A.C. Apéritif dinatoire en bonne société

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Dans la soirée du 11 Avril 2048
Godric's Hollow - Place Armand Malfoy
Résidence Campbell
Avec @Antonn Clifford

La demeure des Campbell était semblable aux autres résidences du quartier Armand Malfoy : imposante et d'un blanc immaculé. L'entrée était encadrée par deux colonnes qui servaient de support à un balcon purement décoratif, occupé par des buissons taillés en des spirales ouvragées et élégantes. L'immeuble, réaménagé en un appartement de plusieurs étages, était déjà imposant de l'extérieur, mais sitôt le palier de la porte franchie, on pouvait se rendre compte de l'ampleur du sortilège d'extension indétectable qui avait été lancé à la maisonnée. Le hall d'entrée donnait sur un escalier à deux hélices qui montait aux étages et qui encadrait un grand couloir, menant à la salle de réception. Cette dernière était spacieuse et d'ordinaire lumineuse, grâce à une gigantesque verrière arrondie, rappelant les belvédère antiques avec ses colonnes marbrées, qui donnait sur le jardin à la française. Des divans et divers sièges rembourrés entouraient des tables de salons, créant des petits espaces appelant à la discussion. De l'autre côté de la salle, une table de réception pouvait accueillir de nombreux convives pour un repas.

Ce soir-là, la nuit avait chassée la lumière naturelle, et la chaleur des rayons du soleil avait laissé la place à des bougies enchantées qui flottaient dans les coins de la pièce. Les sièges de la table de réceptions avaient été déplacés le long des murs, et un espace en forme de cercle avait été aménagé au centre de la salle, pour créer un espace invitant à la danse de salon. La table de réception était remplie de divers plats débordants d'amuse-gueules et de petits fours. Mme de Turenne s'était assurée de faire venir les meilleurs vins directement de France : Bordeaux, Cerdons, Champagne, de toutes les couleurs, textures et goûts. Au fond de la pièce, devant la verrière, un orchestre de musique de chambre commençait à s'installer et à échauffer leurs instruments.

Lorsque Lavinia entra, un peu hésitante, dans la salle, ses parents semblaient au milieu d'une dispute, si on en croyait l'aire pincé de sa mère et le visage franchement agacé de son père. Ce dernier tourna la tête quand elle entra, et sembla conclure la discussion, avant de se saisir du dernier numéro de la gazette des sorciers.

- Nous en reparlerons plus tard, Cornelia.

Mme de Turenne fit un geste d'exaspération contrôlée à l'adresse de son mari, avant de se retourner vers Lavinia et de se diriger vers elle, d'un air énervée. La jeune fille dût lutter contre l'envie reflèxe de faire un pas en arrière. Elle n'aimait pas quand sa mère était en colère. Cornelia s'arrêta à quelques centimètres d'elle, la prit par le menton, et inspecta chaque angle de son visage pour juger de son maquillage. Elle contrôla ensuite sa coiffure, les cheveux lisses et libres à l'exception de deux nattes qu'elle avait nouées entre elles à l'arrière de sa tête. Alors que Lavinia se laissa faire, en baissant les yeux, attendant que l'examen de sa mère se termine, cette dernière s'en agaça.

- Qu'est-ce que ce regard fuyant, Lavinia ? Ce n'est pas comme ça que je t'ai appris à te tenir, dit-elle sèchement.

Lavinia ne réponds pas, mais se tendit, redressa ses épaules et se força à regarder fermement sa mère, pendant qu'elle continuait de l'inspecter. Sa mère recula d'un pas pour regarder la robe à rubans bleu ciel que la petite portait, et fit le tour de Lavinia pour noter l'ensemble.

- Bon. Je vois que tu as au moins fait un effort de présentation... Mara !

Lavinia retient un soupire de soulagement, alors que l'elfe de maison s'empressa d'arriver, légèrement tremblante. Elle portait encore son tablier de cuisine. Elle devait être en train de terminer les préparatifs du dîner.

- Vérifie la propreté des cheminées pour ceux qui décideraient de venir par la poudre, ainsi que celle du local à balai. Je n'accepterais aucun oubli et aucune maladresse pendant cette soirée, est-ce claire ?


Alors que l'elfe acquiesçait et disparut en transplanant, Mme de Turenne se tourna de nouveau vers sa fille. Elle lui lança un regard d'avertissement.

- Il en va de même pour toi, Lavinia, comme d'habitude.

- Oui, mère, répondit la petite en redressant la tête avec assurance.

Elle sera à la hauteur. Comme d'habitude.

***


L'invitation avait indiqué que la soirée commencerait "à partir de 19 heures". Dans le milieu de la haute société, imposer un horaire précis d'arrivé était plutôt mal vu et chacun décidait quand est-ce qu'il souhaitait se montrer au salon. Si bien que les invités arrivèrent au fur et à mesure, accueillis soit par Scipion s'il s'agissait de collègues du Conseil des Sorciers, soit de Mme de Turenne s'il s'agissait de ses contacts et autres "amis" de prestige. Habituellement, les dîners de Mr Campbell et les salons de sa femme ne se tenaient pas au même moment, ni avec les mêmes personnes. Cette soirée était une nouveauté, et accueillait bien plus de personnes que d'habitude. Et pour une fois, Lavinia était également conviée à participer.

Enfin, "participer". Elle avait davantage l'impression de faire de la figuration, suivant sa mère quand elle souhaitait la présenter à ses invités, et guettant chacun de ses signes discrets pour savoir à quel moment elle devait intervenir dans la conversation, garder le silence, ou se faire oublier et les laisser seul. Lavinia était devenue une experte en lecture d'ambiance, malgré son jeune âge, et sa mère avait de moins en moins l'occasion de lui lancer les regardsnoires et froids dont elle avait l'habitude.

Malgré tout, Lavinia adorait les salons de sa mère. Les banquets qui donnaient l'impression de déborder de victuailles appétissantes, aux réserves infinis, les ravissantes parures et tenues de bal que chacun portait à ces occasions, la musique des orchestres et l'agitation des tissus qui dansaient et se frôlaient avec élégance sur la piste de bal. Elle aurait simplement aimé ne pas avoir cette désagréable impression d'étouffer, parfois, quand sa mère ou son père lui présentait un énième visage à retenir, et devant lequel elle se devait d'être parfaite. Et ce soir-là, ils étaient nombreux...

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@Lavinia W. Campbell

J'en ai marre. J'ignore ce que je fais ici, je n'ai qu'une envie : rentrer dormir à la maison. Il n'est pourtant pas tard, sans doute sommes-nous aux alentours de 19 heures, mais je suis déjà terriblement ennuyé et cela me fatigue. Je ne vois aucun intérêt à ce genre d'évènement mondain. Je crois que plus jeune, je les ai apprécié. Peut-être parce que c'était les uniques moments où j'avais l'impression que Mère était fière de moi, elle me présentait à tout le monde en vantant mes qualités et en disant que je ferais plus tard de grandes choses. Puis, est venu le jour où j'ai compris que je n'étais qu'un objet dont elle se servait pour illustrer sa propre réussite, quitte à mentir. La désillusion a été brutale, puisque le temps d'une soirée j'arrivais à trouver chez elle les quelques marques d'affection me manquant le reste des jours. Comprendre que tout cela n'était qu'un spectacle, une mise en scène pour donner l'image de la parfaite famille aimante, ça m'a fait mal.

Enfin, je m'y suis fait. J'essaie maintenant de tenir le rôle qu'elle m'a confié à la perfection durant toutes ces soirées : je la suis et souris aux gens à qui elle me dit de le faire. J'ai une présentation apprise par coeur. J'ai été réparti à Serpentard, mon sang est pur, je suis titulaire de l'équipe de Quidditch de ma maison et j'aimerais plus tard poursuivre une carrière aussi brillante que celle de ma mère en rejoignant le conseil, quant aux études pourquoi pas l'ISDM. La dernière partie est fausse, inventée de toute pièce. Je ne veux pas rejoindre le Conseil, je veux jouer au Quidditch. Mais ma mère dit que ce n'est pas un métier, et encore moins un qui soit fait pour un Clifford. Je me suis donc résigné, je ferais selon ses voeux.

Alors que nous discutons avec quelques amis de la famille présents ce soir croisés à l'entrée, je remarque que le regard de ma mère change un peu. Elle se tourne vers moi et me murmure froidement de la suivre. Je m'exécute donc, bien que restant un peu en retrait. Elle va saluer une femme, que je devine toute suite être l'hôte du salon même je ne crois pas l'avoir déjà vue. Elle applique sur son visage un grand sourire, que je ne lui vois jamais en dehors de ce genre d'occasion. Celle qui est en face d'elle doit sans doute avoir quelque chose que ma mère convoite, pour qu'elle se donne la peine d'être aimable. Argent, pouvoir ou noblesse, telle est la question. Nous les possédons déjà, mais Kristy Clifford est une femme avide qui en veut toujours plus.

- Madame de Turenne ! Vous êtes ravissante ce soir.

Elle marque une pause, quelque chose a sans doute dû retenir son attention. Elle enchaîne de plus belle, toujours avec le même sourire que je devine hypocrite.

- Mais qui est donc cette charmante jeune fille qui vous accompagne ? Je ne crois pas l'avoir déjà vue.

Je remarque alors que je ne suis pas le seul à suivre ma mère. Près de notre interlocutrice se trouve une fille que je suis persuadé d'avoir déjà vu quelque part. Sans doute à Poudlard, peut-être l'ai-je déjà croisée en salle commune ? Pour l'instant, je n'applique aucune réaction. Tant que je n'ai pas été invité à parler, je me tais. Je me contente de me tenir droit à côté de Mère. Mes yeux se posent cependant sur celle que je devine être une camarade d'école. Est-ce qu'elle est heureuse d'être là, elle ?

N'hésite pas à me dire si quelque chose ne te va pas ! J'ai hâte de te lire !

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
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@Antonn Clifford


La soirée battait son plein, et pour le moment, aucun faux pas. La plupart des visages était familier à Lavinia. Ils avaient déjà été présentés, et ne faisaient donc plus vraiment attention à elle. Passé le frisson qui la parcourait toujours, transportée par cette ambiance de faste et d'élégance, la jeune fille commençait déjà un peu à se lasser d'accompagner sa mère en silence. Elle aimait tellement davantage quand cette dernière la présentait à ses connaissances, la mettait en avant comme une poupée dont elle était fière...

Alors que Lavinia commençait à laisser son attention divaguer vers l'orchestre, elle sentit sa mère lui saisir discrètement la robe d'un petit mouvement sec. Par réflexe, la jeune fille se redressa et tenta de réfléchir à ce que cela voulait dire, alors qu'une invitée interpella poliment sa mère.

- Madame de Turenne ! Vous êtes ravissante ce soir.

L'intéressée se retourna complétement pour faire face à son interlocutrice, avec grâce et un sourire charmeur sur les lèvres. Lavinia en fit autant, comprenant que sa mère comptait bien profiter de cette discussion bien plus longtemps qu'un simple échange de politesse. Et que pour une raison qu'elle ignorait encore, elle devait faire partie de cette discussion aussi.

- Madame Clifford. Je vous remercie. C'est un plaisir de vous compter parmi nous ce soir.


Cornelia inclina légèrement la tête alors qu'elle la saluait, ce qui surprit Lavinia. L'enfant déglutit, soudain tendue. Il était rare que Madame de Turenne s'attache à montrer une certaine déférence aux personnes qu'elle rencontrait. Plus que du respect, c'était davantage un signe qu'elle reconnaissait son interlocutrice comme son égal. Et pour cela, il n'y avait qu'une raison possible : il s'agissait d'une sang-pure.

Cornelia posa sa main dans le dos de sa fille, alors que l'attention de Madame Clifford se porta sur la jeune fille.

- Mais qui est donc cette charmante jeune fille qui vous accompagne ? Je ne crois pas l'avoir déjà vue.

Lavinia sourit, véritablement flattée par le compliment de circonstance, et fit une petite révérence en relevant la tête pendant que sa mère la présentait.

- Je vous présente ma fille, Lavinia Wilhelmina. Elle est entrée cette année à Serpentard, et elle fait ses premiers pas dans la bonne société. J'imagine que votre fils et elle se connaissent déjà...

Madame Clifford ressemblait à Madame de Turenne d'une manière incroyable. Même stature, même attitude, les mêmes cheveux longs, bien que plus ondoyant et généreux pour Madame Clifford, et les mêmes yeux bleus aux reflets froids, qui contredisaient le sourire chaleureux qui s'affichaient sur chacun de leurs visages. A ses côté, un garçon plus âgé que Lavinia reconnut aussitôt.

Si le nom de Clifford avait trouvé écho dans les souvenirs de la jeune fille, elle ne l'avait pas tout de suite associé à Antonn. Elle connaissait le quatrième année de vue, son caractère ne le rendant pas vraiment discret, et elle savait qu'il était batteur des Crochets d'argents, mais c'était la première fois qu'ils étaient amenés à échanger. Se tenant droit aux côtés de sa mère, la différence physique était assez surprenante. Il devait davantage tenir de son père... Tout aussi surprenant, le visage calme et sérieux qu'il arborait ce soir-là, sans son sourire provocateur qui charmait tant les vipères.

D'un discret hochement de tête de la direction de sa fille, Madame de Turenne lui fit signe de s'inviter poliment dans la discussion.

- Je suis enchantée de faire votre connaissance, Madame Clifford. J'ai effectivement eu l'occasion de croiser votre fils dans la salle commune, mais je n'ai pas eu le loisir d'échanger davantage avec lui. Je sais que c'est un excellent élève qui soutient notre maison aussi bien par son exemple que par ses talents sportifs.

Lavinia sentit sa mère tiquer très légèrement à cette dernière affirmation. Elle n'accordait pas vraiment d'importance à la démonstration de force brute, auquel elle associait les sports de Poudlard. Sans laisser sa maladresse transparaitre sur son visage, la blondinette adressa un grand sourire à Antonn, le regardant droit dans les yeux, curieuse de découvrir comment il jouait son rôle lors d'une rencontre mondaine...

Me voilà, merci de ta patience :D

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@Lavinia W. Campbell

Je ne suis pas sûr de vraiment comprendre ce qu'il est en train de se passer, mais je sens que cet échange à des enjeux certains. J'en suis persuadé, cette Madame de Turenne n'est pas n'importe qui. J'ai intérêt à bien jouer mon rôle si je ne souhaite pas avoir à subir la colère de ma mère. Je me tiens le plus droit possible et affiche un sourire de convenance, restant légèrement en retrait par rapport à cette dernière. Mes yeux se posent sur Lavinia. Elle m'a l'air dans son élément. Si elle ne l'est pas, il faut dire qu'elle joue son rôle à merveille. Ceci dit, cela ne m'étonnerait pas. Une bonne moitié d'entre nous sommes ici ce qu'on nous a demandé d'être, rien de plus ou de moins. Ce monde n'a rien de naturel ou spontané. Derrière les petits fours et les sourires hypocrites se cache une véritable prison dorée. Je ne laisse aucunement transparaître la pression qui m'envahit à l'idée de faire un faux pas. Je continue à sourire.

Je songe un instant que je dois être fort ridicule pour la petite blonde, à côté de ma mère. Je n'ai plus rien à voir avec le Antonn qu'elle est susceptible d'avoir croisé dans les couloirs. Rien à voir non plus avec celui qu'elle pourrait avoir vu sur le terrain de Quidditch. Ici je ne suis plus rien, rien que l'ombre de Kristy Clifford. Je ne suis plus que le fils de l'une des Secrétaire d'Etat, héritier de son sang. Il n'y a plus de place pour Antonn et tout ce qu'il apprécie. A Poudlard, j'aime que les regards soient posés sur moi, j'aime que l'on m'admire. J'apprécie être le centre de l'attention pour mes exploits sportifs ou intellectuels. Lorsque je n'y suis plus, j'aimerais simplement qu'on m'oublie quelques secondes. Ce que je n'ai bien sûr pas le droit d'afficher. Je dois continuer à être visible, mais d'une façon différente. Tout est bien plus compliqué. Je me retiens de soupirer. Ma mère reprend la parole affirmant à Lavinia qu'elle aussi est enchantée de faire sa connaissance, puis elle se tourne vers moi, et je comprends que me voilà jeté dans la fosse aux Lions. Débrouille-toi Antonn, mais fais bonne impression. Je m'avance à ses côtés, de façon à m'affirmer dans la conversation. J'hésite à adresser un sourire charmeur à Madame de Turenne, je ne sais pas qu'elle genre de femme elle est. De peur qu'elle ne trouve cela trop familier, je m'abstiens et garde un sourire tout ce qu'il y a de plus classique sur mon visage. J'utilise un ton assuré mais poli, et me présente à mon tour.

