et glacial avant de déclarer fermement :

- Je ne t’ai jamais rendu visite. Qui t’a laissé croire une chose pareille ?
- Je sais pas, Amanda. Papa m’a dit que-
- Ton père ne t’a-t-il donc rien appris ? coupa Amanda. La politesse, les usages conventionnels, ton père ne t’a rien enseigné ? Je te signale, jeune fille, que tu dois m’appeler Mère selon les règles. Parce que c’est ce que je suis, malheureusement.

Cette fois, Hope serra les poings et regarda la femme droit dans les yeux malgré sa vue brouillée par ses larmes. Amanda n’avait rien d’une mère et elle comptait bien le lui dire. Elle avait vu la colère dans les yeux de Lily lorsqu’elle parlait d’Amanda. Elle comptait bien ne pas se laisser faire.

- Non. Vous n’êtes pas ma mère.

PAF !

Hope ne vit rien venir pourtant, sa joue lui brûla instantanément. Elle porta une main à sa joue rougie par la claque que venait de lui mettre celle qui lui avait donné la vie. Elle ressentait une colère en elle mais surtout une grande tristesse. Pourquoi sa mère ne pouvait-elle pas l’aimer ?

- Je suis ta mère Hope ! Es-tu aussi sotte à ce point ?
- NON ! hurla la fillette. VOUS N’AVEZ JAMAIS ÉTÉ ET VOUS NE SEREZ JAMAIS MA MÈRE ! LA SEULE MÈRE QUE J’AI AU MONDE C’EST MISS JANE ! PAS VOUS !

C’était la première fois que la fillette haussait le ton, surtout en public. Elle n’avait jamais manqué de respect à un adulte et voilà qu’elle le faisait. Hope vit la main d’Amanda se lever, prête à lui redonner une claque.


Point de vue de George


Alors que George cherchait sa fille depuis déjà quelques minutes, il entendit un bruit sourd qui le fit sursauter. Il vit Allyson porter une main à sa bouche, horrifiée et les invités se taire et regarder vers l’endroit où le bruit s’était produit. Le sorcier essaya tant bien que mal de se frayer un passage lorsqu’il entendit sa propre fille hurler.

Et ce qu’elle disait, électrisa complètement le jeune homme. Elle devait s’adresser à la dernière personne que George voulait voir au monde. Il s’avança et vit avec horreur la main de celle qui fut un jour sa femme prête à s’abattre sur sa fille.
Aussi vite que l’éclair, il courut, souleva sa fille d’une main et sentit la main d’Amanda frapper sa joue.

PAF !

Hope regardait son père les yeux brillants d’admiration. Il venait littéralement de la sauver ! C’était son héros ! George, quant à lui, restait calme malgré ses yeux exprimant toute la rage qu’il avait à revendre. Amanda, choquée de découvrir qu’elle n’avait pas frappé Hope mais son ex-mari, recula et se blottit contre les bras de celui qui devait être son nouveau mari. George reconnut en cet homme un cousin éloigné de sa famille, peut-être du côté des Turner. Quoiqu’il en soit, son regard fixait Amanda et d’une voix dure qu’il ne se connaissait pas, il s’exclama avec ironie :

- Amanda, je ne te savais pas aussi experte en matière d’éducation.
- Il faut bien faire ce qu’il faut lorsque nos enfants nous manquent de respect. Et notre fille a été d’une insolence impardonnable.
- Hope n’est pas ta fille, Amanda ! gronda George. Hope est MA fille ! Tu te souviens, tu m’as laissé sa garde complète lors de notre divorce ! Tu n’as donc aucune autorité sur elle et je pourrais clairement te poursuivre en justice pour violence sur enfant ! Merde, Amanda ! Laisse Hope tranquille ! T’en as assez fait comme ça !
- Ah oui ? Tu crois ça ? Et tu crois que c'est cette Jane qui va me remplacer ? Tu crois vraiment qu'elle a les épaules pour prendre mon rôle de mère ?
- Te remplacer ? PRENDRE TON RÔLE DE MÈRE ? Tu n’as jamais été là pour Hope alors ne dis pas que Jane va te remplacer. Elle va prendre une place qui a toujours été vide dans la vie de ma fille. Et crois moi, tu devrais rester en dehors de tout ça. Ne cherche pas à nous contacter : Jane est apparentée à la famille Ross, une famille de Sang-Pur dont la matriarche réside au Conseil. Et une procédure est en cours pour que Jane soit reconnue comme deuxième responsable légal de Hope. Alors, éloigne-toi sinon, je n’hésiterai pas à réduire ta vie en néant.

