Quand souffle le Vent d'Irlande PV RPG++

Avec @Émeline Joyner

21 Décembre 2044


La nuit a été courte pour tout le monde. Après son arrivée au domaine des Maguire, le jeune Matthew a vite été alité dans sa chambre. Sous le regard de ses parents et de sa sœur, le Serdaigle a eu à raconter dans les détails son histoire malheureuse. Matthew n’eut pas assez d’énergie pour tenir si longtemps une conversation et est vite tombé dans une profonde torpeur sans rêve. Lors de son réveil, Philip Maguire était à son chevet. Le garçon n’a jamais vu son père dans sa chambre pour veiller sur lui. L’aîné rompt le silence alors que Matthew se frotte les yeux.

- As-tu bien dormi, mon fils ?
- Père.. ? Que faites-vous là.. ?
- Je voulais m’assurer que tu ailles bien. Moïra t’a préparé ton petit déjeuner pour que tu le manges dans ta chambre.
- Mais Père… Je peux mar…
- Non, mon fils. Tu as besoin de rester immobile pour l’instant. Les médicomages ont été clairs, pourtant.

L’homme hausse la voix et plante ses pupilles d’acier dans celles de son fils qui baisse les yeux. Le jeune garçon se redressa lentement alors que les oreillers de son lit forment un dossier. Le plateau à côté du Serdaigle se pose sur ses genoux. Matthew saisit une tartine de pain beurré qui sert de lit à une tranche de fromage qu’il mord, résigné. Le père le regarde avec un air plus tendre et dépose des béquilles près de sa table de chevet.

- Je suis fier de toi, Matthew.
- Pardon, Père ?
- Tu n’as pas hésité à protéger une de tes camarades. C’était stupide d’agir comme tu l’as fait et avec tes compétences. Mais c’est incontestable, tu as fait preuve de beaucoup de courage. Et je suis fier d’avoir élevé un garçon qui n’est pas un lâche.

Les paroles et les gestes tendres d’un père pour son fils ont toujours été rares au Domaine des Maguire. Mais ils ont toujours été intenses, pour l’une comme pour l’autre partie. Matthew termine alors sa tartine et son père se lève alors, sans un bruit.

- Je reviendrai te voir pour midi. Je te souhaite une bonne matinée. Tu as, je pense, assez de travail et de lecture pour t’occuper ce matin. Mais ne sors pas de ton lit, sauf en cas de force majeure.
- Bien, Père… Merci, Père.

L’homme quitte alors la chambre de son fils, le laissant alors seul dans son petit domaine. Matthew regarde son bureau. Il a besoin d’y écrire. Il faut qu’il envoie une lettre. Rien qu’une lettre. Une seule. Il saisit alors les béquilles. Il tait le gémissement plaintif qui déchire ses lèvres et empoigne ses aides, s’appuyant dessus pour le relever. Il boîte. Il titube. Il manque même de tomber à plusieurs reprises… Mais il parvient à la chaise de son bureau sur laquelle il s’installe. Ses faibles bras tremblants saisissent sa plume, son encrier et du parchemin. Le besoin d’écrire est intense. Vital. Matthew ferme les yeux quelques instants et trempe sa plume dans son encrier.



Mr. Maguire Matthew
Domaine Maguire
1 Memorial Road Avenue
Dublin
Irlande

Miss Joyner Émeline
Élève de Serdaigle
École de Sorcellerie Poudlard
Highlands Ecosse

A Dublin, en la date du 21 Décembre 2044


Ma très chère Emi,

Je suis désolé de ne pas t’avoir prévenue que je partais. Je ne pensais pas que mon courrier allait aboutir et je n’ai été mis au courant que je pouvais repartir en Irlande pour poursuivre ma convalescence que quelques minutes avant mon départ et je n’ai vu personne avant de partir. J’espère que tu ne m’en veux pas trop.

Je veux que tu saches que je t’aime et que jamais je n’ai voulu te faire du mal sous quelque forme que ce soit. Je voulais te dire au revoir, mais je pense qu’au vu de l’heure de mon départ, tu dormais déjà, ça n’aurait probablement servi à rien. J’ai laissé derrière moi mon écharpe pour qu’une partie de moi reste toujours avec toi, à Poudlard. Tu as le droit de la porter pour que je ne te quitte jamais.

J’ignore pour combien de temps je resterai chez moi en Irlande, mais j’espère qu’on se reverra très bientôt. Je pense qu’on a beaucoup de choses à se dire. En attendant, je ne peux guère que t’offrir quelques lettres qui te feront, je l’espère, au moins un peu plaisir.

