9 févr. 2023, 20:35
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Mercredi 5 février 2048, 10h du matin
Maison des Brando
Avec @Diarmuid O'Belt
Reducio
Image
Honor Brando, 40 ans
PNJ validé
Lettre rédigée à la main, avec une écriture impeccablement propre et structurée.
Reducio
Mister O'Belt,

J'ai cru comprendre que mon fils, Narcisse Brando, vous avait parlé de mon état de santé. J'aimerais vous demander de pardonner son impulsivité, je n'ose imaginer l'inconfort dans lequel il a du vous mettre. Il m'a également dit que vous auriez accepté de bien vouloir m'examiner, si je donnais mon aval. Etant incapable de refuser quoi que ce soit à mon fils, j'ai accepté.

Toutefois, mon emploi du temps étant toutefois particulièrement chargé en ce début d'année, je vous demanderais de bien vouloir attendre que le mois de janvier soit pleinement écoulé. Par la suite, je serais à votre entière disposition, et vous serez évidemment le bienvenu chez moi.

Veuillez agréer l'expression sincère de mes salutations les plus distinguées,
Honor Brando
Honor ouvrit les yeux, les yeux fixant le plafond de la chambre parentale, dans la pénombre quasi-absolue. Elle tourna les yeux vers sa table de nuit, pour regarder le réveil numérique. 06:00, affiché en rouge vif, éclairant quelques millimètres de la surface de la table. Son esprit était vif et alerte, les années de discipline militaire s'étant solidement ancrées en elle. Un bruit de respiration ronflante sur le côté lui fit tourner la tête. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle distinguait la silhouette de son mari, Oscar, dissimulé sous l'épaisseur de la couverture et de plusieurs couches de plaids. Malgré la température agréable qui régnait dans la chambre, il était frileux, et quelques plaids en plus n'étaient pas de trop. Dans un grognement, il se tourna vers elle, avant de passer son bras par-dessus la poitrine d'Honor, pour se remettre à ronfler un peu plus fort. Le sourire d'Honor s'élargit, le bienheureux n'aurait pas à se réveiller avant encore une bonne heure. Elle hésita pendant un instant à venir se blottir contre lui, et se rendormir. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne le pouvait jamais. Elle s'autorisa toutefois la faiblesse de déposer sur le front de son mari, un tendre baiser de plusieurs secondes. Les mains d'Oscar vinrent trouver naturellement les hanches et le cou de sa femme. Elle gloussa en déposant un dernier petit baisser sur son front, avant de se glisser hors des couvertures. Elle s'habilla efficacement et rapidement dans le noir, ses vêtements l'attendant sur le dossier d'une chaise non loin de sa table de nuit. Un jogging noir moulant et une brassière de sport couleur kaki militaire. Elle disparut ensuite de la chambre, aussi discrète qu'un serpent, sans un bruit.

Elle passa devant la chambre de Narcisse, impeccablement rangée et prête à son retour. Elle s'y arrêta quelques instants, la main sur l'embrasure de la porte, en regardant à l'intérieur, comme si, en le souhaitant suffisamment fort, il serait là, en train de paisiblement dormir. Là où Honor pouvait le protéger et veiller sur lui. Elle secoua doucement la tête avant de partir pour la cuisine, les yeux humides. L'ancienne commandante était partagée entre le regret qu'il ne soit pas présent pour la soutenir aujourd'hui, mais également soulagée qu'il n'assiste pas à cela.

Après avoir dévoré son petit-déjeuner, à base d'œufs brouillés, de lard grillé et de haricots rouges, avec un bon jus d'orange, elle s'assit devant son ordinateur. Elle se tenait informée de toutes les actualités possibles, y compris celles auxquelles elle n'était plus censée avoir accès. Mais si elle estimait qu'elle devait savoir quelque chose, elle s'arrangeait pour l'apprendre, il faut dire qu'elle comptait un sacré nombre de hauts gradés qui lui devaient un service. Elle en profitait sans retenue. Une fois que l'horloge tiqua 7 heures 10, elle entendit son mari descendre. Elle le salua avec un sourire et un baiser, avant de partir s'entraîner. Elle avait besoin de se plonger dans sa routine aujourd'hui, sans compter les minutes qui passaient. Elle sortit donc dans le jardin, par la porte de derrière, qui donnait sur un grand terrain d'une centaine de mètres carrés. Le gazon vert avait bruni en raison du froid. À côté, un gymnase fermé se tenait debout, mais elle n'allait pas y aller aujourd'hui. Elle se contenta de sortir le mannequin de frappe, qu'elle plaça dans le jardin.

