Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv

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【 The stars
Are proof that
Even on the
Darkest night
There is
A little light. ;
~Unknown. 】
[/left]


mai 2050.
minuit et quelques.

~

Etoile aimait la Nuit plus que tout. Plus que la pluie, le sarcasme et le silence. La Nuit était son petit Paradis, la cachette qu’elle attendait de pouvoir rejoindre avec impatience. Les choses les plus belles se produisaient généralement la Nuit, alors que tous les Semblables étaient entrain de ronfler, enfoncés dans un tas de couvertures et d’oreillers. La petite éprouvait une forme d’antipathie mêlée de dédain pour les Semblables qui préféraient dormir plutôt qu’écouter ce que la Nuit avait à raconter. A ses yeux, l’Etreinte de Morphée ne valait rien à côté de l’infinité de choses qu’elle pouvait découvrir la Nuit. Selon elle, les Rêves n’étaient rien d’autre qu’un ramassis de mensonges destinés à convaincre les enfants que dormir était une chose merveilleuse. Mais peut-être cette certitude lui était-elle venue après que la fillette se soit rendu compte que Morphée ne lui offrait plus de Rêves, rien que des Cauchemars. Des monstres difformes, mesquins et cruels, qui semblaient prendre un malin plaisir à la torturer.
Quel traitre.
La petite n’avait pas plus d’estime pour ce Fabricant de Rêves de pacotille que pour les Semblables. Et s'il avait pu prendre une consistance physique, nuls doutes qu'elle ne se serait pas gênée pour lui tourner le dos après lui avoir adressé un rictus méprisant.

A vrai dire, elle éprouvait une forme d’antipathie pour à peu près tout le Monde.

Ce n’était pas tant qu’elle considérait que sa propre personne valait mieux que les Autres – à vrai dire elle n’avait pas spécialement d’estime pour elle-même – mais elle ne trouvait aucun intérêt à devenir quelqu’un d’ennuyeux. Elle ne pouvait pas supporter la majorité des gens, mais la fillette faisait de gros efforts pour manifester – au mieux – un vague intérêt poli. Enfin, lorsqu’elle se sentait d’humeur.
Et il n’était pas rare qu’elle ne le soit pas du tout.

Depuis quelques temps, la petite s’était découvert une forme d’excitation pour briser les interdits. Elle en était même venue à se demander pourquoi ils existaient. Ce n’était pas sécher un cours qui allait jouer sur sa vie. Que pouvait bien représenter un cours à l’échelle Humaine ? Probablement pas grand-chose. Rien qui vaille la peine d’être vécu. C’est ainsi qu’Etoile se retrouvait régulièrement à s’échapper du Perchoir des Aigles au sommet de la Tour Ouest dès que les Aiglons rejoignaient les Dortoirs, bien trop heureuses de pouvoir profiter librement du château.
La petite prenait un plaisir inégalé à se promener dans les couloirs faiblement éclairés, enveloppée d’un Silence presque total. Il arrivait – rarement, mais ce n’était pas impossible – que quelques souris viennent troubler le calme religieux de la Nuit, ou qu’un Être fasse une ronde pour essayer de tirer les réfractaires aux règles de leurs cachettes et les renvoyer se coucher. La petite soupira silencieusement. Elle ne comprenait sincèrement pas la dévotion des Adultes à vouloir punir les enfants qui profitaient de la Nuit. Oh certes elle aurait aimé être la seule à se délecter du Silence, mais son mépris diminuait d’intensité pour Ceux qu’il lui était arrivée de croiser lors d’une escapade nocturne.

Une toile qu’elle n’avait encore jamais vue attira son attention, et la petite Serdaigle s’approcha en trottinant. Elle se hissa sur ses pieds et plissa les yeux pour essayer de comprendre ce qu’elle voyait. Manifestement les personnages peints dormaient profondément. Elle eut une moue méprisante. Était-elle réellement la seule à Voir vraiment la beauté immense de la Nuit ? « Ridicule » soupira-t-elle en jetant un dernier coup d’œil à la toile. Presque tentée de réveiller les personnages dans l’idée de pimenter l’expédition de ce soir, Etoile hésita mais se résigna, décidant qu’elle n’avait aucune envie de se retrouver nez-à-nez avec le fantôme de Rusard, ou de devoir perdre son temps dans le bureau du Concierge pour justifier sa conduite. *Justifier quoi ?* songea-t-elle avec insolence en tournant les talons, poursuivant sa petite promenade en tant que Reine de la Nuit.
Elle ne voyait pas ce qui mériterait d’être justifié. A ses yeux, c’était plutôt l’interdiction même de profiter de la Nuit qui aurait dû être justifiée.





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Valse partagée avec @Orion Blackburn, au plaisir !
~ 657 mots.
Dernière modification par Stella Ruewen le 5 sept. 2025, 18:02, modifié 3 fois.

15 ans / 5eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Orion était rarement chatouillé par l'insomnie. Au contraire, cela allait probablement avec son caractère nonchalant, mais il avait plutôt tendance à se laisser sombrer vers les rêves aussitôt que fermaient ses yeux. Il s'évadait vers des lieux souvent déformés et incolores dont il oubliait l'existence aussitôt son éveil. Son sommeil était lourd, sans goût et lui suffisait pour se reposer, n'ayant que faire de ses rêves. Il préférait la réalité et l'honnêteté aux artifices et déguises que ses pensées s'efforçaient de créer pour le faire échapper à la vérité quotidienne. Mais Orion avait besoin du sommeil pour vivre, donc il le faisait, tout en ignorant le fruit de son imagination ayant poussé suite à sa rencontre avec Morphée.

Pourtant, ce soir-là, elle frappa à sa porte. Elle tambourina, même. L'insomnie criait à sa fenêtre et l'empêchait de succomber à cet acte vital. Et Orion l'écouta, sans trop rechigner, parce qu'après tout, il n'aimait pas tant le sommeil que ça. Toute personne classique se serait simplement mis à lire un livre ou s'occuper d'une manière ou d'une autre, attendant qu'elle fuit pour toquer à la porte d'un autre. Mais Orion était plus nerveux que la moyenne et moins assidu à la lecture que d'autres. Il préférait les moments en solitaire, loin des autres et il n'aimait pas se risquer à devoir se frotter à une autre âme errante en salle commune. Aussi, prit-il le temps de lacer ses chaussures pour sortir subrepticement des lieux sans que qui que ce soit ne s'en aperçoive. Il quitta donc la fraîcheur des cachots pour rencontrer celles des couloirs déserts, ne s'empêchant cependant pas de trouver un certain réconfort dans la noirceur de la nuit, synonyme chez lui de paix et de quiétude. Briser les interdits n'avaient jamais réellement représenté un obstacle pour Orion ; défier ses aînés, n'en faire qu'à sa tête était plutôt une routine pour l'écossais dont il ne se formalisait plus. Si besoin il y avait, il trouverait une excuse, comme toujours.

Seul le clair de lune éclairait ses pas feutrés sur la pierre froide qui s'offrait à lui. Il ne marchait avec aucun but précis, si ce n'est celui de pouvoir malgré tout chasser celle qui l'avait arraché au paisible d'une nuit courte et sans rêves. Parce que s'il n'était pas fanatique du sommeil, il appréciait néanmoins la possibilité qu'il offrait de lui donner une nouvelle journée pour naviguer dans des pensées claires et non abîmées par la fatigue. Il poursuivit sa route, déambulant dans de multiples recoins du châteaux, sans rencontrer la moindre âme, ce qui n'était pas pour en déplaire, jusqu'à ce qu'il entende un bruit. Une voix, peut-être ? Ou bien son cerveau avait-il été drainé au point de ne plus défaire la réalité de son imagination ?

