À nos crayons
SAMEDI 6
Ce jour-ci, Élicia ne se pressa pas. Elle avait toute la journée pour faire sa réalisation du jour, et mettait ses priorités sur ses devoirs. Ce n'est qu'une fois ceux-ci finit, qu'elle s'allongea sur son lit, attrapa le cinquième livre de la saga. L'Oeil d'Otolep. Voilà ce qu'elle allait dessiner ! De tout ses dessins du mois, elle n'avait pas encore tenté de faire un paysage. Et puis l'Oeil d'Otolep n'était pas n'importe quel paysage. C'était un lieu où régnait magie et mystère. Seules certaines personnes réussissaient à approcher sa rive, et rares étaient celles qui osaient s'y baigner. Pour les autres, ils pouvaient être pris de violentes migraines, vertiges ou autre, de façon inexpliqué.
La rousse cherchera dans le roman l'endroit où l'Oeil était décrit. Elle tomba d'abord sur un autre chapitre, qui, aux premiers mots survolés, l'enfermèrent dans sa lecture. Elle le lut, eut des frissons, lit le combat attentivement, et ressentait tout. Voyait tout. Comme si elle y était. Puis soudain, un avertissement. Et les larmes brouillèrent sa vue. La douleur ensuite, immédiate, incontrôlable. Les perles coulaient sur ses joues. Elle les essuyait en souriant, se trouvant idiote de pleurer comme ça pour un livre. Décidément, elle était bien émotive...
A la fin du chapitre, elle tourna les pages et retrouva la description qu'elle cherchait. La jeune fille s'arma de son crayon, et commença ses tracés.
"C'était une immensité liquide d'un bleu inouï, parfaitement étale. Un monde aquatique cerné de rochers blancs surplombant sa surface de plusieurs dizaines de mètres et de plages de pierre qui glissaient sans un remous dans ses profondeurs. Aucune trace de vie sur ses berges ou en son cœur.
De la pierre et de l'eau.
Du blanc et du bleu.
Au delà de l'envisageable."
Elle le mit en couleur, au feutres et crayons de couleurs pour le ciel, puis ferma son carnet. Prête à le présenter à son ami.
Reducio

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
À nos crayons
"Ylh-Eth-Yib était une des Pourvoyeuses de la Guilde de la Chair, une appellation ronflante pour ce qui était un sordide commerce d'esclaves. Si elle était richement habillée selon la tradition Abellienne, elle ne pouvait se départir de son collier symbolisant le fer enserrant le cou des captifs de l'organisation. Une trace de son propre passé de servitude. Elob savait que les sorciers étaient les proies les plus lucratives pour ce genre d'individu, aussi appréhendait-il la rencontre."
La chair, le corps, sujet délicat de réflexion et pourtant, à presque quatorze ans et demi, Aliosus se retrouvait à un âge où cela devenait central. Il n'était pas aveugle, depuis la rentrée certaines choses avaient changées. Les regards échangés entre certains et certaines de ses camarades n'étaient plus aussi enfantins, les discussions de groupe qui avaient pour sujet le sexe opposé ne se résumaient plus à dire "ils sont tous si bêtes" ou "elles sont folles de toutes façons", ou du moins, plus seulement. Tous et toutes commençaient à être vus différemment, et difficile de nier que soi-même, on se surprenait à changer son regard.
Et encore, projeter son regard ou en recevoir, c'était bien différent que d'appréhender les changements de son propre corps. Se voir grandir, parfois de manière spectaculaire, devoir se résoudre à abandonner certains vêtements, certaines habitudes. Le miroir en argent poli, un peu passé de la salle de bain du dortoir renvoyait une curieux image à Aliosus. Qui était cette silhouette trop étirée, avec cette mâchoire étrange, ce visage qui fondait qui faisait ressortir ses oreilles ? La déformation de son propre regard était sûrement bien plus cruelle que celle venant des autres.
