Une lettre carabinée
Samedi 10 septembre 2050
09h35
Avec @Hyacinth Kyros
J'ai fait ce que j'ai pu avant papa et Claire pour essayer de la rassurer avant de partir. J'en tremble encore, rien que me souvenir de la façon dont je l'ai confronté, ne me reconnaissant toujours pas dans la manière dont j'ai agi. Mais en souriant, je me dit que j'ai bien fait, malgré tout, et elle le sait.
Mais si elle me fait confiance, les autres, c'est différent. Et petit à petit, je commence à comprendre ce qu'elle essayait de me dire. Je ne suis pas d'accord, je pense qu'elle se trompe, je suis persuadé que je peux m'en sortir, et que je réussirai à affronter les épreuves. Mais pour ça, je dois devenir encore plus fort ! Il est hors de question que je la laisse s'inquiéter, et je lui montrerait que je peux gérer.
Une petit roulement d'épaules pour les réinstaller dans mon costume, j'ai définitivement délaissé ma cravate pour laisser mon col vide. Ce n'est pas important, c'est une tenue d'entraînement de toute manière, elle est plus solide que tout ce dont je dispose. Allez, il est temps d'y aller ! Lettre en main, j'avance dans l'endroit que je connais bien désormais, et... wow, ok, le changement se fait déjà sentir. Mon cœur se serre, le fait que Mia soit partie devient plus concret désormais.
"Hrm, yo, euh, b'jonr M'si... m'dame ? Euh, you ?"
Oh la honte, c'est un homme ou une femme, on dirait les deux ? C'est pas important, mais ça m'a grave perturbé, juste un instant. Je me racle la gorge en rougissant avant de me redresser de toute ma taille.
"Euh oui, désolé, j'suis Narcisse, Narcisse Brando ! J'aurais b'soin d'vous parler, j'peux vous embêter ? J'ai une lettre pour vous, et euh... vous avez du temps ? Parce que c'est un peu compliqué..."
Avec un petit rire gêné, je préfère demander, parce que après tout, je vais avoir beaucoup de choses à lui expliquer si je veux faire le tour.
Je suis parti du postulat que Hyacinthe avait au moins laissé rentrer Narc, histoire de t'éviter un post inutile où il répond "oui entre"
Une lettre carabinée
Hyacinthe s’était déjà redressé à l’arrivée du garçon, surpris par l’énergie qui déborda du seuil avant même que la porte n’ait eu le temps de se refermer derrière lui. Les salutations maladroites, l’hésitation à choisir une formule, l’ombre de rouge qui était montée aux joues de Narcisse, tout cela lui arracha une lueur amusée dans les yeux.
- Bonjour. Ne vous en faites pas, je brouille un peu les pistes, dit-il avec un sourire fin accroché aux lèvres. Vous pouvez m'appeler comme vous le voulez, mais je réponds plus vite à Monsieur.
Le ton était doux, sans raillerie. Le trentenaire laissa à Narcisse le temps d’intégrer ces mots et de comprendre que l'erreur n'en était pas une. Une fois l'atmosphère allégée, il porta son attention sur l'enveloppe que le jeune homme tenait dans sa main, sans pour autant la saisir. Vu la date, il se douta bien de l'identité de l'expéditeur. Les histoires familiales se pressent à ma porte plus vite que les élèves eux-mêmes, comme toujours, pensa Hyacinthe avec fatalité. Il fit un pas de côté, dévoilant d’un mouvement le bureau encore imprégné de sa présence nouvelle : les étagères laissées par sa prédécesseure, les livres rangés avec une minutie qui trahissait l’importance qu’il donnait à sa bibliothèque, mais aussi cette petite commode sur laquelle trônait une théière vide et quelques tasses.
- Entrez donc, Monsieur Brando, reprit-t-il. Nous ne ferons pas attendre cette lettre. Mais vous me le permettez, j'aimerai d’abord écouter votre voix, que vous puissiez m'expliquer pourquoi vous êtes venu me l'apporter.
Un geste de la main, élégant, désigna le fauteuil confortable qui trônait au centre du bureau. Hyacinthe demeura debout encore un instant, réflexif, avant de finalement se décider à reprendre place dans son propre siège. Les meubles qu'il avait trouvé en s'installant ici étaient d'un confort qui faisait des merveilles à son dos. Pourtant, les cernes de l'homme marquaient son regard d’une ombre constante, malgré l'attention sans détour qui brillait dans ses prunelles brunes.
- Vous m'avez dit que c'était compliqué, reprit-il une fois tous deux installés. Et je vous crois volontiers. Les choses simples ont rarement besoin d’une lettre.
Un mince sourire, cette fois franc, fendit la raideur habituelle de sa bouche.
- Vous voulez boire quelque chose ? Un thé, peut-être ?
Qu'est-ce qu'il aimait le thé. Cela lui permettait de boire de l'eau au lieu de survivre avec du café. Peut-être était-ce une mauvaise manie d'en proposer à chaque élève qui venait lui parler, mais Hyacinthe ne se refuserait jamais le plaisir d'offrir. La plupart de ces jeunes préféraient peut-être le jus ou le chocolat, de toute façon. Le psychomage se recula légèrement dans son siège et croisa les jambes. Il ignora ostensiblement la tasse de café tiède qui traînait sur son bureau loin de là, réservée au travail qu'il réalisait en dehors de ses séances.
- Alors... qu’est-ce qui vous a poussé à venir me voir si tôt ?
- Bonjour. Ne vous en faites pas, je brouille un peu les pistes, dit-il avec un sourire fin accroché aux lèvres. Vous pouvez m'appeler comme vous le voulez, mais je réponds plus vite à Monsieur.
Le ton était doux, sans raillerie. Le trentenaire laissa à Narcisse le temps d’intégrer ces mots et de comprendre que l'erreur n'en était pas une. Une fois l'atmosphère allégée, il porta son attention sur l'enveloppe que le jeune homme tenait dans sa main, sans pour autant la saisir. Vu la date, il se douta bien de l'identité de l'expéditeur. Les histoires familiales se pressent à ma porte plus vite que les élèves eux-mêmes, comme toujours, pensa Hyacinthe avec fatalité. Il fit un pas de côté, dévoilant d’un mouvement le bureau encore imprégné de sa présence nouvelle : les étagères laissées par sa prédécesseure, les livres rangés avec une minutie qui trahissait l’importance qu’il donnait à sa bibliothèque, mais aussi cette petite commode sur laquelle trônait une théière vide et quelques tasses.
- Entrez donc, Monsieur Brando, reprit-t-il. Nous ne ferons pas attendre cette lettre. Mais vous me le permettez, j'aimerai d’abord écouter votre voix, que vous puissiez m'expliquer pourquoi vous êtes venu me l'apporter.
Un geste de la main, élégant, désigna le fauteuil confortable qui trônait au centre du bureau. Hyacinthe demeura debout encore un instant, réflexif, avant de finalement se décider à reprendre place dans son propre siège. Les meubles qu'il avait trouvé en s'installant ici étaient d'un confort qui faisait des merveilles à son dos. Pourtant, les cernes de l'homme marquaient son regard d’une ombre constante, malgré l'attention sans détour qui brillait dans ses prunelles brunes.
- Vous m'avez dit que c'était compliqué, reprit-il une fois tous deux installés. Et je vous crois volontiers. Les choses simples ont rarement besoin d’une lettre.
Un mince sourire, cette fois franc, fendit la raideur habituelle de sa bouche.
- Vous voulez boire quelque chose ? Un thé, peut-être ?
Qu'est-ce qu'il aimait le thé. Cela lui permettait de boire de l'eau au lieu de survivre avec du café. Peut-être était-ce une mauvaise manie d'en proposer à chaque élève qui venait lui parler, mais Hyacinthe ne se refuserait jamais le plaisir d'offrir. La plupart de ces jeunes préféraient peut-être le jus ou le chocolat, de toute façon. Le psychomage se recula légèrement dans son siège et croisa les jambes. Il ignora ostensiblement la tasse de café tiède qui traînait sur son bureau loin de là, réservée au travail qu'il réalisait en dehors de ses séances.
- Alors... qu’est-ce qui vous a poussé à venir me voir si tôt ?
491
@Narcisse Brando
@Narcisse Brando
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Une lettre carabinée
Voilà qui était plus que confusant. Comment cela se faisait-il que le nouveau psychomage disait brouiller les pistes en réponse à mon hésitation ? Il répond plus vite à monsieur ? Il fait un peu des deux ? Oh la la... Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Si j'avais été n'importe qui d'autre, il est certain que j'aurais pensé qu'il pouvait se payer ma tête. Mais en l'occurrence, moi étant moi, il ne me venait même pas à l'idée qu'il pouvait me dire autre chose que la vérité. De plus, il était vrai que ce nouveau psychomage ressemblait un peu à une femme, mais aussi à un homme.
Meh, au final, on s'en fout, en fait. Je laisse un petit haussement d'épaules chasser sans demander son reste ces pensées. Mon visage approuve d'un hochement de tête la situation sans broncher. Passons à autre chose, et entrons. C'est avec plaisir que je redécouvre le bureau de Mia, même si encore une fois, elle me manque beaucoup... Bref ! Ce fauteuil qu'il me désigne, le rejoins sans trop me faire prier, avec un petit hochement de tête en accompagnement, pour finalement m'asseoir souplement.
"Euh, de l'eau ça sera très bien merci beaucoup héhé !"
L'eau est la meilleure boisson, je ne crois pas en avoir jamais préféré une seule autre. Puis, la lettre que je tiens me ramène à ma mission, et je m'adosse bien confortablement au fauteuil après l'avoir déposé sur ses jambes. Coude sur l'accoudoir, menton sur le poing, il me faut un petit moment pour réussir à retracer les choses dans le bon ordre. Raconter n'a jamais été mon point fort, et ne le sera probablement jamais, mais bon, autant essayer encore et encore jusqu'à s'améliorer, pas vrai ?
"Euh... bon, alors, comment dire... Euh... En gros, ma maman, elle était militaire avant, et pendant la guerre sorcière en 2044 là, elle y a été. À Sainte Mangouste puis l'ancien ministère qui a brûlé vous savez ? Du coup elle y était, et... Bah, elle a été giga giga blessée, elle a une super cicatrice de là à là. Et du coup, bah quand on a appris que j'étais un sorcier... elle a été un peu... beaucoup, très beaucoup inquiète même. Et il a fallu vraiment beaucoup beaucoup bosser avec les anciennes psychomages pour qu'elle réussisse à progresser ! Mais c't'été, j'me suis fait confisquer ma baguette parce que j'ai utilisé un sort sans faire exprès, mais elle a pas du tout aimé comment on m'a traité... et elle a perdu toute la confiance qu'elle avait gagné... Elle est même dev'nue encore plus méfiante. Et en plus comme Mia est partie, bah euh... elle va avoir du mal, vous voyez ? Du coup j'venais vous voir parce qu'elle vous avait écrit !"
Depuis que j'ai appris la vérité, je n'ai plus de difficulté à parler de ces événements. La seule chose qui reste est une profonde détermination. A devenir plus fort, pour réussir à découvrir la vérité, qui a incendié le ministère, et surtout, pour faire en sorte que plus jamais ça n'arrive. Et ça commençait par suivre à la lettre les programmes qu'elle m'envoyait toutes les semaines.
Meh, au final, on s'en fout, en fait. Je laisse un petit haussement d'épaules chasser sans demander son reste ces pensées. Mon visage approuve d'un hochement de tête la situation sans broncher. Passons à autre chose, et entrons. C'est avec plaisir que je redécouvre le bureau de Mia, même si encore une fois, elle me manque beaucoup... Bref ! Ce fauteuil qu'il me désigne, le rejoins sans trop me faire prier, avec un petit hochement de tête en accompagnement, pour finalement m'asseoir souplement.
"Euh, de l'eau ça sera très bien merci beaucoup héhé !"
L'eau est la meilleure boisson, je ne crois pas en avoir jamais préféré une seule autre. Puis, la lettre que je tiens me ramène à ma mission, et je m'adosse bien confortablement au fauteuil après l'avoir déposé sur ses jambes. Coude sur l'accoudoir, menton sur le poing, il me faut un petit moment pour réussir à retracer les choses dans le bon ordre. Raconter n'a jamais été mon point fort, et ne le sera probablement jamais, mais bon, autant essayer encore et encore jusqu'à s'améliorer, pas vrai ?
"Euh... bon, alors, comment dire... Euh... En gros, ma maman, elle était militaire avant, et pendant la guerre sorcière en 2044 là, elle y a été. À Sainte Mangouste puis l'ancien ministère qui a brûlé vous savez ? Du coup elle y était, et... Bah, elle a été giga giga blessée, elle a une super cicatrice de là à là. Et du coup, bah quand on a appris que j'étais un sorcier... elle a été un peu... beaucoup, très beaucoup inquiète même. Et il a fallu vraiment beaucoup beaucoup bosser avec les anciennes psychomages pour qu'elle réussisse à progresser ! Mais c't'été, j'me suis fait confisquer ma baguette parce que j'ai utilisé un sort sans faire exprès, mais elle a pas du tout aimé comment on m'a traité... et elle a perdu toute la confiance qu'elle avait gagné... Elle est même dev'nue encore plus méfiante. Et en plus comme Mia est partie, bah euh... elle va avoir du mal, vous voyez ? Du coup j'venais vous voir parce qu'elle vous avait écrit !"
Depuis que j'ai appris la vérité, je n'ai plus de difficulté à parler de ces événements. La seule chose qui reste est une profonde détermination. A devenir plus fort, pour réussir à découvrir la vérité, qui a incendié le ministère, et surtout, pour faire en sorte que plus jamais ça n'arrive. Et ça commençait par suivre à la lettre les programmes qu'elle m'envoyait toutes les semaines.
Une lettre carabinée
Hyacinthe accueillit le choix de Narcisse d’un simple hochement de tête. L’eau, donc. Il se leva sans se presser, ses doigts effleurant au passage le rebord de la commode, avant de tirer d’une carafe un verre limpide qu’il fit glisser jusqu’à l’adolescent.
- L’eau, c’est une valeur sûre, murmura-t-il avec un sourire discret.
Il reprit sa place le dos droit, et laissa le garçon dérouler son récit comme il pouvait. Ses yeux suivaient le moindre mouvement de Narcisse : le coude appuyé, le menton soutenu, le visage encore jeune mais déjà chargé de l’ombre de responsabilités trop grandes. Hyacinthe se garda bien de l’interrompre et ignora le sentiment désagréable qui s'éveillait en lui.
