12 mai 2023, 16:42
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Mercredi 15 avril 2048
A 7h45
Avec @Élisabeth Willis


Un mercredi pourrait être un jour où je pourrais ne rien faire de la journée. Rester dans mon lit jusqu’à ce que les elfes de ménage arrivent et nous sortent du lit. Rester dans mon lit jusqu’à ce qu’un des mecs du dortoir me lance un énième oreiller sur la tête. Mais je n’ai eu besoin de rien de tout cela. Tôt le matin, affalé dans un fauteuil de la salle commune, Portree en tête, la baguette de ma mère, la scène entière qui ne s’efface toujours pas, je me réveille avant l’heure. Voir des valises me surprend. Voir les plus grands de la maison, une valise à la main alors que l’on rentre de vacances me surprend. Je fronce les sourcils parce qu’Aelle fait partie du lot, et que son chapeau vissé sur la tête m’indique qu’elle ne va pas rester dans ce château.

Je les laisse partir sans rien dire, fonce jusqu’à mon dortoir pour ajouter des chaussures à mes pieds gelés par le sol et suis l’attroupement jusqu’à ce que je ne puisse plus. Le coup de poing que je reçois en comprenant est pathétique. Il est pathétique car je ne suis pas légitime à le recevoir, mais je le reçois tout de même. C’est en écoutant les petits fourmillements de voix que je comprends que c’est aujourd’hui que certains s’en vont pour l’étranger, qu’Aelle s’en va pour Uagadou. Je voudrais hurler, arrêter le temps, lancer un sort pour que ce fichu train ne démarre jamais, mais rien ne s’arrête, aucun sort n’est lancé, et le train crache sa fumée habituelle. J’en viens à penser, appuyé contre la pierre de la porte d’entrée, que je pourrais m’y faufiler, trouver un coin et attendre dans le local à nourriture. L’idée est bien saugrenue, je le sais, mais il m’est impossible d’imaginer que ma journée vide de cours va être remplie du départ d’Aelle.

Les élèves disparaissent au loin, et il me reste à peine quinze minutes pour retourner à mon dortoir et me changer. Il me reste quinze minutes et pourtant, c’est vers la forêt que je compte me rendre. Les poings serrés, comme à mon habitude, sans que je m’en rende compte, je me retourne et cogne quelqu’un. Pas le temps pour les excuses, pas le temps de regarder qui est la victime, pas le temps de jouer au gentil Poufsouffle. C’est un soupire et un grognement que j’envoie à la personne derrière moi. Peu importe qui tu es, je n’en ai rien à faire.

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Bon… Ce RP douloureux est arrivé.
@Aelle Bristyle pour la mention
Dernière modification par Lukas Sharp le 14 juin 2023, 18:31, modifié 1 fois.

Fiche PR - 4e année RP

14 mai 2023, 19:44
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
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Aucun cours à l'horizon aujourd'hui et pourtant, encore dans mon lit, l'idée de rester à ne rien faire tourne comme une mauvaise mélodie dans ma tête.
Ne rien faire c'est aussi laisser du temps, de l'espace à mes pensées, et je n'en ai plus envie.

Solide en apparence, je suis comme un bateau qui prend l'eau. Préservé du naufrage par des mains dérisoires posées sur le trou béant de ma coque presque immergée.
Je cherche le plein, le trop, tout ce qui pourrait remplir ce creux douloureux qui prends possession de moi petit à petit.
Je veux être occupée tout le temps pour éviter de parler de ça.

Il est tôt mais je me lève et cherche en me préparant rapidement, une façon de combler ce mercredi trop libre.
Un petit déj' ? Des révisions ? Un passage en salle de répétition ? Rien ne m'attire vraiment.

Face au miroir de la salle de bain, mes yeux se pose sur des détails qui n'ont pas le moindre intérêt pour moi habituellement : mes cheveux en bataille, de légers cernes, dégâts collatéraux de mes nuits tracassées, et un sourire absent, libre ici de ne pas se montrer pour de faux.
Seule face à mon reflet, je m'autorise à n'être que l'envers de mon décor, une version de moi moins solaire, moins édulcoré que celle que j'offre aux autres ces temps-ci.
Mon regard finit sa course face à lui-même, iris contre iris dans mon ciel noisette, quoiqu'aujourd'hui un peu plus sombre.

Je lâche un soupir face à ce "moi" que je ne reconnais plus vraiment, tentant un sourire forcé comme pour me convaincre que tout ne va pas si mal. Mes mains, machinalement cherche les mèches de mes cheveux, les séparant, entrecroisant trois brins de chaque côté pour former deux tresses.

Un doigt passe sur chaque planète composant mon collier, un sourire inattendu et nostalgique se glisse enfin au coin de mes lèvres. Le souvenir d'une nuit dans la tour, une nuit ou je savais déjà, mais ou plus rien n'avait eu d'importance. Une nuit amnésique...

Des bruits en bas, signe de vie dans le terrier, me ramènent douloureusement ici et maintenant. Mais j'ai besoin de cette présence, d'entendre du monde pour penser à autre chose, j'ai besoin des autres tout en ne voulant voir personne. Seul le calme extérieur, la douceur du matin et le plat de l'eau pourrais sans doute apaiser cette tempête intérieure.

La fraîcheur matinale du parc me fera du bien, mais je ne veux pas devoir rentrer parceque j'ai froid, pas cette fois ! J'enfile rapidement ma cape par-dessus mon sweat bleu, pouvoir contrôler le temps que j'y resterais parait essentiel à cet instant. Contrôler le temps ou mes maux vont frapper l'eau du lac.

Simplement garder le contrôle sur quelques chose, puisque rien n'est juste...

Le pas rapide, ne croisant aucun regard volontairement, je parcours le chemin sans m'arrêter rejoignant le grand hall, espérant sortir enfin.
Une légère agitation, quelques élèves présents, et la réalité du jour me frappent soudain.

Certains camarades partent aujourd'hui vers d'autres écoles, les correspondants devenant les hôtes et inversement. J'avais complètement oublié ce détail, qui n'en est pas vraiment un pour le reste de l'école, mais la vie des autres me passe un peu par-dessus en ce moment.

En pensant au groupe de nomade déjà en route sûrement, je les envies presque de s'échapper d'ici, de voir autre choses, d'être excité et impatient pour les semaines à venir.

J'avance encore plus vite vers la sortie, des idées noires me suivent déjà, prêtes à faire couler sur mes joues mon injustice muette.
J'avance encore plus vite, n'anticipant pas le choc imminent.
Déterminé, un élève me percute de plein fouet, comme si je n'étais qu'un léger obstacle sur sa route, invisible, ne nécessitant même pas la moindre considération.

Il continu d'avancer, visiblement énervé d'avoir été retardé.
Sérieusement !? Pas un mot d'excuse ? Même pas un regard pour vérifier du dégât qu'il aurait pu causer, me causer !
- Espèce de...
Il n'en faut pas plus pour attiser ma colère qui ne cherchait qu'un prétexte pour surgir tel un épouvantard. Je me retourne immédiatement, légèrement chancelante, et mes yeux se posent enfin sur lui, sans vouloir y croire.

-mais... Lukas ! Étonnée mais agacée qu'il ne m'offre que son dos en réponse, je ne lui laisse pas l'occasion de me distancer. Ma voix, spontanément hurle des mots qui ne sont pas si innocents, comme s'ils étaient prêts à sortir depuis quelques jours déjà.

- LUKAS ! ÇA VAS PAS SÉRIEUX ! J'SUIS INVISIBLE OU QUOI ?!

@Lukas Sharp Douloureux RP en effet... :cry: mais necessaire.

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

14 mai 2023, 20:41
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Les paroles reçues dans mon dos ne seraient sûrement pas arrivées jusqu’à moi si je n’avais pas entendu mon nom. J’entends l’air agacé, je reconnais la voix et me retourne en fronçant les sourcils, inconsciemment. Je prends une grande inspiration pour tenter de prendre sur moi, de ne pas lui infliger ce que je ressens maintenant, car après tout, elle n’en sait rien. J’ai déjà fait l’erreur une fois, je ne la referai pas deux fois. Alors que je m’apprête à lâcher une excuse par automatisme, voilà que son regard se noircit comme je ne l’ai jamais vu avant. Elle répète mon prénom, cette fois en hurlant et mes yeux s’arrondissent sous le choc. J’ai à peine le temps d’entrouvrir la bouche, de respirer pour parler, qu’elle enchaine avec une question qui n’a aucun sens. Je fronce encore les sourcils car je ne comprends pas ce ton si inhabituel. Je me retourne, vérifie que c’est bien à moi qu’elle s’adresse, mais étonnamment, oui.

- Hein ? Bah… Non, j’ai juste pas fait gaffe, lâché-je d’un ton beaucoup plus calme que le sien. Je hausse les épaules. Tout ne tourne pas autour de toi, Éli.

Je me retourne pour reprendre mon chemin. Je n’ai pas besoin de m’ajouter une discussion à laquelle je n’ai pas envie de me confronter. Depuis que je l’ai entendue partager un secret dont je n’ai pas été le confident, je ne sais plus comment agir auprès d’elle. Ainsi, m’éloigner me semble être la meilleure option à ce moment-là.

Fiche PR - 4e année RP

14 mai 2023, 22:03
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
A cet instant, je ne fais même pas attention à son expression de surprise quand il entend mes paroles, je les ai lancé avec bien trop de colère pour une simple bousculade, et c'était volontaire, je voulais qu'il réagisse, qu'il me voit.
Les mâchoires serrées, mon regard sur lui ne décolère pas. Toute la rancœur de ces dernières semaines s'invite entre nous, et je n'arrive plus à me raisonner. Il va prendre pour mes angoisses, pour mes insomnies, pour les non-dits que je lui cache, pour toutes ces journées ou il ne voyait rien...ou il aurait dû voir.

Mon corps est tendu, presque douloureux, penché légèrement en avant, en position de défense contre les autres, contre lui. Il ne comprend pas ce que je lui reproche. Mes paupières ne sont plus que des fentes laissant entrevoir mon regard révolté et déçu à la fois.

Je le fusille et il ne comprend pas, comme si mes paroles ne s'adressaient pas à lui.
Comment peut-il ne pas comprendre ?

J'ai juste pas fait gaffe...

Juste pas fait gaffe...
Que je n'étais jamais bien, que j'essayais de te comprendre moi, de calmer tes craintes, de te faire rire alors que je pleurais dès que tu avais le dos tourné ?
Juste pas fait gaff que tu t'éloignais au moment ou j'avais le plus besoin de toi ? Que j'étais là et que tu ne l'étais plus ?


Je me paralyse moi-même, le rendant coupable de mon mensonge, je le sais. Il ne pouvait pas comprendre, il ne le peut toujours pas mais je lui en veux quand même.

Je fronce les sourcils rendant mon visage encore plus fermé. Le bruit du hall me parait si loin, les élèves autours doivent sûrement nous observer déconcerté, mais je ne ressens plus rien, et je me fou des autres. Seul son regard désintéressé et innocent pèse sur moi.

Et alors ces mots frappent.
Ils me percutent, simples, efficaces, dévastateur.
Il ne voit rien, mais aujourd'hui il touche juste et prononce ce qui pouvait me faire le plus mal.

Une vague de tristesse, d'incompréhension, de rage... d'un mélange de choses que je n'arrive même plus à définir me traverse, je ne sais pas ce qui me retient encore debout.

Il a raison.
Il a raison mais le voir s'éloigner après ça me révolte.
Encore une fois je me sens tellement bête d'avoir eu confiance...
Il a raison, tout ne tourne pas autour de moi, et ce qu'il y avait entre nous n'est peut-être pas ce que je pensais finalement.


- Rien n'a jamais tourné autour de moi de toute façon !
Je lui envoie ça sans crier cette fois, juste assez fort pour être sûr qu'il m'entende,
Juste assez fort pour que mes mots s'abattent aussi sur moi comme une vérité.

@Lukas Sharp OUTCH ça fait mal ! :lookup:

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

28 mai 2023, 08:18
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
De là où je suis, je sais qu’il me reste environ trois cents pas à faire pour rejoindre un lieu où personne ne viendra m’adresser la parole. Trois cents pas, et je m’arrête sur le cinquième lorsqu’Éli me rétorque que rien n’a jamais tourné autour d’elle. Je m’arrête et ne me retourne pas pour autant. Je fixe le mur devant moi, tente en quelques secondes de m’empêcher de serrer les poings, de ne pas ressentir un quelconque agacement, en vain. Le mur froid qui me reçoit fait écho à son égocentrisme, ses mots d’enfant et son ton agaçant. Je me frotte les yeux avec mes deux mains, prêt à réfléchir à ce que son reproche attise en moi. Elle ose dire une telle chose alors qu’elle n’a jamais voulu partager ce secret, que quand je lui partageais le mien, ce jour au bord du lac, elle n’a rien partagé en retour. Elle ose me reprocher quelque chose qu’elle n’a donc jamais cherché à changer. Ni même avec moi.

« Oh, Madame va se mettre à pleurer ?, lâché-je en me retournant, jouant à l’enfant à mon tour. Je crois me souvenir que quand tu n’as pas assez d’attention, tu sais en trouver ! Et c’est clairement pas auprès de moi, alors j’vois pas pourquoi tu le fais maintenant. »

Mes mots sortent plus vite que ce que ma tête m’autorise à débiter. Mais à l’instant, je ne regrette rien. Mon regard s’assombrit, je ne vois plus Éli, mais seulement une élève. Une élève qui ne me comptait déjà plus assez important pour partager quoi que ce soit. Sa voix, la scène, son ton, sa confession me reviennent en tête, alors que nous n’en avons toujours pas discuté, et voilà que le destin a choisi son moment pour le faire. Elle ne comprendra rien à mon reproche, ou peut-être le devinera-t-elle, mais m’expliquer m’est impossible.

Je ne sais pas ce qui me blesse le plus dans tout cela. Que ce soit à moi qu’elle n’ait rien dit, ou le fait que ce soit à Aelle qu’elle l’ait dit. Qu’après tous ces mois passés ensemble, qu’après une invitation chez moi, qu’elle n’ait rien dit, ou que je n’aie rien vu.

Fiche PR - 4e année RP

2 juin 2023, 01:49
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Mes mots frappent son dos sans réponse. L'impact n'était pas aussi puissant que je l'aurais voulu et pourtant il y a quelques mois, il aurait compris en entendant ça que le problème était bien plus grand. Sans un mots, ma détresse lui aurait sauté aux yeux, il n'aurait pas pu croire que ces paroles lui étaient vraiment destinées. Qu'est-ce qu'il avait aujourd'hui ?

Ou était passé le Lukas en chapeau vintage qui cherchait à me comprendre malgré ma mauvaise humeur, le garçon qui me faisait rire alors que je voulais pleurer ? Mon meilleur ami qui osait tout me confier et avec qui je me sentais juste moi-même ? Depuis combien de temps, cette complicité s'était-elle perdu dans un silence oppressant sans même que l'on s'en rendre compte ?

En une seconde, la tension contrôlée jusque-là me submerge, je ferme les yeux pour ne pas le voir partir, mais sous mes paupières, des petits carrés en mouvement trouble ma vision opaque. Je réouvre, forcé par la nausée qui s'invite elle aussi, faible diversion momentanée pour ma colère. Il me faut un soutien, un mur, une rambarde, n'importe quel pilier qui pourrait me rendre la stabilité que je suis en train de perdre. Je ne veux pas que cette faiblesse inéluctable me domine, pas maintenant, pas devant lui.

Allez là, par merlin Lukas avance et laisse moi !
NON ! non, ne pars pas, retourne toi, prend moi dans tes bras et dis moi que tout va bien, que tu restes pour que j'ai moins peur !
Tout mon être espère qu'il comprenne ça sans que je lui dise, mais à l'instant ou son corps se retourne et me fait face, stoïque et glacial, je vois dans son regard qu'il est déjà bien trop loin de moi.

Ses mots brûlent sans intention d'être de mon côté cette fois. Il n'y a jamais eu autant de noirceur dans ses yeux. Je maintiens ma tête droite mais elle tourbillonne plus que de raison, je sens mes jambes s'engourdir, se liquéfier sous le choc de ce revirement d'émotions trop soudain. Mon front se plisse d'incompréhension, mes larmes ne sont pas loin et il le sait, retenir les gouttes salées est encore plus douloureux que de les abandonner sur mes joues, mais je ne lui donnerais pas le plaisir d'avoir raison ce matin.

- quoi ? mais...de quoi tu parles ? Les tambours battant s'installent douloureusement dans ma tête et le décor devient de moins en moins net, grimaçant une seconde j'essaye de me ressaisir. Ca veux dire quoi ça ? J'ai pas cherché de l'attention, ni avec toi ni avec personne ok ? Arrête de m'inventer des vies là, et tu peux parler, toi ! T'avais promis que tu n'me mentirais pas...t'avais sûrement pas fait gaff non plus le jour ou tu m'as dit ça ! Parcque j'vois bien que tu m'cache un truc. En fait t'es exactement comme les autres... Les mâchoires crispées, une main se pose en reflex sur mon front pour contrer un assaut plus intense de douleur.

@Lukas Sharp

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

11 juin 2023, 10:18
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Évidemment, comme je le pressentais, elle ne comprend pas ma remarque. Comment pourrait-elle après tout, puisqu’elle ne sait pas que je l’ai entendue, que j’étais là quand je n’aurais pas dû l’être. J’aimerais l’interrompre, hurler, répéter les mots qu’elle a utilisés, la citer à la virgule près, avec le ton qu’elle a envoyé à Aelle, mais rien ne sort. Les mots s’entrechoquent dans ma tête, mais c’est le mot maladie qui revient le plus. L’empathie peine à venir depuis que je l’ai entendu. Il n’y a que de la colère qui ne s’apaise pas depuis deux jours.

L’entendre réfuter ce que je dis me fait serrer les poings. Ce personne sonne faux. Bien sûr qu’elle en a cherché. Bien sûr qu’elle ment, alors qu’elle me reproche de le faire dans la seconde suivante. Ses mots s’enchaînent, ils sont crachés avec un ton que je ne connaissais pas d’elle. Même en début d’année, ses remarques étaient froides, mais n’avaient jamais cette sonorité là. Peut-être parce qu’aujourd’hui, elles comptent davantage. Peut-être parce qu’aujourd’hui, elles brisent quelque chose que je croyais être plus fort.

Je fronce les sourcils lorsqu’elle m’accuse de lui cacher quelque chose. Cette fois, c’est moi qui ne comprends pas. Mais de quoi elle parle ? Je quitte son regard un instant pour chercher la réponse sur le sol en marbre. Je fouille et me demande ce que j’ai bien pu lui cacher. Je ne cache aucune maladie comme elle. Je n’ai pas le temps de chercher plus loin lorsqu’elle m’assène un dernier coup. Un coup auquel je ne m’attend pas et qui me fait l’effet d’une chute monumentale.

T’es exactement comme les autres.

L’écho de la pièce, l’écho dans ma tête, cette phrase résonne et se répète à l’infini. Le coup dans l’estomac me fait tomber à la renverse dans ma tête, alors que mon corps reste là, stoïque.

Cette phrase qu’elle aurait pu envoyer à Narcisse me met sur le même rang que lui et cela me blesse. Le fait qu’elle accentue le tout avec un exactement qui ne laisse place à aucune sortie de secours m’anéantît. Une phrase que mon père pourrait m’envoyer.

— Même si je suis énervé contre toi, je t’aurais jamais dit un truc pareil. Ma voix est basse. Je n’ai rien à répliquer. Plus aucun coup à envoyer. Même ma baguette n’aurait été pas aussi puissante. Je plonge mes yeux verts dans les siens, sans réellement savoir ce que j’y cherche : que la colère n’y soit plus ? Qu’ils soient plissés, prêts à rire et non plus froncés comme ils le sont maintenant ?

Je me retourne, et bloque mon esprit pour ne plus rien écouter, je prends la première direction sans savoir où je vais.

___
A moins qu’Eli fasse quelque chose, fin pour moi.

Fiche PR - 4e année RP

11 juin 2023, 16:28
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Je ne m'attends à rien, mais je vois dans ses yeux qu'il ne comprend pas, et ça me révolte ! Je me sens tellement bête d'avoir cru qu'ici tout serait diffèrent, que je comptais assez à ses yeux pour qu'il s'intéresse à mes problèmes. Je m'en veux d'avoir vu en lui plus qu'un garçon stupide et insensible, d'avoir pensé que nous deux c'était autre chose, que l'on se comprenaient mieux que tous les autres. Mais je suis toujours la même pauvre fille que devant Quentin, celle qui tombe encore et encore dans les pièges qu'on place juste sous ses pieds !

Je n'ai pas encore fini de parler que son regard me fuit déjà. Ma gorge s'assèche au fil des mots, et je n'ai bientôt plus aucun venin à sortir. Las de méchancetés gratuites, vidée de le voir m'observer comme je craignais tant qu'il le fasse depuis des semaines. J'observe mon reflet dans ses yeux, et ce que j'y vois me fait de la peine. Me connaît il si peu ? Tout dans son attitude change en un instant, et ce revirement est bien pire que tout.

Le hall vacille et mes jambes me supportent de moins en moins, le rythme des battements douloureux s'amplifie entre mes tempes, et les paroles de Lukas font caisse de résonance malgré le ton presque imperceptible de ces derniers mots. La musique déchirante grandit dans ma tête, mais elle joue seule notre duo, et il ne pose sur la partition que son silence.
J'aurais préféré qu'il hurle, qu'il me trouve les pire insultes, qu'il s'énerve contre moi comme il ne l'a jamais fait, mais il s'enfuis sans rien ajouter de plus. J'aurais tellement préféré sa colère à cette indifférence.

Est-ce le froid de ses iris juste avant son départ ou l'intensité de ses mots qui me submerge autant ? Je me déteste d'être mal pour lui, mais je le déteste encore plus de ne pas avoir essayé de comprendre, d'avoir abandonné trop vite. Je le déteste autant que j'ai pu l'aimer.

J'ai mal, j'ai mal et pour une fois ça n'a rien à voir avec cette maladie qui gâche tout. Je ne vois plus que le mur de pierre, triste témoin d'un échange aux allures de combat. Je ne vois que les contours du hall moins précis à chaque seconde, je ne ressent que le frisson généré par son absence. Mes mains viennent recouvrir mon visage et j'éclate en sanglots.

Comme il avait un jour transformé dans cette cour, mes larmes en sourire, renforçant la barrière fragile de ma confiance, il venait dans ce hall en un instant d'en faire exploser les derniers fragments. "Il est des sentiments qui justifie qu'on vole en éclats", je venais juste d'exploser.

- Lukas... Je...Je... Mes mots peinent à sortir puis s'évaporent inutiles, ma vision se brouille et une chaleur m'envahi entièrement. La moindre petite force me quitte en un instant, dépossédée de ce corps qui ne me répond plus, je me résigne à lâcher prise. Mes genoux cèdent. Les marches de pierre en contre-plongée, le bruit au loin des élèves et le tonnerre qui finit par retentir dans ma tête, sont les dernières choses que je perçois avant de heurter le sol, inconsciente.


@Lukas Sharp@Narcisse Brando

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

12 juin 2023, 15:08
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Claquant des doigts et sifflotant joyeusement, le front brillant de sueur, Narcisse n'aurait pas dit non à des petits écouteurs pour de la musiques. Certes, il n'en écoutait jamais lors de ses entraînements avec sa mère, car selon elle, la musique empêchait de se concentrer sur le rythme de son corps, et il fallait donc d'abord apprendre à faire sans. La musique était un confort, une béquille. Mais aujourd'hui, en cette joyeuse belle journée, la tête emplie de musiques, Narcisse aurait adoré faire son jogging avec. Car s'il savait siffler, cela ne pouvait pas remplacer le répertoire d'un téléphone et encore moins les accords d'une symphonie.

Tournoyant sur lui-même, au comble du bonheur, son regard fut soudainement attiré par une silhouette qui n'était pas dans une position normale ! Son cœur s'emballa à nouveau, et ses jambes propulsèrent le corps du garçon avant même qu'il n'ait pu en donner consciemment l'ordre. En un éclair, il se retrouva aux côtés d'Élisabeth, qu'il reconnut sur le champ.

- Éli !!

Glissant sa main sous sa tête, il claqua gentiment sa joue de l'autre, le visage paniqué, observant les alentours. Qu'est-ce qui s'était passé ?? Il serra les dents, essayant du mieux qu'il put de la ramener à elle, hésitant à la gifler plus fort, une pensée malicieuse lui susurrant que ce ne serait que justice, mais il préféra la secouer par les épaules.

- Éli ! Yo ! Allez debout !

Qu'elle réagisse ou pas, il utilisa toute sa force pour tirer sur ses bras et pousser sur ses jambes. Elle était bien trop lourde pour que le petit garçon de 12 ans ne puisse totalement la soulever, mais il pouvait utiliser habilement sa force pour la porter un peu. Il la laissait pousser sur ses propres jambes, la traînant plus que la soulevant, direction, l'infirmerie ! Il tourna à nouveau son visage vers elle.

- Allez ! Yo ! Tu fais quoi là ! Allez Éli, dis-moi un truc !!

Il donnait tout ce qu'il avait pour se diriger vers l'infirmerie, hors de question de laisser son amie dans cet état ! Mais qu'est-ce qui c'était passé bon sang ?!

12 juin 2023, 22:24
 Terminé  Un départ en entraine un autre  Élisabeth Willis 
Ma tête me fait atrocement mal et mon front se crispe d'un coup sous la douleur. Spontanément, ma main vient frotter mon crâne et j'entrouvre les yeux difficilement.

- Aiiie ! J'observe dans une grimace le couloir qui défile, sous mes pas mollement soutenus. Un bras m'enserre, me portant à moitié et j'entends cette voix qui me paraît angoissée. " YO" ?! J'ouvre grand les yeux pour vérifier que mon ouïe ne m'a pas fait défaut. Narcisse ? qu'est-ce qu... ? Je tourne la tête de droite à gauche pour constater que je ne suis plus dans le décor de mes derniers souvenirs, mais un autre assaut déchirant m'empêche de réfléchir.

-Arggg, attend, ça va aller, c'est bon... J'essaye de me défaire de ses mains mais je me rends vite compte de mon instabilité. Son aide n'est pas une option et je lâche prise. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Je ferme les yeux et tout me revient péniblement : le malaise, le hall, la dispute, ...Lukas ! .

Un mélange de sentiments me frappe d'un coup, je suis tellement en colère que je refuse de croire que tout ça est bien réel. Une envie de vomir me plie en deux, une main d'instinct se plaque sur ma bouche en prévention. Je sens encore le soutien de Narcisse, mais tout est trop fort pour que je me cache de lui cette fois, penchée en avant, le corps pris de soubresauts, seules mes larmes sortent.

@Narcisse Brando

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