- En effet Madame, j'avais déjà eu l'immense plaisir de croiser votre fille, je suis maintenant enchanté d'avoir l'occasion de faire votre connaissance.

J'illustre mes paroles en la saluant une nouvelle fois de la tête, des fois qu'elle ne m'ait pas vu le faire lorsque je suis arrivé avec ma mère. Je me tourne ensuite légèrement vers ma camarade, mon regard passant d'elle à sa version adulte de manière régulière.

- Je te remercie Lavinia. Il est vrai que j'apporte une grande importance au sport, mais ce n'est que pour trouver un équilibre dans mes études. Vous savez ce qu'on dit, "Mens sana in corpore sano", l'esprit ne peut être sain que si le corps l'est aussi.

Mon sourire s'élargit un peu, cherchant à inspirer la sympathie chez mes interlocutrices. Je sais que le Quidditch n'est pas toujours très bien vu dans certaines sphères de la haute société. Je ne voudrais pas mettre mes parents dans une position délicate pour ce qu'ils considèrent comme un caprice, même si en réalité mon père approuve ce caprice. Je vois que ma mère souhaite reprendre le flambeau, elle désire visiblement pas que je ne parle de trop.

- Et nous le laissons faire, puisque cela semble visiblement bien marcher. Ses notes et son comportement sont exemplaires. Je pense qu'il ne tardera pas à être nommé préfet.

Elle affiche un sourire fier, mais je sais qu'il n'en est rien. En réalité, elle est très contrariée que cette nomination ne soit pas encore intervenue. Elle surveillait plus que moi les hiboux venant de Poudlard l'été dernier, à la recherche de celui qui amènerait mon insigne. Lorsqu'elle a compris que ce n'était pas pour tout de suite, elle s'est énervée et m'a ordonné de travailler bien plus dur l'an prochain. Ce que j'ai fait. Je n'ai plus énormément de temps libre entre le Quidditch et les cours. Ni mon corps ni mon esprit ne sont plus très sains. Mais ça, personne ne le sait. Je vois le regard de ma mère passer sur moi puis sur Lavinia d'une drôle de façon, je jurerais presque avoir vu un éclair... calculateur ? dans ses yeux. Je ne sais pas ce qu'elle manigance, mais ça ne présage rien de bon. Elle laisse échapper un petit soupir contrit.

- Enfin, je suis heureuse de savoir qu'il n'est pas entouré que de jeunes gens de mauvaises familles. Même Serpentard, autrefois réputée pour la pureté du sang des élèves y étant répartis, est aujourd'hui une maison infestée par la vermine. Un véritable fléau.

Elle secoue ensuite la tête avec désapprobation, et suivant son exemple j'affiche une mine agacée pour soutenir ses propos. Je cherche le regard de Lavinia, curieux de savoir ce qu'elle pense de tout ça.

Pardon pour le retard !

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La performance d'Antonn n'était pas si mauvaise, et Lavinia l'observa s'inviter dans la discussion avec aisance et assurance. On voyait bien qu'il était son aîné, à Poudlard, mais aussi dans les jeux de cours. Son masque mondain était remarquable. Sa réponse était bien dosée, et il fit même sourire Mme de Turenne, légèrement amusée de le voir réciter une citation latine de circonstance. Pendant la faible durée de son intervention, cette dernière l'avait regardé d'une manière douce et encourageante, comme elle n'avait jamais regardé Lavinia. Mais cette dernière n'était pas dupe : cette gentillesse et cette douceur n'étaient qu'apparences et artifices. La petite Campbell s'était présentée, Antonn avait fait de même, mais s'ils étaient le cœur de la discussion, ils n'en étaient clairement pas les maîtres. D'ailleurs, madame Clifford reprit rapidement la main sur celle-ci.

- Enfin, je suis heureuse de savoir qu'il n'est pas entouré que de jeunes gens de mauvaises familles. Même Serpentard, autrefois réputée pour la pureté du sang des élèves y étant répartis, est aujourd'hui une maison infestée par la vermine. Un véritable fléau.

En réponse, Mme de Turenne soupira de dépit et hocha la tête d'un air tout aussi contrite que son interlocutrice.

- Oui, Lavinia m'en a parlé. Il est vraiment regrettable que ni en France ni en Angleterre, nous n'ayons le loisir de placer nos enfants dans un environnement d'études sain et exigeant.

Lavinia capta le regard d'Antonn, qui la fixait en silence. La petite Campbell laissa un petit sourire ironique se dessiner sur ses lèvres, alors que leurs mères discutaient. Elle ne savait pas ce que pensait Antonn de tous les sangs-moldus qui pullulaient à Poudlard. Était-il comme la majorité des élèves, comme Yesenia Cooper, un lèche-bouse qui l'aurait rabaissée sitôt qu'elle aurait laissé entendre son point de vue ? Ou un fier représentant de son rang et de son sang ? Dans tous les cas, ils n'étaient pas à Poudlard : au milieu cette grande salle, où chaque invité avait été soigneusement sélectionné, ce n'était pas le point de vue de Lavinia qui était minoritaire. Ce n'était pas à elle de taire ses véritables opinions, par crainte de se faire critiquer. Et cette seule pensée la soulagea.

- Cependant continua Mme de Turenne en reposant sa coupe de champagne, j'ai confiance en le fait que l'esprit de Salazar perdure dans sa maison. Il suffit de voir dans quelle maison les membres de la Chambre actuelle ont été réparti, pour s'assurer que nos enfants sont promis à un bel avenir. Et que Serpentard a encore la fierté et l'ambition qui fait toute sa prestance. Il faut juste séparer le bon grain de l'ivraie*, comme nous disons dans la langue de Flamel. Et j'enseigne à Lavinia à bien faire la différence.

Lavinia ne lâcha pas le regard d'Antonn, cherchant à voir à travers son masque ce qu'il pensait de tout cela, et s'il partageait les pensées de sa mère. Mais tout en le faisant, elle se sentait un peu mal à l'aise. Non pas que les paroles de sa mère la gênaient, bien au contraire. Elle finit enfin par mettre le doigt sur l'origine de ce malaise. Jamais elle ne se serait permis d'observer Antonn avec autant d'assurance, à chercher à le mettre à jour, s'ils étaient entre les murs de Poudlard. Elle n'en avait pas besoin, et elle s'en fichait. Et surtout, elle n'aurait jamais osé. De ce qu'elle avait pu en voir de loin, Antonn était plein d'assurance, franc et solaire, tout le contraire de Lavinia. Le masque qu'il portait aujourd'hui n'en laissait transparaître qu'une pâle copie.

D'ordinaire, elle les connaissait, ces masques de papiers mâchés qui se voulaient nobles et dignes en épurant tous émotions incontrôlées. Elle en avait vu, des enfants de son âge qui les portaient pendant ces réceptions, et elle n'y faisait pas exception. Elle aimait bien le sien, d'ailleurs, plus confortable à porter que ses propres émotions, offertes aux jugements d'autres personnes. Mais c'était la première fois qu'elle avait vu le vrai visage de son interlocuteur, avant qu'il ne porte ce masque de convenance. Et pour la première fois, elle le trouvait incroyablement triste. Antonn lui avait alors semblé plus accessible, mais aussi, étonnement, plus fragile qu'à Poudlard.

Lavinia détourna le regard, fuyant ce léger malaise qu'elle avait elle-même provoqué en se montrant insistante, et remarqua que les musiciens venaient d'enchaîner sur une nouvelle mélodie. Au centre de la pièce, certains invités commençaient à s'inviter à danser. La petite se mit à les observer, tout en gardant une oreille distraite sur la conversation des deux femmes qui continuaient. De toute manière, elle doutait qu'elles ne laissent leurs enfants intervenir de nouveau. Elle espérait juste que sa mère pense à la congédier avant qu'elle ne commence à se dandiner d'un pied sur l'autre, pour chasser les douleurs causées par ses belles ballerines vernies et par la position d'attente debout peu confortable quand elle se prolongeait.

*en français.

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@Lavinia W. Campbell

Je suis extrêmement mal à l'aise, et ce sentiment ne fait que s'accentuer en me rendant compte que Lavinia semble me fixer avec insistance. Néanmoins, je ne laisse rien transparaître. Lorsqu'elle me sourit ironiquement, je lui rend ce même sourire. J'affiche que mes opinions sont similaires à celles de ma mère. Je serais bien fou de prétendre le contraire en telle compagnie de toute façon. Je crois que la jeune première année n'a pas très bonne réputation au sein de sa promotion. Elle semble y être le parfait reflet des idéaux de sa génitrice. Je ne peux pas lui jeter la pierre, j'ai créé une ligue anti-moldus à Poudlard lorsque j'avais son âge. J'ai vite compris que l'endroit n'était pas adapté, et qu'il valait mieux faire profil bas et afficher une certaine neutralité dans cette école. J'ai également appris à nuancer mes convictions. Mais ici, ce soir, il n'est pas question de neutralité. Bien malheureux serait celui qui affirmerait que les moldus ne sont pas de simples insectes bons à écraser.

Ma mère semble aux anges. Madame de Turenne est pour elle l'interlocutrice idéale. De mon côté, je me sens outil de cette conversation. Elle s'appuie sur moi, mais ne me demande pas de réellement y prendre part. Par conséquent, j'aimerais qu'elle se termine au plus vite. Cependant, une part de moi est satisfait d'être là et d'entendre ce qu'il se dit. Je suis persuadé que Kristy Clifford manigance quelque chose, même si j'ignore encore quoi. Je suis donc rassuré d'avoir connaissance pour l'instant de sa conversation avec la mère de ma camarade. Elle lui répond avec un sourire.

- En effet. J'espère que l'éducation que nous leur avons fourni suffira à ce que d'eux-mêmes ils évitent de se mêler à ceux qui pourraient attirer la honte sur eux, et par la même occasion sur nous. Comme vous l'avez souligné, il reste à Poudlard des enfants de noble lignée, nul doute que les nôtres sauront bien s'entourer. Je déplore néanmoins que les professeurs prônent et encouragent une mixité qui n'a pas lieu d'être. Mais qu'y pouvons nous ?

Par ces quelques mots, je me sens prisonnier malgré moi. Si je ne dois me lier qu'à des gens dont le sang est pur, cela restreint le champ des possibles. Serais-je vraiment une source de honte, si je m'éloignais rien qu'un peu de l'éducation reçue ? L'idée de décevoir ma famille me rend malheureux, celle de ne vivre qu'à moitié encore plus. Là est le lourd héritage d'une famille comme la mienne, notre vie ne nous appartient pas réellement : elle appartient à la lignée. Je suis celui qui transmettra le nom des Clifford, je n'ai donc pas le droit de m'écarter du chemin qui m'a été tracé à la naissance. J'ai fini par l'accepter. Du moins, je m'en persuade.

Distrait, je n'entends d'abord pas les premières notes de la musique qui se lance. Je finis pourtant par remarquer le mouvement autour de moi, et croisant le regard de ma mère, je comprends ce qu'elle attend de moi. Elle souhaite de toute évidence m'éloigner un peu, quelques instants. Je tends la main vers Lavinia, comme une invitation. Je me pare de mon plus beau sourire, me retenant néanmoins de lui donner un air trop charmeur, ne voulant pas paraître indécent.

- Désires-tu danser, Lavinia ?

Je suis bon danseur. J'ai toujours aimé ça, la danse. Bien sûr, ce n'est pas dans ce genre d'évènement que je m'amuse le plus, mais ça me permet en général de me détendre un peu. En dansant, je n'ai pas à réfléchir. La majorité des pas sont déjà définis, en fonction de ce qui est joué. J'ai donc bien moins de chances de faire une erreur, quelque chose qui déplairait. Je me sens en général plutôt bien. J'ignore ce qu'il en est pour la blonde. J'attends patiemment sa réponse, sans me défaire de mon sourire.
648 mots.
Milles excuses pour le retard.

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Les violons, flûtes et autres tambourin guidaient les pas des invités dans l'espace mis à leur disposition. Lavinia ne faisait plus vraiment attention à la conversation, gardant une oreille prudente tout de même sur les intonations des deux dames, au cas où. Un peu plus loin, elle vit son père jeter un rapide coup d’œil dans leur direction, avant de se tourner vers une autre invitée, la saluer et l'inviter à danser.

- Désires-tu danser, Lavinia ?

Lavinia retient un petit soubresaut avant de retourner toute son attention sur la conversation. Heureusement, ses réflexes étaient vifs et elle avait réagi dès la première syllabe formulée, ainsi ni Madame de Turenne ni Madame Clifford n'auraient pu la prendre pour une jeune fille impolie. Tâchant de garder son masque d'albâtre, elle cacha sa surprise. La proposition venait d'Antonn lui-même, où était-ce un morceau de la partition répétée avec sa mère ? Glissant son regard du jeune homme aux deux femmes qui les accompagnaient, Lavinia perçut comme une attente de leur part, mais pas de traces d'agacement. Même sa mère cligna doucement des yeux pour lui donner son assentiment.

Ils passaient donc à la suite de cette soirée... Et si cela passait par des pas de danse, ce n'était pas pour déplaire à la petite blonde. Elle offrit à Antonn son plus beau sourire, avant de poser sa main sur celle que le garçon lui tendait.

- Avec grand plaisir. Mesdames, si vous voulez bien nous excuser...

Bien sûr qu'elles les excuseraient, ce n'était qu'une expression polie pour se retirer. Madame de Turenne acquiesça, avant de retourner à sa discussion avec son homologue. Il semblait à Lavinia entrevoir une pointe de satisfaction dans ces yeux bleus délavés, ce qui la rassura.

La petite Campbell se retient du mieux qu'elle pût pour ne pas tirer Antonn vers la piste de danse qui devenait, maintenant que sa mère la libérait, sa nouvelle priorité. Cependant, cela aurait été impoli, et Lavinia s'attacha à rester au même niveau que le garçon. La musique qui résonnait dans la pièce était à présent une mélodie qu'elle aimait beaucoup. Des notes guillerettes, mais élégantes, comme le chant d'oiseau au lever du soleil.

Lavinia se tourna pour faire face à Antonn et fit une révérence de circonstance, avant de se mettre en position, une main sur son épaule, et l'autre dans sa main. Elle attrapa rapidement les notes et les associa au rythme qu'elle devait suivre. Elle identifia le motif, et laissa ses pieds suivre la cadence comme on le lui avait inculqué. Un deux trois, un deux trois, ses bottines raisonnait sur le carrelage lustré, en parfaite synchronisation avec la musique. C'était ce qui lui plaisait dans les danses de salons : le rythme était net, les pas identiques, elle appliquait à la lettre et de manière automatique les leçons apprises dès son premier âge. Pendant qu'elle dansait, elle mettait son esprit en pause, concentré sur les comptes presque militaires de ses pas de danses. Elle aimait aussi voir sa robe se gonfler et voleter comme des vagues à chacun de ses mouvements et les mèches de ses cheveux lui caresser le dos.

En soit, elle aimait la sensation d'être dans sa bulle et seule quand elle dansait... Alors même qu'elle avait un partenaire. Antonn était un très bon danseur, qui semblait lui aussi appliquer chacun des pas à la lettre. Heureusement pour lui, car en cas d'oublie ou d'erreur, Lavinia ne l'aurait pas aidé à se rattrapper, emportée qu'elle était dans son mouvement répétitif et hypnotique, et aurait sacrifier les pieds du garçon pour sauver le rythme à suivre.

La musique s'arrêta, et l'orchestre enchaîna, mais Lavinia ne relâcha pas Antonn pour autant. D'autres invités les avaient rejoint sur la piste de danse, pour un rythme un peu plus lent. La foule des costumes et des robes les cachaient de la vue de leur parent. La mélodie et les discussions ambiantes pouvaient également couvrir leurs voix. La petite Campbell soutient une nouvelle fois le regard d'Antonn et lui offrit un sourire. Inconsciemment, ce dernier était un peu plus sincère et détendu que ceux qu'elle avait porté devant leurs mères. Tout en suivant les pas et la mélodie, Lavinia entama la discussion.

- Alors, Antonn... La soirée te plaît ?

La question était à la frontière entre un véritable intérêt pour la réponse, et une ironie un peu défensive. D'ordinaire, elle l'aurait sans doute appeler "Clifford", pour appuyer un peu son ton amusé, mais le contexte la retenait. Ce n'était pas parce que leurs mères n'étaient plus là qu'elle devait se montrer impolie... Et bien qu'elle se sente pleine d'assurance face à lui ce soir, ce n'était pas une raison non plus de se montrer antipathique. Pour le moment, Antonn ne lui avait rien fait, après tout.

Reducio
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@Antonn Clifford, pas de soucis, n'hésite pas à me dire si tu veux que je reformule ou poursuive si cela ne t'inspire pas :)

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout