L'injustice mal placée
Mercredi 26 mars 2050
16h30
Avec @Ashley Houston
Après tout, il l'avait gagné, son duel, pas vrai ? Elle n'y avait pas vraiment cru, par ailleurs. Lorsqu'elle l'avait vu monter sur l'estrade, pour affronter cette sixième année, elle avait parié sur sa défaite. Enfin, s'ils acceptaient les paris venant des boursouflets... Encore une injustice à régler. Mais à la surprise générale, il s'en était sorti, et pas mal du tout même.
Sauf que je ne suis pas satisfait. Je souris en grattant la tête de ma boursouflette, un soupir s'échappant de mes narines. Mon regard se porte à nouveau en contrebas, sur les arbres, les buissons, l'herbe agitée par les vents frais, les ondulations du lac, les élèves en contrebas. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je devrais être ravi, aux anges, profondément heureux. Je l'ai été, un bref instant, lorsque l'arbitre a stoppé le duel pour me déclarer vainqueur. Évidemment que j'ai bondi de joie, pour aller féliciter mon adversaire, et que j'ai été transporté de bonheur. Puis, j'ai réalisé. Je repassais le duel dans ma tête, pour faire le compte-rendu sur mon carnet, quand j'ai compris.
Elle n'a pas utilisé un seul sort de son niveau. Elle n'a pas utilisé un sort qui dépassait mon niveau, même. Des petits sorts, elle a utilisé des petits sorts. Elle ne s'est pas soigné une seule fois même !! Non, c'est pas juste, j'aurais jamais dû gagner... pas comme ça... La tête entre mes mains, les coudes sur le muret, je rumine toutes les explications possibles, cherchant en vain un moyen de rééquilibrer les choses. J'ai pas gagné en fait. Elle m'aurait laissé gagné ? Mais pourquoi elle aurait fait ça bon sang ?!
L'injustice mal placée
26 mars 2050
Volière – Poudlard
3ème année
Il se peut qu'il m'arrive, parfois, d'oublier des choses. Il se peut que j'aie la tête ailleurs, que je n'aie pas envie d'écrire à mes parents et que je repousse ça à plus tard. Il se peut qu'en repoussant ça à plus tard, je l'oublie tout simplement. Mes pas pressés résonnant sur la pierre des escaliers, je me dépêche de monter à la volière, le souffle court et les jambes en feu. Lorsque tout à l'heure, Natanaël m'a signalé que Papa et Maman lui avaient écrit en disant qu'ils n'avaient pas reçu mon habituelle lettre, je me suis d'abord dit que le hibou s'était perdu, ou qu'il n'était pas encore arrivé. Puis j'ai pris un instant pour réfléchir, et une bouffée de panique m'a traversée. Il n'y a pas de hibou perdu ou en retard, puisqu'il n'y a même pas de lettre. J'ai complètement oublié de leur écrire. Il ne m'a pas fallu une seconde de plus avant de me lever brusquement de table et de me diriger aussi vite que possible vers la volière.
La respiration coupée, j'arrive difficilement en haut des dernières marches et me plie en deux devant la porte le temps de reprendre mon souffle et de ne plus avoir les jambes qui tremblent. D'habitude, le trajet n'est pas aussi difficile. Mais peut-être est-ce car je ne le fais jamais en courant aussi vite. Déterminée à vite me débarrasser de cette tâche qui m'est de plus en plus pénible à faire, car je n'ai jamais rien d'intéressant à raconter à mes parents, et car il y a des choses qu'ils n'ont pas le droit de savoir, j'ouvre la porte rapidement et me faufile à l'intérieur de la volière. Dedans, les habituels hiboux m'accueillent avec leurs hululements plus ou moins enjoués, et je m'apprête à me diriger vers l'un deux lorsqu'une forme sombre, près d'une fenêtre, attire mon regard. Je me fige, surprise, cette scène m'en rappelant bien trop une autre, qui elle-même me fait penser à quelqu'un à qui je ne veux pas penser, et qui ne mérite d'ailleurs pas d'être dans mon esprit. Je secoue la tête avant de plisser les yeux pour tenter de reconnaître la personne qui se prend pour un hibou, à rester dans la volière en regardant la vue qui est, si je peux me permettre, bien plus belle depuis le haut de la tour d'astronomie.
Je mets quelques secondes avant de reconnaître Brando, et la principale raison qui fait que j'ai mis autant de temps à le reconnaître est qu'il est parfaitement silencieux. Et immobile, et le visage neutre, ce qui ne lui ressemble pas. Il semble perdu dans ses pensées, et le fait qu'il le soit aussi calmement est étrange, car c'est le genre de personne qui pense à voix haute, un peu trop fort, de sorte que tout le monde entend ce qu'il peut se dire, même si cela n'intéresse personne et que c'est même très dérangeant lorsqu'on souhaite être tranquille. Et malgré le sérieux de son visage, quoique ses lèvres trahissent un léger sourire dû à sa – maudite, cauchemardesque, infernale – boursouflette, je vois bien les rouages de son esprit s'activer en lui, rouages que je n'aperçois que de profil, voire de trois-quarts, mais qui me permettent tout de même de me demander à quoi il pense. Car s'il pense aussi sérieusement, c'est que c'est très important.
