Inktober PNJ Empyrée

empyrée ; n.f.
espace infini contenant les astres, monde imaginaire, lieu de délice

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1. haciendo que me amas
2. hall of fame
3. encore une fois
4. sublime
5. seven nation army
6. figure you out
7. drag path
8. cigarette duet
9. daddy issues
10. right person wrong time
11. reste en vie
12. babydoll
13. nuits d'été
14. tissues
15. hermit the frog
16. still loving you
17. freaks
18. l'altra dimensione
19. melodrama
20. dans 10 ans
21. cinq heure du matin
22. cinderella's dead
23. you're dead dead dead
24. easier to cry
25. training season
26. more than friends
27. this is the life
28. feel invincible
29. i kissed a girl
30. the greatest
31. bloodstream

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober PNJ Empyrée
haciendo que me amas ; bad bunny
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dimanche 01 octobre

{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }

Je savais que c'était une mauvaise idée de sortir hier. Je savais que j'aurais dû rester à la maison, je savais que j'avais rien à faire là-bas, je savais que j'aurais pas dû écouter Ellie. Parce qu'à cause d'elle, parce que je l'ai laissée me convaincre, à cause de son entêtement, j'ai revu Lloyd. J'avais pas envie, j'étais pas prête, j'étais pas préparée, j'étais pas... J'inspire un grand coup et je roule un peu sur mon lit, arrivant sur le dos d'une manière ou d'une autre.

Mon plafond me nargue de là où il est. Je peux pas l'écouter mais j'en suis certaine, je n'en doute pas. Il me nargue parce que je suis incapable de tenir une promesse, incapable de relever un défi, incapable de prouver à l'homme que j'aime que je suis digne de lui. Digne d'être aimée, au moins encore un peu. Juste un tout petit peu. Une larme, une bête unique larme coule le long de mon visage, de ma joue et vient se perdre dans mes cheveux. Attends moi Lloyd. S'il te plait, attends moi. Ne me laisse pas toute seule pour toujours. Je ne veux pas m'endormir sans être certaine que les choses entre nous n'ont pas été mises au plat. Je veux que tu voies tous les efforts que je fais, tous ceux que j'ai fais, ceux que je continue de faire. S'il te plait, laisse moi une chance de te montrer que j'en suis capable, laisse moi une chance de te montrer que je suis plus que ce que tu penses. Une autre larme roule. J'ai besoin d'un café. Un vrai bon café, fort, amer, noir. Suffisamment pour me faire oublier ma propre déchéance, pour me faire oublier mes pensées, mes objectifs, mes idées, mes envies. Tout. Je veux tout oublier. Je veux me noyer dans le café.

Alors je roule de nouveau. Le paysage bascule sous mes yeux, passe de penché à droit. Je me lève — trop vite — et titube une seconde. Des tâches noires emplissent mon champ de vision. Je plisse les yeux, les fermes, les rouvre et quand enfin je retrouve une vision normale je me mets en mouvement. J'ai mangé aujourd'hui ? Nan, j'ai pas mangé. Et hier soir ? Ouais, peut-être.

Je me traine dans mon appartement à la manière d'un être défait de toute volonté. Encore heureux que je doive pas aller au travail avant dix-sept heure. Après la soirée d'hier, j'aurais pas la force d'y aller dès le matin. J'aurais pas la force de passer devant la Fausse Danse, j'aurais pas la force de me trouver si proche et pourtant si loin de lui. J'aurais pas la force de faire semblant. Faire semblant de quoi ? je me dis, ironique, en arrivant dans la cuisine. Ouais, c'est vrai ça. Faire semblant de quoi ? De pas être une pauvre fille vidée de son essence ? De pas être la source du malheur de l'homme que j'aime depuis plus de dix ans ? Les larmes se multiplient sur mon visage. Je me noie, je coule, je perds pieds. Tu viendras me chercher si je disparais, pas vrai ? Hein, dis-moi que tu penses encore un peu à moi, dis-moi que tu m'as pas encore oubliée.

Un sanglot meurt dans ma gorge.