Et c'est ce qu'il se passa, elle ne vit pas les heures défiler. Et malgré le froid glaçant qui régnait en cette saison, lorsque l'horloge tiqua 10 heures, son corps était couvert de la sueur de l'effort. Elle faisait face à son mannequin de frappe, qu'elle rouait de coups, mettant à profit ses décennies de pratique du Coup de vitesse. Les coups sourds résonnaient sans cesse, elle attendait la venue de cet infirmier. Et pour la première fois depuis longtemps, le peu de vêtement qu'elle portait, révélant presque l'entièreté de sa cicatrice, la fit se sentir très vulnérable.
Dernière modification par Narcisse Brando le 13 avr. 2023, 22:47, modifié 1 fois.

9 févr. 2023, 22:45
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Diarmuid avait échangé en septembre avec le jeune Narcisse Brando au sujet de sa mère et ce fut au début du mois de janvier qu'il eut des nouvelles de la proposition qu'il lui avait faite ce jour là. Il se souvenait parfaitement de la date, le jour de l'anniversaire de son cadet. Entre ça et le contenu de la conversation, il ne pouvait pas oublier. Les nouvelles lui parvinrent sous la forme d'une lettre qu'il lu attentivement avant d'y répondre d'une écriture qu'il appliqua bien plus que sur ses recommandations de soins. Presque aussi déliée que celle de son père.

Miss Brando,

Mon devoir d'infirmier scolaire est aussi d'écouter les élèves qui ont besoin de parler. Je suis soumis au secret médical, ce qu'ils me disent ne sort de la salle de consultation que s'il est nécessaire pour leurs santés qu'une autre personne soit mise au courant.

Je vous confirme par ce courrier ma proposition, si vous le souhaitez, je veux bien me déplacer afin de discuter avec vous de ce qui vous est arrivée, de soins que vous avez eu et des recours qui pourrait être envisagé de mon point de vue. Comme je l'ai dit à Narcisse, je ne peu promettre aucun résultat.

Je peux vous proposer de venir à votre domicile le 05 février prochain pour 10h. Si cela vous convient, confiez un courrier avec votre adresse au hibou qui vous apportera ce pli. Si vous avez changé d'avis ou si la date ne vous convient pas, vous pouvez également lui donner un courrier. Il s'appelle Hermès et est prévenu que vous êtes moldus vous et votre mari. Il attendra le temps nécessaire, un peu de bacon devrait l'aider à se tenir sage.

Dans l'attente de votre retour,
Bien sincèrement

Diarmuid O'Belt
Médicomage

Son hibou grand duc était alors revenu avec une confirmation quand au rendez-vous qu'il avait proposé. Ce fut donc après une nuit calme où il put dormir six heures consécutives avant de faire une ronde avant la levée du couvre-feu qu'il passa par son appartement pour passer une tenue moldue. Un jean, un polo et un pull fin et une veste. Il transplana ensuite au plus proche de ce qu'il pouvait, dans une ruelle qu'il avait déjà utilisé à cet effet et avait l'avantage d'être déserte à toute heure du jour et de la nuit puisque dans une zone inhabitée. Il marcha ensuite un moment, jusqu'à se trouver devant la bonne porte. Il avisa un instant le bouton que les moldus utilisaient pour produire un son prévenant les habitants des lieux. Diarmuid hésita avant d'y faire une légère pression et de doubler avec trois coup sec du poing sur le montant. Si jamais la magie et l'énergie électrique décidaient de s'annuler l'une, l'autre.

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10 févr. 2023, 10:06
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
La nuque d'Honor picota à l'instant où elle crut entendre le tintement de la sonnette, entre deux coups manquants d'arracher la tête de mannequin. Il était probable qu'elle devrait en racheter un avant la fin du mois. Le frisson qui s'empara d'elle n'était en rien dû au froid. Elle hésita un instant, reprenant son souffle qui faisait bouger son torse, remettant en place une mèche un peu trop courte qui s'était échappé de sa queue de cheval haute. Depuis que Narcisse lui avait parlé de cet entretien, elle s'était décidée à se laisser pousser à nouveau les cheveux. Et elle mentirait si elle disait qu'elle n'en ressentait pas une certaine fierté à les voir de retour. Elle regarda ensuite sa montre digitale, le cadran tourné vers l'intérieur du poignet, à la militaire, 10 heures pile. Au moins, cet infirmier semblait avoir la notion de ponctualité, elle sourit légèrement, avant de contourner la maison. Elle hésita une seconde en arrivant au dernier coin qui la mènerait face à l'infirmier, et elle eut une envie irrépressible de l'espionner pour l'analyser avant de le rencontrer. Elle expira un grand coup, avant de marcher militairement dans sa direction, arrivant sur sa gauche.

- Mister O'Belt, je présume ? Pardonnez-moi de vous avoir fait attendre.

Elle tendit sa main pour serrer la sienne, son autre main dans le dos, aussi droite que la justice. Elle fut toutefois étonnée de constater à quel point cet infirmier était jeunot. Pas plus de 25 ans, de toute évidence. Elle le dépassait de 10 bons centimètres, à peu près. Seule son immense discipline l'empêcha de laisser transparaître les doutes qui l'assaillirent en cet instant : après tout, la compétence n'avait rien à voir avec l'âge, c'était certain. Les picotements qu'elle ressentit dans sa cicatrice presque entièrement visible n'étaient-ils dus qu'à son imagination ?
Dernière modification par Narcisse Brando le 11 févr. 2023, 12:11, modifié 1 fois.

11 févr. 2023, 11:48
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Sans aucune idée de si le bouton avait effectivement fonctionné ou non, Diarmuid tendait l'oreille, prêt à frapper à nouveau à la porte qu'il s'attendait à voir s'ouvrir en cas de réussite de son opération. Mais les sons ne lui parvinrent pas d'en face de lui mais bien de sur la gauche. Pensant à ses passants, il n'avait pas prêté plus d'attention mais la personne s'adressa directement à lui. Il pivota pour faire face à celle qui ne pouvait être qu'Honor Brando. Une femme dans le secteur qui connaissait son nom, sans compter les traits en commun qu'il discernait entre la mère et le fils. "C'est exact. Miss Brando si je ne m'abuse?" Répondit-il en prenant sa main pour la serrer d'un geste assuré par des heures à apprendre le protocole attendu. C'était parmi les choses qui s'étaient ancrées en lui, comme le fait de toujours être droit. A force d'y travailler depuis sa plus tendre enfance, ça n'était en rien difficile pour lui de maintenir ces positions alors que cela paraissait difficile à beaucoup.

- "
Pour une petite minute, et encore, je ne saurais parler d'attente." Ajouta-t-il avec un sourire léger alors que déjà, des informations visuelles lui parvenait du corps de la moldue. De la taille d'Owen, il la savait militaire chez les moldus par le dossier du jeune Narcisse, ce qui concordait avec la silhouette athlétique qu'il ne pouvait manquer dans sa tenue de sport. Vêtements qui, associés à la transpiration luisante, témoignaient d'une séance qui venait de se terminer, ou qu'il avait interrompue en arrivant. Vêtements qui laissaient apparaître une cicatrice encore violette et boursoufflée. Trois ans et demi après. Son œil de médicomage pressentait la gravité avant même d'avoir pu discuté avec la mère de famille. Tout ceci lui était apparu sans avoir besoin de poser un regard inquisiteur, le simple coup d'œil qu'il donnait à chacun pour le jauger suffisait. Un coup d'œil très bref qui lui permettait de ne quasiment pas lâcher les yeux de son interlocuteur.

Il ne s'était pas passé plus d'une ou deux minutes depuis l'arrivée de l'irlandaise et Diarmuid patientait, s'interdisant de demander à entrer, par respect et politesse. Ce fut aussi exactement pour cela qu'il s'effaça légèrement pour laisser un accès à la porte à la femme. Certes, il ne venaient pas du même monde, n'avaient pas les mêmes codes sociaux - mais de son expérience peu avouable avec les jeunes femmes croisées dans les bars - ceux qui correspondaient à la bienséance quand on était invité étaient assez universels.

