L'audace a un prix PV

« Vos baguettes s’il vous plait. »

Elisabeth se leva d’un bond. Elle ne pouvait pas croire ce qu’elle venait d’entendre. Elle referma instinctivement sa main sur sa baguette. Voilà donc ce que mijotait Monsieur Stoyanov, les privait de ce qui constituait pour elle toute leur vie de sorcière. C’est vrai, elle avait fait exploser un gâteau mais elle ne voulait pas être radiée du monde de la magie pour autant, ne serait ce qu’un instant, or c’était ce qui allait se passer si elle était privée de sa baguette. Elle ne pourrait plus lancer de sort, ni quoi que ce soit. Elle aurait fait presque n’importe quoi pour éviter ça. Leur baguette leur était devenue familier, indispensable et vitale, elle ne s’en séparait jamais, l’idée de la remettre au directeur de Poudlard lui parut comme insensé.

« Severus. S-e-v-e-r-u-s, monsieur le directeur, Le règlement insiste sur le fait qu'aucun élève n'a le droit de retourner sa baguette magique contre qui que ce soit dans l'enceinte de cette école et encore moins contre ses professeurs. Je ne cache pas ma déception en constatant que trois élèves de ma maison ont enfreint la plus importante des règles de cette école. Renvoyez-les auprès de leur famille. Qu'elles sachent que Poudlard n'a jamais accueilli d'élèves aussi stupides avant leur exploit. Qu'elles sa... »

La jeune Serpy retomba aussitôt sur sa chaise. Qui était ce Severus pour exiger leurs renvois ? Depuis quand un portrait donnait des sanctions aux élèves ? Qu’avaient-elle à faire de sa déception, bien qu’il ait appartenu à Serpentard, Elisabeth n’avait absolument aucune idée de son identité et se demandait pour quelles raisons il intervenait. Il ne les connaissait pas et vice versa, il n’était même pas présent au moment des faits et se permettait de les condamner.

« Merrci S-e-v-e... rrus, Je crrois qu'elles ont bien comprris qu'elles viennent d'entrrer dans l'histoirre de cette école, et cerrtainement pas en bien. »

Le directeur continua en répondant à chacune des jeunes filles à tour de rôle. Elisabeth l’entendait terrasser ses camarades, tout en attendant que vienne son heure. Entre temps, elle se mit à penser qu’en fait, elles n’étaient pas les premières à s’en être prise à des professeurs. Elle fut interrompue dans sa réflexion par le directeur qui lui fit ses remarques dans un ton tout aussi dur :

« Quant à vous mademoiselle Connorr, peut-êtrre devrrais-je conseiller au prrofesseurr Loewy de se trromper de forrmule la prrochaine fois que vous la crroiserrez en courrs de défense contrre les forrces du Mal. Peut-êtrre y verrez-vous une différrence entrre une errreurr de forrmulation et une errreurr irrréparrable. »

Irréparable, ce mot ne cessait de résonner dans sa tête. Elle n’était pas d’accord, la jeune fille avait fait exploser un gâteau, les professeurs n’avaient subi aucune séquelles physiques ou psychologiques, elle n’avait pas tué, ni même blesser quelqu’un. Il s’agissait d’un simple gâteau. De plus, elle avait 11 ans, seulement 11 ans, elle allait en faire des erreurs, probablement des pires que l’explosion d’un malheureux cake. Et ça serait tant mieux car c’est ainsi qu’elle progresserait, on apprend de ces erreurs. Une erreur de ce genre était plus indiquée et réparable dans son cas que dans celui de Miss Loewy. Celle-ci avait au moins… trente ans de plus qu’elle et elle était professeur. Elle ne pouvait se permettre de faire ce genre de bêtises sinon ça serait inquiétant.
La jeune Serpy était à bout de nerf, elle n’en pouvait plus la tension était trop forte pour elle, d’abord ce silence pesant, ensuite la frayeur d’un renvoi, la demande des baguettes magiques et maintenant ça. Elle s’apprêtait à se lever de nouveau mais elle fut interrompue par l’intervention d’Amber.


