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13 août 2013, 18:19
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Through the fire and the flames we carry on..!

Shawn et Kristen lançant un même sortilège contre leur ennemi commun, voilà qui était une belle image. Le mur de flammes créé par le terrible auror s'amenuisait tranquillement... créant un autre mur. Comme lorsqu'on regarde à travers un verre flou, le mur de fumée et de vapeur réduisait considérablement la vue des professeurs, qui n'était déjà pourtant pas optimale. Le professeur Loewy se couvrit le visage de son bras, pour éviter d'inhaler la fumée et de tomber dans les pommes – ce qui serait pour ainsi dire plutôt inopportun. Elle serra sa baguette si fort qu'elle en était capable et regarda autour d'elle, cherchant désespérément une ombre. La jeune femme était complètement épuisée, elle n'était pas sûre de tenir sur sa jambe ''et demie'' plus longtemps.

Ses paupières commençaient à se fermer outre sa volonté quand une espèce de vague d'air la repoussa en arrière avec une grande violence. La notion de justice commençait à lui être étrangère : elle avait l'impression que quoi qu'elle pourrait faire, Felipe Sampedro ne s'épuiserait jamais, contrairement à eux. En vérité, la notion de justice n'avait rien à faire ici. Seulement la puissance. La rage rendait l'auror plus redoutable encore, alors que le désespoir ne faisait qu'affaiblir le professeur de Défense contre les Forces du Mal. Elle aurait pu essayer, elle aussi, de puiser sa force dans la rage, mais elle en était incapable. Elle ne pouvait pas ressentir de la colère en cet instant, tout son être était concentré sur la seule tâche : il faut protéger l'école.

Kristen rouvrit les yeux soudainement lorsqu'elle réalisa qu'elle était incapable de se redresser. Elle ressentait une intense douleur dans le bas du dos. Le bassin, en fait. Elle se sentait comme paralysée, ne pouvant plus esquisser le moindre mouvement de la colonne vertébrale. Si le désespoir était contenu dans un récipient, la douleur l'avait fait déborder, et de minuscules larmes commencèrent à perler au coin de ses yeux, rendant sa vision moins nette encore. Du revers de la main, elle les essuya. Ce n'était fichtrement pas raisonnable, ça.

Ses yeux, vides, blasés, regardèrent l'auror traverser le mur de fumée et de vapeur. Le visage de Felipe Sampedro était couvert de sang et son bras semblait étrangement relié au reste de son corps. Comme le bourreau s'avance vers ses victimes, l'homme s'avançait vers les professeurs. Du bout de sa baguette jaillissait un fouet de flammes. Décidément, le feu était son élément... Kristen soupira et s'apprêta à saisir sa baguette pour se protéger, et protéger son collègue, mais ne la trouva pas autour d'elle. Elle ne put se retenir de pousser un juron entre ses dents, et se concentra sur sa baguette, fermant les yeux un court instant. Elle se concentra sur l'aspect qu'elle avait, sur l'effet que cela faisait lorsqu'elle l'avait dans sa main... Puis, elle rouvrit les yeux, tendit la main et sa chère baguette fut vite attirée dans sa main, comme s'il avait s'agit de deux aimants irrésistiblement attirés l'un par l'autre.


« Protego. »

Sa voix était faible et enrouée, mais de sa baguette un filet quasi-transparent s'échappa et forma une épaisse bulle autour de Shawn et d'elle-même. Kristen se souvint alors de ce qu'elle avait pensé lorsque Ollivander lui avait dit que sa baguette était idéale pour les sortilèges de protection. ''Quoi ? Les sortilèges de protection ? Mais ça sert à rien, ça !'' Elle se trouva alors tout à fait ridicule et fut bien contente que sa baguette corresponde si bien à son caractère protecteur.

Défense, attaque. Un duel ne se résume qu'à ça. Se défendre, c'est subir. Attaquer, c'est faire subir. Mais attaquer quelqu'un de plus fort que soi, c'est courir à sa perte. Pour venir à bout de Felipe Sampedro, il faudrait trouver une ruse, le surprendre, l'attaquer par derrière... La puissante bulle protectrice du professeur Loewy permettrait peut-être de gagner du temps pour trouver quelque astuce, et pour se remettre un temps soit peu de la douleur qui lui paralysait le dos tout entier.

Nécromancienne - Mère du dragon - Détentrice de la Baguette de Sureau et du Retourneur de Temps
We're just animals still learning how to crawl
17 août 2013, 18:50
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Si le professeur Field constatait, avec une satisfaction rendue évidente de par ses lèvres qui s'étirèrent en un large et stupide sourire, les flammes qui commençaient à s'éteindre sous l'effet combiné des deux sortilèges, une part de ses pensées étaient encore et toujours occupée par l'auror : ce dernier avait disparu aux yeux des deux collègues depuis un moment déjà. Shawn sentait au fond de lui que Felipe n'en avait pas encore terminé avec eux. Il doutait d'ailleurs que le lustre détaché par Kristen, bien que d'une taille et d'un poids considérables, ait pu en venir à bout aussi facilement. De plus, force était de constater que si l'incendie diminuait à vue d’œil, un épais dégagement de vapeur causé par le contact entre l'eau et le feu rendait complètement invisible ce qui n'était déjà plus bien perceptible. Le jeune professeur scruta tant bien que mal autour de lui, n'osant bouger ni parler, même à mi-voix, de peur de se faire repérer. Il se préparait, intérieurement, à tout affronter.

Mais ce qui arriva alors, jamais il n'aurait pu l'imaginer. Un sortilège d'une puissance dévastatrice les projeta dans les airs, Kristen et lui, et les envoyant s'écraser quelques mètres en arrière sur un tas de vieux débris. Sous la violence du choc, Shawn eut le souffle coupé et entendit un sinistre craquement, suivi la seconde d'après par une terrible douleur au niveau de sa cheville gauche. Le malheureux étant un brin douillet, des larmes de douleur montèrent à ses yeux. Il tenta d'appeler Kristen mais aucun son ne parvint à sortir de sa bouche, sa gorge serrée empêchant tout appel à l'aide. Horrifié, il s'aperçut aussi que sa baguette avait disparu ; sans doute était elle tombée parmi les quelques morceaux de bois cassés... Puis, surgissant d'entre le nuage de vapeur blanchâtre, Felipe Sampedro réapparut enfin, le visage en sang et l'épaule apparemment tordue, un long fouet enflammé pendant du bout de sa baguette magique. La haine se lisait dans ses yeux, aussi bien que la peur dans ceux du professeur de Soins aux Créatures.

