14 déc. 2021, 00:15
Conte pas sur moi
Décidément, il était bien difficile d'échapper à cette infirmière. Et appeler à l'aide, dans l'espoir qu'un adulte responsable les sorte de ce mauvais pas, n'avait pas réussi aux deux Poufsouffle. Les voilà de retour à l'infirmerie, avec une harpie redevenue vélane mais toujours aussi terrifiante que lors de la course-poursuite. Les deux élèves savaient qu'il leur fallait vite partir d'ici s'ils souhaitaient s'en sortir mais, pour l'heure, ils devaient se prêter au jeu. De longues minutes passèrent et rien ne changeait vraiment jusqu'à ce que...
— Pssst ! Sophie ? Tu es prête ? Je compte jusqu'à trois et à trois, tu cours aussi vite que tu peux. On va essayer de la semer différemment, murmura Eden, alors que l'infirmière leur tournait le dos. Il était persuadé que cette fois, ce serait la bonne. Il courait plutôt vite. Et Sophie, quand elle avait peur, courait assez vite également. Il suffisait juste de se taire et de n'appeler personne, pour éviter de se faire reprendre par la directrice, une fois de plus.
— Tu... Tu m'as appelé par mon prénom ? demanda la jeune brune à lunettes, abasourdie. C'était bien la première fois qu'elle entendait le cancre de sa promotion l'appeler aussi gentiment. Elle en était tellement surprise qu'elle ne releva même pas son plan insensé et dangereux.
— Oui, bon... On n'a pas le temps pour ça, là ! Tu es prête ?
Sophie ne dit plus un mot mais acquiesça tout de même de la tête pour lui signaler qu'elle était d'accord. Peut-être qu'elle devenait folle mais pour la première fois, elle avait envie de lui faire confiance. Elle resta donc fixée sur ses lèvres tandis qu'il commença à les remuer afin de compter.
— Un... Deux... Trois !
Ils se mirent alors à courir du plus vite qu'ils pouvaient pour espérer arriver à semer l'infirmière. Cette dernière remarqua très vite leur petit plan et se transforma aussitôt en harpie. Et c'était reparti ! Une nouvelle course-poursuite dans les couloirs de Poudlard...
Que faire ?
Reducio
Dans Conte pas sur moi, Humphrey le Puff ne nomme pas l’objet et son usage n'est pas explicitement annoncé, mais il n’est pas rare qu’il soit directement mentionné ou bien que le phénomène soit poussé plus loin. En effet, dans certains contes, des personnages se retrouvent coincés dans des boucles temporelles. Ces cas font références à des témoignages de sorciers ayant raconté avoir revécu un nombre impressionnant de fois un moment de leur vie afin de trouver le moyen d’en changer l’issue. D'autres personnes ont témoigné qu’un de leur proche serait même devenu fou à cause de cet outil. Bien que ces rumeurs n’aient jamais été totalement avérées, il n’en fallut pas plus pour que l’objet et sa capacité deviennent célèbres et qu’ils parviennent alors à se faire une place dans la littérature des sorciers y compris des plus petits.
Dans Conte pas sur moi, Humphrey le Puff ne nomme pas l’objet et son usage n'est pas explicitement annoncé, mais il n’est pas rare qu’il soit directement mentionné ou bien que le phénomène soit poussé plus loin. En effet, dans certains contes, des personnages se retrouvent coincés dans des boucles temporelles. Ces cas font références à des témoignages de sorciers ayant raconté avoir revécu un nombre impressionnant de fois un moment de leur vie afin de trouver le moyen d’en changer l’issue. D'autres personnes ont témoigné qu’un de leur proche serait même devenu fou à cause de cet outil. Bien que ces rumeurs n’aient jamais été totalement avérées, il n’en fallut pas plus pour que l’objet et sa capacité deviennent célèbres et qu’ils parviennent alors à se faire une place dans la littérature des sorciers y compris des plus petits.
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14 déc. 2021, 00:19
Conte pas sur moi
Les cerveaux s'échauffaient afin de trouver une idée concluante pour ne pas finir en chair à saucisse. Eden mima deux longues oreilles à l'aide de ses doigts. Sophie croisa son regard et acquiesça. C'était à tenter !
Ni une ni deux, voilà que, effrayés, les deux enfants tentèrent le tout pour le tout et se transformèrent en lapins ! Deux jolis et mignons petits lapins au pelage blanc et soyeux. Sous cette forme, il leur serait bien plus facile de se cacher. Hop, ni vu, ni connu, les voilà en un saut dissimulés dans un petit recoin.
Furieuse, la harpie passa et repassa à leur recherche. Mais sous cette forme, dans leur petit coin, ils étaient comme invisibles à ses yeux. Et bientôt, la respiration sifflante de l'affreuse créature s'éloigna pour de bon !
— Pfff, c'était moins une !
Sa forme humaine reprise, Eden afficha un sourire triomphant.
— J'ai cru qu'on allait finir en chair à saucisse !
Dans un soupir de soulagement, Sophie se laissa tomber sur le sol, épuisée par cette course-poursuite. Mais le calme n'était que temporaire : un cri atteignit leurs oreilles et manqua de les faire sursauter.
— BÊÊÊH ! BÊÊÊH !
Les deux enfants se regardèrent, interloqués. Étaient-ils vraiment en train d'entendre ce qu'ils pensaient entendre ? Ou bien leur imagination leur jouait-elle un tour d'un drôle de goût ?
Mais quel était donc cet étrange bruit ? D'autres élèves auraient-ils tenté d'échapper à la harpie sous une autre forme, moins discrète et plus bruyante que celle d'un petit lapin ?
Cette hypothèse n'était certainement pas la bonne, et pourtant il était difficile d'expliquer la présence d'une chèvre en ce lieu.
Sophie, loin de paraître étonnée, semblait ravie de cette présence bien plus rassurante et s'approcha avec un grand sourire de la créature à quatre pattes.
— Coucou ma belle !
Elle en profita pour lui caresser délicatement la tête.
