PV Joanne Taylor Vérité !

La professeur hoche simplement la tête à ton merci.
Que faire maintenant ?
Tu ne sais pas vraiment.
Alors, tu laisses libre cours à tes pensées.
D'elles-même, elles forment un chemin.
Le chemin depuis cette maladie.
Depuis ce cancer que ton grand-père a attrapé.
Tous ces événements.
Avec des hauts et des bas.

Pourtant, tu es là cette nuit.
Dans un couloir du château.
Avec une professeur.

Une simple idée te traverse l'esprit.
Tu hésites si longuement.
Tu n'as pas vraiment l'habitude de te confier.
Surtout à un professeur.
Ça te parait plus dur.
Jusque là tu ne la connaissais pas.
Et tu ne connais même pas son nom ou la matière qu'elle enseigne.
Mais pourtant, tu sembles pouvoir lui faire confiance.

Après de longues secondes, tu te décides.

- C'est quelques semaines avant la fin du mois d'Août 2044 que ça a commencé, dis-tu hésitante. Il respiré bizarrement. Alors, il est allé voir le médecin qui lui a fait passer des examens. Et c'est la qu'un cancer du poumon c'est déclaré. Le départ pour Poudlard a été si compliqué. Certes j'étais heureuse de découvrir le monde de la magie mais j'étais aussi triste de ne pas pouvoir soutenir ma famille, de ne pas être auprès d'eux. Mais le traitement faisait à peu près effet ce qui pouvait rassurer. Jusqu'en Novembre. Aussi inattendu que possible, il a dut être opéré. J'ai beaucoup stressé dans cette période mais voir à Noël qu'il allait bien m'a rassurée. Et puis...

Tu n'oses pas aller plus loin.
C'est vraiment à partir de cette période que ces derniers mois pouvaient être comptés sur les doigts d'une seule main.
Tu en as déjà beaucoup dis.
Il faut que tu reprennes ton souffle.
Rien qu'en pensant à la suite, les larmes reviennent.
Là, dans tes yeux.
A dévaler tout doucement la pente de tes joues.

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PV Joanne Taylor Vérité !
Il semblait à Joanne qu’elle avait fait le bon choix en gardant le silence. L’étudiante finit par délayer quelques propos permettant à l’enseignante de mieux cerner le problème, de mieux comprendre l’étendue des émotions et des sentiments qui gouvernaient la jeune fille et qui l’avait poussé à sortir de son dortoir, à aller se balader dans les couloirs du château alors que le règlement de ce dernier lui interdisait formellement ce genre d’expédition.

Joanne ne pouvait qu’imaginer l’ambivalence de ce qu’avait ressenti la jeune fille. Cette magie qu’elle découvrait peut-être, cette envie irrépressible d’aller à Poudlard et en même temps d’être auprès des siens pour cette difficulté que la vie avait placée en travers de leurs chemins. Elle hocha doucement la tête. « Et puis ». Et puis finalement, Joanne supposait que ça n’avait rien changé. Que son grand père s’en était allé sans qu’elle n’ait pu faire quoique ce soit. Joanne en avait mal au cœur pour l’étudiante alors que pourtant, hormis pour sa grand-mère, elle était certaine qu’elle ne ressentirait jamais ce genre d’émotion pour sa famille.

Même quand sa mère était morte, quelques mois plutôt, elle n’avait rien ressenti. Qu’un profond et terrifiant vide qui voulait l’absorber toute entière. Ni délivrance, ni chagrin. Rien qui ne puisse modifier sa vie telle qu’elle se la construisait. Tout avait tellement changé, en si peu de temps. Joanne souffla doucement avant de demander à la petite sorcière « Avez-vous seulement pu lui dire au revoir ? ». C’était important pour faire un deuil, elle en était certaine.

PV Joanne Taylor Vérité !
C'est si dur.
Aller plus loin ?
Ça te fendrait encore plus le cœur.
Déjà avoir prononcé ces quelques mots a été difficile.
Alors raconter la suite ?
Aller jusqu'à cette lettre de ta mère.
Ce premier Avril alors que tout le monde s'amusait.
Et toi qui venait de perdre ton grand-père.
C'est si compliqué.