Si le soleil avait été celui frappant aux fenêtres, il n'aurait pas relevé. Mais la lune avait un effet différent sur le garçon. Elle et l'insomnie le poussaient à sortir de ses sentiers battus et à explorer une curiosité qu'il assouvissait rarement — il n'en manquait pas, mais sa batterie sociale ne le laissait habituellement pas l'explorer. Les astres avaient cet effet commun de changer les gens, parait-il ; ainsi, c'était comme si la lune avait remplacé le Orion solaire, quotidien par le Orion nocturne, un chasseur géant semblable à celui de la mythologie grecque. Il cherchait sa proie et traquait ses pas pour trouver l'origine de cette voix.

Elle n'était pas vraiment loin de lui, à un couloir à peine. Juste assez pour qu'il y arrive en quelques enjambées, à une distance plus que respectable pour ne pas se faire repérer. C'était une fille. Rien de plus banal, si ce n'est qu'elle se baladait dans la nuit, comme une petite souris discrète. Elle regardait un tableau mais s'en éloigna rapidement. La connaissait-il ? Peut-être, mais il n'en était pas sûr. Il se rapprocha alors, la suivant à pas de loup. Ce n'était pas dans les habitudes d'Orion d'avoir cet air de stalker, alors, il se dévoila avant même qu'elle ne puisse le remarquer, bien qu'elle était dos tourné à lui.

« Ridicule ? », la cita-t-elle d'une voix posée. « Qu'est-ce qui est ridicule ? »

@Stella Ruewen J'espère que cela te convient !
698 mots

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Ce que la petite appréciait plus que tout lors de ses virées nocturnes, c'était évidemment la tranquillité. La tranquillité, et la découverte.
La toile avait attiré son attentions un instant, mais l'excitation de la découverte avait été avortée sitôt qu'elle s'était rendue compte que les personnages étaient profondément endormis, et qu'ils ne semblaient pas vouloir se réveiller. Elle aurait pourtant bien engagé la conversation avec eux, mais la simple vue de leurs corps avachis et de leur visage détendus lui avait hérissé le poil. Ce n'était pas juste ! Pourquoi de simples peintures profitaient-elles ouvertement de la Nuit pour se reposer alors qu'elle même était poursuivie par l'Ombre narquoise de l'Insomnie chaque fois qu'elle fermait les yeux ? Non, décidemment la fillette ne comprenais pas. Son amertume venait probablement de sa propre incapacité à dormir paisiblement plusieurs heures d'affilées. A vrai dire, le peu de sommeil qu'elle parvenait à grapiller était rarement d'une durée satisfaisante et lui procurait plus de courbatures et de migraines que ses insomnies.

Victimes de Cauchemars depuis...depuis. Depuis. Elle grimaça, furieuse d'être incapable de simplement poser des mots sur l'évènement. *Depuis l'Accident* Depuis ce jour, ses Nuits avaient perdu leur douce couverture de velours et s'étaient révélées sous leur vraie nature : une perte de temps inutile qui l'amenait la plupart du temps à délirer quelques heures avant de se réveiller en sueur et en sursaut. Aucun intérêt. Depuis lors, la petite Ruewen n’avait manifesté qu’un intérêt teinté de mépris et d’une colère à peine contenue pour le Sommeil.
Tandis qu’elle s’éloignait, Etoile retint un reniflement dédaigneux. Le Sommeil. Une invention purement égoïste de la part des Adultes dans l’optique d’avoir un minimum de contrôle sur leurs garnements. La fillette grinça des dents, s’enfonçant dans la rancœur et l’agacement.

Si elle avait été plus alerte, elle aurait peut-être remarqué l’Intru avant qu’il ne se manifeste. Si sa mauvaise humeur ne prenait pas autant de place dans sa tête, elle ne se serait pas laissé surprendre. Elle en aurait même probablement profiter pour retourner la farce de l’Intru contre lui. Elle aurait rit de son expression béate, surprise, presqu’idiote. Mais non.

Perdue dans ses pensées, la jeune Serdaigle n’entendit ni ne sentit l’Intru s’approcher d’elle à pas feutrés. Ce ne fut que lorsque sa voix de velours s’éleva dans la Nuit, brisant avec insolence le Silence sacré qui régnait autour d’elle que la petite se rendit compte que ce soir, elle avait un public.
La fillette ne sursauta pas – elle faisait partie de ces personnes qui craignent plus leur Esprit que les Autres – mais les battements de son cœur s’accélérèrent brusquement. C’en était presque douloureux, et rien que pour ça elle sentit une vague d’antipathie grimper en elle. Elle ne connaissait même pas l’Intru, elle n’avait même pas vu à quoi il ressemblait – bien que sa voix laissait supposer qu’il s’agissait d’un garçon – mais sa simple présence l’agaçait déjà. *'Pouvait pas rester dans son Dortoir ?* pensa-t-elle avec mauvaise humeur. Les Autres dormaient la Nuit, alors pourquoi pas lui ?

Etoile se retourna lentement, une expression mauvaise sur le visage. Cela ne lui ressemblait pas vraiment de ressentir une telle hargne, mais elle aurait vraiment préféré que cet Intru reste dans son lit pour ce soir. Et puis, qu’est-ce que c’était que cette question stupide ? Face à lui, elle l’examina d’un œil critique. Elle ne s’était pas trompée, il s’agissait bien d’un garçon. La petite ne réussit pas à évaluer son âge, mais elle estima qu’ils étaient assez proche en année. Son regard sombre sous ses cheveux bruns était planté sur la petite Serdaigle, et son expression ne laissait deviner pas plus ses intentions que ce qu’il pensait.
Elle le jaugea du regard, essayant d’estimer l’utilité de lui répondre.

Les tableaux, répondit-elle alors simplement. Même eux ils dorment.

Elle avait craché le dernier mot avec plus de venin que nécessaire, mais elle ne s’excusa pas. Qu’importe s’il la trouvait acide, c’était lui qui avait troublé le Silence en premier. Elle pensa alors que sa réponse n'avait pas vraiment de sens. Elle méprisait le Sommeil, mais pour autant elle aurait souhaité que cet Intru reste tranquillement au fond de son lit. *Signe de folie avancée : ne plus savoir ce que l'on veut !* Etoile aurait bien giflée cette petite voix crispante qui s'amusait à lui faire des commentaires désagréables quand elle s'y attendait le moins.
Fronçant les sourcils, la petite s'appliqua à ignorer la petite pique que lui avait lancée le Fantôme, préférant reporter son attention sur l'Intru. En l'examinant plus longtemps, elle constata que sa peau était pâle, comme la sienne, et que son visage était également constellé de quelques tâches de rousseur. Il avait l'air assez mal réveillé. Sa tenue quelque peu débraillée appuyait cette impression. Un rictus moqueur sur les lèvres, la fillette vit là un moyen de se venger de cette Intrusion.

Qu'est-ce tu fais là ?, demanda-t-elle, peut-être plus agressive que ce qu'elle aurait voulu. Mais après tout, il l'avait provoquée en premier. T'as l'air à moitié endormi, pourquoi t'es pas resté dans ton lit ?



@Orion Blackburn, c'est parfait !
~845 mots, il faut croire que j'étais inspirée.

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Il observa l'inconnue, silencieusement, attendant une réaction. La nuit était sombre, pourtant, il savait approximativement observer le visage qu'elle dévoila quand elle se tourna vers lui. Il l'avait probablement déjà vue, elle ne semblait pas beaucoup plus jeune ou âgée que lui. Orion n'était pas du genre à retenir la physionomie des visages, bien trop absorbé par son propre esprit. Ses pieds avancèrent de quelques nouveaux pas, lents et inoffensifs, presque curieux. L'air sembla se vêtir d'une tension qu'il ressentait, bien qu'il n'avait pas l'impression de l'avoir installée mais, en observant les traits tirés de la jeune fille, il en trouva vite la source. Sa voix était sèche, acide, comme un couteau désinvolte, faisant hausser un sourcil au garçon. Il n'était certes pas du genre à être lui-même avenant mais néanmoins, il n'attendait pas moins des autres. La réalité était en fait qu'il n'aimait pas qu'on essaie d'avoir l'ascendant sur lui ; était-ce ce qu'elle essayait de faire ? Il préféra rester sur ses gardes, laissant son impulsivité endormie derrière un rideau de méfiance. L'heure n'était pas propice aux conversations conflictuelles.

