4 juil. 2024, 19:03
Une autre peau  PV 
Le samedi 10 avril 2049,
Dans la mâtinée

Sixième année


Alors que le soleil poursuit son ascension tranquille à travers les cieux, parfois éclipsé par les nuages significativement gris du printemps, un oiseau bleu virevolte à travers le parc. Cela fait maintenant plusieurs heures que le château est invité à se réveiller, que les rayons solaires chatouillent sa surface, et si on regarde attentivement on peut presque le voir se mouvoir comme frileux au gré de la bise. Les habitants du château qui ont sorti le nez dehors pourront voir passer cet oiseau bleu qui continue de virevolter, les ailes brillant au gré du soleil.

Cet oiseau là, il n'a rien de naturel. Il a été créé comme par magie entre les arbres de la forêt qui prend racine à la bordure du parc, et c'est de là qu'il s'est envolé. Les rares témoins pourront dire avoir vu un oiseau d'un bleu frappant quitter le bosqué pour se diriger, sans hâte mais tout en légèreté, vers le château.

Les sorciers qui s'intéressent aux oiseaux auront vu que celui-ci, lorsqu'il daigne voler à hauteur d'homme, est un merle bleu.

Les sorciers qui connaissent Adaline Macbeth reconnaîtront là sa métamorphose préférée.

Et l'oiseau vole et vole jusqu'à atteindre les grandes portes, ouvertes pour laisser entrer le soleil aussi bien que le vent du printemps. Il fait le tour du hall avant d'atteindre les escaliers qui viennent du premier étage, où il se pose un instant. Le timing est presque parfait. Quelques instants après que l'oiseau se soit posé sous le regard de quelques sorciers curieux, Narcisse Brando et son enthousiasme communicatif descendent les dernières marches pour atterir dans un fracas qui aurait fait s'envoler n'importe quel oiseau. Mais pas celui-là.

Le merle bleu, animé d'une main magique et invisible, siffle pour attirer l'attention du garçon et lui délivrer son message.

Retrouve moi dans la forêt, près de la salle de Mr Dawson, maintenant.

Dit l'oiseau, sifflant, chantant, avec une voix aigüe dans laquelle on ne retrouve pas grand chose de sa propriétaire. Pourtant, ce sont bien les mots d'Adaline Macbeth.

Et puis, brusquemment, dans une poussière aussi bleue que son ramage, l'oiseau disparaît. Les métamorphoses ne sont pas faites pour durer, il paraît que c'est ce qui les rend aussi belles, et parfois aussi tristes. Celle-ci a disparu mais son message a été délivré. Le jeune Narcisse Brando saura-t-il l'écouter ?

@Narcisse Brando

Animagus renard polaire
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4 juil. 2024, 19:35
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"Aaaah, trop bien ! Allez, à la douche !!"

Déambulant des escaliers sans la moindre retenue, s'essuyant le visage d'un bout de tissu qu'il venait de récupérer dans la Salle sur demande après son entraînement, Narcisse Brando parcourut les couloirs du regard. Les pierres noires du château étaient toujours aussi fascinantes pour lui, et le moindre recoin de cette école source de nouvelle joie. Chaque seconde qu'il passait ici, il se sentait croître et devenir meilleur qu'il ne l'était la veille. Un rapide coup d'œil à l'extérieur, et il hâta la pas, bien décidé à profiter de la journée pour aller faire un tour.

Soudainement, un mouvement attira son regard, le forçant à s'arrêter net, le visage troublé, intrigué. Son cœur manqua un battement, ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il se posèrent sur l'oiseau bleu dont le plumage reflétait les rares rayons du soleil parvenant à se frayer un chemin jusqu'ici. Il se mit à sourire, enchanté de pouvoir encore une fois observer un si... Hein ?

"Hé ?"

Un instant d'immobilité, de silence parfait.

"HEEEEEEEE ?!"

Sa mâchoire tomba brusquement, ses bras aussi, le long de son corps, ses yeux giclèrent de ses orbites.

Puis ce fut l'explosion. Sans même prendre le temps de se changer, mettant à profit tous ses entraînements, en pleine possessions de ses moyens depuis la fin de sa période de repos, Narcisse se mit à piquer un sprint extraordinaire. Dévalant de nouveau les marches, fendant les couloirs, s'excusant à maintes reprises auprès de camarades qu'il n'effleurait même pas, rien ne semblait pouvoir arrêter sa course. Son visage rougi par l'émotion, ses yeux écarquillés remplis d'étoiles débordantes, sa poitrine tonnait sous l'émerveillement.

Un oiseau qui parle !