George avait omis un détail important : il n’y avait aucune procédure d’adoption ou de reconnaissance en cours. Il avait menti afin d’avoir la paix et il savait qu’Amanda n’irait plus l’embêter ni même se préoccuper de Hope. Mais ce mensonge risquait de lui coûter cher. Heureusement pour lui, Hope n’avait pas compris un traître mot de ce que ses parents étaient en train de se dire.
Elle sentit son père la reposer au sol, elle sentit la main de son père se serrer dans la sienne. Père et fille quittèrent la salle de réception sous l'œil attentif de la foule. Mais ils n’eurent même pas atteint la sortie que Richard Cuthbert prit son fils par l’épaule et lui ordonna :

- George, suis-moi tout de suite !

Le jeune homme sentit l’urgence dans la voix de son père. Aussi, il confia Hope à Sophie lui demandant de l’attendre dans le hall au calme et partit suivre son père.
George n’avait plus arpenté les couloirs du Manoir depuis une éternité. Et revoir cet endroit lui rappelait à quel point il avait été un garçon apeuré, effrayé d’affirmer ses propres valeurs. Et voilà que ce garçon s’était transformé en un homme solide et assuré.
Père et fils se rendirent dans le petit salon privé et Richard s’exclama sans quart de tour :

- Tu te fais rare aux événements familiaux et pour une fois que tu nous faisais l’honneur de ta présence, tu laisses ta propre progéniture faire une scène, un scandale ! N’as-tu pas honte ?
- Vous appelez cela faire une scène, Père ? Vous êtes en train de me dire que je n’aurais pas dû intervenir alors que ma fille se faisait violentée sous mes yeux ?
- Oh George, n’exagère pas les choses. Une bonne claque n’a jamais fait de mal à personne surtout lorsqu’il s’agit d’une mère envers son enfant.

George serra les poings et à nouveau, s’exprima durement et froidement :

- Amanda n’est PAS la mère de Hope, DE MA FILLE !
- Et donc tu crois que c’est cette putain de Jane qui a mis au monde TA fille ? Regarde comment tu as élevé Hope ! Elle ne sait même pas reconnaître sa vraie mère ! Et puis, c’est qui cette dévergondée ?

George dégaina sa baguette et la pointa vers son père, rouge de colère. Il ne supportait pas d’entendre de pareilles insultes sur la femme de sa vie. Jane était une reine, pas les mots dégradants que balançaient son paternel.

- Jane est ma compagne ! Ne vous avisez plus jamais de l’insulter devant qui que ce soit !
- Ah oui ! Et que comptes-tu en faire ? La marier ? L’engrosser et lui donner plus de souillures Cuthbert pour continuer le déshonneur de notre famille ?
- Jane n’est pas un objet ! Elle est libre de ses actes ! Et oui, je compte la demander en mariage ! Oui, je compte lui offrir le plus beau mariage de sa vie ! Oui, je compte lui offrir la plus belle Lune de Miel qu’elle mérite ! Et oui, je compte offrir à Jane tous les enfants qu’elle souhaitera ! Parce que je l’aime, Père ! Je suis prêt à mourir pour elle et si j’en avais les moyens, je lui offrirai tout l’univers. JE L’AIME !

Richard était légèrement surpris de voir son fils aîné en colère, lui qui malgré les insultes et les reproches, prenait de la distance au lieu de faire une scène. Pourtant, il gardait son éternel sang-froid. Il baissa la baguette de son fils et s’approcha de lui.

- Et depuis quand un Cuthbert est-il censé aimer ? Je ne vous ai jamais enseigné d'aimer quelqu'un. Franchement, je ne te reconnais plus, mon fils. Je ne sais même pas ce que j’ai raté dans ton éducation mais elle aurait certainement dû être plus ferme et plus dure qu’elle ne l’a été. Tu es devenu un homme rêveur, qui croit en cet Amour véritable, celui qui mène à la perdition ! Tu es devenu indigne de porter NOTRE nom !
- Mais vous savez quoi, Père ? Je me fiche royalement de NOTRE nom ! Si je devais choisir, je préfèrerais être un Plogeth qu’un Cuthbert ! Et si cela peut vous faire plaisir, TOUS mes enfants, Hope compris, seront des Plogeth !
- Tu… Je ne sais même pas qui tu es. J’aurais préféré que…

Un silence s’installa. George avait ramené sa baguette contre sa cuisse et attendait les mots qui n’avaient jamais été dit clairement mais que les deux hommes pensaient très fort.
Le fils regarda le père et lui ordonna presque :

- Allez-y ! Dites-le ! Dites ce que vous pensez depuis ma première manifestation de magie et ma répartition à Poudlard !
- J’aurais préféré que ce soit Albert qui soit mon fils premier-né. C’est lui qui mérite la dignité d’être MON fils, l’héritier de notre nom.
- Voilà Père, vous l’avez dit. Donnez-lui l’héritage qui me revenait, je m’en fiche ! Je n’en ai jamais voulu !
- C’est comme ça que tu réagis ? En gamin écervelé et pourri gâté ? TU hériteras quand même ! Tu es le premier-né !

George sortit du salon et gagna le couloir. Son père le poursuivait en hurlant mais le sorcier n’en avait que faire. Et alors qu’il arrivait dans la salle de réception, Richard hurla ce qui eut le mérite que de nouveau, toute la foule d’invités les regarda en silence :

- GEORGE, SI TU QUITTES CETTE MAISON, TU NE SERAS PLUS JAMAIS MON FILS !
- Et depuis quand je suis votre fils ? Je n’ai toujours été qu’une déception à vos yeux, jamais un fils ! Et vous, tant que vous n’accepterez pas Hope comme votre petite fille, Jane, la femme de ma vie, comme votre belle-fille, ça ne sers à rien de me revoir. Je ne suis plus rien à vos yeux, Mr Cuthbert, depuis des années. Laissez ma famille tranquille et moi avec.

George se retourna et vit le regard d’Allyson remplie de tristesse et de stress. Sa fête tournait au désastre. George s’approcha d’elle et lui dit :

- Je suis désolé d’avoir causé du tort à votre fête de fiançailles. J’espère que vous me pardonnerez un jour.

Puis, il lui murmura dans l’oreille, ce qu’elle seule pouvait désormais entendre :

- Vous voyez, il est possible de se libérer des entrailles de l’emprise de notre famille. Il faut juste croire en ses rêves et savoir où se trouve notre source d’amour. Pour moi, ma source est Jane et Hope. C’est ma vraie famille. Et toi, quelle est la tienne ?

Il embrassa sa nièce sur le front, regarda sa mère qui pleurait et qui venait de s’approcher de Richard :

- Richard ! Fais quelque chose, je t’en supplie ! Ne laisse pas partir notre fils !
- Non, Agnès. Il est grand temps que George prenne son devoir en main !
- George ! Reste, je t’en supplie !
- Mère, toute ma vie j’ai agi en espérant devenir le fils parfait qu’on attendait de moi. J’ai échoué pour la famille et je me suis perdu. Aujourd’hui, j’ai une fille et une compagne que je me dois de protéger. Je ne suis plus seul, Mère. J’ai une famille que personne ici n’accepte. Et je refuse de l’abandonner pour m’efforcer d’être parfait aux yeux de tous. C’est terminé.

George embrassa sa mère sur la joue et quitta la salle de réception. Devant la porte, il trouva Sophie en larmes et Hope dans ses bras qui le regardait avec admiration. Elles avaient entendu les dernières paroles.
Le sorcier prit sa fille dans ses bras, embrassa sa petite sœur sur la joue et lui adressa un sourire qui voulait dire que tout allait pour le mieux.

- Ne t’en fais pas pour moi, ma Soso ! Tout ira bien maintenant.

Père et fille quittèrent le Manoir sans un regard en arrière. Un nouveau chapitre se dessinait devant leurs yeux. Et George souria : il avait eu raison d’écouter sa compagne.
Il avait eu raison de croire en l’espoir.


Point de vue de Hope


Hope enfouissait sa tête dans le cou de son père, heureuse. Son père avait été un héros aujourd’hui et bien plus qu’elle ne se l’était imaginé. Ils arrivèrent à Pré-Au-Lard et seulement là, George déposa la fillette à terre, lui prit la main et ensemble, ils marchèrent jusqu’à la maison.
Pas un mot ne fut prononcé pourtant, ils n’en pensaient pas moins. Alors qu’ils marchaient toujours, Hope n’y tenant plus, posa la question dont elle avait le plus besoin de réponse :

- Pourquoi ? fut tout ce qu’elle réussit à demander.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi Amanda m’a dit qu’elle n’est jamais venue me rendre visite ? Elle l’a fait pourtant, n’est-ce pas ?

George s’arrêta, visiblement très mal à l’aise. Il n’avait pas pensé à la discussion que son ex-femme et sa fille avaient pu avoir. Car oui, il avait menti à sa fille pour la protéger. Il trouvait cela moins rude pour une fille aussi jeune de savoir que sa mère était venue lui rendre visite que d’être abandonnée par elle.