— Arg mais berk ! Attends, tu as le nez bouché ou quoi ?! Désolé mais non, un truc puant comme ça ne peut pas être qualifié de beau...
— BÊÊÊÊÊÊÊÊH ! Un bêlement qu'on pourrait qualifier de mécontent répondit vivement à la phrase du garçon.
— Eh bien eh bien, tu es une bavarde toi. N'écoute pas ce qu'il dit va, tu es parfaite comme tu es ! Sophie, souriante, continuait à porter une douce attention à l'animal. En tout cas, je trouve la compagnie de cette chèvre bien plus agréable que la tienne !
— Ah ah ah ! Super, eh bien, si c'est comme ça, je m'en vais !
— T'as vu comme il est grognon celui-là ? Un sacré mauvais caractère, tu ne trouves pas ?
La chèvre et la préfète échangèrent un regard complice.
Eden quant à lui avançait, l'air irrité, son nez pincé entre ses doigts. Sophie amusée marchait derrière d'un pas enjoué. C'était bien plus agréable que la course-poursuite effrénée qu'ils venaient de vivre !
La chèvre elle aussi voulait être de la partie et les suivait en bêlant gaiement.
Reducio
Par contre, nous pouvons remarquer que le choix de la métamorphose n’est pas fait au hasard. Le lapin est un animal que l’on retrouve souvent dans les contes mais, dans ce passage de l’histoire, il est probable que ce soit un clin d'œil à la très rusée Babbitty Lapina.
Babbitty Lapina et la souche qui gloussait est un conte de Beedle le Barde, dans lequel, Babbitty Lapina, une sorcière blanchisseuse travaillant au service d’un moldu, parvient à sauver sa vie en se métamorphosant en lapin et en se terrant au creux de la souche d’un arbre après avoir été poursuivie lors d’une chasse à la sorcière. Eden se souvient sûrement de ce conte très célèbre et, se retrouvant à son tour pourchassé, utilise la même ruse pour parvenir à se cacher de la harpie.
Par contre, nous pouvons remarquer que le choix de la métamorphose n’est pas fait au hasard. Le lapin est un animal que l’on retrouve souvent dans les contes mais, dans ce passage de l’histoire, il est probable que ce soit un clin d'œil à la très rusée Babbitty Lapina.
Babbitty Lapina et la souche qui gloussait est un conte de Beedle le Barde, dans lequel, Babbitty Lapina, une sorcière blanchisseuse travaillant au service d’un moldu, parvient à sauver sa vie en se métamorphosant en lapin et en se terrant au creux de la souche d’un arbre après avoir été poursuivie lors d’une chasse à la sorcière. Eden se souvient sûrement de ce conte très célèbre et, se retrouvant à son tour pourchassé, utilise la même ruse pour parvenir à se cacher de la harpie.
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14 déc. 2021, 00:21
Conte pas sur moi
Les affreux hurlements semblaient très proches mais aucun des deux Poufsouffle n’osa regarder à quel point exactement. Sophie avait l’horrible impression de courir au ralenti dans un couloir interminable, exactement comme dans un cauchemar... Sauf que c'était la réalité. L'impitoyable et impardonnable réalité. De là, avoir recours à ses pouvoirs paraissait être l'issue la plus simple pour se tirer d'affaire rapidement. Au moins, elle était sûre que monsieur Eden « je-ne-jure-que-par-la-magie » Brown serait d'accord, pour une fois. Aussi, l'adolescente agrippa sa baguette et, sans lui demander son avis, hasarda un orchideus lancé derrière elle avec une certaine panique.
Bien qu'invoqué à la hâte, le sortilège porta plutôt correctement. Bientôt, des jonquilles se mirent à fleurir sur toutes les surfaces du corridor vitré en un tapis grandissant. Eden aurait presque pu être épaté par la floraison massive... si elle avait fait quelque chose pour ralentir la harpie. Au lieu de se laisser distraire, elle avait l’air de s’agiter davantage à la vue du jaune vif soudain apparu autour d’elle. Comme s'ils avaient besoin de ça !
— À quoi tu joues ? s’affola le garçon. C’est pas le moment de décorer le château !
— Je voulais attirer son attention sur autre chose ! Ou l’endormir, ou la faire trébucher, ou...
— L’endormir ? bloqua le garçon avec des yeux effarés avant d’exploser d’angoisse, empoignant des deux mains ses propres cheveux face au désespoir qu’il ressentait soudain. L’endormir !? On dirait que tu l’as énervée encore plus ! À quel moment tu endors quelqu’un avec des fleurs ?
— Oh mets-la en veilleuse tu veux ? Au moins, j'essaye des choses pour nous sortir de là !
Mais Sophie ne pouvait pas tout à fait le contredire, serrant les dents avant de devoir reconnaître qu’elle avait fait une erreur. Elle n'entendrait probablement jamais la fin de cette histoire. Toutefois son geste n’avait pas été totalement irréfléchi. Elle ne faisait jamais les choses sans réfléchir. Se retenant de se boucher les oreilles pour couper les cris incessants de la harpie, elle tenta de s'expliquer :
— Dans Le Magicien d’Oz, il y a bien un champ de fleurs soporifiques. Je me disais qu’en y pensant fort, je pourrais le reproduire.
— Argh tu me gaves avec tes références à la noix, c’est pas le moment !
Décidément, même Eden était trop préoccupé par la situation pour se moquer de son échec.
— Elle gagne du terrain sur nous, va falloir trouver autre chose !
Que faire ?
Reducio
Nos personnages espéraient ici voir la harpie s’effondrer tel le lion et Dorothée dans Le Magicien d’Oz, conte des plus célèbres chez les Poufsouffle qui apprécient particulièrement son chemin de briques jaunes. Nos héros ont malheureusement oublié que cette créature est bien trop puissante pour une simple barrière florale et son cœur bien trop emprunt de folie pour qu’elle s’y intéresse.
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14 déc. 2021, 00:27
Conte pas sur moi
C'est d'un pas rapide que nos deux Poufsouffle entrèrent dans la bibliothèque en s'empressant de fermer la porte. Dos à elle, ils se laissèrent glisser le long pour finir assis et adossés. Sophie, la tête en arrière, reprenait son soufle alors qu'Eden posa son front sur ses genoux pour reprendre ses esprits. La bibliothèque était silencieuse, on entendait seulement les respirations saccadées des deux élèves.
Sophie rompit le silence et, d'une voix courte, elle dit :
— Eden, allons fermer ce livre avant qu'il n'en fasse encore des siennes.
Eden leva sa tête doucement et regarda Sophie dans les yeux avant d'acquiescer. Il se releva difficilement en s'appuyant sur la porte. La fatigue était là. Ses muscles étaient douloureux. Il tendit le bras à Sophie pour l'aider. Elle l'accepta avec plaisir. Ils partirent main dans la main en direction de la réserve. On ne pouvait qu'entendre les bruits de leurs pas. Ils remontaient les allées pour atteindre leur but.
Une fois devant, le cœur de Sophie battait la chamade. Eden lui serra la main plus fort. Il s'avancèrent d'un pas lent jusqu'au livre. Ce livre !
Eden regarda Sophie et lui dit :
— Ensemble !
Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Sophie savait où il voulait en venir. Il était temps de mettre fin à cette aventure. Sophie prit la partie droite de la couverture du livre en glissant sa main dessous. Quant à Eden, il prit la partie gauche. Ils se regardèrent, ils n'eurent pas besoin de décompte. Ils étaient en symbiose. Et c'est dans un bruit sourd qu'ils fermèrent le livre.
Reducio
L’objet de la quête est toujours dédié à un ou plusieurs destinataires, c'est-à-dire à une ou plusieurs personnes qui obtiendront un avantage à la réussite de la mission. Dans le cas de notre conte, les héros sont eux-mêmes les destinataires et l’objet de la quête est symboliquement représenté par le livre magique qui doit être refermé à quatre mains.
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14 déc. 2021, 00:29
Conte pas sur moi
Parfois, même les plus folles aventures ne peuvent pas bouleverser les petites habitudes. Quelques semaines seulement après ces étonnantes péripéties, la vie semblait avoir repris son cours aussi bien pour Eden Brown que pour Sophie Grace. Pour quelqu'un qui ne les aurait pas connus avant leurs aventures, il aurait été probable que leur relation soit qualifiée de tumultueuse. En effet, le naturel était vite revenu au galop pour les deux Poufsouffle. Sophie avait recommencé à respecter et faire respecter le règlement à la lettre tandis que son camarade blond avait toujours la même fougue.
Pourtant, la plupart de leurs plus proches camarades purent observer des changements subtils entre ces deux-là. Quand Sophie était obligée de réprimander Eden, le garçon ne faisait plus de réponse abrupte et il ne la traitait plus de binoclarde. Même si, bien sûr, il ne lui obéissait toujours pas la plupart du temps. De son côté, la jeune fille semblait plus patiente avec Eden. En tout cas, elle ne soupirait plus à la moindre des interventions du blondinet et ne prenait pas la mouche au moindre regard de sa part. À défaut d'une réelle amitié, parfois impossible, deux caractères totalement opposés pouvaient au moins apprendre à se supporter et à mieux cohabiter.
Ainsi Eden entra un jour dans la salle commune avec son air satisfait, récurrent chez le jeune garçon. Il semblait chercher quelqu'un du regard et c'est quand il vit la préfète que son visage s'éclaira. La jeune fille leva la tête de ses parchemins en voyant son camarade approcher vers elle. Elle décelait chez lui ce fameux regard malicieux qu'il avait si souvent eu lors de leur récente aventure. À sa grande surprise, cela fit apparaître un sourire sur son visage.
— Salut Eden ! Qu'est ce que tu tiens là ? dit-elle en désignant d'un signe de tête le sachet que le garçon tenait ostensiblement.
— Oh, ça ? répondit-il d'un air désinvolte en lançant le sachet plusieurs fois en hauteur pour le rattraper au vol. Toi qui aimes les contes, qu'en dis-tu ? Tiens, attrape !
Le garçon lança le sachet vers sa camarade qui l'attrapa in extremis.
— On sait jamais, si t'as la main verte... ajouta Eden en guettant la réaction de la préfète.
Sophie regarda alors l'étiquette et put y lire « Haricots magiques » avec un « Jack » griffonné à la main en dessous. La jeune fille croisa le regard du garçon, un drôle d'air sur son visage. Plutôt que de la méfiance, on pouvait y déceler une certaine connivence.
Reducio
Les sorciers vont rarement jusqu’à la niaiserie comique des moldus : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Cependant, les protagonistes évoluent généralement le long du conte pour atteindre une situation plus confortable que celle de départ ou, du moins, leur expérience leur permet de porter sur cette dernière un regard différent, la rendant plus enviable.
Humphrey Le Puff ne fait pas tomber nos deux héros éperdument amoureux l’un de l’autre même si certaines parties de l’histoire pouvaient nous faire naître un sourire malicieux. Sophie et Eden ont appris à se connaître et donc à se respecter et, mieux que tout, de nouvelles aventures semblent vouloir s’ouvrir à eux !
Tous les sorciers connaissent les aventures du fameux Jack et de l’ogre Bran qui vivait dans un vaste château. Il fut volé puis éliminé par un jeune sorcier téméraire armé d’un célèbre haricot magique. Un futur roman très prometteur pour nos deux jeunes sorciers et pour tous les lecteurs attentifs !
Les sorciers vont rarement jusqu’à la niaiserie comique des moldus : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Cependant, les protagonistes évoluent généralement le long du conte pour atteindre une situation plus confortable que celle de départ ou, du moins, leur expérience leur permet de porter sur cette dernière un regard différent, la rendant plus enviable.
Humphrey Le Puff ne fait pas tomber nos deux héros éperdument amoureux l’un de l’autre même si certaines parties de l’histoire pouvaient nous faire naître un sourire malicieux. Sophie et Eden ont appris à se connaître et donc à se respecter et, mieux que tout, de nouvelles aventures semblent vouloir s’ouvrir à eux !
Tous les sorciers connaissent les aventures du fameux Jack et de l’ogre Bran qui vivait dans un vaste château. Il fut volé puis éliminé par un jeune sorcier téméraire armé d’un célèbre haricot magique. Un futur roman très prometteur pour nos deux jeunes sorciers et pour tous les lecteurs attentifs !
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14 déc. 2021, 00:30
Conte pas sur moi
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Si le conte m'était conté... |
Pour rédiger son œuvre, Humphrey Le Puff a écumé les recueils de contes sorciers et moldus, les notes des uns et des autres. Vous avez découvert au fil des pages un certain nombre de remarques et de réflexions qu'il a pu écrire ou que d'autres ont écrit sur son œuvre. Les voici toutes regroupées en cette fin d'ouvrage pour les curieux et curieuses qui veulent découvrir les coulisses de ce tout nouveau roman.
Premières définitions.
[Couverture] Un conte est un récit, une aventure, une parenthèse amusante et instructive. Il ne connaît aucune limite si ce n’est celle de l’imagination. On y passe sans aucune objection du monde réel à un monde idéal ou infernal.
Tout est permis tant que les lieux et la temporalité restent suffisamment flous. Ils ont de tout temps bercé les jeunes sorciers avant d’aller se coucher.
[Dédicaces] On pense souvent que les contes sont destinés aux enfants avec une morale à visée éducative. Pourtant, bien souvent, les préoccupations des héros sont celles d'adultes : recherche de l'amour, du savoir, de la puissance, de la richesse.
En vérité, il y en a pour tous les goûts et tous les âges, chacun se tournant naturellement vers les contes exploitant ses propres faiblesses. Les enfants sorciers se tourneront vers les angoisses de séparation, les terreurs nocturnes, la peur de l'abandon, les petites bêtises magiques... Les adolescents se délecteront des récits explorant les rituels de séduction et les affaires de couple, les apprentis ridicules et les maîtres agaçants. Les adultes se plongeront dans les affaires plus sombres, tentations à leur hauteur, magie puissante, richesse et pouvoir.
De la structure des contes.
[Page 2] Tout conte moldu ou sorcier possède une structure bien définie. Tout commence par une situation initiale qui nous permet de rencontrer les personnages principaux et surtout le ou les héros. Vient ensuite le moment clé de l’aventure que nous nommerons : l’élément perturbateur.
Nul besoin de mon aide pour comprendre ce qui perturbe nos deux jeunes sorciers dans ce récit. L’apparition de ce livre dans la pénombre est sans nul doute l’instant clé de notre aventure balbutiante.
Nos deux héros doivent maintenant se préparer pour affronter la suite de l’histoire. En effet, pour parvenir à une situation finale acceptable, ils vont devoir affronter nombre de péripéties, des épreuves toutes plus éprouvantes les unes que les autres pour atteindre leur but : un retour à la normale.
[Page 3]Le passage du monde réel au monde imaginaire est un événement fréquent dans les contes. Nous retrouvons cela souvent dans les contes moldus (Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, Le Magicien d’Oz, …), mais aussi dans les contes sorciers, comme dans le très célèbre Celle qui faisait tomber la neige d'Amaëlle Nelly, récompensé du Prix de Poudlard.
En effet, Snow, l’héroïne, qui vit dans un monde où l’été perdure depuis des siècles à la suite d’une malédiction, aperçoit dans le désert un rideau de neige. Poussée par sa curiosité, elle le franchit et se retrouve dans un monde où la neige est perpétuelle.
Le héros quitte un lieu clos pour aller construire sa vie et son identité.
[Page 18] Lors d’une quête, un héros doit généralement affronter trois épreuves de types différents : l’épreuve qualifiante, l’épreuve principale et l’épreuve glorifiante. Dans cet ouvrage, si le lecteur fait les bons choix, il passera par ces trois épreuves.
L’épreuve qualifiante consiste à descendre de la volière en acceptant d’utiliser la magie, en acceptant d’affronter ses peurs. L’épreuve principale est le choix à faire avec Peeves. Il faut que les héros comprennent que la puissance n’est pas toujours dans ce qui se voit et n’est pas non plus toujours la solution pour régler un problème. Enfin, l’épreuve glorifiante est le passage par la fontaine. En acceptant leurs différences et en s’alliant, ce qui implique de demander de l’aide pour Sophie et d’accepter d’aider pour Eden, les héros du conte prouvent l’un et l’autre qu’ils possèdent une grande force et un esprit digne d’accéder aux savoirs, la bibliothèque.
En revanche, si le lecteur fait de mauvais choix, nos héros seront confrontés à ce qu’on appelle des opposants, c'est-à-dire des personnages qui vont venir mettre des baguettes dans les brindilles de nos adolescents en les empêchant d’avancer, voire en les faisant reculer. C’est en repassant les épreuves qu’ils deviendront assez forts pour atteindre leur objectif.
[Page 31] Les contes ont toujours un objectif clair à atteindre, défini dès le début de l’histoire. Il peut s’agir de la découverte ou de l’obtention d’un objet mais aussi tout simplement d’un élément abstrait comme l'apprentissage de l'amour ou de l’amitié.
L’objet de la quête est toujours dédié à un ou plusieurs destinataires, c'est-à-dire à une ou plusieurs personnes qui obtiendront un avantage à la réussite de la mission. Dans le cas de notre conte, les héros sont eux-mêmes les destinataires et l’objet de la quête est symboliquement représenté par le livre magique qui doit être refermé à quatre mains.
[Page 25] Il existe depuis toujours des contes qui finissent mal et où la violence et la mort font rage. Ce sont généralement les récits que de nombreux parents s’abstiennent de lire à leurs enfants avant qu’ils n’aient atteint un âge certain pour éviter des nuits cauchemardesques par la suite.
Le conte de Beedle le Barde, Le Sorcier au cœur velu est probablement le conte le moins lu du fait de sa fin extrêmement violente. Paradoxalement, c’est également celui qui a été le moins critiqué et remodelé. En effet, malgré leur succès moindre, ces contes demeurent car ils parlent de la noirceur et de la folie qui se trouvent en chacun de nous.
Dans le conte de Beedle, c’est la quête de l’invulnérabilité qui causera sa perte au héros et l’utilisation de la magie noire en excès. Il existe, même dans les contes, des règles à ne pas outrepasser. Dans Conte pas sur moi, c’est le désir insatiable d’une connaissance infinie et de sa puissance associée qui poussera nos héros à leur perte tandis qu’ils plongent eux aussi dans la magie sombre du château.
[Page 32] Même s’il existe quelques exceptions, la plupart des contes finissent bien et les héros parvenant à passer les épreuves sont récompensés. En effet, dans les contes, les épreuves et les pertes sont souvent structurantes alors que le monde du faste et de la belle apparence apporte souvent des ennuis. Après le dur labeur et les souffrances viennent donc le bonheur et l’amour.
Les sorciers vont rarement jusqu’à la niaiserie comique des moldus : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Cependant, les protagonistes évoluent généralement le long du conte pour atteindre une situation plus confortable que celle de départ ou, du moins, leur expérience leur permet de porter sur cette dernière un regard différent, la rendant plus enviable.
Personnages, créatures et objets, des rôles à part entière
[Page 1] Le héros en littérature correspond au personnage principal. Dans les contes, sa présentation est souvent rapide et il possède, en général, des pouvoirs impressionnants.
Au commencement, il est souvent défavorisé par une action négative qui se produit à son encontre. Il est ensuite mis à l’épreuve dans un parcours initiatique et doit passer un certain nombre d'obstacles afin que l’univers perturbé retrouve sa normalité. Tout comme nos chers étudiants en sorcellerie, les héros le deviennent souvent bien malgré eux.
[Page 4] Notons que les héros sorciers sont bien plus moteurs dans la réussite de leur quête que les héros moldus, qui sont plus souvent dans l’attente d’une aide salvatrice miraculeuse.
[Page 5] Il existe dans les contes différents types de personnages. Outre le personnage principal (ou, dans notre cas, les deux personnages principaux), on rencontre ce qu’on nomme couramment les adjuvants.
Ces personnes viennent en aide au héros en lui apportant aide ou conseil. Nos deux sorciers vont ici devoir s’en remettre à un auxiliaire des plus communs, un guérisseur.
[Page 6] On rencontre dans les contes moldus de nombreux animaux messagers ou conseillers. Ils sont là pour aider le héros, souvent envoyés par une puissance mystérieuse.
Ce phénomène n’est pas vrai dans les contes sorciers où les animaux restent à une place plus secondaire sauf dans le cas de créatures magiques exceptionnelles. Ils sont aussi plus souvent des obstacles que des soutiens.
[Page 9] Dans les contes, si on prend le temps de les présenter, c’est que les objets ont des rôles aussi importants que les personnages. Ils ont généralement des pouvoirs magiques originaux et peuvent être des complices du héros ou au contraire de véritables objets du malheur.
Les objets jouent un rôle majeur dans le rythme du conte en accélérant ou en ralentissant le temps (les bottes de sept lieues, les retourneurs de temps, les quenouilles empoisonnées…).
Le conte nous propose finalement une réflexion sur le bon usage des objets. Il faut apprendre à voir au-delà des apparences pour faire les bons choix. La véritable richesse, le véritable pouvoir n’est pas toujours là où on le croit ou du moins là où on le voit.
Techniques partagées
[Page 8] Dans les contes, il n’est pas rare que les peurs soient utilisées, qu’ils soient destinés aux grandes personnes ou aux enfants. Le héros est très souvent confronté à ses plus grandes peurs et parvient à les surmonter. Cela permet de montrer aux lecteurs qu’il ne faut pas se décourager et avoir confiance en soi.
[Page 11 et 19] Bien souvent, les moments de réussites doivent alterner avec des moments d’épreuve punitive et d’humiliation accentuant d’autant plus la nostalgie du temps calme et heureux perdu au début du conte.
[Page 13 et 14] La plupart des sorciers, jeunes ou vieux, se gaussent en écoutant les contes moldus emprunts d’une naïveté sans limite. La plupart du temps, leurs personnages sont réduits à l’impuissance ou sauvés par des actions étranges et miraculeuses.
Prenons l’exemple de La Belle au bois dormant ou encore de Blanche-Neige. Vous pouvez essayer autant de fois que vous le voulez, tenter de réveiller une personne en surdose de goutte du mort-vivant en l’embrassant ne sera pas bien utile à part, peut-être, si vous souhaitez faire un petit somme à votre tour. La vérité est tout autre et les sorciers savent bien que les fameuses princesses ont tout simplement été éveillées grâce à une bonne dose de potion Wiggenweld. Laeticia Somnolens, la harpie potionniste, et Malodora Grymm ont grandement marqué la littérature moldue de part leurs exactions durant le Moyen Âge.
Dans ce conte, l’auteur se moque donc de ces croyances moldues, montrant ainsi aux jeunes ou moins jeunes lecteurs l’absurdité de telles idées et la bêtise que serait le fait d’attendre une solution au lieu de s’activer pour résoudre les problèmes.
[Page 26] On retrouve dans de nombreux contes une épreuve de poursuite. Cette étape fait référence aux cauchemars récurrents de poursuites infernales dans lesquels les héros ont le sentiment étrange de ne pas avancer. Les scènes de course-poursuite semblent toujours s’étirer dans le temps et ce malgré les tentatives des héros pour bloquer le poursuivant.
Notre auteur fait donc dans ce passage référence à la célèbre harpie Baba Yaga, qui poursuivait des enfants sans relâche à travers bois pour garnir sa table à chaque repas. Une des proies, ayant réussi à se sauver, raconta plus tard comment elle était parvenue à maintenir l’ogresse à distance en lançant derrière elle des objets pour former des barrières entre elle et la harpie.
Dans notre conte, les deux enfants ne courent pas dans les bois mais le long de couloirs interminables. Ils ne lancent pas des peignes ou des serviettes magiques mais plutôt ce qu’ils ont dans les poches, des plumes et des caramels.
[Page 27] Les petits sorciers connaissent tous les figures terrifiantes des histoires qui font peur. On y trouve de façon récurrente le loup-garou ou la vélane. Deux figures emblématiques des peurs d’enfants.
En effet, tout comme l’ogre des moldus qui dévore les enfants mais protège les siens, ce sont des personnages ambivalents. Une part d’eux est bénéfique et bienveillante et leur côté sombre prend parfois le dessus, laissant alors la folie et la cruauté éclater au grand jour ou plutôt à la nuit.
Dans Conte par sur moi, Humphrey Le Puff accentue encore plus ce phénomène en transformant la fameuse vélane en infirmière. Ainsi, la douce soignante devient une terrible harpie quand on essaye de s’échapper de son antre.
[Page 28] Dans ce passage, l’auteur utilise un effet courant : celui du retour dans le temps. Cette technique est très fortement utilisée dans les contes modernes, depuis que L.J Thompson a créé le retourneur de temps au début du XXe siècle.
Dans Conte pas sur moi, Humphrey le Puff ne nomme pas l’objet et son usage n'est pas explicitement annoncé, mais il n’est pas rare qu’il soit directement mentionné ou bien que le phénomène soit poussé plus loin. En effet, dans certains contes, des personnages se retrouvent coincés dans des boucles temporelles. Ces cas font références à des témoignages de sorciers ayant raconté avoir revécu un nombre impressionnant de fois un moment de leur vie afin de trouver le moyen d’en changer l’issue. D'autres personnes ont témoigné qu’un de leur proche serait même devenu fou à cause de cet outil. Bien que ces rumeurs n’aient jamais été totalement avérées, il n’en fallut pas plus pour que l’objet et sa capacité deviennent célèbres et qu’ils parviennent alors à se faire une place dans la littérature des sorciers y compris des plus petits.
[Page 30] Dans les contes sorciers, les protagonistes utilisent sans crainte la magie et lancent sans a priori des sorts puissants. Cependant, contrairement aux croyances moldues, la magie ne résoudra pas forcément tous leurs soucis et n’en est pas non plus systématiquement à l'origine.
Nos personnages espéraient ici voir la harpie s’effondrer tel le lion et Dorothée dans Le Magicien d’Oz, conte des plus célèbres chez les Poufsouffle qui apprécient particulièrement son chemin de briques jaunes. Nos héros ont malheureusement oublié que cette créature est bien trop puissante pour une simple barrière florale et son cœur bien trop emprunt de folie pour qu’elle s’y intéresse.
Morale de l'histoire
[Page 12] Aider son prochain et soigner les maux font partie des classiques des contes (sorciers ou moldus). Et oui, car, en vérité, les contes sont avant tout un enseignement.
Depuis quelques années, les psychomages, utilisent les contes pour aider les lecteurs (enfants ou adultes) à résoudre les problèmes en analysant les conflits présentés de façon directe ou indirecte dans l’histoire. Ainsi, les récits permettent aux sorciers de surmonter leurs peurs, leurs angoisses ou leurs dégoûts, d’effacer les sentiments hostiles ou les émotions destructrices.
[Page 17] La fontaine du conte de Beedle porte bien son nom car son eau apporte à qui s’y rend le bonheur. Cependant, l’auteur nous fait une confidence à la fin du conte : la fontaine n’a aucun pouvoir. Ce n’est donc pas la magie de la fontaine qui permet de rendre heureux chacun des héros qui s’y baignent, mais le chemin qu’ils accomplissent durant tout ce périple.
En effet, dans le conte, les quatre héros ont, au lieu de subir leurs problèmes, transformé ces malheurs en force. Ils ont accepté leur passé et se sont rendus compte de leur potentiel présent. Ils ont ainsi bâti eux-mêmes leur bonheur en apprenant le respect de l’autre et la compassion.
Dans notre conte, c’est bel et bien le respect et la compassion qui sauveront nos deux sorciers. Si Eden tend la main à Sophie pour aider cet animal en détresse, tout sera possible.
[Page 20] Outre la compassion, Beedle le Barde loue également les bienfaits de l’entraide à travers son conte. En effet, aucun des protagonistes de La Fontaine de la bonne fortune n’aurait pu s’en sortir sans l’aide des autres. C’est l’union qui fait la force, l’union de tous les personnages, qu’ils soient sorciers puissants ou moldus terrorisés.
De leur côté, Sophie et Eden n’iront nulle part l’un sans l’autre et le né-sorcier devra donc s’unir à la née-moldue pour pouvoir franchir l’obstacle final.
[Page 22]Ici, Sophie et Eden sont parvenus à entendre et comprendre les émotions du fantôme. Ils ont alors accepté l’empathie dont ils étaient tous les deux capables de faire preuve et, puisqu’ils sont jeunes et n’ont donc pas repoussé ce sentiment trop longtemps, contrairement au sorcier au cœur velu, ils sont parvenus à franchir cette épreuve sans encombre.
Le sorcier du conte, lui, bien qu’il ait décidé d’accepter de remettre son cœur dans sa poitrine, et donc accepté le sentiment amoureux, est devenu fou. En se tenant écarté de ce sentiment humain trop longtemps, il en est devenu inhumain. Cela le conduit alors à sa perte.
[Page 23 et 24] Nos deux héros ont finalement décidé d’ignorer le fantôme ou, pire, de se moquer de lui. Ils devraient alors se méfier car, à agir ainsi, ils risquent d’avoir le cœur velu. Cette vieille expression décrit un sorcier ou une sorcière qui fait preuve de froideur ou d’insensibilité.
C’est effectivement le cas ici puisqu’ils restent de glace face aux larmes de Mimi Geignarde. Ce refus d’accepter les émotions peut conduire les sorciers à sombrer peu à peu dans la noirceur de leur âme et dans la magie noire la plus puissante et la moins avouable.
Des références sorcières célèbres
[Page 3] Celle qui faisait tomber la neige d'Amaëlle Nelly, récompensé du Prix de Poudlard.
[Page 7] Le Conte des trois frères
Dans le choix des trois objets, ce texte fait clairement référence au Conte des trois frères, célèbre récit de Beedle le barde. Cette histoire porte sur la mort, thème souvent évoqué dans les contes.
Trois frères, grâce à leur magie, parviennent à franchir une rivière profonde où d’ordinaire tous les hommes périssent. La Mort, en colère qu’ils aient bouleversé l’ordre des choses, décide de les piéger en usant de ruse : elle offre à chacun d’entre eux le cadeau de leur choix. C’est ainsi que sont créées les reliques de la mort : la baguette de sureau, la pierre de résurrection et la cape d’invisibilité. Finalement, seul le plus sage des frères parvient à poursuivre sa vie, jusqu’à ce que lui-même décide que l'heure était venue d’accepter la Mort.
Dans Conte pas sur moi, les héros ne doivent pas affronter la mort, mais trouver par quel moyen traverser une épreuve. Par la puissance, par le pouvoir ou par la ruse ?
[Page 10] Grincheuse, la chèvre pouilleuse
Grincheuse la chèvre pouilleuse est un des plus vieux contes pour enfants. Si aujourd’hui il se trouve facilement dans les rayons des boutiques, ce n’était pas le cas auparavant. En effet, durant des siècles, cette histoire s’est uniquement transmise à l’oral, de génération en génération. On ne peut donc pas assurer que le conte soit toujours fidèle à celui d’origine.
Dans la version moderne (à partir du XIXe siècle), Grincheuse était une chèvre blanche achetée récemment par un mauvais bougre à la foire du village. Malheureusement, la bête avait mauvais caractère et ne produisait pas de lait.
Délaissée par son propriétaire, un beau jour, son poil se mit à ternir et des croûtes à s’y former. Le phénomène se produisait à chaque fois que l’animal râlait. Peu à peu, elle devint de plus en plus sale, si bien qu’elle attirait les mouches. Son propriétaire, un mauvais bougre, décida alors de l’abandonner et la chèvre erra longuement.
Toutes les personnes qu’elle approchait la repoussaient du fait de son allure répugnante. Jusqu’au jour où elle rencontra un orphelin qui se prit d’affection pour elle malgré son mauvais caractère et sa saleté. À force de confiance et de bons traitements, la chèvre redevint blanche, puis se métamorphosa en femme. Ainsi, l’animagus s’occupa à son tour de l’enfant, lui offrant la famille dont il avait toujours rêvé.
[Page 15] Le Sorcier et la marmite sauteuse
Le célèbre conte de Beedle le Barde, Le Sorcier et la marmite sauteuse, enseigne aux jeunes sorciers à mettre leurs dons aux services des autres, quels qu’ils soient. Ce n’est qu’après avoir utilisé ses dons à bon escient pour soigner les autres que le sorcier de l’histoire peut trouver le repos et s’élever.
Le conte de Beedle a été réécrit vers le milieu du XVIe siècle pour effacer le message pro-moldu défendu par son auteur. En effet, ce dernier préconisait d’utiliser la magie pour venir en aide à tous quel que soit leur statut et d’avoir pitié des moldus qui n’avaient pas la chance d’avoir un accès à la magie. Dans cette nouvelle version, le chaudron ne pourchassait pas le sorcier pour l’encourager à mettre ses dons aux services des autres mais pour le protéger en avalant les agresseurs moldus.
Dans Conte pas sur moi, l’auteur mélange ces deux versions, transformant le chaudron en une source de soins pour eux mais les obligeant à s’ouvrir aux autres car les soins ne s’offrent qu’après avoir fait preuve de compassion. Il place donc les élèves face à des choix complexes. Seront-ils capables malgré leur jeune âge de consacrer du temps aux autres avant de ne penser qu’à leur propre avantage personnel ? Sauront-ils trouver dans la marmite le remède à leur maux ?
[Page 16] La Fontaine de la bonne fortune
La fontaine ici présente fait référence au conte La Fontaine de la bonne fortune, écrit par Beedle le Barde. Cette histoire traite d’efforts et de don de soi. En effet, c’est en se dépassant et en acceptant de « payer » leur droit de passage (les larmes, la sueur et les souvenirs) qu’ils parviennent à avoir le champ libre afin d’atteindre la fontaine.
Il y est aussi question de solidarité et de compassion, puisque les quatre protagonistes s’unissent pour avancer dans leur quête. En effet, au début de l’histoire, le chevalier décide d’abandonner, pensant qu’il ne fait pas le poids face à des sorcières, mais les femmes le retiennent. Nous pouvons également voir un autre acte de compassion lorsqu'une fois arrivée à destination, Asha, malade et à bout de force, s’effondre. Les autres décident que ce sera elle qui bénéficiera des pouvoirs de la fontaine. Ils se sacrifient donc pour lui venir en aide.
Au final, Asha est trop faible pour se rendre dans la fontaine et là encore, c’est la compassion et la solidarité qui vont être la clef qui entraînera pour tous un dénouement heureux. En effet, Altheda lui concocte une potion qui va la guérir. Ni l’une ni l’autre n’a alors besoin de la fontaine, Athelda réalisant qu’elle deviendrait riche grâce à ses potions guérisseuses. La place est donc laissée à Amata. Cependant, celle-ci constate qu’elle non plus n’a plus besoin des effets de la fontaine. En acceptant de payer le passage avec ses souvenirs concernant son ancien amoureux, elle réalise quel goujat il était et n’est donc plus triste d’en être séparée. Toutes trois laissent alors leur place au chevalier afin de le remercier de son aide. Ce dernier ressort de la fontaine gonflé par la gloire et, ainsi confiant, demande la main d’Amata. Tous les quatre finissent par avoir une belle vie.
Dans Conte pas sur moi, Humphrey Le Puff pose ici la fontaine dans le décor. À nos héros de trouver la force de s’y rendre.
[Page 21] Le sorcier au cœur velu
Nos jeunes sorciers sont une nouvelle fois confrontés à un choix et, cette fois-ci, il s’agit d’affronter une émotion qu’aucun d’eux ne semble apprécier : l’empathie. Cela fait alors écho à un autre conte de Beedle le Barde, un des plus durs : Le Sorcier au cœur velu.
En effet, dans ce conte, le sorcier est allé jusqu’à s’arracher le cœur pour ne pas avoir à affronter l’amour, sentiment qui rend les hommes faibles selon lui. Est-ce que nos deux jeunes héros sauront faire face à ce sentiment malgré l’aversion qu’ils éprouvent par rapport aux plaintes du fantôme ? Oseront-ils prendre en compte les émotions de Mimi Geignarde ?
[Page 29] Babbitty Lapina et la souche qui gloussait.
Dans les contes, il est bien connu que tout est possible. Nous en avons la preuve ici, avec les deux héros qui sont en capacité de se métamorphoser en lapins, alors qu’ils n’ont pas l’âge pour être Animagi. C’est un fait qu’il faut savoir accepter et ne pas discuter.
Par contre, nous pouvons remarquer que le choix de la métamorphose n’est pas fait au hasard. Le lapin est un animal que l’on retrouve souvent dans les contes mais, dans ce passage de l’histoire, il est probable que ce soit un clin d'œil à la très rusée Babbitty Lapina.
Babbitty Lapina et la souche qui gloussait est un conte de Beedle le Barde, dans lequel, Babbitty Lapina, une sorcière blanchisseuse travaillant au service d’un moldu, parvient à sauver sa vie en se métamorphosant en lapin et en se terrant au creux de la souche d’un arbre après avoir été poursuivie lors d’une chasse à la sorcière. Eden se souvient sûrement de ce conte très célèbre et, se retrouvant à son tour pourchassé, utilise la même ruse pour parvenir à se cacher de la harpie.
Figures d'hier, d'aujourd'hui et de demain
[4e de couverture] Les contes de Beedle le Barde, s’ils sont parmi les plus célèbres chez les sorciers, n’ont pas toujours fait l’unanimité, loin de là. En effet, l’écrivain prônait très tôt une vie en étroite collaboration avec les moldus ou, du moins, dans le respect et l’entraide.
Bon nombre de ses contemporains furent choqués à l’idée du mariage mixte dans La Fontaine de la Bonne Fortune ou encore par l’insinuation dans Le Sorcier et la marmite sauteuse d’une supériorité des sorciers accordant du temps et du crédit aux moldus.
Ce discours pro-moldus au début du XVe siècle, alors que les persécutions contre les sorciers et sorcières faisaient rage en Europe, fut très mal accueilli par nombre de ses compatriotes. De nombreuses versions alternatives à ces contes ont donc vu le jour, de façon officielle ou non, pour effacer ce discours controversé ou pour rendre les contes plus beaux aux yeux des enfants.
La version la plus célèbre est celle connue sous le nom des Contes du champignon, écrite par Beatrix Bloxam à la fin du XVIIIe siècle. Cette sorcière, à l’origine des Contes des Crottes du Crapaud, une série de livres pour enfants interdite car causant des nausées, réécrivit presque la totalité des récits existants afin qu’ils soient plus conformes à son idéal, à savoir : « Emplir les esprits purs de nos petits anges de pensées saines et heureuses, épargner à leur doux sommeil tout rêve pernicieux et protéger la précieuse fleur de leur innocence. »
[Page 32] Humphrey Le Puff ne fait pas tomber nos deux héros éperdument amoureux l’un de l’autre même si certaines parties de l’histoire pouvaient nous faire naître un sourire malicieux. Sophie et Eden ont appris à se connaître et donc à se respecter et, mieux que tout, de nouvelles aventures semblent vouloir s’ouvrir à eux !
Tous les sorciers connaissent les aventures du fameux Jack et de l’ogre Bran qui vivait dans un vaste château. Il fut volé puis éliminé par un jeune sorcier téméraire armé d’un célèbre haricot magique.
Un probable futur roman très prometteur pour nos deux jeunes sorciers et pour tous les lecteurs attentifs !
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14 déc. 2021, 00:30
Conte pas sur moi

Reducio
Bon nombre de ses contemporains furent choqués à l’idée du mariage mixte dans La Fontaine de la Bonne Fortune ou encore par l’insinuation dans Le Sorcier et la marmite sauteuse d’une supériorité des sorciers accordant du temps et du crédit aux moldus.
Ce discours pro-moldus au début du XVe siècle, alors que les persécutions contre les sorciers et sorcières faisaient rage en Europe, fut très mal accueilli par nombre de ses compatriotes. De nombreuses versions alternatives à ces contes ont donc vu le jour, de façon officielle ou non, pour effacer ce discours controversé ou pour rendre les contes plus beaux aux yeux des enfants.
La version la plus célèbre est celle connue sous le nom des Contes du champignon, écrite par Beatrix Bloxam à la fin du XVIIIe siècle. Cette sorcière, à l’origine des Contes des Crottes du Crapaud, une série de livres pour enfants interdite car causant des nausées, réécrivit presque la totalité des récits existants afin qu’ils soient plus conformes à son idéal, à savoir : « Emplir les esprits purs de nos petits anges de pensées saines et heureuses, épargner à leur doux sommeil tout rêve pernicieux et protéger la précieuse fleur de leur innocence. »
Ce discours pro-moldus au début du XVe siècle, alors que les persécutions contre les sorciers et sorcières faisaient rage en Europe, fut très mal accueilli par nombre de ses compatriotes. De nombreuses versions alternatives à ces contes ont donc vu le jour, de façon officielle ou non, pour effacer ce discours controversé ou pour rendre les contes plus beaux aux yeux des enfants.
La version la plus célèbre est celle connue sous le nom des Contes du champignon, écrite par Beatrix Bloxam à la fin du XVIIIe siècle. Cette sorcière, à l’origine des Contes des Crottes du Crapaud, une série de livres pour enfants interdite car causant des nausées, réécrivit presque la totalité des récits existants afin qu’ils soient plus conformes à son idéal, à savoir : « Emplir les esprits purs de nos petits anges de pensées saines et heureuses, épargner à leur doux sommeil tout rêve pernicieux et protéger la précieuse fleur de leur innocence. »