Ses yeux vacillèrent vers les tableaux. Il les observa, ronflant, enfermés dans des rêves probablement plus beaux que leur réalité, ces hommes et femmes qui, il y a des années, avaient eu le malheur de tomber sur une personne capable de rendre la vie à leur portrait. Leur conscience leur avait été arrachée. Ils étaient juste là, figés à jamais dans un décor immuable. Son visage ne put s'empêcher de se tordre en une expression de dégoût à cette vue. Ridicule. Elle avait trouvé le mot, elle avait raison. C'était là un avenir qu'il ne souhaitait à personne. Plutôt mourir, pensa-t-il. Plutôt mourir qu'être enfermé dans une fantaisie malhonnête, malsaine et informe. Certes, elle l'avait souligné, ils dormaient mais à quoi bon dormir si c'était pour souffrir d'une prison de peinture ?

Les yeux sombres d'Orion retrouvèrent leur cible initiale quand la voix acerbe de la jeune fille se reprit à remplir à l'espace. Il ne put s'empêcher de la voir comme une chatte farouche. Ses grands yeux bleus essyaient de le transpercer et sa voix était fauve, comme un félin prêt à planter ses griffes. Encore aurait-il fallu qu'Orion soit une petite souris pour qu'elle puisse le déstabiliser. Mais Orion était rarement touché par les mots des autres et encore moins fragilisé par l'agressivité désespérée d'une âme peinant à ne pas être dérangée. Elle était maintenant à ses yeux plutôt semblable à un châton apeuré, sur la défensive. D'une façon, cela le satisfit car elle ne pouvait plus assertir sa dominance. Ce n'était qu'un nourrisson. L'équilibre était rétabli. Un maigre sourire en coin fit l'apparition au coin de ses lèvres.

« Tu as trouvé le mot-clé. À moitié endormi. Je fais une insomnie, répondit-il. Je ne savais pas que les couloirs appartenaient aux chats errants. »

En temps normal, Orion y aurait ajouté une touche de poison, histoire que l'inconnue se sente insultée. Pourtant, ses mots étaient dépourvus de toute ironie, témoignant des idées parasites du garçon. Il ne se cacha pas derrière un sourire moqueur, il garda un simple rictus, lui donnant l'air malicieux mais pas farceur. Il profita alors du silence — pesant, imposé par l'inconnue — pour la dessiner dans son esprit. Les ombres jouaient sur ses formes et ses teintes, la rendant irrégulière et inexacte, mais il put tout de même distinguer la forme de son visage, ovale, comme une pierre précieuse qu'on aurait taillée pour lui donner de la valeur en joaillerie. Il avait déjà vu ses yeux — bleus, comme l'océan —, ressortant étrangement à cause de sa chevelure foncée.

Il secoua légèrement la tête. Il avait passé trop de temps à la fixer, ç'en devenait presque effrayant, donc il se contenta d'en rester là et de la classer dans la catégorie 'insipide' et 'terne', à peu près comme toute personne qu'il croisait de manière générale. Elle n'en ferait pas exception, du moins, pas tout de suite. En revanche, rares étaient les personnes qui arrivaient à être moins abordables que lui, mais le petit chaton se donnait un air inapprochable et méfiant. C'était le genre de défi qu'Orion détestait recevoir, mais qu'il haïssait encore plus ne pas relever. Ainsi, il se surprit à se rapprocher d'un ultime pas, étant maintenant totalement à découvert si elle plissait assez les yeux pour l'étudier. Chez le commun des mortels, c'était l'espace qu'on laissait pour avoir une conversation banale.

« Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? À part insulter des tableaux endormis, je veux dire, railla-t-il. Tu as de la chance qu'ils ne t'aient pas entendu, d'ailleurs. Je ne serais pas étonné que ce soit de vraies commères. »

Il jeta un nouveau regard dégoûté aux peintures léthargiques à la suite de sa phrase. Elles faisaient si pâle figure... Ridicule, se reprit-il à penser. Il tiqua presque à cela, surpris de se faire déjà embuer l'esprit par la créatrice de se réflexion.

@Stella Ruewen Il faut en croire de même pour moi !
827 mots

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
La petite Serdaigle fronça les sourcils, décontenancée par l'attitude provocatrice de l'Intru. Elle s'était plus ou moins attendue à ce qu'il perde un peu ses moyens, se montre surpris, voire qu'il lui en veuille de se montrer agressive alors qu'ils ne se connaissaient pas. Mais non. Méfiante, elle l'avait observé jeter un regard vaguement intéressé aux tableaux, puis il avait reporté son attention sur elle. *Il est bizarre ce type* pensa-t-elle en mordillant l'intérieur de sa joue, curieuse malgré elle. Et la fillette n'arrivait pas encore à déterminer si cette nouveauté lui plaisait. Quoi qu'il en soit, il la déstabilisait.

Elle songea qu'Aydan aussi avait ce côté déstabilisant, comme s'il savait exactement ce qu'elle voulait ou ce qu'elle pensait alors qu'elle-même ne l'avait pas encore compris. A la pensée du garçon, son cœur se serra et une déchirure froide familière se fit sentir dans son corps. De manière tout aussi surprenante, des sentiments assez contradictoires remontèrent à la surface. De la chaleur, de l'affection et de l'admiration. Et de la colère, de l'incomprehension et du chagrin. *Il n'avait pas le droit* Etoile se retint de soupirer, consciente que son esprit était de nouveau revenu sur cette réflexion qui lui empoisonnait l'esprit depuis... Depuis.
Elle se serait giflée. *Incapable de simplement penser à quelque chose ?* s'amusa le Fantôme, bien trop heureux de pouvoir la provoquer. Serrant les dents, la petite fit de son mieux pour l'ignorer.

La voix de l'Intru rompit de nouveau le Silence, ramenant la fillette à l'instant présent. Son petit sourire en coin ne lui disait rien qui vaille. Mais sitôt qu'elle se fit la réflexion, Stella se corrigea en songeant qu'elle n'était pas du genre à avoir peur du premier inconnu qui se présentait. Et elle ne se laisserait certainement pas intimider par cet...Individu.
Surtout pas sous prétexte que cet Intru lui rappelait dangereusement Aydan.

Ainsi donc l'Intru était également victime d'une insomnie. *Bon ça j'peux comprendre* La petite se serait bien détendue, prête à accepter l'Autre dans sa propre Insomnie. Elle était même prête à oublier l'affront qu'il avait fait à la Nuit en osant briser le Silence en toute impunité. Et pour elle, cela signifiait beaucoup. Mais après tout, que risquait-elle à partager les mystères de la Nuit ?
Son égo, manifestement.
La fin de la phrase de l'Intru la refroidit aussitôt dans son élan de générosité, et la petite Aigle eut du mal à se retenir pour ne pas lâcher une réplique cinglante que ce personnage désagréable aurait bien senti passer. « Les couloirs appartiennent à celle qui sait apprécier la Nuit » grommela-t-elle, d'un ton surement trop bas pour qu'elle soit entendue de l'Intru.

