Snowfield
Elle avait encore une fois parlé sans réfléchir ; accompagnée par sa fichue impulsivité qui la bousculait sans cesse. Et ce qu'elle avait dit lui revenait en pleine figure. Elle devrait apprendre à être plus attentive aux autres.
Ne pas voir sa grand mère ; ne pas être capable de parler à ses grands parents. Aucune option de paraissait préférable à l'autre, chacune emplie de tristesse. Une douce nostalgie d'un monde qui n'existerait jamais l'envahit soudain, comme une immense vague. Jusqu'à ce que Siobhán ne semble s'excuser pour ses paroles quelque peu agacées, alors que le tort ne venait pas d'elle.
La fillette répliqua, comme repentie :
"S'cuse, moi aussi je me suis peut-être un peu emportée... J'voulais pas te blesser, au sujet de tes grands-parents", rajouta-t-elle avec une moue désolée.
C'était de bonne guerre, et les excuses allaient toujours de paire chez elle, pour quoi que ce soit.
Dispersant ses pensées d'un froncement de sourcil, elle tendit l'oreille à ce que lui disait sa vis-à-vis, déjà passée à autre chose.
D'après ses suggestions éclairantes sur le sujet, les Moldus paraissaient plus enclins à la consommation que les sorciers. Intéressée par la question, Felicia mit - pour une énième fois - sa besogne en pause, réfléchissant. La magie devait apporter beaucoup de choses à choses à ceux qui savaient la dompter, autant d'objets que les humains dépourvus de pouvoirs se voyaient contraints d'acheter. D'autre part, elle connaissait un nombre important de sorciers poussés par la consommation, de produits divers autant qu'inutiles. Sa mère, par exemple. Ou Manuela. Peut-être était-ce une folie universelle, finalement.
"Ça doit varier en fonction des familles, aussi. Mmm... Noël c'est cool, de toutes manières qu'on puisse le fêter.", conclut-elle aimablement.
Reprenant leur occupation, elle soutint le gros tas de neige qu'elle avait amassé, afin que l'autre y dépose ce qui servirait de tête. Ne restait plus qu'à garnir la morne blancheur du corps immaculé, et l'enfant approuva aux paroles de la demoiselle, se relevant brusquement pour partir à la recherche des trésors mentionnés. Le vent s'engouffra alors dans sa cape, son souffle glacial faisant trembler les barrières érigées par le sortilège. La neige, qui avait dû cesser de tomber une poignée de minutes auparavant, reprenait de plus belle et les flocons se pressaient dans l'air gelé. La tâche serait plus ardue que prévu, puisque la poudreuse recouvrait la moindre plante, la moindre trace émergente dans cet océan de nacre.
Aussi proposa-t-elle à sa compagne de jeu de se répartir la besogne :
"J'peux aller chercher du bois, et tu t'occupes du reste ; c'est plus simple comme ça non ?"
Puis, sans attendre spécialement de réponse, elle se mit en mouvement, désireuse de se réchauffer.
***
S'avançant vers une haie lourde de givre, Felicia plissait les yeux pour y examiner le sol aux racines. Lorsqu'elle aperçut des brindilles laissées apparentes, protégées par la futaie, elle s'y précipita peu élégamment pour y découvrir ce dont elle avait besoin. Délogeant ses bottines de la neige boueuse qui les enserrait elle partit en courant, avant de piler devant les broussailles. Les branches mortes les plus attrayantes se trouvaient en-dessous, dans l'étroit espace situé entre la terre et les buissons. Déterminée à aller les ramasser, la fillette s'y faufila, à quatre pattes sur le sol gelé. Les griffes des taillis lui lacérèrent le dos, la nuque, le crâne jusqu'à ce qu'elle parvienne au centre du fourré. Là se trouvait une petite oasis de calme, protégée de l’extérieur et sans aucun doute invisible aux regards, abritée du vent et de la tempête.
Elle aurait pu y rester longtemps, pelotonnée contre un tronc pour savourer cette quiétude, mais la surface restreinte l'obligeait à rentrer la tête dans sa cape, elle n'y tenait qu'accroupie. Se saisissant des plus beaux bâtons qu'elle pût trouver - les plus droits -, elle s'empressa de tourner les talons, ressortant des buissons nettement moins ordonnée qu'elle n'y était rentrée.
"Eh, Siobhán, j'ai trouvé des bâtons ! T'en es où de ton côté ?"
Cheveux en bataille, cape maculée de boue, elle était ravie.
Cette fois-ci est la bonne, j'en suis certaine ; je suis prête
Ne pas voir sa grand mère ; ne pas être capable de parler à ses grands parents. Aucune option de paraissait préférable à l'autre, chacune emplie de tristesse. Une douce nostalgie d'un monde qui n'existerait jamais l'envahit soudain, comme une immense vague. Jusqu'à ce que Siobhán ne semble s'excuser pour ses paroles quelque peu agacées, alors que le tort ne venait pas d'elle.
La fillette répliqua, comme repentie :
"S'cuse, moi aussi je me suis peut-être un peu emportée... J'voulais pas te blesser, au sujet de tes grands-parents", rajouta-t-elle avec une moue désolée.
C'était de bonne guerre, et les excuses allaient toujours de paire chez elle, pour quoi que ce soit.
Dispersant ses pensées d'un froncement de sourcil, elle tendit l'oreille à ce que lui disait sa vis-à-vis, déjà passée à autre chose.
D'après ses suggestions éclairantes sur le sujet, les Moldus paraissaient plus enclins à la consommation que les sorciers. Intéressée par la question, Felicia mit - pour une énième fois - sa besogne en pause, réfléchissant. La magie devait apporter beaucoup de choses à choses à ceux qui savaient la dompter, autant d'objets que les humains dépourvus de pouvoirs se voyaient contraints d'acheter. D'autre part, elle connaissait un nombre important de sorciers poussés par la consommation, de produits divers autant qu'inutiles. Sa mère, par exemple. Ou Manuela. Peut-être était-ce une folie universelle, finalement.
"Ça doit varier en fonction des familles, aussi. Mmm... Noël c'est cool, de toutes manières qu'on puisse le fêter.", conclut-elle aimablement.
Reprenant leur occupation, elle soutint le gros tas de neige qu'elle avait amassé, afin que l'autre y dépose ce qui servirait de tête. Ne restait plus qu'à garnir la morne blancheur du corps immaculé, et l'enfant approuva aux paroles de la demoiselle, se relevant brusquement pour partir à la recherche des trésors mentionnés. Le vent s'engouffra alors dans sa cape, son souffle glacial faisant trembler les barrières érigées par le sortilège. La neige, qui avait dû cesser de tomber une poignée de minutes auparavant, reprenait de plus belle et les flocons se pressaient dans l'air gelé. La tâche serait plus ardue que prévu, puisque la poudreuse recouvrait la moindre plante, la moindre trace émergente dans cet océan de nacre.
Aussi proposa-t-elle à sa compagne de jeu de se répartir la besogne :
"J'peux aller chercher du bois, et tu t'occupes du reste ; c'est plus simple comme ça non ?"
Puis, sans attendre spécialement de réponse, elle se mit en mouvement, désireuse de se réchauffer.
***
S'avançant vers une haie lourde de givre, Felicia plissait les yeux pour y examiner le sol aux racines. Lorsqu'elle aperçut des brindilles laissées apparentes, protégées par la futaie, elle s'y précipita peu élégamment pour y découvrir ce dont elle avait besoin. Délogeant ses bottines de la neige boueuse qui les enserrait elle partit en courant, avant de piler devant les broussailles. Les branches mortes les plus attrayantes se trouvaient en-dessous, dans l'étroit espace situé entre la terre et les buissons. Déterminée à aller les ramasser, la fillette s'y faufila, à quatre pattes sur le sol gelé. Les griffes des taillis lui lacérèrent le dos, la nuque, le crâne jusqu'à ce qu'elle parvienne au centre du fourré. Là se trouvait une petite oasis de calme, protégée de l’extérieur et sans aucun doute invisible aux regards, abritée du vent et de la tempête.