"Sapristi sapristi, PLAAACE PLAAAAACE PARDON PARDON PARDOOON !! POUSSEZ-MOI EXCUSEZ-VOUS !"

Pas de temps à perdre, il avait dit maintenant. Franchissant les grandes portes en bondissait puissamment, encore habillé de son t-shirt de compression noir et de son jogging, déjà, ses yeux papillonnaient. La forêt, la forêt... OUI, par là !

Perturbant les quelques gouttelettes de rosée sur son passage, coupant à travers champs, imprégnant ses cheveux de feuilles et de branches, se faufila habilement, le souffle court, mais en aucun cas à bout.

Ses pieds dérapèrent lorsqu'il s'arrêta à l'endroit qu'il estimait être le bon, et il regardait tout autour de lui, guettant le moindre mouvement.

"Un oiseau qui parle, qui parle ! Où ? Oui ? Là ?? Sapristi ! EEEEH !! J'SUIS LÀ OISEAU !"

4 juil. 2024, 19:54
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Quelques minutes avant le grand fracas, avant que n'arrive ce garçon qui pénètre dans la forêt comme dans un stade de Quidditch bondé, se tenait une brune. Pas bien grande, mais d'une maigreur qui lui donnerait l'air presque élancée, de longs cheveux tombant dans le dos et un regard déterminé. Presque montre en main, elle attend que son messager délivre son message et dans sa tête, elle compte les minutes. Le calcul est, par un heureux hasard, assez précis pour qu'elle ne soit plus quand le garçon arrive mais que, dans les fourrés se cache un renard polaire au pelage sombre.

Tout ce que je vais raconter ensuite s'est déroulé quelques minutes à peine avant l'arrivée du garçon.

Baguette en main, la sorcière se tient bien droite. Lorsque le sablier qui coule dans sa tête finit de s'égrainer, sa baguette s'agite en même temps que ses lèvres. La formule achève de faire le travail et bientôt, ce n'est plus une sorcière qui se tient sous les sapins, les pieds dans la terre, mais c'est un animal qui foule le sol de ses pattes griffues.

Son corps d'humaine s'est rétracté et couvert de poils d'un brun foncé, pour atteindre une trentaine de centimètre à peine. Son visage d'homme n'est plus, on distingue toujours le brun profond de ses yeux dans ceux de l'animal qu'elle est devenue soudain, mais on ne peut dire si cet éclat est encore humain. Pourtant, à l'intérieur de cette enveloppe animale, c'est bien Adaline Macbeth qui se mouvoit.

Elle prend possession du corps de l'animal en s'ébrouant d'abord, faisant trembler tout son pelage bien maigre puisque l'hiver n'est plus. Ses oreilles arrondies frémissent en même temps que son nez alors que tous ses sens se multiplient. Et alors, elle prend le temps de regarder autour d'elle, en faisant gigoter sa queue, ce nouvel organe qui a poussé à ses fesses, pour apprécier sa transformation.

Mais elle n'en a pas oublié son plan, alors en entendant au loin les pas de quelqu'un qui court et en sentant l'odeur de Narcisse (elle ne saurait dire comment mais elle le sait), elle s'éloigne d'un bond pour se cacher dans un fourré. Comment est-il arrivé aussi justement à l'endroit où elle s'est transformée ?

Immobile dans un fourré, masquée dans les branchages d'un buisson sauvage, elle l'observe quelque instant.

Puis elle bondit à nouveau. Le renard polaire qu'elle est devenue se tient bientôt devant Narcisse Brando, la langue dehors.

Animagus renard polaire
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4 juil. 2024, 20:14
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Reprenant sa respiration en essuyant la fine couche de sueur de sa nuque, Narcisse continuait de regarder partout aux alentours. Le vent dans les arbres rythmaient son souffle, rougissait ses joues et le bout de son nez, déjà bien rosis par l'effort physique. Les délicats crissements sur le sol que ses baskets causaient en tournant sur elles-mêmes étaient couverts par les bruits d'oiseaux dans les arbres et les feuilles ployant sous les vents. Son cœur tonnait puissamment dans sa poitrine, où se mêlaient l'impatience et l'excitation. L'attente insupportable, l'appréhension et la curiosité, la soif de l'aventure et le désir ardent de...

Et c'est là qu'il le vit.

Le petit renard polaire, d'un brun foncé, semblant presque flotter sur le sol, bondissant sur lui. La mâchoire du garçon tomba une seconde fois, ses yeux s'écarquillèrent de nouveau. Bien évidemment, il ne fit pas le lien avec sa venue, et il oublia d'un seul coup toute cette histoire d'oiseau magique qui parlait.