Sur l'instant, il sembla à Shawn que le dernier fragment d'espoir qu'il possédait encore s'envola définitivement. Il n'y avait plus aucune issue ; en effet le pauvre homme ne pouvait pas se lever, n'avait plus sa baguette en main, la distance qui le séparait de l'auror diminuait à chaque seconde... et il ne savait pas si Kristen avait survécu à l'attaque. La situation devenait de plus en plus critique et il était hors de question de renoncer à sauver sa peau maintenant, pas après tant d'efforts. Les deux collègues avaient besoin d'aide, leur vie ne tenait plus qu'à un fil désormais. Mais qui appeler ? Sans en connaître la raison, les pensées du professeur Field s'arrêtèrent sur le directeur, Arseni Stoyanov. Si cet homme au fort accent de l'est l'avait toujours plus ou moins impressionné, Shawn avait néanmoins toujours eu confiance en lui, le connaissant certes peu mais suffisamment pour savoir qu'il n'apprécierait sûrement pas de savoir ses enseignants attaqués par des agents du Ministère. De toute évidence, c'était là une des meilleures options, peut-être même leur dernière chance de survie.

L'unique problème, et pas des moindres, était de savoir comment passer le message. Avec une bonne baguette, il aurait pu facilement avertir son supérieur hiérarchique par le biais d'un patronus. Mais Shawn n'avait, d'une part, clairement pas le cœur à songer à d'heureux sentiments pour faire apparaître le sien et, d'autre part, n'avait guère l'envie de chercher sa baguette magique dans les décombres, telle une aiguille dans une botte de foin. Alors il réfléchissait, se creusait la tête à la recherche d'idée, sondait sa mémoire afin de retrouver des souvenirs, et se rappela finalement que le directeur possédait un phénix. Un phénix ! Il dût se retenir de crier haut et fort ce qu'un certain Archimède s'était lui-même exclamé des siècles auparavant en sortant de son bain. Le professeur Field connaissait certes bien les créatures, pourtant celle-ci lui était assez peu connue, du fait de sa grande rareté principalement.

Ces oiseaux éternels ne se laissaient apprivoiser que par de grands sorciers, ce qui n'était évidemment pas le cas de Shawn. Il en connaissait toutefois suffisamment pour savoir qu'un phénix est une créature qui reste toujours fidèle à son maître ; par conséquent, et avec un peu de chance, la fidélité de Feuxnoyr – car tel était son nom – envers Arseni Stoyanov s'étendait peut-être à l'école entière... Pendant que le professeur de Soins aux Créatures réfléchissait à la manière de faire venir la créature, l'auror continuait de s'avancer, toujours plus menaçant. C'est à ce moment-là que la voix de Kristen se fit entendre faiblement ; elle venait de créer une protection magique autour d'eux. Le moment était venu de saisir ce qui semblait être l'une de leurs dernières chances de s'échapper. Sans attendre un instant, Shawn, qui retrouva la parole grâce à ce soudain regain d'espoir, concentra toutes ses pensées sur le phénix du directeur, et l'appela :


« Feuxnoyr... Aide-nous... ! »
18 août 2013, 11:11
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Les phénix comptent assurément parmi les créatures les plus extraordinaires du monde magique. Certes, en posséder un relevait davantage de l'impossible que du réel, n'en reste pas moins que les phénix étaient des créatures fidèles aux convictions de leur maître, si tant est qu'elles soient à même d'en accepter un. Le professeur Field, de par son expertise, saisit cette vérité au moment opportun. Car s'il était une chose que les sorciers ne savaient pas à leur sujet, c'est que les phénix n'avaient pas besoin qu'on les appelle pour saisir un appel au secours. C'était une forme de magie primitive très méconnue, à l'instar des autres magies primitives, qui étendait l'instinct des phénix à plusieurs kilomètres à la ronde et leur permettait de saisir tout ce qui méritait d'être su.

Lorsque Feuxnoyr capta le danger imminent qui gettait les professeurs Field et Loewy, il se souvint des paroles de son maître à leur sujet. De son perchoir, il adressa un regard où perçait une pointe d'inquiétude à cet homme affalé dans son siège, les yeux fermés, la respiration courte, et songeant qu'un engagement était un engagement, il s'élança et déploya ses ailes rouges. Quelques instants plus tard, une véritable boule de feu venait percuter à pleine vitesse les portes de la Salle de Bal, les faisant éclater en mille morceaux. Les débris volèrent dans tous les sens, certains même passèrent à quelques centimètres seulement des deux professeurs.

L'auror ouvrit grand ses yeux. Craignant que la situation ne lui échappe, il fit claquer le fouet enflammé qui sortait de sa baguette magique en direction des deux professeurs. C'était sans compter la prévoyance du professeur Loewy dont le sortilège Protego repoussa les flammes dans un éclat de lumière argentée ponctué d'étincelles.

Ses yeux s'ouvrirent plus grand encore quand une ombre s'élargit dans l'entrée béante de la Salle de Bal. Un loup d'une taille anormale se tenait dans l'encadrement de la porte. Son poil était noir comme les ténèbres et ses yeux rouges, rouges comme le sang.

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( Ordre de post à respecter. )


Professeur Loewy. Votre bassin est dans un pitoyable état, l'idée même de bouger d'un seul centimètre vous arracherait des larmes de douleur. Vous ne vous êtes pas encore totallement remise de tout ce qu'il vient de se produire. Le souffle qui vous a balayé, votre chutte, et maintenant les portes pulvérisées, ce loup que vous savez être de la magie noire, tout s'emmêle dans votre tête. Le fait est que vous êtes condamnée à rester étendue sur ce tas de débris désormais et que le dernier rempart entre la mort et la vie reste cette baguette que vous tenez fermement dans votre main. Qui attaquerez-vous ?

[1] Comprenant qu'aucun sort conventionnel n'aura raison d'un homme aussi déterminé et aussi bien entraîné, et remarquant surtout sa soudaine stupeur, vous décidez de profiter de cette mince fenêtre de tir pour lui lancer un sortilège auquel il ne s'attendra pas de votre part : le sortilège impardonnable Endoloris. Toute la colère que vous ressentez pour cet homme et tout le désespoir que vous ressentez pour votre situation auront forcément raison de ce fou une bonne fois pour toute.
[2] Vous réussissez à retrouver vos esprits et forte de vos compétences, vous reconnaissez une forme de magie noire que vous ne pensiez jamais croiser dans votre vie. Le loup éternel se tient dans l'encadrement des portes, menaçant. Il n'y a aucun doute, vous reconnaissez le sang humain nécessaire à son invocation courant dans ses yeux. L'auror disait donc vrai ou bien était-ce un autre piège ? Difficile à dire. Mais vous êtes professeur de Défense contre les Forces du Mal, et cette créature était le Mal incarné. Vous lui lancez en conséquence le sortilège Destructurum avec l'idée de rompre l'invocation.

Professeur Field. Vos compétences ont réussi à faire une infime différence. Votre tibiac a certes pris un sérieux coup, mais vous pourrez vous levez sans trop de problème, pour peu que vous sachiez sauter à cloche-pied. Privé de votre baguette, vous n'êtes plus grand chose face à l'auror. L'apparition de ce loup terrifiant dans l'entrée suffit simplement à capter toute votre attention. Vous êtes un expert dans votre branche. Vous savez que cette " chose " n'est pas normale. Vous ne savez pas trop pourquoi mais le fait de remarquer la tête d'un oisillon émergeant d'un tas de cendres fumantes non loin de là, vous soulage d'un poids. Sans doute le sentiment d'avoir fait tout ce qui était en votre pouvoir.

[1] Vous restez contemplatif. Vous êtes quelqu'un de rationnel. Si vous n'avez pas cherché votre baguette dans un élan d'espoir, vous ne la chercherez pas plus maintenant que toutes les cartes ont été abattues. Vous êtes spectateur de votre propre destin. Et quelque chose vous dit clairement que c'était écrit ainsi.

LES CONTES DE L'ŒIL
(En vadrouille jusqu'au 3 janvier inclus)
18 août 2013, 21:39
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
« Feuxnoyr... Aide-nous... ! »

Dans la voix de Shawn, on pouvait percevoir une once d'espoir. Feuxnoyr ? Ce nom n'était pas tout à fait inconnu aux oreilles de la jeune femme. En cherchant brièvement dans ses souvenirs, elle se rappela qu'il s'agissait du phénix du directeur de Poudlard. Envisager qu'une aide leur serait apportée lui était à l'instant inconcevable. Après tout, il fallait se rendre à l'évidence : ils étaient seuls face à l'auror que rien ne semblait pouvoir arrêter. De plus, que faisait le directeur à cet instant précis ? Si les rumeurs sur ses talents en matière de magie n'étaient pas infondées, alors au moins aurait-il pu sentir que quelque chose d'anormal se tramait dans sa propre école.

Le professeur Loewy se croyait complètement enfermée, impuissante, dans une bulle elle-même située dans une salle close, lorsque les portes menant vers l'extérieur volèrent en éclats. Comment, la jeune femme n'en avait cure dans l'immédiat, car cela lui donna avant tout l'agréable impression que le dénouement de cette histoire approchait peu à peu. Plus de portes ; une sortie, une échappatoire. La cage s'était donc ouverte, et l'auror ne semblait pas apprécier cette situation. Son fouet brûlant claqua, et se heurta au bouclier magique créé par le professeur de Défense contre les Forces du Mal. Le fouet fut donc vivement repoussé vers l'arrière, et Kristen laissa échapper un léger soupir de soulagement. Pendant quelques secondes en effet, elle avait pensé que son sortilège ne tiendrait pas le coup, qu'il se briserait au contact du fouet et le laisserait les atteindre.

Le fait que son fouet ait été stoppé par un sortilège de protection n'est pas ce qui sembla surprendre Felipe Sampedro. Son visage était dirigé vers l'ouverture qu'avaient laissé les portes de la salle. En suivant suspicieusement le regard de l'homme, elle comprit ce qui le choquait tant. Derrière les débris se tenait un immense loup. Le canidé possédait un épais pelage noir de jais. Au dessus de sa gueule, dont les crocs éclataient à travers la fumée qui s'échappait tranquillement, fulguraient deux prunelles sanglantes. Joignant sa surprise à celle de l'auror, Kristen ouvrit de grands yeux ébahis. Alors, c'était vrai. Il y avait bien des loups de l'autre côté de feu les portes. S'éclaira par la même occasion le sens de la question de l'auror qui avait mené au combat, à savoir ''qui est le mage noir parmi les professeurs ?'' Car en effet, ce loup n'était pas venu de la forêt pour gentiment saluer les résidents de Poudlard. Il avait été invoqué par le biais de la Magie Noire. Kristen déglutit.

Son regard parvint tout de même à se détourner du loup, et elle poursuivit sa visite oculaire. Ses yeux se stoppèrent net sur ce qu'elle prit d'abord pour une stupide hallucination. Plumes d'un rouge flamboyant - plumes comme des flammes ; cela ne faisait aucun doute, il y avait ici un phénix. Il était à moitié enfoui sous ses propres cendres. Le professeur avait toujours été fasciné par ces créatures, et en voir un dans une telle situation la conforta quelques instants. Finalement, il était venu. Feuxnoyr. Il y avait Feuxnoyr, et chose étrange, il ne semblait pas penser une seconde à attaquer le loup. Alors, il y avait deux possibilités : soit le phénix et son maître, Arseni Stoyanov, avaient eu l'envie subite de s'attaquer à l'école en compagnie des aurors, soit le loup n'était pas leur ennemi. À dire vrai, la jeune femme n'aurait su dire quelle solution était la plus improbable. De toute façon, dans l'immédiat, la cible principale était Felipe Sampedro, déjà sacrément amoché. Mais tant qu'il était encore debout, rien n'était moins sûr que la survie des professeurs.

Tous ces événements avaient presque fait oublier à Kristen son bassin endolori. C'est en voulant se relever qu'elle comprit que la douleur ne l'avait pas quittée. Elle resta donc affalée sur son tas de débris, baguette fermement serrée dans la main. L'auror semblait encore en pleine contemplation ahurie du mystérieux loup noir. Avec un peu de chance, d'où elle était, elle pourrait atteindre l'homme. Mais comment faire ? Rien, jusqu'ici, n'était venu à bout de lui.

Lorsque tout espoir disparaît, on peut être amené à faire certaines choses qu'on ne ferait pas en temps normal. La jeune femme, par exemple, n'aurait jamais pensé qu'elle réutiliserait un jour un sortilège tel que celui Doloris. Dans l'état actuel des choses, elle ressentait suffisamment de haine envers l'auror pour vouloir le voir souffrir, à un tel point qu'il pourrait s'en tordre sur le sol. Le voir souffrir pour avoir osé les attaquer, et surtout, surtout attaquer Poudlard. Les notions de ''Bien'' et de ''Mal'' ne sont que morales. La morale, bien que la plupart prétende le contraire, va contre l'éthique ; et l'éthique, aujourd'hui, lui ordonnait silencieusement de faire quelque chose que la morale considérerait comme ''Mal'', dans le but de parvenir au ''Bien''.

Elle posa son regard sur Felipe Sampedro, les lèvres serrées, et leva sa main droite, dans laquelle elle tenait sa baguette. C'était la dernière chose qu'elle pouvait tenter. Les yeux emplis de haine et de désespoir, elle finit par prononcer la terrible formule :


« Endoloris. »

Nécromancienne - Mère du dragon - Détentrice de la Baguette de Sureau et du Retourneur de Temps
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30 août 2013, 00:11
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
La réponse ne se fit pas attendre. Dans un grand fracas, les portes de la Salle de Bal volèrent en éclats, brisées sous le coup d'une violente déflagration ; le phénix d'Arseni Stoyanov leur était finalement venu en aide. La dernière carte abattue par le professeur Field ne s'était donc pas révélée inutile. L'auror ouvrit de grands yeux, visiblement surpris et énervé par l'arrivée inattendue de la créature. Sans doute trouvait-il que la situation lui échappait un peu trop, c'est pourquoi il fit claquer d'autant plus brutalement son fouet ardent en direction des deux professeurs. Mais ceux-ci furent, fort heureusement pour eux, protégés par le charme du bouclier lancé par Kristen quelques instants plus tôt. Shawn ne put s'empêcher de sourire bêtement, car leurs faits et gestes avaient jusque-là parfaitement concordé.

Pourtant, quelque chose semblait ne pas réjouir sa collègue. Ni l'auror, d'ailleurs. Tous deux regardaient avec une même stupeur en direction de l'entrée de la salle. Là, dans l'encadrement de ce qui était les portes, se tenait une forme gigantesque : un loup au pelage noir et aux yeux rouges. Felipe ne bluffait donc pas. De toute évidence, la nature de cette chose dépassait de loin les connaissances de Shawn en matière de magie, même s'il commençait à se demander sérieusement si cette forme de magie n'était pas plus noire que blanche. Il l'observa, s'interrogeant intérieurement sur ses intentions. Ce loup était-il dangereux ? Si oui, pourquoi n'avait-il encore dévoré personne ? Puis il se demanda si les autres professeurs étaient eux aussi en train de se battre contre des aurors, si les élèves étaient en sécurité dans leurs salle communes... Il eut une pensée particulière pour ceux de Poufsouffle et leur directrice, Louise d'Orville, en espérant qu'ils soient tous sains et saufs.

Alors ses yeux se posèrent sur un minuscule oisillon, à moitié enseveli sous un tas de cendres encore fumantes. Le phénix venait de mourir, puis de renaître de ses propres cendres. Shawn remarqua que la créature, ainsi vulnérable et dépourvue de plumes, contrastait étrangement avec le décor apocalyptique et désordonné qui l'entourait. Comme l'arc-en-ciel qui met un peu de couleur parmi la grisaille des nuages, Feuxnoyr était là. Et sa présence apaisait le professeur de Soins aux Créatures car, au fond, il savait qu'il venait d'accomplir tout ce dont il était capable.

Il n'avait plus le courage de chercher sa baguette parmi les décombres et, de plus, cela ne lui aurait servi à rien ; il était maintenant épuisé et loin d'être assez audacieux pour se lancer à corps perdu contre Felipe Sampedro. Shawn changea tant bien que mal de position, ramenant ses genoux contre son torse, en prenant soin de ne pas effectuer de mouvement trop brusque afin de ne pas raviver la douleur de ce qui semblait être une fracture au niveau de sa cheville gauche. Toute son attention se reporta sur Felipe, qui semblait toujours captivé par le loup, puis sur Kristen. Cette dernière venait de lever sa baguette vers l'auror, l'air plus résignée que jamais. Un seul adversaire à la fois, c'était amplement suffisant en effet ; elle pourrait s'occuper du loup - si toutefois celui-ci se révélait dangereux - une fois que Felipe Sampedro serait définitivement hors d'état de nuire.


« Endoloris. »

Sur le moment, Shawn n'en crut pas ses oreilles. Il était bien trop choqué ! Sa collègue allait faire usage d'un sortilège impardonnable, ici même, au plein cœur d'une école habitée par de jeunes enfants. Était-elle désespérée, au point d'en arriver là ? Il y avait pourtant bien d'autres moyens de se battre, de faire souffrir, que d'utiliser le sortilège Doloris. Et puis leur adversaire, comme eux, était déjà bien esquinté ! Si le professeur de Soins aux Créatures était clairement réticent à l'idée que Kristen fasse usage d'un tel sort, il ne pouvait néanmoins nier le fait que leur vie était en jeu et qu'il s'agissait de légitime défense. La gorge serrée, il ferma alors les yeux comme pour tenter d'échapper au terrible spectacle qui allait lui faire face. Shawn Field n'était plus que le triste témoin d'une scène épouvantable.
2 sept. 2013, 13:50
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Felipe Sampedro avait enduré beaucoup de choses au cours de sa vie. Né dans les bidonvilles de Rio de Janeiro, il avait appris très tôt la signification du verbe souffrir. Son père, héroïnomane, avait comme beaucoup d'autres trouvé une mort prématurée dans des circonstances pour le moins énigmatiques. Son corps avait été retrouvé au détour d'une ruelle, criblé d'une dizaine de balles. La police avait rapidement conclu à un règlement de comptes sur fond de drogue. L'affaire avait été classée, sans plus d'informations. A la mort de son mari, la mère de Felipe joignit les deux bouts pendant de longues années, enchaînant les petits boulots jour après jour pour offrir à son fils un toit descent sous lequel vivre. Autant dire que Felipe n'eut d'autre choix que celui de mûrir vite, d'aucun dirait trop vite pour un enfant.

Son premier salut, Felipe le dut aux premières manifestations de ses capacités magiques. Ce n'était alors que de petites choses incongrues. Une corbeille de fruits qui surgissait de nul part quand il mourrait de faim. Des étincelles de magie pure dans le ciel quand il s'accoudait à la fenêtre pour regarder l'horizon. Consciente de sa propre nature, et donc de celle de son fils, la mère de Felipe lui révéla toute la vérité sur son ascendance et naturellement, Felipe se prit à rêver de magie, à penser magie, à vivre magie chaque jour et chaque nuit qui se présenta ensuite à lui. A 11 ans, il reçut sa lettre d'inscription à l'institut de Belém, l'école de sorcellerie brésilienne. Là-bas, tout au long de ses sept riches années d'étude, Felipe étincela autant par sa soif d'apprendre que par son incroyable agilité sur un balai. Agilité qui lui valut, à l'âge seulement de 17 ans, d'intégrer la prestigieuse équipe nationale de Quidditch au poste de poursuiveur.

C'est au même âge que Felipe entreprit son premier voyage à l'étranger. En Angleterre précisément, avec le reste d'un contingent d'élèves de l'institut. Là-bas, il fit la rencontre de nombreux élèves de Poudlard au cours d'une soirée mémorable où le contingent fût invité à dîner au château par le professeur McGonagall. Parmi eux, il en fût une que Felipe remarqua. Une fille de trois ans sa cadette : Leona Andrews, élève en 4ème année à Poufsouffle. Son deuxième salut.

Au retour de Felipe au Brésil, tous deux commencèrent une correspondance épistolaire soutenue qui déboucha trois ans plus tard sur une relation amoureuse concrète. Pour Leona, Felipe quitta son pays et mit un terme brusque à sa glorieuse carrière dans l'équipe nationale de Quidditch ( affaire qui fit grand bruit à l'époque. ) Ils s'installèrent tous deux dans un petit appartement donnant sur le Chemin de Traverse et entreprirent en même temps une carrière d'auror pour le compte du ministère de la magie britannique. Carrière qu'ils embrassèrent avec un succès retentissant.




Felipe n'en crut même pas ses oreilles. Un auror de sa qualité aurait du pourtant se sentir tout à fait capable de parer un éventuel sortilège impardonnable. Mais jamais il n'aurait pu imaginer qu'un professeur de Poudlard eut été capable de lui en lancer un.

A l'étonnement succéda la douleur. Une douleur terrible, tout bonnement insupportable, qu'il le fit irrésistiblement se plier en deux, puis se rouler en boule sur le sol, et crier, crier, de plus en plus fort, et de toutes ses tripes. La souffrance le poignardait de toutes parts sans qu'une seule goutte de sang ne soit pourtant versée. Le sortilège Endoloris était ainsi fait. Il cristallisait toute la douleur du monde dans un seul corps afin de le torturer jusqu'à un tel paroxysme que très souvent les rares survivants à ses effets perdaient la raison.

Felipe essaya tant bien que mal de garder un pan infime de son esprit ouvert à un sentiment heureux mais même cette infime faille était vite obstruée par le terrible désespoir que lui infligeait le sortilège Endoloris. La douleur était partout et nul doute qu'il n'y survivrait pas.

Mais sa terreur n'en était, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, qu'à ses prémisses. Malgré la douleur, Felipe perçut le sol trembler sous son corps. C'était comme si un régiment entier de cavalerie galopait dans sa direction. Dans un ultime moment de lucidité, il réalisa que ce qui s'apprêtait à l'attaquer n'avait rien de comparable à un cheval. Il s'agissait plutôt d'une bête atroce. Une créature tout droit surgit des enfers.





Leona Sampedro suivait le mur en veillant à toujours garder une main fébrile sur la pierre froide pour ne pas perdre l'équilibre et une autre sur son ventre pour s'empêcher de vomir. Avec sa robe engluée du sang de sa soeur, sa démarche alambiquée, son visage livide, et ses yeux rouges, elle se savait avoir l'allure d'un inferi qui venait de dévorer un cadavre.

Incapable de penser, incapable de ressentir quoi que ce soit, elle se laissait guider par le lien magique qui la reliait encore à son mari. Ce lien, tous deux l'avaient tissé bien des années plus tôt, le jour de leur mariage. Muette, Leona avait ouvert ses pensées à Felipe afin que même privé de sa voix il puisse tout de même l'entendre en songes. Ce lien très puissant durait le temps d'une vie et demandait une confiance infaillible l'un en l'autre. Une confiance que Leona gardait au plus profond d'elle-même malgré la terrible épreuve qu'elle endurait.

Quand elle arriva enfin devant l'entrée béante de la salle de bal, son regard se braqua aussitôt sur la silhouette noire de la monstrueuse créature penchée sur le corps de son mari. Un haut-le-coeur la saisit en voyant la créature se cramponner vigoureusement à son cou ensanglantée. Par réflexe beaucoup plus que par volonté propre, Leona saisit sa baguette magique et la dirigea vers la bête immonde qui se volatilisa aussitôt dans une traînée de cendres noires.

Leona s'avança pas à pas, ses jambes secouées de tremblements incontrôlables. Focalisée sur le corps étendu de son mari, elle ne remarqua même pas la présence des deux professeurs.





Pardonne-moi, réussit à souffler Felipe lorsque ses yeux à demi-ouverts distinguèrent les traits de sa femme. Je... devais le faire...

Pourquoi ? tonna une voix dans sa tête alors qu'il sentait les mains étonnement chaudes de Leona appuyées fermement sur la plaie béante de son cou.

Pour... toi... répondit-il en luttant de toute ses forces pour ne pas s'évanouir maintenant.

Pourquoi ? insista la voix suave, un brin mystique, qui reconstituait les pensées de sa femme dans son esprit.

Ils disaient... que... que si je ne les aidais pas... ils te brutaliseraient... qu'ils te feraient endurer le pire...

Qui ? ajouta la voix.

Felipe fronça les sourcils lorsqu'il remarqua ses yeux rouges. Elle avait pleurer. Abondamment. Il déglutit et serra les dents dans la foulée, ravagée par la douleur qui commençait à envahir le bas de son visage. Il sentait son sang filer entre les doigts de sa bien-aimée. Il n'était pas dupe. Elle aurait beau appuyer de toutes ses forces pour retenir l'hémorragie, le fait qu'il ne sentait déjà plus ses jambes et son bassin lui suffisait à penser que c'était la fin.


Ils ont tué Bethany. ALORS QUI ?

Felipe écarquilla les yeux, frappé autant par la nouvelle de l'assassinat que par la haine qui parcourait les pensées de sa femme.

Je... je n'ai jamais vu... vu leur visage... Harald... Harald est le seul à les connaître... ils...

Ça y est le moment était venu. La douleur était trop insupportable et ses forces s'évanouissaient maintenant au rythme de son sang s'écoulant hors de son corps.

Vis, murmura-t-il en laissant déborder les larmes qui lui brûlaient les yeux. J'ai tout fait pour que tu vives, alors vis...

Il lui sembla entrevoir la silhouette de la mort par-dessus l'épaule de Leona.

Je n'ai jamais cessé de t'aimer Felipe. Tels furent les derniers paroles qui se matérialisèrent dans son esprit avant qu'il ne sombre pour toujours dans les ténèbres.

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( L'ordre de post n'a pas d'importance. )


Professeurs Loewy et Field. Vous avez tout vu. Vu le loup se ruer sur l'auror alors qu'il se tordait de douleur et le mordre au niveau du cou. Vu la baguette magique du professeur Loewy se briser en ne pouvant soutenir plus longtemps le sortilège impardonnable, vu l'autre auror entrer, faire disparaître le loup, et s'avancer vers Felipe. Vous avez tout entendu, entendu les paroles de l'auror, et les pensées de sa femme à mesure que le lien magique qui les reliait tous deux s'égrainait et dispersait les pensées de Leona dans toute la salle. Derrière vous, l'infirmière apparaît, catastrophée, elle s'empresse de se porter à votre chevet et de vous demander si tout va bien ? Elle est accompagnée d'une dizaine d'elfes de maison prêts à l'aider. Votre combat est terminé. Vous avez survécu avec le goût terriblement amer que l'homme face à vous n'était pas le véritable ennemi. Alors que l'infirmière lance ses premiers sorts pour permettre votre évacuation sur des brancards, vous voyez Leona Sampedro se mettre debout, toute tremblante, puis se tourner vers vous. Les larmes qui coulent dans les sillons rougeâtres de sa peau parlent pour elle. Elle souffre plus que de raison et lève sa baguette magique vers sa tempe. Que décidez-vous ?

[1] Vous laissez faire le destin et la laissez, impuissants, mettre fin à ses jours pour retrouver l'homme qu'elle a toujours aimé dans l'autre monde.
[2] Vous brisez le destin en saisissant en même temps la baguette de l'infirmière pour lancer le sortilège Expelliarmus et la priver d'une fin tragique.

LES CONTES DE L'ŒIL
(En vadrouille jusqu'au 3 janvier inclus)
6 sept. 2013, 23:58
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Vrrr. Sous l'effet du sortilège Doloris, la baguette du professeur Loewy commençait à vibrer plaintivement. Elle semblait elle-même subir le sort, elle semblait ne pas supporter. L'auror se tordait de douleur, et la jeune femme en était dégoûtée. On ne peut pas décemment dire : ''il l'avait bien cherché !'', dans ce genre de situations. Voir un homme souffrir à s'en rouler par terre était une scène abominable, d'autant plus lorsque vous étiez vous-même à l'origine de cette souffrance. Mais elle continua, malgré les cris incessants de son ennemi, parce qu'il le fallait bien. S'assurer que l'auror serait mis une bonne fois pour toute mis hors d'état de nuire était un devoir. Il fallait se protéger, il fallait protéger l'école. Mais elle n'allait quand même pas le tuer ! Non, elle s'arrêterait avant, car aucune raison n'est valable pour tuer un être humain, aussi cruel soit-il. Si elle arrivait à se contrôler...

Soudain, le bois sembla crisser dans la paume de Kristen, et puis, une fissure s'allongea le long de la baguette, comme une plaie qui ne cessait de s'approfondir au fur et à mesure que le sort agissait. Enfin, crac. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal ouvrit de grands yeux ébahis : avant même qu'elle ne puisse s'en rendre réellement compte, sa baguette s'était brisée dans sa main. Au même moment, le loup s'était jeté sur Felipe Sampedro. Sauvagement, il l'attaquait au niveau de la gorge, comme un animal enragé. S'était-il trompé de cible ? Impossible. Le loup noir était soit du côté des professeurs, soit du côté de personne... Et dans ce dernier cas, il ne vaudrait mieux pas rester dans le coin. La vue de tout ce sang répugna la jeune femme. Selon elle, cet homme avait déjà suffisamment souffert, il avait, comme qui dirait ''compris la leçon'', bien que cette ''leçon'' ne soit pas vraiment recommandable. Le loup en rajoutait une couche, et était visiblement décidé à l'achever.

Ce fut en voyant la silhouette d'un autre être humain que Kristen renoua le contact avec le monde extérieur. Il n'y avait pas que cette salle, il n'y avait pas que le chaos, le sang et la douleur. Il y avait le Dehors, ce pays merveilleux. Mais visiblement, le Dehors n'était pas si fantastique qu'elle le crut de prime abord. La silhouette s'avança, et elle vit alors quelque chose qui lui fendit le cœur : une femme de sang et de neige. En effet, ses yeux rouges contrastaient avec la pâleur de son visage, et sa robe lui collait à la peau, en raison du sang qui la recouvrait. Elle regardait l'homme étendu sur le sol, et la terrifiante créature qui était penchée sur lui. Elle pointa sa baguette sur la bête et celle-ci disparut sans demander son reste. Peut-être parce qu'elle avait fait... son travail ?

La femme s'avança vers l'auror, et mit ses mains sur la plaie occasionnée par la créature. Kristen observait la scène, le souffle court, tripotant nerveusement des morceaux du cadavre de sa baguette magique. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se dérouler. Elle parvenait à entendre l'échange entre les deux individus, et ses sourcils se froncèrent un peu plus à mesure que les mots étaient débités. Un certain ''Ils'' retenait particulièrement l'attention du professeur ; ''ils'' brutaliseraient la femme si Sampedro ne ''les'' aidait pas... ''ils'' avaient tué quelqu'un, et l'homme n'avait jamais vu ''leur'' visage. Et Harald était le seul à ''les'' connaître. Tout se mélangeait dans la tête de la jeune femme, les mots s'entrechoquaient à l'intérieur de son crâne, et ils perdaient leur sens. Jusqu'à ce moment terrible.


« Vis. J'ai tout fait pour que tu vives, alors vis... »

Kristen eut un geste de recul et ses yeux se mirent à vibrer étrangement. Elle tripota encore plus fort les quelques morceaux de bois qu'il restait dans sa main, et finit par tous les briser entre son majeur et son pouce. Felipe Sampedro ordonnait à cette femme de vivre. Mieux que ça, il disait avoir tout fait pour qu'elle vive. En d'autres termes, il était en train de mourir pour elle. Sans qu'elle ne s'en rende compte, et sans qu'elle puisse y faire quelque chose, les larmes commencèrent à lui couler le long des joues. Tout s'était passé à une vitesse affolante, et au final, un homme allait sans doute mourir sous les yeux de celle qui l'aimait, qu'il aimait. Ces deux-là s'aimaient plus que de raison. Kristen s'essuya les yeux du revers de sa main, dans laquelle quelques bouts de bois s'étaient à peine enfoncés.

Des bruits de pas se firent entendre derrière elle, l'arrachant à cette triste scène. Cette fois, c'était peut-être une manifestation du magnifique Dehors. La jeune femme tourna légèrement la tête pour voir qui venait. Il s'agissait de l'infirmière de l'école, derrière laquelle trottaient des petits elfes maladroits. Elle demanda aux professeurs si tout allait bien. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal ne put s'empêcher de lui lancer un regard noir. Elle était en vie, mais être en vie ne signifiait pas pour elle que ''tout allait bien''. C'était facile d'arriver comme une fleur quand tout – ou presque – était fini et de demander si tout allait bien. Kristen ne répondit même pas, ne voulant pas paraître impolie. L'infirmière s'agita ensuite pour permettre aux professeurs de se sortir de là, mais la jeune femme avait déjà repris son observation de cette triste femme et du nouveau-mort.

Et puis, la femme fit quelque chose d'invraisemblable. Son infini désespoir se ressentait jusque dans la composition de l'air. Elle saisit sa baguette, et, laissant couler ses larmes sans retenue, et la dirigea vers sa tempe. Le cadavre exquis qui gisait tout près d'elle jouait son rôle de mort, et se trouvant des qualités pour la tragédie, la pauvre femme voulut sans aucun doute essayer de l'imiter. Kristen n'avait jamais particulièrement apprécié les tragédies, mais elle savait cependant qu'il était mauvais de vouloir interrompre une pièce. Après tout, the show must go on. Le professeur se tourna vers son collègue, afin de savoir s'il trouvait la pièce aussi émouvante qu'elle. Elle lui fit ''non'' de la tête, lui indiquant qu'il fallait laisser les choses se dérouler selon le scénario du grand dramaturge de cette triste tragédie. Shawn lui répondit par un regard qui semblait l'implorer d'être raisonnable. Mais la notion du ''raisonnable'' dépend des personnes, dira-t-on. Elle lui renvoya ce même regard, persuadée que sa propre vision du raisonnable était supérieure à la sienne. Ces deux personnes s'aimaient, et Kristen avait en grande partie contribué à leur violente séparation. Maintenant, elle voulait être la personne qui leur permettrait de se retrouver. Si les deux professeurs ne faisaient rien, s'ils se contentaient d'être le chœur dans cette pièce, ceux qui ne font que commenter ce qu'ils viennent de voir, alors ces deux-êtres seraient à nouveau heureux.

Jusqu'à ce que la vie les sépare.

Nécromancienne - Mère du dragon - Détentrice de la Baguette de Sureau et du Retourneur de Temps
We're just animals still learning how to crawl
19 oct. 2013, 01:54
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
Le corps parcouru de légers tremblements, la respiration courte, Shawn Field priait pour que prenne fin au plus vite ce cauchemar dans lequel il était enfermé depuis bien trop longtemps à son goût. Mais lorsque le hurlement poussé par Felipe parvint à ses oreilles, ce fut comme si on lui avait brusquement jeté à la figure toute l'horreur de la réalité présente ; les yeux écarquillés de terreur, il observa Felipe se tordre de douleur, se rouler sur le sol de marbre glacé de la Salle de Bal, en proie à la souffrance insupportable que lui infligeait le sortilège impardonnable. Puis, au moment où la baguette du Kristen se brisa, le loup ténébreux que le professeur Field avait presque oublié se jeta sur l'auror, qui n'était désormais qu'un vulgaire morceau de viande fraîche dans la gueule du monstre.

Le jeune homme resta un instant contemplatif du chaos dont il était en partie responsable. Au centre de la pièce il aperçut des fragments de fer tordus, qui se trouvaient être les restes du lustre majestueux qu'avait utilisé Kristen pour assommer leur ennemi. Ce dernier gisait à présent à quelques mètres seulement des deux professeurs ; Felipe Sampedro n'était plus qu'un corps inerte, aux vêtements déchirés et trempés de sang. Le grand loup ténébreux restait immobile à observer, les crocs plantés dans la gorge de sa victime. Shawn ne douta pas que cette vision resterait gravée pour toujours dans sa mémoire.

C'est à ce moment-là qu'entra une femme, qui fit disparaître le sombre loup en un mouvement de baguette magique. D'aspect plutôt jeune, elle portait une robe tachée de sang... Le professeur de Soins aux Créatures déglutit difficilement, car il avait à présent la preuve que Kristen et lui n'étaient pas les seuls à se battre dans le château ; toute l'école devait être attaquée. Mais par qui ? Les autres aurors ? Cette nouvelle pensée glaça d'effroi le jeune homme, puisqu'il se souvint finalement avoir déjà croisé la jeune femme qui venait d'entrer dans la Salle de Bal. C'était une auror, elle aussi. Il ne faisait aucun doute à présent qu'elle allait venger son collègue, mettant définitivement hors d'état de nuire les deux pauvres enseignants qui lui faisaient face.

Mais contre toute attente, ce n'est pas ce qu'elle fit. Bien au contraire. La jeune auror s'avança d'une démarche chancelante vers Felipe Sampedro, puis se laissa glisser sur le sol à coté de lui. Encore une scène que Shawn aurait du mal à oublier. Débuta alors une longue conversation entre les deux agents du ministère, durant laquelle il fut profondément bouleversé. Ainsi donc n'étaient-ils pas de simples collègues ; ils s'aimaient d'un amour passionné. Il ne fit pas véritablement attention aux paroles qu'ils échangèrent, se contentant d'observer cette scène d'adieux déchirante, à la fois belle et terrible.

Il fallut que l'infirmière de l'école choisisse ce moment pour arriver comme une fleur au milieu de ce champ de bataille, escortée par quelques elfes de maison. Elle faisait affreusement contraste dans ce décor de ruines, avec son petit tablier d'une blancheur immaculée. Se précipitant vers les deux professeur, elle commença par leur demander si tout allait bien, ce à quoi Shawn répondit par une moue de dédain tout en levant les yeux au ciel – ou plutôt au plafond de la pièce. S'il n'était pas malheureux d'être enfin secouru, il aurait néanmoins préféré que l'infirmière fasse preuve d'un peu plus de retenue quant à l'auror en train d'agoniser tout près d'eux.

Un silence de mort s'installa dans la salle ; Felipe Sampedro avait rendu son dernier souffle. Sa jeune compagne, qui semblait avoir enfin remarqué la présence des deux professeurs, se releva en tremblant. Son regard exprimait un désespoir d'une profondeur infinie, alors même qu'elle levait sa baguette pour la porter contre sa tempe. Le chagrin et l'amour la poussaient finalement à rejoindre son défunt époux quelque part dans les cieux, bien loin des malheurs du monde. Le professeur de Soins aux Créatures songea d'abord à l'empêcher de commettre l'irréparable, implorant du regard sa collègue, mais cette dernière ne fit rien et se contenta d'avoir l'air bien résignée à laisser les choses se dérouler telles que l'avait décidé le destin.

Alors Shawn baissa la tête et, tandis que l'amertume coulait le long de ses joues, il ne put s'empêcher de penser qu'après tout, le bonheur des uns fait le malheur des autres. Le monde est cruel, mais il est ainsi fait, et l'on n'y peut malheureusement pas grand chose. Tout n'était plus que de sang, de poussière et de larmes ; la fin s'annonçait digne d'un drame de Shakespeare.

Ainsi s'achevèrent les aventures de Shawn Field.
28 oct. 2013, 19:16
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
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Avant d'aller plus en avant, et de chercher un terme à ce récit, il convient de dire que l'infirmière était une Pomfresh ; Ludmila, de son prénom. Ce détail peut paraître dérisoire, mais les faits étaient incontestables : c'était une Pomfresh. Ce qui, en d'autres termes, revient à dire qu'il ne s'agissait pas de n'importe qui.

La famille Pomfresh était une très ancienne lignée de sorciers dont les racines, pour ce qu'en prétendait l'arbre familial, remontaient au Moyen-Age. Les Pomfresh n'étaient pas le genre de personnes exubérantes ou aventureuses qui aimaient prendre part aux grands événements du monde. Ils appréciaient plutôt la discrétion, une existence bien douillette, et plus que tout se trouver au contact des gens. Beaucoup d'entre eux tinrent des postes non-négligeables au ministère de la magie, mais jamais ne s'accaparèrent de trop grandes responsabilités. D'autres embrassèrent de simples, mais non moins nobles, carrières d'artisans ; mais s'il est un domaine dans lequel les Pomfresh s'illustrèrent en tous temps, c'est bien celui de la médecine magique. Leur expertise était telle dans ce domaine qu'un dicton populaire disait bien : " Quand un diagnostic t'échappe, laisse, un Pomfresh le rattrape. "

Or, nous le disions donc, Ludmila était une Pomfresh.

C'est pourquoi, elle se contenta de regarder le suicide de l'auror d'un regard distant mais au fond peiné, consciente bien avant tout le monde de cet inévitable dénouement. Un rayon de lumière verte illumina soudain la salle de bal et le corps, sans vie, de l'auror s'étala de tout son long sur le sol dans un bruit sourd. S'en était fini.

Avec toute la retenue dont le sang qui coulait dans ses veines l'avait pourvue, Ludmila se redressa, lissa sa robe du plat de la main, puis ordonna consciencieusement aux elfes venus la seconder de charger les professeurs sur les brancards et de les transporter immédiatement à l'infirmerie. A l'un d'eux, elle ajouta même de récupérer l'oisillon fumant qui piaillait dans l'entrée béante en vue de le restituer, plus tard, au directeur.

Quand tous les elfes se furent retirés et le silence imposé, Ludmila prit une grande inspiration puis s'avança lentement vers les deux corps entachés de sang. A leur chevet, elle s'agenouilla et avec la délicatesse d'une brise d'été, recueillit leurs larmes dans deux fioles distinctes en verre qu'elle fourra ensuite dans la poche centrale de son tablier.

Qui avait-il de plus affligeant que la mort ? Elle n'en savait rien. La mort était pour elle une finalité et non une libération, comme certains aimaient à le croire. Aussi, se redressa-t-elle en abaissant un regard meurtris sur les deux époux. Reculant, elle dégaina sa baguette magique et avec une grande virtuosité dessina un dôme doré autour du couple dont les corps se soulevèrent puis se stabilisèrent dans les airs, lavés de leurs blessures, de leurs tourments, leurs cheveux ondulants comme s'ils siégeaient dans une bulle d'eau pour l'éternité, et s'en retourna parmi les vivants d'un pas mesuré, mais le coeur lourd de n'avoir pu prolonger la vie de deux innocents.

[FIN]
18 janv. 2014, 13:01
 05/2039  Bataille dans la salle de bal
© MAGICLAND.