L’amie qui s’ignore A.B

L’excitation d’Aelle la toucha en plein cœur. Plus que cela, ses mots résonnèrent en Alice. Elle ne chercha pas à retenir son sourire enjoué, presque enfantin. Quelle merveilleuse sensation. Quelle incroyable émotion. Alice avait offert à Aelle un morceau, un fragment de ce qu’elle aimait le plus selon elle : la Magie avec un grand M.

À tout ce bonheur s’ajouta l’intérêt d’Aelle, celui qu’elle aimait tant, celui qui n’était pas dirigé vers ce qui entourait Alice, mais plutôt ce qui la composait. C’était intime, mais si rare que c’était apprécié. D’ordinaire, personne ne s’intéressait à elle. À Beauxbâtons, on s’intéressait à sa scolarité à Poudlard, ou bien à sa glorieuse famille. A Poudlard, on s’intéressait à sa scolarité à Beauxbâtons. Personne, absolument personne ne voulait en savoir plus sur Alice, sur ce qui faisait d’elle cette jeune fille au regard expressif. Pourtant, elle savait qu’elle était digne de l’intérêt de tous ces imbéciles. Elle était intelligente, intéressée. Elle était combative, dotée d’un sens de l’humour aiguisé. Ses connaissances étaient travaillées et en constante évolution. Les jeunes gens de son âge peinait à lui arriver à la cheville et malgré ça, personne ne lui donnait l’intérêt qu’elle méritait.
Aelle, elle, savait.

« Je compte insuffler une conscience à mon enchantement » dit Alice. Elle tapa le bout de son ongle sur la table. « Je vais lui permettre de se mouvoir à son gré, et d’obéir à mes ordres. Je veux qu’elle puisse exprimer son mécontentement si mes mots lui sont désagréables. Qu’elle puisse jouir d’une intelligence suffisante à la réalisation de tâche à sa hauteur : enflammer des bougies, m’éclairer dans l’obscurité, brûler ce que je souhaite. » Alice dessina un cercle du bout de son doigt, son regard braqué sur ce qu’elle imaginait être ses objectifs. « Je pense utiliser la technique mise en pratique pour donner un semblant de conscience aux tableaux, ou du moins m’en inspirer pour qu’elle se prête à ce que je souhaite. Car je crains qu’à chaque fois qu’elle disparaisse, sa conscience s’évapore à jamais. Il faut qu’elle soit attachée à elle. Qu’elle soit constante. C’est ce qui sera, à mon sens, le plus difficile à mettre en place. »

Alice reposa sa main sur la table. Elle sourit, exposant sans gêne sa confiance en ses capacités.

« Et lorsque ce sera fait, lorsqu’elle sera parfaite, je travaillerai sur l’élément du vent. Qui sait, il se pourrait qu’un jour tu reçoives la visite de ma création, les bras chargés de macarons français. »

Elle y arriverait. Ne serait-ce que pour imaginer un sourire merveilleux se dessiner sur le visage d’Aelle, à plusieurs centaines de kilomètres d’elle.

Mais oui ! On se retrouve à sourire en écrivant ou en lisant leurs émotions. C’est quand même beau !
Quelle merveilleuse idée nous avons eu de les faire se rencontrer la première fois.


Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

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Mes excuses pour ce retard, enfin je peux poster !

J'écoute avec mes deux oreilles mais pas que. Tout mon corps semble penché vers elle. Mes yeux suivent avec une aussi grande attention, fouillant les iris gris de la jeune fille sans lassitude, s'accrochant à tous ses éclats, toutes les diversités qui les traversent. Et mon corps se meut avec la même ardeur : je m'avance au bord de la chaise, comme pour m'approcher d'elle — non, pas d'elle, mais de ce qu'elle me dit, de ce qu'elle me raconte, de ce qu'elle m'apprend ; de la vie, de la magie, d'elle. Et autour de moi s'effacent la bibliothèque, les autres élèves, mes carnets, mon quotidien et mes petits problèmes personnels.

Tandis qu'elle parle se dessinent dans mon esprit des mots à n'en plus pouvoir. Je visualise des pages que j'ai lues il y a des années, des articles, des chapitres de livres dont les titres ont depuis longtemps été oubliés. Je me souviens de techniques magiques dont j'ai entendu parler, je raccroche mes connaissances aux siennes pour tenter de former un tableau dans mon esprit. Un tableau magique qui s'intitule Alice Sangblanc et qui parvient à réveiller ma grande concentration — celle capable de m'alpaguer entièrement au point de me faire oublier jusqu'à mon propre nom.

Elle pose le mot conscience sur ce que j'appellerais magie. C'est exactement ce qu'elle voulait dire quand elle parlait de nos "divergences". Une légère différence qui en cache d'autres beaucoup plus profondes et importantes. Mais qu'importe ? J'aime ce regard différent qu'elle pose sur les choses même lorsque cela s'oppose intrinsèquement à ma façon de penser.

« Oui, m'enflammé-je avec cet éclat dans le regard, celui qui le rend plus marron que noir, c'est cette étincelle de magie qui lui insufflera la "vie" qui sera la plus compliqué à stabiliser mais sans ça, ton enchantement sera jamais complet. Je suis sûre d'avoir déjà lu un truc là-dessus..., » marmonné-je pour moi en fouillant inutilement du regard les étagères pleines de livres qui nous entoure.

Je ne le lui dis pas mais je n'en pense pas moins : son ambition me plait, même si le travail pour arriver à ses objectifs sera long et ardu. J'aime qu'elle n'ait pas des buts minuscules, qu'au contraire son regard se porte plus loin, toujours plus loin.

Impossible de me rappeler dans quel livre j'ai lu ce à quoi je pense. Je n'ai pas le temps de me pencher sur la question maintenant. Elle a parlé du vent, ce qui m'étonne — pourquoi donc cet élément qui semble si mal lui correspondre ? Peut-être que je me dis cela car la seule autre personne que je connais qui est intimement liée au vent, c'est Araya. Et ces deux jeunes femmes n'ont pas grand chose en commun.

« Pourquoi "qui sait" ? demandé-je avec un sourire taquin que je n'ai pas l'habitude d'afficher. Ne me laisse pas croire que tu doutes y arriver un jour. J'attendrai sa visite. Travaille dur : je peux être très impatiente.»

S'il y a bien une chose chez elle qui est flagrante, c'est sa confiance. Alors oui, elle en rebute certains. Tout ceux qui n'en ont pas une aussi imposante pour les grandir et les faire marcher fièrement. Mais moi, cette confiance qui se dégage d'elle par vagues, c'est la raison pour laquelle il y a longtemps je lui ai parlé d'Isabella et de Frewd. Parce que j'aime les personnes qui ont des capacités et qui en ont conscience. J'aime les personnes qui savent les mettre en avant.

Une idée splendide. Je n'aurais jamais imaginé qu'Alice puisse toucher Aelle ainsi. Alice ne le sait pas mais Aelle n'est pas loin de la considérer comme son égale, ce qui pour elle est énorme. Et moi, moi j'adore la douceur de leur relation.

Edit : wouah, cet avatar ! Il dégage quelque chose de très fort, je l'aime beaucoup.

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Navrée pour ce retard. J’espère ne pas recommencer !

Aelle n’était pas du genre expressif. Au contraire, Alice avait tendance à penser que la Poufsouffle intériorisait chaque émotion, chaque sentiment.
Mais aujourd’hui, face à elle, Aelle s’exprimait en silence. Ses gestes trahissaient son intérêt pour les paroles d’Alice. Elle s’avançait, elle l’observait avec ardeur. D’ordinaire, Alice n’aurait prêté aucune attention aux mouvements de son interlocutrice : elle savait que ce qu’elle disait était intéressant. Mais le fait est qu’il s’agissait d’Aelle, de celle qui taisait ses émotions. Quelle belle récompense.

Alice écouta l’avis d’Aelle avec attention. Elle l’enregistrait dans sa mémoire, sachant que cela pourrait lui servir lorsqu’elle travaillerait à nouveau sur son enchantement. Aelle était intelligente, et suffisamment curieuse pour être capable de l’aider. Bien sûr, elle ne disposait pas des connaissances d’Alice puisque cette dernière recevait des leçons pertinentes à ce sujet. Cependant, Aelle était avide de sagesse. Elle savait forcément des choses qu’Alice ignorait.
Et elle l’assura en mentionnant sa lecture d’un ouvrage dans lequel les réponses aux questions d’Alice s’y trouvait. Encore une fois, tu brilles par ton intarissable soif de savoir, pensa Alice en observant la Poufsouffle avec un sourire en coin. Des années plus tard, Aelle était encore capable d’éveiller de l’admiration chez Alice.

La confiance qu’Aelle avait en les capacités d’Alice était la preuve qu’elle était devenue quelqu’un digne d’intérêt. Ce sentiment provoqua en Alice une explosion de plaisir. Elle sourit franchement, avant de baisser les yeux sur les doigts d’Aelle.

« Je ne compte pas t’envoyer un oiseau blessé, il faudra donc que tu prennes ton mal en patience jusqu’à ce que cet enchantement atteigne la perfection » dit-elle en relevant ses yeux sur Aelle, un sourire mutin accroché à ses lèvres pâles. « Et puis… si je veux que tu sois capable toi aussi de réaliser cet enchantement pour m’envoyer des chocoballes, il faut tout de même que je prenne le temps de réaliser un carnet d’instruction digne de toi. Nul doute que tu serais fâchée de ne pas pouvoir toi même explorer la création d’enchantement… »

Sans perdre son sourire, Alice glissa ses doigts vers l’un des carnets d’Aelle. Son regard planté sur elle, l’adolescente vint tapoter son index sur le carnet.

« Et si toi tu me disais sur quoi tu travailles, ces derniers temps ? »

La flamme de la curiosité avait jailli dans les yeux pâles d’Alice, et elle ne demandait qu’à être attisée.

Wow. L’égale d’Aelle, carrément ? Qu’Alice ne l’apprenne jamais, elle serait capable de bondir dans toute la pièce en envoyant paître toute retenue et bienséance !

Merci pour mon avatar ! Je le dois en partie à mon fidèle et si précieux Aliosus. Toujours présent pour dégoter des perles, celui ci.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

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Toutes mes excuses pour ce retard !

Rares sont les personnes qui m'inspirent un intérêt aussi entier. Certes, le monde poursuit sa route autour de moi, je n'oublie pas la présence d'Araya dans le château, les activités organisées pour les participants au programme AMICO ou encore les mots tendres donnés par un garçon au sommet d'une tour d'astronomie. Je n'oublie rien de ma vie en discutant avec Alice Sangblanc, pourtant lorsque mon regard se dépose sur son sourire taquin et sur son visage lunaire, tout le reste perd de son importance. Ce n'est pas tant qu'elle me captive. C'est surtout qu'après avoir passé tous ces mois sans pouvoir me souvenir de sa voix et des mimiques qu'elle semble contrôler sur le bout des doigts et distribuer avec une parcimonie toute calculée, pouvoir l'avoir pour moi toute seule, même durant une poignée de minutes, me donne envie de profiter de chaque instant de cette conversation. J'aimerais sincèrement que le reste s'efface. Si j'en avais le pouvoir, je lui tendrais la main et lui proposerais de transplaner dans un lieu à l'abri du monde. Nous pourrions alors discuter des heures durant de ses capacités et des miennes, de nos talents, de nos ambitions, de la direction que prennent nos vies, de nos apprentissages.

Je n'en suis cependant pas capable alors je me contente de hocher doucement la tête lorsqu'elle parle de perfection — je ne compte pas recevoir d'elle la moindre chose imparfaite. Cela me décevrait. Pas parce que j'attends d'elle qu'elle réussisse tout ce qu'elle entreprend, mais parce que je sais qu'elle ne s'abaissera jamais à me présenter un enchantement qui ne montre pas à quel point elle est douée. Ça, j'en suis persuadée.

La suite achève de faire disparaître les dernières barrières encore dressées autour de moi. J'en ouvre la bouche, surprise, envahie par un fol espoir — surtout par une grande vague passionnée qui me donne envie de me pencher encore plus et de souffler : « Oui, je t'en prie, apprends-moi tout ce que tu sais ! ». Mais malgré la surprise évidente qui s'affiche sur mes traits, j'ai tout de même un peu de fierté, je m'abstiendrais donc. Néanmoins, j'ai du mal à aligner deux pensées cohérentes maintenant qu'Alice Sangblanc m'a proposé d'une façon très directe de réaliser un carnet d'instructions pour moi, moi et personne d'autre, pour que je sois moi aussi capable un jour de réaliser cette magie qu'elle apprend sur les rangs d'une école dans laquelle je ne pourrais jamais aller.

Une bouffée de reconnaissance m'envahit avant que je ne parvienne à la maîtriser et à la remplacer par des pensées plus réalistes et plus acceptables : sa proposition n'est-elle pas la preuve que notre relation est exactement ce qu'elle doit être, une relation apaisée dans laquelle les échanges fleurissent et qui s'épanouit autour du savoir ?

Trop excitée par le futur savoir qui s'offre à moi, je ne fais d'abord pas attention à sa question et au doigt qui s'est posé sur l'un de mes carnets. Je plonge mes yeux dans les siens et fais passer dans mon regard sombre toute la détermination et la confiance dont je suis faite :

« Tu l'as dit une fois, Sangblanc, je ne risque pas de l'oublier, désormais. » Un sourire assez semblable au sien vient étirer mes lèvres et je ne fais rien pour le retenir. « Je m'attends donc à recevoir un... Carnet d'instructions signé Alice Sangblanc lorsque tu seras diplômée. Je ne savais pas que tu étais Chocoballe mais enfin, si c'est tout ce qui te plairait de recevoir le jour où je serai capable de maîtriser la création d'enchantement, ça me semble plutôt honnête, comme échange. »

Ce qui est honnête, ce sont ces doigts qui reposent encore sur l'un de mes carnets. Je n'ai aucune idée duquel il s'agit mais je prends ce geste et la question qui accompagnait comme un défi qu'elle me lance, voire même un accord qu'elle me propose : un savoir contre un autre. Ce n'est pas ce qu'elle a dit, et je serais en droit de répliquer que je ne lui dois rien en échange, mais je n'ai aucune envie de le faire. Parce qu'Alice Sangblanc fait partie de ces personnes avec lesquelles je souhaite continuer d'avoir des échanges fructueux. J'ai encore envie de vivre des instants comme celui-ci. Des instants entre-temps, faits de sourires, de compliments et de simplicité.

« Je travaille sur diverses choses, » commencé-je d'une voix prudente en reprenant une posture plus droite, peut-être plus réservée.

Mes yeux parcourent mes différents carnets. La plupart d'entre eux sont protégés par des sortilèges, personne d'autre que moi — personne de moins puissant, disons — ne peut les lire. Ceux qui traitent d'une magie sombre et torturée ne se trouvent pas ici, évidemment. Non, ces carnets parlent de choses plus ou moins importantes. Aucun ne parle de l'Élixir de Longue-Vie. Mais beaucoup évoquent la magie des Golems, la magie informulée, les quelques modulations de sortilège que j'ai découvertes à force d'expérimentation. Un carnet entier pour chacun de ces sujets. Un autre pour mettre en mot les effets du tourbillon de magie, exercice de magie que m'a appris une femme à laquelle je ne souhaite pas songer. Qu'aimerait savoir Sangblanc ? Qu'aimerais-je qu'elle sache ?

J'arrache mon regard concentré de la table pour le lever une nouvelle fois sur son visage. Je la toise silencieusement pendant une seconde ou deux avant de me décider sur que lui dire et comment le faire.

« La magie informulée, les modulations de sortilège, des réflexions à propos de la magie... Rien de bien exceptionnel pour une élève de septième année avec mon potentiel. »

Peut-être verra-t-elle mon menton se dresser légèrement, comme un défi. Peut-être comprendra-t-elle que mes mots ne sont pas prétentieux. Qu'il s'agit seulement d'une marque de confiance : avec toi, disent ces mots, je peux parler de mon talent et de ma conscience de celui-ci sans que cela passe pour de l’égocentrisme.

« Il y a une chose qui te plaira..., » murmuré-je en laissant planer le mystère.

Mes doigts viennent s'enrouler autour de ma baguette. Je régule mon souffle en faisant appel à ma concentration. Aucune formule ne sort de ma bouche. Pourtant sur le sol de la bibliothèque, juste sous l'ancienne Serpentard, la pierre ondule délicatement. Là où ne se trouvait qu'une surface plane et grisâtre grandit désormais un petit monticule de pierre, pas plus haut que la taille de ma main. Sur mon impulsion, la chose s'extirpe du sol et grimpe sur la table. C'est un golem de pierre ridicule pour quiconque a pu un jour poser ses yeux sur le monstre de pierre créé par Erza Nyakane lors de ma première année. Mon golem n'est qu'un ensemble de six pierres : une pour le corps, une pour la tête, deux pour les bras et deux pour les jambes. Il n'a aucun trait, aucune expression. Il est brut. Utilitaire. Et le faire grandir représente encore une difficulté insurmontable. Néanmoins, après bientôt sept ans d'entraînement, voilà une des choses que je suis capable de faire avec cette magie dont la directrice de l'école Africaine m'a appris les rudiments.

Je lève des yeux brillants d'amusement, de fierté et de passion vers la jeune fille. Je m'abreuve aux expressions qui passent sur son visage avant de dire :

« Tu sais ce que c'est ? »

Alice, je te présente un golem ; golem, je te présente Alice.

Ce serait gênant qu'une jeune fille du statut d'Alice montre si directement sa joie, effectivement.
Ce Nerrah a toujours eu de bons goûts.

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Le sourire d’Alice n’avait de cesse de s’épanouir alors qu’Aelle s’ouvrait toujours un peu plus. Elle était surprise par sa proposition de l’aider à comprendre la création de son enchantement, c’était une évidence. Pour Alice, l’évidence résidait dans sa volonté de partager ses connaissances avec Aelle. Elle qui lui avait tant apporté par ses discussions n’aurait pas dû s’étonner de recevoir ce présent.
Qu’importe sa surprise. Tout ce qui comptait pour Alice, c’était ce sourire qu’elle associa à la reconnaissance.

Lorsque Aelle accepta de parler de ses travaux actuels, Alice retira son doigt du carnet pour croiser ses mains devant elle. Quelque soit le sujet des études d’Aelle, Alice savait qu’elle ne serait pas déçue. Aelle était pleine de surprise. Sa curiosité était aiguisé, sa soif de connaissance inextinguible. Ses études personnelles pouvaient être sur tout et n’importe quoi. Aelle saurait repaître la curiosité d’Alice.

Magie informulée, modulations de sortilège, réflexions à propos de la magie… Alice savait qu’Aelle travaillait en profondeur sur chacun de ces sujets. Elle ne devait rien laisser au hasard, et explorer chaque élément, chaque détail. Elle voudrait tout comprendre, maîtriser chaque sujet sur le bout des ongles. Alice savait. Elle n’avait nullement besoin qu’Aelle lui donne des détails pour valider l’avis d’Alice : c’était une certitude. Sinon, la confiance d’Aelle en ses compétences seraient injustifiées, et cela n’était pas envisageable pour Alice.

Une seconde fois, la curiosité d’Alice fut titillée. Aelle avait quelque chose à lui montrer. Alice se redressa un peu, ses sourcils se haussant légèrement. Toute son attention se porta sur l’expression d’Aelle. Elle se concentrait. Allait-elle lui faire une démonstration de sortilège informulé ?
Un sursaut secoua les épaules d’Alice lorsqu’elle vit grimper une chose de pierre sur la table. A cela, elle ne s’y était pas attendu ! La surprise avait affolé son coeur, qu’elle couvrit de la paume de sa main en riant un peu.
Son regard décortiquait la créature, sans parvenir à la reconnaître. S’agissait-il d’un enchantement, que celui qu’Alice avait créé ? Par Circée, celui ci serait alors doué de conscience ! Et tout cela sans prononcer la moindre formule ? Alice leva des yeux ébahis sur Aelle.

« S’agit-il d’un enchantement ? » tenta Alice, en réponse à Aelle. « De toutes évidences, dôté d’un semblant de conscience. »

Et, à nouveau, je suis désolée pour ce retard. Grosse page blanche agrémentée des tentations que l’on connaît tous aux vacances d’été. Je n'ai pas pris la plume depuis si longtemps, c'est comme une délivrance de s'y remettre.

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Mes yeux ne quittent pas son visage. Je la détaille autant qu'il m'est possible de le faire, me nourrissant de l'éclat que j'aperçois dans son regard, de ses lèvres qui tressaillent et de sa main qui grimpe jusqu'à sa bouche. J'aime voir ses sourcils frémir et ses narines s'arrondirent sous ses inspirations, j'aime observer la douce couleur de son regard pétiller lorsqu'elle pose ses yeux sur ce que je viens de créer. Comme je m'y attendais, Alice Sangblanc ne s'attendait pas le moins du monde à ce que je viens de lui montrer. Personne n'aurait pu s'y attendre et tout le monde aurait été surpris, mais ce n'est pas cela que je recherche sur son visage. Ce n'est pas la surprise. Pas l'admiration. C'est quelque chose de plus profond, de plus joli. C'est l'amour des belles choses que nous partageons. Je ne parle pas de belles choses comme certains parleraient d'un coucher de soleil ou de la silhouette d'une montagne imposante se détachant sur le ciel. Je parle des belles choses de la magie. Celles qui alpaguent, celles qui enchantent. C'est de cela dont je parle. Et c'est cela que je vois sur ce visage.

Je croise les jambes sous la table sans chercher à retenir le sourire fier qui grignote mes joues. Oh, Merlin, ce que je suis impatiente de pouvoir montrer la même chose à Erza ! Je n'ai aucun point de comparaison pour m'assurer que mes progrès sont suffisants, mais je sais reconnaître quand je fais quelque chose de bien.

« C'est un golem, » répondis-je doucement avec cette étincelle dans la voix que j'ai toujours quand je parle d'une chose qui me passionne excessivement.

Sur une impulsion de ma part, le golem fait quelques pas maladroits sur la table pour se rapprocher de la jeune fille. Parfois quand je préfère travailler ma magie en pensant détail plutôt que puissance, je m'efforce de faire apparaître sur son visage de pierre un semblant d'expression : yeux, nez, bouche. Je façonne son corps. Cela m'épuise beaucoup plus que de faire apparaître une vague de pierre la plus grande possible, étrangement. C'est pour cela que je poursuis mes efforts. D'autres fois, je me contente de cette version brute de golem et j'essaie de la faire grandir, grandir, grandir. Et dire que celui d'Erza faisait plusieurs mètres de haut... Le mien ne peut qu'atteindre la taille de ma main mais quand on pense que j'ai passé des années à ne pas pouvoir faire apparaître autre chose qu'un monticule de pierre sans forme aucune, il faut reconnaître que je me suis améliorée.

Je baisse les yeux sur la petite chose de pierre et m'approche de la table pour y poser ma main resserrée autour de ma baguette magique. Je me demande si Sangblanc va finir par s'asseoir à ma table. J'aimerais le lui proposer mais je ne sais comment faire.

« Pas doté de conscience, non, réfuté-je avec un sourire amusé, amusé de voir que nous nous opposerons pendant longtemps encore à ce propos. Ce n'est qu'une marionnette de pierre. »

Ne t'en fais pas, les retards ne comptent pas autant que le plaisir que j'ai d'écrire avec toi.

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Et encore, encore une fois, je suis en retard.

Un golem de pierre. Voilà donc de quoi il s’agissait. Alice ne se détournait pas de la création d’Aelle. Elle l’observait sous toutes ses coutures. Dénué de conscience, disait la Poufsouffle. Ainsi donc, chacun de ses mouvements étaient dirigés par Aelle. Un sourire glissa sur les lèvres d’Alice alors que son regard glissait vers la jeune femme. Un tel sort devait demander un effort conséquent. La qualité d’une marionnette dépendait de son marionnettiste. Les doigts agitaient les ficelles, l’esprit choisissait les mouvements. Tout se coordonnait. Une marionnette magique n’était pas si différente. La seule différence reposait sur l’utilisation de la magie au lieu des doigts. La concentration du sorcier devait être forte, imperturbable. A cela devait s’ajouter la visualisation. Alice imaginait que c’était cela, le plus difficile. Un effort constant.
Alice cherchait les preuves de son raisonnement sur le visage d’Aelle. Une goutte de sueur, une veine palpitante, la mâchoire serrée… Alice ne pouvait pas imaginer un seul instant qu’un sort pareil ne laisse pas des séquelles.

« Une marionnette de pierre dont les mouvements ne reposent que sur la force de ta magie et celle de ta concentration… » souffla Alice avec respect. Elle se pencha un peu en avant pour détailler le golem. Il était grossier. Primitif. La tête d’Alice oscilla vers la droite, puis vers la gauche. Elle l’analysait, sans mot dire tout d’abord. Puis, un sourire fleurit sur ses lèvres pâles. Du bout du doigt, elle vint frôler le dos du golem. « Sa simplicité me laisse penser que sa création doit être fastidieuse. Je n’ose imaginer la complexité de sa réalisation. »

Alice leva les yeux vers Aelle. D’une geste léger, elle ramena une boucle derrière son oreille. « De mémoire, ce genre de sort n’est pas au programme de Poudlard, à moins que les choses aient changées en mon absence… Où as-tu appris ce sort ? »

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Et encore, encore une fois tes mots me ravissent.

Sa question amène un sourire sur mes lèvres. Je la regarde, sagement assise sur ma chaise mais le buste tourné vers elle et le menton levé pour mieux l'observer. Un sourire tout simple m'étire les lèvres. Je détaille ses yeux, son nez, ses lèvres avant de tourner les yeux vers ma création. La maintenir ainsi sans la faire bouger me demande moins d'effort que si elle devait se mouver. Parfois, je reste ainsi de longues minutes, pour entraîner mon endurance. Je sens mon coeur qui s'abat contre ma cage thoracique, signe des efforts que cela demande. Étrangement, je fais des efforts également pour ne pas montrer tout cela sur mon visage, pour ne pas trop froncer les sourcils ou crisper les mâchoires.

« J'ai mis des années à atteindre ce niveau. Six, pour être précise. Je peux faire beaucoup mieux, en y mettant beaucoup plus d'effort et de concentration, précisé-je d'une voix détachée. Par mieux, j'entends plus fort, plus grand, mais encore plus brouillon. »

Je me penche en arrière sur ma chaise, création contrôlée du bout de la baguette et regard songeur caressant les courbes du visage de l'ancienne Serpentard. À elle, je sens que je pourrais en dire beaucoup. Je pourrais raconter mes entraînements, mes difficultés. Je pourrais en discuter avec elle, prendre ses conseils et lui montrer mes améliorations. Pourquoi ? Parce qu'elle est à l'autre bout du monde ? Parce que la plupart du temps elle n'est qu'une vague idée dans ma tête ? Parce que je n'ai pas à la voir tous les jours ? Ou tout simplement parce que je lui fais confiance ? Cela parait un peu difficile à croire.

Elle détonne légèrement dans la bibliothèque, cette fille aux couleurs lunaires. Sa peau pâle, ses yeux clairs... Et que dire de cette masse de cheveux caractéristique ? Elle a le port altier de ceux qui ont été habitués toute leur vie à contrôler leur paraître. J'ai soudainement envie d'effacer tout cela, la bibliothèque et le monde, pour la voir telle qu'elle ne doit être que devant ses plus proches compagnons. Nerrah la voit-il sourire avec éclat, courir, s'exclamer de passion ? Peut-être. Et la voit-il comme moi je la vois ? Intelligente, passionnante, cachant dans le creux de son cerveau un esprit d'analyse et des qualités de compréhension et de critique qui la détachent du commun des mortels ?

Je me rends compte avec un temps de retard que mon regard s'est longuement attardé sur elle. Une petite moue déforme mes lèvres. Je secoue la tête, plisse un peu les yeux.

« C'est une amie qui me l'a appris. Ce n'est pas un sort à proprement parler. C'est plutôt une manipulation de la magie dans son sens large. »

Je prends une soudaine inspiration par le nez en quittant la fille du regard pour observer mon golem. Mes doigts se crispent sur ma baguette et cette fois-ci je ne retiens pas mes sourcils de se froncer légèrement. Ma marionnette de pierre se met encore en mouvement sur mon impulsion, arpentant la table d'un bout à l'autre dans sa largeur d'une démarche lourde. Le ponk ponk régulier de ses pas accompagne ma concentration. Je l'observe une dernière fois, cette petite chose de pierre que je connais depuis longtemps maintenant, que je contrôle du bout des doigts et que je modèle selon mon bon vouloir. Puis je relâche tout soudainement et le golem se disloque et disparaît. Je prends une longue inspiration par le nez.

Je plante mes coudes sur la table en adressant un sourire retors à ma camarade.

« Enfin, le but n'est pas de le faire parader comme ça, plutôt de le faire grandir et de le rendre fort, résistant. Et d'apprendre à le maintenir longtemps. »

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Alice ne pu empêcher ses sourcils de se hausser et son sourire de grandir en écoutant Aelle lui annoncer qu’il lui avait fallu six années pour parvenir à créer ce golem de pierre. Cela en disait long sur la complexité de ce sort. Pour un autre sorcier, peut-être même pour Alice, le temps d’apprentissage aurait-il été doublé ? Triplé ? Alice ne se serait pas contenté d’un sort brouillon, ça non. Alors, peut-être lui aurait-il été nécessaire de quadrupler.
Enfin, la question ne se posait pas. Alice n’aurait éprouvé aucune satisfaction à créer un être de pierre. Ce n’était pas elle. Le feu, en revanche…

La jeune sorcière sentait le regard d’Aelle chauffer son visage. Alice dégagea une boucle de derrière son oreille, un geste machinal qu’elle avait gardé de ses années où sa cicatrice était visible. Un désir de se cacher. Le regard de la Poufsouffle n’était pas pour la déranger. Ce n’était pas celui des garçons. Le leur, elle l’abhorrait.

Aelle donna quelques précisions sur la création de son golem de pierre. Une amie lui avait enseigné, disait-elle. Alice se garda de lui demander d’où son amie tenait ce savoir. Aelle l’aurait précisé si elle désirait qu’Alice le sache. Peu importe. Elle ferait ses propres recherches lorsqu’elle serait de retour au pays.
La manipulation de la magie dans son sens large… le sourire d’Alice se fit doux. Ses pensées glissèrent vers ses souvenirs, ceux là même qu’elle partageait avec Aelle. Leurs conversation au sujet d’Isabella, la sorcière qui désirait ardemment contrôler la Magie. Grâce à son golem, Aelle se rapprochait d’Isabella. Cachait-elle d’autres avancées ? Sans l’ombre d’un doute

Ses yeux lunaires suivirent les quelques pas du golem, jusqu’à ce qu’il se décompose. Du bout de ses doigts, Alice caressa son dernier emplacement, désireuse d’y sentir ses dernières effluves magiques. Elle souriait avec tendresse, tout en jetant un regard en biais à son ancienne camarade.

« Dans quelques années, peut-être quelques mois, je suis convaincue que ce petit être de pierre grandira comme tu le désires. »

Aelle en était capable, c’était une évidence. Elle abritait en elle une volonté à toute épreuve.

« Les Sangblanc seraient honorés de t’avoir en leur sein », ajouta Alice. « Depuis des temps immémoriaux, ils aiment manipuler la magie pour la soumettre à leur volonté. Tu tomberais en pâmoison devant le domaine de mon grand-père. Il y règne une ambiance particulière, chargée de magie. Les enchantements éternels se mêlent et s’entremêlent en un ballet de puissance et d’élégance. » Puis, elle se pencha un peu vers Aelle et glissa d’un air mutin. « Mes frères et moi même n’avons pas encore la bague au doigt… nul doute que tu ferais une prise de choix. »

Un léger rire secoua Alice en se redressant. Elle replaça ses cheveux sur son épaule, son regard couvrant la bibliothèque. L’amusement avait quitté ses yeux, ne restait plus qu’un faible éclat. « Je ne te ferai jamais l’affront de t’amener à eux. »
Alice imaginait déjà quel regard Grand-Père poserait sur Aelle, l’irrévérencieuse Aelle. Tante Élise, eh bien… elle s’emploierait à corriger tout ce qui peut l’être. Ses cheveux, son port de tête, sa posture, les traits de son visage. Thomas, quant à lui, s’amuserait avec Aelle. Il la provoquerait pour tester les limites de la Poufsouffle. Oh oui, Aelle serait un jeu merveilleux pour lui.
Les Sangblanc ne méritaient pas de connaître Aelle. Et, de toutes façons, il s’agissait de son trésor à elle.
Le regard d’Alice s’accrocha au visage d’Aelle. Alice ne parvenait pas à savoir ce qu’elle représentait à ses yeux. Mais lorsque le mot trésor fleuri dans son esprit, Alice compris. Aelle lui était précieuse. Comme une pierre ramassée le long d’une rivière et dont les éclats different de ceux des autres. Une pierre imparfaite, rendue rugueuse par le fracas incessant des eaux mais dont la perfectibilité fait sa force.
Un trésor que l’on chéri, car nous seul connaissons sa valeur.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

L’amie qui s’ignore A.B
Quel bonheur de retrouver ce RP. Je te l'ai sûrement déjà dit une bonne dizaine de fois, mais j'adore ce que nous écrivons toutes les deux.

Ma mine curieuse qui est apparue lorsqu'elle a commencé à parler du domaine de son grand-père, de sa famille, des vieux enchantements qui parsèment ses terres s'efface lorsque je comprends où la mène son discours. Je ne peux empêcher mes yeux de s'arrondir sous l'affront et un rire de monter le long de ma gorge. Je le retiens à moitié lorsque la dernière phrase tombe et avec elle l'amusement de Sangblanc qui font comme neige au soleil. Elle ne m'emmènera jamais à eux, soit. Cela ne m'étonne guère. Après tout, nous n'avons pas des rapports aussi proches, elle et moi, elle n'aurait aucun intérêt de me présenter à sa famille. Je ne suis certainement pas du genre que l'on présente à une famille comme la sienne ou à une famille tout court. Je le sais depuis que je suis toute petite et cela me laisse de marbre. Malgré ce tout petit pincement au coeur idiot que j'ai.

Et puis... Ses allusions à quelques épousailles. Quelle drôle d'idée. Moi, une prise de choix ? Je prends quelques secondes pour y réfléchir, même si je sais d'ores et déjà que jamais personne ne me mettra une bague au doigt, peu importe le genre de bague. Évidemment mon intelligence, ma détermination, mes capacités magiques font de moi un parti intéressant. Mais pour le reste ? Certes, j'ai une famille qui se porte bien, qui a les moyens financiers, qui... Merlin, mais quelle idée ! Je pose sur Alice Sangblanc un regard franchement amusé. Il n'y a qu'une personne comme elle pour évoquer une chose comme cela. Une personne qui a une famille qui se perd dans les traditions depuis des décennies. Je ne connais pas grand chose des Sangblanc mais je n'ai pas besoin de connaître pour savoir. Il y a des choses qui se devinent instinctivement. Tout comme je sais que cette jeune fille a eu une éducation précieuse qui la force à contrôler son paraître (c'est évident, enfin), je sais que sa famille est du genre à créer des alliances de cette façon-là. Comme au marché. Ce monde-là est totalement à l'opposé du mien. C'est tout ce qu'a quitté ma mère lorsqu'elle s'est éloignée de ses parents ; et encore, ceux-ci sont bien moins empêtrés dans les traditions que les plus vieilles familles sorcières de notre pays.

Mal à l'aise malgré moi (on me parle tout de même d'épousailles !), je croise, décroise les jambes et fais tourner entre mes doigts ma baguette magique. Je prends vite la parole pour ne pas prendre le risque qu'elle voit tout cela sur mon visage — elle m'observe avec une telle intensité, que cherche-t-elle ?

« Je serais bien contente de découvrir ces vieux enchantements un jour, mais... » Mon visage prend un air insolent. « La prise de choix va devoir décliner toute proposition. »

Ne va-t-elle pas se dire que mon coeur est pris ailleurs ? Et puis de toute manière, qu'est-ce que j'en ai à faire qu'elle pense cela ? Malgré tout, je préfère ajouter sur un ton amusé qui n'a guère l'occasion d'apparaître dans ma bouche depuis plusieurs mois et qui sonne bizarrement chez moi :

« Je suis mariée à la magie. »

Je me rencogne dans mon fauteuil, toujours aussi mal à l'aise, et bien déterminée à effacer cette drôle de discussion que nous avons et qui ressemble fort à un échange amical, ce qui me fait me sentir vulnérable sans que je parvienne à comprendre pourquoi. D'un geste presque impatient, je désigne la chaise face à moi avant de lever le menton vers ma lumineuse compagne.

« Est-ce que tu comptes enfin t'asseoir, Sangblanc, ou tu as autre chose de prévu pour l'heure à suivre ? »

Toutes mes excuses pour ce long retard.
Merlin, parler de "passer la bague au doigt" à Aelle, on ne lui avait jamais faite celle-là ! Dois-je réellement préciser que si Aelle devait choisir parmi un Sangblanc elle choisirait évidemment Alice ? Dois-je préciser également qu'elle l'a pensé, même si cela n'est pas formulé dans mon texte ?