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11 févr. 2023, 12:11
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Honor sentit plus qu'elle ne remarqua le coup d'œil observateur de son interlocuteur. Elle fut déjà rassuré sur sa potentielle compétence.

- Je vous en prie, appelez-moi Honor.

Elle sourit. Discret et efficace, semblait-il. Sa poignée de main fut franche et ferme, ce qui la satisfit encore davantage. Et poli par ailleurs. Et pourtant, malgré tous ces signaux verts, l'instinct meurtrier d'Honor ne faiblissait pas, tous ses sens étaient en alerte. Il lui était impossible, au mépris de tous ses efforts, de passer au-delà des appréhensions qu'elle ressentait. Qu'à cela ne tienne, elle les ignorerait, tout simplement. Elle hésita, un petit instant, à le faire attendre sans rien dire, simplement en le soumettant à son regard inquisiteur, pour le tester quelque peu. Mais elle avait passé l'âge d'un tel jeu, d'autant que le mouvement imperceptible de sa part pour lui laisser le champ libre à la porte ne trompait pas. Elle décida donc de lui ouvrir la porte, non sans s'être imperceptiblement inclinée auparavant, et d'entrer.

- Je vous en prie, mettez-vous à votre aise Mister O'Belt.

Elle désigna les canapés du salon d'un geste de la main distrait avant d'ôter avec habilité ses rangers, qu'elle rangea dans la commode destinée à cet effet, avant de dénouer ses cheveux, qui vinrent lui tomber sur le haut des épaules, dans un carré fort peu organisé et régulier. Elle se tourna ensuite vers son invité, les bras croisés dans le dos, raide comme la justice.

- Me permettrez-vous de prendre une douche-éclair ? Je n'en aurais que pour une minute.

Le couloir d'entrée s'étendait sur un petit mètre, avec une grande armoire sur la gauche, contenant tous les vêtements, vestes et accessoires de sortie, et à la droite, une petite étagère contenant les chaussures. Tout était impeccablement propre. Honor était entrée dans le salon, qui donnait directement sur le couloir d'entrée. Au centre, un épais tapis de couleur bordeaux sombre, avec quelques motifs abstraits dorés. Un grand canapé était disponible, de couleur ocre, comme les autres, collé contre le mur faisant face à l'entrée. D'autres canapés plus petits, ainsi qu'un fauteuil, parsemaient çà et là le salon. Contre le mur du salon, pouvait être observé une grande armoire vitrée, contenant divers trophées. On pouvait aisément lire sur la plupart : "Championne de tir promotion 2026" ou 2027, 2028, mais pas 2029. Et une grande collection de ceinture de Coup de vitesse, allant du blanc jusqu'au noir. On pouvait également y trouver quelques trophées moins officiels, semblant être fait de mains d'enfants, avec écrit dessus "Meilleur prof de l'année, merci monsieur !" avec quelques fautes. L'un des murs était ouvert de deux grande portes vitrées, laissant accès direct au jardin, et un autre mur ouvert donnait directement sur la cuisiner.

12 févr. 2023, 18:52
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
L'appeler Honor? Par son prénom. C'était à l'opposé de ses habitudes mais il acquiesça, il essaierait au moins, sans certitude d'y parvenir car la femme devait avoir une quinzaine d'année de plus que lui. Là en était sa pensée quand il se décala légèrement pour laisser à la brune l'accès à la porte de sa maison. Porte qu'elle ouvrit peu de temps après en l'invitant à entrer. Dans le couloir, il commença par ôter sa veste, révélant la présence d'un petite sacoche où il avait glissé quelques fioles de potions sans toutefois être certains d'avoir vu juste puisqu'il n'avait pour le moment aucune idée de la blessure magique subit par la femme qui venait de le guider jusque dans le salon. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne pouvait pas utiliser sa baguette pour ne pas déclencher les alarmes du Secrétariat du Secret Magique.