La professeur interrompe le cour de tes pensées.
Elle te pose alors une question.
Une question à laquelle tu n'avais jamais pensée.
Lui dire au revoir.
Surement aurais-tu dus ?
Pourtant, ça n'a pas été possible.
Tu n'as même pas pus aller à son enterrement.
Le voir une dernière fois.

Tu secoues doucement la tête de droite à gauche.
Et tu ajoutes :

- Je... son-son enterrement été pendant les vacances mais...

Tu n'en dis pas plus.
Tu t'arrêtes sur ces mots.
La professeur doit bien comprendre.
Rester à Poudlard pour les vacances a été difficile.
Mais c'est comme ça.

Alors, une question te traverse l'esprit.
Peux-tu encore lui dire en revoir ?
Peut-être.
Pourtant, tu ne voies pas comment.
Il est partit pour toujours.

Malgré tout, une minuscule idée germe dans ta tête.
Peut-être les Étoiles peuvent-Elles t'aider ?
Tu n'as jamais eu de réponses de Leurs parts mais t'entendent-Elles ?
Peut-être.
A vraie dire, c'est un lien si important qui t'a toujours relié à ton grand-père.
C'est grâce à lui que tu aimes tant l'Astronomie aujourd'hui.
Il t'a apprit à aller plus loin que ce qu'on peut voir chaque nuits.

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PV Joanne Taylor Vérité !
Le contexte actuel, celui de la communauté magique poussé dans ses plus profonds retranchements par une communauté moldue réclamant justice pour des exactions dont la majorité des sorciers ne pouvaient rien et qu’ils ne toléraient pas. Si pour les adultes sorciers cela coulait de source, il était évident que pour les jeunes sorciers, c’était difficile à vivre. Plus encore lorsqu’un être cher disparaissait et avec lui la perspective de tous les souvenirs partagés qui ne reviendrait plus. Surtout lorsqu’il n’y avait pas cette possibilité du dernier au revoir, quand bien même il avait une saveur d’adieu teinté d’indéchiffrable douleur. Joanne soupira.

« Cela ne doit pas être évident ». Elle ne savait pas quoi dire d’autre puisque, après tout, elle n’était pas vraiment certaine de ce que pouvait bien ressentir la petite sorcière. Après tout, les sentiments humains la dépassaient quelque peu et plus encore, elle avait la sensation qu’elle ne s’attacherait jamais à quelqu’un au point de ressentir tant de tristesse à sa disparition. Seule sa grand-mère pouvait être une exception, mais elle le savait : quoiqu’il lui arrive, elle devrait se montrer forte pour que sa famille ne sache pas le mal que cela lui faisait. Elle soupira doucement, elle n’avait guère d’idée pour remonter le moral de l’adolescence, elle n’était même pas certaine que cela soit possible en vérité.

PV Joanne Taylor Vérité !
Des Mots.
Oui, ce n'est pas évident.
C'est difficile de devoir faire face à cette Mort.
A la perte de ton grand-père.

Une question s'introduit alors dans ton Esprit.
Dans tes pensées.
Qu'est-ce que la Mort ?
Qui est-Elle ?
Voleuse d'Hommes...
Voleuse d’Êtres...

Quant est-Elle ?
Lorsque la Vie nous quitte...
Qu'Elle nous abandonne à nous-même...

Peut-être..

Serait-Elle un long chemin ?
La Vie ?
Un chemin avec des intersections...
Un chemin qui se partage...
Un chemin qui se retrouve...
Un chemin différent selon chacun...
Un chemin qui dépend de nous, de nos rencontres, de nos choix...
Mais un chemin qui mène à une chose, la Mort.


Ces questions te tracassent.
Elles tournent en boucle dans ta tête.
Mais peux-tu la poser à la professeur ?
Pourra-t-elle t'y répondre ?
Peut-être...

Trop de peut-être.
Mais une solution t'apparait.
Poser cette question.
Au pire, tu ne seras pas plus avancé.
Au mieux, tu auras une réponse.
Ou des réponses...

- Qu'est-ce que la Mort ?

Juste cette question.
Tu ne veux pas en dire plus.
Tu n'en as pas la force.
Et puis, tes Mots étaient si bas.
L’enseignante peut très bien choisir d'ignorer cette question.
De faire comme si elle ne 'avait pas entendu.
Pourtant, tu veux une réponse.
J'dois en avoir une...

