Madame Miller
Le tirage est toujours étendu sur la table, les lames sont à la vue de tous, et certaines ont des airs menaçants. Pourtant, lorsque l'on connaît ces cartes, on sait que leurs intentions ne sont jamais de nous faire peur. Pour dire tout à fait vrai, les cartes se calquent assez vite et assez puissamment sur leur propriétaire - c'est-à-dire la personne qui leur prête de l'énergie. Ces cartes ayant passé toute leur vie aux mains de Madame Miller, elles sont imprégnées de son fluide, de sa magie, de sa bienveillance voire même de sa sagesse. En se concentrant, on peut sentir tout cela émaner à la fois de la divinatrice et de ses cartes.
Le silence s'étend encore un instant et on peut lire un tas de choses bien différentes sur le visage de chacun. Celui de Madame Miller est rivé sur son invitée, ou sa cliente, avec un air que l'on pourrait décrire comme inquiet. Et c'est effectivement le cas, la divinatrice est inquiète parce que les cartes qu'elle a annoncée sont lourdes de sens et elle est persuadée qu'elles le sont d'autant plus dans le dur cheminement de l'esprit de Madame Reid. Elle qui s'inquiète tant pour sa lignée, elle qui préfèrerait croire à une malédiction, elle qui semble savoir au fond d'elle que les réponses ne se trouvent pas de ce côté là.
Alors, quand finalement, Madame Reid et son visage presque sans ride se lève, quand ses lèvres bougent et sa réaction est verbalisée, le visage de Madame Miller se détend presque instantanément. Il semble que les cartes aient fait leur travail.
« C'est ce que les cartes semblent dire. »
Répond la vieille femme en hochant la tête.
Les mots prononcés par son invité auraient pu jeter un froid. Ils sont forts, ils sont remplis de sentiments, ils sont lourds de sens. Mais si les deux plus jeunes gens autour de la table peuvent avoir ressenti un malaise, Madame Miller n'en a ressenti aucun. Cette dernière a l'impression de connaître sa cliente et elle sent que ses mots sont le résultat d'une introspection, probablement douloureuse. C'est ce que les cartes invitent à faire, et Madame Miller n'est là que pour énoncer leur signification, donner des pistes grâce à ses connaissances et parfois sont instincts : le cheminement central est toujours fait par le tireur des cartes.
« Madame, si vous me demandez de répondre à votre question, je dirais que les cartes semblent vous dire non. Les Reid ne sont pas maudits. Il semble que les causes de votre malheur soient ailleurs. »
A ce moment là, Adaline hausse un sourcil. Dans les précédentes séances divinatoire auxquelles elle a assisté, sa grand-mère n'a jamais donné son ressenti aussi franchement ou avec des mots aussi nets. Elle sait que sa grand-mère n'est pas un charlatan, mais elle ne sait pas que la correspondance des deux femmes est ce qui permet à sa grand-mère d'être aussi sûre d'elle. Alors la jeune fille s'étonne de la franchise de son aînée mais apprécie assez cette analyse. Un instant, elle se demande si elle serait acceptée.
« Mais ce que les cartes vous disent c'est que votre situation n'est pas définitive et que vous pouvez changer votre façon de voir les choses. C'est comme cela que vous vous libérerez vous. La situation en elle-même, je le crois, sera résolue par un événement qui mettra fin à quelque chose. »
Madame Miller continue. Si elle ne connaissait pas, ou si elle n'avait pas l'impression de connaître, son invitée, elle ne livrerait probablement pas autant de ses analyses personnelles. Elle sent que ces mots sont essentiels et qu'ils doivent être dits, ici et maintenant.
« Cela signifie que vous et votre famille avez les clés pour vous sortir du malheur. »
Elle ajoute, sans trembler, en se penchant un peu vers la table. S'ils étaient à portées de main, elle attraperait doucement les poignets de son invité pour la soutenir, en plongeant son regard bleu dans les yeux froids de Madame Reid pour la rassurer.
Mais il n'en est rien. Un nouveau silence prend place alors que la fillette aux côtés de Madame Miller cherche le regard de son camarade de classe, le cœur battant. Elle réalise que la scène est des plus intimes, elle réalise que l'un comme l'autre viennent de se dévoiler une partie cachée de leur vie et probablement tout aussi importante. Adaline Macbeth cherche le regard de Cinead Reid pour échanger des mots silencieux avec lui, pour lui dire aussi bien merci de la laisser voir sa famille et entrevoir ses problématiques, que attention nous avons franchi une ou deux lignes rouges.
Le silence s'étire encore un instant, puis la divinatrice s'exprime à nouveau.
« Bien. Je souhaite utiliser une méthode différente pour répondre aux autres questions... J'aimerais lire les lignes de la main de Cinead. »
Le silence s'étend encore un instant et on peut lire un tas de choses bien différentes sur le visage de chacun. Celui de Madame Miller est rivé sur son invitée, ou sa cliente, avec un air que l'on pourrait décrire comme inquiet. Et c'est effectivement le cas, la divinatrice est inquiète parce que les cartes qu'elle a annoncée sont lourdes de sens et elle est persuadée qu'elles le sont d'autant plus dans le dur cheminement de l'esprit de Madame Reid. Elle qui s'inquiète tant pour sa lignée, elle qui préfèrerait croire à une malédiction, elle qui semble savoir au fond d'elle que les réponses ne se trouvent pas de ce côté là.
Alors, quand finalement, Madame Reid et son visage presque sans ride se lève, quand ses lèvres bougent et sa réaction est verbalisée, le visage de Madame Miller se détend presque instantanément. Il semble que les cartes aient fait leur travail.
« C'est ce que les cartes semblent dire. »
Répond la vieille femme en hochant la tête.
Les mots prononcés par son invité auraient pu jeter un froid. Ils sont forts, ils sont remplis de sentiments, ils sont lourds de sens. Mais si les deux plus jeunes gens autour de la table peuvent avoir ressenti un malaise, Madame Miller n'en a ressenti aucun. Cette dernière a l'impression de connaître sa cliente et elle sent que ses mots sont le résultat d'une introspection, probablement douloureuse. C'est ce que les cartes invitent à faire, et Madame Miller n'est là que pour énoncer leur signification, donner des pistes grâce à ses connaissances et parfois sont instincts : le cheminement central est toujours fait par le tireur des cartes.
« Madame, si vous me demandez de répondre à votre question, je dirais que les cartes semblent vous dire non. Les Reid ne sont pas maudits. Il semble que les causes de votre malheur soient ailleurs. »
A ce moment là, Adaline hausse un sourcil. Dans les précédentes séances divinatoire auxquelles elle a assisté, sa grand-mère n'a jamais donné son ressenti aussi franchement ou avec des mots aussi nets. Elle sait que sa grand-mère n'est pas un charlatan, mais elle ne sait pas que la correspondance des deux femmes est ce qui permet à sa grand-mère d'être aussi sûre d'elle. Alors la jeune fille s'étonne de la franchise de son aînée mais apprécie assez cette analyse. Un instant, elle se demande si elle serait acceptée.
« Mais ce que les cartes vous disent c'est que votre situation n'est pas définitive et que vous pouvez changer votre façon de voir les choses. C'est comme cela que vous vous libérerez vous. La situation en elle-même, je le crois, sera résolue par un événement qui mettra fin à quelque chose. »
Madame Miller continue. Si elle ne connaissait pas, ou si elle n'avait pas l'impression de connaître, son invitée, elle ne livrerait probablement pas autant de ses analyses personnelles. Elle sent que ces mots sont essentiels et qu'ils doivent être dits, ici et maintenant.
« Cela signifie que vous et votre famille avez les clés pour vous sortir du malheur. »
Elle ajoute, sans trembler, en se penchant un peu vers la table. S'ils étaient à portées de main, elle attraperait doucement les poignets de son invité pour la soutenir, en plongeant son regard bleu dans les yeux froids de Madame Reid pour la rassurer.
Mais il n'en est rien. Un nouveau silence prend place alors que la fillette aux côtés de Madame Miller cherche le regard de son camarade de classe, le cœur battant. Elle réalise que la scène est des plus intimes, elle réalise que l'un comme l'autre viennent de se dévoiler une partie cachée de leur vie et probablement tout aussi importante. Adaline Macbeth cherche le regard de Cinead Reid pour échanger des mots silencieux avec lui, pour lui dire aussi bien merci de la laisser voir sa famille et entrevoir ses problématiques, que attention nous avons franchi une ou deux lignes rouges.
Le silence s'étire encore un instant, puis la divinatrice s'exprime à nouveau.
« Bien. Je souhaite utiliser une méthode différente pour répondre aux autres questions... J'aimerais lire les lignes de la main de Cinead. »
Animagus renard polaire
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Madame Miller
J'ai toujours éprouvé un profond doute quant à l'idée de la malédiction. Et pourtant, aujourd'hui encore, je revois le visage de celle qui porta le malheur au sein de notre famille. Mère avait pour coutume depuis longtemps de consulter et déjà à l'époque, il était impossible de dénombrer la quantité de ces visiteurs. Une d'entre elle, une gitane avait demandé audience. C'était un matin de printemps, de ceux où le givre blanchi encore la campagne. Demandant à quérir Madame pour lui porter nouvelles, Mère l'avait reçu sur le champ, sans le moindre effort de toilette. De l'entrevue et des mots qu'elles échangèrent ce jour là, je ne sus rien mais Mère ne fut jamais plus la même personne. Quant à la gitane, personne ne la revit à Drystone Walls.
Les mois passèrent, Mère semblait plus assagie et silencieuse que d'ordinaire. Prétextant le plus souvent le besoin de se retirer et je ne la voyais qu'à de rare moment mais suffisamment pour percevoir un changement dans son humeur. Je sais aujourd'hui que le poison instillait déjà pour ne plus jamais la laisser en paix.
Sur le visage de Madame Miller, la gravité s'estompe peu à peu laissant place à une mine plus affable. Elle a placé Mère sur la bonne voie. Mais dans ce cas, les hypothèses suggérées par les cartes en deviennent que plus inquiétantes. Ne plus croire en une malédiction est surement le meilleur chemin vers une reconsidération. Madame Miller, tout comme moi, en sommes convaincus. Mais c'est également un voile levé sur des territoires inconnus.
A n'en pas douter, cette vérité assénée opère un gouffre dans l'esprit de Mère. Comment pourrait il en être autrement ? Que ressentiriez vous si, d'un coup, les certitudes sur lesquelles vous construisez vos raisonnements s'effondraient ? Le sol se déroberait sous vos pieds. Un vertige vous assaillirez. Et sans sans prises auxquelles vous agripper, vous tomberiez.
A mes côtés, Mère écoute en silence. Sa respiration régulière et son maintien toujours droit sont des signes rassurants. Contre toute attente, ces révélations ne semblent pas la faire fléchir alors qu'une question demeure en elle, tout comme en moi : "un événement qui mettra fin à quelque chose." Qu'a voulu dire Madame Miller ?
L'habile divinatrice use d'empathie comme le prouve la suite de ses propos. Soigneusement, à mot pesé, elle étaie ses hypothèses en les pavant de sous entendus encourageants. Je le perçois et cette délicatesse me touche. Tout à l'opposé de la manipulation, la divinatrice éclaire de sa bienveillance la vérité, ouvre une porte vers un avenir moins sombre avant de nous inviter à poursuivre notre entreprise.
"... lire les lignes de la main de Cinead. "
De la Chiromancie...
Mon esprit s'ébranle déjà sous l'impulsion de nouvelles conjectures quand mon regard croise celui d'Adaline. Depuis notre arrivée, c'était véritablement la première fois. Sa présence ici et les sujets qui nous occupent m'avaient dans un premier temps, pudiquement, incité à retarder nos échanges. Mais son insistance et ce dialogue qu'elle parvient maintenant à rétablir à travers nos silences me touche. Ses yeux comme une main tendue m'invitent à emprunter avec elle un nouveau périple. Alors sans attendre la réponse de mère, je présente mes deux mains vers Madame Miller.
"Faites, je vous en prie."
Les mois passèrent, Mère semblait plus assagie et silencieuse que d'ordinaire. Prétextant le plus souvent le besoin de se retirer et je ne la voyais qu'à de rare moment mais suffisamment pour percevoir un changement dans son humeur. Je sais aujourd'hui que le poison instillait déjà pour ne plus jamais la laisser en paix.
Sur le visage de Madame Miller, la gravité s'estompe peu à peu laissant place à une mine plus affable. Elle a placé Mère sur la bonne voie. Mais dans ce cas, les hypothèses suggérées par les cartes en deviennent que plus inquiétantes. Ne plus croire en une malédiction est surement le meilleur chemin vers une reconsidération. Madame Miller, tout comme moi, en sommes convaincus. Mais c'est également un voile levé sur des territoires inconnus.
A n'en pas douter, cette vérité assénée opère un gouffre dans l'esprit de Mère. Comment pourrait il en être autrement ? Que ressentiriez vous si, d'un coup, les certitudes sur lesquelles vous construisez vos raisonnements s'effondraient ? Le sol se déroberait sous vos pieds. Un vertige vous assaillirez. Et sans sans prises auxquelles vous agripper, vous tomberiez.
A mes côtés, Mère écoute en silence. Sa respiration régulière et son maintien toujours droit sont des signes rassurants. Contre toute attente, ces révélations ne semblent pas la faire fléchir alors qu'une question demeure en elle, tout comme en moi : "un événement qui mettra fin à quelque chose." Qu'a voulu dire Madame Miller ?
L'habile divinatrice use d'empathie comme le prouve la suite de ses propos. Soigneusement, à mot pesé, elle étaie ses hypothèses en les pavant de sous entendus encourageants. Je le perçois et cette délicatesse me touche. Tout à l'opposé de la manipulation, la divinatrice éclaire de sa bienveillance la vérité, ouvre une porte vers un avenir moins sombre avant de nous inviter à poursuivre notre entreprise.
"... lire les lignes de la main de Cinead. "
De la Chiromancie...
Mon esprit s'ébranle déjà sous l'impulsion de nouvelles conjectures quand mon regard croise celui d'Adaline. Depuis notre arrivée, c'était véritablement la première fois. Sa présence ici et les sujets qui nous occupent m'avaient dans un premier temps, pudiquement, incité à retarder nos échanges. Mais son insistance et ce dialogue qu'elle parvient maintenant à rétablir à travers nos silences me touche. Ses yeux comme une main tendue m'invitent à emprunter avec elle un nouveau périple. Alors sans attendre la réponse de mère, je présente mes deux mains vers Madame Miller.
"Faites, je vous en prie."
5ème année RP en 2047/2048
Madame Miller
La séance suit son cours alors que l'atmosphère change légèrement. Les cartes sont toujours étalées sur la table mais elles ne pèsent plus aussi lourd maintenant que l'attention est déviée sur un autre sujet. Les mains du jeune Cinead Reid sont maintenant au centre de l'attention, et tous les regards sont rivés sur la paire de paume tendues.
Si Adaline n'est pas capable de visualiser la suite de l'entrevue, Madame Miller semble garder le contrôle de cette dernière. Son visage est moins fermé maintenant que les cartes ont parlé à Madame Reid par le biais de la vieille femme et que les significations de ces dernières ne sont plus dans son esprit. C'est toujours plus agréable de dire les choses, et la divinatrice en sait quelque chose - pour avoir vécu des séances frustrantes aussi bien pour elle que pour ses cartes.
La vieille femme se penche pour attraper les deux mains du jeune garçon.
L'analyse commence dans le silence. On peut entendre le vent souffler et s'engouffrer sous le toit de la maison. Aucun air ne parvient pourtant jusqu'à la table autour de laquelle sont assis en tailleur les participants. La pièce est parfaitement isolée et le bruit du vent à peine perceptible.
Ce que Madame Miller regarde d'abord, c'est la forme des paumes et des doigts. La paume est carrée et les doigts sont longs. C'est une paume d'air qui se dessine et avec elle le caractère intellectuel mais également curieux du jeune homme.
« Une main d'air... Tu es un jeune homme intellectuel, n'est-ce pas ? »
Dit la vieille femme avec un sourire délicat, accompagné d'un petit rire. Elle tutoie Cinead, non pas par manque de respect, mais parce que ce sont les coutumes qui vont avec son grand âge.
A côté d'elle, Adaline acquiesce silencieusement. C'est comme cela qu'elle aurait décrit son camarade, à Poudlard.
« Ta main dominante est la droite ? »
Elle demande ensuite. Le jeune homme hoche la tête pour le lui confirmer.
Dans l'ordre le plus logique, la divinatrice touche la paume de la main gauche de Cinead pour tracer les différents lignes de sa main, cœur, tête, vie, chance. Adaline est bien incapable de tirer une analyse de ce qu'elle aperçoit sur la paume de son camarade, et ami, elle n'ose pas non plus le regarder dans les yeux.
« Une ligne de vie longue... Un bon état de santé ! Ton tempérament naturel s'incline vers le romantisme curieusement mêlé à la raison. Un bon équilibre naturel entre raison et sentiments. »
Elle effectue la même danse sur la main droite, la main dominante. Les doigts de la vieille femme viennent redessiner les mêmes lignes et, presque imperceptiblement, on peut sentir que les lignes ne sont pas identiques. Elles diffèrent en un point particulier.
« Tu es ambitieux, je le vois. Mais tu ne dois pas laisser tes sentiments interférer avec ces dernières. Je crois voir que tu as tendance à te laisser dépasser par des sentiments qui t'empêchent d'avancer vers la voie que tu convoites. »
En parlant, la divinatrice ne peut s'empêcher de lever les yeux vers Madame Reid. Ce message, presque inconscient, a pour vocation d'orienter la réflexion du jeune garçon. C'est ce que cette séance fait, depuis qu'elle a commencé, elle invite à réfléchir. Les méninges de tous semblent alors bouillonner. Il faut dire que l'atmosphère s'y prête !
Madame Miller concentre désormais son attention sur les doigts qui lui sont présentés. Eux aussi peuvent en dire beaucoup sur leur porteur. Elle observe la longueur de chaque doigt sur chaque main, en silence, dans un silence qui commence même à devenir pesant. Dans la tête de la vieille femme se bouscule les hypothèses car les doigts ne se montrent pas aussi parlant qu'elle l'aurait espéré.
« Bien. Ce que je peux te dire, surtout grâce à ton index, c'est que tu souffres d'un complexe d'infériorité. Pourtant, tes ambitions sont à la hauteur, comme l'indiquent tes lignes de chance. Il ne faut pas que tu doutes de toi-même... Je sens une force en toi. »
Les derniers mots sont ajoutés presque à contrecœur. Ce n'est pas le terme juste : ils viennent précisément du cœur de Madame Miller, mais ils risquent de gêner la lecture des analyses. En effet, c'est un élément de ressenti purement personnel que la divinatrice s'est permise de dévoiler. Elle sentait probablement qu'il était bon de le dire à cet instant précis, bien que sa petite-fille en doute - le prouvent ses sourcils froncés.
Les mains de Cinead sont retournées et ce sont désormais les monts qui sont inspectés. Il faut moins longtemps à la vieille femme pour tirer une analyse de chaque mont de chaque main.
« Ton mont de Jupiter indique une facilité à commander. Soit prudent cependant, ta volonté de s'affirmer risque de se transformer en volonté de dominer. Cela augure cependant de bonnes choses pour la continuité de la lignée des Reid. »
Si Adaline n'est pas capable de visualiser la suite de l'entrevue, Madame Miller semble garder le contrôle de cette dernière. Son visage est moins fermé maintenant que les cartes ont parlé à Madame Reid par le biais de la vieille femme et que les significations de ces dernières ne sont plus dans son esprit. C'est toujours plus agréable de dire les choses, et la divinatrice en sait quelque chose - pour avoir vécu des séances frustrantes aussi bien pour elle que pour ses cartes.
La vieille femme se penche pour attraper les deux mains du jeune garçon.
L'analyse commence dans le silence. On peut entendre le vent souffler et s'engouffrer sous le toit de la maison. Aucun air ne parvient pourtant jusqu'à la table autour de laquelle sont assis en tailleur les participants. La pièce est parfaitement isolée et le bruit du vent à peine perceptible.
Ce que Madame Miller regarde d'abord, c'est la forme des paumes et des doigts. La paume est carrée et les doigts sont longs. C'est une paume d'air qui se dessine et avec elle le caractère intellectuel mais également curieux du jeune homme.
« Une main d'air... Tu es un jeune homme intellectuel, n'est-ce pas ? »
Dit la vieille femme avec un sourire délicat, accompagné d'un petit rire. Elle tutoie Cinead, non pas par manque de respect, mais parce que ce sont les coutumes qui vont avec son grand âge.
A côté d'elle, Adaline acquiesce silencieusement. C'est comme cela qu'elle aurait décrit son camarade, à Poudlard.
« Ta main dominante est la droite ? »
Elle demande ensuite. Le jeune homme hoche la tête pour le lui confirmer.
Dans l'ordre le plus logique, la divinatrice touche la paume de la main gauche de Cinead pour tracer les différents lignes de sa main, cœur, tête, vie, chance. Adaline est bien incapable de tirer une analyse de ce qu'elle aperçoit sur la paume de son camarade, et ami, elle n'ose pas non plus le regarder dans les yeux.
« Une ligne de vie longue... Un bon état de santé ! Ton tempérament naturel s'incline vers le romantisme curieusement mêlé à la raison. Un bon équilibre naturel entre raison et sentiments. »
Elle effectue la même danse sur la main droite, la main dominante. Les doigts de la vieille femme viennent redessiner les mêmes lignes et, presque imperceptiblement, on peut sentir que les lignes ne sont pas identiques. Elles diffèrent en un point particulier.
« Tu es ambitieux, je le vois. Mais tu ne dois pas laisser tes sentiments interférer avec ces dernières. Je crois voir que tu as tendance à te laisser dépasser par des sentiments qui t'empêchent d'avancer vers la voie que tu convoites. »
En parlant, la divinatrice ne peut s'empêcher de lever les yeux vers Madame Reid. Ce message, presque inconscient, a pour vocation d'orienter la réflexion du jeune garçon. C'est ce que cette séance fait, depuis qu'elle a commencé, elle invite à réfléchir. Les méninges de tous semblent alors bouillonner. Il faut dire que l'atmosphère s'y prête !
Madame Miller concentre désormais son attention sur les doigts qui lui sont présentés. Eux aussi peuvent en dire beaucoup sur leur porteur. Elle observe la longueur de chaque doigt sur chaque main, en silence, dans un silence qui commence même à devenir pesant. Dans la tête de la vieille femme se bouscule les hypothèses car les doigts ne se montrent pas aussi parlant qu'elle l'aurait espéré.
« Bien. Ce que je peux te dire, surtout grâce à ton index, c'est que tu souffres d'un complexe d'infériorité. Pourtant, tes ambitions sont à la hauteur, comme l'indiquent tes lignes de chance. Il ne faut pas que tu doutes de toi-même... Je sens une force en toi. »
Les derniers mots sont ajoutés presque à contrecœur. Ce n'est pas le terme juste : ils viennent précisément du cœur de Madame Miller, mais ils risquent de gêner la lecture des analyses. En effet, c'est un élément de ressenti purement personnel que la divinatrice s'est permise de dévoiler. Elle sentait probablement qu'il était bon de le dire à cet instant précis, bien que sa petite-fille en doute - le prouvent ses sourcils froncés.
Les mains de Cinead sont retournées et ce sont désormais les monts qui sont inspectés. Il faut moins longtemps à la vieille femme pour tirer une analyse de chaque mont de chaque main.
« Ton mont de Jupiter indique une facilité à commander. Soit prudent cependant, ta volonté de s'affirmer risque de se transformer en volonté de dominer. Cela augure cependant de bonnes choses pour la continuité de la lignée des Reid. »
Animagus renard polaire
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Madame Miller
Je regarde les mains de Madame Miller avec leurs bracelets en perles d'ambre. Elles s'avancent dans leur blancheur remarquable, étirées de longs doigts fins, osseux, et dont les ongles nacrés sont soigneusement limés. Sur leur dos marbrés de fines veines, quelques taches brunes parsemant la peau mince me rappellent qu'elles sont d'un âge avancé. Je frisonne à l'idée du contact qui va s'établir bientôt.
Je n'ai jamais eu de grands parents. Tous ont disparus avant ma naissance si bien que je ne côtoie la vieillesse que de très loin, souvent avec une certaine méfiance. Dès lors, j'ai toujours cru que cette peau ridée, à l'aspect d'un cuir plissé devait se révéler rêche au toucher, desséchée par de longues années. Pourtant quand les mains de Madame Miller se referment sur les miennes, délicates, à la manière de deux pinces soyeuses, aussitôt, mon inquiétude me quitte. Leurs mouvements qui pressent me troublent, obligent à battre plus fort mon cœur, et répand en moi une chaleur jusqu'à m'en bruler les joues. Capté par la nouveauté de ce contact, celui d'une personne qui m'est étrangère, je n'entends pas de suite les formulations de la chiromancienne. Je ne vois et ne ressens que la puissante autorité de ces mains à l'étude de mes propres mains.
"Ta main dominante est la droite ?"
Je m'éveille sur cette simple question et réponds d'un hochement de tête. Pas de magie là dedans, ce n'est qu'une simple observation mais qui fait sens quand Madame Miller décide de s'attarder en premier sur les lignes de ma main gauche. A chaque main sa symbolique : l'innée pour la main gauche, destinée pour la main droite. Les enseignements de Mrs Field me reviennent. Tout est parfaitement codifié et la divinatrice ne déroge pas à la règle mais au delà de l'observation ce sont les déductions qui importent.
Je laisse Madame Miller poursuivre. Tout est méthodiquement analysé. J'écoute attentivement, silencieux. Même si certaines notions me semblent abstraites, le fait qu'elles me soient destinées fait vibrer les cordes qui sous tendent mon ego.
Et, sans se tromper, Madame Miller parle d'ambition. Un élan de fierté s'éveille en moi. Il est à la hauteur de mes aspirations grandissantes pour la maison Reid. Autrefois respectés et honorables, ce nom n'est aujourd'hui plus qu'un fard qui masque son propre déclin. Une déchéance que Père incarne si parfaitement. Lui, qui n'occupe ni fonction ni position, qui se prélasse dans l'oisiveté et l'illusoire grandeur que lui confère notre passé, j'en viens à le détester pour cela. Lachlann Reid, l'obstacle qui me fait douter de ma propre légitimité à diriger notre famille. Malgré l'amour que je lui porte, combien de fois ai je souhaité sa mort.
Oui les cartes disent vrai bien que Madame Miller ne frôle qu'une infime part des tourments de mon intimité, elle n'en révèle pas moins un poids qui sommeille. Je ressens des choses inavouables. Je désire parfois qu'advienne le pire et cela m'effraie. Depuis mon plus jeune âge, je suis tiraillé entre l'attente et l'action, entre la fuite et le devoir, entre la résignation et la colère. C'est pour cela qu'à Poudlard, loin de Drystone Walls, je trouve le repos, dans ce un havre qui m'épargne à la monstruosité.
Pourtant comme le monde serait meilleur sans toi Père.
Je retire mes mains à présent comme je redoute maintenant que Madame Miller en apprenne d'avantage à mon sujet. M'enfonçant au fond de ma chaise, j'imagine que Mère est satisfaite des réponses qu'elle vient d'obtenir. Moi, cela m'importe peu. Regardant Adaline, c'est à elle que je songe et ne peux m'empêcher de redouter ce qu'elle éprouve.
Mère réagit enfin :
"Madame Miller, si vous saviez comme vos conclusions nous éclairent et sont pour moi un soulagement. Je reconnais bien là mon fils. Et pour ce qui est de vos conseils, je suis sûr que Cinead saura les prendre en considération." Se tournant vers moi, elle enchaina : "En ce qui concerne le don, est ce que les cartes nous indiquent quelques choses ?"
Je n'ai jamais eu de grands parents. Tous ont disparus avant ma naissance si bien que je ne côtoie la vieillesse que de très loin, souvent avec une certaine méfiance. Dès lors, j'ai toujours cru que cette peau ridée, à l'aspect d'un cuir plissé devait se révéler rêche au toucher, desséchée par de longues années. Pourtant quand les mains de Madame Miller se referment sur les miennes, délicates, à la manière de deux pinces soyeuses, aussitôt, mon inquiétude me quitte. Leurs mouvements qui pressent me troublent, obligent à battre plus fort mon cœur, et répand en moi une chaleur jusqu'à m'en bruler les joues. Capté par la nouveauté de ce contact, celui d'une personne qui m'est étrangère, je n'entends pas de suite les formulations de la chiromancienne. Je ne vois et ne ressens que la puissante autorité de ces mains à l'étude de mes propres mains.
"Ta main dominante est la droite ?"
Je m'éveille sur cette simple question et réponds d'un hochement de tête. Pas de magie là dedans, ce n'est qu'une simple observation mais qui fait sens quand Madame Miller décide de s'attarder en premier sur les lignes de ma main gauche. A chaque main sa symbolique : l'innée pour la main gauche, destinée pour la main droite. Les enseignements de Mrs Field me reviennent. Tout est parfaitement codifié et la divinatrice ne déroge pas à la règle mais au delà de l'observation ce sont les déductions qui importent.
Je laisse Madame Miller poursuivre. Tout est méthodiquement analysé. J'écoute attentivement, silencieux. Même si certaines notions me semblent abstraites, le fait qu'elles me soient destinées fait vibrer les cordes qui sous tendent mon ego.
Et, sans se tromper, Madame Miller parle d'ambition. Un élan de fierté s'éveille en moi. Il est à la hauteur de mes aspirations grandissantes pour la maison Reid. Autrefois respectés et honorables, ce nom n'est aujourd'hui plus qu'un fard qui masque son propre déclin. Une déchéance que Père incarne si parfaitement. Lui, qui n'occupe ni fonction ni position, qui se prélasse dans l'oisiveté et l'illusoire grandeur que lui confère notre passé, j'en viens à le détester pour cela. Lachlann Reid, l'obstacle qui me fait douter de ma propre légitimité à diriger notre famille. Malgré l'amour que je lui porte, combien de fois ai je souhaité sa mort.
Oui les cartes disent vrai bien que Madame Miller ne frôle qu'une infime part des tourments de mon intimité, elle n'en révèle pas moins un poids qui sommeille. Je ressens des choses inavouables. Je désire parfois qu'advienne le pire et cela m'effraie. Depuis mon plus jeune âge, je suis tiraillé entre l'attente et l'action, entre la fuite et le devoir, entre la résignation et la colère. C'est pour cela qu'à Poudlard, loin de Drystone Walls, je trouve le repos, dans ce un havre qui m'épargne à la monstruosité.
Pourtant comme le monde serait meilleur sans toi Père.
Je retire mes mains à présent comme je redoute maintenant que Madame Miller en apprenne d'avantage à mon sujet. M'enfonçant au fond de ma chaise, j'imagine que Mère est satisfaite des réponses qu'elle vient d'obtenir. Moi, cela m'importe peu. Regardant Adaline, c'est à elle que je songe et ne peux m'empêcher de redouter ce qu'elle éprouve.
Mère réagit enfin :
"Madame Miller, si vous saviez comme vos conclusions nous éclairent et sont pour moi un soulagement. Je reconnais bien là mon fils. Et pour ce qui est de vos conseils, je suis sûr que Cinead saura les prendre en considération." Se tournant vers moi, elle enchaina : "En ce qui concerne le don, est ce que les cartes nous indiquent quelques choses ?"
5ème année RP en 2047/2048
Madame Miller
Lorsque le garçon ôte ses mains de l'étreinte de celles de la divinatrice, celle-ci esquisse un sourire. Un sourire qui ne veut rien dire mais qui révèle certains sentiments, que la divinatrice décèle aussi bien qu'elle ressent. Il y a beaucoup d'amour qui flotte dans cette pièce et même s'il n'est pas toujours utilisé à bon escient, il saute aux yeux. Cassiopée Miller sait à quel point Madame Reid aime son fils et que la réciproque est vraie. Elle détecte d'autres liens dans les regards du jeune garçon, il faudra qu'elle pose la question à son Adaline pour s'en assurer. Quant à elle... Eh bien, elle est humaine après tout, elle s'est attachée à cette mère.
Cette mère qui reprend la parole. Des mots bienveillants qui réchauffent le cœur, des mots qui sont la principale raison pour laquelle Madame Miller fait ce travail.
Parce que Madame Miller ne fait pas ça pour l'argent ou pour la gloire, elle n'a que faire de l'argent puisqu'elle a déjà acheté bien assez de choses et amassé bien assez de pièces, et quant à la gloire ! Ma foi, la gloire est réservée aux pauvres hommes (rarement aux femmes) qui n'ont pas confiance en eux. Non, Madame Miller et son visage flétri par le temps, et sa robe violette rapiécée, ses bijoux sur tous les poignets et jusqu'au cou, travaille pour aider les autres.
C'est sincèrement la raison pour laquelle elle exerce son métier alors qu'elle pourrait se contenter de mettre les fesses sur un fauteuil et de regarder le temps passer. Il faut aussi dire qu'elle n'aime pas rester inactive ! Mais elle a toujours profondément aimé les autres. C'est ce qui l'anime et ce qui a toujours été sa raison de vivre.
Elle sourit encore plus vivement en entendant ce qu'elle prend pour des compliments de la part de sa cliente, qui est bien plus une invitée qu'une cliente.
Madame Reid, cependant, reviens à cette question. Sa dernière question. Et si Madame Miller ne l'a pas oublié, elle n'a pour autant rien de plus à lui dire.
« Madame Reid, je vous avoue que j'ai espéré que les cartes et les mains de Cinead me disent quelque chose sur son don... Mais je crains ne pas pouvoir obtenir cette réponse. »
Son ton est neutre. Pour autant, il n'est pas cassant, il est à peine réconfortant et largement désolé. Oui, c'est toujours difficile de dire non en sachant que l'on va décevoir quelqu'un que l'on estime, quelqu'un comme Madame Reid qui plus est (qui croit fermement que la divination peut lui apporter toutes les réponses).
« Il n'y a que le temps qui pourra répondre à cette question. »
Après un silence, la divinatrice se lève.
La fin de la séance approche alors que sa petite-fille se lève aussi et que, dans un mouvement commun, les invités de ce jour se lèvent aussi. Forcément, c'est une manière polie de ne pas dire que c'est terminé, mais c'est bel et bien terminé.
« Nous en avons terminé de cette séance. Est-ce que vous souhaitez prendre un thé avant de repartir ? »
Cette mère qui reprend la parole. Des mots bienveillants qui réchauffent le cœur, des mots qui sont la principale raison pour laquelle Madame Miller fait ce travail.
Parce que Madame Miller ne fait pas ça pour l'argent ou pour la gloire, elle n'a que faire de l'argent puisqu'elle a déjà acheté bien assez de choses et amassé bien assez de pièces, et quant à la gloire ! Ma foi, la gloire est réservée aux pauvres hommes (rarement aux femmes) qui n'ont pas confiance en eux. Non, Madame Miller et son visage flétri par le temps, et sa robe violette rapiécée, ses bijoux sur tous les poignets et jusqu'au cou, travaille pour aider les autres.
C'est sincèrement la raison pour laquelle elle exerce son métier alors qu'elle pourrait se contenter de mettre les fesses sur un fauteuil et de regarder le temps passer. Il faut aussi dire qu'elle n'aime pas rester inactive ! Mais elle a toujours profondément aimé les autres. C'est ce qui l'anime et ce qui a toujours été sa raison de vivre.
Elle sourit encore plus vivement en entendant ce qu'elle prend pour des compliments de la part de sa cliente, qui est bien plus une invitée qu'une cliente.
Madame Reid, cependant, reviens à cette question. Sa dernière question. Et si Madame Miller ne l'a pas oublié, elle n'a pour autant rien de plus à lui dire.
« Madame Reid, je vous avoue que j'ai espéré que les cartes et les mains de Cinead me disent quelque chose sur son don... Mais je crains ne pas pouvoir obtenir cette réponse. »
Son ton est neutre. Pour autant, il n'est pas cassant, il est à peine réconfortant et largement désolé. Oui, c'est toujours difficile de dire non en sachant que l'on va décevoir quelqu'un que l'on estime, quelqu'un comme Madame Reid qui plus est (qui croit fermement que la divination peut lui apporter toutes les réponses).
« Il n'y a que le temps qui pourra répondre à cette question. »
Après un silence, la divinatrice se lève.
La fin de la séance approche alors que sa petite-fille se lève aussi et que, dans un mouvement commun, les invités de ce jour se lèvent aussi. Forcément, c'est une manière polie de ne pas dire que c'est terminé, mais c'est bel et bien terminé.
« Nous en avons terminé de cette séance. Est-ce que vous souhaitez prendre un thé avant de repartir ? »
Animagus renard polaire
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Madame Miller
Nous y voilà. La séance à son point clef. Des trois questions posées par Mère, celle qui concerne le don est la plus chère à son cœur. Double vue, troisième œil, peu importe son nom, cette préoccupation est au sein de la famille depuis des générations.
Si je porte le nom des Reid, je suis également du côté maternelle un Murray. Cette vieille famille de sorciers, originaire des Lowlands, honorable bien que peu influente a pu se targuer pendant des siècles de compter des voyants dans sa généalogie. Sur des décennies, filles ou garçons, pouvaient hériter du don et le transmettre à leur descendance de manière héréditaire. Cette rareté, perçue au sein de la famille comme une bénédiction magique, était un présent chéri et célébré. Malheureusement, au fil du temps, la transmission s'est faite de plus en plus rare jusqu'à s'éteindre complètement sur les deux derniers siècles et la mort d'Appolonia Murray, dernière voyante de la famille, sœur de mon arrière-arrière grand père Ervin Murray.
Eilidh Murray est elle même une sans don. Le plus grand drame après son mariage. Mais la croyance en une hérédité capricieuse susceptible de sauter quelques générations l'a toujours conforté à entretenir l'espoir : le don reviendrait un jour. Peut être son fils ?
J'écoute la réponse de Madame Miller mais c'est le visage de Mère que j'observe. Sa parfaite éducation l'oblige à ne rien laisser paraître. Pourtant, sans être lisible, sa déception est bien présente. Je la sens grandir à mesure que les mots de la divinatrice résonnent dans la pièce. Madame Miller ne sait pas et de cela je suis convaincu. Il y a chez cette personne, aucune malice, aucune envie de plaire ou de satisfaire, je le sais maintenant. Elle n'exerce pas ses talents à des fins mercantiles ou bien, tel un faire valoir. C'est la bienveillance qui la guide et régit sa vocation. Cela se lit dans le tact de ses réponses et le soin qu'elle prend de ses convives. Et ainsi donc, elle répond. L'œuvre du temps laissera à Mère une dernière lueur d'espoir. A moi le soin d'oublier.
La séance se termine quand Madame Miller et Adaline se lèvent. Dans la salle mansardée, l'ambiance mystique s'est tu. Discrètement, Mère consulte les aiguilles de sa petite montre bracelet. Il est probablement trop tard à présent pour accepter l'invitation. Père ignorant notre présence ici, Mère ne prendra pas le risque de s'attarder d'avantage. A mon grand regret, je n'aurai pas l'occasion d'échanger ce jour avec ma camarade.
"Avec plaisir. Cinead et Adaline ont certainement des choses à se raconter. Peut être qu'ils pourraient profiter du jardin pendant ce temps ?"
439 mots
Si je porte le nom des Reid, je suis également du côté maternelle un Murray. Cette vieille famille de sorciers, originaire des Lowlands, honorable bien que peu influente a pu se targuer pendant des siècles de compter des voyants dans sa généalogie. Sur des décennies, filles ou garçons, pouvaient hériter du don et le transmettre à leur descendance de manière héréditaire. Cette rareté, perçue au sein de la famille comme une bénédiction magique, était un présent chéri et célébré. Malheureusement, au fil du temps, la transmission s'est faite de plus en plus rare jusqu'à s'éteindre complètement sur les deux derniers siècles et la mort d'Appolonia Murray, dernière voyante de la famille, sœur de mon arrière-arrière grand père Ervin Murray.
Eilidh Murray est elle même une sans don. Le plus grand drame après son mariage. Mais la croyance en une hérédité capricieuse susceptible de sauter quelques générations l'a toujours conforté à entretenir l'espoir : le don reviendrait un jour. Peut être son fils ?
J'écoute la réponse de Madame Miller mais c'est le visage de Mère que j'observe. Sa parfaite éducation l'oblige à ne rien laisser paraître. Pourtant, sans être lisible, sa déception est bien présente. Je la sens grandir à mesure que les mots de la divinatrice résonnent dans la pièce. Madame Miller ne sait pas et de cela je suis convaincu. Il y a chez cette personne, aucune malice, aucune envie de plaire ou de satisfaire, je le sais maintenant. Elle n'exerce pas ses talents à des fins mercantiles ou bien, tel un faire valoir. C'est la bienveillance qui la guide et régit sa vocation. Cela se lit dans le tact de ses réponses et le soin qu'elle prend de ses convives. Et ainsi donc, elle répond. L'œuvre du temps laissera à Mère une dernière lueur d'espoir. A moi le soin d'oublier.
La séance se termine quand Madame Miller et Adaline se lèvent. Dans la salle mansardée, l'ambiance mystique s'est tu. Discrètement, Mère consulte les aiguilles de sa petite montre bracelet. Il est probablement trop tard à présent pour accepter l'invitation. Père ignorant notre présence ici, Mère ne prendra pas le risque de s'attarder d'avantage. A mon grand regret, je n'aurai pas l'occasion d'échanger ce jour avec ma camarade.
"Avec plaisir. Cinead et Adaline ont certainement des choses à se raconter. Peut être qu'ils pourraient profiter du jardin pendant ce temps ?"
439 mots
5ème année RP en 2047/2048
Madame Miller
La réponse positive de Madame Reid arrache un sourire à notre divinatrice qui, persuadée par ses expériences passées, ne s’attendait pas à voir son invitation acceptée. Elle se réjouit cependant de pouvoir échanger avec son invitée, pour un moment de plus encore, avec qui elle a entretenu une longue correspondance épistolaire et qu’elle pourrait aisément considérer comme une amie.
Madame Miller n’a pas beaucoup d’amis et n’en a jamais vraiment eu. Elle a grand nombre de connaissances qu’elle considère comme des amis mais que nous, et Adaline, savons ne pas être de véritables amis. La plupart étaient des moldus avec qui elle prenait le thé en ville autrefois… ils doivent penser qu’elle a trépassé, après tant d’années sans l’avoir croisée dans un café. C’est probablement pour cela que Madame Miller s’emploie à occuper sa maison avec des clients (qu’elle ne considère pas comme tel) et qu’elle se plaît à une correspondance épistolaire. Et puis, Madame Reid est intéressante et sa conversation, du moins sur le papier, peut s’avérer stimulante.
C’est avec un large sourire qu’elle invite ses deux invités à la suivre jusqu’au rez-de-chaussée. Ils descendent tous les quatre, Adaline et un air indéchiffrable sur le visage fermant la marche.
Une fois le palier atteint, et avec un regard aussi complice qu’entendu, les deux groupes se séparent.
« Suivez-moi, je vais vous servir le thé. »
Déclare la divinatrice à l’adresse de son invitée. D’un geste chaleureux elle lui indique de s’engager à sa suite par le couloir qui s’ouvre à gauche de l’escalier. La cuisine apparaît très vite, grande pièce vitrée qui dévoile la forêt qui s’étend derrière et la végétation typique de l’Angleterre.
D’un coup de baguette, la vaisselle s’agite et deux tasses sortent d’un placard alors qu’une théière se met à siffler. Un îlot central, un peu vieillot, sert de table et Madame Miller invite d’ailleurs son invitée à prendre un tabouret.
« Alors Madame, puis-je vous demander comment avez-vous vécu la séance ? »
En parallèle, Adaline et son camarade de classe prennent un chemin différent. Cette dernière ouvre la porte d’entrée, avant d’inviter le garçon à sortir d’abord.
Le jardin de la maison n’en est pas vraiment un. Autrefois, l’ombre et les pierres de plusieurs autres maisons fourmillantes d’enfants et de joie. Mais aujourd’hui, à leur place, la nature a repris tous ses droits.
Il a neigé récemment, on peut voir des monceaux de neige dures sur certaines parcelles d’herbe. Une herbe verte qui couvre le terrain. Des arbustes sans feuilles sont aussi disposés ça et là par la seule volonté de la nature.
Adaline rit doucement en se plantant derrière le garçon au dessus du porche. Quelques marches en pierre et ensuite c’est la nature dans son plus simple appareil.
« Sacré jardin hein. »
Madame Miller n’a pas beaucoup d’amis et n’en a jamais vraiment eu. Elle a grand nombre de connaissances qu’elle considère comme des amis mais que nous, et Adaline, savons ne pas être de véritables amis. La plupart étaient des moldus avec qui elle prenait le thé en ville autrefois… ils doivent penser qu’elle a trépassé, après tant d’années sans l’avoir croisée dans un café. C’est probablement pour cela que Madame Miller s’emploie à occuper sa maison avec des clients (qu’elle ne considère pas comme tel) et qu’elle se plaît à une correspondance épistolaire. Et puis, Madame Reid est intéressante et sa conversation, du moins sur le papier, peut s’avérer stimulante.
C’est avec un large sourire qu’elle invite ses deux invités à la suivre jusqu’au rez-de-chaussée. Ils descendent tous les quatre, Adaline et un air indéchiffrable sur le visage fermant la marche.
Une fois le palier atteint, et avec un regard aussi complice qu’entendu, les deux groupes se séparent.
« Suivez-moi, je vais vous servir le thé. »
Déclare la divinatrice à l’adresse de son invitée. D’un geste chaleureux elle lui indique de s’engager à sa suite par le couloir qui s’ouvre à gauche de l’escalier. La cuisine apparaît très vite, grande pièce vitrée qui dévoile la forêt qui s’étend derrière et la végétation typique de l’Angleterre.
D’un coup de baguette, la vaisselle s’agite et deux tasses sortent d’un placard alors qu’une théière se met à siffler. Un îlot central, un peu vieillot, sert de table et Madame Miller invite d’ailleurs son invitée à prendre un tabouret.
« Alors Madame, puis-je vous demander comment avez-vous vécu la séance ? »
***
En parallèle, Adaline et son camarade de classe prennent un chemin différent. Cette dernière ouvre la porte d’entrée, avant d’inviter le garçon à sortir d’abord.
Le jardin de la maison n’en est pas vraiment un. Autrefois, l’ombre et les pierres de plusieurs autres maisons fourmillantes d’enfants et de joie. Mais aujourd’hui, à leur place, la nature a repris tous ses droits.
Il a neigé récemment, on peut voir des monceaux de neige dures sur certaines parcelles d’herbe. Une herbe verte qui couvre le terrain. Des arbustes sans feuilles sont aussi disposés ça et là par la seule volonté de la nature.
Adaline rit doucement en se plantant derrière le garçon au dessus du porche. Quelques marches en pierre et ensuite c’est la nature dans son plus simple appareil.
« Sacré jardin hein. »
Animagus renard polaire
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Madame Miller
Derrière les bonnes manières de Madame Reid, un oeil exercé pouvait aisément percevoir un léger trouble, comme une sorte d'hésitation un peu gauche. Au milieu de la pièce, dépassant d'une bonne tête Madame Miller, Eilidh est un peu surprise. Se voir inviter à prendre le thé dans la cuisine est pour elle une chose inhabituelle. Non pas qu'elle s'en formalise mais plus parce que dans la société dans laquelle elle vit, le thé se prend généralement dans un boudoir ou petit salon, assis sur un fauteuil ou une méridienne.
Tirant à elle un des tabourets, elle s'assied pourtant tout en se fustigeant de son manque d'aisance et répond à l'hospitalité de Madame Miller par un sourire amicale. Ses yeux se posent rapidement sur les murs qui l'entourent puis sur la végétation qu'elle peut voir derrière les larges fenêtres. De là où elle se tient, il lui est impossible pour le moment d'apercevoir les enfants visitant le jardin et son regard revient finalement sur son hôte après que cette dernière lui ait adressé sa question. Hésitant sur les mots et les émotions qui se bousculent dans son esprit, elle tente une réponse pleine de reconnaissance :
"Je pense que tout s'est bien passé. Comme je vous l'avais écrit, avant de venir ici, je craignais que les questions abordés puissent contrarier Cinead. Mon fils est un garçon intelligent mais il peut se montrer parois si impulsif." Marquant, une pause, elle semble réfléchir avant de poursuivre : "Pour autant, je dois dire que vous avez conduit cette séance avec un tact et une sérénité peu commune. Je pense que cela y est pour beaucoup."
Tournant machinalement son regard vers les fenêtres, son visage devient plus grave : "J'espère qu'il saura se servir des réponses que vous lui avez apportées. C'était bien ça le but de cette visite : qu'il s'apaise enfin."
Le jardin attendu n'est pas franchement au rendez vous. A défaut, je contemple une petite clairière percée au coeur d'une forêt dénudée par le passage de l'automne. Mon regard panoramique ne s'accroche à rien : pas de chemins tortueux, aucunes statues ou fontaines, pas d'ornements ou de haie de rosiers... Là sur le porche où me parvient le bruissement de la bise dans les feuilles de lierre, c'est une nature nue qui s'offre à mon regard étonné.
Derrière moi, Adaline ironise, certaine de ma surprise. Une telle demeure, sans jardin digne de ce nom, quand on sait l'attachement des britanniques dans leur à imiter la nature, est assurément une particularité de plus. Madame Miller n'en est pas à sa première contradiction et je me convainc définitivement que la singularité de mon hôte est le signe d'une personnalité d'exception. Une chance pour moi qui me tient là, aujourd'hui.
Je remonte le col de mon manteau pour ne plus frémir du souffle de l'air frais sur ma nuque et me tourne vers Adaline, l'invitant à s'avancer à mes côtés. Les premières minutes de notre marche sont silencieuses, cela n'est pas pour me déranger. Après la séance que nous venons de vivre, je ressens le besoin de revenir à des sujets plus simples. J'ai déjà chassé de mes pensées les propos de la divinatrice, certain que dans quelques jours, mon esprit aura fait le tri et fait jaillir de ce brouillard des éléments de réponses.
"Alors tu vis ici avec Madame Miller, ta grand mère ? Comment se fait il que tu ne vives pas avec tes parents à Godric's Hollow ?"
Les questions s'échappent à l'instant même où je perçois leur nature intrusive, trop tard. Adaline doit se débrouiller avec cette indiscrétion et percevoir l'intérêt particulier que je lui porte. Peut être s'attendait elle à ce que je lui parle de la séance et des réponses apportées par sa grand mère ? Un mal pour un bien finalement puisque je me réserve le droit d'aborder cela plus tard.
@Adaline Macbeth
Tirant à elle un des tabourets, elle s'assied pourtant tout en se fustigeant de son manque d'aisance et répond à l'hospitalité de Madame Miller par un sourire amicale. Ses yeux se posent rapidement sur les murs qui l'entourent puis sur la végétation qu'elle peut voir derrière les larges fenêtres. De là où elle se tient, il lui est impossible pour le moment d'apercevoir les enfants visitant le jardin et son regard revient finalement sur son hôte après que cette dernière lui ait adressé sa question. Hésitant sur les mots et les émotions qui se bousculent dans son esprit, elle tente une réponse pleine de reconnaissance :
"Je pense que tout s'est bien passé. Comme je vous l'avais écrit, avant de venir ici, je craignais que les questions abordés puissent contrarier Cinead. Mon fils est un garçon intelligent mais il peut se montrer parois si impulsif." Marquant, une pause, elle semble réfléchir avant de poursuivre : "Pour autant, je dois dire que vous avez conduit cette séance avec un tact et une sérénité peu commune. Je pense que cela y est pour beaucoup."
Tournant machinalement son regard vers les fenêtres, son visage devient plus grave : "J'espère qu'il saura se servir des réponses que vous lui avez apportées. C'était bien ça le but de cette visite : qu'il s'apaise enfin."
***
Le jardin attendu n'est pas franchement au rendez vous. A défaut, je contemple une petite clairière percée au coeur d'une forêt dénudée par le passage de l'automne. Mon regard panoramique ne s'accroche à rien : pas de chemins tortueux, aucunes statues ou fontaines, pas d'ornements ou de haie de rosiers... Là sur le porche où me parvient le bruissement de la bise dans les feuilles de lierre, c'est une nature nue qui s'offre à mon regard étonné.
Derrière moi, Adaline ironise, certaine de ma surprise. Une telle demeure, sans jardin digne de ce nom, quand on sait l'attachement des britanniques dans leur à imiter la nature, est assurément une particularité de plus. Madame Miller n'en est pas à sa première contradiction et je me convainc définitivement que la singularité de mon hôte est le signe d'une personnalité d'exception. Une chance pour moi qui me tient là, aujourd'hui.
Je remonte le col de mon manteau pour ne plus frémir du souffle de l'air frais sur ma nuque et me tourne vers Adaline, l'invitant à s'avancer à mes côtés. Les premières minutes de notre marche sont silencieuses, cela n'est pas pour me déranger. Après la séance que nous venons de vivre, je ressens le besoin de revenir à des sujets plus simples. J'ai déjà chassé de mes pensées les propos de la divinatrice, certain que dans quelques jours, mon esprit aura fait le tri et fait jaillir de ce brouillard des éléments de réponses.
"Alors tu vis ici avec Madame Miller, ta grand mère ? Comment se fait il que tu ne vives pas avec tes parents à Godric's Hollow ?"
Les questions s'échappent à l'instant même où je perçois leur nature intrusive, trop tard. Adaline doit se débrouiller avec cette indiscrétion et percevoir l'intérêt particulier que je lui porte. Peut être s'attendait elle à ce que je lui parle de la séance et des réponses apportées par sa grand mère ? Un mal pour un bien finalement puisque je me réserve le droit d'aborder cela plus tard.
@Adaline Macbeth
5ème année RP en 2047/2048
Madame Miller
Madame Miller qui se voit ravie de pouvoir servir le thé à son invitée, bien qu'il soit peu commun de le servir dans une cuisine, pose son regard et toute son attention sur la femme qui prend place autour de son îlot. Dans les oreilles des deux femmes, la théière est toujours en train de siffler et bientôt un bruit d'eau qui bouille se fait entendre.
Hochant la tête tout en écoutant la réponse de Madame Reid, la divinatrice esquisse un sourire poli. Il est toujours agréable de recevoir des compliments, et parfois notre vieille femme réalise qu'elle ne fait son métier que pour voir de la gratitude dans les yeux de ses invités. Savoir qu'elle a apporté son aide à une autre être humain est pour elle une récompense bien suffisante, elle qui répète à sa petite-fille que tout ce qu'elle souhaite c'est mettre au service des autres et du bien sa magie.
« Votre fils Cinead deviendra assurément un grand homme, il en a l'étoffe, mais il ne faut pas l'étouffer. C'est un esprit libre qui ne supportera pas de se faire enfermer... »
Réponds la divinatrice, après avoir effectué une petite courbure pour remercier Madame Reid de tous ses compliments.
Le capuchon de la théière saute et la baguette de Madame Miller animée d'une main habile empêche ce dernier de tomber en fracas et de se briser. Il se pose alors sans aucun mal, comme défiant la gravité, à côté de la théière fumante. D'un autre mouvement de baguette les tasses qui se sont extraites par magie d'une étagère se remplisse d'un thé qui paraît brûlant.
« Vous ne m'avez pas dit si cela vous a apporté des réponses à vous. »
Commente Madame Miller, en attrapant la tasse par la hanse tout en soufflant sur la fumée qui virevolte au dessus du liquide, en gardant le ton de la conversation tout en cherchant à fouiller un peu plus l'opinion de son invitée.
Les signes silencieux du garçon poussent notre Adaline à avancer jusqu'à sa hauteur et à se mettre en marche en même temps que lui. Tout en silence, en pas feutrés et en pensées bouillonnantes, la jeune sorcière suit le rythme imposé par son camarade et tous deux marchent dans l'herbe fraiche et humide pour faire le tour du propriétaire.
C'est une maison assez rustique qui apparaît finalement, si ce n'est à cause des lierres normalement s'amourachent des pierres de la façade la laissent nue. C'est l'hiver qui donne cet aspect rustique à une maison délaissée par son lierre qui la rend si charmante en d'autres saisons. Fort heureusement, les arbres qui entourent la petite clairière ont gardé la plupart de leurs feuilles, bien que des branches nues percent entre les feuilles des persistants et les épines des quelques sapins qui composent la forêt environnante.
La sorcière s'arrête quand le silence se brise. C'est comme un fracas qui résonne dans sa tête alors qu'il vient de poser cette simple question. Son camarade ne peut pas le savoir, mais c'est probablement de l'un de ses seuls points faibles dont il est en train de parler. Cette faiblesse se renforce particulièrement lorsqu'elle est confrontée directement à une mère ou à un père qui ne ressemblent en rien aux siens. La mère de Cinead, bien qu'elle puisse apparaître comme naïve, transpire de son amour pour son fils.
Avec un petit sourire qui a vocation à dissimuler son trouble, Adaline accueille le visage du garçon qui se tourne vers elle.
« Je vis avec ma grand-mère parce que je préfère l'air de la campagne et la bibliothèque qu'elle me laisse fouiller ! »
La brune accompagne sa réponse d'un petit rire. Toute cette mascarade à laquelle elle se plie lui est utile pour ne pas éveiller les soupçons sur elle et ses idées politiques, sur elle et sa peur de son oncle. Et puis elle se souvient, de cette discussion avec Cinead, de cette discussion dont il doit probablement se souvenir et qu'elle ne peut ignorer.
« C'est aussi parce que mon oncle vit à Godric's Hollow. »
Dit-elle avec un air plus sombre.
Hochant la tête tout en écoutant la réponse de Madame Reid, la divinatrice esquisse un sourire poli. Il est toujours agréable de recevoir des compliments, et parfois notre vieille femme réalise qu'elle ne fait son métier que pour voir de la gratitude dans les yeux de ses invités. Savoir qu'elle a apporté son aide à une autre être humain est pour elle une récompense bien suffisante, elle qui répète à sa petite-fille que tout ce qu'elle souhaite c'est mettre au service des autres et du bien sa magie.
« Votre fils Cinead deviendra assurément un grand homme, il en a l'étoffe, mais il ne faut pas l'étouffer. C'est un esprit libre qui ne supportera pas de se faire enfermer... »
Réponds la divinatrice, après avoir effectué une petite courbure pour remercier Madame Reid de tous ses compliments.
Le capuchon de la théière saute et la baguette de Madame Miller animée d'une main habile empêche ce dernier de tomber en fracas et de se briser. Il se pose alors sans aucun mal, comme défiant la gravité, à côté de la théière fumante. D'un autre mouvement de baguette les tasses qui se sont extraites par magie d'une étagère se remplisse d'un thé qui paraît brûlant.
« Vous ne m'avez pas dit si cela vous a apporté des réponses à vous. »
Commente Madame Miller, en attrapant la tasse par la hanse tout en soufflant sur la fumée qui virevolte au dessus du liquide, en gardant le ton de la conversation tout en cherchant à fouiller un peu plus l'opinion de son invitée.
***
Les signes silencieux du garçon poussent notre Adaline à avancer jusqu'à sa hauteur et à se mettre en marche en même temps que lui. Tout en silence, en pas feutrés et en pensées bouillonnantes, la jeune sorcière suit le rythme imposé par son camarade et tous deux marchent dans l'herbe fraiche et humide pour faire le tour du propriétaire.
C'est une maison assez rustique qui apparaît finalement, si ce n'est à cause des lierres normalement s'amourachent des pierres de la façade la laissent nue. C'est l'hiver qui donne cet aspect rustique à une maison délaissée par son lierre qui la rend si charmante en d'autres saisons. Fort heureusement, les arbres qui entourent la petite clairière ont gardé la plupart de leurs feuilles, bien que des branches nues percent entre les feuilles des persistants et les épines des quelques sapins qui composent la forêt environnante.
La sorcière s'arrête quand le silence se brise. C'est comme un fracas qui résonne dans sa tête alors qu'il vient de poser cette simple question. Son camarade ne peut pas le savoir, mais c'est probablement de l'un de ses seuls points faibles dont il est en train de parler. Cette faiblesse se renforce particulièrement lorsqu'elle est confrontée directement à une mère ou à un père qui ne ressemblent en rien aux siens. La mère de Cinead, bien qu'elle puisse apparaître comme naïve, transpire de son amour pour son fils.
Avec un petit sourire qui a vocation à dissimuler son trouble, Adaline accueille le visage du garçon qui se tourne vers elle.
« Je vis avec ma grand-mère parce que je préfère l'air de la campagne et la bibliothèque qu'elle me laisse fouiller ! »
La brune accompagne sa réponse d'un petit rire. Toute cette mascarade à laquelle elle se plie lui est utile pour ne pas éveiller les soupçons sur elle et ses idées politiques, sur elle et sa peur de son oncle. Et puis elle se souvient, de cette discussion avec Cinead, de cette discussion dont il doit probablement se souvenir et qu'elle ne peut ignorer.
« C'est aussi parce que mon oncle vit à Godric's Hollow. »
Dit-elle avec un air plus sombre.
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Madame Miller
Une fois installée dans ce lieu peu ordinaire, la chaleur de l'accueil mêlée au parfum du thé, agit comme un puissant charme d'allégresse. Eildih aime son thé avec un nuage de lait. La crème du lait des vaches du Comté d'Ayrshire, riche et sucré, se mariant parfaitement avec l'amertume de l'infusion, produit, une fois versée, un simulacre de balai aquatique dont elle ne se lasse jamais. C'est un de ses plaisirs simples qu'elle a su garder de son enfance. Un de ces plaisirs que son mari, Lachlaan REID, ne lui a pas retiré.
"Madame, de là où je viens, voilà ce qu'on apprend : "Évitez avec soin de parler de vous-même, et si la politesse vous force à vous dévoiler, soyez bien courte, car personne ne se soucie de votre avis.".
Sur ces mots, Eilidh porte la tasse à ses lèvres mais avant de goûter le fumant breuvage, elle ajoute :
"Pensez vous que je puisse être moins inquiétée malgré vos réponses ? Si aucune malédiction pèse sur notre nom, il n'en demeure pas moins une ombre. Tant que celle ci se tiendra par dessus mon fils et ma personne, mon cœur ne trouvera de repos."
Car l'avenir de son fils demeure son dernier tourment, les déductions réconfortantes, égrenées par madame Miller lors de la séance, ne lui offrent pas une entière sérénité. Quant à l'ultime conseil de la divinatrice, il ressuscite dans son cœur les terribles écueils qu'elle n'a su jadis éviter. Pourtant Cinead ne sera pas comme elle. Et sa force, là où, elle, fut faible, l'aidera à surpasser les épreuves, à rompre les chaînes qui l'obligent. Elle le sait maintenant et c'est en ce sens qu'elle poursuit :
"Mais au delà de ma personne je crois que vous avez raison. Il est temps que je laisse aller Cinead accompagné de toute ma confiance."
Son oncle... Neville Macbeth. Depuis ce jour, dans la cour de la Tour de l'horloge, j'ai tenté d'en découvrir plus sur l'homme mais les renseignements que j'ai pu amassés sont tout à fait maigres. Je sais donc qu'il vit à Godric's Hollow, qu'il y occupe un poste de brigadier-chef de la brigade de police magique, qu'il est marié et qu'il a fille, l'insupportable Jane. Adaline vit donc ici, éloignée de ses parents pour se tenir à distance de son redoutable oncle.
La mine sombre d'Adaline me fait déjà regretter mon manque de tact.
"Je vois. Pardonne moi si j'ai été un peu abrupt. Ce n'était pas dans mes intentions. Et j'aurais pu m'en douter... Toi, Godric's Hollow et moi, Drystone walls. Deux choses que nous nous efforçons de tenir loin de nous. Cela nous fait un point en commun."
Je termine ma phrase en lui retournant un sourire amusé. C'est étrange. Je ne saurais l'expliquer mais c'est plus simple avec elle. Sa fragilité qu'elle s'efforce de maquiller, ses confessions qu'elle feint d'oublier et le mystère dont elle se drape aurait très bien pu me pousser à plus de réserve mais Adaline me met inexplicablement en confiance. Certainement, un héritage de sa grand mère pour qui je ressens la même sensation.
"Ta grand mère a l'air d'être une personne bien. Tu lui ressembles. Je suis heureux que ce soit vers elle que Mère se soit tournée. Je ne sais pas encore dire ce que cet après midi m'a vraiment apporté mais me trouver ici est déjà une agréable surprise. Comme si le sort avait décidé que nous devions nous croiser également en dehors de l'école."
C'est vrai, depuis cette altercation avec Jane, elle et moi ne cessons de nous croiser et chacune de nos interactions attisent ma curiosité sur ma réservée camarade.
"Si cela avait été l'inverse, si tu étais venue à Drystone walls... Par Merlin, je n'ose l'imaginer. Cet endroit est comme l'antithèse de cet endroit."
Cinead parcoure du regard la bâtisse en silence avant de poursuivre d'un air songeur :
"Tu as de la chance Macbeth..."
"Madame, de là où je viens, voilà ce qu'on apprend : "Évitez avec soin de parler de vous-même, et si la politesse vous force à vous dévoiler, soyez bien courte, car personne ne se soucie de votre avis.".
Sur ces mots, Eilidh porte la tasse à ses lèvres mais avant de goûter le fumant breuvage, elle ajoute :
"Pensez vous que je puisse être moins inquiétée malgré vos réponses ? Si aucune malédiction pèse sur notre nom, il n'en demeure pas moins une ombre. Tant que celle ci se tiendra par dessus mon fils et ma personne, mon cœur ne trouvera de repos."
Car l'avenir de son fils demeure son dernier tourment, les déductions réconfortantes, égrenées par madame Miller lors de la séance, ne lui offrent pas une entière sérénité. Quant à l'ultime conseil de la divinatrice, il ressuscite dans son cœur les terribles écueils qu'elle n'a su jadis éviter. Pourtant Cinead ne sera pas comme elle. Et sa force, là où, elle, fut faible, l'aidera à surpasser les épreuves, à rompre les chaînes qui l'obligent. Elle le sait maintenant et c'est en ce sens qu'elle poursuit :
"Mais au delà de ma personne je crois que vous avez raison. Il est temps que je laisse aller Cinead accompagné de toute ma confiance."
***
Son oncle... Neville Macbeth. Depuis ce jour, dans la cour de la Tour de l'horloge, j'ai tenté d'en découvrir plus sur l'homme mais les renseignements que j'ai pu amassés sont tout à fait maigres. Je sais donc qu'il vit à Godric's Hollow, qu'il y occupe un poste de brigadier-chef de la brigade de police magique, qu'il est marié et qu'il a fille, l'insupportable Jane. Adaline vit donc ici, éloignée de ses parents pour se tenir à distance de son redoutable oncle.
La mine sombre d'Adaline me fait déjà regretter mon manque de tact.
"Je vois. Pardonne moi si j'ai été un peu abrupt. Ce n'était pas dans mes intentions. Et j'aurais pu m'en douter... Toi, Godric's Hollow et moi, Drystone walls. Deux choses que nous nous efforçons de tenir loin de nous. Cela nous fait un point en commun."
Je termine ma phrase en lui retournant un sourire amusé. C'est étrange. Je ne saurais l'expliquer mais c'est plus simple avec elle. Sa fragilité qu'elle s'efforce de maquiller, ses confessions qu'elle feint d'oublier et le mystère dont elle se drape aurait très bien pu me pousser à plus de réserve mais Adaline me met inexplicablement en confiance. Certainement, un héritage de sa grand mère pour qui je ressens la même sensation.
"Ta grand mère a l'air d'être une personne bien. Tu lui ressembles. Je suis heureux que ce soit vers elle que Mère se soit tournée. Je ne sais pas encore dire ce que cet après midi m'a vraiment apporté mais me trouver ici est déjà une agréable surprise. Comme si le sort avait décidé que nous devions nous croiser également en dehors de l'école."
C'est vrai, depuis cette altercation avec Jane, elle et moi ne cessons de nous croiser et chacune de nos interactions attisent ma curiosité sur ma réservée camarade.
"Si cela avait été l'inverse, si tu étais venue à Drystone walls... Par Merlin, je n'ose l'imaginer. Cet endroit est comme l'antithèse de cet endroit."
Cinead parcoure du regard la bâtisse en silence avant de poursuivre d'un air songeur :
"Tu as de la chance Macbeth..."
5ème année RP en 2047/2048