26 janv. 2022, 14:47
Au fil des notes  ++ 
06/04/2050
15h32
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3ème Année

Le vent soufflait doucement autour de la jeune fille, provoquant un bal de mèches brunes. Ses joues rosies par le froid furent fouettées par quelques mèches rebelles. Quelques cheveux se prirent dans les cils de la Serdaigle. D'un battement de paupière, la brune chassa les intrus de ses yeux. Autour de ses chevilles, les feuilles mortes s'étaient lancées dans un bal improvisé et tourbillonnaient de façon tantôt gracieuse tantôt sauvage. Quelques oiseaux solitaires emplissaient les oreilles de la jeune fille d'une mélodie sans nom et les bois dégageaient une odeur mélangeant les feuilles mortes, la mousse et quelque chose en plus que la Serdaigle ne savait nommer. En bref, c'était l'Automne.

Comme à son habitude, Stella était sortie faire sa promenade quotidienne. C'était Mercredi, et ses devoirs étaient tous faits, la Deuxième Année s'était même un peu avancée. Après ça, elle avait fait un peu de rangement et avait bouquiné pendant une demi-heure avant de se sentir trop à l'étroit dans son Dortoir. L'Aiglonne avait donc déménagé dans la Salle Commune mais, c'était Mercredi. La pièce était donc remplie de Serdaigles entrain de travaille, de réviser ou de se divertir de façon diverse. Stella avait donc décidé de prendre l'air. Elle avait hésité entre le Parc, puis avait décrété qu'un peu d'air frais lui ferait le plus grand bien et elle s'était dirigée d'un pas souple vers le Lac.

Ses vieilles bottes en cuir - qui appartenaient jadis à sa cousine Linh - frappaient doucement le sol à un rythme régulier, comme une pulsation. Comme un coeur. Le calme ambiant, la Serdaigle le chérissait plus que tout. La jeune fille tenta de se gonfler de ce calme, de cette tranquillité. Soudain, alors que ses pas l'avaient portée vers son lieu préféré, une douce mélodie retentit à ses oreilles. Curieuse, Stella se dirigea vers le son, comme portée par les notes. A travers cette mélodie, la jeune Serdaigle ressentit sa douleur, sa peine, sa tristesse, mais aussi sa joie perdue, son espoir disparu et l'amour.

Ses paupières closes, la silhouette de la Serdaigle se balançait doucement au rythme de la mélodie et du vent. Bercée par les notes, une paix sans nom s'installa dans le coeur meurtri de la Deuxième Année. Finalement, elle ouvrit ses yeux et s'approcha de la source de la musique enchanteresse qui la berçait. C'était une guitare, sans aucun doute. Complètement charmée, le regard saphir de la jeune fille se posa enfin sur une jeune fille brune, avec des yeux bleus magnifique et un air concentré. Ses doigts grattaient habilement la guitare qui était posée sur ses genoux et elle semblait très prise par la musique qui s'en échappait. S'approchant doucement pour mieux entendre, Stella s'adossa à un arbre.

Soudain, prise d'une intuition, la Serdaigle laissa sa voix rejoindre les quelques notes de la guitare.


@Sonia Ross, au plaisir de Valser avec toi.
Dernière modification par Stella Ruewen le 19 juil. 2025, 22:17, modifié 3 fois.

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"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

29 avr. 2025, 17:58
Au fil des notes  ++ 
Lieu : Lac
Date : Mercredi 06 avril 2050
Heure : en journée
Avec : @Stella Ruewen
Le mois de mars, comme ce début de mois d'avril avaient été horribles pour Sonia. En effet, suite à la thérapie de groupe, la jeune sorcière avait été abasourdie et presque meurtrie par tout ce qu'elle avait appris. La thématique de la séance tournait autour de l'acceptation de soi et de son physique, mais lorsque Rosaleen mentionna cette envie de... cette même envie que l'anglaise avait déjà ressentie... Elle fut dévastée. Cette déclaration avait crée quelque chose en elle d'innommable. Tous ses sentiments et ses souvenirs se mélangeaient et se confondaient. Depuis ce jour, elle était différente.

Peut-être était-ce pour cela qu'elle s'était risquée à jeter un œil à cette stupide course ? Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle avait osé bravé l'interdit ? Au final, leur ancienne directrice de maison avait envoyé une lettre à ses parents. Comme si elle n'avait pas d'autres choses en tête que ces soucis scolaires — le choix de sa filière, ses examens de fin d'année — cet épisode venait s'y ajouter. La brune en avait marre. Lorsqu'elle était allée voir miss Tremblay, elle était dans tous ces états. Elle savait qu'elle devrait payer pour ce qu'elle avait fait, mais elle aurait tellement apprécié que sa professeur de vol ne commette pas l'irréparable : écrire à ses parents. Elle n'osait pas imaginé la colère de sa famille, surtout celle de son père. Elle avait peur d'aller à la Volière pour y découvrir une beuglante ou une lettre haineuse, aussi fracassante que la glace.

Elle ne voulait pas mêler son compagnon à poil, Namax, dans ses émois. La rouge et or avait décidé de le laisser dans son dortoir, pendant qu'elle irait prendre un peu d'air frais, près du lac. Sa guitare sous le coude, le corps frêle de la jeune sorcière s'avançait dans le paysage écossais. Lorsqu'elle reconnut cet endroit qu'elle appréciait tant, elle s'y assit et lâcha un profond soupir. Il lui était dur de retenir ses larmes. Une énorme boule se tenait dans sa gorge, ne la laissant presque pas assez d'air pour respirer. Sa respiration ? Elle était tout aussi saccadée. Elle ne voulait pas pleurer. Non. Elle ne voulait pas. Elle repensa à son amie, Eva, sa petite sœur de cœur, et se dit qu'elle devait être forte.

Ainsi, elle se saisit de sa guitare, la posa sur ses genoux et posa ses doigts fins sur les cordes de cette dernière. Habituellement, lorsqu'elle jouait de la guitare, elle s'accompagnait au chant, afin de camoufler ses erreurs, n'étant pas assez expérimenté. Néanmoins, sa gorge était tellement serrée et sa bouche si sèche, qu'elle ne pouvait prononcer un mot. C'était bien la première fois. Lorsqu'elle était triste ou en colère, elle laissa ses cordes vocales et les chansons qu'elle écrivait de sa plume exprimer tout ce qu'elle retenait à l'intérieur. Pour la première fois, ce serait ses doigts et sa guitare qui exerçaient cette tâche.

Son premier accord fut étrangement correct. En effet, ses doigts tremblaient tellement — à force de retenir ses larmes — que le son que produirait l'instrument aurait dû être faux. Sonia n'y prêta pas plus attention, étant trop épuisée pour épiloguer sur cet étrange exploit. Ainsi, elle poursuivit sur d'autres accords. Elle commençait par jouer un air assez triste et mélancolique. Dès lors, un léger vent passa dans ses cheveux et emporta la musique avec elle. Les larmes dévalant ses joues blanches, la deuxième année ne les essuya pas, se concentrant sur les accords. Elle enchaîna sur un de ses airs que lui avait appris sa meilleure amie d'enfance, Léïana. Elle aurait tellement que cette dernière soit présente à ses côtés. Elle ne lui avait pas écrit de lettres, peut-être était-ce là son tort ?

Soudain, alors qu'elle était entièrement absorbée par son activité, elle entendit une douce voix. Une voix féminine. Elle s'arrêta de jouer, surprise. Elle balaya, d'un revers de manche, son visage, chassant les larmes qui s'écrasaient sur ses joues — laissant des yeux rougis. Elle se retourna, en un éclair, et découvrit une sorcière aux cheveux bruns. Prise de peur et surtout de panique, Sonia recula, tel une proie effrayée par un chasseur. Elle ne dit rien, sa gorge se nouant de plus en plus. Les battements de son cœur dépassaient tous les records. Une grosse boule se formait et pesait dans son estomac. C'était définitif, elle voulait disparaître.

726 mots
Je suis désolée, je me suis un peu emportée :sweatingbullets: J'espère que ça te convient :cute:
Mentions : @Maxine Tremblay, @Eva Howard et @Rosaleen Winston
Dernière modification par Sonia Ross le 20 juil. 2025, 09:54, modifié 1 fois.

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30 avr. 2025, 17:05
Au fil des notes  ++ 
Etoile n'avait pas prévu de chanter. A vrai dire elle n'avait même pas prévu d'ouvrir la bouche, mais étonnement la mélodie avait sonnée si justement à ses oreilles que le geste lui avait paru naturel. Elle avait toujours eu un faible pour la guitare, et les notes s'assemblaient dans une valse enchanteresse pour ses oreilles, transmettant une multitude de choses à la fois. La mélancolie, la déception, la frustration, la peine, la douleur. Et au centre de ce chaos mélodique, venait la tristesse. Elle dominait joliment le tout, comme un cri de l'Ame. C'était une tristesse si intense qu'elle prenait aux tripes, remuait ses peines les plus douloureuses dans son cœur. Cet étrange miroir auditif reflétait si bien ce que la fillette ressentait qu'elle n'avait même pas eu à réfléchir aux mots qu'elle allait chanté. Elle avait simplement ouvert la bouche et ses Mots s'en étaient échappés avec une facilité déconcertante.

L'Aiglonne chanta sa lassitude, sa fatigue et cette étrange fatigue qui la retenait prisonnière depuis déjà si longtemps. Elle murmura la cassure dans son cœur, et les fêlures de son âme. Elle fredonna sa méfiance envers les Autres, son mal-être et le manque de ses parents. Elle confia tout bas, si bas que seul les Anges l'entendirent, la douleur atroce de la volatilisation d'Aydan, et du puis de souffrance que cette disparition creusait en elle.
Puis la musique s'arrêta.

Surprise, Etoila ferma la bouche immédiatement. La musicienne repoussa son instrument et fit volte-face. Ses doux yeux bleus vinrent chercher ceux de la petite Ruewen qui fut frappée par ce qu'elle put y lire. Tristesse. Douleur. Méfiance. Peur. Les longs cheveux bruns voletèrent autour de son visage, formant une auréole chaleureuse autour d'elle. La fillette eut presque l'impression de se regarder dans un miroir. L'Autre ressemblait fortement à Stella que c'en était troublant. La fine monture posée sur son nez marquait tout de même une différence frappante, et ses cheveux étaient pourtant bien plus bruns que noirs. Alors pourquoi diable s'était-elle retrouvée dans les traits de cette inconnue ?
*C'est l'expression*
La petite avait l'air tout bonnement terrorisée. Ses yeux étaient rouge, le genre de rouge qu'il est impossible de ne pas attribuer à des pleurs. L'Aiglonne était figée, perturbée de retrouver sa propre détresse dans les yeux de cette fille qu'elle n'avait jamais vu avant.

- Je ne vais pas te faire de mal, promit-elle.

Sans savoir pourquoi, ces mots lui avaient paru être les plus appropriés à prononcer. Face à elle, l'Autre avait une expression presque suppliante. A moins qu'Etoile ne se soit fait des idées. Mais elle paraissait si...triste. Si effrayée. Elle qui s'était toujours sentie comme une proie, la fillette avait soudain l'impression de menacer l'inconnue. Elle se mordilla la lèvre inférieure, incertaine de ce qu'elle devait faire.

Son instinct lui hurlait de partir, de s'éloigner de cet endroit déjà possédé par une Autre, de le fuir à tout prix et de se réfugier dans un trou. Et pourquoi pas, après tout ? Elle ne devait rien à cette fille, ce n'était pas de sa faute si elle pleurait. *Laisse-la.* Encore cette Voix. Ce Fantôme qui la poursuivait et lui murmurait des horreurs à longueur de journée commençait à se montrer irritant. Voire apeurant. *Personne ne s'est arrêté pour essuyer tes pleurs à toi.* C'était vrai. Mais peut-être que si quelqu'un l'avait fait, elle ne se serait jamais perdue en chemin. Peut-être que si quelqu'un avait pris le temps de relever son menton, de sécher ses joues humides et de recoller les morceaux de son âme elle n'aurait jamais eu à subir la Voix. L'Autre. *Aide-la.* Doucement, comme une plume qui tombe, cette pensée vint s'immiscer dans les autres. Elle chassa progressivement le venin que la Voix avait commencé à répandre et enveloppa son cœur dans du coton. *Si tu pars tu ne te le pardonneras pas.* Très bien. Elle allait aider cette Autre. Peut-être essayer de dessiner son visage, l'extraire de la masse des Semblables.

Etoile s'assit à ses côtés, lentement, pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas de mauvaises intentions. Elle s'assit et elle laissa son regard dérivé sur le lac.

- Tu aimes venir ici toi aussi ? demanda-t-elle doucement.


@Sonia Ross, il n'y a jamais trop de Mots, et je lis les tiens avec plaisir !

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4 mai 2025, 19:10
Au fil des notes  ++ 
Sonia était tellement perdue dans ses pensées, elle laissait ses doigts glisser sur son instrument ne s'attardant plus sur ce qu'elle entendait. Ce même air dansait dans sa tête. Ces mêmes notes sifflaient dans ses oreilles. Parfois, on pouvait entendre le bruissement des feuilles, suite au passage d'un maigre au courant d'air. On pouvait entendre beaucoup de choses. Mais pas une voix. Bien que cette dernière était tellement douce et tellement... tellement elle ? Etait-ce pour cette raison qu'elle avait pris peur ? Que faisait-elle ici ? Avant cela, qui était-elle ? Que lui voulait-elle ? Du mal ? Se moquer d'elle ? Elle voulait s'excuser et partir. Oui, s'enfuir en s'excusant de sa présence — son existence. A peine la bouche entrouverte, elle lui dit : « Je ne vais pas te faire de mal »

Cette même voix douce qui avait accompagné l'air musical de la brune rassura aussitôt cette dernière. Comment avait-elle su ? C'était comme si elle, avait lu dans ses pensées. Comme si, elle avait compris la crainte, la gêne et surtout la honte qui l'habitait, en prenant conscience de sa présence. En y repensant, c'était comme si la voix de sa camarade était faite pour le chant. On pouvait penser que c'était écrit, sa voix s'imbriquait parfaitement avec les notes que jouait la rouge et or, avec une précision, si naturelle. Même l'anglaise, qui chantait depuis toujours (bien plus longtemps qu'elle ne jouait de la guitare) n'aurait jamais pu faire une telle chose. Sonia se sentait, à la fois intimidée par la sorcière qui se tenait face à elle, mais aussi impressionnée et sereine. En un instant, toutes ses pensées s'étaient calmées. Plus rien ne sonnait dans sa tête, le gong s'était arrêté de faire ce tapage monstrueux.

A sa plus grande surprise, son aînée — elle semblait plus âgée qu'elle —, qui semblait être la proie d'un conflit intérieur, décida d'y mettre fin et de prendre place aux côtés de la brune. Même dans sa façon de s'asseoir, de regarder de Sonia... Tout était dans la légèreté. La plus jeune des deux voyant en l'autre une forme d'assurance. Une assurance que la rouge et or ne dompterait jamais. Les longs longs cheveux noirs de l'autre sorcière se mêlaient aux bruns des siens dans une drôle de danse. L'anglaise ne pouvait juger de la beauté du spectacle. Bien que ses pensées, autrefois tournées vers le mépris et la haine que lui cracherait son père, dès lors qu'elle rentrerait chez elle, étaient à présent éteintes ; elle ne restait pas moins... Surprise ? Gênée ? Stupéfaite ? Elle ne savait. Trop de choses commençaient à lui venir en tête, une cascade de pensée, dont elle aimerait, parfois, se passer.

A peine assise, avec autant de douceur, elle lui posa une question. Cette simple interrogation avait cessé le flot qui assiégeait la deuxième année. Elle se tourna surprise et honteuse vers sa camarade, qui, à présent, regardait le lac. Sonia se sentait honteuse par cette envie de vouloir partir. De fuir. De s'évader. De vouloir disparaître, alors que, pour l'une des rares fois, un être doué de sincérité et de douceur venait l'approcher. Pourquoi le faisait-elle ? « Non ! Arrête de te poser des questions » s'ordonna-t-elle. La gryffone baissa la tête, avant de relever cette dernière pour admirer, à son tour, le lac. « O-Oui... c-c'est... calme... » Sa voix fut, étonnamment, grave. Avait-elle tant pleuré ? A cette idée, elle n'osait imaginé l'état de son visage. Encore plus honteuse, elle tourna sa tête à l'opposé de celle de la nouvelle venue, essuyant, machinalement, son visage.

Elle doit être parfaite. Aucune impureté. Aucune saleté. Aucune mauvaise pensée. Dans ce geste, d'origine si simple, l'anglaise se retrouvait en difficulté. Ses mains commençaient à trembler. Des larmes revenaient à la surface et perlaient les coins de ses yeux. Une nouvelle crise de nerfs. Ce n'était rien, elle allait y faire face. Comme à chaque fois. Si elle avait pu le faire seule, dans les toilettes abandonnées — comme les fois précédentes — et pas devant quelqu'un, cela l'aurait arrangé. Elle ne voulait pas se montrer en spectacle. Sonia détestait ça. Elle préférait être seule. Personne pour la blesser. Personne pour lui cracher des méchancetés. Juste elle et ses pensées. Son grand frère, Ethan, détestait ça. Lorsqu'il dû prendre le chemin de Poudlard, sa précieuse sœur lui avait fait promettre de lui écrire tous les jours ; il tint sa promesse. Contradictoire ? Oui. Elle réclamait la solitude et la fuyait dans le même temps. Etrange ? Egalement. Mais c'était elle. C'était Sonia. « T-Tu... Tu chantes v-vraiment bien... » dit-elle, avec toute sa sincérité, luttant contre ce flot de larmes qui la menaçait.

777 mots
Merci beaucoup ! Je suis fan de ta plume, tu écris vraiment bien, @Stella Ruewen :wow: :blush:

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5 mai 2025, 02:37
Au fil des notes  ++ 
La petite ne voulait pas forcer l'autre à lui parler. Elle pouvait très bien comprendre que celle-ci décide de garder le silence, c'était son choix. Et puis, elle-même préférait régulièrement garder ses lèvres closes et laisser s'étirer le silence plutôt que devoir interagir avec les Autres. *A quoi bon parler si on n'a rien à dire ?* Etoile avait toujours vu les choses de cette manière, et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait changer. L'inconnue parlerait quand elle en aurait envie, et surtout quand elle se sentirait de parler.
Pendant ce temps, l'Aiglonne laissa ses pensées dériver.

Elle venait régulièrement près du Lac, c'était un lieu qui l'apaisait. Les mouvements que faisait l'eau sous l'effet du vent, la sérénité qui se dégageait du silence presque religieux qui régnait, la beauté quasi immobile du paysage. Tout cela l'affectait et l'aidait à reposer son âme. La Voix était moins présente, de même que son envie de s'enterrer sous terre. Oui, cet endroit lui était très cher.
La fillette y venait aussi très régulièrement armée d'un maillot de bain, d'une serviette et d'une tenue de rechange pour nager. Amoureuse de la natation depuis des années elle ne supportait pas de passer trop de temps sans pratiquer. Alors de temps en temps, si le froid ne la dissuadait pas, Stella prenait ses affaires et se rendait au Lac. Parfois, quelqu'un la rejoignait. Elle laissait faire. Dès que son corps à la silhouette musclée fendait la surface de l'eau, l'Aiglonne avait l'impression que le temps s'arrêtait, que les choses se remettaient dans l'ordre. C'était à peu près l'effet que lui avait fait la mélodie que l'inconnue avait grattée sur sa guitare. Elle était douée, ça ne faisait aucun doute. Elle se demanda si elle jouait depuis longtemps.

C'est alors que la petite voix de l'inconnue s'éleva, crevant la bulle de silence qui enveloppait les deux filles. Le timbre grave à cause de ses pleurs, un peu hésitante, une fêlure dans la voix, l'Autre répondit à la question d'Etoile simplement, en quelques mots. Mais elle avait tout dit. *C'est calme* Elle approuva en hochant de la tête, le regard toujours rivé vers l'horizon.
Il lui semblait que la peur panique de l'autre fille s'était atténuée, mais elle tenait à lui laisser le temps de s'habituer à sa présence, lui laissant l'opportunité de partir ou de la congédier. Elle s'attendait plus à la seconde option qu'à la première.

Curieuse, Etoile tourna la tête et l'observa en coin. *Ah bah non, ça va pas mieux* Elle remarqua que les mains de l'inconnue avaient commencé à trembler. Ses yeux étaient remplis de larmes qu'elle ne s'autorisait pas à pleurer. *Pourquoi ?* Oui, pourquoi ? *Parce que pleurer c'est saigner.* Cette Voix fantôme, encore. La laisserait-elle jamais tranquille ? Stella soupira intérieurement.
Elle fut surprise lorsque la voix de l'Autre résonna de nouveau, interrompant la lutte mentale que l'Aiglonne se préparait à livrer. Elle complimenta ses talents de chanteuse d'une voix entrecoupée par les sanglots qu'elle gardait prisonniers dans sa poitrine. Le propre cœur de Stella se serra. Que diable pouvait-elle faire pour l'aider ? *Qu'importe, improvise* Désormais son seul objectif était de tirer cette fille de la détresse.

- Merci, dit-elle simplement, acceptant le compliment. Mais tu sais ma voix n'aurait pas donné grand chose sans la guitare pour l'accompagner.

Et c'était vrai. La petite chantait rarement sans accompagnement musical, bien qu'elle aimât chantonner pour elle-même de manière un peu distraite. Elle jeta un nouveau coup d'œil à son interlocutrice pour évaluer l'état de son niveau de détresse.

- Tu voudrais connaitre mon prénom ? demanda-t-elle soudain, prise d'une idée. Parce que moi je voudrais bien connaitre le tien. J'ai l'intuition qu'il a un rapport avec la musique, je me trompe ?

Elle n'avait pas l'habitude de parler autant lorsqu'elle rencontrait quelqu'un, mais l'Aiglonne voulait à tout prix distraire sa camarade de la tristesse qui menaçait de l'emporter. Elle espérait simplement qu'elle ne se sentirait pas envahie par sa présence.
Et si lui parler ne marchait pas, Etoile savait déjà ce qu'elle allait faire. Elle pivota et se mit à genoux en face de l'inconnue. Sur ses lèvres se dessinait un sourire sincère, lumineux. C'était rare qu'elle sourisse autant, mais cette petite aux doigts magiques et aux yeux rougis par les pleurs attendrissait son côté sauvage. Elle avait sincèrement envie de l'aider.

- Regarde mes yeux, lui conseilla-t-elle en souriant gentiment, prenant tout de même bien garde à ne pas la toucher pour ne pas envahir son espace vital. Imagine que tes pleurs se noient dedans et concentre-toi sur mon sourire, tout va bien se passer.

Tout va bien se passer. *Tout va bien se passer.*




@Sonia Ross, ton compliment me va droit au cœur !
Voilà une rencontre qui se fait tout en douceur et ce lien ténu qui se tisse entre nos Protégées me touche !

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12 mai 2025, 16:21
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Peut-être, mais elle ne jouait pas si bien... C'était son amie espagnole, Léïana, qui lui avait tout appris. Sans la sang-mêlée, Sonia serait incapable de chanter, de jouer de la guitare ou de nager. Autant dire qu'elle était la source qui avait permis à l'anglaise de se découvrir autant de passions. L'anglaise aimait bien chanter, pendant que son amie l'accompagnait à la guitare... c'était des moments doux et paisibles. Magiques. Mais pas cette magie sorcière, plutôt ce grain de poussière qui pouvait changer la noirceur en lumière. Ce genre de magie. « M-Merci... s-sans mon amie... j-je ne saurai pas en jouer, e-et je ne m-m'y serai jamais intéressée... » expliqua-t-elle, un doux sourire aux lèvres.

Se souvenir de Léïana en train de jouer de la guitare, sa tête posée sur les genoux de l'anglaise et cette dernière chantant à tue-tête. Oui, c'était quelque chose de magique. Il fallait l'admettre, l'espagnole avait fait énormément pour elle. Sonia se demandait, à chaque fois, ce qu'elle pourrait faire pour lui montrer sa gratitude. Bien que la sang-mêlée s'acharnait à dire que la seule présence de l'anglaise lui suffisait, encore plus têtue qu'elle, la brune se refusait cela, en quête de la chose qui ferait plaisir à son amie d'enfance. « O-Oh, euh oui ! T-Tu t'appelles c-comment ? » demanda-t-elle, surprise. Quelqu'un s'intéressait à elle, un sentiment étrange et indéfinissable l'attrapa dans le creux de son ventre. Elle se laissa manger par ce dernier, appréciant cette sensation. « S-Sonia. J-Je m'appelle Sonia. R-Rien avec la musique » ajouta-t-elle.

La deuxième année replongea dans ses pensées, se tournant vers le lac. L'eau, cette matière si belle et douce. Sonia avait déjà nagé avec Léïana, en Espagne. La sensation de l'eau chaude sur son corps frêle était plus qu'agréable. C'était doux et reposant. Le contact avec l'eau créait un sentiment de sécurité. C'était comme si un manteau se posait sur ses épaules. L'eau la câlinait et la berçait ; et Sonia aimait ça. « M-Maman... » Il fallait qu'elle repense à sa mère maintenant. Cette femme, si belle et si douce, qui avait les bons mots et les bons gestes pour la rassurer, l'aider et tout simplement : l'aimer.

Soudain, comme si elle avait sentie sa peine, sa voisine changea d'endroit et de positions, se plaçant face à elle, prenant garde à ne pas la toucher. Son regard était pure et sincère. Avant même qu'elle ne le lui demande, Sonia planta ses yeux azurés dans ceux de l'inconnue, se concentrant sur sa douce voix. « M-Mes pleurs ? Se noyer ? » se répéta-t-elle pour elle-même, incertaine. Pourquoi l'aidait-elle ? C'était une excellente question, mais l'anglaise ne voulait pas s'y attarder, acceptant volontiers cette aide, ne voulant pas qu'elle disparaisse.

Ainsi, elle obéit, ne quittant plus du regard les iris de son aînée. De ses mains tremblantes, elle attrapa ses genoux et les serra, refusant de trembloter plus longtemps. Au bout de longues minutes, pendant lesquelles elle travaillait sur sa respiration, comme le lui avait conseillé l'infirmier, l'anglaise ne tremblait presque plus et ses larmes ne quittaient plus le coin de ses yeux. Elle s'était calmée. Ses pensées avaient arrêtées d'affluer en masse, se concentrant sur la couleur douce et apaisante des yeux de sa sauveuse. Les battements de son cœur s'étaient calmés, sa poitrine pouvait respirer, cette masse qui lui pesait s'était allégée et s'en était, presque, allée.

Certes, les larmes avaient arrêtés de couler le long de son minois, mais la jeune sorcière avait cruellement envie de serrer cette inconnue dans ses bras. C'était bête et très égoïste, mais elle aimerait pouvoir sentir la chaleur de son corps envelopper le sien, la réchauffer et la rassurer, une nouvelle fois. La rouge et or décolla ses mains de ses jambes et les leva, tout doucement, en direction de la sorcière. Lui demander une telle faveur était insensé, elle avait déjà tant fait pour elle. Elle avait su trouver les mots pour l'apaiser, la calmer, la rassurer. Elle s'était intéressée à elle, au point de l'aider dans sa détresse émotionnelle. « M-Merci... » sourit-elle.

680 mots
C'est sincère ! Je suis si heureuse d'avoir croisé ta route, c'est tellement beau ce qu'il se passe entre elles, @Stella Ruewen, merci !

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20 mai 2025, 13:28
Au fil des notes  ++ 
TW : mention de mutilation


La fillette ne savait pas vraiment à quoi elle pensait quand elle avait conseillé à l'Autre de noyer sa tristesse dans ses propres yeux – peut-être bien qu'elle ne pensait pas du tout - mais elle ne le regrettait absolument pas. Si elle devait sacrifier un peu de la solitude qu'elle appréciait tant pour venir en aide à cette inconnue, elle aurait tout le loisir de regretter plus tard. Même le Fantôme n'y trouva rien à redire. Soulagée qu'il lui offre un peu de répit, la Serdaigle étudia les iris de l'inconnue avec attention. Le bleu azur y brillait, mis en valeur par les longs cils qui encadraient joliment ses yeux.
Pourtant, au-delà de la couleur, Etoile ne put s'empêcher d'y lire une tristesse infinie. Son cœur se serra en même temps qu'un rire sarcastique lui vrillait la tête. *Bah alors ? Incapable de nouer des liens avec des personnes qui ne souffrent pas ?* Tais-toi. Hors de question qu'elle laisse ce poison insulter ouvertement la petite qui tremblait encore face à elle.

Sonia. Elle déclara d'une voix bredouillante s'appeler Sonia. Elle prétendit qu'il n'y avait aucun rapport avec la musique, pourtant la sonorité en elle-même était musicale. Stella aurait aimé la détromper pour la faire sourire, mais son visage encore pâle et ses traits tirés la retinrent. Sonia. Il y avait le mot "son" dedans, et on entendait "sonne" quand on le prononçait. *J'imagine qu'elle s'en est jamais rendue compte* songea la petite. Sonia. Elle aimait bien ce prénom.

Attentive, la petite sorcière ne quitta pas son poste. Elle se sentait investie d'une mission très importante : celle de tirer un sourire sincère à Sonia. Tout le monde méritait qu'une main se tende pour être tiré de la détresse. Etoile elle-même n'aurait pas craché contre un peu d'aide lorsqu'elle se perdait dans les méandres de ses pensées. Dans le labyrinthe de ses réflexions. Et surtout, elle aurait accueillie avec joie quelqu'un pour la porter dans ses bras quand le Fantôme venait la titiller.
Ses commentaires méchants et vicieux tranchaient mieux que les lames qu'elle avait déjà fait glisser sur ses bras. Elle frissonna en songeant à la peur qui la prenait au ventre dès que quelqu'un lui posait des questions sur ses poignets, ou quand on lui demandait d'un air surpris pourquoi elle préférait porter des pulls – même en Eté. *Etre faible et abject !* Elle sentit ses entrailles se contracter douloureusement. Ah non, elle n'avait vraiment pas besoin de ça !

Ignorant du mieux qu'elle le pouvait les piques amères que lui lançaient le Fantôme, Stella concentra toute son attention sur Sonia. Il lui semblait qu'elle tremblait moins, ce qui était déjà un progrès. Car la petite n'avait mis que peu de temps à comprendre que l'autre fille était au bord de la crise d'angoisse. Elle-même connaissait le sentiment désagréable de déraper dans la réalité et de perdre le contrôle, alors elle ne pouvait que compatir et prier pour que l'étau qui emprisonnait la fillette se desserre rapidement.
Lorsque les larmes eurent complètement cessé de couler sur les joues un peu rouges de Sonia, il sembla à la Serdaigle qu'elle-même se détendait. Comme si elle avait lutté contre la crise aux côtés de la petite. Evidemment ça n'avait pas vraiment de sens, mais elle en était persuadée.

Sonia murmura un « Merci » hésitant, mais Etoile ne s'en formalisa pas. C'était normal de se sentir mal après un accès d'angoisse. Non, ce qu'elle remarqua immédiatement fut le sourire faible qui s'était dessiné sur les lèvres de sa camarade. « Tu te sens un peu mieux ? » s'enquit-elle, encore légèrement inquiète. La petite lui paraissait encore un peu livide – malgré ses joues que ses pleurs avaient colorées de rouge – et elle ne tenait pas à ce qu'elle fasse un malaise. « En tout cas je suis reconnaissante à ton amie de t'avoir fait découvrir la musique », poursuivit-elle, se doutant que Sonia n'aurait pas plus envie que ça de parler immédiatement de sa panique. « Sinon je t'aurais jamais entendue jouer, et j't'aurais jamais rencontrée » conclut-elle avec un sourire.

La petite se décala pour permettre à Sonia de respirer un peu mais resta près d'elle, au cas où. Elle craignait toujours que la crise reparte, et elle voulait se tenir prête à réagir.

- Si ça ne te gêne pas que je te touche... commença-t-elle doucement, incertaine. Était-ce vraiment une bonne idée ? Si ça ne te dérange pas je peux rester près de toi., poursuivit-elle quand même.

Elle-même appréciait un contact humain solide, ancré dans le réel, après une crise d'angoisse.




768 mots.
@Sonia Ross, me revoilà !
Je partage ton avis, c'est juste assez poétique et touchant, j'ai déjà hâte de développer ce lien hehe !

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

9 juin 2025, 18:02
Au fil des notes  ++ 
TW : mention de suicide


L'inconnue qui ne lui avait pas encore offert le plaisir de connaître son nom se décala, permettant à Sonia de respirer. Elle aurait pu rester face à elle, cela ne l'aurait pas déranger. Le regard doux et profond qu'elle lui avait tendu, elle se noyait entièrement et pourrait continuer de s'y perdre pendant des heures. Son cœur était encore lourd, mais son esprit plus léger. Oui, sa poitrine était pleine, à la fois, de peur, de colère et d'anxiété, mais aussi de joie. Savoir que quelqu'un s'intéressait à elle et lui proposait de l'aide pour aller mieux, ça c'était rassurant. Son esprit était plus léger, plus vide pour être précis. En effet, plus aucune information, ou presque, ne circulait. C'était le vide sidéral. C'était chose rare.

La jeune sorcière, sans comprendre et sans savoir pourquoi, subissait, tous les jours, un flux de pensée. Plusieurs informations circulaient dans sa tête, des souvenirs apparaissaient et des remarques et tout un tas de réflexion. Oui, elle pensait trop. Beaucoup trop. Elle ressassait un milliard de choses. D'ailleurs, c'était sûrement à cause de cela qu'elle se sentait si mal en ce moment. Il était vrai que la soudaine déclaration de sa meilleure amie, Rosaleen, l'avait choquée et surprise. Mais cela avait réveillé des souvenirs profonds en elle. La rouge et or ne voulait pas se rappeler de ce sentiment étrange, cette lourdeur dans sa poitrine. Quand elle se disait qu'elle était de trop, qu'elle ne servait à rien et que les choses seraient mieux si elle n'était pas là. Elle ne le dirait à personne. Non. Elle se l'était promis. Peut-être était-ce à cause de cette promesse qu'elle se sentait encore plus mal ?

« O-Oui, grâce à toi » répondit-elle, se tournant vers son aînée. Elle était douce. Tellement douce. Cette sorcière qu'elle venait de rencontrer était tellement gentille et prévenante. Elle avait tellement fait pour elle. Même son père n'avait jamais été aussi doux. Oui, il ne l'avait jamais été. Peut-être au tout début, mais Sonia ne s'en souvenait pas. Elle devait être trop jeune. Pourquoi ? Tout cela à cause d'une seule matière : les potions. Tout ce mépris et cette colère qu'elle subissait pour son incompétence... C'était triste et dommage. Ses amies croyaient en elle et l'aidait, mais elle, elle n'y croyait plus. Lorsqu'elle reçut cette lettre de ses parents... c'était la catastrophe. Tout c'était éteint. Alors qu'elle espérait montrer de quoi elle était capable auprès de son père, voilà qu'une erreur la renvoyait à la case départ. Autrefois, studieuse, assidue et travailleuse, désormais, elle ne savait plus. Elle n'arrivait plus à retrouver goût aux cours.

« Hehe, c'est vrai. Je la remercierai... » Léïana, cette âme si belle et si douce... L'anglaise lui confiait bien des choses, mais tout cela, tout ce qu'elle traversait en ce moment, l'espagnole n'était au courant de rien. Pourquoi ? Peut-être que Sonia n'était pas prête à exprimer tout ce qu'elle retenait en elle ? Ainsi, elle conservait toutes ses pensées et ces boules noires qui pesaient sur sa poitrine et au creux de son estomac. Tout cela était possible, la deuxième année le concevait, ou du moins, parvenait à le comprendre. Néanmoins, elle avait peur de parler. Elle se disait qu'elle blesserait les autres, comme quand lorsque Rosaleen mentionna cette envie de mettre fin à ses jours, qui avait déclenché ce mal être en Sonia. Les mots avaient un sens et il fallait le saisir. « Oh n-non, tu p-peux rester,...? Elle fit une légère pause, attendant que son interlocutrice ne lui donne son nom, puis reprit : J-Je... Je peux ? » Incertaine, elle s'était approchée de la Serdaigle et pencha sa tête, légèrement sur le côté, pour mimer son souhait : poser sa tête sur son épaule. Ce serait parfaitement compréhensible qu'elle refuse, mais elle aimerait pouvoir s'ancrer à la réalité, à la réalité que lui offrait sa camarade. C'était comme si, en ayant ce contact — un câlin, une main posée sur l'autre, la tête sur l'épaule de l'autre — elle parviendrait à s'accrocher à cette réalité positive qui l'entourait. Elle n'était pas seule.

684 mots
Mention : @Rosaleen Winston (j'aurai dû te mentionner avant, mais j'oublie à chaque fois :crylaugh: )
Je suis désolée pour l'attente, @Stella Ruewen. Moi aussi, j'ai hâte de pouvoir approfondir ce lien qui se tisse petit à petit :happy:

#3E0576 | 3A RP | 3A devoir | rédactrice | fanfariste | choriste - soliste en formation | marraine | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre !


23 juin 2025, 17:02
Au fil des notes  ++ 
Du coin de l'œil, Stella veillait sur Sonia.
La fillette semblait s'être relaxée et la Serdaigle se doutait qu'elle devait être fatiguée, mais outre la fatigue physique qu'une crise d'angoisse pouvait apporter, la Serdaigle s'inquiétait surtout de la fatigue mentale de sa benjamine. Dans ses iris bleutées elle avait vaguement pu entrapercevoir un poids lourd et une espèce de chaos émotionnel complexe. C'était bien trop, pour se si jeunes épaules. *Pauvre gosse* songea-t-elle avec un pincement au cœur. *J'imagine que chacun récolte son lot de douleurs au cours de la Vie* Si seulement les Enfants pouvaient être épargnés, ils ne devraient pas devoir supporter ça.

Sonia la remercia timidement, d'une voix toujours hésitante, comme incertaine. En temps normal, Etoile se serait agacée que son interlocutrice soit si bredouillante – elle qui détestait devoir déchiffrer les propos des Autres, elle abhorrait les balbutiements incompréhensibles. Mais aujourd'hui, la vulnérabilité de sa camarade avait activée sa corde sensible, et la jeune sorcière aurait bien été incapable de se montrer sèche avec elle. Outre, la détresse de sa benjamine, la petite Aigle avait été perturbée par la sensation qu'elle avait eue en croisant le regard de Sonia. La sensation d'observer une version plus jeune d'elle-même, fragile et fissurée. Si elle pouvait, elle aimerait pouvoir retourner en arrière et trouver les mots justes pour réconforter l'enfant blessée qu'elle avait été. A la place, elle ferait de son mieux avec Sonia.
Pourrait-elle sauver cette enfant de ses cauchemars ? Alors qu'elle-même continuait de se réveiller en sursaut la nuit, poursuivie par des réminiscences ? Stella voulait y croire. Peut-être qu'en veillant sur cette fillette elle pourrait rendre justice à la petite qu'elle-même avait été.

Le rire, léger mais spontané, de Sonia résonna comme un petit carillon aux oreilles de son ainée. Soulagée de constater qu'elle commençait doucement à reprendre du poil de la bête, la Serdaigle esquissa elle aussi un sourire. Toute guérison commençait avec un sourire et un peu de douceur, elle en était certaine. Et la petite sorcière assise près d'elle semblait avoir bien besoin d'un peu de tendresse et de quelques sourires.

*Quels démons te poursuivent ?* s'interrogea-t-elle en observa discrètement le visage encore juvénile de la fillette. Elle aurait aimé pouvoir lui promettre qu'elle les combattrait à sa place, qu'elle prendrait les armes et se dresserait en protectrice face à tout ce qui la rongeait de l'intérieur. Mais la Vie ne fonctionnait pas ainsi, et il était des batailles qu'aucun Autre ne pourrait mener à la place de Sonia. Ce consta attrista Stella, qui détestait se sentir impuissante au moins autant qu'elle haïssait se réveiller en sursaut, haletante et trempée de sueur – c'était dire.
De nouveau, les mots s'échappèrent de la bouche de la fillette en cascade, confusément, comme s'ils cherchaient un ordre distinct avant de s'assembler méthodiquement, sans plus y penser. Tu peux rester ? Evidemment. Toute l'après-midi, si elle en avait besoin, même jusqu'à demain si c'était ce que Sonia lui demandait. Le temps, l'attente et le silence n'étaient pas des ennemis aux yeux d'Etoile, et elle se revigora en songeant qu'elle pouvait au moins faire ça pour la petite – à défaut de pouvoir mener ses batailles.

Aussi longtemps qu'il le faudra, rassura-t-elle sa camarade. J'peux rester jusqu'à ce que tu en aies marre de moi et que tu préfères la compagnie des monstres marins dans le Lac ! plaisanta-t-elle, essayant d'alléger l'humeur de Sonia.

Entre temps, cette dernière avait mimé le geste de s'appuyer sur elle, couplant cette supplique d'une petite question timide. Stella n'avait jamais été très tactile, mais elle n'hésita pas une seconde pour amener la petite tête de sa benjamine sur sa propre épaule, accompagnant le mouvement du plat de sa main, posée sur sa tête. Elle glissa également la main de la petite dans la sienne et elle la massa délicatement, comme le faisait sa propre mère pour la détendre lorsqu'elle était trop raide. Ses doigts pianotant sur la paume de sa protégée – car c'était désormais ainsi qu'elle considérait Sonia – la Serdaigle s'appliquait à la détendre.

Au fait, reprit-elle en constatant qu'elle ne lui avait pas donné son nom. Moi c'est Stella. Oh, ça commence avec un "S", comme Sonia ! remarqua-t-elle avec un sourire. Sonia...ça veut pas dire "sagesse" ?

Il lui semblait que sa Tante Helen – qui avait une appétence singulière pour à peu près tout – s'était soudain prise d'une passion pour l'étymologie des nom et prénom, et qu'elles avaient ensemble passé des heures à faire des recherches sur des tas de prénoms. Stella savait que son prénom signifiait "étoile" en italien, mais elle avait découvert plein de choses sur les membres de sa famille. Par exemple que le prénom de sa mère, Vanya, signifiait "papillon" ou encore que celui de son cousin Felix voulait dire "chance".

Bon en fait j'en suis pas complètement certaine, fit-elle en plissant le nez. En revanche je sais que mon prénom veut dire "étoile" en italien, j'aime beaucoup..

Etoile espéra soudain qu'en essayant de distraire Sonia de sa tristesse, elle ne prenait pas trop de place. Et surtout, elle espérait que la fillette ne la trouverait pas trop bavarde. La petite Aigle glissa sa main libre dans les cheveux de sa protégée et elle entreprit de jouer gentiment avec. Elle songea soudain avec culpabilité qu'elle n'avait pas demandé sa permission à la fillette. « Si j'te fais mal ou que tu veux pas que je touche ta tête, n'hésite pas à me le dire » dit-elle à la petite. « Je t'autorise même à m'éclabousser en représailles si jamais je te fais mal ! » ajouta-t-elle avec un sourire dans la voix, espérant amuser Sonia.




947 mots.
@Sonia Ross, me revoilà ! Navrée de ce délai abominable...
Ma Stella a officiellement pris Sonia sous son aile il semblerait haha ! Ce RP est un réel plaisir !

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
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20 juil. 2025, 14:59
Au fil des notes  ++ 
Sonia rit. Un rire sincère. Comment refuser la compagnie d'une personne aussi douce que la Serdaigle ? Après réflexion, elle se demandait s'il y avait réellement des monstres dans le lac. Ces derniers seraient dangereux ? On disait qu'un animal traînait dans les parages — Sonia ne faisait pas attention à ces râcontards et donc ne savait pas de quel animal il s'agissait.

« C'est impossible que j'ai marre de toi ! Tu es bien trop gentille..  » répondit-elle. Elle ajouta, un peu nerveusement : « Un monstre peut surgir à n'importe quel moment nous manger...? J-J'ai entendu dire qu'un animal marin traînait par ici, mais un monstre... Et s'il se passait quelque chose ? »

Elle n'était pas vraiment inquiète, mais elle préférait rester prudente. On ne savait pas ce qu'il pouvait arriver. Après cet interlude sur les habitants du lac — qui avait bien distrait la brune — la jeune fille demanda timidement si elle pouvait se poser sur l'épaule de son aînée. Quand elle se sentait patraque, elle se posait sur l'épaule de sa mère — de sa grand-mère parfois, plus pour profiter de sa présence, elle le faisait aussi avec son frère aîné, Ethan, c'était une forme d'habitude pour elle.

Sans une once d'hésitation elle accepta. Une main douce vint se poser sur sa tête pour la guider jusqu'à l'épaule de la brune. De sa main libre, la dénommée Stella massa la petite main de la deuxième année. Sonia se blottit contre elle et ferma les yeux. C'était comme si sa mère était auprès d'elle, en train de la bercer, de la rassurer et de la réconforter. Ce petit cocon, cette proximité entre les deux sorcières... c'était beau à regarder mais encore plus à vivre. Une douce chaleur enveloppait la petite sorcière. Elle se sentait bien. En sécurité. Protégée.

« C'est beau... Etoile... Tu es mon étoile, aujourd'hui. Ma mère m'a dit que les étoiles plus elles brillaient, plus elles étaient fortes... Aussi, elles permettaient aux personnes perdues de les guider. Comme moi, maintenant. Merci, Stella »

Sonia se rapprocha du plus qu'elle le pouvait pour serrer son aînée. Elle ne savait comment lui montrer sa reconnaissance. Un câlin, une étreinte, une attention, peu importe quel était le nom de toutes ces choses que l'on partageait avec d'autres personnes, elles signifiaient toutes la même chose. La main de Stella passa dans les longs cheveux bruns de la petite. Elle ne se sentait que bien. Sa mère faisait la même chose, c'était comme si elle savait cela et qu'elle voulait offrir cette sérénité à cette pauvre âme en détresse.

« Ma grand-mère me l'avait dit une fois. Mais je ne me trouve pas sage... Je ne suis pas la plus intelligente, ni la plus douée. Ma mère aimait bien ce prénom, elle me dit que je suis son petit génie. J'essaie de lui donner raison, hehe. »

Oui, Sonia travaillait dur et faisait du mieux qu'elle pouvait pour réussir, avoir de bonnes notes et faire la fierté de ses parents. La seule difficulté qu'elle rencontrait, c'était cette fichue matière : les potions. « Stop ! Ce n'est pas le moment de broyer du noir. » Son père était très déçu de sa fille. La seule matière où elle devait réussir. Julian était un potionniste hors pair, pour lui, il était inconcevable que ces enfants ne réussissent pas dans cette matière. C'était un manque de chance. Peut-être qu'un jour, elle parviendrait à rendre son père fier d'elle ? C'était son rêve.

« Oh tu ne me fais pas mal, au contraire... j'aime bien. Ma mère me caressait aussi les cheveux... Je ne suis pas contre une petite bataille d'eau, hehe ! A ton avis qui gagnerait ? La grande Etoile ou le petit génie ? »

Stella voulait redonner le sourire à Sonia. C'était réussi. La jeune sorcière s'imaginait éclabousser de toutes ses forces son aînée. Recevoir de l'eau ne lui faisait pas peur — finir malade ne la dérangeait pas, mais le moment venu, elle s'en voudra sûrement. A présent, le cœur de la brunette était léger et ses pensées vagabondaient vers des horizons doux. Elle n'était plus triste. Elle ne repensait plus à Miss Tremblay, à la lettre qu'elle avait écrit à ses parents et le courrier de son père. Elle se sentait apaisée, comme dans un rêve. En était-ce un ? Si tel était le cas, l'anglaise ne voudrait pas se réveiller.

738 mots
Sonia accepte volontiers Stella comme marraine, @Stella Ruewen :wow: C'est un moment magique, merci pour ça :cute:

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