Poser son attention sur le dessin lui vida un peu l'esprit, et lorsque Elicia lui montra son paysage, celui-ci lui fit penser aux côtes morcelées près de sa maison irlandaise. Cela faisait plus d'un an qu'il n'y était pas allé. Voilà qu'il était nostalgique, à presque quatorze ans et demi.
La chair, le corps, sujet délicat de réflexion et pourtant, à presque quatorze ans et demi, Aliosus se retrouvait à un âge où cela devenait central. Il n'était pas aveugle, depuis la rentrée certaines choses avaient changées. Les regards échangés entre certains et certaines de ses camarades n'étaient plus aussi enfantins, les discussions de groupe qui avaient pour sujet le sexe opposé ne se résumaient plus à dire "ils sont tous si bêtes" ou "elles sont folles de toutes façons", ou du moins, plus seulement. Tous et toutes commençaient à être vus différemment, et difficile de nier que soi-même, on se surprenait à changer son regard.
Et encore, projeter son regard ou en recevoir, c'était bien différent que d'appréhender les changements de son propre corps. Se voir grandir, parfois de manière spectaculaire, devoir se résoudre à abandonner certains vêtements, certaines habitudes. Le miroir en argent poli, un peu passé de la salle de bain du dortoir renvoyait une curieux image à Aliosus. Qui était cette silhouette trop étirée, avec cette mâchoire étrange, ce visage qui fondait qui faisait ressortir ses oreilles ? La déformation de son propre regard était sûrement bien plus cruelle que celle venant des autres.
Poser son attention sur le dessin lui vida un peu l'esprit, et lorsque Elicia lui montra son paysage, celui-ci lui fit penser aux côtes morcelées près de sa maison irlandaise. Cela faisait plus d'un an qu'il n'y était pas allé. Voilà qu'il était nostalgique, à presque quatorze ans et demi.
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"Sur le B2-Arvensis, Elob regardait le paysage d'Abelion défiler, quelques centaines de mètres en contrebas. Le vaisseau de transport civil était un des rares encore en état de marche après que la Croisade ait ravagé le monde, laissant la planète au chaos de la reconstruction. Cela ne voulait pas dire que l'Arvensis était rutilant pour autant, au contraire, il avait auparavant été mis à la décharge avant que, de désespoirs, une poignée de bricoleurs, sans même un technoprètre pour les aider, ne se mette en charge de le remettre en état de vol."
Aliosus n'avait jamais vogué. Il n'avait jamais même posé le pied sur le plancher d'un navire. Pas que l'idée lui déplaise, au contraire, il savait qu'à Lübeck, là où sa famille de son père possédait son domaine, il y avait une bâtisse sur la côte, un ponton et une embarcation, une belle gabare dont les trois mâts se dressaient de manière altière, prêt à défier la Mer du Nord. Mais voilà, le garçon était tout aussi incapable de franchir le pas de se retrouver en pleine mer qu'il aimait, paradoxalement, fixer l'océan pendant des heures. Se régaler des nuances de verts, de bleus, de blancs et des couleurs folles et indéfinissables qui surgissaient de l'eau lorsque le soleil s'y couchait ou bien se levait de tôt matin.
Il y avait quelque chose qui bloquait Aliosus. L'eau, il s'en sentait proche, mais elle provoquait également en lui des angoisses telles qu'il s'était résolu à ce fait : il ne naviguerait pas, ni ne nagerait beaucoup dans sa vie. Tans pis. S'il aimait les vagues, leur roulis, leurs scintillements, il savait qu'en dessous se trouvaient les terreurs qui le poursuivaient la nuit dans ses cauchemars. Regarder la mer, c'était contempler un merveilleux visage, sachant que sous la peau diaphane et magnifique, attend un crâne rieur de la peur qu'il inspire.
S'amusant à dessiner des formes courbes et généreuses à son dessin, il se décida à essayer, lorsqu'il en aurait le temps, de mettre de la couleur sur ses encrages. Le noir et le blanc rendaient les choses trop planes, pas assez vivantes à son goût, et l'Arvensis méritait de nombreuses teintes colorées garnies des usures du temps. Alors il serait vraiment fini. Il était certain que Elicia allait l'encourager dans cette voie.