"Oooooooooooh..."

Son visage s'anima sous ses traits mouvants, sa bouche qui se pinça en souriant, ses fossettes qui se creusèrent et ses pommettes qui rougirent. Le bas de son visage fut recouvert par ses mains qui se levèrent brusquement alors qu'il s'accroupit lentement devant l'animal.

"Oooh, coucou toi... oooh, mais t'es trop mignon, d'où tu sors ? Oooh, gouzi-gouzi, gratte-gratte ?"

Il étendit très doucement sa main pour tenter de grattouiller la tête de l'animal, retenant de toutes ses forces son envie dévorant de plonger ses doigts dans cette fourrure qui avait l'air si douce et moelleuse. L'attendrissement dont il était victime, il l'embrassait passionnément et pleinement. Sa deuxième main s'étendit à son tour pour essayer de caresser le cou du renard, sans pour autant aller trop vite, il ne voulait pas lui faire.

"Et oui, eeet oui... Oooh gouhjgoohuoguohioihg...*"

*Bruits incompréhensibles de frénésie de mignonnerie.mp3

5 juil. 2024, 13:18
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Le garçon s'accroupit pour faire face au renard polaire.

Cette rencontre n'a rien de naturel, un animal comme celui-là, sauvage, un brin territorial, ne se laisserait jamais approcher d'aussi près. Mais cette rencontre n'est pas le fruit de la nature, sinon celui de la magie. Pour qui peut sentir la magie vrombir, peut la sentir dans les poils de cet animal qui s'ébroue sous les doigts que le garçon tend vers lui.

Ce garçon qui ne se doute pas un seul instant qu'il ne fait pas face à un animal sauvage mais à son amie sous sa forme animale. Il faut dire qu'il n'est pas au courant, lui, de la forme animale qui est devenue celle d'Adaline Macbeth lors de sa première transformation à la fin du mois de mars. Comment pourrait-il se douter que cet animal, assez brun pour se fondre dans la terre et entre les troncs des arbres, est en réalité une métamorphose ?

Dans cette enveloppe, cette autre peau, la sorcière ressent tout son environnement. Les odeurs de la forêt se mêlent à celles de l'humain, les bruits des oiseaux dans les arbres se mêlent au vent qui secoue les feuilles, sont tant de sollicitations auxquelles il faut résister.

Le renard polaire, animé par Adaline Macbeth, se laisse étrangement caresser.

Probablement parce que sa truffe renifle la main tendue pour en humer toute l'odeur. Cela peut paraître tout à fait étrange, de sentir la main de son ami du bout de la truffe, mais l'instinct animal et la curiosité de son odorat prennent le dessus sur la décence imposée aux humains. Elle accepte une caresse sur la tête, qu'Adaline ressent comme étonnement agréable, pendant qu'elle le renifle. Mais cette deuxième main qui se tend n'aura pas le même accueil.

Brusquement, juste avant que la deuxième main du garçon ne touche son pelage, le renard agrippe les doigts entre ses crocs. L'Animagus s'est entraînée à maîtriser la force de sa mâchoire, en mordant dans différents objets et matières lors de ses précédentes expérimentations. C'est pourquoi elle se permet de mordiller doucement la main de son ami, crocs dehors.

Animagus renard polaire
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5 juil. 2024, 15:07
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"Ooooh..."

Narcisse crut fondre en sentant ses doigts s'enfoncer dans le pelage du renard. Son cœur vibra au milieu de petites bulles de savon, et il se mit à doucement grattouiller la tête de l'animal, oubliant presque son autre main qui s'avançait doucement vers le cou. Le contact de la truffe froide arracha un petit rire émerveillé au garçon, dont les yeux s'illuminèrent encore plus.

"Désolé purée, j'dois pas sentir bon."

Il était parti pour prendre une douche, à la base, rappelons-le. En fonction de l'acuité olfactive de l'animal, peut-être qu'il pourrait sentir, derrière la sueur, les quelques gouttes de sang qu'il avait versé durant son entraînement, ou alors peut-être même qu'il capterait l'odeur de Klee, omniprésente sur lui.

"AÏE !"

Davantage un cri de surprise que de douleur, Narcisse se força à se figer lorsqu'il sentit les petites dents de l'animal se refermer sur sa main. Prestement, il retira l'autre, et s'agenouilla davantage pour ne pas prendre de risque.

"Oh désolé, j'voulais pas t'faire peur !"

Il se força à se détendre, à expirer profondément, pour ne pas donner à l'animal davantage de prise. Mais même s'il n'était pas doué avec les animaux, Narcisse sentait bien que là, c'était pour jouer. Enfin... il l'espérait. Dans tous les cas, il n'aurait abandonné ce moment pour rien au monde. Il chercha du regard Mister Dawson, se disant que peut-être, il s'agissait là d'un de ses animaux qui s'était échappé ?

Mais rien aux alentours, juste la forêt, les buissons, les feuilles, le vent et le soleil. Il expira, approchant doucement sa main libre de la tête du renard, vers le bas, pour tenter de ne pas le paniquer. Il n'y connaissait rien, mais ne faisait que mimer les gestes de sa mère, lorsqu'elle agissait avec les chiens.

"T'inquiètes, tout va bien. T'es perdu mon gros ?"

7 juil. 2024, 18:07
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L'animal, les crocs fixés sur la main du garçon, secoue la gueule en grognant. En regardant la scène d'un peu plus loin, on pourrait croire que le jeune sorcier est en danger, en proie à un animal sauvage qui risque de lui déchiqueter la main. Un oeil avisé, en revanche, aurait noté qu'un renard polaire (même avec le pelage marron spécifique aux spécimens côtiers) n'a rien à faire en Ecosse. Animé par la surprise, aveuglé par un pelage doux, Narcisse Brando ne se doute pas un seul instant que quelque chose cloche.

Le renard polaire relâche la main avant de s'ébrouer.

Bientôt, le petit animal s'écarte de l'humain pour l'inspecter, le coutournant, le jaugeant du regard. Un regard derrière lequel se cache une sorcière de sixième année qui expérimente pleinement cette nouvelle capacité durement acquise. Sous les poils qui recouvrent le museau de l'animal, on pourrait voir les cernes noirs que portent l'humaine dans son autre peau.

Les paroles du garçon pénètrent l'esprit de l'Animagus, qui, si elle le pouvait, froncerait les sourcils. Je suis une femelle, abruti ! Aurait-elle dit si elle pouvait parler. A la place, c'est un glapissement caractéristique du renard qui sort entre ses crocs.

Le renard polaire se met alors à trottiner autour du garçon, qui, elle l'espère, devrait bientôt se relever. Dès qu'il sera sur ses deux jambes, l'Animagus compte bien le faire courir encore un peu plus. Alors elle se met à trottiner un peu plus vite en direction de la forêt, passant entre les troncs, résistant à l'envie d'humer chaque buisson, luttant pour ne pas s'arrêter renifler les traces des écureils ou pour poursuivre un oiseau.

Maintenant, c'est l'heure de la course, et pour s'en assurer, l'animal jette quelques regards en arrière pour vérifier que Narcisse Brando suit sa trace.

Animagus renard polaire
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7 juil. 2024, 18:39
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En secouant doucement sa main pour faire passer les picotements, Narcisse se redresse, de plus en plus confus sous son émerveillement. Non mais sérieusement, how cool is that ?? Son sourire ne faiblit pas, ne diminue pas, et son regard est incapable de se détacher de l'animal qui se met désormais à trottiner autour de lui.

"Et oui ? Eeet oui ? Bah oui ! Wow ?.."

Mais à l'instant où ses genoux finissent de se détendre, l'animal décolle instantanément ! Et comme n'importe quel enfant aventureux, Narcisse eut comme premier impulsion de suivre ce renard. Peut-être qu'un autre aurait hésité, ou alors, se serait contenté de simplement observer une dernière fois cette sublime vision qu'on ne pouvait observer qu'une seule fois dans sa vie.

Mais rien que le temps pour ces réflexions de traverser son esprit, que Narcisse avait déjà emboîté le pas au renard brun. Éclatant de rire, fonçant sans hésiter dans les buissons, coupant à travers feuillages et herbes touffues, il contournait habilement les troncs en bondissant par-dessus les grands racines, avec un équilibre certain.

Le regard de Narcisse était extraordinairement concentré sur la queue du renard en train de courir devant lui. Si sa mère avait été là pour observer la scène, elle n'aurait pas manqué de ressentir un grand soulagement en constatant que son fils avait probablement hérité de son habilité, ainsi que sa capacité de traque. Bien qu'encore au stade de l'ébauche, le garçon se permettait déjà quelques mouvements plutôt audacieux et hors-normes, témoignant de ses entraînements plus que réguliers et difficiles. L'immense sourire qui parsemait son visage laissait de temps à autre place à un rire cristallin, lorsqu'il contournait un arbre par un autre côté, ou s'accrochait à une basse branche pour se balancer et gagner un peu de vitesse. Quelques égratignures parsemaient déjà son visage, mais il n'en avait cure, totalement transcendé par l'adrénaline qui le poussait !

13 juil. 2024, 14:09
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Les pattes pourtant courtes du renard polaire, au pelage profondément marron et aux poils plutôt courts, en transition entre l'été et l'hiver mais touchant à l'été plusqu'à son opposé, le portent à travers le sous-bois.

Cette zone du parc, dans laquelle rares sont ceux qui se promènent habituellement, regorge de richesses accessibles à celui qui regarde, qui sent et qui entend. Ce sont le genre de richesses que l'on acquiert pas, mais que l'on peut observer si l'on est assez discrets, dont on peut toucher du doigt la beauté si on ouvre les yeux assez grand. Il s'agit d'insectes colorés sur des branches, d'abeilles travailleuses autour de spécimens végétaux étonnants, d'oiseaux aux odeurs et aux champs variés. Toutes ces richesses qui sont bien plus accessibles pour un nez, des yeux et des oreilles animales. Toutes ces richesses devant lesquelles passe le petit renard le nez haut mais sans pouvoir stopper sa course.

Et derrière lui, le garçon les piétine probablement sans faire attention.

La course continue alors que le garçon gagne du terrain sur un petit renard marron qui ne se confond bientôt plus du tout avec le paysage. Le sous-bois se transforme en herbe verdoyante, encore humide de la rosée que le soleil ne parvient pas à faire sécher, et le petit renard continue sa course.

La langue en dehors de la gueule, l'animal se fatigue.

Et la sorcière qui est à l'intérieur commence à ressentir le tiraillement dans les pattes, le coeur qui bat, la bave qui s'agglutine et les coussinets qui s'épuisent. Alors elle tente de s'arrêter, en faisant volte-face brusquement pour surprendre le garçon qui la suit toujours dans cette course effrenée. Mais ce corps, qui est devenu le sien tout récemment et avec lequel elle apprend encore à composer, elle ne le maîtrise pas assez bien. En voulant se retourner, le renard glisse et entame une roulade qui met sa tête à l'envers le temps d'un instant.

La fierté de l'animal, qui est celui de l'Animagus en réalité, le remet sur ses pattes en un rien de temps.

Campé, comme prêt à bondir, l'animal fait face à Narcisse Brando encore une fois. Mais elle le sent, Adaline le sent, la transformation touche bientôt à sa fin.

Animagus renard polaire
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13 juil. 2024, 16:18
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Narcisse avait envie de raisins.

Tout d'un coup, sans aucune explication ni raison, ni que aucun élément extérieur n'ai soufflé à son esprit cette idée, il ressentit brusquement le besoin d'en dévorer des grappes entières. Il était toujours comme ça, Narcisse, quand il s'amusait, et qu'un sentiment de grand bonheur passait à travers lui. Et courir à travers bois, au milieu de la nature, fonçant à toute allure en direction d'endroits qu'il n'avait jamais exploré... il était comme chez lui.

Comme il était heureux et reconnaissant d'avoir grandi à la campagne, d'avoir eu des parents qui l'accompagnaient du mieux qu'ils le pouvaient dans ses sorties, et d'avoir eu tout une colline pour terrain de jeu. Narcisse avait toujours été particulièrement sensible à la nature qui l'entourait. Mais malgré tous ses efforts, lorsqu'il se plongeait dans sa folie d'amusement, il n'arrivait pas à se montrer aussi délicat qu'il aurait voulu l'être avec la biomasse autour de lui.

Tout ce qu'il put faire, c'est bondir au dernier moment pour esquiver un escargot, quitte à se prendre une branche en pleine figure, avant de se tourner pour crier "désolé !" au petit animal. Qui finirait probablement mangé par un oiseau, mais c'était ainsi.

Lorsque sa tête et son regard revinrent face à lui, son cœur bondit dans sa poitrine lorsqu'il vit le renard soudainement déraper et finir en roulade !!

"Oh non !!!"

La panique monta brusquement en lui, mais c'était à peine s'il était essoufflé. Il sentit ses muscles qui lui faisaient mal, mais c'était une bonne douleur : ils n'étaient pas en manque d'oxygène, il pouvait parfaitement les pousser davantage. Ses pieds dérapèrent à leur tour lorsque l'animal bondit face à lui, campé sur ses pattes. Narcisse regagna alors son sourire.

Légèrement de profil, il s'arrête face à lui, inspire profondément et se redresse, les joues rouges, le sourire jusqu'aux oreilles.

"J'ai jamais vu d'renard comme toi ! Tu t'es pas fait mal j'espère, ça va mon gros ?"

Et déjà, il entamait à nouveau le mouvement pour s'accroupir, pour se mettre au même niveau que le renard, et ne pas l'affoler.