Confiance aveugle TW Solo

Tw : Ce RP parle d'harcèlement, d'entourage toxique, de début de phobie scolaire, de xénophobie, de crise d'angoisse et de manque de confiance en soi.

PNJ utilisé : Violette Mimosa
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Violette Mimosa #B45F06
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Lila Rose, 15 ans #ad0c5a


Le 26 décembre 2047, après midi
Résidence Mimosa.

Après Noël, Lila avait promis à sa tante qu'elle irait chez elle. Plus les jours passaient, plus Lila pensait à la reprise des cours. Elle craignait que le mois de décembre ne touche à sa fin trop vite. Elle pensait à Poudlard, au sentiment étouffant dans sa poitrine quand elle songeait seulement aux journées de cours qu'elle allait passer. Elle était assise sur l'appui d'une des fenêtres dans la grande maison de sa tante. Elle regardait dehors avec un air profondément triste. Elle portait sur son dos l'énorme couverture que son tonton Samuel avait posée là. Il lui avait demandé si elle allait bien, elle avait souri et hoché la tête. Elle se sentait terriblement vide. Martin n'était pas ici, il ne viendrait pas et Lila se sentait triste. Il était parti en France avec son épouse. Il lui envoyait des lettres dans lesquelles il lui expliquait comment était la vie là-bas. Il la rassurait en disant qu'il était apprenti dans une herboristerie, quelque part à la campagne. Il devait sûrement beaucoup aimer la France, le fait de voir du paysage tout en pratiquant un métier qui lui plaît. Mais Lila voulait que son cousin soit à ses côtés. Elle voulait pouvoir lui parler, le serrer dans ses bras, lui expliquer toutes ses peines. Elle voulait lui dire qu'elle ne voulait pas retourner à Poudlard, qu'elle voulait rester avec sa famille.

"Tu ne viens pas pour manger du gâteau ?"

La voix de sa tante sortit Lila de sa rêverie. Elle détacha sa tête de la fenêtre, elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne lui venait. Elle ne voulait pas manger de gâteau. Elle voulait rentrer chez elle, s'asseoir devant la cheminée et lire Alice au pays des merveilles pour la centième fois. Elle secoua la tête en signe de négation. Lila ne voulait pas aller aux côtés du reste de sa famille. Elle ne voulait pas sourire alors qu'elle n'était pas heureuse, elle ne voulait pas non plus déguster du gâteau et raconter ses anecdotes d'école. Chaque fois qu'on lui demandait, Lila mentait. Elle racontait qu'elle avait un tas d'amis, qu'elle était bien entourée, qu'elle s'amusait beaucoup en cours, que les cours étaient passionnants. Elle mentait tellement qu'elle se sentait coupable. Elle n'avait pas plein d'amis, elle avait eu Élicia et Lumah, mais c'est elle qui s'était éloignée. Par ce qu'elle avait eu le malheur de rencontrer Anémone, son cousin. Elle avait eu le malheur de croiser sa route.

Naïve comme elle était, Lila avait pensé qu'ils pourraient devenir amis. C'est ce qu'elle pensait qu'ils étaient au départ. Elle ressentait constamment un malaise quand elle était avec lui, comme une sensation d'inconfort dans le ventre. Mais elle s'était dit qu'elle s'imaginait des choses. Elle avait continué à essayer de se rapprocher de lui. Elle avait toujours été proche de Martin et des jumeaux, pour ça ne marcheraient pas pour son autre cousin. Elle l'avait pourtant senti, elle avait senti qu'il l'isolait. Elle avait remarqué qu'il essayait de la convaincre de s'éloigner des autres. Cependant, Lila était naïve. Elle ne voyait le mal en personne. Elle se disait qu'il ne devait pas avoir beaucoup d'amis, qu'il avait besoin de compagnie plus que Lila. C'était son cousin, elle ne pouvait tout de même pas le laisser seule, non ? Quelque chose s'était peut-être brisé en elle quand elle avait compris que son cousin avait plein d'amis. Il était gentil avec les autres, il séduisait facilement les gens autour de lui.

Quand les choses ont commencé à changer, Lila a eu du mal à le comprendre. Elle a eu du mal à comprendre que les petites taquineries de son cousin étaient devenues bien plus que ça. C'était devenu des insultes, parfois même des humiliations totales. Toujours porté sur son statut de sang. Parfois, il innovait, il visait ses origines. Ses cheveux raides, sa peau blanche, parfois, il visait ses yeux légèrement bridés. Comme elle n'aimait pas ce terme. Comme elle détestait qu'on lui dise que ses yeux étaient "légèrement bridés". Elle détestait tout dans ce mot, ses racines, son utilisation, la manière humiliante dont les autres l'utilisaient.
Plus encore elle se détestait elle-même, d'être née sang mêlé. D'être naïve au point de ne pas réussir à détester ceux qui lui font du mal. D'être trop excentrique, au point d'attirer leurs remarques. D'être trop timide pour parler de ses soucis. Mais surtout, elle se détestait d'être incapable d'en parler. Tout aurait été plus simple si Martin avait été là, Lila lui aurait sauté au cou. Elle lui aurait supplié de l'écouter. Elle aurait confié entre ses mains tout le mal-être qu'elle ressentait. Mais Martin n'était pas là.