Dehors, la pluie tape fort contre les carreaux. Je me demande si je pourrais me noyer si je sortais et que j'attendais, immobile, sous les gouttes d'eau. Je me demande combien de temps ça prendrait pour que ma peau flétrisse, que mes cheveux s'affaissent, que mes os se mouillent, que mon squelette se recroqueville sur lui-même. Mes yeux volent vers la fenêtre, suivent une goutte d'eau lors de sa longue descente puis se perdent dans le flou de mes pensées. Attends moi. Attends moi je t'en supplie. Tu vois pas tous les efforts que je fais ? Est-ce que tu vois que j'ai perdu du poids ? Que je me meurs, lentement mais sûrement, sans toi ? S'il te plait. Attends moi. Laisse moi le temps, donne moi la chance de te montrer que je suis capable. Je veux le faire, je vais le faire. Je regarde la pluie tomber. Les larmes qui coulent le long de mes joues reflètent celles que je vois dévaler la vitre. Et j'attends. Je me prépare pas de café, j'en ai plus envie. J'ai plus envie de grand chose à vrai dire. J'ai plus envie d'aller au taf, j'ai plus envie de sortir, j'ai plus envie de jouer de la musique, j'ai plus envie de parler. Le silence, mon mutisme douloureux, est revenu.

Je me tais le matin, je me tais le soir, je me tais à Sisyphe, je me tais à la maison, je me tais dans la rue. Désolée Kal', j'ai pas réussi à tenir ma promesse. Je suis rentrée et je me suis aussitôt fracassée la figure, je suis retombée amoureuse comme on se remet à rire après une blague.

Pardonne moi Kal', j'aurais aimé faire mieux de tout ce que tu m'as offert. J'aimerais que tu sois là, j'aimerais que tu me prennes entre tes bras et que tu fasses la conversation pour nous deux, j'aimerais que tu me dises que j'ai le droit de me taire, que j'ai le droit d'être triste, que j'ai le droit d'être dévastée, que j'ai le droit de ne plus savoir qui je suis. Parce que c'est ça, pas vrai Lloyd. Je sais plus qui je suis sans toi. Je sais plus pourquoi j'existe, je sais plus ce qui se passe.

Dans un sanglot déchirant, je m'effondre sur place.

Mon corps que tu as serré contre toi des centaines de fois se brise, se replie sur lui-même, glisse à terre et reste là. Cette fille que tu as aimée si fort se met à pleurer comme une enfant blessée.

Je ne suis plus rien. Tu m'as défaite de tout ce que j'étais, de tout ce que je voulais être. Alors il faut que tu me laisses prétendre. Laisse moi prétendre que tu m'aimes encore. Laisse moi me mentir, laisse moi me bercer d'illusions, laisse moi y croire encore un peu, juste assez pour que j'aille mieux, juste assez pour que j'arrête de pleurer, juste assez pour que je passe l'automne, que je puisse survivre encore quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Laisse moi y croire.

Laisse moi prétendre.

S'il te plait ne me laisse pas.
S'il te plait ne m'oublie pas.
S'il te plait attends moi.


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1179 mots
@Lloyd River
défi EEC : travail, pluie, café, automne

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Inktober PNJ Empyrée
hall of fame ; the script
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lundi 02 octobre

{ boite de nuit moldue ; Londres }

Vêtue d'un débardeur et d'un bermuda, maquillée suffisamment pour me sentir jolie mais assez aussi pour rester moi-même, mes cheveux lâchés voletant autour de mon visage, je danse dans la boite de nuit. Je danse et je me laisse porter par la musique, par la force de la foule amassée tout autour et contre moi. J'ai conscience d'être trop âgée pour ça d'après les tendances d'âge moldues pour fréquenter ce genre de club, mais ce soir je veux me laisser aller. Je veux danser jusqu'à ce que mes pieds me fassent souffrir, je veux rencontrer des inconnus, je veux parler aux filles, et ne pas parler aux garçons, je veux commander à boire et regarder la tête du barman quand il verra que je lui demande que du soft, je veux me déchainer sur la piste et ne rien savoir, je veux faire ce qui me chante, parce que j'en ai envie, si j'en ai envie, quand je veux. Je veux faire un doigt d'honneur à mon travail, ne plus y repenser, me laisser emporter par la musique moldue, des musiques qui n'ont aucun sens pour moi, qui ne veulent rien dire, qui ne sont liées à personne, à aucun souvenir, à aucun endroit, à aucune douleur. Juste de la musique qui m'éclate les oreilles.

Je danse, je me trémousse, je glisse avec agilité sur la piste de danse et j'entraine des inconnues avec moi, les encourageant à se laisser aller à mes côtés. Elles craignent rien avec moi, et je le leur fais comprendre en souriant plus que nécessaire, en leur donnant mon prénom et en les rassurant du bout des lèvres lorsque, finalement, elles daignent me rejoindre sur la piste.

Dehors, avec la musique, on n'entend pas la pluie s'abattre dans les rues de Londres et ça m'arrange, ça me fait plaisir. Je sais que je vais sortir tout à l'heure et me retrouver sous une fine bruine qui va me tremper jusqu'aux os mais j'ai pas le choix, il faudra que je rentre chez moi et je sais que j'arriverais trempée, les cheveux emmêlé, le maquillage qui a coulé, les vêtements humides, les pieds douloureux, les oreilles vibrantes mais le corps encore plein de ma nuit de folie, de ma nuit de danse, de ma nuit de rêve au milieu de tous ces inconnus qui ne savent rien de mon histoire, de mon identité ou de mon parcours. Je veux rentrer chez moi avec la tête pleine de souvenirs sans queue ni tête, l'impression d'avoir du brouillard épais dans la boite crânienne et le besoin ardent d'aller squatter chez Kieran pour qu'il me fasse des pâtes et me réconforte.

Je veux plus penser à ces stupides pommes que j'ai dû couper pour un cocktail, je veux plus me dire que j'ai vu Lloyd, je veux plus réfléchir à tout ce que Mel signifie pour moi. Je veux plus me poser aucune question, je veux simplement prendre la vie comme elle vient et ne plus penser à quoi que ce soit. Je veux danser, danser, et danser, et encore danser sans m'arrêter. Danser comme l'adolescente que j'ai un jour été et qui me manque tellement, danser comme la jeune femme que je pensais que je deviendrais mais que je n'ai jamais été, danser comme l'adulte que je suis et qui a besoin de lâcher un bon coup, de se laisser aller. Je veux tout ça sans questions.

Alors je danse, je laisse mon corps être entrainé par la musique déchainée qui sort des enceintes immenses de la salle sans pourtant être visibles, je laisse la mémoire musculaire prendre le dessus, je fais confiance à mon corps pour trouver de lui-même les bons gestes, les bonnes danses, les bons mouvs', pour faire de moi un corps mouvant, gracieux et délicat. Je danse avec les filles, je danse avec les garçons. Tout d'un coup j'ai vingt ans de moins, je suis encore une étudiante et je suis en soirée alors que je devrais être entrain de dormir. Je suis de nouveau une Miya d'à peine une vingtaine d'année, j'ai traîné Kieran avec moi dans la boite, il râle et il fait les gros yeux quand je me sers à boire, il a pas envie d'être là mais parce que c'est moi qui demande il accepte, et il proteste, il me gronde, il assure que je devrais être entrain de travailler, il me dit que lui aussi il a du boulot. C'est l'automne, les vacances sont loin de nous et pourtant on est là, en boite de nuit, on s'éclate, on se tue sur la piste de danse. On rencontre des inconnus, on demande des noms qu'on oubliera dans cinq minutes, on enlace certains, on embrasse d'autre — enfin, je fais tout ça, Kai se contente de pester, maugréer et de me surveiller — puis je tombe dans ses bras, je ris, je le fais danser, je le course dans la boite et je profite. Je vis ma vie.

Puis je rouvre les yeux et je suis de nouveau une Miya de trente-huit ans, toute seule parce que je vois de moins en moins mon meilleur ami, toute seule parce que je mérite pas Lloyd, toute seule parce que je prends des décisions de moins en moins réfléchies, de moins en moins correctes.

Mais c'est pas grave parce que ce soir je me sens comme la gagnante de ma vie, comme la fille la plus importante et la plus heureuse qui soit. Je suis euphorique. Je me sens capable de faire s'envoler la Terre, de faire descendre la Lune, de faire s'écrouler des montagne, de faire geler des océans. Je me sens tout d'un coup capable de tout. Et je sais, au fond de moi, que l'adrénaline partira dans peu de temps, que peu à peu la torpeur qui m'habite depuis plusieurs mois sera là à m'attendre pour reprendre possession de moi, mais je décide que je m'en tape. Pour le moment, je suis la plus grande, la plus forte, la plus douée, la meilleure. Et je veux encore un peu profiter de ça, je veux encore me sentir comme une gagnante. Où ce sentiment s'en est-il allé, j'aimerais bien le savoir. Fut un temps je me sentais toujours comme ça ; survoltée, pleine d'énergie, pleine de vie, pleine de rage, pleine d'envie. Mais j'ai tout perdu. La vie m'a petit à petit grignoté cette part de moi sans jamais me rendre quoi que ce soit. Ce soir, je veux pas y penser.

Ce soir je veux me sentir encore comme la plus forte.


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1093 mots
défi EEC : travail, pluie, bruine, brouillard, pomme, automne

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Inktober PNJ Empyrée
encore une fois ; orelsan
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mardi 03 octobre

{ appartement de Miya ; Pré-au-Lard }

Cigarette en bouche, assise à même le sol dans la cuisine, j'attends. J'ai l'esprit vide, j'ai la tête et le coeur en vrac, je suis en morceaux. Pourquoi. Qu'est-ce qui s'est passé dans ma vie, à partir de quand est-ce que j'ai commencé à partir en vrille ? Pourquoi j'arrive plus à taffer tous les jours du matin au soir ? J'aime mon travail. J'aime faire des cocktails, j'aime préparer à boire, j'aime être la personne qui amène les boissons et qui prend l'argent, j'aime tout ça. Alors quoi. C'est quoi mon problème ? Qu'est-ce qui a changé chez moi ? Pourquoi je fonctionne plus comme avant ? Je sais pas. J'inspire, tire une taffe et expire lentement, tête renversée en arrière pour faire fuir la fumée par la fenêtre ouverte au-dessus de moi. Le poison me grignote les poumons, la nicotine teinte mes doigts en jaune et donne un sale goût à mes lèvres. J'attends. J'attends quoi ? Même moi je sais pas. J'attends l'heure d'aller à Sisyphe. J'attends l'heure de me lever.

Ellie est pas là. Elle est de moins en moins là. Je crois qu'elle en a marre de s'occuper de moi, j'crois que la soirée au Piti c'était la goutte de trop. Un ricanement rauque m'échappe, un genre de rire sans joie, amère. Ouais. Désolée Ellie. Je suis devenue un fardeau trop lourd pour toi.

Et pour toi mon amour ? Est-ce que je reste un fardeau ? Est-ce que je suis toujours ce monstre au coeur sec et blessant que tu voies ? Est-ce que tu la voies, ma main tendue vers toi ? Est-ce que tu l'ignores en pleine conscience, est-ce que t'as trouvé quelqu'un de mieux à aimer ? Dis moi mon amour, est-ce que quelqu'un te rend plus heureux que moi ? Je renifle pathétiquement et je tire de toute mes forces sur ma clope, pour sentir la fumée nocive dans mes poumons et remplir mon être de ce brouillard toxique. Je sais même pas pourquoi je fume, mon amour. Je fume par habitude, je fume pour oublier, je fume pour mourir un peu plus à chaque seconde qui passe.

Le carrelage est froid sous mon corps fiévreux. J'ai faim. J'ai froid. Je sais pas quoi faire, je sais à peine qui je suis, qui j'ai envie d'être. Je sais plus qui je suis. Je sais pas quoi faire, je crois que je me moque de tout ça. J'ai pas envie d'aller taffer, j'ai pas envie de me lever pour me doucher, j'ai pas envie de m'habiller, j'ai pas envie de transplaner, j'ai pas envie que la vieille Daisy me tape sur les doigts à cause de mon retard ou autre chose. J'ai pas envie. J'ai pas l'énergie. J'ai plus rien. Je suis vide, vidée, creuse. Y'a plus rien qui me fait résonner, y'a plus rien qui me donne envie d'y aller à fond. La soirée d'hier ? Idée de merde. Aujourd'hui, j'ai les oreilles qui sifflent, le moral six pieds sous terre, les pieds douloureux et l'âme desséchée. Les inconnus que j'ai rencontré, je me souviens déjà plus de leur noms. Les filles avec qui j'ai dansé, j'ai aucune foutue idée d'à quoi elles ressemblent. Les garçons avec qui j'ai ri, j'entends même plus le son de leur voix. Le bordel dans ma tête se manifeste par un mal de crâne si puissant que j'ai l'impression qu'on m'ouvre le cerveau en deux. Mon corps est lourd, tellement tellement lourd. Et ma cuisine est sale. Enfaite y'a tout l'appart qui est sale. Plein de poussières. De vaisselle. De vêtements qui trainent. De moi.

Je suis sale. Crasseuse. Dégoûtante. Répugnante.

Pardonne moi mon amour, je m'abandonne doucement. Je me sens sombrer vers des abysses qui me brûlent de l'intérieur, qui me consument et font de moi une coquille vide, sèche, creuse.

Est-ce qu'il t'apporte ce que j'ai jamais su t'apporter ? Est-ce qu'il t'aime comme je t'aime ? Est-ce qu'il te serre contre son coeur de la même manière que je le faisais ? Un gémissement sourd mais douloureux monte depuis ma gorge, ankylosée à force de me taire. Qu'est-ce qui va pas chez moi ? Pourquoi je retombe sans cesse dans mes mauvaises habitudes, pourquoi je suis pas capable de me faire aimer de la seule personne que je considère la plus importante qui soit ? Je ne comprends pas. Je ne comprends pas cette tristesse au fond de moi, ce vide immense qui grandit et prend petit à petit toute la place dans mon être, cette envie de rien qui me grignote et qui ne laissera rien derrière elle. Je ne comprends pas ces questions qui me tuent, et toute cette incertitude qui me bouffe, qui me fait ployer le dos, plier le genoux à terre et m'avouer vaincue.

Je gémis, bascule sur le côté. Ma tête heurte le sol, rebondit et s'immobilise. Il faut quelques secondes pour que le douleur du choc remonte dans mes nerfs. Et je serre les dents, j'accepte que la douleur me possède pour plusieurs minutes. De toute façon je peux pas lutter contre la douleur, n'est-ce pas ? Elle est là. Elle vient. Elle détruit tout sur son passage, elle me ravage. Puis elle repart en ne laissant derrière elle qu'une carcasse un être à moitié vivant, une pauvre morte.

Ma cigarette se consume. Il n'en reste plus qu'un mégot qui sent mauvais, que je vais laisser par terre comme tous les autres. Je le retire de ma bouche et le pose à côté de moi. Maladroitement, à tâtons, je cherche mon paquet dans ma poche. Mes doigts se referment dessus et j'en sors un bâton de nicotine que je glisse entre mes dents avec satisfaction. Voilà ce que je suis devenue, ce que je suis entrain de devenir. Un monstre nourri à la nicotine et au café, un monstre incapable de prendre soin de lui, un monstre qui a laissé son enfant mourir, un monstre qui n'a pas su garder l'amour de sa vie. Un monstre misérable, répugnant, qui donne envie de gerber.

Dis-moi mon amour, c'est comme ça que tu me vois ? Seule, dans ma crasse, avec mes clopes. Je suis désolée. C'est normal qu'il te plaise plus. Il a quelque chose à t'offrir. Il est en bonne santé. Tu m'as abandonnée. Tu m'as abandonnée mon amour, est-ce que tu le sais ça ? Tu m'as abandonnée, tu m'as laissée toute seule me noyer dans ma tristesse, me noyer dans moi-même, devenir un monstre que même moi je hais, devenir une créature vile et dégueulasse. Un monstre que t'es incapable de regarder dans les yeux, mon amour regarde ce que tu m'as laissé devenir. Je ne peux même pas t'en vouloir mon amour, je ne me choisirais pas non plus. Je ne me regarderais pas non plus. Je ne m'aimerais pas non plus. Mais je t'aurais attendu. Je crois ? Ouais. Je t'aurais attendu. Oh s'il te plait mon amour ne m'oublie pas si vite. Je me sens redevenir celle que j'étais en arrivant au Japon. Perdue. Honteuse. Amoureuse. Horrible. Est-ce que je suis un monstre ?

C'est pour ça que tu m'as pas attendue ?


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1194 mots

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Inktober PNJ Empyrée
sublime ; disiz
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mercredi 04 octobre

{ Loges d'Hécate ; Godric's Hollow }

On avait dit le pire, mais aussi le meilleur. Surtout le meilleur. Mais il est passé où notre meilleur. Il s'est caché, il est parti, je l'ai détruit. Mais j'oublie pas ce qu'on a été, j'oublie pas ce qu'on pourrait être, j'oublie pas, j'oublie rien. Et je veux pas que t'oublies non plus, je veux pas que tu passes à autre chose aussi vite, je veux pas que tu me dises que nous deux ça compte pas, que ça compte plus. C'est faux. C'est tellement faux. Alors m'inflige pas ça, je t'en supplie. Retiens qu'on était les plus beaux, retient qu'on était les meilleurs, retient qu'on était sublimes. Réellement sublimes. Le duo inarrêtable, le couple le plus solide qui soit, les amoureux les plus heureux. Je veux pas que tu me dises que tout ça c'est fini, je veux pas que tu me dises que tu penses encore à nous et que ça te rend heureux, que t'y penses avec un sourire. Repense à notre meilleur, je t'en supplie. Ne me laisse pas croire que ce qu'on a été ne compte pas. On était sublimes. Freaking sublimes.

Ces sentiments me hantent, ils prennent possession de moi et dessinent en moi un paysage que tu verras jamais. Un paysage à ton image, un paysage radieux, un paysage sublime, tel que j'ai juste envie que tu te souviennes. Des couleurs, toutes les couleurs, harmonieuses, belles, en vie. Je veux juste que tu retiennes ça, que tu te rappelles à quel point on était magnifiques.

Quand j'suis partie...j'ai dû tout changer. Ma vie, mon être, mon tout. Mon quotidien s'en était allé et avec lui mes rêves, mes envies les plus folles, mes œuvres les plus belles. Dis, est-ce que tu sais que j'ai pas pu jouer de guitare pendant un an et demi, après nous ? Après nous. C'est un peu bizarre comme formule, ça me parait déplacé, contrariant, décalé. Comment je peux croire à un monde sans toi, comment je peux simplement penser à exister dans un monde sans toi ? Dis-moi. Dis-moi tout ça, mens-moi dans les yeux, ose me regarder et me dire tout ça, allez vas-y.

Le rayon de magie frappe ma cible avec force, la faisant presque exploser.

Je t'en supplie, retiens le beau, le vrai. Le sublime. Tout ce qu'on était, tout ce qu'on a aimé être, les gens qu'on prétendait devenir, ceux qu'on aimait faire semblant d'être. Deux larmes de rage coulent sur mes joues. J'ai pris l'habitude, maintenant, de pleurer. De pleurer le nous, de te pleurer toi, de me pleurer moi. J'ai tout perdu. Tout. D'un coup. Sans prévenir. Alors c'est ça que t'as vécu quand je suis partie au Japon y'a presque dix ans ? Ce vide abyssal, l'impression de ne plus pouvoir respirer, que même cet infime effort demande trop d'énergie, le sentiment de ne plus compter pour rien ni personne, l'absence d'envie de faire quoi que ce soit. Cette absence qui te bouffe de l'intérieur, qui te détruit, qui te ronge, qui te fait petit à petit disparaitre sous la folie ? Est-ce que t'as cru devenir fou toi aussi ? Est-ce que t'as pleuré à te dessécher ? T'as vécu tout ça ?

Ma baguette dressée devant moi, j'esquive le retour du mannequin d'une roulade qui me fait mal à l'épaule et la laisse ankylosée. J'ai perdu en technique. En souplesse. En dextérité. En tout. Je me reconnais plus, je suis à peine un fantôme, à peine une ombre. Acuo. Le mannequin explose dans ce qui aurait dû être un cri de souffrance mais n'est rien d'autre que le bref gémissement du métal, du bois, des rouages, de tout ce qui constitue cette imitation. Qu'est-ce que je fabrique ? Je suis là, à taillader le visage de robots, en larmes, à supplier quelqu'un qui est absent de rester près de moi. Quelqu'un qui ne veut plus de moi, quelqu'un qui ne peut plus m'aimer, quelqu'un qui ne sait plus m'aimer. Ma gorge se serre. Une vague de chaleur remonte dans mon estomac, je me plie en deux et tombe à genoux sur le sol de la salle d'entrainement. La nausée me prend soudain mais je me relève, le regard mouillé de larmes, je me place face à un autre mannequin, ignorant la douleur dans mon ventre. Elle me crispe. Elle me tend. Elle me rappelle un souvenir dont je n'ai pas besoin. Le souvenir de la perte de moi-même, la perte d'un "nous".

Arrête. Pense pas à ça. Pense à ce qui était beau.

Incarcerem. Les cordes jaillissent, emprisonnent le mannequin, le mettant à ma merci et en font ma proie, en font un pauvre assemblage de matière première inoffensive. Je serre les dents, renifle et essuie rageusement les perles salées qui ont vu le jour aux coins de mes yeux.

Le regard et le visage plissé, j'essaye d'analyser le retour de mon attaque. C'était ça, "nous" ? Je ne réagis pas assez vite et les cordes m'emprisonnent à leur tour. Me voilà dans la même situation que le mannequin. Je claque ma langue contre mon palais, peste et chasse les larmes de mes yeux en battant rapidement des paupières. Les gouttes s'envolent, se dissolvent dans l'air, vont se cacher dans l'air, dans l'atmosphère, loin de moi, loin de mes joues, loin de tout. Toi et moi.

Est-ce que tu te souviens d'autre chose que des cris, des larmes, du pire ? On s'était dit le pire, mais aussi le meilleur. Maintenant t'es parti. Y'a moins de meilleur. Je vois que le prie. Et je crois que toi aussi, mais je veux pas que t'y penses, je veux pas que tu voies que ça. Je veux que tu te souviennes de tout ce qu'on a été, je veux que tu penses à moi en souriant, je veux pas être une blessure de plus sur ta peau, une cicatrice de plus sur ton corps, une larme de plus dans tes yeux. Je voudrais que tu voies tout ce qui est beau. Je voudrais que tu voies seulement ce qui est beau, seulement ce qui est sublime. Je t'en prie. Je t'en supplie. Regarde donc toutes les couleurs dont les souvenirs de nous deux sont faits, s'il te plait regarde les. Le rouge et le doré des levers de soleil, le rose, le violet, l'orange des couchers de soleil. Toutes les teintes de bleu de toutes les nuits éternelles passées ensemble, avec des tâches d'argenté pour les étoiles. Le noisette de tes yeux, le noir de tes tatouages, le violet de tes cheveux. Regarde les peintures et dis-moi qu'elles sont belles, dis-moi qu'elles sont magnifiques, qu'elles sont sublimes. Regarde les s'il te plait.

Reducto. Le mannequin est réduit en poudre dans un jet de magie qui me surprend moi-même.

Rien. Il n'en reste rien. Juste de la poussière. Des morceaux infimes, détruits, réduits en rien. Ils me rappellent mon coeur. Mon coeur qui était si beau, mon coeur qui était tellement prêt à t'aimer, tellement prêt à faire des efforts, tellement prêt à t'attendre. Et tu m'as pas attendu.

Tu te souviens même pas de nous, même pas de tout ce qu'on a été.
Tu te souviens plus du sublime, tu te souviens plus des peintures.

Tu vois seulement le monstre que je suis.

T'es parti.


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1215 mots
@Lloyd River

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seven nation army ; the white stripes
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jeudi 05 octobre

{ appartement de Mel ; Godric's Hollow }

Je suis incapable de bouger. Prostrée sur moi-même, roulée en boule sur le canapé, j'arrive pas à respirer correctement. Ma poitrine se lève et s'abaisse dans un rythme trop irrégulier et rapide, je suis figée sur place, j'arrive pas à me contrôler. Ma peur panique ne s'est pas envolée, loin de là, elle s'est assise sur ma poitrine et a décidé de ne plus partir. J'ai à peine réussi à écouter ce que le monstre qui se tenait face à moi et se faisait passer pour mon géniteur avait à me dire. Quelque chose en rapport avec un mariage. Des fiançailles. Pour moi. Ils veulent que je me marie. Que je leur donne un petit-fils en bonne santé. Un enfant. Ils veulent que j'ai un enfant. Ma peur arrive à toute vitesse, elle comprime ma poitrine et fait de moi la prisonnière de ma cage thoracique. Je n'arrive plus à respirer. Ni à vivre correctement. Je me sens mal. Affreusement mal. Et je savais ce que je devais faire en sortant de chez moi. Il fallait que j'aille me cacher, me dissimuler chez quelqu'un, n'importe qui. Alors j'ai fui. J'ai fui loin, chez Mel. J'ai couru jusque chez Mel.

Depuis, je suis crispée sur moi même, les mains serrées sur mon corps renfermé. J'ai mel Mel, je souffre. Je souffre tellement, je sais pas quoi faire de toute cette souffrance. La main de Père sur ma joue m'a fait un choc psychologique plus qu'un choc physique. J'ai réalisé que jamais je ne trouverais refuge chez mes géniteurs, jamais je ne pourrais venir me cacher chez eux car je dois me cacher d'eux. Et ce constat ne devrait pas me faire aussi mal, il devrait pas être aussi dur à encaisser. Je le sais depuis toujours qu'ils sont atroces et ne m'aiment pas. Mais ça me fait mal.

Ça me fait si mal que je crois que je suis entrain de mourir. Je me sens comme l'herbe fine écrasée sous les bottes des soldats partant à la guerre, comme la pauvre fleur qui se trouve sur le chemin d'une armée de passage. Et cette armée, je suis pas sûre de pouvoir la vaincre seule.

Je ne suis pas assez forte pour ça. Je suis à peine assez forte pour prendre soin de moi, si l'on peut appeler ça "prendre soin", alors me battre ? Mener une lutte ? Un ricanement m'échappe et je tousse difficilement, la gorge douloureuse. Est-ce le silence ou la maladie qui m'asservit de la sorte ? Ou bien est-ce cette armée terrifiante qui se déplace sur ma poitrine et me musèle ? Je ne sais pas. Je suis incapable de savoir, je suis trop fatiguée pour essayer de savoir. Trop fatiguée pour avoir envie de me battre, trop fatiguée pour faire quoi que ce soit. Je veux de rien Mel, je ne veux même pas de moi. Je suis devenue mon plus grand fardeau et le fardeau de tant d'autres.

Ellie. Kieran. Kenji. Lloyd. Je serre les dents, essaye maladroitement de retenir une larme qui se faufile hors de mon oeil et parvient à tracer sa route sur ma joue aplatie contre le canapé.

Pourquoi est-ce que je pleure ? J'en sais rien. Je sais plus pourquoi je pleure, je sais plus pourquoi je suis ici, je sais plus ce qui se passe si mal dans ma vie pour que je vienne dans l'appartement d'un de mes amis les plus chers et m'effondre en larmes sur son canapé. Pourquoi je pleure ? La vérité c'est que je sais toujours pas, et je ne saurais probablement jamais. Pourquoi je pleure ? Parce que je suis blessée, parce que cette armée marche sur ma poitrine et ne me laisse pas respirer, parce que j'ai tellement mal que je me sens mourir à l'intérieur de moi-même. Voilà ce que je suis, un cadavre ambulant, une morte marionnette, un corps qui se meut à peine, une chose étrangère à sa propre volonté. Je suis une chose, je ne suis plus moi-même. Dites moi chers philosophes, est-on toujours soi-même lorsqu'on ne sait plus qui on est ? Parce qu'il me semble que c'est mon cas, il me semble que c'est ce qui m'arrive, ce qui se passe. Je me perds, je me noie, je sais plus qui je suis. Je me regarde dans la glace et je me vois pas, je m'entends parler mais ce n'est pas moi, je me sens bouger mais je ne ressens plus l'énergie dans mon corps.

L'armée qui me terrasse a tout pris, tout rasé, tout détruit. Il ne reste plus rien de la Miya que j'ai été, il n'en reste plus rien depuis bien longtemps. Je l'ai laissée derrière moi lorsque je suis partie à l'hôpital cette nuit-là, accompagnée de Kallias, seule main amie pour m'aider à l'époque.

Je me retourne et entoure mon corps de mes bras. Je me câline, je tente de me réconforter, je me serre fort entre mes bras. J'imagine que c'est toi qui me serre fort, j'imagine que c'est ton odeur que je sens, j'imagine que c'est ta peau contre la mienne. J'imagine toutes ces choses parce que j'en ai besoin, parce que sans ça je sais pas comment vivre correctement, parce que je suis pas sûre de savoir comment faire sans toi. Parce que tu m'as imposé ton absence alors que je faisais de mon mieux pour vivre, pour survivre, pour être à ta hauteur. Pourquoi t'es parti. Tu m'as lâché la main. Je suis donc plus rien pour toi ? Plus rien du tout ?

De nouvelles larmes roulent sur mes joues, viennent se perdre dans mes cheveux.

L'armée sur ma poitrine prend plus de place, tellement plus de place. Elle devient soudain une autre armée, une seconde. Puis une troisième, une quatrième, jusqu'à ce que j'ai l'impression de porter sept armées sur moi. Je les sens marcher sur moi, me rappetissr, me réduire à rien.

Doucement, affalée sur ce canapé qui sent Mel, je me laisse aller à pleurer. Je me laisse aller à me sentir mal, à avoir mal, à être mal. Je me laisse aller jusqu'à m'endormir.


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#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage