Tribunes Nord (14h)

Juste quand Diarmuid dit ses derniers mots, Charlotte sentit un poids sur ses épaules et un cri Poufsouffle bien connu vint à ses oreilles.

- Deryn ! YOuhouuu ! T'es juste trop forte ! Tu dérange pas on a terminé je pense !

Juste après cette intervention, elle salua l'infirmier qu'elle appréciait de plus en plus.

- Au revoir m'sieur ! C'était chouette de regarder la course avec vous !

Puis, elle se retourna vers son amie en oubliant totalement la présence de son frère.

- Peut-être.... Que si tu m'accompagne un soir d'hiver avant manger je voudrais bien voler un peu avec toi... Mais je suis une catastrophe ambulante faut pas avoir peur !

Ayant une illumination, elle allait partager son idée avec son amie quand on la coupa dans son élan. Noah avait compris qu'il ne pourrait pas en placer une et préférant le calme à la surexcitation de sa soeur, il décida de prendre la fuite.

- Salut Cha ! On se voit demain !

Charlotte le salua de la main avec un "au revoir bisous", bien calé puis elle put enfin partager son idée à Deryn.

- Est-ce que tu crois qu'on pourra ensorceler tes vêtements pour qu'ils brillent à la prochaine course ? Tu deviendrais une Deryn de lumière !

Son frère parti, Charlotte suivit son amie toute guillerette en sautillant. Tant pis pour la course perdue si Deryn s'était sentie comme Sowyn ! En voilà une belle soirée de passée !

@Diarmuid O'Belt merci pour ce RP c'était vraiment très sympa à écrire !
@Deryn O'Connors <3

Poufsouffle Vult !! / "Que des coeurs" MPL
6e année RP (50-51)/ Cheers dans les Hel's Angels - Préfète inRP du 01.49 au 04.11.50/ #804000
"Seul on va plus vite mais, ensemble, on va plus loin. " #PouffyFamily

Tribunes Nord (14h)
:chocogrenouille:

Ernest détestait avoir peur. Il en venait à nourrir une colère sourde au fond de son cœur, envers le monde entier, mais surtout envers lui-même. Et la colère alimentait la peur. Une spirale pernicieuse qui le poussait dans ses retranchements. Focaliser toute son attention sur la magie et se perdre dans la pratique, c’était sa manière à lui de relâcher la pression. Ou au moins de ne pas y penser.

“Ma mère a toujours dit que la peur, c’était l’instinct de survie… Mais moi j’ai pas envie juste de survivre…”

Du point de vue d’Ernest, tout était contrôlable. Contrôler la magie, contrôler ses émotions. Et finalement contrôler ses peurs. Voilà à quoi il aspirait. Et c’était peut-être pour cette raison qu’il s’entraînait autant. Un jour, il aurait accumulé assez de pouvoir pour ne plus être vulnérable. Il serait assez fort pour se protéger et protéger les autres. Il n’aurait plus besoin d’avoir peur. Parce que plus rien ne pourrait l’affecter.

“Mais en travaillant dur, on peut faire mieux que la moyenne… Je veux être meilleur… pas meilleur que quelqu’un d’autre… juste meilleur…”

L’adolescent n’avait pas encore eu connaissance de ses notes d’examen. Il savait que ce n’était pas parfait mais il avait tout de même donné tout ce qu’il avait. Et il espérait s’en être bien sorti sans avoir toutefois de certitude.

Ernest acquiesça à la question de la rouquine. Chaque semaine, au moment même où il se levait, il savait que la journée finirait péniblement. C’était une certitude ancrée dans son esprit. Il n’y avait pas de bon ou de mauvais jour. En vol, c’était toujours un mauvais jour. Pourtant, il n’essayait jamais de se soustraire à l’exercice. Ce n’était pas juste une appréhension, c’était de la résignation.

“C’est ce que je fais en cours… chaque fois j’essaye de faire un peu plus… mais c’est laborieux… Et chez moi, bin… c’est pas si simple de voler dans Londres… et puis de toute façon, j’ai pas de balai…”

En début d’année, le petit brun avait même pris l’initiative d’essayer de s’entraîner entre les heures de cours. Tentatives qui ne s’étaient pas toutes soldées par des échecs mais ça n’avait pas rendu les cours plus aisés. Les autres avançaient bien trop vite. Et puis s’il n’était pas obligé de se prendre deux gamelles dans la même semaine, il aimait mieux. Ces visites à l’infirmerie avaient été déjà assez nombreuses. Et puis il n’y avait que 24h dans une journée, il ne pouvait pas tout faire. Il avait fallu prioriser. Les sortilèges l’avaient largement emporté.

Ne voulait pas s’étendre sur la question, Ernest était prêt à changer de sujet. C’était sans compter sur un nouveau coup de sifflet qui annonçait le départ d’une prochaine course. D’un bond, l’adolescent se redressa et se précipita contre la rambarde. Blair allait s’élancer contre une élève de Gryffondor.

“VAS-Y BLAIR ! MONTRE LEUR CE QUE TU AS DANS LE VENTRE !”

C’était sorti d’une traite. Comme un nourrisson qui criait pour la première fois.Il y avait quelque chose d’étrange dans le fait qu’Ernest perde toute pudeur quand il s’agissait de Blair. Il oubliait également qu’il y avait un monde autour de lui et qu’il y a quelques secondes seulement, il était encore en train de parler avec Eileen. Malgré ses encouragements, il sentait tout de même un boule se former au creux de son estomac à l’idée que son amie prenne autant de vitesse; ses mains se crispèrent sur la balustrade et il retint sa respiration. Quand la brunette dépassa la ligne d’arrivée, il poussa une exclamation sans retenue. Comme un noyé qui reprenait son souffle.

@Eileen O'Brien @Blair Bell
Dernière modification par Ernest Stevens le 23 sept. 2023, 18:38, modifié 1 fois.

4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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Tribunes Nord (14h)
Eileen se rendit compte qu'Ernest se mettait trop de pression, seul. Il voulait aller au bout des choses, réussir coûte que coûte, sauf que parfois, à ne trop en faire, à trop vouloir en faire, on n'y arrivait plus, on ne parvenait plus à atteindre des résultats, on régressait parfois même. C'est pour cette raison qu'Eileen avait l'habitude de ne pas travailler tout le temps, de prendre des temps de détente, de décompression. Ainsi, lorsqu'elle reprenait son apprentissage, elle était alerte et en capacité d'avancer...

Elle se demandait si Ernest était d'une posture d'écoute suffisante pour qu'elle lui communique ce savoir. Elle avait déjà tenté de le faire dans la bibliothèque, mais il restait fermé à tout ce qui l'empêcherait de s'améliorer.

Cette compétition contre sa mère qui avait une expérience bien plus importante que lui, cette compétition contre les autres et contre lui-même... Il tirait sur la corde et semblait y trouver son équilibre.
Pour l'instant, la corde ne penchait pas en un déséquilibre même s'il semblait souffrir de cet état de fait. Il avait probablement besoin de comprendre par lui-même. Parfois, lorsqu'un proche nous dit quelque chose, on ne l'écoute pas ; quand c'est un inconnu, on le croit ou quand on en fait l'expérience, on le comprend.
Un jour ou l'autre, Ernest aurait le recul. Le moment n'était pas encore venu.

Eileen sortit une des citations de son père :
- "Pour monter une montagne, on le fait par étapes. On n'atteint pas le pic d'une traite. On s'arrête au bivouac, on se repose, on reprend des forces avant de repartir reposé."

Le Serpentard en comprendrait ce qu'il voudrait. De toute façon, le temps n'était plus à la discussion mais à l'action car soudain, Blair s'élançait avec Alyssa. Eileen adorait cette dernière. Elles avaient passé un excellent moment en une période de chaleur intense, ca avait créé des liens !
Elle ne connaissait pas plus que cela Blair et donc son cœur penchait forcément pour la Gryffondor dans cette course. Elle ne voulait cependant pas en rajouter, avisant la forte réaction de son camarade à côté d'elle. Aussi, sans un mot, elle observa la course se jouer, posant ses mains sur la rambarde en douceur et espérant que tout se passerait bien pour les deux protagonistes. Blair avant bien démarré la course, et c'est ce qui lui avait permis de gagner. Bien joué ! Comme quoi quelques secondes pouvaient tout changer.

L'Aiglonne se tourna vers son voisin et se rendit compte qu'il respirait de nouveau, comme s'il avait été en apnée tout au long de la course. Elle comprenait qu'il s'inflige cela pour ses amis mais le traumatisme était profond et Eileen se demanda un court instant s'il n'y avait pas quelque chose de profondément enfoui, bien plus loin qu'une peur de voler, de la hauteur et de la vitesse.

Cette idée passa dans son cerveau à la vitesse d'un brossdur. Elle ne pouvait pas se permettre de laisser Ernest dans cet état. Sa volonté de protéger reprit le dessus. Elle demanda inquiète :
- "Ca va ? Tu veux t'asseoir ?"

Elle avait vaguement vu que le duel suivant serait entre un Gryffondor et Erin. Elle espérait que celle-ci l'emporterait. Mais ce n'était pas le moment de s'y intéresser. Un ami avait besoin d'elle.

@Ernest Stevens

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Tribunes Nord (14h)
:chocogrenouille:

Ernest était un peu obtus dans son cheminement de pensée. C’est qu’il le digérait depuis de nombreuses années. Depuis le jour où le danger était devenu quelque chose de concret, de tangible et non plus un concept dont on parlait comme quelque chose d’un peu abstrait ou de relativement basique. Le feu ça brûle. Le couteau ça coupe. La magie ça blesse. Ça tue, parfois.

Le petit brun avait à peine dix ans quand les rues de Londres s'étaient embrasées. Il avait été confronté à quelque chose qui le dépassait totalement. Un monde incompréhensible. Le chaos. Et personne pour en parler, pour lui expliquer. Les bouches s’étaient scellées. Ces incompréhensions l’avaient petit à petit pétrie de peurs, de doutes et d’hésitations qui entravaient ses actions et l’empêchait d’entendre le moindre raisonnement, aussi bienveillant soit-il.

“Ou alors on vole directement jusqu’au sommet…”

Une remarque qui n’avait été qu’un souffle.

Blair finissait sa course au grand soulagement du gamin. Et mieux encore, elle l’avait remporté ce qui serait un coup de pouce pour la confiance de la jeune fille. Il n’avait pas remarqué qu’Eileen s’était levé pour le rejoindre à la rambarde. Surpris, il battit légèrement en retraite réalisant qu’il avait coupé court à la conversation sans crier gare et sans la moindre politesse. Ses joues rosirent légèrement. Son souffle était toujours court. C’était la course, évidemment.

“Pardon… je… c’est juste que je voulais pas la louper… elle a gagné…”

La Serdaigle semblait particulièrement concernée. Ernest secoua la tête pour signifier qu’il n’avait pas de problème.

“Ça va… je… j’m’étais dit qu’à force de les regarder… ça finirait par passer… que je finirais par m’habituer…”

L’adolescent baissa la tête en grimaçant, le regard perdu sur les pistes. Noah et Alaska n’allaient pas tarder à concourir. S’il voulait vraiment tester sa théorie, il faudrait peut-être qu’il regarde plus d’une course. Il reposa ses mains sur la balustrade, frôlant au passage celle de la demoiselle.

@Eileen O'Brien

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Tribunes Nord (14h)
La jeune fille avait entendu la phrase dite comme un chuchotement de son camarade. Elle ne releva pas. Trop tôt, bien trop tôt, pour essayer de le raisonner.

Puis, il s'était excusé. Une fois encore, Eileen s'en étonna. Il n'avait rien fait de mal. Elle remarqua qu'il avait tendance à s'excuser lorsqu'il s'emportait.
- "Tu n'as pas à t'excuser ! Après tout, tu es là pour supporter Blair, Noah et Alaska, non ?"

Soudain, le temps sembla s'arrêter. Eileen sentit ses joues la brûler au frôlement de la main d'Ernest puis à son positionnement si proche de la sienne sur la rambarde.
Elle avait tenté d'analyser les sensations qu'elle ressentait en cas de contact physique avec lui depuis leur échange dans la bibliothèque. Là encore, elle avait ressenti quelque chose, quelque chose de particulier sans pour autant qu'elle réussisse à mettre vraiment le doigt dessus.
Elle avait pris le temps lorsqu'elle s'était retrouvée toute seule plus tard de décortiquer la chose. Et il n'y avait bien qu'avec lui qu'elle ressentait quelque chose de ce style.
Elle avait fini par se demander si elle ressentait quelque chose de particulier pour le Serpentard mais elle ne le voyait dans son esprit que comme un ami...
Finalement, toutes ses questions étaient restées sans réponse. Et elle avait décidé que ca n'avait pas d'importance... Elle verrait plus tard... Elle aviserait...

Or, donc ca recommençait. Que devait-elle en déduire ? Est-ce qu'Ernest avait eu la même réaction ? Après tout dans la nuit, tous deux distinguaient mal le visage de l'autre.

Elle choisit de mettre cette information de côté et se concentra sur le moment présent.

Pour elle-même, elle se dit, à la réflexion d'Ernest :
- "Je ne sais pas si on peut vraiment s'habituer à une image qui fait peur..."
Elle repensait aux images de guerre qui souvent passaient aux journaux télévisées. Elle se sentait obligée de regarder ailleurs. Trop de violence, trop de douleurs pour elle dans ces quelques images. Elle était certaine qu'elle ne s'y habituerait jamais. Pouvait-on vraiment s'habituer à l'horrible ?

Certes, ce n'était pas comparable avec une phobie. Mais il était quand même question de sensibilité... Etait-ce vraiment si différent ?

Toutefois, c'était son choix et elle décida de le soutenir. Elle l'interrogea alors :
- "Est-ce que je peux t'aider à rendre ce moment moins pénible ?"

Pendant ce temps-là, en contrebas, Erin avait été remplacée. Deux Poufsouffle venaient de finir leur course et Lily, toujours aussi enjouée, faillit gagner la sienne. C'était à présent au tour de Noah et d'un Gryffondor de s'aligner sur la grille de départ !

Décidément, le temps s'était-il accéléré plutôt qu'arrêté pendant qu'Eileen analysait son ressenti au toucher d'Ernest ?

@Ernest Stevens

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Tribunes Nord (14h)
:chocogrenouille:

Ernest ne s’excusait pas tant pour son élan mais plutôt pour l’interruption du moment qu’il partageait avec la jeune fille. Il acquiesça à la question d’Eileen. C’était pour ça qu’il était venu ce soir. Pour supporter ses amis, pour profiter de ces derniers instants avant qu’ils ne finissent pas se séparer. Pour capturer les souvenirs au vol. Ce qui était peut-être un peu trop littéral pour lui. Pour tenter de faire la nique une dernière fois à cette peur qui avait décidé de prendre ses quartiers dans ses intestins, y faisant un petit nœud bien serré.

Et puis il y eut ce frôlement. Un tout petit geste de rien du tout. Anodin. C’est pas grand chose un frôlement. Les gens se poussent et se bousculent tous les jours. Il était étonnant de voir comment quelque chose d’aussi simple pouvait engendrer des réactions aussi compliquées. Comme si sa magie pétillait au creux de son ventre. C’est con un ventre qui pétille, ça n’avait aucun sens. Il n’avait même pas faim.

Le petit brun jeta un regard en coin à la jeune fille pour constater que le malaise semblait partagé. Il pâlit légèrement, sentant ses jambes prêtes à se dérober sous lui. Ce n’était plus des jambes, c’était des nouilles. Il se racla la gorge et pris soin de ne pas croiser le regard de la Serdaigle. Il avait l’impression que son visage était un écran géant d’émotions. Que ses joues clignotaient comme des néons, passant du rouge écarlate au blanc pâle en un éclair. Ou aussi vite qu’un Éclair de feu traverserait le champ.

Ernest tentait de garder un air impassible, mais à l’intérieur, c’était comme une tempête qui faisait rage. Il jonglait avec les pensées contradictoires et avec des émotions qu’il ne comprenait pas. Comme si toutes ses émotions avaient décidé d’organiser une fête dans son cerveau sans envoyer d’invitation. Il avait du mal à dissocier les deux scènes qui se jouaient dans le théâtre de cette soirée. D’un côté, les courses et la peur. Et de l’autre, Eileen et …

L’adolescent posa son coude sur la rambarde et y appuya son menton. Il ne bougea néanmoins pas cette main téméraire. Parce que malgré le tumulte, un frôlement c’était aussi un doux murmure dans une pièce silencieuse. Un geste discret. Un secret timide partagé entre eux deux.

“Tu es déjà là…”

Juste un souffle de mots. Ernest adressa un sourire timoré à Eileen avant de reporter son regard sur le terrain de course. Noah était passé et il semblait qu’il n’avait rien loupé, son copain avait perdu. Alaska se préparait à son tour et si l’adolescent regardait dans cette direction, il ne la voyait pas vraiment. Et les secondes s'égrainaient silencieusement.

@Eileen O'Brien

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Tribunes Nord (14h)
Eileen sentit son cœur bondir dans sa poitrine lorsqu'il lui répondit. Une phrase simple, une phrase courte et pourtant si significative. Elle l'aidait et en cet instant, c'était tout ce qui lui importait... Le monde autour d'elle s'était effacé et se concentrait sur leur échange.
Sans chercher à contrôler ce qu'elle allait dire, elle souffla un :
- "Toujours !"
Peut-être un peu mélodramatique, se rendit-elle compte lorsque le mot s'était échappé, mais peu lui importait. C'était sa vérité du moment. Elle voulait être pour lui dans les moments qui comptaient.

Elle oublia la course qui se déroulait devant ses yeux, son esprit était ailleurs. Et pourtant, dans une autre situation, elle aurait soutenu Alaska de tout son cœur.

Elle se sentit tous les courages avec ces quelques mots qu'il avait prononcé et osa renforcer le toucher physique. Elle prit la main d'Ernest dans la sienne, en douceur, calmement avec toute la confiance qu'elle sentait monter en elle en même que toute une myriade d'émotions qu'elle n'avait jamais ressenti jusque là. Elle s'en étonna. Comment des papillons pouvaient-ils s'installer au sein de son ventre ?

Ses joues devaient être encore plus rouges que précédemment, mais elle n'en avait cure. A cet instant, ce qui importait, ce n'était pas ce qu'elle ressentait mais comment lui se sentait. Elle voulait prendre ses souffrances et les effacer d'un trait. Elle voulait par ce contact lui insuffler de la force, lui prendre la peur et la remplacer par un sentiment positif.

Elle lui lança avec toute la force de sa conviction, la fierté qu'elle avait de le voir aussi déterminé :
- "Si tu veux le faire, je sais que tu vas y arriver !"
Elle y croyait dur comme fer. Quelque soit le challenge qu'il se lancerait dans sa vie, il le relèverait car c'était sa volonté qui faisait tout. Il avait décidé d'éradiquer sa peur de cette manière, elle le soutiendrait jusqu'au bout.

En contrebas, Alaska avait gagné sa course contre Noah mais elle n'en avait cure. C'était à présent au tour des professeurs de sortilèges et de vol de se lancer. Ils allaient clôturer les différentes courses...

@Ernest Stevens
Dernière modification par Eileen O'Brien le 24 sept. 2023, 20:19, modifié 1 fois.

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:chocogrenouille:

L’espace de quelques instants, il n’y avait plus eu de tribunes, plus de courses, plus d’élèves. Juste eux deux sous un ciel rempli d’étoiles. Des étoiles qui semblaient bien plus brillantes qu’à l’ordinaire. Comme si elles s’étaient rapprochées pour pouvoir mieux les observer. Un silence comme une respiration entre deux notes de musique. Comme des points de suspension au bout d’une phrase. Juste une parenthèse qui n’allait pas tarder à se refermer.

Et puis Eileen prit sa main dans la sienne. Ce n’était pas la première fois. Mais ce contact le ramena à la réalité de manière un peu brutale. Après tout ce déballage émotionnel, Ernest se sentait soudain dangereusement exposé. Et les paroles de la rouquine de lui rappeler son propre leitmotiv, la direction dans laquelle pointait son compas. Mieux valait être clair dans sa tête que soumis aux aléas de son cœur. Les émotions, c’était fait pour être canalisées et utilisées dans le lancer de sortilèges.

Ses mains étaient moites. C’était gênant. Et ce mot qu’elle avait laissé échapper. Toujours… Un mot qui faisait peur. Un mot qui s’accompagnait d’attentes. Et avec les attentes, la déception. Avant que ses pensées ne puissent aller plus en avant, son regard se posa sur sa professeur de sortilèges qui venait, à son tour, d’enfourcher son balai. Non seulement c’était une experte en sortilèges mais elle était aussi un as de la voltige. Et une personne de plus qui avait le don de le plonger dans une certaine fébrilité.