Aliosus n'avait jamais vogué. Il n'avait jamais même posé le pied sur le plancher d'un navire. Pas que l'idée lui déplaise, au contraire, il savait qu'à Lübeck, là où sa famille de son père possédait son domaine, il y avait une bâtisse sur la côte, un ponton et une embarcation, une belle gabare dont les trois mâts se dressaient de manière altière, prêt à défier la Mer du Nord. Mais voilà, le garçon était tout aussi incapable de franchir le pas de se retrouver en pleine mer qu'il aimait, paradoxalement, fixer l'océan pendant des heures. Se régaler des nuances de verts, de bleus, de blancs et des couleurs folles et indéfinissables qui surgissaient de l'eau lorsque le soleil s'y couchait ou bien se levait de tôt matin.
Il y avait quelque chose qui bloquait Aliosus. L'eau, il s'en sentait proche, mais elle provoquait également en lui des angoisses telles qu'il s'était résolu à ce fait : il ne naviguerait pas, ni ne nagerait beaucoup dans sa vie. Tans pis. S'il aimait les vagues, leur roulis, leurs scintillements, il savait qu'en dessous se trouvaient les terreurs qui le poursuivaient la nuit dans ses cauchemars. Regarder la mer, c'était contempler un merveilleux visage, sachant que sous la peau diaphane et magnifique, attend un crâne rieur de la peur qu'il inspire.
S'amusant à dessiner des formes courbes et généreuses à son dessin, il se décida à essayer, lorsqu'il en aurait le temps, de mettre de la couleur sur ses encrages. Le noir et le blanc rendaient les choses trop planes, pas assez vivantes à son goût, et l'Arvensis méritait de nombreuses teintes colorées garnies des usures du temps. Alors il serait vraiment fini. Il était certain que Elicia allait l'encourager dans cette voie.
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DIMANCHE 7
Un navire. Un navire Aline, pour être exact. C'était le dessin qu'Élicia avait décidé de faire en ce premier dimanche du mois. Ca faisait une semaine que le défi avait commencé, une semaine que chaque jour elle tentait un nouveau dessin, toujours différents les uns des autres.
De nouveau, elle s'était mise face au Lac Noir, mais cette fois c'était plus pour se sentir dans le dessin. Un navire allait sur l'eau, et elle arriverait mieux à l'imaginer entourée d'eau, l'imaginant devant elle.
Munie de son carnet, ses crayons et de son esprit, elle commença le croquis. Dans le livre, il n'y avait pas de description particulière, donc la rousse en avait déduit que c'était un navire simple, un peu comme ceux d'autrefois, dans son monde à elle.
Les Alines était un peuple de pirates, ennemis de Gwendalavir mais avec qui ils faisaient un peu de commerce de temps en temps. Les rois du Grand Océan du Sud, ils résidaient sur une île, l'Archipel Aline.
Dans les livres, ils étaient au final très peu mentionnés, mais lors d'une de leur quête, les personnages s'étaient rendu sur l'île, de manière discrète. Il leur avait fallu combattre les pirates sur leur bateau avant d'atteindre la côte, et c'est ce passage de combat que la jeune fille relisait afin d'avoir le plus de détail possible.
Une fois la première esquisse finie, elle repassa en noir. Mais cette fois-ci, elle n'utilisa pas de feutre. Seulement son crayon, qu'elle utilisa pour les ombres et la couleur sombre de la coque, puis elle estompa avec un mouchoir et admira le résultat, impressionnée par ce qu'elle pouvait réaliser. Elle leva le carnet à hauteur des yeux, légèrement sur le côté, puis regarda tour à tour le dessin puis le paysage, en tentant de l'imaginer voguant sur eaux sombres du lac.
C'est plus que fière qu'elle présenta sa réalisation du jour à Aliosus, impatiente de savoir ce qu'il allait en penser. Et tout aussi impatiente de voir sa propre réalisation.
C'est donc presque en sautillant qu'elle le rejoint à leur heure et point de rendez vous. La découverte du dessin de son ami lui tira un sourire amusé. Sans s'être concerté avant, ils avaient tout les deux dessinés un navire, bien que c'était deux styles complètement différent.
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Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
À nos crayons
«La populace mutante de Vars 6H88 avait été chassée et repoussée il y a bien longtemps par l'industrie galopante depuis que le Mechanicum avait quitté la planète, laissant le champs libre à la toute puissante Guilde du Carburant qui avait laissé le choix aux autochtones entre une vie de servitude à travailler dans son industrie empoisonnée ou une mort quasi assurée dans les marécages toxiques, fruits des rejets pollués de ses pipelines.»
Encore et toujours le thème de la minorité exploitée, écrasée sous la botte, condamnée à la soumission ou à l'exclusion. Devait on être obligé d'imaginer une issue inéluctable de ce type concernant les sorciers et les moldus ? L'une ou l'autres des populations devait-elle remporter une victoire finale qui condamnerait l'autre, ou y avait il une possibilité de vivre dans deux mondes séparément ?
Il avait déjà essayé de réfléchir à la question lors d'un des ateliers organisé par l'école, dans lequel il s'était trouvé bien intimidé d'être à la même table de débat que la préfète en Chef Nora Stark. Ils n'étaient pas arrivés à une solution, bien évidemment, que pouvait-il dire de nouveau, lui, jeune sorcier découvrant à peine les réalités du monde ? Mais la discussion avait été intéressante et il s'était enorgueillit d'avoir provoqué l'intérêt chez son aînée.
A différentes échelles, le schéma se répétait. Moldus et Sorciers, Sang-purs et nés-moldus... On voulait faire croire que si les moldus étaient dangereux pour les sorciers, c'étaient les sang-purs qui menaçaient les nés-moldus, mais la réalité était toute autre. La haine de la pureté chevillée au corps, c'étaient les sangs de bourbe qui voulaient la fin des biens nés. Les événements de la salle commune de Serpentard la semaine précédente n'avaient fait que confirmer l'avis d'Aliosus...
Encore et toujours le thème de la minorité exploitée, écrasée sous la botte, condamnée à la soumission ou à l'exclusion. Devait on être obligé d'imaginer une issue inéluctable de ce type concernant les sorciers et les moldus ? L'une ou l'autres des populations devait-elle remporter une victoire finale qui condamnerait l'autre, ou y avait il une possibilité de vivre dans deux mondes séparément ?
Il avait déjà essayé de réfléchir à la question lors d'un des ateliers organisé par l'école, dans lequel il s'était trouvé bien intimidé d'être à la même table de débat que la préfète en Chef Nora Stark. Ils n'étaient pas arrivés à une solution, bien évidemment, que pouvait-il dire de nouveau, lui, jeune sorcier découvrant à peine les réalités du monde ? Mais la discussion avait été intéressante et il s'était enorgueillit d'avoir provoqué l'intérêt chez son aînée.
A différentes échelles, le schéma se répétait. Moldus et Sorciers, Sang-purs et nés-moldus... On voulait faire croire que si les moldus étaient dangereux pour les sorciers, c'étaient les sang-purs qui menaçaient les nés-moldus, mais la réalité était toute autre. La haine de la pureté chevillée au corps, c'étaient les sangs de bourbe qui voulaient la fin des biens nés. Les événements de la salle commune de Serpentard la semaine précédente n'avaient fait que confirmer l'avis d'Aliosus...
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«Travailler dans les raffineries de la Guildes du Carburant était objectivement une vie de torture qui ne prenait fin que lorsque le corps des ouvriers du Manufactorum étaient trop fatigués par le poids de la combinaison de protection, trop usés par la tâches harassantes et trop brûlés par le cocktails des émanations chimiques et acides, et que l'expérience acquise ne suffisait plus à les sauver des accidents mortels. Malgré tout, la Guilde, par une perverse manipulation, avait élevé les ouvriers aux postes les plus dangereux au rang de quasi héros, des légendes pour le reste des travailleurs, qui ne rêvaient plus que d'une chose, enfiler eux aussi la combinaison de protection et aller travailler à l'entretient des Mechafourneaux, au péril de leur vie.»
Le narrateur du roman allait devoir passer de longues semaines dans ces conditions, et l'auteur décrivait si bien les immensités de métal, les labyrinthe de tuyaux métalliques, le bruit incessant et assourdissant et les cris des contre-maîtres aux électro-fouets crépitants que Aliosus en vint à se poser la question du statut de sang de l'auteur. De son avis, aucun né sorcier ne pouvait avoir une imagination toute aussi folle et pointue en terme de technique.
L'enfer mécanisé, cette dystopie de fer, était très évocatrice et, une fois n'était pas coutume, afin de parfaire l'idée de dessin qu'il avait eu, il alla à la bibliothèque de l'école à la recherche d'ouvrages sur les moldus et leur technologie. Quel choc. Quel abysse s'ouvrait devant lui. Machines infernales, vérins, rivets, fer, acier, carburant, moteurs, fumés et rouille. Quel univers de mort. Quel négation de l'équilibre naturel. Fascinant et terrifiant.
Il s'était tant perdu dans ces découvertes qu'il ne vit pas l'heure passer. Il ne pourrait retrouver Elicia aujourd'hui, il s'en mordit les doigts et écrivit rapidement un message pour la Poufsouffle sur un de ses dragons de papier.
Le narrateur du roman allait devoir passer de longues semaines dans ces conditions, et l'auteur décrivait si bien les immensités de métal, les labyrinthe de tuyaux métalliques, le bruit incessant et assourdissant et les cris des contre-maîtres aux électro-fouets crépitants que Aliosus en vint à se poser la question du statut de sang de l'auteur. De son avis, aucun né sorcier ne pouvait avoir une imagination toute aussi folle et pointue en terme de technique.
L'enfer mécanisé, cette dystopie de fer, était très évocatrice et, une fois n'était pas coutume, afin de parfaire l'idée de dessin qu'il avait eu, il alla à la bibliothèque de l'école à la recherche d'ouvrages sur les moldus et leur technologie. Quel choc. Quel abysse s'ouvrait devant lui. Machines infernales, vérins, rivets, fer, acier, carburant, moteurs, fumés et rouille. Quel univers de mort. Quel négation de l'équilibre naturel. Fascinant et terrifiant.
Il s'était tant perdu dans ces découvertes qu'il ne vit pas l'heure passer. Il ne pourrait retrouver Elicia aujourd'hui, il s'en mordit les doigts et écrivit rapidement un message pour la Poufsouffle sur un de ses dragons de papier.
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MARDI 9
La deuxième semaine du défi avait commencé la veille. Pour le moment, la rousse arrivait plus ou moins à suivre, avec les cours en parallèle, et elle en était plutôt contente.
Ce jour là, comme le mardi de la semaine précédente, elle n'avait pas beaucoup de temps pour dessiner, ayant aucune heure de trou. Elle avait donc décidé, comme la semaine précédente, de faire un dessin rapide, pas trop compliqué et sans trop détailler.
En cherchant dans son esprit un objet pouvant se rapporter de près ou de loin à la saga, elle eut l'idée d'une charrette. Ce n'était pas vraiment un objet, plutôt un transport, mais il suivait les personnages presque tout le long de leur aventure, donc pourquoi pas le reproduire comme elle, elle le voyait ?
La première charrette apparue dans le livre était celle d'un marchand de graine qui aidait les personnages principaux à rejoindre Al-Vor, l'une des villes de l'Empire. Ensuite, une nouvelle charette était parti de cette même ville, avec de nouveaux personnages, pour rejoindre la capitale, Al-Jeit. Sans parler de la suite de la quête. Au final, ils avaient traversé tout l'Empire. Mais le temps qui leur avait fallu était incroyablement long, heureusement que les voitures excisaient dans le monde réel..côté moldu bien sûr. Pour les sorciers, c'était encore plus simple. Par transplanage, poudre de cheminette, balais...les moyens étaient multiples.
Dans l'univers, ils étaient plus souvent à cheval. Moyen de transport classique quand on voyage seul. Le nombre de fois qu'Élicia s'était imaginé chevauchant une plaine, les cheveux au vent, était impossible à compter. C'était si beau de rêver...
Malheureusement, alors qu'elle attendait patiemment dans la cour de l'horloge, elle reçut la petite note d'Aliosus qui lui annonçait qu'il ne viendrait pas, ayant pris du retard. Avec un haussement d'épaule, elle referma son carnet en se promettant de penser à lui montrer son dessin du jour le lendemain.
Reducio

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À nos crayons
MERCREDI 10
De nouveau, Élicia avait eu du mal à s'appliquer pour son dessin, manquant de temps. Prise par son cours de potion, elle n'avait pas vu l'heure tourner, et c'était un peu affolée qu'elle avait dessiné, assise à la table des Poufsouffle dans la Grande Salle, un rapide croquis d'une des créatures horribles du monde de Gwendalavir. Un Raïs.
"C'était un humanoïde trapu, au faciès porcin. Deux crocs jaunes pointaient sous sa lèvre inférieur, sa peau verdâtre était couverte de pustules."
En relisant la description, l'image qu'elle se faisait du monstre changea. Elle resta néanmoins sur sa première représentation, et finit le dessin.
Les Raïs étaient un peuple qui habitait au nord de l'Empire, sur l'autre moitié du continent, et qui était un des grands ennemis des Alavariens. Ils essayaient toujours de franchir les Frontières de Glaces, contrôlées par les Frontaliers, et n'y arrivaient pas. Mais les rares fois où ils y parvinrent, de nombreux villages furent décimés, et leurs attaques répandaient vite la terreur dans tout l'Empire. Au début de la saga, les Sentinelles ayant disparues, les Raïs avaient failli gagner la guerre. il s'en était fallu de peu.
Encore une fois, à l'heure prévu, la rousse s'assit sur le rebord de la fontaine et posa son carnet ouvert sur ses genoux. Elle feuilleta les pages, en regardant ses dessins, les commentant dans ses pensées. Son préféré était simple a deviné, c'était celui qui, pour elle, était le mieux réussit. Et le seul qu'elle n'avait pas mis en couleur. Les autres, elle les aimait beaucoup, mais un peu moins.
Elle attendit patiemment qu'Aliosus arrive pour lui montrer ses réalisations de la veille et du jour, puisqu'ils ne s'étaient pas vu depuis lundi.
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J'ai pris une image d'Andarta Picture pour modèle cette fois

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"La génomancie était une discipline rare dont les pratiquants étaient recherchés. Il s'agissait de sorciers qu'on avait détecté suffisamment tôt afin de les enlever dans les terribles Vaisseaux Noirs où ils mourraient sûrement à moins qu'ils ne parviennent à sortir en vie des expériences, pratiques et enseignements inqualifiables des moldus spécialisés dans la création de sorciers asservis. Ceux retenus pour être Tisseurs de gènes étaient alors capable, au bout de longues et terribles années, de manipuler les composant du corps d'autrui, d'user d'une sortie de métamorphose biologique complexe afin de servir leurs sombres maîtres."
La réalité rattrapait-elle la fiction ? Peu de temps après avoir lu les chapitres consacrés aux atroces découvertes concernant le devenir de la famille du héros de ses romans, Aliosus lisait avec intérêt un entrefilet parut dans la Gazette du Sorcier où il était sujet des recherches de miss Montmort sur les hérédités, la génitrique et la fécondation des races moldues et sorcières. Bien entendu, disait le journaliste, ce n'était rien de plus que des billevesées. Mais le sujet le travailla cependant suffisamment pour qu'il l'inspire dans son dessin journalier.
Arrivant à la cour de la tour de l'horloge, il conversa agréablement avec Elicia pendant qu'ils se montraient mutuellement leur production des deux derniers jours. Aliosus appréciait toujours les dessins colorés de sa comparse, et le dynamise un poil comique du dernier lui plaisait beaucoup.
La réalité rattrapait-elle la fiction ? Peu de temps après avoir lu les chapitres consacrés aux atroces découvertes concernant le devenir de la famille du héros de ses romans, Aliosus lisait avec intérêt un entrefilet parut dans la Gazette du Sorcier où il était sujet des recherches de miss Montmort sur les hérédités, la génitrique et la fécondation des races moldues et sorcières. Bien entendu, disait le journaliste, ce n'était rien de plus que des billevesées. Mais le sujet le travailla cependant suffisamment pour qu'il l'inspire dans son dessin journalier.
Arrivant à la cour de la tour de l'horloge, il conversa agréablement avec Elicia pendant qu'ils se montraient mutuellement leur production des deux derniers jours. Aliosus appréciait toujours les dessins colorés de sa comparse, et le dynamise un poil comique du dernier lui plaisait beaucoup.
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JEUDI 11
Marchombre. Ce mot tournait en boucle dans sa tête, sans qu'elle puisse l'attraper. Marchombre. Une voie. La Voie qu'elle rêvait de suivre depuis qu'elle l'avait découvert. Ce simple mot soufflé par Sayanel alors qu'Ellana, une de ses idoles, se posaient tout un tas de question. Un simple mot qui avait pourtant bousculé sa vie. Et celle de ses lecteurs.
En Gwendalavir, un marchombre était un homme - ou une femme - libre. Il ne suivait aucune loi, aucune limite, allait même jusqu'à les dépasser ses dernières. Toujours. Libre comme le vent, il n'avait qu'un objectif : l'Harmonie. Il ne cherchait jamais à surpasser les autres, car ce but avait une limite et donc une fin, alors que lorsque l'on cherche à se surpasser soi-même, c'est un objectif infini.
C'était d'excellent grimpeur et combattant, capables de se tirer de n'importe quelle situation. Et l'apprentissage durait 3 ans. Trois longues années où un maître enseignait à un élève qu'il avait choisit tout ce qu'il savait sur la voie, pour aider son élève à ouvrir ses ailes et s'envoler. Trois années d'apprentissage dures, à escalader des tours aussi lisses que du verre, qu'il fasse nuit, pleuve ou même neige. A apprendre toutes les techniques de combat à mains nues, au poignard, ou au tir à l'arc. Et surtout, apprendre à écouter son corps, et le vent.
La guilde des marchombres était une guilde qui comptaient peu de membre, quelques petites centaines, tous plus différents les uns que les autres, mais toujours liés dans la même recherche de liberté.
Mais parfois, certains quittaient la voie, recherchant plutôt le pouvoir, et devenaient se qu'on appelait des mercenaires du chaos, et plus précisément des envoleurs. Leur objectif a eux, c'était le Chaos. Chaos contre Harmonie.
La rousse rêvait de devenir marchombre, mais savait pertinemment que c'était impossible. Alors elle se contentait de l'imaginer, ressentir parfois la présence d'Ellana, Jilano et Sayanel à ses côtés, et s'amusait à écrire des poésies marchombres quand l'envie l'en prenait. Et surtout, elle adorait répondre, dans son esprit, à certaines questions, de la manière que les faisaient ces personnages libres : par la réponse du savant, scientifique, et celle du poète, belle et magique.
Quand elle attendit une nouvelle fois Aliosus pour lui montrer son dessin, elle s'imagina marchombre, offrant son visage au vent, en essayant de le déchiffrer.
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