De nouveau d'une humeur exécrable, Etoile se redressa légèrement, le corps tendu comme un arc. Ce n'était plus la surprise ou la méfiance qui jouaient avec les muscles de son corps, mais bien une colère profonde. Elle lui aurait bien fait ravalé ses propos.
Butée, la petite ne répondit pas à sa provocation, ni à ce qui avait résonné comme une insulte. A la place, elle plissa les yeux et examina de manière plus approfondie l'expression de l'Intru. Il s'était avancé, si bien que la faible lumière des couloirs lui permettait à présent de mieux l'observer. Elle ne se gêna pas.
Outre la couleur des yeux qui différait, son attitude, la lueur oscillant entre moquerie et malice qui brillait dans ses prunelles et son sourire insondable avaient tout pour lui rappeler Aydan. Était-elle condamnée à le retrouver dans tous ses interlocuteurs ? *Apparemment, oui* Le pas qu'il fit en avant la prit de nouveau à dépourvu – bien qu'elle se refusa à lui donner un indice corporel de la surprise que son geste brusque avait provoqué – ce qui ajouta à sa mauvaise humeur.
N'en avait-il pas marre de se montrer imprévisible ?

A présent beaucoup plus proche d'elle qu'il ne l'était lorsqu'il avait osé souiller le Silence, la fillette le voyait beaucoup mieux et elle avait tout le loisir de l'étudier. Elle décréta qu'il n'avait absolument rien de spécial, qu'il était un Etre absolument ordinaire, et elle s'en voulut même de l'avoir appelé "l'Intru" ou lieu de simplement le considérer comme un Autre. Elle avait peut-être déjà vu son visage dans la masse des Semblables, mais si c'était le cas elle n'en avait aucun souvenir.

Il lui renvoya la question d'une voie moqueuse, la raillant sur son intérêt moqueur pour de simples tableaux endormis. *Evidemment*, songea-t-elle avec agacement. *S'il a l'habitude de passer ses nuits à dormir, il peut pas comprendre* Son commentaire sur la surdité des personnages endormis lui fit arquer un sourcil. Elle accordait plus d'importance à la météo qu'à l'opinion que pouvaient avoir de simples personnes figées dans une toile.
Pour autant, elle ne put s'empêcher de suivre son regard lorsqu'il le dirigea une nouvelle fois vers les tableaux endormis. Le dégoût qu'Etoile aperçut dans ses prunelles était surement équivalant à celui qui brillait dans les siennes, et cette pensée lui arracha un sourire.

Moi chu là pour essayer d'exister, répondit-elle sèchement. On m'a toujours dit que j'mourrais un jour, alors maintenant j'vis la nuit.

Cette phrase était très belle, de la poésie à l'état pur. Mais elle n'attendait pas d'un Autre qu'il réussisse à saisir la beauté des Mots. Si ça pouvait même le convaincre de retourner dans son Dortoir, la petite n'aurait pas dit non. Elle n'attendit pas sa réponse pour reprendre la parole, caressant le Silence en lui demandant de la pardonner de le malmener ainsi.

Que veux-tu que ces peintures racontent, poursuivit-elle avec mépris. Tu m'aurais plus inquiétée, et encore, si t'avais eu l'air dangereux.

Sur cette pique, elle croisa ses bras devant elle. Autant pour se donner une attitude provocatrice que pour essayer de faire recirculer le sang dans ses veines – un pull aurait probablement été une bonne idée, les bras nus de la Serdaigle appréciaient peu les courants d'air froid.




@Orion Blackburn, est-il nécessaire de préciser que cette Valse devient de plus en plus palpitante ?
~980 mots, promis je vais essayer de ne pas dépasser les 1000 hehe !

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Elle était amusante. Un peu surprenante — ou surprise, Orion débattait encore ce point-là —, mais amusante. Elle ne se démontait pas face aux réflexions du garçon, et il se délectait du comique de la situation. Celle qui sait apprécier la Nuit ? Mais qui était-elle ? Baudelaire ? Bien que la pensée le fit rire, il se fit violence pour ne pas glousser à sa figure. Les vices d'Orion se dévoilaient souvent dans l'originalité des autres ; il se permettait de moquer les gens qui sortaient de l'ordinaire alors que lui-même rêvait de ne pas rentrer dans des cases. Alors, pour une fois, puisque c'était la Lune qui était sa plus grande spectatrice, et non pas le Soleil de son quotidien, il se tut et laissa simplement la phrase de la jeune fille valser dans l'air, en suspens. Il se permit même d'y songer ; ne faisait-il pas partie de ces gens, ceux qui appréciaient la nuit ? Ou bien avait-elle peut-être raison, lui qui ne profitait que rarement de la nuit pour lui parler, sombrant dans le sommeil aussitôt passé le crépuscule. D'une façon, il se sentit touché par sa phrase. Et rares étaient les fois où Orion était bousculé par quelqu'un d'autre. Le sentiment qui retourna son estomac n'était pas familier mais il savait que c'était celui de son égo qui se faisait blesser. Une petite éraflure, à peine. Mais c'était comme si une petite goutte de sang invisible coulait de son coeur. C'était... intrigant.

Comment avait-elle fait ça ? Orion ne savait pas exactement si c'était elle qu'il trouvait intrigante, à présent. Peut-être qu'elle était simplement originale, différente. Mais elle ne devait pas savoir de quoi elle parlait, il en était convaincu. Ce n'était qu'un chaton. Le bout de ses doigts le chatouillait, c'était probablement la tension qui montait en lui ; moi aussi, je sais apprécier lui nuit, se força-t-il à penser pour se rassurer d'une menace invisible, celle de son propre esprit qui semblait se rebeller contre lui. Il prit une longue inspiration, à peine perceptible, pour essayer de se calmer, remerciant les dieux que le silence environnant n'ajoutait pas une pression supplémentaire sur ses pensées. Il se rendit alors compte que la raison pour laquelle ses doigts le picotaient était parce qu'il était en train de serrer ses poings et se permit alors de les détendre, le sang recommançant à voyager à ses phalanges blafardes, faute de ne plus avoir été alimentées pendant quelques secondes.

Il s'autorisa à l'étudier quelques secondes de plus, pour trouver d'où venait sa capacité à le perforer, espérant apercevoir une réponse dans ses perles bleues océan, en vain. Il ne remarqua que le sourire qu'il sembla lui avoir volé quand il avait observé les peintures. Elle reprit la parole, se dépeignant comme une âme perdue dans la pénombre de la nuit pour essayer de fuir son destin une fois arrivée à une nouvelle aurore. Sa manière de s'exprimer était peu commune, chaque mot tombait de sa bouche comme une feuille d’automne, lentement, avec grâce et gravité.

« Peux-tu m'apprendre à l'apprécier, la nuit, dans ce cas ? », demanda-t-il, sans prétention.

La jeune fille avait arraché quelque chose qu'on soutirait rarement à Orion : de l'humilité. Lui qui ne demandait presque jamais rien avait l'impression d'être à la merci d'une parfaite inconnue sous le seul prétexte qu'elle avait réussi à le déstabiliser. Il était certain de ne pas apprécier cette sensation mais il savait aussi s'avouer vaincu, incapable de riposter face à sa poésie et comprendre ce qu'il se tramait dans son esprit indéchiffrable. Une fois qu'il l'aurait percée à jour, il pourrait à son tour soutirer ce qu'il voulait d'elle, ce n'était qu'une question de temps. Une fois qu'il l'aurait percée à jour, elle pourrait retourner dans la catégorie 'insipide' et 'terne'. D'une certaine façon, cela le rassura et calma son coeur qui semblait avoir accéléré sans qu'il ne l'ait remarqué.

Si Orion avait réussi à ne pas rire à la première phrase de la brune, celle qui, après mûre réflexion, venait pourtant de le torturer violemment, il ne put s'empêcher de légèrement ricaner à ses derniers mots. Il était vrai qu'Orion ne faisait pas très peur ainsi, dans son pyjama dépareillé et avec ses cheveux en bataille — bien que cela ne changeait pas réellement de sa coiffure quotidienne. De plus, cette nuit faisait partie de celles à marquer d'une pierre blanche, sa mauvaise humeur semblant lui avoir fait faux plan. Il semblait inoffensif, mais ça lui convenait ; il n'avait pas de réelle raison de vouloir lui donner l'impression d'être menaçant.

