OS PNJ Les gens parlent sans mots

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Cente ville de Godric's Hollow__
Assis à la banquette la plus proche de l'entrée
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Samedi 11 mars 2051__
aux alentours de 16h pour l'heure du thé
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PNJ Actif: Cassius Vaughan-Caldwell #4f4a64
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- Et là, qu'est-ce que tu vois?

Assise tout près de son père, à demi cachée derrière l'exemplaire de journal qu'il tenait pour leur donner un semblant de fausse discrétion dont l'illusion ne tiendrait que pour ceux ne leur prêtant aucune réelle attention, Jaelyn s'appliquait à suivre chaque mouvement de la nouvelle silhouette intéressant leur petit jeu.
Un jeune homme, lequel se servait du pâle reflet que lui renvoyait la vitre de la boutique pour replacer le col de sa chemise et quelques mèches de ses cheveux auburn plaqués si fermement qu'ils résisteraient même à un ventus.

- Il... Se recoiffe? Et il remet bien sa chemise? Observa-t-elle les yeux plissés.
- Mh mh. Approuva son père avant de se rapprocher de son oreille, sans détourner le regard de la cible de leur attention commune, le journal maintenu de manière à les dissimuler des autres clients. Et regarde sa chemise. Qu'est-ce que tu vois?

La blondinette plissa un peu plus les yeux en balayant des yeux le tissu clair qui lui couvrait le dos.

- Elle est blanche. Ou... Mais son analyse de colorimétrie s'arrêta net quand son regard accrocha à un détail qui lui fit ouvrir un peu plus grand les yeux. Oh! Il transpire sous les bras! Remarqua-t-elle un peu trop fort.

L'homme à qui elle devait sa chevelure dont elle était si fière souffla un rire étouffé, en lui jetant un regard discret.

- Exact. Et qu'est-ce que ça veut dire? Réfléchis, avec la météo, et le contexte, ou plutôt, ce que tu as à disposition autour de toi comme informations.

Jaelyn resta silencieuse, le regard braqué sur l'homme de l'autre côté de la vitre cherchant à relever ce qui n'était pas dit, visible sans être criant. L'exercice n'était pas nouveau, mais son père choisissait à chaque nouvel exercice une cible plus compliquée à analyser. Les secondes de silence s'étirèrent sans qu'elle ne se détourne un instant de son sujet.
Il ne tenait pas en place contrairement à elle. Se repassait les mains sur les cheveux, tirait sur son col, lissait le tissu qui semblait lui coller à la peau, rendant à présent immanquables les taches de sueur, s'essuyait le front et la nuque...

- Il peut pas transpirer parce qu'il a chaud... On est qu'en mars. Et, y'a pas d'soleil... et... Mais avant même de poursuivre, son père lui jeta un regard qui n'avait rien d'amusé cette fois en haussant légèrement les sourcils dans une remarque claire. La blondinette resta là, lèvres entrouvertes avant de les refermer comme pour ravaler les mots qui s'apprêtaient à lui échapper pour se reprendre.
Oh. Mince, vocabulaire, c'est vrai.

- Je veux dire, il n'y a pas de soleil. Cette fois il acquiesça, accord silencieux pour la laisser poursuivre son analyse. Alors la petite s'humidifia les lèvres avant de se reconcentrer pleinement sur l'homme qu'elle observait, espérant qu'il ne s'en aille pas tout de suite, ce qui mettrait fin au jeu et la ferait même perdre. Elle regarda un instant autour d'elle les autres clients qu'il lui était possible d'apercevoir malgré le journal que son père tenait pour les dissimuler, sans bien savoir ce qui pourrait lui donner un indice. Est-ce que quelqu'un d'autre le regardait? Transpirait? Elle reporta rapidement son regard sur le jeune homme aux épaules étroites, trop crispées sous sa chemise.

- Il entre. Alors ta réponse?

- Heu... Je sais pas. L'admission était presque étranglée, quasiment douloureuse à admettre pour sa fierté.
Non, non, non! J'peux pas perdre encore, pas comme ça! Je suis sûre qu'je peux trouver! Chemise, transpiration, homme...

- C'est... Il a peur de quelque chose? Ou il a fait du sport? Mais, pas en chemise... Ahhh...

Le désarroi sur son visage de poupon rosé ne pouvait entièrement être pris au sérieux, au point où son père pouffa un rire en enroulant un bras autour de ses côtes pour apaiser la tension qui enserrait son petit corps. Mais faire rire de cette manière était tout sauf acceptable.

C'est pas vrai, j'ai dit n'importe quoi. J'suis ridicule.

- Voilà ce que je pense: nous avons là un jeune homme nerveux. Il s'est bien habillé et coiffé, est très prudent sur son apparence, et n'a pas l'air à l'aise du tout. Nous sommes dans un établissement chic, à l'heure du thé, donc avec assez de monde pour ne pas être entouré par le silence. Il tourna les yeux sur sa fille dont il continuait à caresser le dos à présent, lui laissant quelques instants pour aligner tous les éléments, espérant voir l'illumination soudaine de son visage en reliant les indices avant de lui donner la réponse. Donc, je parie pour un rendez-vous. Peut-être même un premier rendez-vous.

La bouche ouverte pendant quelques secondes en se répétant les points relevés par son père, elle observa le jeune homme aller trouver une table libre et jeter plusieurs coups d'œil vers l'entrée.
- Ohhhh... Un premier rendez-vous... T'es trop fort papa. On refait! Je vais trouver cette fois!

Les mots de sa fille lui firent prendre une inspiration plus importante, lui gonflant au passage la poitrine de cette petite fierté que de n'apparaitre que sous son meilleur jour aux yeux de sa fille.

- Jaelyn, ne te précipite pas sur la prochaine fois. Tu dois toujours prendre un temps pour comprendre pourquoi tu as raté pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Il déposa le journal à plat sur leur table, sa seconde main quittant le dos de l'enfant pour lui tourner le menton d'un doigt vers celui qui leur avait permis de s'exercer un peu. Regarde maintenant ce qui ne devient évident que quand on y prête un œil suffisamment attentif.