Je me souviens qu’aujourd’hui, c’est ton anniversaire. C’est pour ça que je t’offre le livre joint à ce courrier. J’aurais voulu te l’offrir en main propre, mais les choses en ont décidé autrement. J’ai pris le soin de choisir un roman de la littérature Moldue, j’espère que tu ne l’as pas déjà dans ta bibliothèque. Je te souhaite tout de même un très joyeux anniversaire, qu’il ne t’arrive que des bonnes choses pour l’année à venir et de toujours avoir greffé sur tes lèvres ce sourire qui te correspond tant.

Prends soin de toi,

Affectueusement,

Matthew W. C. J. Maguire

PS : Je te prie d’excuser le caractère très formel de mon courrier, je n’ai pas souvent eu l’occasion d’envoyer des hiboux amicaux, j’ignore comment formuler mes correspondances autrement.


Matthew ouvre alors la valise de l’autre côté de son bureau et y sort l’exemplaire du fameux livre qui sert de présent à sa très chère amie. « Fleur de Neige » de l’autrice Moldue Ambre Hurlevent. Il y sort également deux boîtes de Chocogrenouilles avant de tapoter de sa baguette tout le contenu de sa correspondance.

Suite à sa demande, l’expédition du colis est faite dans la journée. Le hibou s'envole alors pour Poudlard.

Après un frugal repas, le jeune Maguire s’allonge dans son lit, un exemplaire d’un autre livre de littérature Moldue sur sa table de chevet et sa baguette sous son oreiller. Il s’endort alors lentement, très lentement, ne pensant qu’à une seule chose. Le sourire de celle qu’il aime.

The Foggy Dew
2ème année RP

Méfiez-vous des trèfles...

Quand souffle le Vent d'Irlande PV RPG++
2 Février 2045



Plus d'un mois était passé depuis l'anniversaire de la Serdaigle. La fillette, le jour de son anniversaire, avait pu s'amuser près du lac gelé avec une toute nouvelle connaissance. Elle était si joyeuse et pleine de vie. La douche froide fut violente quand elle apprit par l'infirmière que son ami était retourné chez-lui. Il n'y avait aucune explication, même pas une petite note à son attention. Il lui restait que l'écharpe que le garçon avait dû oublier.

Au début, Émeline débordait de tristesse. Elle recherchait dans les couloirs, la salle-commune ou même à l'infirmerie, son meilleur-ami. Au fond, elle savait bien qu'il n'allait pas sortir d'un coin comme par enchantement. Sorcier ou pas, il restait toujours des choses impossibles, même dans le monde de la magie. Puis cette tristesse qui l'avait accompagné pendant des jours, s'était transformée en véritable colère envers Matthew. Il avait osé ne pas lui envoyer de nouvelles, comme si elle n'était rien à ses yeux. Et en plus, lui infliger son départ le jour de son anniversaire, quel MERVEILLEUX cadeau que celui-ci !

Elle était si énervée qu'elle en avait même écrit une lettre à Crow ! Le pauvre d'ailleurs n'avait pas dû bien comprendre de quoi la jeune sorcière pouvait bien parler.
C'était devenu du grand n'importe quoi. Elle ne se coiffait plus les cheveux, mangeait comme six et n'écoutait plus ses cours. Le déclin de la Joyner était inévitable à ce train-là.

Cependant ce jour-là, un colis et une lettre l'attendaient à la volière. Mike lui avait dit pendant le repas, il fallait vite qu'elle aille les récupérer avant le couvre-feu. Elle s'était donc dirigée vers la volière après avoir bien mangé. En arrivant, elle trouva le fameux paquet avec la lettre qui l'accompagnait. Son prénom était écrit sur la lettre. Elle prit le tout et se rendit rapidement à son dortoir.

C'est quand elle fut bien installée sous sa couette qu'elle ouvrit en premier la lettre. Tout d'abord, ce fut la surprise qui passa sur son visage, puis la colère, pour enfin finir sur le l'incompréhension. Qu'est-ce que c'était que ce délire ? Cette lettre datait du soir de son anniversaire, comment avait-elle pu lui arriver que maintenant ? Elle avait passé autant de temps à être énervée pour rien ? En vérité Matthew avait pensé à elle dès le début. L'écharpe qu'il avait laissée était aussi pour elle et non un simple oubli. Elle ouvrit le paquet et put toucher la magnifique couverture du livre que lui offrait si gentiment son ami. Elle n'avait pas connaissance de cette autrice, le fait qu'il ait choisi un livre qui provenait du monde des moldus lui fit encore plus plaisir. Émeline savait bien que Matthew n'en connaissait pas énormément pour ce qui était de la littérature moldue.

Elle se leva, un peu déphasée, pour attraper l'écharpe de Matthew et l'enrouler autour de son cou. Comment avait-elle pu finir par croire que son ami l'avait abandonné ? Quelques larmes de honte étaient en train de perler sur le coin de ses beaux yeux noirs. Honteuse, elle se recoucha dans son lit et serra fort contre elle la lettre et le livre qu'elle venait de recevoir. Dans son sommeil, elle fit enfin son tout premier sourire du mois de février.

Le lendemain matin, elle se réveilla avec le tout dans ses bras. Malgré cette nouvelle, quelque chose la tracassait toujours. Matthew n'avait pas essayé de la recontacter depuis tout ce temps, est-ce qu'il avait essayé de lui renvoyer une autre lettre au moins ? Ou l'avait-il simplement laisser tomber face au silence de réponse qu'elle n'avait même pas pu décider elle-même ? Il était clair que toute cette histoire était étrange pour Émeline, elle n'aimait pas trop ça.

Ce fut après avoir pris le petit-déjeuner qu'elle se décida à écrire une réponse.


"Émeline Joyner

Mr. Matthew Maguire
Domaine Maguire
1 Memorial Road Avenue
Dublin
Irlande


A Poudlard, le 2 Février 2045


Matthew,

Je t'avoue que je suis assez troublée. J'ai reçu hier ta lettre et ton colis. Comme j'ai pu le remarquer, tu as écrit cette lettre le soir de mon anniversaire. Mais c'était il y a un plus d'un mois. Cela fait des semaines que j'ai pensé que tu m'avais oublié. Je ne sais pas ce qui a fait que ton courrier ne soit pas arrivé vite, mais ça m'a fait mal de voir que je n'avais aucune nouvelles de ta part.

J'espère que ton corps va mieux depuis tout ce temps...Est-ce que tu peux marcher de nouveau ? Tes parents s'occupent bien de mettre de la pommade sur tes blessures ? Cela serait dommage que tu en gardes des marques.

Merci pour le cadeau, je ne connais pas cette autrice mais elle a l'air bien. Est-ce que tu comptes revenir à Poudlard pour la fin de l'année scolaire ? Oh et ne t'inquiète pas, j'ai bien récupéré ton écharpe. Au début je pensais que tu l'avais juste oublié, je ne pensais pas que tu l'avais laissé juste pour moi... Enfin voilà, sois juste rassuré, elle n'est pas perdue.

De même pour toi,

Amicalement,

Émeline Joyner


PS: Ce n'est pas grave, moi non plus je n'en fais pas beaucoup des courriers amicaux. Je ne vais pas t'en vouloir.
"



Sa lettre était bien plus courte que celle de Matthew, elle semblait même un peu froide à des moments. Elle n'avait pas pu s'en empêcher, elle ressentait cette amertume depuis plus d'un mois ! Fallait bien que ça sorte quelque part. Le pauvre garçon n'allait sûrement pas comprendre son comportement. Là, elle s'en fichait pas mal. Elle était contente d'apprendre qu'il ne l'avait pas abandonné mais ça ne pardonnait pas complètement les mauvais moments qu'elle avait passé à cause de ça.

Après ses cours de la journée, elle se rendit de nouveau à la volière pour confier sa réponse à un hibou. Elle regarda le volatile s'en aller avec la lettre. Elle redescendit les marches de la tour, se demandant si elle allait recevoir la prochaine lettre la veille des grandes vacances.