Excusez-moi pour ce retard :sweatingbullets:

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PV Joanne Taylor Vérité !
La tristesse transparaissait dans le visage de l’enfant, dans ses mots aussi. Dans sa question, innocente mais lourde de sens. Joanne soupire doucement. Il est difficile de répondre à une question aussi vaste et plus encore, la réponse qu’elle pouvait offrir à la fillette ne lui plairait peut-être pas ? Joanne était une bonne pédagogue – c’est en tout cas l’impression qu’elle avait lorsqu’elle enseignait les runes – mais elle n’avait pas spécialement cette fibre que d’autres avaient, qui permettait d’être doux, tendre et parfois compréhensif. Joanne avait parfois l’impression qu’elle ne pouvait pas aider les élèves autant qu’elle l’aimerait.

Elle toussota légèrement avant de tenter une réponse. « Je pense et ce n’est que mon avis, que la mort est … La fin d’un voyage pour ceux qui partent, mais le début d’un nouveau pour ceux qui restent. Ceux qui vivent encore doivent apprendre à vivre sans ces personnes si chères à leurs cœurs ». C’était douloureux, bien entendu. Mais nécessaire, quand bien même cela semblait compliqué à voir ou à entendre. Joanne espérait donc que la jeune fille soit prête à cela. Ce n’était pas dit. La douleur et le chagrin pouvait parfois empêcher d’avoir les pensées lucides et claires. Alors Joanne serait patiente, elle essayerait mais ne forcerait pas l’étudiante à voir ce qu’elle devait voir. C’était à chacun de faire son chemin dans la douleur.

PV Joanne Taylor Vérité !
Tu ressens dans les paroles de l’enseignante comme un soutient.
Mais c'est si dure. Compliquer.
Accepter que la Vie continue ?
Sans lui.
Mais que serait-elle ?
Rien.

Mais laisser la Mort prendre sa place dans ton cœur serait-ce mieux ?
La laisser te détruire. Doucement.
Prendre Joie et bonne humeur.
T'emplir d'un seul Sentiment.
L’unique en toi. Tristesse.
Vivre sans But.
Être là. Seulement.

Tu ne dis rien.
Pas un mot. Pas un souffle.
Tu ne sais plus quoi penser.
C'est si dure. Si compliqué.
Est-ce seulement possible ?
Vivre sans lui ? Et continuer d'avancer.
Un nouveau voyage...
Peut-être.

Cœur. Corps. Esprit.
Tous partagés entre deux sentiments.
La facilité d'une part.
Se résigner à ce choix.
Rester là. A cette étape.
Vivre chaque jours avec ce poids. Lourd. Difficile à supporter.
La difficulté d'autre part.
Avancer. Plus loin.
Continuer ton chemin là où le sien s'arrête.
Suivre les conseille de l'enseignante. Aller de l'avant.
Tout en pensant à lui.

- Je... j'sais plus quoi faire...

Ces dans un souffle que tu prononces ces paroles.
Comme si tu ne veux pas briser le Silence qui s'est installé.
Pourquoi ? Pourquoi avoir laisser ces Mots s'échapper ?
Espères-tu avoir des réponses ?
Oui.
Mais peut-elle seulement t'en donner ?
...

Aucunes réponses.
Et tant de questions.
Tu fais que ça. Poser questions sur questions.
Et si peu de réponses.

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PV Joanne Taylor Vérité !
Que pouvait-elle faire ? Le deuil était une émotion particulière à traverser, propre à chacun. Il était difficile de dire que ce qui fonctionnait pour elle, après tout, ce n’était pas dit que cela fonctionne également pour la jeune étudiante. C’était à elle de découvrir ses accroches, ce qui la rattachait à la vie, ce qui lui permettait de continuer à respirer, à vivre. Quand bien même cela lui semblait impossible actuellement, un jour viendrait l’envie de se remettre à vivre. Vivre pour elle oui, mais vivre aussi pour celles et ceux qui sont partis. Joanne soupira doucement.

« Malheureusement … » commença-t-elle d’une voix douce, « c’est difficile de dire à votre place ce qu’il convient de faire ». Joanne baissa les yeux sur ses mains, dont les doigts s’étaient emmêlés, comme si eux aussi cherchaient une solution pour aider l’enfant. Il n’y avait pas de solution miracle, Joanne le savait, aucune solution miracle n’existait, quel que soit le problème qui se présente, il fallait prendre les armes pour le combattre. Rien n’était dû, rien n’était facile. Mais que pouvait-elle dire à un enfant ?

« C’est à vous de faire votre propre chemin, peut-être sera-t-il long. Vous n’oublierez jamais cette douleur écrasante que vous ressentez, mais vous finirez par faire d’elle l’une de vos forces ». Voilà, c’était le mieux qu’elle puisse faire, elle n’avait pas vraiment d’autre choix.

PV Joanne Taylor Vérité !
Les Mots de la professeur filent à travers ton cerveau.
Ils sont trop abstrait pour le moment.
Ton Esprit de petite fille ne les analyse pas pour l'instant.
Mais pourtant, une infime partis de ton Corps retient ces Mots.
Ces paroles auraient put filer. Filer à toute vitesse loin de tout. De toi.
Mais à la place, un Quelque chose les retienne.

- Je... merci...

Ta voix tremble.
Pourtant, tu es d'autant plus sincère.
Mais c'est alors qu'une Interrogation pointe le bout de son nez.
Que faire ? Que faire désormais ?
Va-t-elle te renvoyer dans ton dortoir sans vraiment rien dire ?
Non. Elle risque plutôt de te punir ?
Quoique. Elle semble gentille. Ou compréhensive du moins.
Mais tu n'as pas le droit d'être là malgré tout. A cette heure tardive de la Nuit.
C'est dans ton lit que tu devrais être. Parmi tes camardes de dortoir.
Loin du calme des couloirs en pleine ne Nuit.
Il a beau ne plus être là... moi non plus j'devrais pas...

Tu te tournes vers elle.
Est-ce qu'il faut lui demander ?
Puis-je retourner dans mon dortoir ou... ?
Tu ne vas pas plus loin. Que mettre après ce Ou ? Tu ne sais pas.
Alors tu attends. En Silence.
Les sons de l'extérieur te parviennent.
Le hululement lointains des chouettes.
Mais pourtant si proche lorsque aucuns autres bruits prisent le calme de la Nuit.
Et, tu sens autre chose. C'est rapide. Une masse sombre qui se faufile près de toi.
Un mouvement de sursaut lorsque tu la sens, quelques secondes, à un ou deux centimètres seulement.
Mais rapidement tu te rassures.
Ça doit être qu'une souris.

Ce très rapide instant passé, tes Pensées se retournent toutes vers un même point.
Question.
Je... J'dois lui demander ?
Vide. Rien. Aucune réponse.
Peut-être en parlera-t-elle d'elle même ?
Peut-être.
Tu ne sais que faire alors tu attends.
Ton petit corps toujours contre les dalles froides du couloirs.
Et l'Esprit assaillit de Pensées. D'Interrogation.

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PV Joanne Taylor Vérité !
Avec mes plus plates excuses pour ce monstrueux retard.

Le silence a repris ses droits dans cette nuit obscure. Joanne pense qu’il est désormais temps pour la jeune fille de profiter d’un sommeil réparateur. Elle ne peut rien faire de plus pour l’enfant. Ni maintenant, ni plus tard. Elle ne dispose pas de pouvoir magique capable de réduire à néant la douleur que la fillette ressent. Et même si c’était le cas, le ferait-elle ? Elle n’en est pas sûre, pour la simple – et peut-être bonne – raison qu’il faut expérimenter pour vivre. Que les douleurs, si fortes soient-elle, si écrasantes peuvent-elles être, sont formatrices. Elles permettent de mieux comprendre les contours de la vie. De mieux l’appréhender. Dans la souffrance, certes.

Joanne se relève, tend la main à la jeune fille et lui dit « Je vais vous ramener à votre dortoir. Il est temps pour vous d’aller dormir. Vous devez vous reposer ». L’enseignante rajouterai bien quelques propos sur le fait que son grand père n’aimerait certainement pas voir sa petite fille ainsi mais, elle n’est pas de ce genre. Elle n’aime pas faire parler les morts. Encore moins ceux qu’elle ne connait pas. Alors, elle demande « Pensez-vous que votre grand père aimerait vous voir dans ce couloir froid pour la nuit ? ». La voix est douce et sincère. Joanne pense qu’évoquer les souhaits de son grand-père pourra permettre à la jeune fille de s’en remettre. Doucement mais sûrement.