24 oct. 2022, 00:23
J'avais besoin de te le dire, alors je te l'écris  RP+   PV. JH 
SAMEDI 13 JUILLET 2047
LETTERKENNY

Cela faisait près d'une semaine qu'elle avait envoyé sa réponse à Jeffrey et qu'Eithne était revenue de Nottingham les serres dénuée de toute missive. Ennis, assise devant sa coiffeuse dans sa chambre de Letterkenny, ne savait pas quoi en penser. Même si Kheops étaient arrivé à Dublin, soit il aurait été redirigé ici par Domhall, soit ce dernier aurait envoyé Falcere pour la lui porter. A moins que le harfang des neiges ne soit arrivé dans la journée et que son frère ait trouvé préférable qu'elle puisse la consulter à son retour. Mais elle n'y croyait pas. Si Jeffrey n'avait pas répondu, c'était qu'il ne souhaitait pas lui répondre.

Et à moins d'une heure d'un repas que son père organisait avec un ami de longue date où il les avait sommé, Domhall et elle, d'être présents - Diarmuid y échappait en raison de ses vacances programmées bien avant le repas - la châtain était dans un état d'esprit particulièrement mitigé. Elle allait pourtant devoir le mettre de côté pour affichée la figure attendue de la benjamine du Patriarche O'Belt devant un sorcier qui avait une forme de poids dans le monde sorcier. Dès qu'il était question d'argent de toute façon, une personne avait de l'importance. Et même sans ça, les amis de ses parents étaient du même milieu, si elle ne faisait pas ce que devait faire toute jeune fille de son âge, leurs réputations à eux et elle s'en trouveraient entachées avec tout ce que cela impliquait. Alors quand bien même elle préférerait être ailleurs, elle allait se comporter comme il le fallait.

Sa coiffure était maintenant faite, une queue de cheval dont une mèche masquait le lien. Un maquillage plus que léger, elle n'aimait pas spécialement ça de toute manière, juste un peu de mascara suffisait, elle n'avait de toute façon pas le teint qui nécessitait d'être corrigé. Il lui restait à s'habiller. Elle avait choisie la robe achetée avec Coelestin en mai, une tenue tout à fait adaptée qui avait le chic de ne pas avoir à être validée par sa mère qui serait absente ce soir là. Plongée dans une dépression encore plus profonde que Diarmuid qui durait depuis le décès de sa sœur aînée dont elle ne connaissait l'existence que depuis décembre, Cathleen O'Belt avait renoncée à toute vie sociale depuis une profonde dispute avec leur père après les révélations du cadet. L'apothicaire vivait donc recluse dans sa chambre et son petit salon personnel, visitée de médicomage, infirmière et psychomage de manière régulière. D'après eux, son état ne s'améliorait pas, pas du tout même. Ennis ne l'avait donc même pas vu depuis son arrivée dans la soirée du neuf juillet et ne la verrait pas d'ici son départ à l'issue du repas de ce soir. D'où la liberté dans le choix de sa tenue mais aussi le rôle de maîtresse de maison qu'elle devait tenir en remplacement de sa mère. Elle connaissait les codes mais... Merlin l'adolescente avait tout sauf envie d'être là ce soir là, l'idée de se faire portée pâle était plus que tentante.

Sa tenue était maintenant passée et l'irlandaise vérifiait dans le miroir que tout tombait correctement quand on frappa à la porte. Ce n'était ni Cookie ni aucun des elfes parentaux. Ni la manière de frapper de Briac. Ne restait que Domhall. "
Entre." Lui dit-elle. La porte ne tarda pas à s'ouvrir sur son frère qui portait une tenue de lin estivale adaptée. Leur père avait certes tenu à ce qu'ils soient présents mais aussi précisé qu'il s'agissait d'un repas entre amis et non de quoi que ce soit d'officiel, cela permettait une forme de décontraction. Le châtain appuya son épaule sur le chambranle de porte, mains dans les poches, et observa la jeune fille. "Je n'ai pas eu de courrier?" La réponse qui vint fut purement non verbale, un signe négatif de la tête. Ennis soupira, yeux clos. "Ça va aller?" La benjamine répondit. "S'il ne veut plus répondre je ne peux pas le lui reprocher, la situation est de toute façon étrange... Mais j'espérais." Elle se tut, inspirant et expirant à fond avant de se diriger vers son frère pour quitter la pièce.

Ce dernier la laissa passer et faire quelque pas dans le couloir avant de la rejoindre à grandes enjambées pour la prendre par l'épaule et l'approcher de lui le temps de quelques pas. Il ne dit rien, il n'avait jamais été dans sa situation. Owen était sa première histoire suffisamment sérieuse. Les quelques hommes qu'il avait connu avant lui n'avait été que de passage, il ne s'était jamais attaché et avait toujours mis fin très vite à la relation, par peur. Mais ça ne l'empêchait pas de faire preuve de soutien et là où il n'avait pas les mots, il pouvait avoir quelques gestes. Quoiqu'il savait ce qu'il voulait lui dire, mais le faire maintenant serait un bien mauvais timing. En rentrant ce soir là, ou le lendemain matin serait bien plus judicieux.

ISMI 1ère année - Vol sur balais - Courses - PeC inRP: 09/47-01/48 - Préfète inRP: 09/44-06/47 et 01/48-03/49

24 oct. 2022, 01:29
J'avais besoin de te le dire, alors je te l'écris  RP+   PV. JH 
Les jours qui suivirent sa décision de ne pas répondre au courrier de son ex petite amie parurent particulièrement longs à Jeffrey. L'anglais ne cessait de passer par toutes sortes d'émotions contradictoires. Si la plupart du temps il ressentait de la culpabilité face à la décision qu'il avait prise et le fait de potentiellement faire de la peine à Ennis, il ressentait aussi d'autres émotions par moments. De temps en temps il se sentait en colère envers l'irlandaise car au fond de lui l'adolescent aurait espéré qu'elle aurait un peu insisté et réécris en voyant qu'elle n'avait pas eu de réponse. Jeffrey se trouvait puéril de ressentir ce besoin d'attention de la Gryffondor mais une petite voix dans sa tête ne cessait de lui dire qu'elle n'en avait peut-être rien à faire et continuait sa vie tranquillement, ce qui entretenait alors le sentiment de colère et de tristesse que le garçon ressentait.

En d'autres occasions l'anglais était plongé dans un état léthargique, attendant que quelque chose - il ne savait quoi - vienne améliorer la situation. Comme si une force supérieure ou un évènement extérieur vienne rétablir le dialogue entre Ennis et lui. Il savait cela impossible et se savait responsable des échanges soudainement rompus entre eux deux. Parfois en revanche il se sentait étrangement optimiste en imaginant que cette sorte de break et de distance leur ferait du bien et qu'ils allaient inévitablement finir par se rendre compte qu'ils ne pouvaient tous deux se passer l'un de l'autre. Ces émotions contrastées et sans cesse variables avaient le don d'épuiser Jeffrey qui finissait par être totalement déphasé et déréglé dans ses cycles de sommeil à force de trop cogiter. Et plus il se répétait de penser à autre chose, plus ces questionnements reprenaient avec force dans son esprit.

A Nottingham tout le monde voyait bien que Jeffrey n'était pas dans son assiette. Mais ni Emma, ni Margaret, ni Olydia ne parvenaient à faire en sorte qu'il se confie. Et bien souvent, quand il commençait à se sentir acculé, l'adolescent optait pour la fuite en sortant courir le long du canal.

Comme souvent, ce fut l'arrivée de son oncle Andrew qui permis au garçon de reprendre le dessus. Le tatoueur était venu rendre visite à la famille et préparer la venue de son filleul à Londres quelques jours plus tard. Et lors d'une balade en duo hors de la maison, Jeffrey avait enfin fini par confier ce qu'il avait sur le cœur. C'était souvent ainsi que ça se passait pour le britannique, qui avait le sentiment que seul son oncle Drew savait l'écouter et le conseiller sans jamais le juger ni chercher à le changer ou à l'influencer dans sa manière d'agir. En confiance, Jeffrey finissait souvent par lui confier ce qu'il avait ses pensées les plus secrètes. Le garçon avait alors évoqué sa relation avec Ennis, bien qu'en évitant de parler des détails trop intimes, mais en confiant comme il avait vécu l'éloignement progressif et les différentes histoires qui avaient conduit à cela. Fidèle à lui-même le hipster n'avait que peu parlé pendant que son filleul lui racontait son histoire, sauf pour demander quelques précisions.

Dès qu'il eut fini de vider son sac, Jeffrey s'était senti déjà mieux. Comme s'il avait enlevé une charge importante pesant sur ses épaules depuis trop longtemps. Les mots d'Andrew furent comme souvent justes et mesurés. Il parla de l'importance de se respecter l'un l'autre avant tout. Mais quelques mots marquèrent particulièrement le Poufsouffle.

« Pour le reste je pense que tu es grand maintenant Jeff. Dans moins d'un an maintenant tu auras atteint ta majorité et tu dois apprendre à te fier à ton ressenti, ton instinct et ne pas douter de tes décisions. Ennis semble avoir prise la sienne également. » avait dit le parrain de Jeffrey alors que tous deux s'étaient installés au bord du canal, sur un banc.

Andrew avait raison bien sûr. Jeffrey ne pouvait pas passer son été à pleurnicher sur son sort tout en ne faisant rien pour l'améliorer. Il était un adolescent encore mais il allait effectivement bientôt arriver à l'âge adulte chez les sorciers. S'il se considérait plus mature que certains de ses camarades encore très enfantins, le garçon se devait de constater que d'autres semblaient bien plus mûrs que lui également. Il devait s'endurcir et s'affirmer. Cesser de se soucier autant de l'avis des autres mais aussi cesser de rendre le sort ou les autres responsables de ses malheurs. Il n'était pas tout blanc non plus dans cette histoire. En tout cas une autre formule attira l'attention de l'anglais.

« Parfois il faut savoir couper net que de déchirer lentement, tu sais... Ça fait peut-être plus mal sur le coup mais ça dure aussi beaucoup moins longtemps. Et puis qui sait ? Tu cicatriseras peut-être plus vite que tu ne le penses ? »

Les deux Hunter restèrent encore de longues minutes à discuter mais quand le duo revint au domicile, Jeffrey était convaincu. Il avait assez perdu de temps à s’apitoyer sur son sort et cela n'avait rien arrangé. Tout comme les échanges avec Ennis n’arrangeaient pas les choses. Il était peut-être trop tôt pour cela ou alors aucun mot ne parviendrait à effacer la peine qu'elle lui avait fait. En tout cas en attendant la rentrée à Poudlard et une possible explication entre eux il n'allait pas continuer à se gâcher les vacances ainsi. Sa décision était prise, il n'écrirait plus à Ennis de l'été. Dans quelques jours il partirait à Londres chez son oncle et se serait alors l'occasion pour lui de repartir enfin de l'avant.

934 mots
Fin du RP me concernant. A bientôt pour la suite ? :)

5 nov. 2022, 15:20
J'avais besoin de te le dire, alors je te l'écris  RP+   PV. JH 
DIMANCHE 14 JUILLET 2047
APPARTEMENT O'BELT/LOCKE

La soirée de la veille s'était... passée. Elle n'avait pas vraiment d'autre mot. Son père avait reçu un couple d'ami et ce dernier, s'ils avaient engagés de temps en temps la discussion avec Dom ou elle, était resté très superficiel... à propose des études, du travail, de potentiels mariages... Autant dire qu'ils avaient été brefs dans leurs réponses puis avaient fait de la figuration. Aussi, la châtain avait été ravie de pouvoir rentrer à l'appartement et aller se coucher pour faire une bonne nuit de sommeil, quelque chose qu'elle n'avait pas pu faire à Letterkenny. La proximité avec sa mère, la possibilité de la voir et d'entendre encore des reproches... Sans compter l'absence de nouvelles de la part de son ex-petit-ami qui n'avait plus répondu depuis son courrier au retour de chez Orphéa. D'ailleurs, en parlant de ça, elle ne pouvait s'empêcher de lever le nez de son roman de manière plus ou moins régulière pour observer la baie vitrée, si jamais...

- "
Tu attends encore?" La voix de son frère venait de s'élever depuis la cuisine d'où il revenait avec de quoi leur servir à chacun de thé. Ennis se retourna à moitié pour le voir arriver en faisant léviter les tasses et la théière jusque la table basse avant de s'installer à ses côtés. La châtain avait suivi ses mouvements des yeux, y compris quand il les avait servi puis avait amené les tasses jusqu'à eux de plusieurs coups de baguettes. Attrapant son mug et réchauffant ses mains dessus, Ennis perdit ses yeux dans la vapeur qui s'élevait, esquivant la question. Domhall ne pouvant se résoudre à la laisser ainsi à espérer il ne savait quoi. "Tu sais que si tu veux en parler je suis là?" Demanda-t-il en espérant recevoir une réponse quelconque.

Et il en obtint une, un hochement de tête assorti d'un "
merci" soufflé alors qu'elle venait poser sa tête sur son épaule. Du temps de leur enfance et leur scolarité commune, il avait toujours eu du mal avec ces rares élans d'affection en provenance de sa cadette. C'était maintenant terminé. Il ne savait pas si c'était de la maturité ou bien d'enfin s'accepter tel qu'il était ou encore d'avoir réussi à se laisser aller à s'attacher à quelqu'un d'autre, quelqu'un de beaucoup plus tactile que lui; mais ça ne le mettait plus mal à l'aise. Au contraire, il bougea même pour passer son bras autour de ses épaules, juste avant qu'elle ne se livre. "Il continue de souffler le chaud et le froid. Je ne sais juste pas quoi faire." Le tout juste diplômé ne savais pas non plus quoi faire de cette information. Il avait eu pour idée la veille de lui dire qu'il fallait peut-être qu'elle referme définitivement le livre dont elle avait écrit le dernier chapitre... Mais c'était certainement trop violent. Ou trop tôt. Il s'abstint donc, faisant tourner les rouages de son esprit jusqu'à trouver la formulation qui lui semblait la plus adaptée, ou la moins inappropriée. "C'est toi qui a repris contact, qui a refait un pas pour apaiser les choses. Laisse le peut-être faire le suivant. C'est encore tout frais, il a peut-être besoin de temps et... Et toi aussi." Il avait une pause entre chaque phrase, guettant les réactions de sa sœur. Mais rien ne vint. Rien de particulier du moins.

Posée ainsi contre son frère, Ennis mesurait ses paroles. Du temps. Du temps elle en avait passé à tenter de rectifier ses erreurs, à accepter qu'il lui souffle du chaud et du froid, jusqu'à prendre une décision pour elle malgré des sentiments encore existant. Puis à tenter de renouer un dialogue. Un dialogue qu'il rompait. Si elle ne l'avait plus aimé ça aurait été certainement plus simple, mais quand les sentiments étaient tenaces... Elle soupira. Elle savait que Dom avait raison. Qu'elle devait essayer d'oublier, non pas oublier. Ils avaient vécu des choses très belles, difficiles parfois, d'autres bien moins agréables... Mais elle ne pouvait pas oublier. Peut être juste poser tout ça quelque part et patienter pour savoir ce qu'il allait en advenir sans être dans l'expectative. Après tout, à des centaines de kilomètres de distances, elle avait fait au mieux.



Voici qui signe la fin pour moi également
A bientôt j'espère!

ISMI 1ère année - Vol sur balais - Courses - PeC inRP: 09/47-01/48 - Préfète inRP: 09/44-06/47 et 01/48-03/49