Elle le fascinait. Pour un garçon de douze ans dont l’expérience du monde n’était pas encore une palette de couleur très nuancée, elle représentait un idéal. L’héroïne de ses fantaisies à un âge où les fantasmes ne sont encore que des rêves d’enfants. Naïfs et candides. Mais surtout, elle était à l’image de ce monde imaginaire qu’il s’inventait. Parfait et inaccessible. Le contact d’Eileen, lui, était bien réel. Et c’était effrayant. Il était bien plus simple de s’amouracher d’une image. De n'importe quelle carte de chocogrenouille. D’une Jamila Alkanat, d’une Erza Nyakane, ou encore d’une Kristen Loewy. D’une Sarah Priddy ou bien d’une Sixtine Valerion.

Des sentiments en papier mâché. Qu’il pouvait, qu’il croyait contrôler. Et quand ils devenaient trop dangereux, il lui suffisait de les remplacer par des connaissances. Et de cette manière, gommer sa vulnérabilité. Ernest voyait le danger partout, se méfiait de tout. Ce qui le rendait incapable d’accepter la conviction d’Eileen simplement pour ce qu’elle était. Une profession de foi sincère et authentique. Paradoxalement, parce qu’ils s’étaient confessés leurs faiblesses mutuelles, il ne pouvait pas l’entendre de sa bouche.

La dernière course s’acheva sur un ex-aequo. Le passage de la ligne d’arrivée signa également la fin de cet intermède. L’adolescent retira doucement sa main de celle de la jeune fille et au moment où il rompit le contact, il sentit tout le poids du regret tomber sur ses épaules de gringalet. Comme si le fil ténu qui les avait tenu si proches l’espace de quelques instants avait été coupé. Il ne voulait pas le perdre pourtant, le laisser glisser entre ses doigts.

Ernest déglutit et enfouit ses mains au fond de ses poches, ne sachant plus quoi faire de ses membres qui devenaient alors soudainement encombrants.

“Je vais aller rejoindre les autres… si tu… ‘fin… tu… tu veux m’accompagner ?”

Instigateur de son propre malaise, Ernest était probablement son meilleur ennemi. Ce qui ne l’empêcha pas d’adresser un sourire hésitant à la demoiselle. Une dernière note d’espoir, peut-être une perche désespérée. Faites qu’elle ne referme pas le livre. Pas tout de suite.

@Eileen O'Brien

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Eileen sentit la main d'Ernest se détacher d'elle, tout doucement. Elle ne s'en offusqua pas. Ce n'était pas la première fois qu'elle saisissait sa main, et chaque fois, un certain malaise s'était immiscé entre eux. La première fois, elle avait été à l'initiative du rapprochement mais aussi de leur séparation ; cette fois, c'était lui qui avait décalé sa main. Rien de grave en somme !

Il était plus facile de gérer les choses lorsque le contact physique n'était pas présent. Ses émotions ne jouaient pas les montagnes russes, sans qu'elle comprenne vraiment ce qu'elle ressentait. Pourtant, elle avait voulu lui donner du courage. Elle espérait y être parvenu. Il avait regardé la dernière course sans afficher de peur...

D'ailleurs, en y réfléchissant, les dernières courses avaient semblé plus faciles pour lui. Tant mieux ! Elle espérait que ca durerait. Qu'il commençait à trouver ses marques, à gravir la montagne qu'il voulait franchir...

La gêne visible du garçon ne l'étonna pas. Ses mains dans les poches, le retour du bégaiement. C'était Ernest... Un garçon qu'elle avait appris à apprécier, un être à qui elle s'était confié plus qu'à n'importe qui...

Alors, lorsqu'il lui proposa de rejoindre les autres, elle ne put que lui adresser un sourire heureux et lui dire :
- "Bien sûr !"

Non seulement, elle allait pouvoir passer un peu plus de temps en sa compagnie, mais en plus, elle allait rentrer dans son univers. Elle ne connaissait pas encore Blair qui, semblait-il, lui avait fait forte impression et qu'il appréciait particulièrement... Et elle espérait que cela se passerait mieux avec Noah pour leur bien à tous les deux. Et bien sûr, il y avait Alaska avec qui le feeling était bien passé dès le début.

Alors, elle demanda, comme pour écrire un nouveau chapitre :
- "Nous y allons ?"

-- FIN DU RP --

Merci @Ernest Stevens

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Infirmier à Poudlard en 2045 — Professeur de Vol à Poudlard de 2046 à 2049Professeur de Courses de balais à l'ISMI depuis 2049
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