"Lila ?"

Elle releva enfin la tête vers sa tante. Elle avait les yeux larmoyants, l'impression que sa gorge était serrés et que sa voix allait rester longtemps cachée au fond de celle-ci. Elle avait l'impression que ses cordes vocales ne bougeraient jamais pour produire quelconque bruit. Elle hoqueta. Elle prit son visage dans ses mains. Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Pourquoi devait-elle casser l'ambiance ? Pourquoi n'arrivait-elle pas simplement à faire comme tout le monde et à passer au-dessus des choses qui lui arrivait ?

"Par Merlin, Lila, tout va bien ? Dis moi ce qui ne va pas ma petite fée."

Elle posa ses mains sur les épaules de la jeune fille. Mais elle n'arrivait pas à se retenir. Lila n'arrivait pas à retenir ses larmes qui coulèrent sans qu'elles ne les contrôle. Elle aurait aimé les gronder, leur dire de retourner dans ses yeux. Si elle était dans une étrange comédie absurde, ce serait sûrement ce qu'elle aurait fait. Elle n'aurait probablement même pas pleuré. Dans une comédie absurde, elle serait assise à table avec sa famille. Dans une comédie absurde, les jumeaux auraient remarqué ce qui se passait à Poudlard, ils auraient dit à tout le monde ce que vivait Lila. Mais Lila n'était pas dans une comédie et les jumeaux ne traînaient pas assez avec elle à Poudlard pour remarquer quoi que ce soit. Lila était seule avec ses soucis.

"Je ne veux pas que les vacances se finissent. Je ne veux pas y retourner."

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Longue vie au roi Aaron Bagans
Agent Colibri des Grimms.
#ad0c5a pour Lila

Confiance aveugle TW Solo
Tw : Entourage toxique, Harcèlement, crise d'angoisse et dévalorisation de soi.

Lila lui avait tout déballé. Elle avait expliqué tous ses tourments. Que ce soient les émotions qu'elle ressentait vis à vis de Poudlard ou des choses qui lui étaient arrivées. Elle avait tout déballé. Elle avait posé entre les mains de sa tante son petit cœur meurtri et avait pleuré à chaudes larmes, comme une enfant. Comme elle avait honte. On lui avait toujours appris à cacher ses tourments. Elle avait fait de son mieux. Par Merlin, elle le jurait, elle avait fait de son mieux. Elle avait tout gardé pour elle. Elle tentait toujours de faire de son mieux pour ne causer de problèmes à personne. Pourtant, Lila ne pouvait plus garder les choses pour elle. N'est ce pas ? Elle entendait son cœur battre dans ses oreilles, son rythme s'accélérait à chaque chose qu'elle disait. Elle tremblait, elle tremblait terriblement. Elle se sentait faible, elle avait l'impression qu'elle n'arriverait pas à finir cette discussion. Elle n'arrivait plus à reprendre sa respiration correctement, c'était comme si son souffle se bloquait au fond de sa gorge. Elle passa sa main sur sa gorge, elle n'arrivait finalement plus à produire aucun autre bruit que celui des sanglots. Les larmes brouillaient sa vision et leur goût, salé agressait sa bouche. Elle avait terriblement peur. Elle avait peur que quelqu'un monte l'escalier, que quelqu'un vienne les chercher. Elle ne voulait que personne ne la voit comme ça.

Violette posa sa main sur la joue de Lila. Elle lui offrit une caresse qui calma peu à peu le rythme cardiaque de la jeune fille. Elle ferma les yeux quelques instants pendant que sa tante essuyait ses larmes. Elle ne savait même pas si elle se sentait soulagée. Elle se sentait bizarre. Son cœur battait à tout rompre, ses mains étaient moites et tremblantes. L'impression qu'elle venait de commettre une grave erreur l'envahissait. Elle leva les yeux vers sa tante. Elles se regardèrent. Lila crut voir de l'empathie dans son regard.

"Ma petite fée, comme tu es sensible." Violette déposa un baiser sur le front de la jeune fille. "Est ce qu'Anémone t'a frappé ? Est-ce qu'il s'est montré violent ? Est-ce qu'il t'a brutalisée avec sa baguette ?"

Ces mots semblaient si crus. Lila eut l'impression qu'on venait de lui donner un coup de chaudron dans le ventre. Les questions lui retournaient l'estomac. Et cette première phrase. "Sensible", voilà ce qu'elle était. Un nouveau mot pour la décrire. Elle le rajoutait à la longue liste des adjectifs qu'on lui collait à la peau. Excentrique, naïve, idiote, maladroite, faible, bavarde, coquette et maintenant, elle était aussi sensible.

Lila secoua la tête en signe de négation. Frapper ? Jamais. Il n'était pas du genre à la toucher. Anémone la regardait plutôt avec dégoût en prétendant que la toucher pourrait le contaminer. Parfois, il la poussait, mais Lila tombait souvent d'elle-même aussi. Pouvait-elle vraiment considérer cela comme de la violence ? N'était ce pas elle qui voyait les choses de manière trop fataliste ? Utiliser sa baguette contre elle ? Jamais. Il n'était pas bête. Il savait ce qui attirait particulièrement l'attention des autres. C'est bien la dernière chose qu'il voulait, attirer l'attention sur ces actes. Lila ne pouvait voir ces choses comme de la violence, non ? Elle avait tout expliqué à sa tante, les insultes, les moqueries, l'isolement... Mais la violence, pouvait-elle considérer qu'il y en avait eu ?

"Comme tu es sensible." Elle caresse les cheveux de la fille. "Tu dois sûrement trop te prendre la tête avec tout ça. Il ne s'est pas montré violent. Peut-être était ce simplement des blagues. Est-ce que tu as essayé de lui dire que ça ne te plaisait pas ? Tu sais comment sont certains sorciers sur les questions du statut de sang. Si ça n'avait pas été lui, un autre t'aurait embêter de la même manière."

Lila ouvrit la bouche pour répondre. Elle réfléchit un long moment avant de prendre la parole.

"Je devrais peut-être en parler avec Papa..."

"Oh non, surtout pas. Tu sais que c'est tendu entre lui et John. Il ne faudrait pas en rajouter avec le petit Anémone. Je suis sûr que tu prends les choses trop à cœur. Tu as toujours été très sensible et très délicate, comme une petite fleur. Tu sais comment sont les hommes. Ils n'y comprennent rien aux filles sensibles et à la délicatesse. Ça arrive parfois de se disputer avec certaines personnes."

Lila recula son visage pour se dégager des mains de sa tante. Avait-elle trop pris à cœur les choses ? Avait-elle vraiment exagéré la situation ? Maintenant, que sa tante le disait, elle avait toujours été sensible. Peut-être étaient-ce simplement les idées de son père qui s'infiltrait dans l'esprit de son cousin ? Elle serra ses mains les unes dans les autres. Il avait été gentil avec elle au départ non ? Elle pensait qu'ils étaient amis. Il faisait le jaloux, il ne voulait pas qu'elle ait d'autres amis, il se moquait d'elle. Peu à peu, elle n'avait personne d'autre que lui. Elle conversait quelques fois avec les gens en salle commune, mais rien de plus. Ses interactions avec les autres élèves s'arrêtaient à des faibles signes de tête, des salutations et parfois de conseils pour les cours. Lila se sentit tout à coup extrêmement coupable. Elle exagérait, comme toujours. Elle laissait ses émotions prendre trop de place. Elle était sensible. Elle y ajouterait même qu'elle était susceptible au final. Comme elle se sentait égoïste. Elle pensait à Anémone. Il devait avoir la vie dure chez lui. Les idées de son père devaient lui monter à la tête, il devait simplement les exprimer sans souhaiter du mal à Lila. Non ? Qui pourrait souhaiter du mal à sa cousine ? Ils partageaient le même sang, les mêmes ancêtres et les mêmes traditions. Lila devait exagérer.

"Désolé d'être trop sensible... J'ai même esquivé le repas. Je ne voulais pas gâcher l'ambiance."

Voilà tout ce que Lila savait faire, s'excuser. C'est tout ce qu'on lui avait appris. Le seul sentiment que la jeune fille ressentait depuis toute petite en présence de sa famille, la culpabilité.

"Ce n'est rien. On a tous des hauts et des bas. Quand tu seras rentrée à Poudlard, je suis sûre qu'on aura du mal à te convaincre de rentrer nous voir. Ne pense plus à toutes ces choses. Ne prends pas les choses trop à cœur. D'accord ?"

Elle déposa un baiser sur le front de la jeune fille avant de se lever et de rejoindre le reste de sa famille. Lila resta sur l'appui de fenêtre. Elle tira ses jambes contre elle et posa son menton sur ses genoux. Elle n'en reparlerait plus jamais. Elle se le jurait. C'était elle, le souci, après tout.

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Fin du RP


Je place cet après propos ici. Je l'ai dit lors de la validation du scénario. Mais je tenais à le redire ici. Les conseils de Violette sont les pires possibles. Par expérience, je sais ce que je dis. Ne restez pas seul. Si quand vous décider d'en parler avec quelqu'un de confiance, on minimise vos ressentiments, sachez que cette personne ne vous veut pas du bien. Ne vous arrêtez pas là. Chercher de l'aide. Il existe des numéros d'aides, des démarches dans les établissements, des centre d'écoute et des personnes prêtes à vous aider.

Je tiens aussi à préciser que OUI les choses décrites par Lila sont des violences. L'isolement est aussi une forme de violence. La violence ne se fait pas ressentir que par le physique. Si vous vous reconnaissez en Lila, sachez que vous ne devez pas rester seul.

Longue vie au roi Aaron Bagans
Agent Colibri des Grimms.
#ad0c5a pour Lila