Le Bal des Songes
La Roue de la Fortune (09/10/2048)
Lily s’était toujours dit qu’il y avait une sorte d’entité supérieure à tout moldu et sorcier qui réglait les choses quand elles lui semblaient déséquilibrées. Certains appelaient ça un dieu, d’autres le karma, mais elle préférait un autre terme, que sa grand-mère lui avait appris : la Roue de la Fortune. Lorsqu’elle était petite, elle n’y croyait pas le moins du monde. Mais, plus elle y pensait, plus il lui semblait que Grand-Mère Calisto, aussi agréable fut elle, avait raison.
En effet, sa grand-mère maternelle quitta sa France natale pour s’installer en Écosse avec son petit ami. Ils se marièrent, eurent trois magnifiques enfants et vécurent une petite vie tranquille. Jusqu’à ce que leur plus jeune fille, Lily, décéda à l’âge de sept ans suite à un cancer du poumon. Est-ce parce que Lucile Beaumont avait quitté son pays d’origine ? Ou bien parce que leur bonheur avait été estimé trop beau pour perdurer ? Seule la Roue de la Fortune le savait, car elle l’avait décidé.
Mais, par la suite, le fils aîné, Liam, se reconstruit. Il fila le parfait amour avec une certain Athena Joy, et, à la sortie de leurs études supérieures, cette dernière tomba enceinte. Mais la Roue de la Fortune décida que le bébé était resté assez longtemps dans son ventre, et la petite Lily Junior naquit grande prématurée, le jour de la mort de celle qui lui avait donné son nom, et faillit finir comme elle. Mais, heureusement, la maîtresse du destin fut clémente et laissa vivre tranquillement la frêle enfant au sein de sa famille. Elle avait réparé en partie l’erreur d’avoir enlevé une jeune fille , comme elle, à cette même famille il y a sept ans de cela.
Pourtant, elle mit un grand nombre d’obstacles sur sa route : sa fragilité physique, le conflit entre sorciers et moldus qui eut pour conséquence des mois d’enfer à l’école… Mais, pour compenser cela, elle tourna un peu en offrant à la petite Lily de grandes compétences scolaires ainsi qu’une passion pour le Vol sur Balais, tout comme son père.
La fortune de l’enfant continua tranquillement : elle eut une petite sœur, rentra à l’école de Poudlard, se fit de nombreux amis. Bien sûr, il y avait quelques ennemis dans le lot, mais que serait la fortune sans sa part de malchance ? Elle eut même une amoureuse !
La Roue tourna vite cependant, lorsque, pendant les vacances, la grand-mère de Lily fut affreuse avec elle lorsqu’elle annonça sa bisexualité. Mais, pour compenser cela, peu de temps avant, Athena avait appris qu’elle attendait, un peu tardivement, son troisième enfant.
Alors qu’elle commençait sa deuxième année, pour compenser cette petite tension familiale, la Roue de la Fortune décida de diminuer la timidité de la fillette, qui se fit plus d’amis encore, et qui s’amusa plus facilement avec eux. Elle rencontra celle qui deviendra sa meilleure amie et son amoureuse lui avoua ses sentiments, puis l’invita au bal d’hiver. Tout semblait être merveilleux.
Jusqu’à la naissance d’Anthony Dawson.
D’un seul coup, Lily se retrouva avec un lourd secret de la part de sa grand-mère maternelle, secret qui ébranla la famille entière. Serait-ce pour punir Calisto Joy d’avoir été aussi dure avec sa petite fille ? Pour contrebalancer une nouvelle fois le bonheur de la jeune apprentie sorcière ? Pour montrer à Athena et Liam qu’ils n’auraient pas forcément dû avoir un autre enfant aussi tard ?
La châtain était toujours dans ses réflexions, allongée sur son lit à Gryffondor, et n’avait toujours pas la réponse. Une chose était sûre : la Roue de la Fortune tournait de plus en plus en sa défaveur. Alors que ce secret l’avait déconcentrée dans ses révisions d’examens, avaient divisés ses parents, il la poussait à leur montrer qu’elle était capable de n’importe quoi. Résultat : suite à une bêtise faite le jour de la rentrée, elle s’était un peu disputée avec sa meilleure amie Shawna, avait cause du tort à son amie Alyssa et avait rompu avec sa petite amie, Chloé.
Oui, décidément, la roue tournait.
___
Alors, je ne vais pas mettre tous les liens de RP pour ce post monstrueux, mais au moins les mentions : @Chloé Douchet, @Shawna Banks et @Alyssa Wright
Dites-moi s’il y a quoi que ce soit à modifier !
