R.O.I.S.S Les vertus de l'anticipation

Mercredi 13 septembre 2051
14h00
Avec @Asher Thatch
Le bureau d'Eglantine était un oasis de tranquillité au milieu de cette bibliothèque maudite. Depuis le début d'année, la bibliothécaire avait serré la vis aux élèves, refusant de céder le moindre pouce de terrain, prête à tout pour faire régner le silence. Elle ne laisserait jamais, dans aucune dimension imaginable, de sales gosses mal éduqués lui dicter sa manière d'agir. Tous ceux et toutes celles qui n'avaient pas leur place en ce lieu en seraient tout bonnement exclus. Et elle n'aurait pas le moindre mal à justifier de cela auprès de la direction.

Désormais, elle tenait à jour chaque infraction, chaque manque de respect, chaque insolence de chaque élève. Pas un écart ne serait laissé impuni, et c'est avec la satisfaction du travail bien fait qu'elle referma ce cahier, pour soigneusement le ranger dans son bureau. Elle s'assit ensuite à la petite table dans le coin de la pièce, vérifiant une nouvelle fois le dossier de l'élève qu'elle s'apprêtait à accueillir.

"Entrez."

Elle ne se leva pas lorsque le Serpentard pénétra dans le bureau. Eglantine montra simplement la chaise libre à la table, sur laquelle trônait du parchemin, une plume, et quelques ouvrages généraux. Elle-même avait ouvert devant elle un cahier, prête à noter tout ce qui lui semblerait utile pour le dossier de cet élève.

Mais alors qu'elle l'invita à s'asseoir...

"Je vous en prie, asseyez-vous."

Elle huma l'odeur qui venait d'envahir son précieux bureau. Sa contenance était absolue, l'expression de son visage ne changea pas le moins du monde. Mais elle carra les épaules, dignement et avec élégance, maudissant intérieurement ces élèves incapables de correctement se laver. Sans hésitation, elle dégaina sa baguette, et alluma d'un geste ses bougies parfumées, pour ensuite rediriger son attention, imperturbable, sur l'élève.

"Fort bien. Que puis-je ?"

Cavalier de l'Apocalypse de 2050 - 2b1146
« Les élèves s'abstiendront de conversations à voix haute. »

R.O.I.S.S Les vertus de l'anticipation
Tu détestes être en retard, ça t'est insupportable à bien des égards car, déjà, tu n'aimes pas qu'on te fasse attendre. Du peu d'éducation que ta mère t'a donné, celui d'être toujours à l'heure est l'un des rares que tu as su retenir à un point où tu préfères être en avance et poireauter autant de temps qu'il faudra. C'est actuellement le cas ; dans moins de deux minutes, tu frapperas à la porte du bureau de Madame Pinehead parce que vous aviez tous deux rendez-vous pour discuter un brin de ton avenir. Certes, tu débutes à peine la troisième année, mais déjà, ça t'inquiète, car, d'avenir en n'ayant aucun statut, c'est d'autant plus compliqué pour toi. De ce fait, toute née-moldue que tu es, tu aimerais savoir quelles portes te sont ouvertes ou bien complètement fermées. Mais pour l'heure, tu attends que quatorze heures sonnent, non sans inquiétude ; entre tes doigts, tu fais glisser le tissu de ton uniforme. L'infâme odeur reste, encore bien imprégnée dans le tissu malgré plusieurs lavages. En seconde année, l'odeur s'était volatilisée en à peine une semaine, mais à force de traîner dans ce taudis qu'est l'appart de Joe, elle devient tenace. Tu humectes tes lèvres, mal à l'aise. C'était là un objet de moquerie dans ton ancienne école et tu crains que cela puisse se reproduire ici et tu vas devoir rapidement trouver une solution à ça.

Tu vérifies ta montre et frappes à la porte, pile à l'heure, et la voix de Madame Pinehead ne tarde pas à te répondre : « Entrez. » Tu empoignes la poignée et l'abaisses, et alors que tu ouvres la porte, tes yeux observent aussitôt cette nouvelle pièce que tu découvres. Ce n'était pas là de la curiosité, mais un besoin de savoir dans quoi tu mets les pieds et comment tu pouvais rapidement dégager si menace il y a. Tranquillement, tu passes le seuil et refermes derrière toi, cachant ta nervosité sous un calme apparent et une posture droite, mais tu ne mènes pas large, loin de là ; tu as peur que rien de bien ne t'attende à la sortie de Poudlard et que tout cela ne soit qu'une perte de temps. Tu inspires doucement, redresses tes épaules, avant de saluer la femme face à toi : « Bonjour, madame. » Tu veilles à bien articuler, toi qui as la fâcheuse tendance à mâcher tes mots, mais, pour une fois, tu as envie de faire bonne impression à quelqu'un. En guise de réponse, la chaise libre t'est montrée et tu t'en approches, tandis que la seconde invitation tombe : « Je vous en prie, asseyez-vous. » Docilement, tu t'installes tout en te délestant de ton sac. Tu n'as pas cours de l'après-midi, tu aurais pu le laisser dans ton dortoir, mais tu n'as pas voulu venir les mains vides. Tu l'ouvres donc et en sors un carnet qui, habituellement, te sert pour le dessin, mais qui contient ici ce que tu as préparé pour cet entretien. Et alors que tu reportes ton attention sur elle, patientant sagement, tu remarques le tic au niveau du nez, les épaules qui se carrent et le coup de baguette en direction des bougies qui libère là une senteur agréable, mais qui te rend toute crispée. Tu dois bien avouer que c'est humiliant.

La prochaine fois que tu rentreras chez Joe, tu crameras ce maudit appart et, avec un peu de chance, lui avec, et t'es certaine que ça sera facile de faire croire à ses cons de la police qu'il s'est foutu le feu tout seul tellement il boit comme un trou, clope au bec, et...

« Fort bien. Que puis-je ? » Elle te regarde. Inspire. Expire. Pas de colère. Pas de colère. Pas de colère. Pourquoi cela te met-il d'autant plus en colère ? Tu lui souris poliment. T'as l'impression de mal sourire. Y a-t-il une bonne manière de sourire ? T'en sais rien, t'as juste l'impression que ça sonne faux. C'est bon. T'es foutu. T'es sûr que tu viens de foutre en l'air ta bonne impression. Tu vas le tuer. Tu vas le tuer. Tu vas le tuer. Même à des putains de kilomètres de ce fumier, il te pourrit la vie. Concentre-toi. Concentre-toi. Concentre-toi. « Je m'interroge sur les métiers que je pourrais exercer une fois quitté Poudlard ; j'ai bien quelques pistes, mais j'hésite pas mal, car tous me semblent intéressants. Puis il y a aussi la question des études supérieures, s'il y a des formations ou encore des possibilités de stage. » Tu te surprends toi-même, cela a été dit avec tellement de calme et sans bégayer. Bon, peut-être que t'es pas totalement foutu. Aie confiance. Aie confiance. Aie confiance. Tu ajustes ta position, tu te tiens droite, mettant en évidence le carnet que tu tiens entre tes doigts légèrement tremblants et bouffés par tes angoisses. OK, peut-être cacher tes mains la prochaine fois.

@Eglantine Pinehead Me voici 🐸

3ère année • Elle • 14 ans • #9C3940
So hard to let go of, I speak and I choke up
I can't turn the TV off
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