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline

Quand souffle le Vent d'Irlande PV RPG++
7 février 2045


Plusieurs mois se sont écoulés depuis l’envoi de la lettre de Matthew pour sa destinataire à Poudlard. Chaque jour passé depuis cette date, le garçon regardait à la fenêtre de sa chambre, guettant le retour d’un hibou porteur de bonnes nouvelles. Durant des heures, lorsqu’il parvenait à se déplacer, il attendait, là, juste devant le carreau de sa fenêtre. Le ciel irlandais était la toile qu’il regardait le plus. Même les pages d’encre et de papier qui sont pourtant si chères à son cœur, il les délaissait, juste pour pouvoir surveiller au loin la vue d’un oiseau venant d’Écosse et tenant entre ses serres une lettre pour lui. La neige tombait à gros flocons dans la ville de Dublin, cette année. Sans aucun bruit, le garçon reste tranquillement installé sur sa chaise de bureau, scrutant l’horizon. Sa treizième année était commencée depuis déjà quatre jours. La fête d’anniversaire du jeune Serdaigle s’est passée confinée dans le domaine Maguire, en très petit comité. Les bougies ont peiné à être éteintes, cette année-là. Le souffle du garçon n’était plus ce qu’il était avant le fameux bal… Mais il eut néanmoins une idée de vœu toute trouvée. Pas de guérison rapide. Pas de pouvoir revenir à Poudlard promptement. Pas même avoir une édition limitée d’un livre rarissime à ajouter dans sa collection. Son vœu, il tenait en un prénom. Émeline. Il aurait juré avoir entendu la voix de son amie dans sa tête lui dire « Joyeux anniversaire, Matt ! ». Mais son vœu était qu’elle soit avec lui pour souffler les treize flammèches bien trop résistantes pour son souffle seul. Il fut néanmoins aidé par Elyon, qui était revenue de son périple quelques jours plus tôt pour se rendre au chevet de son petit frère.

Ce matin, comme tous les autres, le jeune Serdaigle était à son bureau pour regarder le ciel depuis sa chaise. Mais ce jour-là, quelque chose diffère des autres jours monotones de surveillance à sa fenêtre. C’est Moïra qui se rend dans sa chambre, armée d’un plateau d’argent au milieu duquel trône une curieuse enveloppe...

- Matthew ? Vous avez reçu du courrier, aujourd’hui. Une lettre venant de Poudlard.

La gouvernante put alors voir le visage illuminé du garçon qui s’empare doucement du courrier qui lui est destiné. Aucun doute possible. Il sait qui lui envoie cette lettre. Et il attendait avec impatience ce retour. Elle ne lui en voulait pas, finalement… C’est une fois qu’il a lu le courrier que son inquiétude disparaît… Il la lit une seconde fois. Puis une troisième fois. Avant de sortir son matériel de correspondance de son tiroir et de planter sa plume dans son encrier, prêt à lui répondre dans la seconde...

Mr. Maguire Matthew
Domaine Maguire
1 Memorial Road Avenue
Dublin
Irlande
Miss Joyner Émeline
Élève de Serdaigle
École de Sorcellerie Poudlard
Highlands Ecosse

A Dublin, en la date du 07 Février 2045

Ma très chère Emi,

Je suis rassuré d’avoir de tes nouvelles. J’avais peur que tu m’en veuilles d’être parti sans te prévenir plus tôt. Je m’en veux déjà de ne pas t’avoir parlé de mon hibou pour me faire rentrer en Irlande quand j’étais à l’infirmerie. J’ai hésité à t’envoyer une lettre pour te souhaiter un joyeux Noël et une bonne année, mais j’ignorais si tu étais à Poudlard ou chez toi pour les vacances de Noël. Comme je n’ai pas ton adresse, j’ai essayé de te contacter à Poudlard, en espérant que tu y soies pour que tu puisses recevoir mon courrier, tout en espérant que tu n’y soies pas pour que tu passes les fêtes de fin d’année avec ta famille...

C’est très étrange, en effet. J’ai pourtant fait au mieux pour t’envoyer ton cadeau le jour J, pensant qu’il arriverait au pire trois jours plus tard, comme je corresponds régulièrement avec mes parents, ma sœur ou ma tante quand je suis à Poudlard… Je veillerai à envoyer mes courriers en prioritaire à l’avenir. Je veux que tu saches que je répondrai toujours à tes lettres dès que je les recevrai. Jamais je ne t’oublierai, Émeline. Je te le promets. Je te promets que nous garderons toujours le contact si tu le veux bien.

Concernant mon corps, je ne vais pas vraiment mieux. Je marche difficilement, avec des béquilles, de l’aide et même ainsi, je trébuche plusieurs fois. Le mois dernier, j’ai failli faire une chute en descendant de mon lit… C’est très frustrant de constater que même mon propre corps décide d’aller contre ma volonté. On me soigne bien, je crois que je n’ai plus beaucoup de marques dans le dos. Hélas, pour l’instant, personne ne se prononce sur mon retour à l’école avant la fin de l’année, en tout cas, j’aimerais pouvoir guérir rapidement pour revoir Poudlard, la bibliothèque, la salle commune… Mais je crois que c’est te revoir toi que je veux le plus. Peut-être que je peux demander à ma famille pour que je puisse t’inviter à la maison si tes parents sont d’accord ? J’aimerais vraiment te revoir. Pour la première fois de toute ma vie, je ressens un manque quand je ne vois pas quelqu’un pendant longtemps. Nous n’avons jamais pris le temps de prendre une photo ensemble. Peut-être que j’aurais dû arriver plus tôt au bal de Samain pour qu’on puisse en prendre une ? Avant que je ne perde l’usage de mes jambes pour de longues semaines… J’aurais aimé pouvoir voir ton sourire quand je veux, même en étant loin de toi. Mes souvenirs sont mes seuls moyens de le revoir.

Concernant ce cadeau, j’espère qu’il te plaît, si tu es en train de le lire. J’ai d’autres cadeaux pour toi, mais j’attendrai de pouvoir te les offrir en main propre. Tu n’espérais pas passer à côté d’un cadeau de Noël de ma part, n’est-ce pas ? Quand tu viendras me voir en Irlande, si c’est possible...

Pendant ma convalescence, j’ai lu, je lis et lirai beaucoup d’ouvrages. Je n’hésiterai pas à te communiquer des titres que tu pourras chercher à la bibliothèque pour les lire. J’aime quand nous parlons de nos lectures et des débats qui en découlent… Et toi, alors ? As-tu des projets et des lectures en cours ? Que deviens-tu et comment va ta famille ? J’ai hâte de te lire à nouveau pour avoir toutes ces réponses.

Prends soin de toi,

Je t’aime,

Matthew W. C. J. Maguire



Reposant sa plume dans son encrier, le garçon saisit une enveloppe avant d’y enfermer la lettre impeccablement pliée en trois parfaitement égales. Sa dextérité revient malgré tout petit à petit, même si le chemin pour retrouver son adresse naturelle lui semble infiniment long. C’est alors qu’on frappe à sa porte. Faisant tourner sa chaise de bureau, le garçon regarde dans la direction de son visiteur…

- Salut p’tite tête !
- Ely ?
- Je voulais voir comment tu allais… Qu’est-ce que tu fais à ton bureau ?
- Rien du tout…
- Tut tut tut ! Ne me mens pas, p’tite tête ! Tu sais bien que je sais quand tu mens…

La jeune femme aux yeux bleu-gris regarde alors ce qui se trouve au centre du bureau de son frère. Du matériel de correspondance… Elle esquisse un sourire en voyant l’adresse sur l’enveloppe. Puis elle regarde une nouvelle fois son cadet.

- Elle te manque, n’est-ce pas ?
- Euh…
- L’école !
- Oui, l’école… Oui… L’école…
- Tu donnes des nouvelles à tes amis ?
- Oui, à mes amis… Mes amis…
- Je te vois rougir, p’tite tête… Je suis contente que tu reprennes des couleurs, tu as l’air moins malade que d’habitude ! Tes « amis » te font du bien, ça ne fait aucun doute !
- Justement, j’avais fini d’écrire ma lettre… Tu pourrais la poster au courrier à envoyer pour moi ? Si je vais moi-même à la volière, ma lettre n’arrivera pas avant les vacances d’été...

Affichant un triste sourire à sa grande sœur, le garçon baisse les yeux. C’est alors que l’aînée s’empare de l’enveloppe et lisant le nom de la destinataire de son frère. Elle lève les sourcils, un sourire amusée sur les lèvres et répond à Matthew.

- Ne t’en fais pas. Ta lettre partira ce soir et… « Miss Joyner Émeline » pourra lire ta lettre en mangeant son petit-déjeuner.
- Ely !
- Eh bien, quoi ? Pourquoi est-ce que tu es aussi nerveux quand je dis son nom ?

Un silence de mort règne dans la pièce. Puis Elyon met son doigt sur le bout du nez de son frère, dans un geste affectueux. Elle lui sourit et s’éloigne de lui.

- Tu peux compter sur moi. Je garderai le secret, p’tite tête…
- Merci...

Le soir-même, la lettre a bien été envoyée par Elyon. Matthew, après cette nouvelle, se couche finalement dans son lit, un livre ouvert dans les mains. Mais ce n’est pas le contenu du livre qu’il lisait. C’était bien la lettre de son amie qui occupait sa lecture. Les taches d’encre, la rondeur de ses boucles, sa calligraphie, la couleur de l’encre… Tout dans cette lettre le rendait heureux, apaisé… Après de longues et nombreuses lectures, c’est alors qu’il s’empare de la lettre soigneusement pliée et, se retournant dans son lit, pose la correspondance sur son torse nu. Alors qu’il clôt les yeux lentement, Matthew murmure une dernière fois son nom, comme si l’appeler était la clé pour entrer dans le monde des doux songes.

- Emi...

The Foggy Dew
2ème année RP

Méfiez-vous des trèfles...