Beaucoup d’hésitations... mais pas de peur. Les premières étaient logique, lorsqu'on racontait un tel réci. La seconde, cependant, était pour le moins surprenante. Narcisse semblait avoir appris à parler de ça comme on parlait d’une cicatrice visible : on la montre, on dit d’où elle vient, sans détour. Et pourtant, le roux ne pu s'empêcher de penser que ce qu'il entendait ne correspondait pas à son âge. Lui-même se souvenait de ce qu'il s'était passé en 2044. Même s'il n'avait pas été au pays à ce moment là, le psychomage en avait été bouleversé. Il pouvait sans mal imaginer la détresse de la mère de Narcisse en découvrant que son fils était un sorcier.
Quand le flot de paroles ralentit, Hyacinthe pencha légèrement la tête, ses mèches rousses - blanches par endroits - glissant sur sa tempe. Il laissa d’abord un silence s’installer, assez long pour que Narcisse sente qu’il n’avait pas besoin de combler, puis répondit d’une voix posée :
- Je vous remercie pour vos explications. Votre mère... elle a porté beaucoup plus que ce que quiconque devrait porter. Sa méfiance est tout à fait légitime en vue de ce qu'elle a traversé.
Hyacinthe supposa alors que la femme avait eu à faire avec Mia. S'étaient-elles déjà rencontrées ? Probablement, oui. Peut-être qu'il en trouverait des traces dans ses dossiers... Le trentenaire se leva en direction d'un meuble de bois, près de son bureau.
- Est-ce que Miss Vermillon a souvent rencontré votre mère ? Comment cela s'est-il passé ? Il feuilleta les divers noms indiqués sur chaque dossier du fond, issus du travail de sa prédécesseure, jusqu'à trouver le nom de Brando. Dossier en main, Hyacinthe commença à le feuilleter jusqu'à trouver mention de Honor Brando.
Il reposa son dos contre le dossier de son siège, ses longues jambes croisées élégamment, et observa encore quelques secondes le dossier avant de reporter son attention sur Narcisse. Le roux avait conscience qu'il allait devoir s'intégrer dans une dynamique très fragile.
- Le départ de Miss Vermillon laisse un vide autant pour votre mère que pour vous, je suppose. Les notes qu'elle m'a laissé mentionnent des visites à votre domicile. Il étendit une main pâle, paume tournée vers le haut, dans un geste lent. Aurais-je la possibilité de lire cette lettre, s'il vous plait ?
- L’eau, c’est une valeur sûre, murmura-t-il avec un sourire discret.
Il reprit sa place le dos droit, et laissa le garçon dérouler son récit comme il pouvait. Ses yeux suivaient le moindre mouvement de Narcisse : le coude appuyé, le menton soutenu, le visage encore jeune mais déjà chargé de l’ombre de responsabilités trop grandes. Hyacinthe se garda bien de l’interrompre et ignora le sentiment désagréable qui s'éveillait en lui.
Beaucoup d’hésitations... mais pas de peur. Les premières étaient logique, lorsqu'on racontait un tel réci. La seconde, cependant, était pour le moins surprenante. Narcisse semblait avoir appris à parler de ça comme on parlait d’une cicatrice visible : on la montre, on dit d’où elle vient, sans détour. Et pourtant, le roux ne pu s'empêcher de penser que ce qu'il entendait ne correspondait pas à son âge. Lui-même se souvenait de ce qu'il s'était passé en 2044. Même s'il n'avait pas été au pays à ce moment là, le psychomage en avait été bouleversé. Il pouvait sans mal imaginer la détresse de la mère de Narcisse en découvrant que son fils était un sorcier.
Quand le flot de paroles ralentit, Hyacinthe pencha légèrement la tête, ses mèches rousses - blanches par endroits - glissant sur sa tempe. Il laissa d’abord un silence s’installer, assez long pour que Narcisse sente qu’il n’avait pas besoin de combler, puis répondit d’une voix posée :
- Je vous remercie pour vos explications. Votre mère... elle a porté beaucoup plus que ce que quiconque devrait porter. Sa méfiance est tout à fait légitime en vue de ce qu'elle a traversé.
Hyacinthe supposa alors que la femme avait eu à faire avec Mia. S'étaient-elles déjà rencontrées ? Probablement, oui. Peut-être qu'il en trouverait des traces dans ses dossiers... Le trentenaire se leva en direction d'un meuble de bois, près de son bureau.
- Est-ce que Miss Vermillon a souvent rencontré votre mère ? Comment cela s'est-il passé ? Il feuilleta les divers noms indiqués sur chaque dossier du fond, issus du travail de sa prédécesseure, jusqu'à trouver le nom de Brando. Dossier en main, Hyacinthe commença à le feuilleter jusqu'à trouver mention de Honor Brando.
Il reposa son dos contre le dossier de son siège, ses longues jambes croisées élégamment, et observa encore quelques secondes le dossier avant de reporter son attention sur Narcisse. Le roux avait conscience qu'il allait devoir s'intégrer dans une dynamique très fragile.
- Le départ de Miss Vermillon laisse un vide autant pour votre mère que pour vous, je suppose. Les notes qu'elle m'a laissé mentionnent des visites à votre domicile. Il étendit une main pâle, paume tournée vers le haut, dans un geste lent. Aurais-je la possibilité de lire cette lettre, s'il vous plait ?
498 - @Narcisse Brando
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Une lettre carabinée
Ah, je n'avais pas remarqué, mais en finissant de parler, c'est là que je réalise à quel point je me suis tendu. Mes épaules se décrispent enfin, mes genoux cessent de trembloter, et je décroise les bras de ma poitrine. J'expire longuement, avant de remplir mes poumons d'air frais en essayant de trier mes pensées. Tout s'abat avec toujours autant de force sur mon esprit, et je suis dans l'incapacité de ne pas revoir maman dans son lit d'hôpital. Mes pupilles s'étrécissent, et je me reprend en insufflant ma motivation directement dans mon cœur.
Le silence fut apprécié, et je souris au nouveau psychomage en hochant la tête, mes mains désormais posées à même mes genoux. Pose peu élégante, mais je n'ai jamais fait dans ce genre de chose, j'ai toujours privilégié le pratique, et un peu de support ne faisait jamais de mal.
J'apporte un nouveau hochement de tête aux premières paroles. Encore aujourd'hui, je sais que maman n'a pas pu me dire tout de certaines de ses missions. Mais petit à petit, avec papa et Claire, j'arrive à me rapprocher de la compréhension. C'est extrêmement perturbant de ne pas la voir tous ces mois durant, pour passer aussi peu de temps avec elle, avant de repartir. Puis, la question purement terre-à-terre m'arrache de mes pensées pour me faire presque bondir sur ma chaise.
"Euh, oui, oui ! Elle venait chez nous à la fin, même pour manger avec ma famille. C'était pas trop facile au début j'crois, mais Mia avait eu... enfin, j'devrais pas dire, mais elles se sont un peu comprises sur certains vécus j'crois. Et au final, maman lui f'sait confiant. Mais j'crois que Mia avait un peu peur au début, mais elle aimait bien Claire, et papa aussi l'aimait bien ! Claire est psychiatre, donc elle a tout d'suite voulu cuisiner Mia haha, vous voyez l'genre !"
Je me souviens par la suite que je tenais une lettre, entre les mains. Sapristi, je crois que je l'ai bien froissé. Oups. Observant la paume de l'homme, je me lève presque immédiatement de lui pour lui apporter, sans hésiter. Après tout, une partie de la lettre de maman était destinée à ce nouveau psychomage. Je recule ensuite d'un pas pour prendre une posture droite, neutre, celle que je me suis habitué à prendre durant mes instants de repos durant mes entraînements avec maman. Souple sur les appuis, les mains le long du corps.
Le silence fut apprécié, et je souris au nouveau psychomage en hochant la tête, mes mains désormais posées à même mes genoux. Pose peu élégante, mais je n'ai jamais fait dans ce genre de chose, j'ai toujours privilégié le pratique, et un peu de support ne faisait jamais de mal.
J'apporte un nouveau hochement de tête aux premières paroles. Encore aujourd'hui, je sais que maman n'a pas pu me dire tout de certaines de ses missions. Mais petit à petit, avec papa et Claire, j'arrive à me rapprocher de la compréhension. C'est extrêmement perturbant de ne pas la voir tous ces mois durant, pour passer aussi peu de temps avec elle, avant de repartir. Puis, la question purement terre-à-terre m'arrache de mes pensées pour me faire presque bondir sur ma chaise.
"Euh, oui, oui ! Elle venait chez nous à la fin, même pour manger avec ma famille. C'était pas trop facile au début j'crois, mais Mia avait eu... enfin, j'devrais pas dire, mais elles se sont un peu comprises sur certains vécus j'crois. Et au final, maman lui f'sait confiant. Mais j'crois que Mia avait un peu peur au début, mais elle aimait bien Claire, et papa aussi l'aimait bien ! Claire est psychiatre, donc elle a tout d'suite voulu cuisiner Mia haha, vous voyez l'genre !"
Je me souviens par la suite que je tenais une lettre, entre les mains. Sapristi, je crois que je l'ai bien froissé. Oups. Observant la paume de l'homme, je me lève presque immédiatement de lui pour lui apporter, sans hésiter. Après tout, une partie de la lettre de maman était destinée à ce nouveau psychomage. Je recule ensuite d'un pas pour prendre une posture droite, neutre, celle que je me suis habitué à prendre durant mes instants de repos durant mes entraînements avec maman. Souple sur les appuis, les mains le long du corps.
Reducio
La lettre froissée offre à sa lecture des lignes impeccablement droites. Rigides et fluides, mais disciplinée, aux lettres bien formées, mais fioritures ni jolie calligraphie. L'efficacité et la rigidité à l'état pure, digne d'une militaire.
Deuxième feuille :Narcisse. Apprendre le départ de Mia n'a pas été facile pour moi, je peux te l'assurer. J'imagine également le déplaisir que tu as pu ressentir à cette nouvelle, ainsi que ton inquiétude envers moi. Ne t'occupe pas de cela, je te prie, je vais bien, je ne suis pas seule tu sais.
Ton père m'a aidé à formuler les choses. Je faisais confiance à Mia, comme j'avais commencé à faire confiance à Angie avant son départ. Et maintenant qu'elle est partie, avec ce qui s'est passé cet été, comment puis-je accorder ne serait-ce qu'un seul instant cette confiance une nouvelle fois ? J'espère que ton premier contact avec lui, ou elle, se déroulera aussi bien qu'avec Mia. Sois prudent, apprends cette qualité, au moins un peu. Je joins une lettre à destination du ou de la remplaçante de Mia, tu peux la lire si tu le souhaite.
Je t'aime de tout mon cœur, reviens-nous vite,
Honor
PS : Tu trouveras également ci-joint le programme de tes entraînements pour cette deuxième semaine.
Cachée derrière, la troisième feuille apparaît, révélant un programme parfaitement détaillé pour les entraînements de Narcisse. Il rougit en voyant qu'il l'a oublié, mais n'intervient pas.Madame, monsieur,
Mon fils vous aura certainement expliqué la situation, bien mieux que je ne pourrais jamais le faire. Il a le chic d'étaler mille éléments qui ne me seraient jamais venus à l'esprit.
Quoi qu'il en soit, je ne passerai pas par quatre chemins. Vous savez pour moi, pour mon passé, et pour l'incident avec Narcisse, je sais qu'il ne vous l'aura pas caché. Mia avait réussi à gagner une partie de ma confiance. J'avais commencé à penser que, peut-être, Narcisse pourrait trouver sa place dans ce monde qui n'est pas le mien.
Et voilà qu'en un laps de temps très court, mon fils se fait confisquer sa baguette, pour la simple raison d'être né de parents non sorciers, et j'apprends le départ de Mia. Inutile de vous dire qu'à partir de dorénavant, jamais mon fils ne demeurera hors de ma portée. Nulle menace ne sera brandie ici, car elles ne vous seraient pas destinées. Si cela ne tenait qu'à moi, nous n'aurions pas cette conversation, ni avec vous, ni avec aucun autre adulte de cette école par ailleurs. Cependant, mon fils peut être très persuasif, et encore une fois, il a clairement fait comprendre sa position.
Le choix est bien évidemment vôtre, mais Mia représentait un lien entre le monde des sorciers et le nôtre. Et au fond de moi, j'ai conscience de l'importance d'un tel lien. Peut-être serez vous à même d'occuper cette place vacante, peut-être pas, mais il ne sera possible de le savoir qu'au travers d'une rencontre éventuelle. Je ne le fais pas pour vous, mais pour lui.
Nous nous tenons à votre disposition le cas échéant.
Veuillez agréer mes plus respectueuses salutations, ainsi que la bienvenue dans cette école, et à titre personnel, un bon courage avec Narcisse,
Honor Brando
Une lettre carabinée
- Claire est-elle votre sœur ? Demanda Hyacinthe avec curiosité.
Il ne se doutait pas que laisser un psychomage s'introduire dans cette famille allait intéresser la psychiatre. Déformation professionnelle ou non, il était normal d'user de ses compétences pour le bien des siens. Hyacinthe accueillit la lettre avec précaution. Les doigts de Narcisse avaient froissé le papier, mais la manière dont il la lui tendait, droite et sérieuse, trahissait un mélange de respect et d’une forme d’inquiétude qu’il tenta sans doute de masquer sous sa posture. Le roux prit la lettre avec délicatesse, le papier crissant doucement entre ses doigts, avant de l'ouvrir avec une attention soutenue. Puis, il se plongea dans le texte.
Le silence qui s’installa fut long. Narcisse, en face, ne bougeait plus, à part une main nerveuse qui jouait avec le bord du fauteuil. Hyacinthe, lui, lisait sans hâte, les yeux glissant d’une phrase à l’autre avec le rythme moyen de quelqu’un qui ne voulait rien manquer. Il sentait la voix de cette femme résonner à travers l’encre - solide, maîtrisée, empreinte de cette lucidité propre à ceux qui ont trop vu pour se permettre la naïveté. Et sous cette fermeté, quelque chose d’indéniablement tendre, un amour infini pour son fils.
Quand le psychomage parvint à la fin, il resta un instant immobile, les doigts posés sur la dernière ligne. Puis, avec un souffle discret, il referma le courrier.
- Votre mère a... le sens de la mesure, dit-il enfin, sans ironie. Et surtout celui du devoir. Elle est forte et directe dans ses mots.
Ses doigts tapotèrent doucement le bord du papier, comme pour y marquer une réflexion. Il y avait dans cette lettre quelque chose qu’il reconnaissait comme de la pudeur. Pudeur face au monde sorciers avec qui la confiance avait été brisée, à l'idée de laisser entrer un inconnu dans son foyer comme Honor l'avait fait avec Mia. Mais surtout, un instinct de protection si fort, même à travers l'encre. Honor Brando ne lui demandait pas seulement de prendre la relève de Miss Vermillon, mais aussi de s'assurer qu'il méritait ce droit. Hyacinthe pouvait tout à fait comprendre l'état d'esprit dans lequel la femme était : jamais elle n'envisagerait de l'introduire dans son espace sécure, familial, s'il représentait une menace. C'était un entretien d'embauche inattendu, bien qu'expliqué par la perte de confiance d'Honor. Hyacinthe ne pouvait que la comprendre, vu ce qu'il s'est passé ; il aurait sans doute fait la même chose si la situation avait été inversée.
Le trentenaire reposa la feuille sur ses genoux, joignant ses mains devant lui. Il releva les yeux vers le jeune homme, observant la gêne qui effleurait son visage mais ne la notant pas.
- Vous avez de la chance de l’avoir, Monsieur Brando, murmura-t-il après un temps. Et elle, de vous avoir aussi têtu. Peu d’enfants insisteraient autant pour convaincre leur mère de rencontrer un inconnu. Vous êtes proches, non ?
Il se leva alors d’un mouvement fluide et se dirigea vers son bureau. Les reflets chauds du bois se mêlaient à la lumière qui tombait de la fenêtre, et le geste de Hyacinthe, lorsqu’il glissa la lettre dans un dossier vierge, avait quelque chose de solennel. Il prit le temps d’y inscrire le nom Brando d’une écriture fine et régulière, avant de refermer la couverture d’un geste doux.
- J’aimerais lui répondre, finit-il par dire sans se retourner. Pas une lettre administrative, cela n'ira pas. Plutôt pour qu’elle sache à qui elle a affaire avant de me juger dangereux ou inutile.
Il s’installa plus confortablement, les coudes appuyés sur les genoux, et laissa planer une dernière seconde de silence. Puis, d’un ton plus sérieux, les yeux ancrés dans ceux de Narcisse, Hyacinthe poursuivit :
- Je suis cependant intéressé par ce que vous en pensez. Si je lui écris, qu’aimeriez-vous que je lui dise ? Est-ce que... vous avez une idée de ce que vous attendriez de notre mise en contact ?
Il ne se doutait pas que laisser un psychomage s'introduire dans cette famille allait intéresser la psychiatre. Déformation professionnelle ou non, il était normal d'user de ses compétences pour le bien des siens. Hyacinthe accueillit la lettre avec précaution. Les doigts de Narcisse avaient froissé le papier, mais la manière dont il la lui tendait, droite et sérieuse, trahissait un mélange de respect et d’une forme d’inquiétude qu’il tenta sans doute de masquer sous sa posture. Le roux prit la lettre avec délicatesse, le papier crissant doucement entre ses doigts, avant de l'ouvrir avec une attention soutenue. Puis, il se plongea dans le texte.
Le silence qui s’installa fut long. Narcisse, en face, ne bougeait plus, à part une main nerveuse qui jouait avec le bord du fauteuil. Hyacinthe, lui, lisait sans hâte, les yeux glissant d’une phrase à l’autre avec le rythme moyen de quelqu’un qui ne voulait rien manquer. Il sentait la voix de cette femme résonner à travers l’encre - solide, maîtrisée, empreinte de cette lucidité propre à ceux qui ont trop vu pour se permettre la naïveté. Et sous cette fermeté, quelque chose d’indéniablement tendre, un amour infini pour son fils.
Quand le psychomage parvint à la fin, il resta un instant immobile, les doigts posés sur la dernière ligne. Puis, avec un souffle discret, il referma le courrier.
- Votre mère a... le sens de la mesure, dit-il enfin, sans ironie. Et surtout celui du devoir. Elle est forte et directe dans ses mots.
Ses doigts tapotèrent doucement le bord du papier, comme pour y marquer une réflexion. Il y avait dans cette lettre quelque chose qu’il reconnaissait comme de la pudeur. Pudeur face au monde sorciers avec qui la confiance avait été brisée, à l'idée de laisser entrer un inconnu dans son foyer comme Honor l'avait fait avec Mia. Mais surtout, un instinct de protection si fort, même à travers l'encre. Honor Brando ne lui demandait pas seulement de prendre la relève de Miss Vermillon, mais aussi de s'assurer qu'il méritait ce droit. Hyacinthe pouvait tout à fait comprendre l'état d'esprit dans lequel la femme était : jamais elle n'envisagerait de l'introduire dans son espace sécure, familial, s'il représentait une menace. C'était un entretien d'embauche inattendu, bien qu'expliqué par la perte de confiance d'Honor. Hyacinthe ne pouvait que la comprendre, vu ce qu'il s'est passé ; il aurait sans doute fait la même chose si la situation avait été inversée.
Le trentenaire reposa la feuille sur ses genoux, joignant ses mains devant lui. Il releva les yeux vers le jeune homme, observant la gêne qui effleurait son visage mais ne la notant pas.
- Vous avez de la chance de l’avoir, Monsieur Brando, murmura-t-il après un temps. Et elle, de vous avoir aussi têtu. Peu d’enfants insisteraient autant pour convaincre leur mère de rencontrer un inconnu. Vous êtes proches, non ?
Il se leva alors d’un mouvement fluide et se dirigea vers son bureau. Les reflets chauds du bois se mêlaient à la lumière qui tombait de la fenêtre, et le geste de Hyacinthe, lorsqu’il glissa la lettre dans un dossier vierge, avait quelque chose de solennel. Il prit le temps d’y inscrire le nom Brando d’une écriture fine et régulière, avant de refermer la couverture d’un geste doux.
- J’aimerais lui répondre, finit-il par dire sans se retourner. Pas une lettre administrative, cela n'ira pas. Plutôt pour qu’elle sache à qui elle a affaire avant de me juger dangereux ou inutile.
Il s’installa plus confortablement, les coudes appuyés sur les genoux, et laissa planer une dernière seconde de silence. Puis, d’un ton plus sérieux, les yeux ancrés dans ceux de Narcisse, Hyacinthe poursuivit :
- Je suis cependant intéressé par ce que vous en pensez. Si je lui écris, qu’aimeriez-vous que je lui dise ? Est-ce que... vous avez une idée de ce que vous attendriez de notre mise en contact ?
660 - @Narcisse Brando
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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Une lettre carabinée
La question du psychomage arracha à Narcisse un petit rire, avant que ce dernier ne se mette à rougir d'un air embarrassé et, de façon surprenante, un peu triste.
"Euh, Claire c'est ma marraine ! Maman peut plus faire d'enfant depuis l'incendie du ministère... ils avaient dû l'opérer j'crois."
L'adolescent n'avait pas encore mesuré toute l'implication émotionnelle d'un tel drame. S'il n'avait jamais vraiment souffert d'être fils unique, le fait que la question d'un second enfant n'ai même jamais pu se poser dissimulait un tout autre écho. Fort heureusement, Oscar et Honor n'avaient jamais réellement eu pour projet de faire un second enfant. Narcisse était un accident de contraception, ce qui n'avait jamais empêché ses parents de l'aimer plus que tout. Mais pour autant, le fait que jamais Honor ne pourrait de nouveau enfanter avait probablement aidé au développement de sa paranoïa et de sa surprotection à son égard. Mais cela, comment pouvait-il le réaliser, elle-même n'en avait pas totalement conscience.
Un petit hochement de tête agita ses traits lors de la première observation de Hyacinthe, et son sourire revint sans mal. Il ne comprenait pas totalement ce qu'impliquait les compliments de l'adulte, mais tout mot positif destiné à sa mère était accueilli avec bonheur chez Narcisse. Le petit rire qui accompagne la reprise de sa parole illumina ses traits.
"C'est plutôt moi qu'ai d'la chance de l'avoir héhé ! Mais évidemment qu'on l'est, c'est ma maman et je l'aime de tout mon cœur, et elle aussi. C'est la meilleure."
Il fut interrompu lorsqu'il vit le psychomage se lever pour aller déposer la lettre dans son dossier. Le rouge monta de nouveau aux joues, et il hésita en se balançant un instant sur ses pieds. Son programme d'entraînement était encore dedans... Mais le discours du psychomage attira toute son attention, et il dut se forcer à se rappeler de lui demander de récupérer cette petite page avant la fin.
"Euh... oui, ce s'rait bien ! Mh... alors là par contre, c'qu'elle aimerait ? Euh, franchement ? Juste soyez honnête et sans détour ! Et moi ? Euh, bah j'espère que ça va bien s'passer et qu'elle va réussir à se sentir bien, mais faut pas qu'vous fassiez semblant quoi, réfléchissez pas trop et dites vos premières pensées, elle va l'voir sinon. Et, euh... j'pourrais juste récupérer la dernière feuille siou plaît ? Y'a mon programme dessus..."
Pointant un petit index timide sur l'emplacement du dossier nouvellement créé, Narcisse est tiraillé entre l'amusement de la situation et l'embarras d'une telle demande.
"Euh, Claire c'est ma marraine ! Maman peut plus faire d'enfant depuis l'incendie du ministère... ils avaient dû l'opérer j'crois."
L'adolescent n'avait pas encore mesuré toute l'implication émotionnelle d'un tel drame. S'il n'avait jamais vraiment souffert d'être fils unique, le fait que la question d'un second enfant n'ai même jamais pu se poser dissimulait un tout autre écho. Fort heureusement, Oscar et Honor n'avaient jamais réellement eu pour projet de faire un second enfant. Narcisse était un accident de contraception, ce qui n'avait jamais empêché ses parents de l'aimer plus que tout. Mais pour autant, le fait que jamais Honor ne pourrait de nouveau enfanter avait probablement aidé au développement de sa paranoïa et de sa surprotection à son égard. Mais cela, comment pouvait-il le réaliser, elle-même n'en avait pas totalement conscience.
Un petit hochement de tête agita ses traits lors de la première observation de Hyacinthe, et son sourire revint sans mal. Il ne comprenait pas totalement ce qu'impliquait les compliments de l'adulte, mais tout mot positif destiné à sa mère était accueilli avec bonheur chez Narcisse. Le petit rire qui accompagne la reprise de sa parole illumina ses traits.
"C'est plutôt moi qu'ai d'la chance de l'avoir héhé ! Mais évidemment qu'on l'est, c'est ma maman et je l'aime de tout mon cœur, et elle aussi. C'est la meilleure."
Il fut interrompu lorsqu'il vit le psychomage se lever pour aller déposer la lettre dans son dossier. Le rouge monta de nouveau aux joues, et il hésita en se balançant un instant sur ses pieds. Son programme d'entraînement était encore dedans... Mais le discours du psychomage attira toute son attention, et il dut se forcer à se rappeler de lui demander de récupérer cette petite page avant la fin.
"Euh... oui, ce s'rait bien ! Mh... alors là par contre, c'qu'elle aimerait ? Euh, franchement ? Juste soyez honnête et sans détour ! Et moi ? Euh, bah j'espère que ça va bien s'passer et qu'elle va réussir à se sentir bien, mais faut pas qu'vous fassiez semblant quoi, réfléchissez pas trop et dites vos premières pensées, elle va l'voir sinon. Et, euh... j'pourrais juste récupérer la dernière feuille siou plaît ? Y'a mon programme dessus..."
Pointant un petit index timide sur l'emplacement du dossier nouvellement créé, Narcisse est tiraillé entre l'amusement de la situation et l'embarras d'une telle demande.
Une lettre carabinée
Le rire et les rougeurs de Narcisse arrachèrent à Hyacinthe un léger mouvement de tête, amusé et presque attendri. Il n’avait pas anticipé une réponse aussi désarmante, ni la sincérité brute qui se dégageait du jeune homme. Lorsque l’adolescent mentionna la marraine, puis la raison de cette impossibilité à enfanter, le sourire du roux s’effaça lentement. Non pas par gêne, mais par respect. C'était une chose horrible, de se voir retirer une telle partie de soi. Le ton s’était naturellement apaisé, le regard du psychomage se faisant plus doux encore.
- Je vois, murmura-t-il simplement, après un silence mesuré. Claire, donc. Elle doit avoir beaucoup compté dans votre équilibre, non ? Ce n’est pas rien, de trouver une figure stable quand tout autour a vacillé. Elle doit beaucoup compter pour vous et votre mère.
Chaque mot semblait pesé, comme s’il craignait d’en ébranler le sens. Ce n'était pas pour rien que le psychomage tenait tant à ses reformulations : s'il manquait un sens, s'il n'était pas assez attentif, ou si son interlocuteur avait fait une erreur, cela permettait souvent de résoudre le moindre malentendu. Dans tous les cas, Hyacinthe ressentit beaucoup de reconnaissance pour cette famille. Particulièrement pour la clarté d'esprit et la tranquillité dont faisait preuve Narcisse, en réalité.
Le silence retomba un instant entre eux, ponctué seulement par le léger froissement du papier lorsque Hyacinthe rouvrit le dossier à la demande du jeune homme. Le coin de ses lèvres s’étira d’un sourire discret.
- Ah, oui. Le programme, fit-il d’un ton amusé, avant de sortir la feuille concernée. Voilà qui aurait pu causer bien des malentendus si je l’avais gardée. Je ne vais pas prendre le risque de vous faire manquer vos exercices.
Il lui tendit la feuille, le regard pétillant d’un amusement sincère. Puis, sitôt le papier récupéré, son ton se fit plus posé, empreint d'un sérieux qui dénota face à son attitude précédente.
- Quant à votre conseil... je le prends très au sérieux. L’honnêteté, sans détour, sans suranalyse, hein ? Voilà une mission difficile pour quelqu’un dont le métier consiste justement à réfléchir trop, sourit-il, un brin ironique. Mais vous avez raison, je tâcherai de faire cela. Il s’interrompit, laissant sa main glisser distraitement sur la couverture du dossier Brando. Il s’adossa au dossier de son fauteuil, ses doigts joints sous son menton, avant de reprendre la parole. Je lui écrirai, alors. Ce soir, peut-être demain. Voudriez vous que je vous montre cette lettre avant de l'envoyer, ou que je vous en fournisse une copie ?
Pas une lettre de psychomage, mais un écrit qui pourrait faire comprendre à la femme qu'il existe encore, ici, des sorciers qui n'attendent pas qu'on leur fasse confiance mais qui essayent simplement de la mériter. Le regard de Hyacinthe se posa de nouveau sur Narcisse. Puis, presque en contrepoint, un sourire, plus franc cette fois, vint chasser l’austérité de l’instant.
- En attendant, Monsieur Brando, j’espère que votre programme ne vous condamne pas à l’épuisement total. Vous m’avez presque donné envie d’y jeter un œil pour m’assurer que vous survivez à la semaine.
- Je vois, murmura-t-il simplement, après un silence mesuré. Claire, donc. Elle doit avoir beaucoup compté dans votre équilibre, non ? Ce n’est pas rien, de trouver une figure stable quand tout autour a vacillé. Elle doit beaucoup compter pour vous et votre mère.
Chaque mot semblait pesé, comme s’il craignait d’en ébranler le sens. Ce n'était pas pour rien que le psychomage tenait tant à ses reformulations : s'il manquait un sens, s'il n'était pas assez attentif, ou si son interlocuteur avait fait une erreur, cela permettait souvent de résoudre le moindre malentendu. Dans tous les cas, Hyacinthe ressentit beaucoup de reconnaissance pour cette famille. Particulièrement pour la clarté d'esprit et la tranquillité dont faisait preuve Narcisse, en réalité.
Le silence retomba un instant entre eux, ponctué seulement par le léger froissement du papier lorsque Hyacinthe rouvrit le dossier à la demande du jeune homme. Le coin de ses lèvres s’étira d’un sourire discret.
- Ah, oui. Le programme, fit-il d’un ton amusé, avant de sortir la feuille concernée. Voilà qui aurait pu causer bien des malentendus si je l’avais gardée. Je ne vais pas prendre le risque de vous faire manquer vos exercices.
Il lui tendit la feuille, le regard pétillant d’un amusement sincère. Puis, sitôt le papier récupéré, son ton se fit plus posé, empreint d'un sérieux qui dénota face à son attitude précédente.
- Quant à votre conseil... je le prends très au sérieux. L’honnêteté, sans détour, sans suranalyse, hein ? Voilà une mission difficile pour quelqu’un dont le métier consiste justement à réfléchir trop, sourit-il, un brin ironique. Mais vous avez raison, je tâcherai de faire cela. Il s’interrompit, laissant sa main glisser distraitement sur la couverture du dossier Brando. Il s’adossa au dossier de son fauteuil, ses doigts joints sous son menton, avant de reprendre la parole. Je lui écrirai, alors. Ce soir, peut-être demain. Voudriez vous que je vous montre cette lettre avant de l'envoyer, ou que je vous en fournisse une copie ?
Pas une lettre de psychomage, mais un écrit qui pourrait faire comprendre à la femme qu'il existe encore, ici, des sorciers qui n'attendent pas qu'on leur fasse confiance mais qui essayent simplement de la mériter. Le regard de Hyacinthe se posa de nouveau sur Narcisse. Puis, presque en contrepoint, un sourire, plus franc cette fois, vint chasser l’austérité de l’instant.
- En attendant, Monsieur Brando, j’espère que votre programme ne vous condamne pas à l’épuisement total. Vous m’avez presque donné envie d’y jeter un œil pour m’assurer que vous survivez à la semaine.
516 - @Narcisse Brando
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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Une lettre carabinée
Narcisse hocha la tête avec beaucoup d'énergie lorsque le psychomage s'enquerra de Claire. Il fallait dire que tout ce qui touchait à sa famille ne manquait pas de déclencher chez l'adolescent les émotions les plus fortes au monde. Un véritable fleuve de bonheur, débordant jusqu'aux rives voisines, pour éteindre tout feu qui aurait eu la malheur de vouloir réduire en cendres son cœur. Sans compter que l'adulte semblait déjà commencer à les apprécier, de son point de vue.
"Mh-hm ! Je l'adore, elle est trop cool ! Elle me fait des séances de psy quand je suis à la maison, et on en fait avec toute la famille aussi, elle est trooooop forte franchement c'est ouf, elle devine tout j'vous jure haha !"
Eclatant de rire sans hésiter, il se laissa envahir par les souvenirs des moments où la psychiatre mettait le doigt sur un problème ou un mot sur une émotion sans que Narcisse n'ait eu le temps de comprendre une seule seconde comment elle avait fait.
"Après mes parents ont toujours été là pour moi aussi, elle est v'nue habiter chez nous y'a deux ans, après un truc avec son ex je crois, j'ai pô tout compris..."
Depuis que Claire était venue vivre chez lui, il ne s'était jamais réellement posé davantage de questions que ce qu'on lui avait raconté. Il fallait dire qu'encore une fois, l'honnêteté avait été de mise. Claire s'était entiché d'un homme, qui, encore une fois, l'avait laissé tomber juste après son déménagement à Cork. Et laissée sans domicile, brisée par l'émotion une nouvelle fois, elle était venue se réfugier chez Honor et Oscar, pour finalement ne jamais repartir. Et cette situation semblait convenir à absolument tout le monde, elle apportait une vie extraordinaire à la maison, presque autant que Narcisse lorsqu'il revenait pour les vacances !
"Merci ! Désolé hihi ! Et vous inquiétez pas hein, dites-lui tout ça dans votre lettre elle comprendra. Faut parler d'ses émotions avec honnêteté et paf tout va bien !"
Il était loin de se douter que la tolérance d'Honor pour les effusions d'émotions se limitait à sa famille, et personne de plus. La femme avait toujours été si froide avec les autres... et même avec Oscar, il lui avait fallu des années pour pleinement manifester l'amour sans limite qu'elle lui portait aujourd'hui.
"Mmh... nan vous embêtez pas, elle m'l'enverra aussi de toute façon !"
Comme il avait dit, aucune cachotterie, tout ce que savait l'un, l'autre apprenait assez rapidement. Le sourire du psychomage permit à Narcisse d'embrayer sur le nouveau sujet sans la moindre difficulté, se laissant porter par le train de la discussion.
"Oh vous inquiétez pas ! Maman elle sait comment faire ! C'est tout juste c'qui faut pour s'donner à fond, mais pour m'permettre de récupérer avant la prochaine séance ! Et vous pouvez r'garder si vous voulez ! Ou alors, ça vous dirait qu'on s'entraîne ensemble un d'ces quatre ?"
Si Hyacinthe se hasardait à regarder en détail le programme que Narcisse acceptait de lui tendre, il découvrirait une discipline des plus pointilleuse. Aucun exercice n'était laissé au hasard, et permettait à celui qui les essaye de dégager un maximum de productivité sans jamais risquer de se blesser. Chaque partie du corps était prise en compte, et elle s'était même échinée à trouver des exercices pour combiner pratique de la magie, duel, et combat au corps à corps. Une véritable œuvre d'art, dont Narcisse pouvait profiter chaque semaine qui passe, un nouveau programme lui parvenant de façon hebdomadaire.
"Mh-hm ! Je l'adore, elle est trop cool ! Elle me fait des séances de psy quand je suis à la maison, et on en fait avec toute la famille aussi, elle est trooooop forte franchement c'est ouf, elle devine tout j'vous jure haha !"
Eclatant de rire sans hésiter, il se laissa envahir par les souvenirs des moments où la psychiatre mettait le doigt sur un problème ou un mot sur une émotion sans que Narcisse n'ait eu le temps de comprendre une seule seconde comment elle avait fait.
"Après mes parents ont toujours été là pour moi aussi, elle est v'nue habiter chez nous y'a deux ans, après un truc avec son ex je crois, j'ai pô tout compris..."
Depuis que Claire était venue vivre chez lui, il ne s'était jamais réellement posé davantage de questions que ce qu'on lui avait raconté. Il fallait dire qu'encore une fois, l'honnêteté avait été de mise. Claire s'était entiché d'un homme, qui, encore une fois, l'avait laissé tomber juste après son déménagement à Cork. Et laissée sans domicile, brisée par l'émotion une nouvelle fois, elle était venue se réfugier chez Honor et Oscar, pour finalement ne jamais repartir. Et cette situation semblait convenir à absolument tout le monde, elle apportait une vie extraordinaire à la maison, presque autant que Narcisse lorsqu'il revenait pour les vacances !
"Merci ! Désolé hihi ! Et vous inquiétez pas hein, dites-lui tout ça dans votre lettre elle comprendra. Faut parler d'ses émotions avec honnêteté et paf tout va bien !"
Il était loin de se douter que la tolérance d'Honor pour les effusions d'émotions se limitait à sa famille, et personne de plus. La femme avait toujours été si froide avec les autres... et même avec Oscar, il lui avait fallu des années pour pleinement manifester l'amour sans limite qu'elle lui portait aujourd'hui.
"Mmh... nan vous embêtez pas, elle m'l'enverra aussi de toute façon !"
Comme il avait dit, aucune cachotterie, tout ce que savait l'un, l'autre apprenait assez rapidement. Le sourire du psychomage permit à Narcisse d'embrayer sur le nouveau sujet sans la moindre difficulté, se laissant porter par le train de la discussion.
"Oh vous inquiétez pas ! Maman elle sait comment faire ! C'est tout juste c'qui faut pour s'donner à fond, mais pour m'permettre de récupérer avant la prochaine séance ! Et vous pouvez r'garder si vous voulez ! Ou alors, ça vous dirait qu'on s'entraîne ensemble un d'ces quatre ?"
Si Hyacinthe se hasardait à regarder en détail le programme que Narcisse acceptait de lui tendre, il découvrirait une discipline des plus pointilleuse. Aucun exercice n'était laissé au hasard, et permettait à celui qui les essaye de dégager un maximum de productivité sans jamais risquer de se blesser. Chaque partie du corps était prise en compte, et elle s'était même échinée à trouver des exercices pour combiner pratique de la magie, duel, et combat au corps à corps. Une véritable œuvre d'art, dont Narcisse pouvait profiter chaque semaine qui passe, un nouveau programme lui parvenant de façon hebdomadaire.
Une lettre carabinée
Le flot d’énergie de Narcisse aurait pu être submergeant, mais Hyacinthe, lui, semblait absorber cette vitalité avec une agréable surprise, il était presque amusé. Ses lèvres s’étirèrent lentement en un sourire sincère à mesure que l’adolescent parlait de sa marraine, de sa famille, de ces séances collectives qui semblaient transformer leur maison en cabinet vivant.
- Voilà une famille vivante, souffla-t-il doucement, un éclat malicieux dans le regard. On dirait que les rôles s’inversent chez vous - la psychiatre qui devient mère, la mère qui s’improvise psychologue, et le fils qui observe tout ça comme un roman plein de rebondissements. Vous avez grandi dans un milieu très communicatif, je me trompe ?
Il accompagna sa remarque d’un petit signe de tête approbateur, visiblement charmé par l’image. C'était complètement différent de la façon dont il avait grandi, c'était certain. Puis, à l’entente du “paf tout va bien”, un rire bref lui échappa, comme un écho inattendu à la spontanéité du garçon.
- “Parler de ses émotions et paf tout va bien”, répéta-t-il avec amusement. J’ai l’impression que vous venez de résumer dix ans de formation en une seule phrase. Je devrais vous recommander à l'Institut, ça irait plus vite.
Il hocha légèrement la tête, son sourire s’atténuant dans quelque chose de plus doux, presque reconnaissant. La plaisanterie évidente, il poursuivit sur le sujet de la lettre en hochant la tête de haut en bas.
- Je lui écrirai tout cela, oui. Ce soir, probablement. C’est le bon moment de la journée pour laisser les pensées se poser sans les brusquer.
Un léger silence s’installa, pendant lequel Hyacinthe observa Narcisse avec cette curiosité bienveillante qui le caractérisait. Il se redressa, attrapant la feuille que le jeune homme lui tendait avec un air visiblement fier. Il parcourut rapidement le programme, les yeux courant sur les lignes avec attention et avec une surprise grandissante.
- Eh bien... vous avez dit que votre mère savait faire, mais je crois qu’elle pourrait aisément s'occuper d'Aurors en formation avec ça, murmura-t-il, impressionné. C’est d’une rigueur remarquable. Et... terriblement intimidant pour quelqu’un comme moi.
Il releva les yeux vers Narcisse, l’air faussement grave.
- Si je tentais de suivre ce programme, vous auriez probablement à me porter avant la fin de la première séance. Mon endurance se limite à gravir ces trois étages avec dignité. Son sourire se fit plus franc, presque complice. Même si j'apprécie votre proposition, je crains que l’entraînement ne doive se faire sans moi. Je vous regarderai volontiers, cela dit, de très loin, avec une tasse de thé en main, pour applaudir à la fin.
Il rendit la feuille à Narcisse avec un geste lent et respectueux en se penchant en avant. Le psychomage se leva alors, rejoignant son bureau pour ranger la lettre et le dossier du Poufsouffle, qu’il referma d’un geste précis. La lumière du jour, tombant en biais sur le bois, traçait sur son visage une ligne dorée.
- Si jamais votre mère me renvoie une lettre avec un programme d’entraînement inclus, je saurai qui accuser, il leva un sourcil avec un air faussement accusateur et un sourire sournois. Nous sommes d'accord ?
- Voilà une famille vivante, souffla-t-il doucement, un éclat malicieux dans le regard. On dirait que les rôles s’inversent chez vous - la psychiatre qui devient mère, la mère qui s’improvise psychologue, et le fils qui observe tout ça comme un roman plein de rebondissements. Vous avez grandi dans un milieu très communicatif, je me trompe ?
Il accompagna sa remarque d’un petit signe de tête approbateur, visiblement charmé par l’image. C'était complètement différent de la façon dont il avait grandi, c'était certain. Puis, à l’entente du “paf tout va bien”, un rire bref lui échappa, comme un écho inattendu à la spontanéité du garçon.
- “Parler de ses émotions et paf tout va bien”, répéta-t-il avec amusement. J’ai l’impression que vous venez de résumer dix ans de formation en une seule phrase. Je devrais vous recommander à l'Institut, ça irait plus vite.
Il hocha légèrement la tête, son sourire s’atténuant dans quelque chose de plus doux, presque reconnaissant. La plaisanterie évidente, il poursuivit sur le sujet de la lettre en hochant la tête de haut en bas.
- Je lui écrirai tout cela, oui. Ce soir, probablement. C’est le bon moment de la journée pour laisser les pensées se poser sans les brusquer.
Un léger silence s’installa, pendant lequel Hyacinthe observa Narcisse avec cette curiosité bienveillante qui le caractérisait. Il se redressa, attrapant la feuille que le jeune homme lui tendait avec un air visiblement fier. Il parcourut rapidement le programme, les yeux courant sur les lignes avec attention et avec une surprise grandissante.
- Eh bien... vous avez dit que votre mère savait faire, mais je crois qu’elle pourrait aisément s'occuper d'Aurors en formation avec ça, murmura-t-il, impressionné. C’est d’une rigueur remarquable. Et... terriblement intimidant pour quelqu’un comme moi.
Il releva les yeux vers Narcisse, l’air faussement grave.
- Si je tentais de suivre ce programme, vous auriez probablement à me porter avant la fin de la première séance. Mon endurance se limite à gravir ces trois étages avec dignité. Son sourire se fit plus franc, presque complice. Même si j'apprécie votre proposition, je crains que l’entraînement ne doive se faire sans moi. Je vous regarderai volontiers, cela dit, de très loin, avec une tasse de thé en main, pour applaudir à la fin.
Il rendit la feuille à Narcisse avec un geste lent et respectueux en se penchant en avant. Le psychomage se leva alors, rejoignant son bureau pour ranger la lettre et le dossier du Poufsouffle, qu’il referma d’un geste précis. La lumière du jour, tombant en biais sur le bois, traçait sur son visage une ligne dorée.
- Si jamais votre mère me renvoie une lettre avec un programme d’entraînement inclus, je saurai qui accuser, il leva un sourcil avec un air faussement accusateur et un sourire sournois. Nous sommes d'accord ?
522 - @Narcisse Brando
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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