Lentement, avec méfiance, ma curiosité piquée, je m'approche de lui, et il ne semble pas m'avoir remarquée – pas encore, en tout cas (ce qui est étonnant, car dès que quelqu'un s'approche à moins de dix mètres de lui, il a une sorte de radar qui le tourne automatiquement vers nous, avec un grand sourire sur le visage, une énergie débordante et un débit de voix surexcitée. C'est à la fois impressionnant et ennuyant). Arrivée à son niveau, ou en tout cas à une distance raisonnable de lui (c'est-à-dire pas moins de quatre pas), je me balance d'avant en arrière sur mes pieds, les mains croisées dans mon dos, avant de me lancer.
« Brando ! m'écrié-je, braillé-je presque, espérant un peu cruellement que mon éclat de voix le ferait réagir, si possible de surprise ou de peur, histoire de voir s'il est comme d'habitude ou non. T'es bizarre. Pourquoi tu restes planté devant la fenêtre ? »
Volière – Poudlard
3ème année
Il se peut qu'il m'arrive, parfois, d'oublier des choses. Il se peut que j'aie la tête ailleurs, que je n'aie pas envie d'écrire à mes parents et que je repousse ça à plus tard. Il se peut qu'en repoussant ça à plus tard, je l'oublie tout simplement. Mes pas pressés résonnant sur la pierre des escaliers, je me dépêche de monter à la volière, le souffle court et les jambes en feu. Lorsque tout à l'heure, Natanaël m'a signalé que Papa et Maman lui avaient écrit en disant qu'ils n'avaient pas reçu mon habituelle lettre, je me suis d'abord dit que le hibou s'était perdu, ou qu'il n'était pas encore arrivé. Puis j'ai pris un instant pour réfléchir, et une bouffée de panique m'a traversée. Il n'y a pas de hibou perdu ou en retard, puisqu'il n'y a même pas de lettre. J'ai complètement oublié de leur écrire. Il ne m'a pas fallu une seconde de plus avant de me lever brusquement de table et de me diriger aussi vite que possible vers la volière.
La respiration coupée, j'arrive difficilement en haut des dernières marches et me plie en deux devant la porte le temps de reprendre mon souffle et de ne plus avoir les jambes qui tremblent. D'habitude, le trajet n'est pas aussi difficile. Mais peut-être est-ce car je ne le fais jamais en courant aussi vite. Déterminée à vite me débarrasser de cette tâche qui m'est de plus en plus pénible à faire, car je n'ai jamais rien d'intéressant à raconter à mes parents, et car il y a des choses qu'ils n'ont pas le droit de savoir, j'ouvre la porte rapidement et me faufile à l'intérieur de la volière. Dedans, les habituels hiboux m'accueillent avec leurs hululements plus ou moins enjoués, et je m'apprête à me diriger vers l'un deux lorsqu'une forme sombre, près d'une fenêtre, attire mon regard. Je me fige, surprise, cette scène m'en rappelant bien trop une autre, qui elle-même me fait penser à quelqu'un à qui je ne veux pas penser, et qui ne mérite d'ailleurs pas d'être dans mon esprit. Je secoue la tête avant de plisser les yeux pour tenter de reconnaître la personne qui se prend pour un hibou, à rester dans la volière en regardant la vue qui est, si je peux me permettre, bien plus belle depuis le haut de la tour d'astronomie.
Je mets quelques secondes avant de reconnaître Brando, et la principale raison qui fait que j'ai mis autant de temps à le reconnaître est qu'il est parfaitement silencieux. Et immobile, et le visage neutre, ce qui ne lui ressemble pas. Il semble perdu dans ses pensées, et le fait qu'il le soit aussi calmement est étrange, car c'est le genre de personne qui pense à voix haute, un peu trop fort, de sorte que tout le monde entend ce qu'il peut se dire, même si cela n'intéresse personne et que c'est même très dérangeant lorsqu'on souhaite être tranquille. Et malgré le sérieux de son visage, quoique ses lèvres trahissent un léger sourire dû à sa – maudite, cauchemardesque, infernale – boursouflette, je vois bien les rouages de son esprit s'activer en lui, rouages que je n'aperçois que de profil, voire de trois-quarts, mais qui me permettent tout de même de me demander à quoi il pense. Car s'il pense aussi sérieusement, c'est que c'est très important.
Lentement, avec méfiance, ma curiosité piquée, je m'approche de lui, et il ne semble pas m'avoir remarquée – pas encore, en tout cas (ce qui est étonnant, car dès que quelqu'un s'approche à moins de dix mètres de lui, il a une sorte de radar qui le tourne automatiquement vers nous, avec un grand sourire sur le visage, une énergie débordante et un débit de voix surexcitée. C'est à la fois impressionnant et ennuyant). Arrivée à son niveau, ou en tout cas à une distance raisonnable de lui (c'est-à-dire pas moins de quatre pas), je me balance d'avant en arrière sur mes pieds, les mains croisées dans mon dos, avant de me lancer.
« Brando ! m'écrié-je, braillé-je presque, espérant un peu cruellement que mon éclat de voix le ferait réagir, si possible de surprise ou de peur, histoire de voir s'il est comme d'habitude ou non. T'es bizarre. Pourquoi tu restes planté devant la fenêtre ? »
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant
L'injustice mal placée
Mes coudes soutiennent ma tête, ces derniers reposant sur le petit muret m'offrant la meilleure vue sur le parc de mon école. Mon école. Le temps est passé tellement vite, volant et s'envolant comme les gestes d'une baguette. Se répétant encore et encore, la découverte de ce nouveau monde, qui était le mien, que je le veuille ou non, m'avait tant obsédé depuis le début. Toute cette magie, au sens littéral, cette putain de magie ! Cette découverte incroyable, ce que je n'aurais jamais pu imaginer pour moi, l'aventure, les entraînements, l'apprentissage de la métamorphose, des sortilèges... Bien éloigné des mathématiques, de l'anglais, de la géographie ou encore l'histoire.
C'est étonnant d'ailleurs. Comment le monde sorcier pouvait-il à ce point se targuer d'être si incroyable, tout en négligeant ainsi l'éducation de base ? Peut-être y'avait-il des cours spéciaux ? Pour les nés-sorciers, qui n'ont pas eu la chance de grandir dans le monde moldu, et ainsi recevoir cette culture essentielle. Essentielle, car les moldus, si j'ai bien compris, représentent la majorité des êtres humains.
Rah... ça ne me ressemble pas, de penser de cette manière. Je devrais déjà être en train de préparer mon prochain entraînement. Réfléchir à comment programmer mon mannequin pour au mieux représenter Britanny. Essayer de reproduire ses mouvements, ses attaques, refaire le duel, encore et encore, pour mieux comprendre ce que j'aurais pu améliorer. Je soupire. Impossible de m'enlever cette idée de la tête.
Elle m'a laissé gagner.
Le frisson qui s'empare de ma nuque, et la fait picoter, aurait pu, aurait dû, faire pivoter mon regard. Il aurait dû suffisamment attirer mon attention, pour que je me retourne, ayant compris que le regard de quelqu'un d'autre était braqué sur moi. Ce ne fut pas le cas.
Je bondis sur mes pieds, réagissant au quart de tour, faisant face directement à Ashley.
"Ashley ?!"
Tout allait bien, ce n'était qu'elle. J'expire de soulagement, avec un sourire, ignorant les couinements de Klee qui a manqué de perdre l'équilibre. En me redressant, je rajuste mon col, jetant un dernier regard en contrebas, avec un dernier petit soupir pensif.
"Euh... Bah, j'viens de finir mon duel avec Britanny, et... j'sais pas... j'arrête pas d'y penser, y m'préoccupe de ouf."
C'est étonnant d'ailleurs. Comment le monde sorcier pouvait-il à ce point se targuer d'être si incroyable, tout en négligeant ainsi l'éducation de base ? Peut-être y'avait-il des cours spéciaux ? Pour les nés-sorciers, qui n'ont pas eu la chance de grandir dans le monde moldu, et ainsi recevoir cette culture essentielle. Essentielle, car les moldus, si j'ai bien compris, représentent la majorité des êtres humains.
Rah... ça ne me ressemble pas, de penser de cette manière. Je devrais déjà être en train de préparer mon prochain entraînement. Réfléchir à comment programmer mon mannequin pour au mieux représenter Britanny. Essayer de reproduire ses mouvements, ses attaques, refaire le duel, encore et encore, pour mieux comprendre ce que j'aurais pu améliorer. Je soupire. Impossible de m'enlever cette idée de la tête.
Elle m'a laissé gagner.
Le frisson qui s'empare de ma nuque, et la fait picoter, aurait pu, aurait dû, faire pivoter mon regard. Il aurait dû suffisamment attirer mon attention, pour que je me retourne, ayant compris que le regard de quelqu'un d'autre était braqué sur moi. Ce ne fut pas le cas.
Je bondis sur mes pieds, réagissant au quart de tour, faisant face directement à Ashley.
"Ashley ?!"
Tout allait bien, ce n'était qu'elle. J'expire de soulagement, avec un sourire, ignorant les couinements de Klee qui a manqué de perdre l'équilibre. En me redressant, je rajuste mon col, jetant un dernier regard en contrebas, avec un dernier petit soupir pensif.
"Euh... Bah, j'viens de finir mon duel avec Britanny, et... j'sais pas... j'arrête pas d'y penser, y m'préoccupe de ouf."
L'injustice mal placée
Il était donc vraiment plongé dans ses pensées, constaté-je en haussant un sourcil au moment où il se retourne dans un sursaut, s'écriant mon nom comme si j'étais une apparition spectrale, ou une personne à laquelle il ne s'attendait pas. Pourtant, nous nous voyons tous les jours, et je ne pense pas faire peur. Pas à lui, en tout cas, qui voit le monde en rose et ne se doute pas une seule seconde que ce qu'il perçoit chez les gens n'est pas toujours – et même rarement – la vérité. Par exemple, je suis sûre qu'il pourrait trouver gentille Grand-mère, alors qu'elle n'a rien de gentil, et que les rares onces de sympathie qu'elle montre en des occasions très spéciales ne sont rien de plus que des onces, car elle n'est pas capable de les augmenter en fragments, et encore moins en gentillesse. Brando ne remarque que ce qu'il souhaite voir, ce qui n'est donc pas plus loin que le bout de son nez, et il serait surprise de la claque (au sens figuré) qu'il se prendrait en rencontrant le mur de glace qu'est Mary Greenwood. Mur qui deviendrait une falaise si elle connaissait les origines du Poufsouffle, puis qui se tournerait vers moi en me disant de revoir mes fréquentations.
Heureusement pour moi, je ne le fréquente pas – et je ne le souhaite absolument pas. Notre présence au même endroit est pure coïncidence et s'il n'avait pas été aussi étrangement calme, j'aurais passé mon chemin en me faisant toute petite afin qu'il ne me remarque pas. Mais, là, le fait est qu'il a réussi à attirer mon attention, pour la simple raison qu'il a pour une fois l'air normal – et Merlin sait que je n'aime pas les personnes normales. Mais Brando n'est pas censé être normal et c'est pour ça que je ne le comprends aujourd'hui pas, car rien ne justifie ce comportement en si grand décalage avec celui qui accompagne malheureusement mes journées depuis trois ans.
Mes sourcils se froncent lorsqu'il reprend la parole, remis de sa surprise et répondant à ma question précédente. Il n'y répond d'ailleurs pas vraiment, car je m'attendais à un « Je regarde la vue sur le parc », ou encore à un « Rien, je suis venu envoyer une lettre », ce qui est plus logique étant donné le lieu où nous sommes. Mais il dévie sur le club de duel, et celui qu'il a fait contre Britanny, quelques instants plus tôt. Je m'en souviens très bien, de ce duel. Je suis passée devant le club en me dirigeant vers la volière, et tout de suite mon attention a été prise par ce qu'il s'y passait (c'est d'ailleurs pour ça que je me suis ensuite mise à courir pour arriver jusqu'ici). Je pensais y jeter un simple coup d'œil, pour voir qui affrontait qui, mais je suis restée tout le long du duel, ma lettre pendant bêtement de ma main, regardant avec intérêt les deux duellistes s'affronter, puis Brando remplacer le Poufsouffle qui, bien qu'en sixième année, n'a pu tenir le rythme contre sa camarade et est descendu bien vite de l'estrade.
« T'as gagné, non ? Tu devrais être content. »
Gagner contre une élève de trois ans plus âgée que lui, ce n'est pas rien, en plus. Il n'a vraiment pas de quoi se faire du souci et je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi cela le met dans un tel état. Mais je ne suis pas là pour le consoler, alors c'est à lui de choisir s'il veut développer ou non ses préoccupations. Sinon, je n'ai plus qu'à poster cette maudite lettre et m'en aller.
Heureusement pour moi, je ne le fréquente pas – et je ne le souhaite absolument pas. Notre présence au même endroit est pure coïncidence et s'il n'avait pas été aussi étrangement calme, j'aurais passé mon chemin en me faisant toute petite afin qu'il ne me remarque pas. Mais, là, le fait est qu'il a réussi à attirer mon attention, pour la simple raison qu'il a pour une fois l'air normal – et Merlin sait que je n'aime pas les personnes normales. Mais Brando n'est pas censé être normal et c'est pour ça que je ne le comprends aujourd'hui pas, car rien ne justifie ce comportement en si grand décalage avec celui qui accompagne malheureusement mes journées depuis trois ans.
Mes sourcils se froncent lorsqu'il reprend la parole, remis de sa surprise et répondant à ma question précédente. Il n'y répond d'ailleurs pas vraiment, car je m'attendais à un « Je regarde la vue sur le parc », ou encore à un « Rien, je suis venu envoyer une lettre », ce qui est plus logique étant donné le lieu où nous sommes. Mais il dévie sur le club de duel, et celui qu'il a fait contre Britanny, quelques instants plus tôt. Je m'en souviens très bien, de ce duel. Je suis passée devant le club en me dirigeant vers la volière, et tout de suite mon attention a été prise par ce qu'il s'y passait (c'est d'ailleurs pour ça que je me suis ensuite mise à courir pour arriver jusqu'ici). Je pensais y jeter un simple coup d'œil, pour voir qui affrontait qui, mais je suis restée tout le long du duel, ma lettre pendant bêtement de ma main, regardant avec intérêt les deux duellistes s'affronter, puis Brando remplacer le Poufsouffle qui, bien qu'en sixième année, n'a pu tenir le rythme contre sa camarade et est descendu bien vite de l'estrade.
« T'as gagné, non ? Tu devrais être content. »
Gagner contre une élève de trois ans plus âgée que lui, ce n'est pas rien, en plus. Il n'a vraiment pas de quoi se faire du souci et je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi cela le met dans un tel état. Mais je ne suis pas là pour le consoler, alors c'est à lui de choisir s'il veut développer ou non ses préoccupations. Sinon, je n'ai plus qu'à poster cette maudite lettre et m'en aller.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant
L'injustice mal placée
Oui, bien évidemment qu'elle passe à côté de mes préoccupations. Avec un tout petit peu de recul, il est plus qu'évident qu'il faut être un vrai névrosé pour se blâmer d'avoir gagné un duel contre une sixième alors qu'on n'est qu'en troisième. Oui, un névrosé, oups. Pendant un instant, je trouve ça amusant, mais ça m'inquiète réellement. Si on ne mérite pas une victoire, ça n'en est pas une, de la même manière que si on vous laisse gagner. Et j'ai tellement l'impression que c'est ce qui s'est passé que je suis incapable de voir les choses autrement, en réalité.
Brittany disposait de tellement de sortilèges à sa disposition, comment se pouvait-il qu'elle n'avait fait usage que de ceux qui se limitaient à mon année ? Elle ne s'était pas soignée, elle n'avait pas voulu écraser mon bouclier, ni dépasser mon Finite. Bon sang, c'était tellement frustrant, comment diable pouvais-je espérer avoir une idée de mon niveau si je ne me retrouve pas dans des situations dangereuses ou difficiles ?
Avec un petit soupir hésitant, je me retrouve à hausser les épaules, confus.
"Bah... j'sais pas. J'ai pas l'impression qu'elle s'est donnée à fond, genre elle s'est même pas soignée ! Elle a pas utilisé d'sort plus puissant qu'mon Finite, rien. Tu trouves pas ça bizarre sérieux ?"
En toute honnêteté, j'aurais eu plus de mal en affrontant Onyx, même Ashley, au final. Les deux jeunes femmes étaient toutes aussi douées et s'entraînaient dur. En plus, leur esprit de combat était tout de même redoutables !
Brittany disposait de tellement de sortilèges à sa disposition, comment se pouvait-il qu'elle n'avait fait usage que de ceux qui se limitaient à mon année ? Elle ne s'était pas soignée, elle n'avait pas voulu écraser mon bouclier, ni dépasser mon Finite. Bon sang, c'était tellement frustrant, comment diable pouvais-je espérer avoir une idée de mon niveau si je ne me retrouve pas dans des situations dangereuses ou difficiles ?
Avec un petit soupir hésitant, je me retrouve à hausser les épaules, confus.
"Bah... j'sais pas. J'ai pas l'impression qu'elle s'est donnée à fond, genre elle s'est même pas soignée ! Elle a pas utilisé d'sort plus puissant qu'mon Finite, rien. Tu trouves pas ça bizarre sérieux ?"
En toute honnêteté, j'aurais eu plus de mal en affrontant Onyx, même Ashley, au final. Les deux jeunes femmes étaient toutes aussi douées et s'entraînaient dur. En plus, leur esprit de combat était tout de même redoutables !
L'injustice mal placée
En silence, les sourcils froncés, j'écoute Brando m'exposer son problème. Mais mon problème, à moi, c'est que je ne comprends pas en quoi le fait que Britanny n'ait pas utilisé des sorts de son niveau dérange. En soit, elle n'a fait que se mettre au niveau du Poufsouffle, ce qui montre son respect pour son adversaire tout autant que son sens du fair-play. Tout en réfléchissant, je me dirige doucement vers un hibou pour poster ma lettre.
« C'est gentil de sa part, finis-je par dire mollement tout en accrochant ma lettre à la patte d'un oiseau aux longues plumes blanches. Moi je pense qu'elle a voulu être à ton niveau. »
Je sors du miamhibou de ma poche pour le donner au rapace et le regarde s'envoler avant de me tourner vers Brando et de le regarder droit dans les yeux. L'air on ne peut plus sérieux, je croise les bras contre ma poitrine pour réfléchir un peu plus à la situation. Si j'ai bien compris, il est dubitatif par rapport à sa victoire car la Gryffondor n'a pas voulu profiter de sa situation d'aînée pour tourner la situation à son avantage et gagner le duel. C'est très noble de sa part. Le Jaune devrait plutôt lui en être reconnaissant : grâce à elle, il a pu se battre en duel contre quelqu'un d'un meilleur niveau que lui, tout en ayant une chance de s'améliorer sans que le combat ne se termine en quelques minutes. Je ne vois donc pas le problème dans cette situation, mais par contre, son problème à lui, je le vois parfaitement, et c'est ça : c'est qu'il veut progresser tellement vite qu'il grille les étapes. S'il est l'un des plus doués de la promotion, si ce n'est le meilleur, il reste l'un des plus nuls sur certains points, notamment sur sa capacité à prendre du recul face à une situation donnée. D'habitude, il est celui qui réfléchit après avoir agi, qui parle sans tourner sa langue sept fois dans sa bouche, mais aujourd'hui cela semble être le contraire. Il fait tout dans le mauvais sens.
« Je trouve ça plus juste que bizarre. Si elle avait utilisé des sorts de son année, tu te serais fait éclater. Dans tous les sens du terme. Elle t'a donné l'occasion d'avoir un vrai duel plutôt que quelque chose de complètement inéquitable, tu devrais la remercier pour ça. »
Je me tais une seconde, réfléchissant à la meilleure façon de convaincre mon camarade que la Rouge ne l'a pas laissé gagner.
« Elle a été fair-play. Et puis elle était peut-être fatiguée, vu que t'as remplacé son adversaire. »
Lui, d'ailleurs, il n'était vraiment pas doué. Brando s'est débrouillé bien mieux que lui, même si je ne le dirai jamais à voix haute.
« C'est gentil de sa part, finis-je par dire mollement tout en accrochant ma lettre à la patte d'un oiseau aux longues plumes blanches. Moi je pense qu'elle a voulu être à ton niveau. »
Je sors du miamhibou de ma poche pour le donner au rapace et le regarde s'envoler avant de me tourner vers Brando et de le regarder droit dans les yeux. L'air on ne peut plus sérieux, je croise les bras contre ma poitrine pour réfléchir un peu plus à la situation. Si j'ai bien compris, il est dubitatif par rapport à sa victoire car la Gryffondor n'a pas voulu profiter de sa situation d'aînée pour tourner la situation à son avantage et gagner le duel. C'est très noble de sa part. Le Jaune devrait plutôt lui en être reconnaissant : grâce à elle, il a pu se battre en duel contre quelqu'un d'un meilleur niveau que lui, tout en ayant une chance de s'améliorer sans que le combat ne se termine en quelques minutes. Je ne vois donc pas le problème dans cette situation, mais par contre, son problème à lui, je le vois parfaitement, et c'est ça : c'est qu'il veut progresser tellement vite qu'il grille les étapes. S'il est l'un des plus doués de la promotion, si ce n'est le meilleur, il reste l'un des plus nuls sur certains points, notamment sur sa capacité à prendre du recul face à une situation donnée. D'habitude, il est celui qui réfléchit après avoir agi, qui parle sans tourner sa langue sept fois dans sa bouche, mais aujourd'hui cela semble être le contraire. Il fait tout dans le mauvais sens.
« Je trouve ça plus juste que bizarre. Si elle avait utilisé des sorts de son année, tu te serais fait éclater. Dans tous les sens du terme. Elle t'a donné l'occasion d'avoir un vrai duel plutôt que quelque chose de complètement inéquitable, tu devrais la remercier pour ça. »
Je me tais une seconde, réfléchissant à la meilleure façon de convaincre mon camarade que la Rouge ne l'a pas laissé gagner.
« Elle a été fair-play. Et puis elle était peut-être fatiguée, vu que t'as remplacé son adversaire. »
Lui, d'ailleurs, il n'était vraiment pas doué. Brando s'est débrouillé bien mieux que lui, même si je ne le dirai jamais à voix haute.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant
L'injustice mal placée
La réponse d'Ashley fit grimacer Narcisse d'une moue pensive. Détournant son regard pour mieux réfléchir, il sentit que sa camarade avait raison, mais pour une raison qu'il n'arrivait pas encore à identifier, il s'en vexait profondément. Ou plus exactement, il avait l'impression de ne pas avoir été pris au sérieux. Et de cette sensation émergea ce sentiment, encore une fois, de ne pas être à la hauteur. Son poing se serra un court instant, sous l'idée d'être à la traîne, toujours, perpétuellement, de ne jamais pouvoir rejoindre qui que ce soit. Pourtant, il était évident que Britanny et lui n'étaient pas au même niveau, ils n'avaient pas le même âge, c'était normal.
Mais pourquoi ressentait-il cette impression désagréable, dans ce cas ?
Aurait-il préféré qu'elle se donne à fond, quitte à l'écraser sans lui donner le temps de réfléchir ? Peut-être... Il n'aurait pas eu cette impression de faire semblant de pouvoir rivaliser avec elle. Une profonde inspiration le pousse à contempler le vide, par dessus le muret. Et ce qu'Ashley rajouta ne fit que le renfoncer dans cette impression, que non seulement elle avait raison, mais qu'en plus, il était incapable de l'accepter. Si la situation était inversée, il lui aurait paru proprement inconcevable de se donner à fond face à un première année, par exemple.
Sa main vient frotter sa joue, puis remonte jusqu'à sa nuque, pour finir à l'arrière de son crâne, toujours en silence.
"Mh..."
Il hocha la tête, circonspect. L'adolescent était incapable de trouer des mots pour exprimer ce qu'il voulait dire, et il en ressentait en profonde frustration. Le voilà donc seul face à des émotions qu'il ne savait comment traduire.
"Je... j'me doute, t'as raison. Mais purée... j'sais pas, c'est... Dans la vraie vie, jamais elle aurait fait ça, si elle avait vraiment voulu me tuer, j'serai juste... mort. J'aurais juste perdu."
Un frisson épouvantable le poussa à attraper ses bras en les croisant sur sa poitrine, avant d'expirer.
"Comment on peut s'préparer pour affronter des adversaires plus forts que soi ?"
Mais pourquoi ressentait-il cette impression désagréable, dans ce cas ?
Aurait-il préféré qu'elle se donne à fond, quitte à l'écraser sans lui donner le temps de réfléchir ? Peut-être... Il n'aurait pas eu cette impression de faire semblant de pouvoir rivaliser avec elle. Une profonde inspiration le pousse à contempler le vide, par dessus le muret. Et ce qu'Ashley rajouta ne fit que le renfoncer dans cette impression, que non seulement elle avait raison, mais qu'en plus, il était incapable de l'accepter. Si la situation était inversée, il lui aurait paru proprement inconcevable de se donner à fond face à un première année, par exemple.
Sa main vient frotter sa joue, puis remonte jusqu'à sa nuque, pour finir à l'arrière de son crâne, toujours en silence.
"Mh..."
Il hocha la tête, circonspect. L'adolescent était incapable de trouer des mots pour exprimer ce qu'il voulait dire, et il en ressentait en profonde frustration. Le voilà donc seul face à des émotions qu'il ne savait comment traduire.
"Je... j'me doute, t'as raison. Mais purée... j'sais pas, c'est... Dans la vraie vie, jamais elle aurait fait ça, si elle avait vraiment voulu me tuer, j'serai juste... mort. J'aurais juste perdu."
Un frisson épouvantable le poussa à attraper ses bras en les croisant sur sa poitrine, avant d'expirer.
"Comment on peut s'préparer pour affronter des adversaires plus forts que soi ?"
L'injustice mal placée
Je le regarde grimacer et me dis immédiatement que ce n'est pas la réponse qu'il attendait. Mais qu'est-ce qu'il veut ? Avec moi, il sait à quoi faire face. Je suis une personne honnête et je dis ce que je pense. Alors si mon avis diffère du sien, je ne vais pas me gêner pour l'exprimer, et c'est d'ailleurs ce que j'ai fait. Donc je ne comprends pas pourquoi il grimace et détourne le regard comme pour réfléchir, parce que je pense avoir été très claire et avoir exprimé mon avis comme ce qu'il semblait attendre de ma part. Je ne pense pas pouvoir trouver un autre moyen de le convaincre que sa victoire n'était pas injuste et, quand j'y pense, je n'y suis même pas obligée. Lui parler ici, alors que je ne suis venue que pour envoyer une lettre à mes parents, est déjà une perte de temps et s'il est trop borné pour comprendre ce que j'essaye de lui dire, je ferais bien de m'en aller.
Pourtant, je ne bouge pas d'un pouce, le toisant d'un regard curieux, car malgré tout je suis perturbée par son soudain changement d'humeur, lui qui d'habitude est optimiste et de bonne humeur quoiqu'il arrive. Il est le premier à se relever d'une chute en rigolant et à redemander à ce qu'on lui lance un sort dessus ; mais aujourd'hui, c'est tout le contraire que j'ai en face de moi, je discute avec l'anti-Narcisse, celui qui se remet en question et a trop d'interrogations en tête pour les garder pour lui. C'est ce Narcisse que je ne connais pas et découvre maintenant qui me fait rester dans la volière, lieu méprisé et évité. Qu'est-ce qu'il peut avoir, comme effet sur les gens, le Brando...
« Dans la vraie vie ? »
Je répète bêtement ses mots, les laissant s'imprimer sur ma langue. Je comprends alors un peu plus les tourments du Poufsouffle. Dans la vraie vie... Il ne se bat pas que pour le plaisir des duels ou l'adrénaline de l'action, mais car il a une réelle et bonne raison de le faire. Je ne sais pas quelles sont ses intentions quand il parle de la vraie vie, mais ce que je connais de lui me permet d'en déduire que c'est pour protéger, pour se protéger lui et les autres, qu'il se bat avec tant d'acharnement et qu'il ne supporte pas l'idée d'être sous-estimé ou qu'on se baisse à son niveau.
« Le jour où tu devras te battre pour vivre est pas arrivé, Brando. T'as le temps de t'entrainer des années encore. »
Il ne peut pas dire que la Gryffondor voulait le tuer. Est-ce qu'en sixième année, on connaît des sorts pour tuer quelqu'un, même ? Quant à la dernière question de Narcisse...
« Tu veux aller trop vite, tout le temps. Faut d'abord que tu battes des gens de ton niveau, et après tu augmentes peu à peu. La prochaine fois, ce sera un quatrième année, puis un cinquième, jusqu'à un adulte, peut-être. »
Je me tais un instant pour réfléchir.
« Faut pas sauter les étapes et c'est pour ça qu'elle s'est mise à ton niveau. Pour que t'apprennes à te battre contre des gens comme toi. Il se passerait quoi si t'arrivais à gagner contre des adversaires plus forts mais que tu te faisais avoir par quelqu'un que tu sous-estimes à cause de son âge ? »
Pourtant, je ne bouge pas d'un pouce, le toisant d'un regard curieux, car malgré tout je suis perturbée par son soudain changement d'humeur, lui qui d'habitude est optimiste et de bonne humeur quoiqu'il arrive. Il est le premier à se relever d'une chute en rigolant et à redemander à ce qu'on lui lance un sort dessus ; mais aujourd'hui, c'est tout le contraire que j'ai en face de moi, je discute avec l'anti-Narcisse, celui qui se remet en question et a trop d'interrogations en tête pour les garder pour lui. C'est ce Narcisse que je ne connais pas et découvre maintenant qui me fait rester dans la volière, lieu méprisé et évité. Qu'est-ce qu'il peut avoir, comme effet sur les gens, le Brando...
« Dans la vraie vie ? »
Je répète bêtement ses mots, les laissant s'imprimer sur ma langue. Je comprends alors un peu plus les tourments du Poufsouffle. Dans la vraie vie... Il ne se bat pas que pour le plaisir des duels ou l'adrénaline de l'action, mais car il a une réelle et bonne raison de le faire. Je ne sais pas quelles sont ses intentions quand il parle de la vraie vie, mais ce que je connais de lui me permet d'en déduire que c'est pour protéger, pour se protéger lui et les autres, qu'il se bat avec tant d'acharnement et qu'il ne supporte pas l'idée d'être sous-estimé ou qu'on se baisse à son niveau.
« Le jour où tu devras te battre pour vivre est pas arrivé, Brando. T'as le temps de t'entrainer des années encore. »
Il ne peut pas dire que la Gryffondor voulait le tuer. Est-ce qu'en sixième année, on connaît des sorts pour tuer quelqu'un, même ? Quant à la dernière question de Narcisse...
« Tu veux aller trop vite, tout le temps. Faut d'abord que tu battes des gens de ton niveau, et après tu augmentes peu à peu. La prochaine fois, ce sera un quatrième année, puis un cinquième, jusqu'à un adulte, peut-être. »
Je me tais un instant pour réfléchir.
« Faut pas sauter les étapes et c'est pour ça qu'elle s'est mise à ton niveau. Pour que t'apprennes à te battre contre des gens comme toi. Il se passerait quoi si t'arrivais à gagner contre des adversaires plus forts mais que tu te faisais avoir par quelqu'un que tu sous-estimes à cause de son âge ? »
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant
L'injustice mal placée
Narcisse sourit, malgré ses bras crispés autour de sa poitrine, à la dernière réflexion de son amie. D'une façon presque coupable, lui enserrant la gorge à son propre soulagement, il se laissa aller à une satisfaction qu'il jugeait puéril. L'adolescent ne se sentait, pour une fois, pas concerné par cette mise en garde. En temps normal, il prenait le moindre avertissement, il écoutait le moindre conseil, assimilait la moindre recommandation, même la plus petite critique pouvait être transformée en carburant entre ses oreilles. Jamais, ô grand jamais, Narcisse ne sous-estimait qui que ce soit.
Qu'il s'agisse d'un première année timide ou d'un de ses camarade sans expérience, le jeune garçon se donnait toujours à fond. Il ne jouait jamais, prenait le moindre duel avec le plus grand sérieux, et envisageait à chaque instant l'éventualité qu'il pouvait perdre. Cette vision qu'il avait de lui, cette façon constante de se rabaisser et de se sous-estimer lui-même le poussait toujours à ne jamais se relâcher. Il inspira brièvement en se redressant.
"Ça, si j'perds contre quelqu'un d'plus jeune, c'est uniquement parce qu'il est plus fort que moi. J'sous-estime jamais un adversaire, j'me donne toujours à fond, héhé !"
En revanche, sur le reste du discours de la Poufsouffle, Narcisse ne put commencer à répondre que par un grand silence.
L'adolescent avait souvent été confronté de façon indirecte à la mort. À sa peur, à craindre de perdre sa mère lorsqu'elle revenait de ses missions, parfois pour un séjour indéterminé à l'hôpital. Sans compter ce qui s'est passé durant la guerre entre les sorciers et les moldus, où jamais encore il ne l'avait vu dans un tel état. Aussi, depuis, il pensait s'être ancré, au plus profonde de lui-même, cette détermination à se laisser mourir si cela pouvait sauver quelqu'un d'autre que lui. Si par sa vie ou sa mort, il pouvait protéger, il le ferait.
Mais le jour où sa détermination allait se confronter au réel n'était pas encore arrivé. Qui sait ce qui se passerait, ce jour ? Une nouvelle inspiration ponctua son silence, tandis qu'il se frotta l'arrière de la nuque en jetant un regard en contrebas.
"Et si personne me prévient ? Et si un jour, j'peux plus compter sur personne, comment j'pourrais protéger les autres ? Franchement Ashley, j'ai un peu la flippe que si j'me prépare pas assez bien, j'serai jamais prêt..."
Qu'il s'agisse d'un première année timide ou d'un de ses camarade sans expérience, le jeune garçon se donnait toujours à fond. Il ne jouait jamais, prenait le moindre duel avec le plus grand sérieux, et envisageait à chaque instant l'éventualité qu'il pouvait perdre. Cette vision qu'il avait de lui, cette façon constante de se rabaisser et de se sous-estimer lui-même le poussait toujours à ne jamais se relâcher. Il inspira brièvement en se redressant.
"Ça, si j'perds contre quelqu'un d'plus jeune, c'est uniquement parce qu'il est plus fort que moi. J'sous-estime jamais un adversaire, j'me donne toujours à fond, héhé !"
En revanche, sur le reste du discours de la Poufsouffle, Narcisse ne put commencer à répondre que par un grand silence.
L'adolescent avait souvent été confronté de façon indirecte à la mort. À sa peur, à craindre de perdre sa mère lorsqu'elle revenait de ses missions, parfois pour un séjour indéterminé à l'hôpital. Sans compter ce qui s'est passé durant la guerre entre les sorciers et les moldus, où jamais encore il ne l'avait vu dans un tel état. Aussi, depuis, il pensait s'être ancré, au plus profonde de lui-même, cette détermination à se laisser mourir si cela pouvait sauver quelqu'un d'autre que lui. Si par sa vie ou sa mort, il pouvait protéger, il le ferait.
Mais le jour où sa détermination allait se confronter au réel n'était pas encore arrivé. Qui sait ce qui se passerait, ce jour ? Une nouvelle inspiration ponctua son silence, tandis qu'il se frotta l'arrière de la nuque en jetant un regard en contrebas.
"Et si personne me prévient ? Et si un jour, j'peux plus compter sur personne, comment j'pourrais protéger les autres ? Franchement Ashley, j'ai un peu la flippe que si j'me prépare pas assez bien, j'serai jamais prêt..."