- Non, Honey. Je t’ai dit qu’elle l’a fait pour te… Protéger.
- Me quoi ? Papa, tu m’as laissé croire qu’elle m’aimait ! s’énerva Hope.
- Je n’avais pas le choix !

La fillette était triste et fâchée.

- Je croyais qu’elle m’aimait papa ! Alors que je ne suis qu’un regret à ses yeux ! Une er-
- Je suis désolé ma chérie ! Je ne savais pas qu’elle serait là et je pensais que ce serait plus facile à digérer pour toi. Tu comprendras quand tu seras plus grande.

Hope ne répondit pas, le sujet étant visiblement clos.
Elle se remit en marche, en colère parce que ce n’était pas plus simple à digérer. Elle avait mal.

Lorsqu’ils arrivèrent à la maison, Hope se débarrassa de ses chaussures et de son gilet avant de courir s’enfermer dans sa chambre. Elle prit le portrait d’Amanda sur sa table de chevet, le brisa au sol et déchira le cliché en mille morceaux avant de le mettre à la poubelle. Elle cassa les rares objets qui lui rappelaient cette femme horrible et méchante avant de se rouler en boule dans son lit et de pleurer.

Et puis, une idée lui vint.
Elle se dirigea vers son carnet, prit un parchemin, sa plume et commença à écrire une lettre.
Chère Miss Jane,

Zézé m'a dit que c'est bien quand les gens savent ce qu'on ressent. Elle dit aussi que l'écrire, ça libère. Je sais pas vraiment comment ça marche mais je ressens le besoin qu'il faut que je vous t'écris.
Je crois que vous tu aimes mon papa. J'ai pas tout compris de ce que ça veut dire, en tout cas mon papa, il vous t'aime. Je sais pas comment mais j'en suis sûre.
J'aime mon papa et vous toi, je t'adore t'aime beaucoup mais je veux pas que vous tu te sens obligée
[Trace de larme] de m'aimer.

Amanda a dit que je suis la pire erreur de sa vie.
[Trace de larme] Je croyais que toutes les mamans aiment leurs enfants mais je me suis trompée. Et j'ai pas envie que vous tu fais semblant de m'aimer. Miss Jane, je veux pas être la pire erreur de votre ta vie aussi !
J'ai peur de trop t'aimer !
[Trace de larme]
Pourtant, je brûle j'ai envie de t'appeler maman. J'ai envie de te faire pleins de câlins et que tu me chantes des berçeuses comme papa [Trace de larme]

Grand-père n'aurait pas aimé que je vous écris cette lettre. Il dit que c'est contraire aux règles alors pardon de pas avoir respecté. [Trace de larme] C'est juste que Lily m'a dit que faut pas mentir et papa, il dit qu'il faut toujours dire la vérité, être honnête.

C'est pas grave si vous voulez pas m'aimer. Je m'en fiche, tant que vous rendez mon papa toujours heureux !
Merci.
Bisous Au-revoir,

Hope

Hope sortit discrètement de sa chambre et écouta. Son père était dans son bureau. Discrètement, sur la pointe des pieds, elle se dirigea vers le hibou de son père, Edelweiss, et elle lui remit sa lettre pour Miss Jane.

George, quant à lui, errait dans son bureau. Il avait dit des choses à son père et entre autre qu'il comptait épouser Jane. Il se rendait compte qu'il avait vraiment envie de l'épouser car il était sûr qu'elle était la femme de sa vie.
Mais il ne pouvait pas le faire maintenant. C'était trop tôt, trop vite et surtout, pas assez réfléchi. Car comme il l'avait à celui qui avait été son père, Jane méritait que George lui offre la demande en mariage de ses rêves.
Et alors qu'il méditait les derniers événements qui l'avaient à jamais détruit de sa famille, le sorcier ne se doutait pas un seul instant que son hibou arpentait le ciel de cette fin de journée vers le domicile de sa dulcinée...


Le plus long post que j'ai écrit depuis que je suis sur PFR :wow:
@Jane Plogeth et @Lily Dawson pour les mentions :cryhappy: <3
Pour la lettre de Hope, Jane pourra découvrir une écriture enfantine, des mots mal barrés ce qui ait que Jane peut largement lire ce qu'elle a barré. Des traces de larmes sont visibles aux endroits marqués.
Si tu as envie d'écrire la réaction de Jane, le sujet est à toi ! :cute:

Professeur de SaCM depuis le 01.06.2051
HRP, j'accepte avec joie le tutoiement !