- "
Je m'appelle Diarmuid, si vous préférez utiliser mon prénom." Précisa le jeune homme de son accent irlandais marqué. Comme Honor Brando lui avait demandé de l'appeler par son prénom, il préférait encre qu'elle fasse de même. "Faites, il n'y a pas de soucis, je vais patienter." Ce petit laps de temps allait certainement lui permettre de s'habituer au lieu entièrement moldu et surtout de son atmosphère. Les nombreux trophées sportifs, du tir, ces balles qu'ils avaient dû apprendre à extraire des corps des sorciers à l'hôpital de campagne quand certains avaient été touchés. Il n'avait pas eu à le faire lui même, il n'était pas spécialisé en chirurgie, mais il avait eu des échos. Il y avait aussi ces bandes de tissus de couleur dont il ignorait la signification ou encre les œuvres d'élèves, pour Mister Brando de toute évidence. Tout ceci, il l'avait observé en restant plus ou moins au centre de la pièce, pivotant sur lui même.

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12 févr. 2023, 19:22
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
- Merci, Diarmuid.

Honor retint un sourire en se dirigeant vers la salle de bain. En fermant la porte derrière elle, elle enclencha le chronomètre de sa montre digitale, laissant retentir le petit "bip" caractéristique. En un tour de main, l'eau coula sur elle, mais cette tâche qui aurait normalement dû lui prendre environ 10 secondes lui en prit plus de 30. Elle regardait le mur de la douche, les yeux vides, tentant vainement de taire le maelström d'émotions tempêtant en elle. Elle passa les mains dans ses cheveux trempés, avant de se ressaisir. Les habitudes revinrent, et en quarante secondes, la voilà déjà sortie de la douche, enfilant un débardeur blanc et un un shorty blanc aux rayures noires. Elle se sécha et s'attacha les cheveux en queue de cheval haute, avant de cliquer à nouveau sur le bouton de son chronomètre : 1 minute et 40 secondes. Elle grimaça légèrement, constatant la tristesse de sa performance. Prenant une grande inspiration, elle sortit de la salle de bain, pour rejoindre l'infirmier qui semblait plongé dans la contemplation de l'armoire à trophées. Honor s'arrêta à côté de lui avant de regarder à son tour l'armoire, et plus particulièrement le petit trophée en papier mâché, sur lequel était écrit : "Pour la meilleure maman du monde !" posé à côté de celui que Narcisse avait fait pour son papa.

- Avez-vous besoin de quelconque information ? J'ignore ce que mon fils a pu vous dire sur mon accident. Et si j'ai bien retenu quelque chose de toute mes années de service, c'est qu'on ne cache jamais rien à son médecin.

Elle le regarda dans les yeux, baissant légèrement la tête, affichant un visage de pierre. Son shorty laissait apparaître sur ses jambes d'autres petites cicatrices. Pour la majorité, des éraflures de balles, ou d'objets tranchants. Son regard passa ensuite sur la ceintures de fioles que Diarmuid avait ramené, et son cerveau chercha instantanément à analyser leur potentielle dangerosité, puis elle vint s'assoir dans le canapé central, croisant les jambes, le dos droit, les mains posées sur ses genoux. Elle invita ensuite Diarmuid à s'assoir en désignant le canapé sur le côté de la pièce.

- Je vous en prie, nous serons plus à l'aise ainsi.

15 févr. 2023, 07:45
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Il n'avait pas attendu bien longtemps et à peine le temps de poser les yeux sur des compositions du jeune Narcisse que sa mère était de retour dans une tenue qui ne masquait pas grand chose de son corps athlétique. Honor était venue se placer à ses côtés moins de deux minutes après l'avoir quitté et après quelques secondes à peine avait entamé la conversation en entrant dans le vif du sujet. Lui faisant maintenant face, il découvrait d'autres stigmates qui avaient de grandes chances d'êtres liées à sa vie professionnelle mais qu'il n'était pas là pour analyser. Elles étaient de toute façon cicatrisées, lignes ou marques devenues blanches, liées à des armes moldues. Il ne rebondit pas sur sa phrase concernant le fait de ne rien caché au soignant qui s'occupait de vou mais un sourire approbateur orna de manière infime ses lèvres, certains de ses patients devraient entendre cette phrase.

Avant de répondre, sur invitation de son hôte, il s'était assis, sans manquer le regard de la brune sur sa sacoche ni la sensation de méfiance qui s'empara d'elle. S'il ne posa pas ses mains sur ses genoux, il était lui aussi dans une posture particulièrement droite - non pas militaire mais liée à cette longue lignée de sorciers et de leurs valeurs qui le précédaient. Droite mais pas tendue pour autant, témoignant qu'il avait l'habitude de se tenir ainsi. "
J'ai l'impression que votre fils n'avait pas beaucoup d'informations sur votre accident." Commença-t-il posément. "Ou bien qu'il a une loyauté sans faille envers vous. Il m'a juste donné la date, début novembre 2044, et n'a pas démenti lorsque j'ai demandé si vous aviez été blessée lors de ce que vous appelez les attentats de Londres." Continua le jeune homme sans se départir de cet accent dont il ne souhaitait pas se séparer. "De là, je lui ai répondu que si c'était bien ça, que vous étiez d'accord - y compris pour me donner tous les détails et circonstances - je voulais bien vous rencontrer, sans promesse de pouvoir améliorer vos blessures." Termina-t-il. Tout du long, il avait toujours regardé Honor Brando dans les yeux, y cherchant des signes qu'elle suivait bien ce qu'il lui disait.

- "
Je ne vous forcerais à rien. Si vous avez changé d'avis ou si à tout moment vous préférez arrêter... Nous arrêterons. Ce genre de démarche, sans votre consentement, serait," il chercha un instant le mot qui lui semblait être le plus adéquat, "contre-productif." A tous les points de vue. Cela ne leur apporterait rien, ni à l'une, ni à l'autre. Cela le mettrait en porte-à-faux de ses convictions et, déjà qu'il prenait le risque de problèmes. "Mais si vous êtes d'accord, je vous fournirais le plus d'explications possible sur ce qui vous a touché et sur ce qu'il est envisageable de faire." Comme les moldus et les sorciers le disaient, la balle était maintenant dans son camp.

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20 févr. 2023, 08:33
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Honor observait avec attention le comportement de Diarmuid, incapable de se départir de son sentiment de méfiance. Une vieille habitude, à la fois due à ses longues années de carrière, et un traumatisme inévitable. Elle avait beau avoir une force mentale à toute épreuve, n'importe quel humain se retrouverait marqué plus que physiquement par ce qu'elle avait vécu. Ses yeux acérés ne manquaient aucun de ses mouvements. Elle afficha néanmoins un sourire de pure fierté lorsqu'il mentionna l'ignorance ou la loyauté de son fils. Puis son visage se durcit à nouveau pour reprendre son masque d'acier, royalement neutre. Ses explications étaient claires, précises, compréhensives. Un vrai bon infirmier, soucieux des autres, et certainement du travail bien fait. Aucune raison de le déprécier objectivement, mais Honor était une femme méfiante, qui ne se laissait jamais prendre au dépourvu. Elle se redressa encore, croisant et décroisant doucement les jambes, et son sourire malicieux revint.

- Les deux, Diarmuid, les deux. Narcisse ne sait rien sur cet accident, parce que je lui ai fait promettre de ne pas me demander. À l'époque, j'estimais que le garder dans l'ignorance était la meilleure chose à faire pour le protéger.

Son regard se fit plus lointain, son sourire s'effaça.

- Quand j'ai appris sa condition... Sorcière, dirons-nous, j'ai bien évidemment envisagé de lui dire la vérité. Mais le temps m'a manqué pour prendre ma décision, avant qu'il ne parte, et je me refusais à lui en parler par lettre.

Elle s'adossa davantage au canapé, en croisant les bras sur sa poitrine.

- Et ne vous inquiétez pas, j'en ai vu d'autre.

Elle hésita quelques secondes.

- Il est vrai que ma blessure est directement due aux événements de 2044. J'imagine que vous en savez d'ailleurs plus que moi à ce sujet. C'était l'enfer. Je n'avais jamais vu ça. Jamais je ne me suis sentie aussi inutile de ma vie, et jamais de ma vie, je n'ai frôlé de si près la mort.

Elle décroisa les bras, se redressant à nouveau, son visage ne laissait toujours rien transparaître.

- Et le résultat, vous le voyez comme je vous vois. Elle m'a également privé de toute possibilité d'enfanter à nouveau un jour.

Elle baissa un petit instant les yeux, ses yeux laissant apparaître une tristesse infinie et une culpabilité sans borne, avant de se ressaisir.

- Je n'ai que peu de détails à vous offrir sur les circonstances de cette blessure. Tout s'est passé trop vite. Je me souviens simplement avoir été éjectée de mon appareil, et le noir absolu.

Elle prit une grande inspiration, légèrement saccadée, avant de plonger à nouveau son regard dans les yeux de l'infirmier.

- Y'a-t-il autre chose que vous auriez besoin de savoir, Diarmuid ?

26 févr. 2023, 22:33
 Abandonné  L'essentiel est invisible pour les yeux  Diarmuid O'Belt 
Les émotions qui émanèrent d'Honor lui parvinrent sans mal. Elles suintaient d'elle comme la sueur des pores de sa peau au moment où elle était venue l'accueillir et ce, malgré sa posture militaire et ses traits durcis par la discipline qu'elle s'imposait. Car si elle lui affichait le plus souvent un visage des plus neutre, de ses yeux et de ses relâchements perçaient juste ce qu'il fallait pour qu'il le perçoive. Tout était ténu et contrôlé, mais il ne pouvait pas l'ignorer.

Puis, elle rebondit sur sa remarque concernant les connaissance du jeune Narcisse ou sa capacité à garder un secret. Et ce qu'elle dit, bien qu'il n'en laissa rien paraître, ne put que remuer sa propre expérience du secret familial. L'oubli. Cela l'avait conduit à oublier l'existence même d'un membre de sa fratrie. Alors même s'il s'efforçait de ne pas porter de jugement, il ne pouvait pas être totalement indifférent. Toutefois, il vit bien qu'il ne s'agissait pas du tout de la même situation. Elle devait avoir été confrontée d'une manière ou d'une autre au Secret il y avait de ça un peu plus de trois ans. Depuis la révélation du statut de sorcier de son fils, elle n'avait pas eu le temps de peser les pours et les contres. C'était ce qu'il comprenait. Aussi, il hocha la tête, geste d'un suivi de discussion mais aussi d'accord. Une telle annonce ne pouvait se faire par écrit.

Il écouta ensuite son récit. Maigre en terme d'informations bien qu'il puisse en effet compléter un peu avec sa connaissance des événements. Aussi quand elle eut finit de lui dire ce qu'elle savait de manière directe, il s'exprima. "
Ce sont deux... entités magiques, si je peux me permettre de simplifier, qui ont causé autant de dégâts matériels et humains." Il retint le fait qu'un obscurus n'était guère plus contrôlable par des sorciers par manque d'étude sur ces derniers. Encore fallait-il que les magizoologistes en trouvent et surtout, découvrent un moyen de les étudier. "D'autant plus que Éjectée de votre appareil? C'est un véhicule volant c'est ça, l'hélicoptère?" Il avait détaché les syllabes du dernier mot pour le prononcer sans erreur. "Si vous ne savez rien de ce qui a déclenché votre éjection, est-ce que certaines personnes au sol ont pu vous en dire plus? Et quelles sont les conclusions des médecins que vous avez vu? Qu'ont-ils dit sur les différentes plaies, une description, les conséquences sur les autres organes. Autre que ce que vous m'avez déjà dit en ce qui concerne la gynécologie." Cela faisait beaucoup de questions, il en avait conscience. "C'est la première fois que je reprends des soins prodigués par des collègues moldus sur une personne comme vous qui n'a pas de pouvoirs. Plus j'aurais d'informations, aussi anodines qu'elle puisse paraître, plus je pourrais visualiser ce qui a pu se passer et le faire concorder avec l'examen qui suivra si ça vous va toujours."

Il avait aussi cette autre possibilité à proposer pour vivre la scène et tenter de trouver des détails par lui même. Mais ça impliquait une violence hors norme pour Honor, mentalement, et surtout... Impossible de le faire en ces murs, dans un quartier moldu. Il serait repéré par le gouvernement le temps de le dire et il ne pouvait pas se le permettre.

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