Mon beau miroir, suis-je le seul garçon à Poudlard ? Libre

Toute la nuit, pendant laquelle le petit garçon avait décidé en vain de dormir à poings fermés, un violent orange avait déchiré le ciel et le tonnerre, de son bruit assourdissant avait percé l'atmosphère. La chaleur environnante était plus que pesante, faisant se coller les draps de coton au corps du garçon, l'empêchant progressivement de sombrer dans un sommeil de plomb. Agité et presque excité, il tournait, se retournait, tirait les couettes, reposait sa tête sur une face de son oreiller puis sur l'autre, à la recherche d'un coin de fraîcheur. Puis, constatant que le sommeil ne viendrait pas de si tôt, il s'était extirpé de son lit bien difficilement, tentant par tous les moyens de ne pas réveiller ses camarades. Il était à présent devant la petite fenêtre pas plus haute que cinquante centimètres, où une assise avait été conçue pour admirer la vue. Il n'avait pas pu s'empêcher d'ouvrir avec toute la précaution du monde la fenêtre en bois. Un filet d'air chaud s'engouffrait dans la pièce. Enaël avait l'impression de respirer à nouveau, les gouttes de sueur séchant progressivement. Très rapidement, il se mit à frissonner, l'obscurité de la nuit, bien que zébrée sporadiquement, ne lui engageait guère confiance. Il était comme happé dans un tourbillon sans fin. Il se sentait déjà partir, loin, loin, très loin...

Il avait réussi à se défaire de cette impression de malaise qui l'alarmait presque automatiquement avant une migraine à tout casser. Il avait enfilé un gilet à la hâte et mit ses chaussons ainsi que son petit écusson de préfet pour éviter de s'attirer les foudres d'un des professeurs en ronde, il y en avait suffisamment à l'extérieur. Gravissant un à un les escaliers de Poudlard, qui étaient comme au repos, il se dirigeait sans but, d'un pas rapide. L'air était plus frais dans les couloirs, la pierre avait cette capacité thermique suffisamment faible pour ne pas restituer trop de chaleur la nuit. Fort heureusement. Dans un des nombreux couloirs menant aux toilettes des garçons, il se détacha les cheveux, maintenant plus aucune goutte de sueur n'était à l'horizon et ne pouvait le déranger.
Une petite envie pressante se fit sentir, qu'il s'évertuerait à satisfaire. Il avait beaucoup trop bu au banquet. Il avait eu peur de se déshydrater pendant la nuit mais force était de constater que l'eau ingurgitée allait certainement lui causer de nombreux aller retour à l'urinoir. De toute façon, à cette heure de la nuit, il n'allait pas croiser grand monde. D'ailleurs, le petit préfet jaune s'était toujours posé cette question : où se situaient les toilettes de professeurs ? Quelle question existentielle, n'est ce pas ?

Après un bref aller à l'urinoir, il partit se laver les mains puis se passer quelques limbes d'eau fraîche sur le visage, il en avait cruellement besoin. Relevant la tête, il s'examina dans le miroir juste au dessus du lavabo. Il avait une mine affreuse, si Poppy Pomfresh était là, c'était la piqure assurée. Heureusement elle devait dormir ou tout du moins somnoler à cette heure. Il scruta les moindres aspérités du verre puis de celles du carrelage qui entourait le miroir. Pas la trace d'une petite bestiole, rien, comme si tout Poudlard était mort. Puis aussi étrange que cela puisse paraître, il tenta de parler :


"Mmmh"

Une larme roula négligemment depuis le coin de son oeil sur sa joue. Il n'arriverait plus jamais à parler, c'était certain. À moins que....

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Il faisait nuit noire dehors, malgré la sombre couleur du lac, on pouvait voir qu'il ne faisait pas très beau à l'extérieur, alors que le jeune albinos tentait de trouver le sommeil. Dans son lit douillet il n'arrivait pas à le trouver, se retournant par-ci puis par-là, la chaleur envahissant son corps lui faisait échapper des soupirs de mécontentement, pourtant il était rare qu'il fasse des crises d'insomnie. Mais pour une fois, cet enfant décida de se lever en pleine nuit habillé de son pyjama aussi blanc que la neige, il ne comptait pas rester là à ne rien faire d'autre que de se lamenter de la chaleur de son lit. Il sorti doucement de son dortoir, veillant à ne faire aucun bruit pour ne réveiller personne. A vrai dire il ne voulait même pas sortir du dortoir, mais faire un petit tour dans Poudlard histoire de se fatiguer était un bon moyen. Aussitôt sorti, un frisson parcourut son dos, il retourna vite fait à son lit pour sorti de dessous celui-ci une petite veste pour se couvrir. Le jeune garçon ressorti, muni de sa veste, et se dirigea d'un pas léger dans les couloirs du château. Il monta les escaliers, qui bizarrement ne bougeaient pas, tant mieux pour lui. Malheureusement son élastique lâcha, et sa chevelure de pureté se délia jusque ses épaules, encadrant son magnifique visage d'ange.
Tout en essayant d'attacher ses cheveux, ses pieds le conduisit dans un autre couloirs bien plus frais. Soupirant de bien-être, il se dirigea vers les toilettes où il ne s'attendait pas à entendre du bruit, une sorte de gémissement, le faisant sursauter au passage. Le Serpentard se camoufla derrière la porte et jeta un œil dans la pièce, une jeune personne y était et semblait avoir peut-être terminer. Mais qui était-ce ? Il n'en savait rien, ne connaissant que peu de gens ici il avait un peu de mal à retenir les noms. Mais la chose qui tracassait le vert & argent c'était de savoir si cette personne qui se tenait là était une fille ou un garçon, mais après tout, les filles n'ont pas le droit de venir ici. Il s'approcha doucement de ce mystérieux individu, et osant briser le silence il prononça ces quelques mots, aussi froid que l'hiver :


" Tu ne dors pas ? "

Même si ces paroles fut dites d'un ton glaciale, l'albinos aux yeux de feu espérait qu'il n'avait rien prononcé de mauvais ou du moins, de manière mauvaise. Oui c'était bel et bien un Serpentard qui se tenait là, derrière ce jeune garçon, mais comme ce dernier n'avait toujours aucun lien de tissé, il fallait qu'il montre un aspect neutre de ses nombreuses facettes. Il se plaça à sa gauche pour ensuite le détailler, il ressemblait bien à une fille, mais voyant certains traits de son corps, c'était bel et bien un jeune garçon. L'enfant se rappelait lors de ses derniers jours à Londres, il avait confondu un garçon avec une fille, et depuis ce jour il préfère ne pas mettre de nom indiquant le masculin ou le féminin dès qu'il rencontre une personne androgyne. Il restait là à le regarder, peut-être l'ignorerait-il, peut-être pas, ou sinon se prendra-t-il une remarque, tant pis seul le destin en décidera et pas autrement.

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L'emprisonnement de sa voix avait été décidé à la suite d'un tragique accident dont il avait été le témoin et certainement l'un des principaux acteurs, évènement qu'il le torturait à mesure que les jours passaient et lui rappelaient la triste vérité que lui pourrait vivre sa vie durant de longues années, alors qu'une autre personne, chère à son cœur, ne le pourrait plus. Cette décision avait été une protection pour lui mais aussi pour les autres qui l'entouraient. Plus jamais sa voix ne lui ferait défaut ou entraînerait quelques contrariétés que ce soit. Pour ainsi dire, il s'était coupé de toute décision. Mais c'était sans compter sur son admission à Poudlard qui avait éclairci le ciel sombre de sa vie et lui avait démontré que les étoiles n'étaient pas si loin de lui. Ces petits halos de lumière étaient bien plus proches qu'il ne lui semblait et un brin d'espoir était presque perceptible. Et puis, tout s'était précipité dans un tourbillon à en donner la migraine : sa répartition, ses nouvelles connaissances, son poste de préfet puis sa nomination au poste de préfet en chef, lui qui s'était pourtant promis de s'éloigner de tout pôle de décision. Si ça n'avait pas été triste, c'en aurait été franchement risible.

Ce soir, mal à l'aise dans son propre corps et dans son propre esprit, il se sentait partir, submergé de pensées toutes plus noires les unes que les autres. Pour autant, quitter Poudlard n'était pas une des options qu'il envisageait. Il s'y sentait plutôt bien. Les toilettes des garçons de Poudlard s'étaient transformées progressivement en son petit coin de tranquillité. Surtout à l'heure à laquelle il venait réfléchir. Outre un ou deux professeurs qui pouvaient exécuter les rondes rituelles, il ne croisait aucune âme qui vive. Hormis ce soir ! Alors qu'il s'entraînait depuis son arrivée à Poudlard à pousser, non pas la chansonnette, mais quelques paroles, il avait été surpris par une voix à la fois douce et glaciale. Cette intrusion dans son intimité avait eu pour effet le frisson du jeune préfet, entraînant l'hérissement de ses petits poils de bras. Presque gêné de cette venue, qui n'était pas si étonnante que cela -en effet, avec pléthore de garçons à Poudlard, il fallait bien qu'il y en ait un qui s'introduise dans les toilettes de Poudlard à une heure aussi tardive, bravant le couvre feu- Enaël n'avait pas le courage de se retourner. Qui plus est, cette voix, il ne la reconnaissait absolument pas. Et au vu du caractère presque cristallin qui émergeait de cette voix, force était de constater que l'inconnu devait avoir son âge, à tout cassé. Il se dirigea alors de nouveau vers les lavabos pour y laver ses mains, puis se les sécha, comme si de rien n'était. Avec la meilleure volonté du monde, il tentait de se convaincre que seule son imagination lui avait crée l'illusion d'un autre garçon dans les toilettes. Et puis, pris de renoncement, il se détourna de la vue des serviettes pour se sécher les mains et scruta le jeune garçon qui se trouvait à quelques pas devant lui.

Ses cheveux étaient tout simplement magnifiques, d'une blancheur incroyable, qui auraient pu entrer en compétition avec la propreté des carrelages des toilettes. Ses yeux étaient encore plus incroyables puisque perçants. Mais quelque chose se dégageait du jeune garçon, une différence, une ouverture. Il n'était pas comme les autres garçons de Poudlard. Enaël le ressentait. Pour autant, ne le connaissant ni d'Eve, ni d'Adam, il se refusait de lui montrer la moindre confiance. Toutefois, par peur d'être mal poli, après quelques gestes, il lui fit comprendre qu'il ne parlait pas. Peut être que son interlocuteur croirait qu'il préférait évoluer en tout silence, notamment quand leur présence dans les toilettes était tout simplement prohibée. Enaël se rapprocha du garçon et lui tendit la main droite pour lui serrer la main. Après tout, il fallait bien commencer par quelque chose pour faire connaissance.

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Le voyant continuer son petit manège en ignorant l'albinos, il s'apprêta à quitter les lieux pour finalement le laisser tranquille, car n'aimant pas vraiment déranger les gens. Après tout ce fut toujours le cas à Londres, quand il tentait de se faire de nouveaux amis ces derniers le renvoyait chez lui couvert d'hématomes ou faisaient semblant de ne pas le voir, sa différence l'avait toujours un peu affaibli mentalement. Mais il avait beaucoup de chance tout de même, il avait une meilleure amie à qui il tenait beaucoup et qui ne le voyait guère anormal, c'était l'une de ses raisons de vivre et il était prêt à tout pour elle, et honnêtement il espérait trouver une personne dans ce genre là, qui puisse le comprendre et ne pas le rejeter à cause de ses cheveux blancs et de son amnésie. Mais après quelques minutes, le garçon ayant fini de se sécher les mains, il se regardèrent, apparemment aucun d'eux ne partirait et c'était très bien pour Hineke, il aimait la compagnie masculine. Le jeune homme face à lui fit des signes, il ne comprit pas vraiment de suite à cause de la minime fatigue mais réussi finalement à comprendre qu'il ne pouvait pas ou ne voulait pas parler, il allait donc respecter ce choix.
Le brun lui tendit la main pour la lui serrer, l'enfant se figea instantanément. Il n'était pas très friand du contact physique et voulut reculer, mais ce serait impoli et signifierait que, finalement, il ne voulait pas discuter ou juste faire sa connaissance. Il avança alors sa main, tremblant comme une feuille, puis fini par la lui serrer en essayant de rester le plus naturel possible même si l'envie de partir se faisait ressentir dans ses yeux. Il attendit deux petites secondes et enleva sa main pour finalement la regarder, il venait de toucher une autre personne, ça ne le répugnait pas mais cette sensation était assez étrange. Il soupira doucement alors, puis planta son regard dans celui de son camarade, Il fallait trouver une solution pour parler, que ce soit feuille ou vitre il devait trouver une surface. Il sorti son tissu blanc de sa poche, une sorte de peluche qui lui permettait de se défouler, il ressemblait à un vulgaire bout de tissu. Le Serpentard aurait bien écrit dessus, mais il aurait fallut changer de plateforme après, il le rangea aussitôt. Il regardait le miroir, mais bien sur ça pouvait lui servir. Il s'en approcha et passa son doigt dessus, il n'y avait pas vraiment de buée à proprement parler, mais souffler dessus en ferait certainement. Il se tourna ensuite vers l'unique personne présente ici.


" Je suis Hineke, premier année à Serpentard. Enchanté. "

Il s'arrêta de toucher la glace pour enfin esquisser un demi-sourire par pure politesse, sa voix toujours aussi froide que la température qui régnait actuellement laissait pourtant transparaître une petite joie d'enfin pouvoir parler à quelqu'un qui ne semblait pas offensif. Il s'adossa contre un lavabo, le regardant toujours autant, il l'intriguait un peu.

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Le simple fait de serrer la main d'un garçon qu'Enaël ne connaissait, relevait naturellement de la politesse, une modeste marque de civilité et de courtoisie, que le jeune garçon s'évertuait de dispenser à quiconque l'entourait. Son rang de Dewberthon le lui avait imposé quelques conditions, dès son plus jeune âge et il n'avait jamais pu ou jamais osé, c'est selon, s'en défaire. Et puis, s'il fallait bien y songer, ses quelques habitudes, quelques fois d'aristo, comme le lui avaient reproché certains de ses amis, n'étaient pas si infâmes que cela. Tout dépendait du point de vue de ses interlocuteurs et de la situation dans laquelle ils se retrouvaient. Apparemment la situation n'était absolument pas propice à ce genre de "familiarité", s'il en était, puisqu'une certaine réticence avait été exprimée du point de vue de son interlocuteur. Ces quelques secondes qui s'étaient écoulées entre le moment où Enaël lui tendait la main et celui où le jeune serpentard le lui avait serré témoignait d'une certaine gêne. Pourtant, Enäl s'était décrassé les mains à deux reprises et l'une d'une sous les yeux du garçon alors qu'est ce qui pouvait bien le mettre dans un tel état, à part un certain goût pour l'hygiène ? Peut être était il encore plus timide que lui ?

Un léger soupir vint à tournebouler l'esprit du petit préfet. Était il si ennuyeux pour qu'après quelques secondes passées en sa compagnie, son interlocuteur se lasse de lui ? Ou bien était ce simplement un poids qui venait de s'évacuer de ses frêles épaules ? Enaël, en proie à de longues interrogations et malgré son petit défaut, se jurait d'en découvrir suffisamment au sujet du jeune garçon pour mieux cerner la situation qui s'imposait à lui. Finalement, il ne devait pas être le seul cas désespéré de Poudlard. C'en était presque rassurant.

Et puis, ce fut cette volonté de la part de l'inconnu de discuter, ou tout du moins de dialoguer qui permit au Poufsouffle de baisser sa garde. Le garçon avait trouvé un moyen aux deux jeunes adolescents de bavarder : une simple glace, qui avec un peu de buée créée, se révélait être bien plus qu'une surface pour se contempler ! Ce serpentard, bien ingénieux, aurait pu se retrouver chez les Serdaigle avec une telle vivacité d'esprit mais quelque chose en lui avait dû le rendre suffisamment rusé pour que le Choixpeau magique en décide autrement.

Les quelques mots inscrits sur la glace lui permirent de dévoiler son identité. Enaël en fit tout autant :

"Enaël Dewberthon, Poufsouffle et PeC"

Bref, concis et rapide, tout ce qui caractérisait le jeune Enaël. Pas de superflu ou de chichi. Mais une question taraudait l'esprit du dit préfet en chef. Et sa curiosité exacerbée en cette soirée ne lui permettait pas une de ses politesses, qui exigeait que l'on attende un peu plus de temps pour la poser. Essuyant du revers de son gilet la glace, puis soufflant de l'air chaud, il put ainsi écrire à la hâte :

"Mais dis moi, Hineke, que fais tu ici ?"

Derrière le "ici" pouvait se cacher de nombreux lieux, qui envisageaient de nombreuses réponses. Espérons que Hineke joue le jeu et lui réponde le plus sincèrement possible. Enfin, Enaël le constaterait bien assez vite.

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Le serpent regardait son camarade écrire sur la glace, pendant ce temps là, Hineke jouait avec sa petite peluche dans sa poche. Il fallait bien se l'avouer, il avait beau être rusé au fin fond de lui, il gardait une certaine âme d'enfance, de toute façon l'heure n'était pas à jouer les malins et à embêter le Poufsouffle mais à dialoguer avec lui. Le fait qu'il utilise une glace pour discuter ne le rendait en aucun point mal-à-l'aise, au contraire, il était ravi de pouvoir parler autrement qu'avec les cordes vocales. De nature flegmatique aux premiers abords, le Grepen aimait ne rien dire et se laissait découvrir comment se confier à quelqu'un, qui plus est, Enaël. Bien qu'il ne lui révèlera presque rien de son passé, il pouvait sûrement lui faire confiance, après tout, les Poufsouffle ne sont pas des arnaqueurs, ou très peu le sont. Mais alors qu'il était occupé à faire une réflexion dans sa caboche, il leva la tête pour regarder ce qu'avait écrit son camarade sur la glace. Que faisait-il ici donc, c'est vrai, Hineke n'y avait pas vraiment songé. Il ne savait plus vraiment pourquoi il était là à présent, pourquoi était-il sorti de son lit et pourquoi, oui pourquoi était-il dans les toilettes des garçons ? Son amnésie revenait en force chez lui, et maintenant il allait passer pour un idiot, ou pire, un menteur. C'est vrai, certaines personnes d'autres maisons, que certaines, sont encore dans l'esprit que les serpents sont des menteurs, certes, ce n'est pas totalement faux dans l'ensemble, mais Hineke était quelqu'un d'honnête et de franc, cela pouvait se voir sur son visage, sa bouille d'ange qui disait clairement qu'il se sentait mal de ne plus le savoir, et qu'il était honnête. C'est donc avec la boule au ventre, qu'il s'inclina poliment face à son camarade, puis quand il fut redressé, il écrit sur la glace, ne voulant pas briser le silence.

" Je ne m'en souviens plus " marqua-t-il, puis attendant que le Poufsouffle ait fini de lire, il essuya d'un revers de poignet et remit de la buée. " Je suis amnésique. Et toi ? Que fais-tu là ? "

C'était la seule personne, pense-t-il, à savoir qu'il était atteint d'amnésie, déjà son physique d'albinos n'enfantait que la moquerie, alors si en plus de cela il révélait à tous qu'il avait une mémoire altérée, ce serait le paquet. Soudain, un orage fendit le ciel, faisant sursauter la statue de marbre qu'était le Serpentard, qui, on-ne-sait comment, glissa sur quelque chose et se retrouva fesses au sol. Les éclairs et tonnerres, jamais l'ascendant Grepen ne pouvait en voir, il n'en avait pas la phobie réelle, mais le fait d'être témoin d'un flash ou simplement d'entendre le grondement, le faisait frémir et il ne pouvait s'empêcher de se réfugier sous sa couette. Or, il était aux toilettes, il ne pouvait pas faire de retour en arrière, il ne pouvait tout simplement pas abandonner son ami. Oui, ami. Hineke ne connaissait que peu de gens à qui faire confiance, comme la sixième année qui l'a aidé l'autre jour, et son amie, lui il était connu par d'autres, pour toujours la même raison, ses cheveux blancs comme neige. Il ne put retenir un soupir d'agacement, suite à cette pensée et aussi à sa chute inoubliablement ridicule dans de simples toilettes. Finalement, il se releva avec facilité grâce au rebord du lavabo, il s'étira légèrement, la fatigue ne prenait pas le dessus, mais monsieur avait juste envie. Il attendit la réponse du préfet en chef, espérant qu'il ne lui demande pas s'il avait peur des orages.

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Cette nuit là, Fergus était trop excité. Il s'agissait de sa première nuit à Poudlard. Venant d'une famille de moldus, il connaissait sa situation de sorcier que depuis peu et était très peu habitué au monde des sorciers. Le banquet l'avait tout simplement éverveillé et stimulé. Il était donc impossible de dormir. *Une petite promenade me changerais sans doutes les idées* pensa le grand écossais baraqué. Il choisit alors de se diriger vers le seul endroit où il lui semblait pouvoir braver le couvre feu sans se faire prendre, les toilettes des garçons. *Dans le pire des cas je pourrai dire que j'avais une envie irrépressible ce qui pourra justifier mon expédition nocture* se dit le jeune garçon.

Le grand roux dont il était impossible de ne pas se douter de son origine se dirigea alors vers la toilette des garçons. Il poussa la porte et vit deux garçons en train de faire timidement connaissance. C'est à ce moment que Fergus se dit qu'il fallait les aider lui qui était tout sauf timide et qui aimait bien détendre l'atmosphère. "Bonsoir mesieurs, vous êtes également venu braver le couvre-feu pour le plaisir du rebel en vous?" dit-il avec son accent écossais. C'est alors qu'il vit l'insigne de préfet sur le garçon de Pouffsoufles et se demanda si sa blague avait belle et bien été interprétée comme telle. Espérant briser le malaise avant qu'il ne se crée, Fergus s'élança franchement en souriant " Je m'appelle Fergus McKay, je suis nouveau ici et le banquet m'a mis dans un état tel qu'il m'est impossible de dormir". Après tout, aussi bien se déclarer tout de suite puisque Fergus était incapable de mentir,

"Comment vous appelez-vous?" dit-il en présentant sa grosse main et en espérant que cet usage du monde des moldus d'où provient sa famille l'est également chez les sorciers.

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Alors que le jeune blanc parlait au préfet, des pas se firent entendre, tout d'abord il crut que c'était un professeur, mais fut soulagé de voir un élève. Il replaça une mèche derrière son oreille, regardant le nouvel arrivant. Apparemment, il était vraiment nouveau, et venait d'arriver à Poudlard, Hineke commençait à se sentir un peu vieux en quelque sorte, le fait de voir un membre de l'établissement lui donnait toujours cet effet. Le Poufsouffle se présenta, après avoir sorti une blague qui en aurait sûrement fait rire, mais le Grepen ne riait pas souvent, c'était vraiment rare même, comme toutes ses expressions. Alors il attendit un instant, clignant des yeux en passant une main dans ses cheveux féminins, puis prit la parole.

» Personnellement je ne suis pas un rebelle. Je suis Hineke Grepen Phobos, mais Hineke suffit. »


Il posa son regard sur la grande main du jeune homme, cette envie réticente de reculer reprit l'albinos, qui s'avançait en fait plus vers son camarade préfet, gardant ses mains bien dans ses poches après avoir retiré sa chemise. Il faisait beaucoup trop chaud maintenant pour le Serpentard, il frissonnait à cause de la température, mais son corps bouillonnait, peut-être l'orage qui lui faisait cet effet. Il la posa sur le rebord d'un évier, puis reposa ses yeux rubis sur Fergus. Comparé à lui, et cela se voyait à vue d’œil, Hineke était très maigre, avec une très fine musculature, pourtant ses courbes étaient assez féminines, s'il portait une robe on pouvait facilement le prendre pour telle. Mais Hineke n'était pas à l'aise avec ce genre d'habits.

» Veuille m'excuser, mais je ne suis pas tactile. »

Autant prévenir tout de suite afin de ne pas faire croire au jaune et noir qu'il le snobait, c'était juste son haptophobie, et malgré que l'enfant voulait soigner cela, il ne pouvait pas c'était dans les gènes et la peur ne s'en allait jamais. Il finirait sans doute comme son père, à ne pas s'occuper de ses amis, vu que tout de même il n'en a pas. Ou peut-être la jeune fille en sixième année, qui l'avait déjà touché une fois, et qu'il n'avait pas repoussé tant sa voix le rassurait. Mais le préfet Poufsouffle avait inspiré une grande confiance en Hineke, vu le serre-main, peut-être était-ce dût au fait qu'ils se comprenaient peut-être ? Ou, autre chose ? Lui-même l'ignorait, mais regarder les deux Poufsouffle semblait plus important maintenant, qu'est-ce qu'il se sentait frêle. Si seulement il avait eut un atout et non une phobie, peut-être ses soucis auraient été réglés.

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Le grand rouquin remarqua le regard que le jeune serpentard portait à sa main. Celui-ci beaucoup plus frêle semblait avoir une certaine crainte à l'égard du grand costaud qu'était Fergus. Il semblait très nerveux et se demander si cette grande main n'allait pas servir à lui écraser la boîte crânienne *Comment lui faire comprendre que la violence et la force sont deux choses qui ne m'intéressent?* pensais-je.

"Enchanté Hineke. Mon nom est Fergus McKay. Ne fait pas attention à mes grandes mains maladroite. Elles sont inoffensives et ne feraient même pas de mal à une mouche sauf peut-être si celle-ci s'écrasait à une vitesse folle par inadvertance sur elles dans quel cas j'essaierais sans doutes de la secourir. ça fait longtemps que tu es ici? Moi je viens tout juste d'arriver. Je suis en première année."

Fergus se tourna alors vers le préfet se demandant comment il allait se sortir de sa mauvaise blague.


"Bonsoir, désolé pour mon commentaire précédent. Je ne voulais en rien braver l'autorité. C'est tout nouveau pour moi ici. Mes parents sont des moldus et je suis conscient de l'existence du monde des sorciers depuis très peu de temps. En général j'aime bien briser la glace par l'humour mais j'avoue ignorer les références humoristiques des sorciers. Selon la réaction d'Hineke je penses que mon pif n'est pas très bon jusqu'à maintenant. Je devrais peut-être traficoter une potion pour faire rire! La seule référence commune que j'ai trouvé jusqu'à maintenant est Nessie le monstre du Loch Ness à l'exception bien sûr que les moldus n'y croient pas réellement. Mais bon, on s'accroche à ce que l'on trouve! "

Fergus était nerveux et son fort accent écossais transparaissait plus qu'à l'ordinaire. Il se demandait si ses camarades d'escapade nocturne réussiraient bien à comprendre tout ce qu'il leur avait dit. Il se demandait même si lui-même comprenait son charabia qui commencait à avoir moins de sens. Son assurance de grand gayard comique avait fait place à une certaine gêne et il commençait même à préparer sa raison pour retourner au dortoir. Peut-être irait-il plutôt à la bibliothèque chercher la recette pour une potion d'hilarité? Bref il se sentait bien seul dans un monde dont il ignorait tout.