Elle aurait pu y rester longtemps, pelotonnée contre un tronc pour savourer cette quiétude, mais la surface restreinte l'obligeait à rentrer la tête dans sa cape, elle n'y tenait qu'accroupie. Se saisissant des plus beaux bâtons qu'elle pût trouver - les plus droits -, elle s'empressa de tourner les talons, ressortant des buissons nettement moins ordonnée qu'elle n'y était rentrée.
"Eh, Siobhán, j'ai trouvé des bâtons ! T'en es où de ton côté ?"
Cheveux en bataille, cape maculée de boue, elle était ravie.
Cette fois-ci est la bonne, j'en suis certaine ; je suis prête
évanaissance
Snowfield
Un instant plus tôt Siobhán était sur le départ, prête à fouiller bois et champs pour trois petits cailloux, elle s'est immobilisée. Les yeux levés au ciel et alors qu'elle contemple le ciel poudreux et que les flocons brouillent sa vue, le visage apaisé et détendu elle acquiesce automatiquement, en silence, sans plus écouter la suite des déblatérations de Felicia : elle regarde songeuse son souffle chaud imiter les nuages ; elle repense à sa discussion longue et ardue avec Ennis d'un soir dernier, qui les avait amenées à discuter de l'effacement de la culture sorcière au profit des moldus. Elle n'avait pas si tort : aujourd'hui on fêtait Noël, pas Yule, et Felicia n'avait pas dit un mot des traditions magiques. Siobhán n'a ni l'habitude de s'excuser, ni celle qu'on lui présente des excuses, ce qui délivre de leur banalité la conversation et la situation. D'un geste de la main, elle signifie qu'elle en restera là.
- Ça va, ça va. D'accord pour les bâtons, je m'occupe du reste, rendez-vous dans... j'ai pas l'heure.
Felicia est déjà partie, Siobhán est en tête à tête avec un bonhomme... sans yeux ni bras. Elle reprend ses esprits, pince ses joues déjà rougies par le vent et s'élance à son tour : pour les cailloux, elle tentera sa chance vers la cabane du garde-chasse, et si quelques autres promeneurs sont déjà passés par-là, elle pourra espérer trouver aux pieds des sapins du petit bois une série de pommes de pin que les piétinements auront découvertes.
Les bottines qu'elle a chaussées ce matin ne sont pas d'humeur à la course alors elle se contente de dévaler rapidement la pente qui la sépare de l'endroit visé. Elle marche vite, mais avec concentration et précision, un pied devant l'autre elle prend soin de ne pas glisser, ne pas buter contre un rocher ou quelque autre inattention qui pourrait lui coûter très cher.
Arrivée devant la cabane, elle s'accroupit du côté d'un des murs et gratte le manteau de neige du bout de ses gants et en dévoile rapidement la terre. De là, ce n'est qu'une affaire de temps avant qu'elle mette la main sur un, deux... trois cailloux qu'elle fourre dans sa poche droite (refermée consciencieusement : il serait malheureux d'éparpiller les graviers sur le chemin du retour) et ceci fait elle tourne les talons et remonte la pente sur quelques mètres pour accéder au petit bois. La pomme de pin est vite trouvée et en moins de trois minutes, Siobhán est de retour auprès du gros bonhomme, juste à temps pour recevoir Felicia qui elle aussi, rentre victorieuse de son expédition, bien que considérablement salie.
- J'ai tout, les boutons et le nez !
Puis à mesure qu'elle rattrape sa camarade, elle constate son état et s'empresse de demander, avec une préoccupation visible :
- Ouah ! Tu t'es fait mal, non ?
- Ça va, ça va. D'accord pour les bâtons, je m'occupe du reste, rendez-vous dans... j'ai pas l'heure.
Felicia est déjà partie, Siobhán est en tête à tête avec un bonhomme... sans yeux ni bras. Elle reprend ses esprits, pince ses joues déjà rougies par le vent et s'élance à son tour : pour les cailloux, elle tentera sa chance vers la cabane du garde-chasse, et si quelques autres promeneurs sont déjà passés par-là, elle pourra espérer trouver aux pieds des sapins du petit bois une série de pommes de pin que les piétinements auront découvertes.
Les bottines qu'elle a chaussées ce matin ne sont pas d'humeur à la course alors elle se contente de dévaler rapidement la pente qui la sépare de l'endroit visé. Elle marche vite, mais avec concentration et précision, un pied devant l'autre elle prend soin de ne pas glisser, ne pas buter contre un rocher ou quelque autre inattention qui pourrait lui coûter très cher.
Arrivée devant la cabane, elle s'accroupit du côté d'un des murs et gratte le manteau de neige du bout de ses gants et en dévoile rapidement la terre. De là, ce n'est qu'une affaire de temps avant qu'elle mette la main sur un, deux... trois cailloux qu'elle fourre dans sa poche droite (refermée consciencieusement : il serait malheureux d'éparpiller les graviers sur le chemin du retour) et ceci fait elle tourne les talons et remonte la pente sur quelques mètres pour accéder au petit bois. La pomme de pin est vite trouvée et en moins de trois minutes, Siobhán est de retour auprès du gros bonhomme, juste à temps pour recevoir Felicia qui elle aussi, rentre victorieuse de son expédition, bien que considérablement salie.
- J'ai tout, les boutons et le nez !
Puis à mesure qu'elle rattrape sa camarade, elle constate son état et s'empresse de demander, avec une préoccupation visible :
- Ouah ! Tu t'es fait mal, non ?
alt+0225 || #5A0D0D || 5e année RP
Rendez le repos dominical
Snowfield
Elle avait rejoint la silhouette de neige, esseulée, malmenée par la tempête. A la surface de la sculpture, les minuscules cristaux durcissaient sous le vent furieux, devenant de glace, insondables. A peine essoufflée par sa précédente aventure, elle s'approchait de Siobhán pas à pas, hâtée par l'envie d'habiller leur bonhomme. La récolte de la grande demoiselle paraissait fructueuse, heureusement, faite de pommes de pin et de pierres ; elle y ajouta la sienne, avant de restreindre son mouvement, son attention retenue par les mots de l'autre enfant.
Étrange. Pourquoi la Rouge paraissait tout à coup inquiète à son sujet ? Ses paroles *un peu trop* préoccupées arrachèrent un sourire à Felicia ; son escapade peu ordonnée avait déjà fui du monde chaotique de ses idées. jetant un œil sur ses vêtements sombres, comme pour évaluer l'étendue des dégâts, elle ne put empêcher l'embrasure de ses lèvres de s'écarter encore ; son état dangereusement abîmé la ravissait. Comme si elle était encore une gamine qui parcourait les flaques de pluie de long en large — à grand renfort d'éclaboussures. Quelle importance, cette apparence ? Cela lui vaudrait peut-être une sévère remontrance d'un professeur — si elle en croisait à cette heure de l'aube —, mais quoi de plus ? Rien, absolument. Cette surface qu'elle offrait au regard des autres ne lui inspirait aucune confiance. C'était seulement une illusion, une de plus qu'elle dédaignait. Elle méprisait son image sans une once de difficulté, sans le moindre soupçon de regret. Elle aurait pu paraitre couverte de boue des pieds à la tête sans en être importunée — exceptée pour l'odeur, évidemment. Cependant, la sollicitude qu'elle perçut dans le ton de sa camarade la toucha, malgré son injustification *totale*.
— Ah ? Non, t'inquiète, j'me suis juste battue avec des buissons. Ces mots ravivèrent son tout récent souvenir des instants passés. Y'a un coin sympa, là-bas. Abrité et bien dissimulé, poursuivit-elle rêveusement — qui sait à quoi elle pensait ? — avant de s'interrompre brusquement. Bref.
La fillette reprit le fil de sa tâche , se re-saisissant de ses deux bouts de bois pour les planter de chaque côté du bonhomme qui trônait à présent, implacable sous les assauts du vent. Oui, la neige se pétrifiait déjà, et frémit sous sa poussée.
Les effets du sortilège d'imperméabilité se dissipaient entre les flocons.
J'ai honte. Pardon pour ce retard ?
Étrange. Pourquoi la Rouge paraissait tout à coup inquiète à son sujet ? Ses paroles *un peu trop* préoccupées arrachèrent un sourire à Felicia ; son escapade peu ordonnée avait déjà fui du monde chaotique de ses idées. jetant un œil sur ses vêtements sombres, comme pour évaluer l'étendue des dégâts, elle ne put empêcher l'embrasure de ses lèvres de s'écarter encore ; son état dangereusement abîmé la ravissait. Comme si elle était encore une gamine qui parcourait les flaques de pluie de long en large — à grand renfort d'éclaboussures. Quelle importance, cette apparence ? Cela lui vaudrait peut-être une sévère remontrance d'un professeur — si elle en croisait à cette heure de l'aube —, mais quoi de plus ? Rien, absolument. Cette surface qu'elle offrait au regard des autres ne lui inspirait aucune confiance. C'était seulement une illusion, une de plus qu'elle dédaignait. Elle méprisait son image sans une once de difficulté, sans le moindre soupçon de regret. Elle aurait pu paraitre couverte de boue des pieds à la tête sans en être importunée — exceptée pour l'odeur, évidemment. Cependant, la sollicitude qu'elle perçut dans le ton de sa camarade la toucha, malgré son injustification *totale*.
— Ah ? Non, t'inquiète, j'me suis juste battue avec des buissons. Ces mots ravivèrent son tout récent souvenir des instants passés. Y'a un coin sympa, là-bas. Abrité et bien dissimulé, poursuivit-elle rêveusement — qui sait à quoi elle pensait ? — avant de s'interrompre brusquement. Bref.
La fillette reprit le fil de sa tâche , se re-saisissant de ses deux bouts de bois pour les planter de chaque côté du bonhomme qui trônait à présent, implacable sous les assauts du vent. Oui, la neige se pétrifiait déjà, et frémit sous sa poussée.
Les effets du sortilège d'imperméabilité se dissipaient entre les flocons.
J'ai honte. Pardon pour ce retard ?
évanaissance
Snowfield
Le vent n'était pas décidé à souffler d'un côté plutôt qu'un autre et ainsi laissait les flocons en lévitation, les empêchant de rejoindre le sol aussi vite que leurs camarades de la nuit. Rien que pour ça, certains crieraient à l'injustice. Aussi, les cheveux courts de Siobhán virevoltaient devant ses yeux et après y avoir passé une main à plusieurs reprises, pour la première fois de son existence elle finit par rêver d'avoir avec elle une brosse.
Siobhán avait cru Felicia blessée mais le sourire de sa cadette et son explication la rassurèrent instantanément - il était également arrivé à l'adolescente de trébucher sur un caillou, chuter, s'emmêler jusqu'à ce que le goût métallique du sang se glisse entre ses dents, et ne voyant aucune blessure visible elle n'ajouta rien sur le sujet - il valait mieux que les détails de ses aventures et visites aux urgences restent cryptés dans un coin de son crâne.
- Ah oui ? Un coin comment ? Oh ! Elle ajouta, parce que le sujet s'y prêtait : Un jour j'aimerais bien construire une cabane dans le parc.
Elle était intéressée par la découverte de Felicia - quoi qu'elle avait également l'intention de faire le tour du parc et se promener pour encore une petite heure : elle n'avait pas froid, elle était à l'aise sous la pluie de flocons et comptait en profiter avant que le blizzard acte la fermeture, la fin des ballades d'ici à quelques jours.
Voilà que leur bonhomme était terminé ! Sûrement pas la plus belle de ses réalisations, mais il se tenait grand et fier au milieu du champ enneigé. Les poings sur les côtes, elle s'exclama :
- Eh ben, il est beau non ? Franchement ça va, avec le vent et tout ç'aurait pu être pire !
Siobhán avait cru Felicia blessée mais le sourire de sa cadette et son explication la rassurèrent instantanément - il était également arrivé à l'adolescente de trébucher sur un caillou, chuter, s'emmêler jusqu'à ce que le goût métallique du sang se glisse entre ses dents, et ne voyant aucune blessure visible elle n'ajouta rien sur le sujet - il valait mieux que les détails de ses aventures et visites aux urgences restent cryptés dans un coin de son crâne.
- Ah oui ? Un coin comment ? Oh ! Elle ajouta, parce que le sujet s'y prêtait : Un jour j'aimerais bien construire une cabane dans le parc.
Elle était intéressée par la découverte de Felicia - quoi qu'elle avait également l'intention de faire le tour du parc et se promener pour encore une petite heure : elle n'avait pas froid, elle était à l'aise sous la pluie de flocons et comptait en profiter avant que le blizzard acte la fermeture, la fin des ballades d'ici à quelques jours.
Voilà que leur bonhomme était terminé ! Sûrement pas la plus belle de ses réalisations, mais il se tenait grand et fier au milieu du champ enneigé. Les poings sur les côtes, elle s'exclama :
- Eh ben, il est beau non ? Franchement ça va, avec le vent et tout ç'aurait pu être pire !
Mots en gras et surlignés : CdC Mai - Mission n°11
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Rendez le repos dominical
Snowfield
Le froid s'insinuait sous ses vêtements, soufflant son mal sur tout son corps. Ses membres s'engourdissaient peu à peu, mais le gel n'avait pas touché ses pensées qui filaient, lucides. L'état extrême de l'hiver qui s'engouffrait sur sa peau exacerbait ses sens, malgré sa vue entravée par le vent. Les rafales sournoises s'adoucissaient un instant pour revenir la fouetter le second ; elle passait outre cela, préférant tenter de distinguer les flocons en suspens dans l'air glacé, comme dans l'une de ces boules de cristal moldues.
Elle finissait par trouver même un semblant de plaisir à être ainsi congelée, enivrée par la tourbillonnante atmosphère.
La silhouette de leur bonhomme de neige demeurait aussi forte, signe qu'elles avaient bien réussi à tasser la poudreuse, compacte. Il avait fière allure, avec ses bras tordus et levés vers le ciel blanc comme en une vaine prière ; dans son manteau de nacre. A l'idée que la douce sculpture vienne un jour prochain à fondre ou à servir de défouloir à d'imprudents élèves, le cœur de la fillette de serra. Il avait beau être dénué d'âme, il avait un semblant d'air de vie mélancolique. Mais malgré cela, la fin de son âge d'or — ou de glace — s'approchait à grands pas depuis sa création, sans issue. Quelle tristesse de savoir qu'on ne peut pas vivre sans mourir, dans une telle éphémérité.
Un tel cheminement d'idée était sans doute le fruit de son inconscient, puisqu'elle avait totalement perdu pied de la réalité lorsque Siobhán s'adressa à elle ; elle paraissait intéressée par le joli recoin efflorescent découvert il y avait ce qu'il lui semblait être des années lumières, déjà.
— J'suis pas allée jusqu'au fond, mais il y a de grandes branches qui forment comme une voûte effeuillée au dessus de nos têtes. Il y fait sec, décrivit-elle l'endroit. L'idée de garder secrète sa trouvaille ne l'avait pas effleurée longtemps, et puis... C'est un peu étroit, par contre, alors il faut se plier pour y rentrer.
Jaugeant la taille de sa camarade d'un coup d’œil, elle estima intérieurement que celle-ci aurait besoin de sérieux assouplissements pour y parvenir. Mais l'autre Rouge signifiait déjà sa volonté de construire une cabane, dans le parc ; ce à quoi la fillette ne pouvait qu'acquiescer : un petit lieu réservé à la rêverie ou aux secrets, isolé et propre à soi, et partagé, peut-être, avec quelques autres ? Oui, elle aimerait ; elle aussi.
— J'aimerais aussi en faire une... T'imagines ? Le nombre de choses qu'on peut faire lorsque l'on a un coin comme ça, pour soi-même ?
Et enfin, répondant à l'exclamation de sa voisine, elle ajouta quelques mots en un sourire.
— Pour parvenir à ce joli bonhomme comme ça, c'est clair qu'on a formé une équipe plutôt pas mal ! Puis, après un léger silence ; pour conclure sur un ton désolé : Reste qu'il va bientôt disparaitre, le pauvre.
Elle finissait par trouver même un semblant de plaisir à être ainsi congelée, enivrée par la tourbillonnante atmosphère.
La silhouette de leur bonhomme de neige demeurait aussi forte, signe qu'elles avaient bien réussi à tasser la poudreuse, compacte. Il avait fière allure, avec ses bras tordus et levés vers le ciel blanc comme en une vaine prière ; dans son manteau de nacre. A l'idée que la douce sculpture vienne un jour prochain à fondre ou à servir de défouloir à d'imprudents élèves, le cœur de la fillette de serra. Il avait beau être dénué d'âme, il avait un semblant d'air de vie mélancolique. Mais malgré cela, la fin de son âge d'or — ou de glace — s'approchait à grands pas depuis sa création, sans issue. Quelle tristesse de savoir qu'on ne peut pas vivre sans mourir, dans une telle éphémérité.
Un tel cheminement d'idée était sans doute le fruit de son inconscient, puisqu'elle avait totalement perdu pied de la réalité lorsque Siobhán s'adressa à elle ; elle paraissait intéressée par le joli recoin efflorescent découvert il y avait ce qu'il lui semblait être des années lumières, déjà.
— J'suis pas allée jusqu'au fond, mais il y a de grandes branches qui forment comme une voûte effeuillée au dessus de nos têtes. Il y fait sec, décrivit-elle l'endroit. L'idée de garder secrète sa trouvaille ne l'avait pas effleurée longtemps, et puis... C'est un peu étroit, par contre, alors il faut se plier pour y rentrer.
Jaugeant la taille de sa camarade d'un coup d’œil, elle estima intérieurement que celle-ci aurait besoin de sérieux assouplissements pour y parvenir. Mais l'autre Rouge signifiait déjà sa volonté de construire une cabane, dans le parc ; ce à quoi la fillette ne pouvait qu'acquiescer : un petit lieu réservé à la rêverie ou aux secrets, isolé et propre à soi, et partagé, peut-être, avec quelques autres ? Oui, elle aimerait ; elle aussi.
— J'aimerais aussi en faire une... T'imagines ? Le nombre de choses qu'on peut faire lorsque l'on a un coin comme ça, pour soi-même ?
Et enfin, répondant à l'exclamation de sa voisine, elle ajouta quelques mots en un sourire.
— Pour parvenir à ce joli bonhomme comme ça, c'est clair qu'on a formé une équipe plutôt pas mal ! Puis, après un léger silence ; pour conclure sur un ton désolé : Reste qu'il va bientôt disparaitre, le pauvre.
évanaissance