« Et... tu as raison, sourit Orion doucement, je suis inoffensif. Enfin, la plupart du temps, je crois. Mais les peintures voyagent, parfois, et elles parlent, certainement encore plus quand elles sont de mauvaise humeur. Et si tu les réveilles avec des insultes... Je ne paierais pas cher de ta peau pour qu'elles aillent trouver quelqu'un pour te rendre la monnaie de ta pièce. »

À nouveau, un éclair de dégoût passa dans ses yeux à l'évocation des peintures. Décidément, il n'arrivait pas à cacher son émotion à chaque fois qu'il les énonçait, c'était plus fort que lui, comme s'il était une marionnette qu'on manipulait sous les désirs d'un script prédéfini.

« Heureusement pour toi, elles ont l'air de dormir à poings fermés. Et moi, je suis de bonne humeur. Donc tu as raison de ne pas avoir peur, reprit-il en haussant les épaules. Maintenant, j'aimerais savoir pourquoi je ne suis pas de ceux qui apprécient la nuit. Ça m'a touché, ajouta-t-il avec franchise et fermeté, ne voulant pas chercher à se rassurer avec de nouveaux mensonges pour se rassurer. »

@Stella Ruewen, je confirme, c'est un réel plaisir !
947 mots — je vais également essayer, mais je ne promets rien !
Dernière modification par Orion Blackburn le 27 mai 2025, 10:48, modifié 1 fois.

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Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Pourquoi faisait-il aussi froid ? *Ça d'vrait pas être autorisé* pensa la petite avec véhémence en se frictionnant les bras.
Le contact avec quelques vieilles cicatrices qui n'avaient jamais complètement guéri la fit grimacer. Les blessures légèrement boursoufflées créaient des zones de relief sur sa peau, et elle dut retenir son envie de jeter un regard aux lignes qui zébraient son bras. Etoile se mordilla nerveusement la lèvre inférieure. Sa main droite remonta machinalement vers son avant-bras gauche et elle s'en saisit fermement, sans même s'en rendre compte, pressant la chair entre ses doigts. Était-ce un moyen de se punir ? *De quoi ?* Mais la petite savait.
Pour avoir pensé à Aydan.

Elle fusilla l'Intru du regard.

C'était de sa faute si ses pensées avaient dévié vers le garçon, et elle aurait voulu l'accuser de cette montée de tristesse qui se présentait sous forme de vague et qui menaçait de la percuter, mais elle en était incapable. Après tout, il n'avait jamais connu Aydan. C'était peu probable. *N'est-ce pas ?* Non, l'Intru n'était certainement pas plus vieux qu'elle, il était donc impossible qu'il ait pu croiser Aydan à Poudlard. *Pas vrai ?* L'inquiétude l'assaillit soudain. Et s'ils s'étaient connus ? Peut-être était-ce pour cela que l'Intru lui rappelait autant le garçon. Parce que les deux s'étaient connus. *Non, impossible !* décréta-t-elle avec véhémence. Mais c'était trop tard, la graine du Doute s'était déjà implantée dans son esprit, et Stella mourrait maintenant d'envie de lui demander.
*Oui, et t'auras l'air intelligente s'il ne l'a jamais connu* Elle se retint de grimacer. Mais – pour une fois – le Fantôme marquait un point. Si l'Intru ne connaissait pas Aydan... Elle aurait simplement l'air lunatique. A lui demander des informations sur une personne qu'il n'avait probablement jamais rencontrée. Son inquiétude était ridicule.

Ridicule.

La petite Aigle esquissa un sourire discret. Si elle ne s'était pas exprimée à voix haute, l'Intru ne lui aurait probablement pas adressé la parole – et elle devait bien admettre qu'il attisait sa curiosité. Autant que sa mauvaise humeur. Était-ce possible qu'un seul Etre lui inspire des sentiments aussi contradictoires ? Manifestement.
En même temps, elle n'aurait pas été là, frissonnante, pleine de vide et de questions, à repenser à Aydan. Alors qu'elle s'était promis de ne plus le faire. *Et c'est d'sa faute à cet idiot !* pensa-t-elle avec mauvaise humeur, son sourire envolé. Elle remarqua les poings serrés de l'Intru un instant avant qu'il ne se force à les détendre. Comment réagirait-elle si jamais il lui cherchait la bagarre ? La jeune Ruewen le jaugea du regard. Il n'était pas bien imposant.

Sa question la prenant de court, elle lui jeta un regard surpris.

Apprécier la Nuit ? Était-ce même quelque chose que l'on pouvait apprendre ? Soudain un peu méfiante, Etoile se demanda s'il se moquait d'elle. Mais non, son ton semblait sincère. Alors elle se détendit et réfléchit à la question.
Elle avait toujours éprouvé une forme de respect religieux pour la Nuit, du moins d'aussi loin qu'elle se souvienne. Les étoiles – à ses yeux des astres sublimes – l'avaient toujours fascinée, comme à peu près tout ce qui touchait au Cosmos. Les choses merveilleuses que l'on pouvait observer la Nuit n'étaient visible qu'à ceux qui prenaient la peine d'essayer de Voir. Ou simplement de Ressentir.

L'Intru reprit la parole, un sourire sur ses lèvres. La fillette songea distraitement que le sourire lui allait mieux que la grimace.
La petite ne put s'empêcher de sourire en écoutant ce qu'il avait à dire sur lui-même – et sur les tableaux. Néanmoins il n'avait probablement pas tort, et elle savait au fond d'elle que malgré le petit air brave qu'elle s'était donné elle n'avait aucune envie que ces peintures aillent raconter des histoires sur elle. *Pourtant, moi j'aurais plein de choses très intéressantes à leur apprendre* se moqua le Fantôme d'un ton doucereux qui ne présageait rien de bon. Stella frissonna, et cette fois le froid n'y était pour rien. A l'inverse des personnages piégés dans leur cadre, elle avait peur de ce fantôme. Et si jamais il trouvait le moyen d'aller murmurer ses plus sombres secrets à elle aux Autres ? Cette pensée la terrifiait.

L'Intru lui arracha un rire sincère lorsqu'il conclut en haussant les épaules qu'elle n'avait pas à avoir peur de lui simplement parce qu'il était de bonne humeur. Que donnait-il lorsqu'il n'était pas d'humeur ?
Etoile ne se souvenait pas s'être posée autant de questions à propos d'un Autre avant.

Je ne pense pas qu'on puisse apprendre à apprécier la Nuit, commença-t-elle, un peu hésitante. J'ai dis ça mais en fait je pensais surtout à l'admiration que j'ai pour les astres et tout ce qui touche à l'Astrologie.

En parlant, elle réalisa que ce qu'elle disait ne répondait pas tellement à la question. Mais méritait-il vraiment une réponse ? La Serdaigle se retint de soupirer. *Oui* Il avait même fait l'effort de préciser que ce qu'elle avait dit l'avait touché, et elle avait la sensation que l'Intru n'était pas tellement du genre à se sentir touché par les propos de qui que ce soit. « J'ai dis que tu faisais partie de ceux qui ne l'apprécient pas parce que tu as brisé le silence avec....arrogance ? » développa-t-elle, avant de froncer les sourcils, insatisfaite du terme qu'elle avait choisi. « Nan, plutôt avec insolence. » corrigea-t-elle – ce qui lui apparut comme une première. Elle qui accordait une importance religieuse aux Mots, elle prenait toujours le temps de bien choisir les siens. Cet Intru l'avait donc troublée à ce point ? Etoile se surprit à sourire. « Je considère le Silence comme sacré » expliqua-t-elle, « et t'as eu aucun problème à m'interpeller. J'imagine que ça m'a contrariée. » conclut-elle en haussant les épaules, dans un geste similaire à celui de l'Intru.

Elle se sentait plus à l'aise en sa compagnie à présent. Sa mauvaise humeur et son irascibilité semblaient s'être cachées quelque part dans son cœur – mais la Serdaigle savait qu'elles ressortiraient à la moindre impression de menace – et elle sentait que la ressemblante frappante, déstabilisante même, avec Aydan la pousserait à vouloir le connaitre. C'était plus fort qu'elle.

Euh... Par hasard tu... Tu connaitrais...

Etoile laissa sa phrase en suspens, hésitante. Non, ça n'avait aucun sens. Il n'y avait pas de raisons qu'il connaisse Aydan. Qu'il l'ait connu. Bref. *T'es ridicule* Ridicule.
Ce soir, ce Mot semblait être son fil rouge.




@Orion Blackburn, j'ai l'impression de lire une histoire dont j'attends la suite avec impatience !
~1066 mots, autant dire que j'ai faillis à ma promesse.

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"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Doucement, Orion avait l'impression que la manière de l'inconnue avait de s'adresser à lui avait changé. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais l'air semblait se teinter d'une tendresse nouvelle, une connivence qui était en train d'éclore en silence. Pourtant, malgré les mots qui semblaient baisser en intensité de la part de la brune, réchauffant l'atmosphère, elle tremblait. Il le remarqua quand elle se frotta les bras. En revanche, il n'aurait rien remarqué de plus si son visage était resté de marbre mais ce dernier fut fractionné d'une grimace. Orion aurait pu choisir de l'ignorer, passer outre, mais son regard se dirigea automatiquement — sans aucune pudeur, d'ailleurs — vers l'origine de cette torsion de visage. Elle fut facile à trouver, l'inconnue avait automatiquement commencé à presser son avant-bras. Pourtant, bien qu'il pouvait deviner ce qui se tramait sous sa main, Orion sembla deviner que sa douleur venait d'autre part, d'un lieu qu'il ne pourrait probablement jamais voir.

Les démons étaient des êtres invisibles à l'oeil nu, propres à chacun, qui nous hantaient quand bien même on voulait les chasser d'un geste de la main. Le garçon n'était pas spécialement familier avec eux — il trouvait rarement du réconfort à ressasser les fantômes du passé, il préférait les laisser dans un coin de sa mémoire qu'il visitait rarement — mais il savait qu'ils existaient et que certaines personnes les laisser demeurer dans leur esprit, errant sans relâche avec pour seul objectif d'y survivre le plus longtemps possible. Il ne connaissait pas la fille, mais il savait que les démons engendraient aussi souvent la douleur qu'elle avait au bras. La douleur qui l'avait faite grimacer.

Devait-il dire quelque chose ? Orion n'aurait pas trouvé les mots, alors il préféra rester dans ce qu'il connaissait : le silence, ce langage qu’il maîtrisait mieux que tout autre. Son regard, en revanche, parlait plus que milles voix l'auraient pu ; un éclair de peine passa dans ses yeux, à peine visible. Il fit en sorte qu'il ne dure pas longtemps, parce que ce n'était pas le genre de regard qu'il jetait souvent et qu'il le sentit, alors il le fit disparaitre aussitôt qu'il apparût. Orion détestait la pitié, il ne pouvait pas se permettre de l'infliger à quelqu'un d'autre. Ses traits reprirent une composition habituelle, calme et posée et il recentra ses pensées pour se concentrer sur les dires de la jeune fille.

Elle avait retrouvé le sourire — discret, certes, mais un sourire —, ce qui le fit instantanément oublier sa réflexion précédente ; peut-être qu'Orion était tout simplement trop observateur, ou jugeait juste trop vite. Il ne s'en formalisait généralement pas — les premières impressions étaient rarement trompeuses — mais il se le permit pour une fois. Parce que ça l'arrangeait de ne pas devoir se soucier des démons des autres. Parce qu'elle commençait déjà à soulever chez lui beaucoup trop d'interrogations. Parce qu'il ne voulait pas se soucier d'une parfaite inconnue. Son sourire laissa place à la surprise, suite de la question qu'il avait posé. Elle resta évasive, ce qui eût le don de le contrarier. Orion détestait les fausses réponses, encore plus quand c'était lui qui avait pris le temps de poser la question. Ne pouvait-elle pas simplement répondre ? Elle piqua un autre nerf quand elle mentionna l'astrologie : c'était une science inexacte, qui ne méritait pas d'être mentionnée la nuit. Il osait espérer qu'elle se soit trompée de terme, qu'elle avait simplement confondu astrologie et astronomie. Seule une âme simple d'esprit croirait que le jour de notre naissance définit d'avance qui nous sommes. Il se promit de relever son erreur aussitôt qu'elle approfondirait sa réponse. Et elle le devait, si elle ne voulait pas que son humeur change.

Elle sembla avoir lu dans ses pensées parce qu'elle se rattrapa aussitôt. Elle dit qu'il avait été insolent avec le silence ; il pouvait comprendre pourquoi. Cependant, la suite de sa réponse lui arracha un sourire amusé, parce qu'il se souvint tout de même que, s'il s'était permis de ne pas apprécier le silence, comme elle disait, c'était parce qu'elle lui avait manqué de respect en premier, en insultant les tableaux. Son culot frôlait l'élégance.

Enfin, elle finit son interaction par lui demander si elle connaissait... Quelqu'un ? Quelque chose ? Elle laissa sa phrase en suspens, comme bridée par une force invisible. Mais Orion n'était pas des gens qui connaissaient. Il savait, certainement, mais il connaissait rarement. Il apprenait, il comprenait et il savait. Il était plus partisan du savoir que de la connaissance, parce qu'Orion possédait souvent plus qu'il ne se laissait l'accès. Cela pouvait être contradictoire mais pour lui, ça avait tout son sens. Il possédait le savoir, quand il s'intéressait, apprenait, mais il ne se laissait pas atteindre par la connaissance pour polluer ce qu'il savait. Pourtant, pour la première fois depuis le début de leur discussion, il n'était pas sûr de pouvoir répondre. Alors il se permit d'y aller graduellement.

« L'Astrologie ? Tu crois en ce genre de bêtises ?, commença-t-il, franchement abasourdi. Enfin, tu voulais sûrement dire Astronomie, je pense. C'est drôle que tu le mentionnes, toi qui admires les astres, tu m'apprécieras sûrement. Je m'appelle Orion. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parlé de la constellation d'Orion ? Un chasseur géant. Vraiment balèse. Forcément, ça me va plutôt bien, crâna-t-il. »

Il continua à parler.

« Et, tu remarqueras tout de même, ma belle, que si j'ai brisé le silence, c'était parce que tu l'as fait en première, en insultant ces petits monsieurs endormis dans leur prison de peinture. »

Son ton était espiègle, calme, mais pas accusateur. Il se voulait être léger, pour simplement souligner qu'il n'était peut-être pas de ceux qui n'appréciaient pas la nuit et qu'elle avait peut-être une plus haute estime d'elle qu'elle ne le pensait.

« Et connaître... Connaître qui ? Je pense que tu seras déçue. Peut-être que tu ne l'as pas encore remarqué, mais je ne suis pas vraiment du genre à connaître les gens ni à avoir une quantité astronomique d'amis. Mais tu peux toujours essayer, je suppose. »

Il lui laissa la porte ouverte. Parce que, si Orion était convaincu de savoir et de ne pas connaitre, il pouvait être surpris. Après tout, c'était ce qu'elle semblait faire : le surprendre, jusqu'à lui faire perdre ses moyens.

@Stella Ruewen, comme tu l'as si bien dit, je trépigne de lire la suite !
1057 mots — J'ai bien fait de ne rien promettre...

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
*J'aurais pas dû poser de question* Fut sa première pensée. Comme d'habitude, chaque évocation d'Aydan la mettait dans tous ses états. Il lui suffisait d'un rien. Un sourire. Des yeux. Un timbre de voix. En l'occurrence, cette simple interaction la perturbait au point de ne plus savoir quoi dire. Et Etoile se vantait pourtant de ne jamais trébucher lorsqu'elle maniait les Mots, trop experte pour se tromper de terme ou bafouiller. Dieu elle détestait bafouiller, c'était irritant au possible.
Nerveuse, la fillette se retint de jeter un regard anxieux à l'Intru. Sachant mieux que quiconque que le corps de quelqu'un en disait plus long que ses Paroles, elle se refusait à se trahir. Elle ne lui ferait pas le plaisir d'admettre qu'il la troublait autant qu'il l'agaçait. *Mieux vaut mourir oui* songea-t-elle en fanfaronnant un peu, essayant de se montrer détachée, posée. Presque ennuyée.

Mais surtout, plus que ça, elle ne reconnaitrait en aucun cas qu'elle n'avait aucune envie qu'il parte.

Ce constat la frappa. Violemment, comme un tsunami. Comme si elle avait chuté de plusieurs mètres avant de heurter le sol. L'air expulsé de ses poumons, sa cage thoracique douloureusement comprimée, ses muscles fourmillant. Le choc combla momentanément le vide qui occupait l'espace de son Enveloppe charnelle, et la petite Aigle perdit contenance. Son souffle manqua une respiration et son cœur rata un battement. Le bref manque d'air agressa ses poumons qui se contractèrent désagréablement.
Son corps en dit plus long sur un Autre que les mots qu'il prononce.
Jamais Etoile n'aurait pensé que ce dicton – bien qu'il fut à ses yeux très pertinent et s'avérait régulièrement correct – s'appliquerait un jour à elle. Elle était calme, en maitrise. Elle n'était pas en danger, jamais. C'était elle le danger. *J'dois être fatiguée, c'est tout* Oui, c'était surement ça. Aucun rapport avec le fait que l'Intru lui paraissait moins terne que les Autres. Rien à voir avec son sens de la répartie et son sarcasme qui reflétaient ceux de la petite. Absolument pas de lien avec sa présence qui ne l'agaçait plus au temps. Elle l'aurait presque trouvé...amusant ? Intrigant ? Quoi qu'il en soit, il la divertissait, cultivait son arrogance et distillait un sentiment inconnu qui mêlait curiosité, mépris et surprise. *Curieux mélange*
S'il tournait les talons et la plantait là, Etoile était certaine qu'elle chercherait à le retenir. A le provoquer. Ou à le faire rire. Le faire sourire encore une fois. Elle considérerait chaque sourire qu'elle aurait réussi à lui arracher comme une victoire personnelle. *Tu nages en plein délire ma pauvre*

L'Intru l'empêcha de répliquer au Fantôme en s'emparant une nouvelle fois du Silence, le manipulant d'une voix experte. Pourtant, le premier mot qu'il prononça lui fit froncer les sourcils et son visage se plissa naturellement de dégoût. L'Astrologie ? Rien de plus qu'un ramassis de mythes, à ses yeux, ça n'avait pas plus de valeur que la divination – autre pseudo-science particulièrement méprisée par l'Aiglonne. La suite lui fit ouvrir des yeux ronds. Elle ? Croire à ces tissus de mensonges ? *Plutôt crever que m'abaisser à pratiquer cet art douteux* songea-t-elle avec acidité, méprisante. Il reprit ses mots, supposant qu'elle avait voulut parler d'Astronomie, et non d'Astrologie. Ces bêtises faisaient honte au monde du Cosmos. Dommage que le Mot en lui-même soit si beaux. Elle s'était peut-être trompée.
La tirade de l'Intru – Orion, donc – sur le Chasseur du Ciel lui extirpa petit sourire amusé couplé à l'envolée de ses yeux vers le plafond. Si la fillette aimait lever les yeux au ciel pour discréditer les Autres, à l'instant présent il s'agissait seulement d'un geste sans arrière-pensée, d'une réaction spontanée, provoquée par la remarque de l'Intr-, d'Orion.

Orion. Le nom lui plaisait – même si son opinion était probablement biaisée du fait de la connexion avec la constellation – mais elle n'allait certainement pas approuver ses propos. *Surtout pas la dernière phrase* se dit-elle, plus amusée que méprisante. Le garçon n'avait pas tellement l'étoffe d'un grand chasseur – il était aussi impressionnant que n'importe quel autre garçon – mais elle songea que si les Mots avaient été considérés comme des Armes, il aurait été un combattant redoutable.

La suite de sa réplique, prononcée sur un ton taquin voire malicieux, lui arracha un rire bref, sincère. Certes, il marquait un point. Mais comment lui expliquer qu'elle se considérait légitime pour briser le Silence ? La Nuit, Etoile s'était toujours mouvée comme si l'Espace lui appartenait, et elle s'était toujours drapée de la cape étoilée de celle qui méritait le titre de Reine de la Nuit. Des idées grandes – peut-être trop pour un si petit Etre – et des titres pompeux. De la Poésie pour compenser l'absence de Vie. Elle comblait ses trous avec des Mots qu'elle assemblait, modulait, associait. Mais en effet, peut-être que le Temps passé en solo, à fuir la compagnie des Semblables et à se réfugier dans la solitude avaient joué sur elle, sans même qu'elle ne s'en rende compte.
Et il était possible que la petite Aigle se soit elle-même hissée sur un piédestal.
Silencieuse, elle contempla son interlocuteur. Orion. Oui, elle se souviendrait de lui, c'était certain à présent. Même s'ils n'étaient pas amenés à se recroiser, la fillette était certaine que ce Chasseur du Ciel en pyjama avait trouvé un coin où se glisser dans sa mémoire. Elle se demanda distraitement si Aydan aussi avait l'habitude d'errer dans les couloirs du château – et si c'était le cas, elle espéra qu'il se montrait plus intelligent et qu'il pensait à se couvrir. Elle se frictionna de nouveau les bras, caressant mécaniquement les marques enflées. Elle espérait qu'il ne reviendrait pas sur sa question avortée. *Ah, bon bah si alors.*

Ses mains retombèrent le long de son corps tandis qu'elle poussait un petit soupir. Puisqu'il lui avait laissé la porte ouverte... Autant répondre, sans quoi elle savait qu'à sa place elle aurait été frustrée.

Je... Est-ce que t'as connu un Aydan ? lâcha-t-elle sans prendre de détours.

Elle allait surement devoir se justifier à présent. La Serdaigle avait été surprise de sa propre réaction, ne s'attendant pas à simplement lui répondre. *Alors, on surprend les autres et soi-même maintenant ?* Elle l'aurait frappé. Si elle avait pu. « Orion, hein ? » reprit-elle, autant pour se donner le temps de la réflexion que pour essayer de se détendre, l'air songeur. « Moi c'est Stella, tu sais, l'étoile en général » ajouta-t-elle avec un petit sourire en coin. La Poète en elle se sentit touchée en notant que les deux enfants portaient un prénom lié à la Nuit. Leur rencontre avait peut-être été écrite quelque part. *Finalement j'men sortirais pas mal en Astrologie* gloussa-t-elle intérieurement. « Je reconnais mon tort, j'ai parlé en première » admit-elle. « Mais je sais que tu penses comme moi. »
Voilà qui était assez déconstruit comme dialogue. La jeune sorcière avait reprit ses mots dans le désordre.

Et je suis d'accord avec toi, l'Astrologie, c'est qu'un tissus de mensonges, appuya-t-elle avec force – quitte à se montrer décousue, autant le faire jusqu'au bout. Je voulais parler d'Astronomie, j'imagine que ma langue a fourchée à cause de la proximité des sonorités. Et puis, y a le mot "astre" dedans alors c'est plus beau comme Mot. Dommage qu'il soit utilisé pour une science aussi peu exacte, conclut-elle.




@Orion Blackburn, un peu d'écriture de nuit pour compléter une Valse de Nuit, quoi de plus beau ?
~1177 mots, je ne les ai pas vu passer !
Dernière modification par Stella Ruewen le 10 sept. 2025, 00:17, modifié 1 fois.

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
C'était drôle, la manière dont les gens pouvaient s'immiscer aussi facilement dans l'esprit des gens. Orion y avait toujours trouvé un certain plaisir. Rentrer dans la tête des autres, c'était pouvoir y lire tout ce qui les définissait : leurs envies, leurs passions, leurs secrets. Il aimait plonger ses yeux dans les leurs pour y sonder leur âme, jusqu'à l'éplucher et qu'il ne reste plus que leur noyau, leur raison même de vivre. Pourtant, il détestait qu'on ne tente ne serait-ce que de lire ses pensées. C'était insoutenable. Mais la voilà qu'elle faisait petit à petit son chemin dans son esprit. Il ne pouvait le nier ; le simple fait qu'elle l'avait rassuré sur son mépris de l'astrologie avait fait naître en lui un sentiment d'épouvante. Parce qu'il aurait été déçu si elle y avait cru, et qu'il ne voulait pas être déçu d'elle. Pourquoi ne voulait-il pas être déçu d'elle ? Il ne comprenait pas. C'était drôle. C'était étrange. Et ça ne lui plaisait pas. Ou bien, si ? Il se sentait piégé, marchant dans un labyrinthe sans sortie, dont les murs étaient ses propres craintes — ou son égo. Orion voulut se gifler d'être aussi décontenancé, lui qui laissait toujours les mots glisser par-dessus sa tête, n'ayant que faire de ce que quelqu'un pouvait faire ou penser, lui qui faisait toujours passer ses idées avant celles des autres, lui qui n'avait pas besoin qu'on le rassure sur le fait aussi insignifiant que l'astrologie n'était qu'un ramassis de bêtises. Bon sang.

Stella. C'était donc elle, l'origine de son tourment. Pendant un instant, il regretta de s'être présenté pour qu'elle le fasse à son tour. Ainsi, elle ne pouvait plus demeurer comme l'inconnue de la nuit, insipide et terne. À présent, elle devenait quelqu'un. Quelqu'un dont il se devait de se souvenir ; non seulement par politesse, mais aussi parce que les sensations désagréables et douces qu'il avait ressenties portaient un nom. Stella. D'ordinaire, Orion appréciait inventer des noms aux gens qu'il croisait. De cette façon, il se distançait automatiquement de toutes les personnes qu'il rencontrait ; elles devenaient simplement le fruit de son imagination, la destinée qu'il avait choisie pour eux et il était le maître de leur raison même de vivre. Mais quand on se présentait à lui, ces personnes reprenaient leur pouvoir. Elles devenaient leur propre être, s'en fichant royalement de ce qu'Orion pouvait dire ou penser. Stella. Elle avait désormais choisi sa propre destinée. Elle était libre à présent de s'en aller, le laissant à ses propres pensées tourmentées autour de son simple prénom. Stella. Lui qui était une constellation, elle les composait. L'espace d'un instant, il sentit une pique de rage monter en lui. Essayait-elle de rentrer dans sa composition, ainsi, en se prénommant de cette manière ? Essayait-elle de bousculer qui il était depuis l'intérieur ? Bon sang.

La torture était à son comble, et pourtant, elle était invisible aux orbes bleutées de la jeune fille. L'orage sombre qui faisait rage dans l'esprit d'Orion restait muet, sans qu'il n'exprime ne serait-ce qu'un haussement de sourcils. Il était conscient qu'il ne pouvait pas se permettre ces deux choses : être bousculé et lui montrer qu'elle le bousculait. Son visage garda contenance, malgré la bataille interne à laquelle il faisait face, là, sous ses yeux. Il le devait, parce qu'il ne pouvait pas simplement être ébranlée par cette ombre qu'il avait rencontrée dans la nuit et qui se prénommait Etoile.

Pour contre-attaquer les idées qui lui rongeaient la tête, il se contenta d'un demi-sourire, hochant la tête pour lui signifier qu'il la pardonnait de l'avoir laissé croire qu'elle avait des croyances douteuses. Orion n'aurait pas pu faire plus que ça ; il se sentait impuissant et ses forces pour vaincre un sentiment inconnu commençaient à le quitter. Non, non, non. Il ne voulait pas se soucier d'elle, qu'elle prenne une place qui n'était pas la sienne. Ça n'a pas de sens. L'empathie essayait de le vaincre, essayait de le faire ressentir quelque chose. Son estomac se tordait sous les coups qu'elle essayait de lui infliger. Mais il lui avait déjà laissé trop de leste, et il se devait d'être honnête avec lui-même s'il ne voulait pas s'évanouir sous le regard cuisant de Stella.

Il s'intéressait à elle. C'était ainsi. Bon sang.

À cette simple réalisation, il sentit sa gorge se nouer mais ses pensées se calmèrent un peu. Il prit une longue inspiration, qui pouvait se confondre avec de la réflexion en conséquence de la question de la jeune fille. Ce n'est qu'après avoir réapprovisionné son cerveau en oxygène qu'il se rendit compte que sa respiration était bloquée depuis quelques secondes. Par chance, elle pouvait simplement croire à une méditation profonde, comme si ses pensées virevoltaient pour voir s'il connaissait un prénommé Aydan. C'est qui, lui ? Il y voyait désormais plus clair, maintenant qu'il s'était débarassé de son fardeau quelques secondes plus tôt, mais il se devait désormais de penser plus rapidement. Il ne pouvait pas songer éternellement à qui était ce fameux Aydan, ç'aurait été suspicieux. Il essaya de gagner du temps.

« Oh, tu es une Etoile, alors ? C'est pour ça que je dois t'avoir remarquée. Ça brille, ce genre de choses, fit-il avec un léger sourire espiègle. Mais je comprends ce que tu veux dire. L'insolence, on peut dire que je connais. Désolé de t'avoir dérangée, en tout cas. »

Il parlait et elle, elle avait continué à frictionner ses bras douloureux, bien qu'elle les ait laissé tomber le long de son corps pour parler d'Aydan. Il l'avait remarqué bien avant, mais ça ne faisait maitenant plus aucun doute. Elle grelottait presque. Perdu pour perdu. Puisqu'après tout, il s'était avoué qu'il lui apportait un intérêt absurde... Il retira le pull qu'il portait, n'étant à présent plus qu'en pantalon de pyjama et t-shirt, et le lui tendit. C'était un bête pull en coton, mais il était chaud et il ne sentait pas la transpiration — Orion apportait un soin particulier à son hygiène, à contrario de son style vestimentaire, donc tous ses vêtements sentaient un tant soit peu son parfum mêlant des notes de poivre noir, de cardamome et de cèdre. Il se dit donc que cela devait lui aller. Au moins, elle arrêterait de se changer en glace devant lui et il ne pourrait pas se blâmer d'une éventuelle hypothermie.

« Tiens, avant que tu te changes en statue, dit-il gentiment. Tu veux qu'on marche un peu pour te réchauffer ? Et, au fait, je ne connais pas de Aydan. Enfin, peut-être que si, mais je lui ai sûrement donné un autre nom. Il s'appelle peut-être Bob ou Will pour moi, mais je me présente rarement aux gens donc si je le connaissais vraiment, il insista sur le mot, je le saurais. Qui est-ce ? »

Il tendit le bras comme pour l'inviter à entamer une marche le long des couloirs sombres et enfin mettre un terme à leur absence d'inertie.

@Stella Ruewen, je me délecte de lire la suite...
1160 mots — c'est passé à la vitesse de la lumière !

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige