12 déc. 2021, 22:50
Conte pas sur moi
— Oh mais certainement pas, tu dérailles ! s'écria Sophie, sur les nerfs.
La jeune fille grimaça, sentant une migraine pointer à cause de la chèvre. Elle était pourtant certaine que son idée était logique mais avec cette sale goule en face, elle n'allait rien pouvoir faire ! Cependant, elle ne voulait pas non plus passer le reste de son temps à tenir compagnie à la chèvre, dont les compétences vocales pouvaient rivaliser avec celles d'une mandragore...
— BÊÊÊH ! BÊÊÊH !
— Tu te décides, la préfète ? À trois je commence à courir ! Un... Deux... Tr...
— Bon, t'as gagné, on l'attache et on s'en va ! s'exclama Sophie en croisant les bras.
— Roh, t'inquiète, tu n'es pas Grand-maman Hubbard que je sache... Elle va pas crever, la chèvre ! répliqua Eden, hargneusement.
— BÊÊÊH ! ponctua la chèvre, visiblement indignée.
Aussi offusquée que l'animal, Sophie renvoya un regard foudroyant au jeune garçon, qui était déjà parti chercher de quoi attacher la chèvre. Revenant quelques instants plus tard, un air triomphant sur le visage, une corde dans une main et un morceau de bois dans l'autre, il tendit la corde à Sophie.
— Allez la préfète, à toi d'attacher la sale bête ! Vous devriez bien vous entendre, entre filles !
La jeune fille leva les yeux au ciel mais s'exécuta, désireuse de s'en aller le plus vite possible. Elle n'avait vraiment pas envie de retomber sur Peeves, ou pire. S'approchant de la chèvre, elle retint sa respiration et tenta de lui murmurer des mots apaisants.
— Petite petite...
— Rah, bouge-toi un peu et arrête de lui faire des yeux de boursouf !
Sophie bouillonnait intérieurement mais décida de frapper Eden après s'être occupée de Blanchette, la chèvre de Monsieur Seg... Ah non, mauvaise référence.
Elle passa, en grimaçant à nouveau, la corde autour du cou de la bête, tandis qu'Eden accrochait l'autre extrémité au morceau de bois enfoncé dans la terre.
La chèvre commença alors à rouler des yeux et à pousser des cris de plus en plus fort, tirant sur la corde pour s'en débarrasser.
— BÊÊÊH ! BÊÊÊH !
— Merlin, Eden, elle va s'étrangler !
— Oh, ça va, elle va très bien, ta chèvre ! Allez, on file d'ici maintenant !
— Sac à gargouilles ! Mais qu'est-ce que vous faites ici ?!
Les deux Poufsouffle se retournèrent d'un coup pour tomber sur la face rouge de colère de Hagrid.
— Mille gorgones ! Comment avez-vous osé attacher cet animal, sales petits veracrasses ! ALLEZ ME NETTOYER TOUT DE SUITE LA VOLIÈRE AVANT QUE JE NE VOUS DONNE À RÉCURER L'ENCLOS DES HIPPOGRIFFES JUSQU’À LA FIN DE VOTRE SEPTIÈME ANNÉE !
Reducio
L’épreuve qualifiante consiste à descendre de la volière en acceptant d’utiliser la magie, en acceptant d’affronter ses peurs. L’épreuve principale est le choix à faire avec Peeves. Il faut que les héros comprennent que la puissance n’est pas toujours dans ce qui se voit et n’est pas non plus toujours la solution pour régler un problème. Enfin, l’épreuve glorifiante est le passage par la fontaine. En acceptant leurs différences et en s’alliant, ce qui implique de demander de l’aide pour Sophie et d’accepter d’aider pour Eden, les héros du conte prouvent l’un et l’autre qu’ils possèdent une grande force et un esprit digne d’accéder aux savoirs, la bibliothèque.
En revanche, si le lecteur fait de mauvais choix, nos héros seront confrontés à ce qu’on appelle des opposants, c'est-à-dire des personnages qui vont venir mettre des baguettes dans les brindilles de nos adolescents en les empêchant d’avancer, voire en les faisant reculer. C’est en repassant les épreuves qu’ils deviendront assez forts pour atteindre leur objectif.
En revanche, si le lecteur fait de mauvais choix, nos héros seront confrontés à ce qu’on appelle des opposants, c'est-à-dire des personnages qui vont venir mettre des baguettes dans les brindilles de nos adolescents en les empêchant d’avancer, voire en les faisant reculer. C’est en repassant les épreuves qu’ils deviendront assez forts pour atteindre leur objectif.
- 18 -
Dernière modification par Deryn O'Connors le 12 déc. 2021, 23:08, modifié 1 fois.
12 déc. 2021, 22:51
Conte pas sur moi
Et voilà que nos deux compères étaient de retour à la case départ. Ils étaient pourtant bien partis mais une mauvaise décision avec la chèvre leur avait valu la colère du fidèle Hagrid. Sophie fixait Eden et son regard était lourd de sens.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu as à me fixer ainsi ? Tu n'es pas mon genre alors laisse tomber. déclara le garçon soudainement.
— Mais qu'est-ce que tu me racontes ? Je ne te regarde absolument pas pour ça ! Je savais bien que je n'aurais pas dû t'écouter. Par ta faute, nous revoilà au point de départ, je te signale !
— C'est toi qui l'as attachée, que je sache.
Eden s'amusa à narguer la jeune fille et cette dernière rougit de gêne. Elle n'aurait vraiment pas dû suivre son plan. Il sourit, fier de sa répartie, et regarda ensuite tout autour d'eux en soupirant.
— C'est pas si grave... Il nous suffit de recommencer.
— Ce n'est pas si simple, Eden... se plaignit Sophie. Elle se demandait si en descendant de nouveau ces longs escaliers, la chèvre serait libérée et referait son apparition. Et si tel était le cas, elle avait intérêt à ne pas le laisser prendre les commandes pour éviter un nouveau retour en arrière. Elle tenait à son rôle de préfète et le fait de maltraitance animale la mettait réellement au plus mal.
— Par la barbe de Merlin, la moldue ! Tu vas te détendre un peu ?
— Est-ce qu'au moins tu te souviens de ce qu'il faut faire pour redescendre sans encombres ?
— Bien sûr ! Pour qui me prends-tu ?
Que faire ?
Reducio
- 19 -
12 déc. 2021, 22:57
Conte pas sur moi
— Hein quoi ? Mais tu vas pas partir comme ça ! Pauvre chèvre ! Je ne pourrais jamais l'aider toute seule ! C'est juste impossible !
Sourd aux mots de Sophie, Eden compta. Si la moldue ne souhaitait pas le suivre, tant pis pour elle, elle resterait toute seule avec la chèvre. Celle-ci continuerait à bêler si fort qu'elle lui donnerait un mal de crâne. Pourtant, son temps de réaction fut trop court. Elle vit avec stupeur qu'Eden était parti en direction de la grande porte pour pénétrer dans le château, l'abandonnant à son propre sort.
— Je fuis ! Tel un fakir sur son tapis, je m'enfuis ! Bye bye la moldue !!
— Reviens !!
— BÊÊÊH ! BÊÊÊH !
Le bêlement de la chèvre résonna puissamment dans la cour, vrillant le crâne de Sophie. L'écho des deux cris fit ricaner le vil Eden qui courait à perdre haleine vers la grande porte de sortie. Pourtant, alors que Sophie rouspétait dans sa barbe, elle vit revenir l'autre Poufsouffle encore plus énervé que précédemment.
— Aaaaarg ! Mais pourquoi a-t-il fallu que cette porte soit fermée ?
Il fronçait tellement les sourcils qu'on aurait dit qu'ils allaient se toucher. Sophie rétorqua :
— Héhé ! Je suis bien contente que tu te sois retrouvé coincé. C'est tout ce que tu méritais, le troll !
Elle lui fit un grand sourire, heureuse qu'Eden soit revenu bredouille. Ils avaient commencé l'aventure ensemble, ils la termineraient ensemble ! Semblant pratiquer la legilimancie, la chèvre bêla son accord avec ses pensées d'un retentissant :
— BÊÊÊÊÊÊÊÊH !
Que faire ?
Reducio
De leur côté, Sophie et Eden n’iront nulle part l’un sans l’autre et le né-sorcier devra donc s’unir à la née-moldue pour pouvoir franchir l’obstacle final.
De leur côté, Sophie et Eden n’iront nulle part l’un sans l’autre et le né-sorcier devra donc s’unir à la née-moldue pour pouvoir franchir l’obstacle final.
- 20 -
Dernière modification par Deryn O'Connors le 12 déc. 2021, 23:54, modifié 3 fois.
12 déc. 2021, 23:06
Conte pas sur moi
Effectivement, Eden avait vu juste. Sophie et lui se trouvaient bien dans les toilettes des filles. Alors que la jeune fille tentait de retrouver un rythme cardiaque normal suite aux émotions qu’ils venaient de vivre, le garçon, de son côté, ne semblait absolument pas perturbé. Au contraire, ravi d’avoir l’occasion de pénétrer un lieu qui lui était d’ordinaire interdit, il ne se fit pas prier pour explorer.
Sophie s’éloigna d’un bond de la porte pour le suivre. Il était hors de question pour elle de quitter Eden d’une semelle. Il leur arrivait un problème approximativement toutes les cinq minutes depuis qu’ils avaient été aspirés dans le livre, alors il était impensable pour elle de se retrouver seule lorsque cela se produirait de nouveau. Et ce n'était certainement qu'une question de temps.
Eden rentrait et sortait tour à tour de chacune des toilettes. Réalisant le drôle de manège que son camarade menait, Sophie lui demanda :
— Mais qu’est-ce que tu fais à la fin ?
— Quoi ? Je regarde si, par hasard, une fille aurait gravé mon prénom sur une des portes !
Sophie roula des yeux. Elle se demandait également quelle fille voudrait graver le nom d’un tel énergumène. Cela la dépassait. C’est alors qu’un fantôme apparut, les faisant tous deux sursauter.
— Oh, un garçon ici ! Ça fait telllllement longtemps qu’il n’y en avait pas eu chez moi… Un charmant garçon, en plus, dit le fantôme en s’approchant encore plus près d’Eden. Le garçon rougit instantanément, mais ne se laissa pas impressionner pour autant. Il savait très bien à qui il avait affaire, même si c’était la première fois qu’il la rencontrait.
— Tu dois être Mimi Geignarde ! J’ai beaucoup entendu parler de toi ! dit-il, gaiement. Cependant, le visage du fantôme, lui, changea d’air. De la joie, il passa à la peine et c’est alors que des torrents de larmes sortirent d’un coup de ses yeux transparents. Dans l’incompréhension totale, le garçon recula d’un pas. Sophie, elle, était exaspérée.
— Bien joué ! dit-elle à Eden dans un soupir. À chaque fois qu’elle était venue dans ces toilettes, elle avait dû endurer les pleurs du fantôme. Si bien que, depuis une bonne année, elle s’était décidée à ne plus y mettre les pieds. Elle préférait largement traverser le château pour trouver d’autres toilettes que d’avoir à subir ça.
— Pourquoi ? Mais pourquoi vous m’appelez toujours comme çaaaaa ? À chaque fois c'est la même choooose... Pourtant, j'embête personne moiiiii, sanglota Mimi de plus belle.
Que faire ?
Reducio
En effet, dans ce conte, le sorcier est allé jusqu’à s’arracher le cœur pour ne pas avoir à affronter l’amour, sentiment qui rend les hommes faibles selon lui. Est-ce que nos deux jeunes héros sauront faire face à ce sentiment malgré l’aversion qu’ils éprouvent par rapport aux plaintes du fantôme ? Oseront-ils prendre en compte les émotions de Mimi Geignarde ?
- 21 -
Dernière modification par Deryn O'Connors le 12 déc. 2021, 23:27, modifié 2 fois.
12 déc. 2021, 23:11
Conte pas sur moi
Le fantôme était en larmes et ça ne semblait pas près de s'arrêter... La tristesse de l'élève décédée emplissait les toilettes des filles comme les oreilles des deux cinquième année. Sophie fusilla Eden du regard avant de prendre la parole d'un ton sec pour s'adresser de nouveau à lui :
— Qu'on soit bien d'accord : c'est ta faute si elle est dans cet état... Débrouille-toi donc pour la calmer !
— Mais... Pourquoi je devrais consoler une pleurnicharde comme elle ? C'est pas ma faute si elle est aussi susceptible. T'as qu'à t'en occuper si ça te gêne tant que ça.
Un soupir profond échappa à Sophie en entendant les mots d'Eden alors que les pleurs de Mimi augmentaient de volume à cause d'eux. La préfète trouvait vraiment qu'une leçon sur l'empathie et la compassion ne ferait pas de mal au blondinet qui l'accompagnait. Elle décida de lui démontrer cela par l'exemple, non sans jeter un regard de désapprobation au garçon qui l'accompagnait et semblait bien plus se soucier de ses chaussures que du fantôme en larmes.
— Mimi ?
— Qu'est-ce qu'il y a ? Toi aussi tu comptes te moquer de moi ? La pauvre Mimi Geignarde ! Toujours en train de pleurnicher dans les toilettes, sans personne à qui parler... C'est hilarant n'est-ce pas ? hoqueta Mimi, visiblement énervée.
— Pas du tout, au contraire je voulais... m'excuser... de pas être venue discuter plus souvent avec toi. Je suis également désolée pour ce que t'as dit Eden. C'est pas un méchant, mais il réfléchit jamais avant de parler.
Sophie faisait une grimace en exprimant des excuses pour Eden, elle ne croyait pas vraiment qu'il ne soit pas méchant mais sait-on jamais, peut-être cela suffirait à calmer Mimi... Et, avec beaucoup de chance, peut-être à faire prendre conscience à Eden à quel point les mots pouvaient avoir de la force. Cependant la réaction du fantôme ne fut pas celle attendue par les deux élèves...
— Très bien, j'accepte tes excuses à toi ! Mais tu dois me promettre de venir me voir pour discuter plus souvent. Je veux aussi que lui s'excuse directement ! annonça Mimi en reniflant et en fixant tour à tour Sophie et Eden.
— Mais ! protesta Eden avant de se prendre un coup de coude dans les côtes par Sophie.
— Je te le promets Mimi. Je te promets aussi que ce malotru va s'excuser.
Eden, devant le regard noir de sa camarade, les yeux encore larmoyants du fantôme ainsi que la douleur sourde à ses côtes finit par ployer. Il réalisait que, peut-être, il avait jugé un peu vite Mimi Geignarde et que, peut-être, remuer la baguette dans la plaie n'était pas la meilleure marche à suivre. L'air défait, il prit la parole :
— Je m'excuse Mimi... de m'être moqué de toi, c'était vraiment pas cool de ma part.
Sophie voyait avec satisfaction combien cette excuse un peu bancale avait coûté à Eden. Restait à voir si le fantôme s'en contenterait. Avec soulagement, ce fut le cas et Mimi indiqua un couloir silencieux que les deux élèves se décidèrent à emprunter après l'avoir remerciée.
Enfin, silencieux... Il ne le resta pas longtemps. Bien vite, les deux enfants eurent de la compagnie. Une chèvre, dont l'odeur n'avait d'égal que le nombre de mouches qui lui tournaient autour. Les effluves étaient ignobles et les cris que l'animal commença à pousser plus encore...
Reducio
Le sorcier du conte, lui, bien qu’il ait décidé d’accepter de remettre son cœur dans sa poitrine, et donc accepté le sentiment amoureux, est devenu fou. En se tenant écarté de ce sentiment humain trop longtemps, il en est devenu inhumain. Cela le conduit alors à sa perte.
- 22 -
12 déc. 2021, 23:18
Conte pas sur moi
Mimi pleurait. Le son de ses sanglots résonnait dans les toilettes des filles. Tout ce bruit tapait sur les nerfs d'Eden qui décida, puisque sa visite était terminée, qu'il était temps de quitter les lieux. Il s'approcha de Sophie et se mit à chuchoter.
— Bon, je crois qu'on n'a plus grand-chose à faire ici. On y va ?
Sophie fronça légèrement les sourcils derrière ses épaisses lunettes mais elle devait bien admettre qu'elle avait elle aussi très envie de filer.
— Mimi ? tenta Sophie, mais le fantôme continuait de hurler, de se lamenter sans fin. Tu as raison, filons.
— Mais oui, c'est ça ! Filez ! Faites comme tous les autres, laissez Mimi toute seule dans ses toilettes ! C'est bien ça que vous voulez, non ?! hurla Mimi en fonçant droit sur eux, leur barrant ainsi le passage. Un sourire moqueur ornait maintenant son visage et elle s'avançait vers eux.
— Pas du t...
— Disons qu'on est un peu pressés ce soir mais...
Eden avait coupé la parole à Sophie. Le fantôme lui tapait sur les nerfs et il n'avait pas la moindre envie de rester plus longtemps ici. Le fantôme s'avança alors près de lui, près, tout près. Le garçon hoqueta de surprise en reculant. Il se prit les pieds dans la marche des lavabos et chuta lourdement.
— Aïe !
Sa cheville présentait un angle étrange. Sophie se mordit la lèvre tandis que le Poufsouffle plaçait ses mains sur sa cheville.
— Oooh il s'est fait mal le petit... Pauvre petit Poufsouffle...
Visiblement satisfaite, Mimi prit son envol et disparut dans un rire moqueur au fond d'une cuvette.
— Non mais je rêve ! C'est l'enfer vos toilettes ! Aide-moi, tiens ! Ça me fait un mal de Croup !
— Tu pourrais rester poli tout de même. Je t'avais prévenu pour Mimi. On n'a plus qu'à aller à l'infirmerie maintenant.
Reducio
C’est effectivement le cas ici puisqu’ils restent de glace face aux larmes de Mimi Geignarde. Ce refus d’accepter les émotions peut conduire les sorciers à sombrer peu à peu dans la noirceur de leur âme et dans la magie noire la plus puissante et la moins avouable.
- 23 -
Dernière modification par Deryn O'Connors le 12 déc. 2021, 23:48, modifié 1 fois.
12 déc. 2021, 23:32
Conte pas sur moi
Mimi pleurait. Le son de ses sanglots résonnait dans les toilettes des filles. Tout ce bruit tapait sur les nerfs d'Eden qui ne put s'empêcher de commenter la situation :
— T'embêtes personne ? T'es sûre ? Je crois pas avoir entendu une seule fois quelqu'un dire que Mimi Geignarde est sympathique.
Sophie, sous le choc des mots d'Eden, n'ajouta rien tandis que le fantôme s'approcha du blond à grande vitesse. La colère se lisait sur le visage translucide strié de larmes spectrales.
— Mimi ? tenta Sophie.
— Comment qui que ce soit pourrait savoir comment je suis ? Personne ne discute jamais avec moi. Pauvre Mimi, elle est triste et laide, personne ne l'aime, ne lui parlons pas... C'est bien ça ? C'est comme ça que vous me voyez tous les deux ?! hoqueta Mimi, visiblement en train de s'énerver sérieusement.
— Pas du t...
— Parfaitement ! T'es qu'une pleurnicheuse ennuyeuse comme la pluie. T'es même pas en vie, qui voudrait venir te parler !
Eden avait coupé la parole à Sophie. Le fantôme lui tapait sur les nerfs et il n'avait pas la moindre envie de lui montrer une once de sympathie. Il voulait juste qu'elle se taise, qu'elle arrête de pleurer et de lui casser les oreilles. Il ne remarqua ni l'air horrifié de Sophie ni à quel point Mimi était en colère.
— C'est comme ça ? Vous voulez voir ce que peut faire l'ennuyeuse Mimi ? Non ? Et bien tant pis pour vous ! Vous l'aurez bien cherché.
Le ton de Mimi semblait sans appel. Sophie voulut essayer de calmer le jeu mais en fut empêchée par Eden qui la repoussa et prit la parole d'un ton narquois.
— Et tu vas faire quoi, le fantôme ? Me passer à travers ? Oulala ! Que j'ai peur...
— Arrête tes bêtises ! Tu vois bien qu'elle est énervée.
— Et alors ? Elle avait qu'à faire moins de bruit si elle voulait pas attirer l'attention sur elle. Et de toute façon, c'est un fantôme, elle peut rien nous faire...
Mimi, enragée, s'était détournée des adolescents pour se diriger vers l'un des lavabos. Elle prononça ce qui devait être des mots dans un langage oublié et ouvrit un passage vers un lieu fermé depuis longtemps et dont l'histoire faisait trembler l'école : la Chambre des Secrets.
Reducio
C’est effectivement le cas ici puisqu’ils restent de glace face aux larmes de Mimi Geignarde. Ce refus d’accepter les émotions peut conduire les sorciers à sombrer peu à peu dans la noirceur de leur âme et dans la magie noire la plus puissante et la moins avouable.
- 24 -
Dernière modification par Deryn O'Connors le 12 déc. 2021, 23:34, modifié 2 fois.
12 déc. 2021, 23:33
Conte pas sur moi
Le lavabo descendait lentement dans le sol dans un grincement qui provoqua des frissons aux deux enfants. Sophie tremblait de la tête aux pieds. Eden, surpris lui aussi, tentait de faire bonne figure, mais ses yeux s'écarquillaient un peu trop.
Tous deux imaginaient assez bien où pouvait mener ce passage. La Chambre des Secrets. La mystérieuse et bien cachée. Un lieu où ils n'auraient jamais imaginé mettre les pieds. Et l'entrée était là, devant eux. Eden fut le premier à se ressaisir. Ses yeux brillèrent d'un éclat nouveau alors qu'il se tournait vers sa camarade. Il n'allait pas hésiter plus que nécessaire et ne comptait pas lui demander son avis. La connaissance ultime, le lieu le plus secret et légendaire de Poudlard !
— Et bien allez, on y va la poule mouillée !
Sans attendre sa réponse, voilà qu'il se saisit du poignet de la jeune fille et la poussa sans ménagement dans l'entrée fraîchement ouverte. Tétanisée, elle n'eut même pas le temps de répliquer quoi que se soit que la voilà projetée en avant. Le geste fut si soudain que ses lunettes se décrochèrent et chutèrent à ses côtés. Son cri déchirant faisait toujours échos dans les toilettes quand Eden jeta un regard de défi au fantôme. À peine quelques secondes plus tard, il s'engouffra à son tour dans l'ouverture.
Ils y étaient. La fameuse Chambre des Secrets. Une grande allée pavée s'étalait devant eux. De chaque côté, des imposantes statues de serpents, regards fiers et langues fourchues, dressés comme un avertissement. Au bout de cette allée, une immense statue représentant un visage effrayant semblait gouverner le lieu.
Eden était excité et totalement hors de contrôle, il ne savait plus où donner de la tête. Sophie quant à elle restait muette, la bouche ouverte dans une stupéfaction non feinte. Sa main crispée tenait ses lunettes brisées.
— Ouah, tu as vu un peu la grandeur de ce lieu ? C'est complètement dingue !
Sans lunettes, Sophie ne distinguait certainement pas autant de détails que lui, mais assez pour être terrifiée. Mais il n'eut pas le temps de continuer à s'extasier. Un bruit sourd et constant résonnait derrière eux. Ce n'était pas des pas, c'était un glissement. Un frottement contre l'eau et la pierre de ces souterrains. Quelque chose rampait. Quelque chose de géant.
Ils firent volte face instinctivement.
Il était là, face à eux, grand et imposant, dangereux et terrifiant. Le Basilic. Serpent géant aux crochets acérés. La bouche grande ouverte, l'air menaçant, des filets de bave coulaient sur ses écailles. Son regard perçant se dirigea lentement, mais sûrement, vers les deux enfants. Ils eurent à peine le temps de claquer des dents que le regard glaçant de la créature se planta dans le leur. Ce froid prit possession de leur corps tout entier. Leurs cœurs manquèrent un battement, puis un second, et s'arrêtèrent. Le bruit de leur chute dans l'eau presque gelée résonna contre les murs de pierre. Mais le silence qui suivit fut bien plus saisissant. Le sifflement du serpent géant était la dernière chose de vivante dans cette salle à présent.
Que faire ?
Reducio
Le conte de Beedle le Barde, Le Sorcier au cœur velu est probablement le conte le moins lu du fait de sa fin extrêmement violente. Paradoxalement, c’est également celui qui a été le moins critiqué et remodelé. En effet, malgré leur succès moindre, ces contes demeurent car ils parlent de la noirceur et de la folie qui se trouvent en chacun de nous.
Dans le conte de Beedle, c’est la quête de l’invulnérabilité qui causera sa perte au héros et l’utilisation de la magie noire en excès. Il existe, même dans les contes, des règles à ne pas outrepasser. Dans Conte pas sur moi, c’est le désir insatiable d’une connaissance infinie et de sa puissance associée qui poussera nos héros à leur perte tandis qu’ils plongent eux aussi dans la magie sombre du château.
Le conte de Beedle le Barde, Le Sorcier au cœur velu est probablement le conte le moins lu du fait de sa fin extrêmement violente. Paradoxalement, c’est également celui qui a été le moins critiqué et remodelé. En effet, malgré leur succès moindre, ces contes demeurent car ils parlent de la noirceur et de la folie qui se trouvent en chacun de nous.
Dans le conte de Beedle, c’est la quête de l’invulnérabilité qui causera sa perte au héros et l’utilisation de la magie noire en excès. Il existe, même dans les contes, des règles à ne pas outrepasser. Dans Conte pas sur moi, c’est le désir insatiable d’une connaissance infinie et de sa puissance associée qui poussera nos héros à leur perte tandis qu’ils plongent eux aussi dans la magie sombre du château.
- 25 -
14 déc. 2021, 00:09
Conte pas sur moi
Les voilà qui couraient, couraient à en perdre haleine. Il ne fallait surtout pas qu'ils se fassent attraper. Merlin seul savait ce qui leur arriverait si c'était le cas. Et malgré leur imagination débordante, ils ne préféraient pas y penser !
Mais c'est qu'elle était rapide. À leurs trousses comme un Musard accroché à sa coquille, elle n'était pas prête de les laisser s'échapper !
Les deux enfants, totalement paniqués, recherchaient fébrilement comment s'en débarrasser en farfouillant dans leurs poches pour trouver de quoi la ralentir.
Sophie avait les mains tremblantes et moites. Et il y en avait des choses, dans ses poches. De nombreux brouillons de parchemins chiffonnés, des miettes de cookies, son insigne de préfète. Mais alors même qu'elle les lançait à une vitesse folle, aucune de toutes ces choses ne permit de ralentir la Vélane. Sans réfléchir, elle lança également sa plume, sa belle plume de paon derrière elle. À ce stade, il fallait tout tenter ! Quelle ne fut pas sa surprise quand celle-ci se transforma en une nuée d'oiseaux. Tous plus beaux les uns que les autres, mais là n'était pas la question. Certains s'agrippèrent aux cheveux blonds de leur poursuivante, d'autres volèrent sur son visage. Tant et si bien que la voilà, enfin, un peu ralentie ! Ceci laissa le temps à Eden de se mettre lui aussi à la recherche de projectiles. Ses doigts attrapèrent un caramel et la sucrerie fut projetée en arrière. Elle commença à couler, couler et s'étendit jusqu'à former une énorme flaque épaisse et sucrée que la harpie ne pût éviter !
Leur poursuivante eut à peine le temps de se dégager des plumes et serres des oiseaux que la voilà qui se retrouvait les pieds collés au sol. Stupéfaction quand elle se rendit compte qu'elle avait les pieds englués dans du caramel.
Tant mieux pour eux ! Ils pouvaient continuer à courir avec un peu plus d'avance. Mais cela ne suffirait pas pour les sortir de ce pétrin... Il fallait trouver une autre idée, et vite…
Que faire ?
Reducio
Notre auteur fait donc dans ce passage référence à la célèbre harpie Baba Yaga, qui poursuivait des enfants sans relâche à travers bois pour garnir sa table à chaque repas. Une des proies, ayant réussi à se sauver, raconta plus tard comment elle était parvenue à maintenir l’ogresse à distance en lançant derrière elle des objets pour former des barrières entre elle et la harpie.
Dans notre conte, les deux enfants ne courent pas dans les bois mais le long de couloirs interminables. Ils ne lancent pas des peignes ou des serviettes magiques mais plutôt ce qu’ils ont dans les poches, des plumes et des caramels.
Notre auteur fait donc dans ce passage référence à la célèbre harpie Baba Yaga, qui poursuivait des enfants sans relâche à travers bois pour garnir sa table à chaque repas. Une des proies, ayant réussi à se sauver, raconta plus tard comment elle était parvenue à maintenir l’ogresse à distance en lançant derrière elle des objets pour former des barrières entre elle et la harpie.
Dans notre conte, les deux enfants ne courent pas dans les bois mais le long de couloirs interminables. Ils ne lancent pas des peignes ou des serviettes magiques mais plutôt ce qu’ils ont dans les poches, des plumes et des caramels.
- 26 -
14 déc. 2021, 00:13
Conte pas sur moi
Les deux enfants avaient presque réussi à semer la harpie mais elle était tellement en furie qu'elle risquait de revenir sur eux d'un instant à l'autre. Sophie expliqua alors à Eden :
— On ne peut pas s'en sortir tous seuls, il faut demander de l'aide à quelqu'un. Elle va forcement nous retrouver et on ne peut pas se cacher éternellement. Il faut qu'on rentre chez nous, je te rappelle.
— Bon d'accord... Eden n'avait jamais été convaincu si facilement mais il savait que sa camarade avait raison cette fois-ci. Tu veux qu'on appelle qui ?
La brune à lunettes n'eut pas le temps de répondre que l'infirmière réapparut quelques mètres derrière eux.
— Au secours, à l'aide !! cria Sophie.
Ils reprirent leur course-poursuite dans les couloirs. Sophie se demandait bien comment elle faisait pour se dégager aussi vite des obstacles qu'ils semaient sur la route. Tout ce qu'ils trouvaient y passait : objets dénichés au fond des poches, armures décoratives, balais des elfes... Sophie ralentit. Elle en avait marre de courir ! Mais seulement quelques secondes plus tard, une grande silhouette leur fit face : la directrice ! Elle avait sûrement dû être alertée par le bruit qu'ils avaient fait...
— Qu'est-ce que c'est que ce boucan ? s'énerva-t-elle.
— Oh madame la directrice ! Aidez-nous s'il vous plait, il y a l'inf...
— Ah ça y est, je vous ai enfin retrouvés ! la coupa l'infirmière en arrivant à leur niveau.
La harpie redevenue jolie blonde expliqua alors à la directrice que les deux élèves ne voulaient pas l'aider à soigner les autres malades et qu'ils s'étaient enfuis comme des lâches. Ils étaient maintenant dans de beaux draps ! Ça n'allait pas être facile de convaincre la directrice...
— Et bien jeunes gens, vous allez retourner à l'infirmerie. Ça vous apprendra à ne pas aider les autres.
— Mais madame...
— Il n'y a pas de mais qui tienne. Dépêchez-vous !
Ils suivirent alors la vélane, dépités. Cette histoire n'allait-elle donc jamais finir ?
Que faire ?
Reducio
![]() |
Les petits sorciers connaissent tous les figures terrifiantes des histoires qui font peur. On y trouve de façon récurrente le loup-garou ou la vélane. Deux figures emblématiques des peurs d’enfants. |
En effet, tout comme l’ogre des moldus qui dévore les enfants mais protège les siens, ce sont des personnages ambivalents. Une part d’eux est bénéfique et bienveillante et leur côté sombre prend parfois le dessus, laissant alors la folie et la cruauté éclater au grand jour ou plutôt à la nuit.
Dans Conte par sur moi, Humphrey Le Puff accentue encore plus ce phénomène en transformant la fameuse vélane en infirmière. Ainsi, la douce soignante devient une terrible harpie quand on essaye de s’échapper de son antre.
Dans Conte par sur moi, Humphrey Le Puff accentue encore plus ce phénomène en transformant la fameuse vélane en infirmière. Ainsi, la douce soignante devient une terrible harpie quand on essaye de s’échapper de son antre.
- 27 -