Le Bal des Songes
Un kilomètre à pied, ça use, ça use ! (16/04/2047)
Lors d’une rare journée ensoleillée à cette période de l’année en Angleterre, la famille Dawson au complet avait décidé de faire une petite randonnée - enfin plutôt une promenade avec des enfants très jeunes - dans une forêt pas très loin de Godric’s Hollow. Il y avait Athena et Liam Dawson, ainsi que Pauline et Thomas Mils. Les trois enfants, Lily, Lucy et Sam étaient également présents, mais ils couraient au devant de leurs parents, qui étaient mis agacés, mi amusés.
D’un coup, Lucy se mit à chanter, dans un français approximatif :
Un kilomètre à pied, ça use ça use !
Lily reprit avec elle, puis le petit Sam, quatre ans.
Un kilomètre à pied…
Ça uze yes souyers !
Les enfants continuèrent à chanter, en même temps cette fois, pendant toute la durée de la balade. Au bout d’un moment, les parents n’en purent plus, mais ne firent aucun commentaire. Les enfants aussi commencèrent à fatiguer, mais tinrent bon. Alors que la petite famille arrivait de nouveau à Godric’s Hollow pour prendre le goûter au domaine des Ivy, ils chantaient encore, mais d’une voix avec beaucoup moins d’entrain, sauf le petit Sam, toujours en pleine forme, et se relayant sur les phrases.
Quatre cent soixante dix-neuf kilomètres à pieds…
Ça uze ! Ça uze !
Quatre cent soixante… euh… combien ? Quatre cent soixante… dix-neuf ? kilomètres à pieds…
Ça uze yes souyers ! Ouais !
Et tout le monde s’écroula sur le muret devant la maison en éclatant de rire.
___
Phrases en italiques dites approximativement, surtout pour les plus jeunes, en français.
Le Bal des Songes
Le Jeu du Goût (10/08/2045)
Lily et Lucy avaient eu une super idée pour s’occuper cet après-midi là : jouer au jeu du goût. Sans demander la permission à leurs parents (bien sûr…), les deux fillettes s’étaient rendues à la cuisine pour que, chacune leur tour, l’une prépare quelque chose à manger à l’autre, qui a les yeux bandés, et l’autre doit deviner ce que c’est. La seule contrainte : ne mettre que des choses de comestible dedans.
C’était au tour de Lily justement de goûter. Les yeux bandés avec une grosse chaussette de Noël prise sur la cheminée, elle appréhendait ce que sa petite sœur lui avait mis dans la cuillère qu’elle tenait. Courageuse, elle fourra d’un coup le couvert dans sa bouche et mâcha. Tout de suite, elle avala tout rond (cracher était interdit) et hurla :
Non mais ça va pas ? Il y a du chocolat noir, des carottes, des bonbons moldus et, encore mieux, de la crème ! Tu veux me rendre malade ou quoi ?
Il faut savoir que Lily détestait les carottes et les bonbons gélifiés moldus, mais aussi le chocolat noir qui lui donnait souvent un léger mal au ventre. Mais, surtout, elle était allergique à la crème, ce qui créait des résultats horribles chez elles : nausées, ventre qui gonfle énormément, fièvre… bref, elle ne se sentait jamais bien. D’ailleurs, son ventre commençait déjà à lui faire mal.
Alors que sa sœur mettait la chaussette sur ses yeux, la châtain prépara sa vengeance. Elle alla chercher tout ce qu’elle pouvait trouver de très piquant et très épicé, comme elle savait que sa sœur ne supportait pas ça. Poivre, piment, moutarde, sauce piquante, épices en tout genre… pour être sûre que ça arrache bien, la très gentille grande sœur alla ouvrir un paquet de dragées surprises de Bertie Crochue. En fine connaisseuse de ces bonbons, elle chercha tous les goûts piquant ou épicés qu’elle trouva : citron, curry, poivre… elle rajouta aussi un vomi, juste pour le plaisir.
Enfin, elle revint vers sa sœur et dit avec un grand sourire, malgré les nausées qui s’emparaient déjà d’elle.
Tiens, voilà ! Tu verras, c’est délicieux !
Un instant plus tard, Mr et Mrs Dawson virent passer devant eux deux furies, l’une ayant le ventre gonflé d’une femme enceinte de quadruplés et courant vomir aux toilettes, l’autre hurlant de douleur et se précipitant dans la salle à manger pour prendre son verre et rincer sa bouche en feu.
Le Bal des Songes
Petit plongeon nocturne (06/08/2044)
Cet été, les parents de Lily et leurs deux filles partent une semaine en camping dans les Highlands avec les grands-parents Dawson, Remy et Lucile. Leur première destination ? Le bord du An Luchan Uaine, un lac magique à la surprenante couleur verte. D’après Papy, tout fier de raconter à ses petites-filles l’une des légendes moldues de sa nation, sa teinte couleur feuille lui viendrait des petits lutins qui, la nuit, se lèvent pour aller y laver leurs vêtements. C’est donc surexcitées que, en arrivant sur place, les deux petites se sont mises à surveiller étroitement chaque millimètre carré de l’eau étrange du lac pour voir si un lutin ou un vêtement minuscule et vert n’y flotterait pas.
Mais, à leur grande déception, elles ne virent aucun de ces êtres mythiques.
La nuit tombait et, alors que les adultes montaient la tante magique dans leur emplacement de camping, proche de la rive, la petite Lucy, âgée de quatre ans et demi, boudait.
On a vu aucun yutin ! C’est pas juste !
Lily n’était pas ravie non plus. Mais soudain, son visage s’éclaira.
Viens Lucy, on y retourne ! Papy, il a dit que c’était la nuit qu’les lutins v’naient laver leurs vêtements !
Ah ouiiiiii !
Toutes contentes de leur idée, les petites se mirent à courir dans la direction d’où elles étaient rentrées dans l’après-midi, après leur balade. Dix minutes plus tard, elles atteignirent le bord du An Luchan Uaine, dont les vaguelettes vertes scintillaient d’un éclat émeraude sous la lune.
Waouh !
Magnifique…
L’endroit était tout simplement féerique. Si bien que, dans leur esprit, ce fut le moment idéal pour admirer les lutins. Les petites s’approchèrent lentement de l’eau et observèrent, silencieusement.
Y’a rrrien. constata Lucy, boudeuse.
Chuuuuuuuut !
Bon, moi je vais voiah plus yoin.
Et, avant que sa grande sœur ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, la petite blonde fit un pas de plus, comme pour patauger dans les eaux peu profondes du bord du lac. Sauf que, sans le remarquer à cause de l’obscurité, en revenant ici, elles avaient légèrement dévié de leur trajectoire et se sont retrouvés un peu plus loin sur le point d’eau, à un endroit où l’eau était directement profonde. Et, cette hausse du niveau entre les deux endroits, elles ne l’avaient pas non plus remarqué.
Lucy glissa, surprise de ne pas trouver le fond, et chuta dans l’eau verte et merveilleuse. Au ralenti, comme dans un de ces film d’action moldu que lui avait montré son grand-père, Lily se tourna vers sa sœur en entendant un plouf, et fut surprise de ne pas la trouver.
LUCY ! Hurla elle, affolée.
Elle n’obtint aucune réponse.
Lucy t’es où ? À L’AIDE !
Elle vit alors une masse de cheveux blonds remonter à la surface, puis sombrer à nouveau. La panique la gagna, mais elle empêcha ses larmes de couler. L’enfant de neuf ans s’apprêta à sauter à son tour pour la sauver, mais, avant qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit, elle fut projetée en arrière par un homme dont seuls les cheveux, aussi blonds que ceux de celle qui se noyait, luisaient au clair de lune. Désormais par terre, Lily fondit en larmes en regardant son père se débarrasser à la hâte de ses vêtements tout en courant, puis plonger dans le liquide verdâtre pour sauver la petite fille. Liam réussit à nager vers son enfant, à peine visible en dessous de la surface en une masse sombre et inquiétante, et de l’agripper par le bras pour la ramener au bord.
Lucy était étendue là, inerte, les cheveux foncés par l’eau dont ils étaient gorgés. Elle ne semblait pas respirer. Soudain, elle prit une grande inspiration et se mit à tousser et à cracher, à bout de forces. Toujours en pleurs, ayant eu très peur et culpabilisant d’avoir eu une idée aussi stupide, son aînée vint la serrer dans ses bras pour la réchauffer. Mr Dawson ôta à la fillette trempée son haut humide et lui enfila son propre pull. En rentrant à la tante, honteuse, les deux sœurs se firent un peu réprimander, surtout Lily, mais on estima qu’elles avaient déjà été bien punies, par leur frayeur. Et ce fut le cas par la suite, car, depuis ce jour, la petite Lucile eut une peur bleue dès qu’elle s’approchait d’un point d’eau.