« S'il vous plaît, ne faîtes pas ça … De toute façon, je suis sûre qu'il serait bien plus constructif de nous racheter jours après jours, au lieu d'une seule fois ? Ne serait-il pas plus amusant pour les professeurs de nous voir récurer les toilettes des filles à la brosse à dents plutôt que de manquer leurs cours faute de baguette ? Ne les privez pas de ce plaisir ! »

Amber semblait , elle aussi, perdre patience. Elisabeth souhaitait avant tout en finir avec cette histoire, pourquoi le directeur ne leur donnait il pas leur sanction immédiatement et ne les congédiait pas. Peut-être souhaitait-il faire durer la torture encore et encore pour leur éviter ne serait-ce que l’envie de commettre de nouveau de tel méfait. Quoi qu’il en soit, elle devait dire ce qu’elle avait sur le cœur sinon elle allait imploser.

« Techniquement, nous avons retourné notre baguette contre une chaise, un bonbon et un gâteau. » lança t-elle au dénommé Severus tout en inspirant afin de se calmer, sachant que ce genre de remarque n’allait pas lui être favorable. Elle leva la tête en direction de M. Stoyanov.

« Monsieur le directeur, nous n’avons jamais attaqué nos professeurs. Nous n’avons jamais eu l’intention de leur faire du mal, aucun professeur n’a été directement visé par nos sorts. Et puis Miss Loewy a un jour été victime d’un sortilège d’allégresse par des élèves de classe supérieure lors de son quatrième cours. Quoique nous ayons fait, il ne s’agissait pas d’attaquer les professeurs. »

C’était vrai, à la limite, on pouvait dire qu’il s’agissait d’une mauvaise blague, mais pas d’une attaque. D’ailleurs comment pouvait-on en conclure à une attaque à partir de l’explosion d’un gâteau ? Bon d’accord, trois sorts lancés en direction de la table des professeurs peuvent laisser une suspicion d’attaque, mais pas une affirmation directe. D’ailleurs elles n’avaient jamais employé ce mot et avait parlé de « blagues ». De plus, elles avaient lancés un sort contre une chaise, un gâteau et un bonbon et non contre un professeur directement. C’était ce qu’elle souhaitait expliqué au directeur, qu’elles n’avaient jamais voulu faire du mal à quiconque, même si elles en avaient faits.
L'audace a un prix PV
Calme, détaché, le directeur écouta le silence se fendre sous le poids des protestations. Son regard couleur noisette se coucha avec une certaine forme de délicatesse sur les deux baguettes posées sur son bureau puis, après un moment en suspend, harponna la troisième et dernière baguette encore empoignée par sa propriétaire légitime. Toute forme de résistance était vaine en sa présence. Cette première année finirait bien par s'en rendre compte...

Prenant appuis sur les accoudoirs de son siège, le directeur se leva et se retrouva, une fois encore, à dominer le trio de toute sa hauteur. Mais pour la première fois depuis le début de cette histoire, son regard se mit à pétiller d'une lueur pour le moins étrange qui évoquait pourtant tout sauf une menace latente. Plongeant sa main droite dans la poche de son pantalon, il en sortit sa baguette en bois de cerisier à qui il ne donna qu'une infime impulsion pour inviter la baguette de Connor à lui échapper et se poser délicatement entre les deux autres.


« Merrci pourr votrre coopérration mademoiselle Connorr, déclara-t-il. »

Un sourire emprunt de subtilité retroussa à peine ses fines lèvres roses que déjà sa main droite décrivait un demi-cercle devant lui.

« Stitie, formula-t-il avec une forte intonation russe en bouche. »

Un coulis de couleur doré se mit à ruisseler le long des parois invisibles qui délimitaient un dôme protecteur tout autour du quatuor rassemblé là. Lentement, comme si chacun de ses gestes étaient savamment pensés, le directeur rangea sa baguette dans la poche de son pantalon et saisit, à la place, la baguette de Pidloux.

« Reducto ! »

Une fenêtre s'entrouvrit dans le dôme doré par laquelle le sortilège de ratatinage s'engouffra à une vitesse ahurissante pour aller toucher plus loin un genre de saladier en argent qui explosa en mille morceaux propulsés dans toutes les directions. Les morceaux qui le pouvaient se plantèrent à des endroits où leur tranchant faisait loi, les autres rebondirent contre la pierre apparente des murs et les derniers se désintégrèrent en fines particules de poussières en touchant le dôme. Sans se détacher de son calme proverbial, le directeur reposa la baguette de Pidloux et saisit celle de Hoover.

« Bona papilla improbus est ! »

Une nouvelle fois le dôme entrouvrit une fenêtre de tir qui permit au sortilège d'atteindre de plein fouet le phénix qui poussa en réaction un hoquet de surprise avant de dégringoler de son perchoir pour se débattre dans le tas de cendre en contrebas, comme si quelque chose dans sa gorge l'empêchait de respirer normalement.

« Le goût du sang... de loin le plus insupporrtable. Finite incantatem ! »

Feuxnoyr cessa de remuer. Il se redressa, parcouru d'un frisson, et adressa un vilain regard à son maître avant de déployer ses magnifiques ailes grenat pour voler jusqu'au rebord de la fenêtre. Le directeur inclina la tête à son intention en guise d'excuse puis il délaissa la baguette d'Hoover pour celle de Connor.

« Gonflus ! »

Une fois encore le dôme s'ouvrit pour laisser filer le sortilège vers un coin du plafond. Pendant une seconde ou deux, la question fut posée de savoir si le sortilège avait touché quelque chose en particulier. Le réponse fut oui. Une araignée. La pauvre bête se mit à grossir à vu d'oeil, grossir, grossir, pour atteindre quasiment la taille d'un oiseau avant que sa peau ne se déchire sous la pression et que sa vie soit réduite à une pluie de sang qui s'étala sur le dôme.

Sa démonstration était terminée. Le directeur reposa la baguette de Connor sur son bureau et d'un claquement de doigts fit disparaître le dôme protecteur. Après quoi, il se rassit sur son siège, une lueur songeuse dans le regard.


« Il suffit d'un rrien pourr qu'une blague virre au désastrre. Un moment d'inattention, une distrraction imprrévue, un déplacement non-anticipé, une mauvaise maîtrrise... et s'en est fini de rrirre. »

Ses yeux balayèrent le visage de ses invités puis leur désignèrent leur baguette sur son bureau.

« Rreprrenez vos baguettes et prromettez-moi de rréfléchirr à deux fois avant de pointer cette arrme, et non ce jouet, surr quelqu'un, même pourr lui fairre une blague. Le château s'assurrerra de la bonne foi de votrre engagement. Prromettez maintenant et soyez tous les soirrs aprrès le dîner devant la cabane du garrde-chasse. Je vous charrge de l'accompagner durrant deux semaines dans ses incurrsions nocturrnes au coeur de la Forrêt Interrdite. Au moins, là-bas, vous aurrez une bonne rraison d'utiliser votrre baguette magique sur des êtrres vivants. »


[HRP : toutes mes excuses pour le temps d'attente. Pour ne pas vous retardez trop je vous ouvre une porte de sortie pour que vous puissiez conclure chacune de votre côté ce sujet. Merci à vous trois d'avoir joué le jeu. :) ]
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Victoria avait fait le choix d'attendre calmement mais ces camarades n'étaient pas du même avis. Amber essaya de négocié, et de même pour Elisabeth. Elles allaient se faire recaler comme l'instant d'avant et c'est pourquoi l'adolescente avait choisit de se taire. Le directeur remercie Elisabeth qui a l'avis de Victoria était ironique.

« Stitie »

Le directeur tenait sa baguette en main, c'était sans doute une formule magique. Victoria ne mit pas longtemps à comprendre ce qui se passait, ce que le directeur avait fait. Un dôme protecteur se dessina peu à peu protégeant les quatre sorciers de l'extérieur. Victoria fut impressionné par la couleur dorée et de l'effet du Sortilège mais essaya de ne pas le montrer. Elle et ses camarades étaient enfermés avec le directeur. L'adolescente regarda le directeur qui rangea doucement sa baguette magique dans sa poche et prendre... la sienne ?


« Mais... »

Elle ne sut finir, trop inquiète par la suite pour parler. Elle regarda alors le directeur usé de sa baguette magique à elle en relançant le même sortilège que dans la Grande Salle. Le sortilège traversa le dôme et alla atterrir sur un vase qui explosa en mille morceau. Victoria regarda les débris anéanti. Le dôme n'aura pas été là, ils auraient très certainement reçu un éclat de verre. Victoria baissa la tête en reconnaissant à présent ses erreurs. Cela aurait pu mal finir, même avec un sortilèges aussi simple que Reducto. Elle s'en alla dans ses pensées ainsi mais fut vite réveiller par le directeur qui avait changé de baguette, il tenait cette fois-ci celle d'Amber dans la main et prononça le Sortilège:

« Bona papilla improbus est ! »

Comme l'instant d'avant, le sortilège passa le dôme et finit sa course sur le phénix du directeur qui tomba de son perchoir et semblait avoir des problèmes respiratoires. Le directeur arrêta le supplice de l'oiseau qui s'envola prêt de la fenêtre. Ensuite, au tour d'Elisabeth d'avoir son quart d'heure. Victoria se sentit mal quand il prit la baguette de la première année.

« Gonflus ! »

Le sortilège frappa une araignée. Celle-ci grossit, grossit, grossit... Victoria recula d'un pas faillit percuter Amber. Elle n'était pas très ami avec les araignées bien qu'elle ne les a jamais détesté. Victoria regarda l'araignée grossir jusqu'à l'éclatement, ce qui provoqua une pluie de sang et une mort certaine pour l'animal. Tous ça pour ça. C'est triste. Après ça, le dôme disparut. Victoria écouta, d'un air abattu le directeur:


« Il suffit d'un rrien pourr qu'une blague virre au désastrre. Un moment d'inattention, une distrraction imprrévue, un déplacement non-anticipé, une mauvaise maîtrrise... et s'en est fini de rrirre. »

Victoria essaya d'imaginé la scène dans la grande salle, si le directeur ne serait pas intervenue. Les professeurs auraient surement essayés de nous contrôler. Victoria le sait, elle ne les aurait pas écouter, et elle aurait continuer. Qui sait ce qu'il se serait passer si le directeur n'était pas venue arrêter les trois filles ? Victoria attendit la suite des évènements, c'est sûr, sa visite dans le bureau du directeur restera à tous jamais, dans sa mémoire.

« Rreprrenez vos baguettes et prromettez-moi de rréfléchirr à deux fois avant de pointer cette arrme, et non ce jouet, surr quelqu'un, même pourr lui fairre une blague. Le château s'assurrerra de la bonne foi de votrre engagement. Prromettez maintenant et soyez tous les soirrs aprrès le dîner devant la cabane du garrde-chasse. Je vous charrge de l'accompagner durrant deux semaines dans ses incurrsions nocturrnes au coeur de la Forrêt Interrdite. Au moins, là-bas, vous aurrez une bonne rraison d'utiliser votrre baguette magique sur des êtrres vivants. »

Victoria tendit la main pour prendre sa baguette magique et la rangea immédiatement dans sa poche. La forêt interdite allait encore la voir, et pourtant elle se souvient de s'être jurer de ne jamais y remettre les pieds la première fois. Décidément, tous le monde veut qu'elle l'a connaisse par cœur. Et puis, Hagrid est gentil, donc cela devrait bien se passer. L'adolescente se dit qu'elle allait devoir s'organiser autrement pour les devoirs des deux semaines à venir, normalement après le repas du soir, c'est le travail et faire ses devoirs en rentrant en était hors de question. Elle ne répondit rien au directeur, et sans un mot elle sortit de la pièce.
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Le Directeur affichait une mine calme et détendue, un comble, en vue de la situation. Amber avait d'ores et déjà renoncé à essayer de décoder ses intentions, son visage était parfaitement impénétrable. C'était comme s'il avait eu en permanence une vitre teintée collée sur ses traits en permanence qui rendait la moindre de ses expressions indéchiffrable. Lasse d'être maintenue dans un stress aussi intense, les paumes moites, la demoiselle laissait ses paupières se fermer de temps à autres, rêvant d'être à mille endroits différents. Un sentiment de désespoir s'insufflait en elle à chaque fois qu'elle les rouvrait, ce n'était pas temps l'idée d'être punie qui la mettait dans tous ses états mais le fait de n'obtenir aucune réponse ou indication sur son sort. Non, comme d'habitude, elle était dans le flou le plus total, petite poupée de chiffon aveugle qu'on balance d'une rive à une autre, et qui se demandait quand elle finirait par échouer dans la rivière.

« Stitie », prononça-t-il d'une voix détachée.

La petite n'eut même pas le temps d'être soulagée ou terrifiée par cette soudaine prise de parole qu'un dôme transparent entourait le quatuor. Un liquide de couleur doré qui lui rappelait du miel fondu s'écoulait lestement sur lui, jusqu'à les recouvrir presque totalement. *Mmmh*, pensa-t-elle en imaginant la liqueur s'engouffrer dans sa bouche, lui ensorceler le palais. Des images de festin défilaient dans sa tête, où elle se voyait engloutir des kilos de plats en sauces tous plus délicieux les uns que les autres. Des poulets juteux, des steaks dotés d'une cuisson parfaite, des douceurs moelleuses, qui fondraient en bouche comme un caramel tiède ... Elle secoua violemment sa caboche, elle divaguait encore. Pour le moment, elle se trouvait en face de l'homme le plus influent de Poudlard, qui au lieu de décider de son avenir les enfermait dans une bulle jaune d’œuf. Logique.

« Reducto ! »

La baguette de Victoria dans la main, il lança ce sortilège destructeur sans se départir de sa sérénité de circonstance. Il heurta de plein fouet une sorte de saladier qui explosa d'un seul coup, projetant de nombreux morceaux de verre aux quatre coins de la pièce. Les plus tranchants filèrent dans leurs direction, instinctivement, elle jeta ses bras par-dessus sa boîte crânienne en attendant l'impact. Comme le choc ne venait pas, elle regarda, atterrée, les fragment de verre se désintégrer sur les parois du dôme dans un chuintement aigu.

« Bona papilla improbus est ! », s'exclama-t-il en s'emparant de sa baguette.

La gamine allait protester mais une sorte de gloussement étouffé retint son attention. Le Directeur avait visé son piaf qui semblait avoir quelque chose de gênant coincé dans le gosier.


« Mais il va mourir ! », s'écria-t-elle, alarmée.

Cet homme était-il capable de tuer un innocent pour lui faire comprendre la leçon ? Non ... Oui ? Non.


« Le goût du sang... de loin le plus insupportable. Finite incantatem ! »

Le phénix se redressa aussitôt, Amber, une main sur la poitrine, put enfin respirer correctement.

« Gonflus ! »

Quelques secondes chargées d'appréhension s'écoulèrent. Qu'avait-il touché cette-fois ? La deuxième année lâcha un petit cri, une araignée gonflait comme un soufflé depuis le plafond, jusqu'à ce qu'elle atteigne une taille extraordinaire. Elle qui n'avait que peu d'affection pour les insectes, surtout quand ils cessaient d'arborer une taille inoffensive, piailla comme une fillette. Elle faillit vomir lorsque la bestiole explosa en dizaines de petits lambeaux de chairs couverts de sang.

Choquée, elle ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes, indisposée à réaliser ce qui venait se casser. Son interlocuteur, toujours aussi passif, leur expliqua entre deux roulements de r:


« Il suffit d'un rrien pourr qu'une blague virre au désastrre. Un moment d'inattention, une distrraction imprrévue, un déplacement non-anticipé, une mauvaise maîtrrise... et s'en est fini de rrirre ».

Stupéfiée, la Hoover baissa la tête, elle ne s'était pas rendu compte de l'étendue de sa bêtise. Pour elle, il ne s'agissait là que d'une simple farce sans gravité. Elle repensa à la pluie rouge qui venait de s'abattre au-dessus d'elle en frémissant. Même si cela lui déchirait le cœur de l'admettre, elle avait eu tord.


« Rreprrenez vos baguettes et prromettez-moi de rréfléchirr à deux fois avant de pointer cette arrme, et non ce jouet, surr quelqu'un, même pourr lui fairre une blague. Le château s'assurrerra de la bonne foi de votrre engagement. Prromettez maintenant et soyez tous les soirrs aprrès le dîner devant la cabane du garrde-chasse. Je vous charrge de l'accompagner durrant deux semaines dans ses incurrsions nocturrnes au coeur de la Forrêt Interrdite. Au moins, là-bas, vous aurrez une bonne rraison d'utiliser votrre baguette magique sur des êtrres vivants ».

« Promis », souffla-t-elle, honteuse.

Elle reprit sa baguette d'une main peu assurée en l'examinant d'une façon nouvelle. Elle ne la voyait plus comme un simple jouet, mais bel et bien une arme. Confuse, elle se retira en se faisant violence pour ne pas se retourner.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
> Serpentard du mois d'août et d'octobre & élève du mois d'octobre.
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La pièce était de nouveau plongée dans le silence. L’explosion de colère à laquelle s’attendait Elisabeth pour la seconde fois depuis son entrée dans le bureau ovale ne vint pas, au contraire le directeur gardait un calme implacable. Toutes ses anticipations sur le comportement de Monsieur Stoyanov avaient échoué et Elisabeth allait connaître un échec consécutif lorsque sa baguette glissa de ses mains pour se poser sur le bureau en l’espace d’une seconde.

« Merrci pourr votrre coopérration mademoiselle Connorr. »

Elisabeth se laissa écraser sur sa chaise en signe de reddition. Que pouvait-elle bien faire ? Il s’agissait tout de même du directeur de Poudlard alors résister plus longtemps lui semblait inutile. Tout ce qu’elle souhaitait dorénavant était savoir ce qu’il avait décidé concernant son sort et celui de ses deux camarades. Elle espérait que ce n’était pas le renvoi, malgré ses protestations, la jeune fille commençait réellement à apprécier l’école de sorcellerie et quitter celle-ci lui briserait littéralement le cœur.

« Stitie »

Un dôme transparent emprisonna les quatre personnes présentes et un liquide doré se répandit et s’étala tout autour de celui-ci. C’était quoi ce truc ? Et pourquoi le directeur les avait plongé dans celui-ci ? Elisabeth observa le directeur tout en se demandant ce que celui-ci mijoter ? M. Stoyanov empoigna la baguette de Victoria et lança un sortilège de ratatinage. Le sort atteignit un objet en forme de saladier et celui-ci se brisa en mille morceaux. Elisabeth était incapable de bouger, les débris se répandirent à travers la pièce et certains d’entre eux rebondirent sur leur champ de protection. Le quatuor aurait probablement pu être blessé par ce petit sortilège de ratatinage. A quoi tout cela rimait-il ?

« Bona papilla improbus est ! »,

Le sortilège avait frappé le phénix du directeur qui dégringola de son perchoir. Le pauvre oiseau semblait s’étouffer par quelque chose et allait mourir à cause de cette simple incantation ? Elisabeth était incapable de réagir, abasourdie par l’effet gravissime du sort et compatissant devant le pauvre phénix. Heureusement, l’oiseau finit par se relever, indemne apparemment mais fusillant du regard le directeur de Poudlard.

« Gonflus ! »

La jeune fille attendit mi inquiète, mi impatiente de voir quels dégâts le sortilège allait causer. Une éternité de secondes plus tard, une araignée se mit à gonfler, gonfler et prenait des dimensions affolantes. Elisabeth émit un petit cri d’horreur devant cet insecte qui devenait de plus en plus gros et qui semblait pouvoir la tuer ou faire quelque chose de plus atroce en moins d’une seconde. Mais le pire était à venir car l’araignée obèse se mit à exploser répandant du sang tout autour du dôme protecteur et arrachant un nouveau cri d’effroi à la petite première année.
Le directeur fit disparaître le dôme protecteur et s’installa derechef sur sa chaise avant d’ajouter ses mots à leurs attentions.


« Il suffit d'un rrien pourr qu'une blague virre au désastrre. Un moment d'inattention, une distrraction imprrévue, un déplacement non-anticipé, une mauvaise maîtrrise... et s'en est fini de rrirre. »

Elisabeth devait avouer qu’elle n’avait jamais pensé que des conséquences si désastreuses pouvaient émaner de sortilèges aussi simples. Elle n’avait pas pensé à mal, mais elle n’avait pas réellement pensé aux effets disproportionnés que pouvaient avoir de ses actes. Elle baissa la tête, honteuse de son attitude et attendit la suite du discours du directeur.

« Rreprrenez vos baguettes et prromettez-moi de rréfléchirr à deux fois avant de pointer cette arrme, et non ce jouet, surr quelqu'un, même pourr lui fairre une blague. Le château s'assurrerra de la bonne foi de votrre engagement. Prromettez maintenant et soyez tous les soirrs aprrès le dîner devant la cabane du garrde-chasse. Je vous charrge de l'accompagner durrant deux semaines dans ses incurrsions nocturrnes au coeur de la Forrêt Interrdite. Au moins, là-bas, vous aurrez une bonne rraison d'utiliser votrre baguette magique sur des êtrres vivants. »

Elisabeth promit et prit sa baguette, mi honteuse et mi soulagée de la sanction édictée par le directeur. Elle se dirigea vers la porte sans se retourner et se promit également à elle-même de ne plus pointer sa baguette sans réfléchir.