Un jour comme un autre

Elle avait raison, l’originalité pour les uns n’était que banalité pour les autres, et Aki le savait très bien. Seulement le mystère et la noirceur de son interlocutrice la poussait à sortir des phrases génériques, elle ne voulait pas trop se dévoiler au risque d’accroître sa vulnérabilité. Alors quand la sorcière lui répondit à ce sujet, la métisse se contenta d’un hochement de tête, ne souhaitant rien ajouter.

Et lorsqu’elle se retourna complètement face à elle pour lui dire quelques mots, la dragonologiste fit de même, prête à faire face au regard de cette mystérieuse femme. Aki sentit les mots de Juliette percer légèrement sa carapace, et elle resta silencieuse pendant un moment, réfléchissant à la pertinence de ses paroles. Puis, elle laissa échapper un soupir léger, trahissant un mélange de frustration et d'acceptation.

"Vous avez peut-être raison." répondit finalement la balafrée, son visage trahissant une légère faille dans sa façade impassible. "Peut-être que je me suis trop enfermée dans cette image que je dois projeter. Mais il y a toujours une part de moi qui se demande... jusqu'où peut-on vraiment aller dans l'obscurité sans perdre sa propre lumière ?", ajouta ensuite la trentenaire.

Après ces quelques mots Aki fixa son aînée avec un regard intense, comme si elle attendait une réponse qui pourrait la guider vers une nouvelle compréhension de sa propre nature.


224 mots

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Un jour comme un autre
Je trouve amusant comme la femme qui me fait face ne se brise pas sous le coup de l'horreur insinuée par mes paroles. Lors d'une telle conversation, beaucoup se seraient dérobés, ou au moins offusqués. Mais l'asiatique restait presque de marbre, son calme régnant dans la pièce. Cependant, je crois apercevoir un léger, très léger soupçon de doute dans son expression. Cela me donne envie de creuser, cela m'intrigue. C'est bien plus amusant que d'avoir affaire à une personne qui ne peut cacher son dégoût pour mon opinion et sa crainte que je n'aie raison.

Je continue de la regarder.
"J'imagine qu'il n'y a qu'une manière de le savoir.", je lui réponds, toujours avec un sourire. A vrai dire, je ne suis pas non plus certaine de connaître la réponse à cette question. Je ne me souviens plus quand je l'ai perdu, cette lumière. Ou même si je l'avais un jour en moi. Peut-être que j'ai toujours été comme ça. C'est sans doute le cas, car attribuer tout le mérite à Hartman serait terriblement injuste. Je préfère garder les lauriers qui me reviennent de droit.

Je continue de regarder l'inconnue avec malice. Je savoure ce moment intriguant car je ne sais pas si je la reverrai un jour. Je ne suis pas du genre à traîner à je-ne-sais-quelle réserve de dragons. Il serait également dommage que cette belle entrevue prenne fin, mais je sais aussi que je ne peux pas passer la journée ici. Alors, tant que je le peux encore, je creuse un peu plus.


"La vraie question est la suivante : jusqu'où seriez-vous prête à aller pour le découvrir ?"

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Un jour comme un autre
Aki ne détourne pas le regard un seul instant, elle peut percevoir la noirceur de la sorcière mais ne compte pas se laisser intimider. De toute façon elle se montrait mystérieuse et pas menaçante, aucune raison de croire quoique ce soit pour le moment.

Puis la femme dit une phrase, une phrase qui ne laissa pas la balafrée indifférente. Que voulait-elle sous-entendre ? Que pour trouver les limites de sa noirceur, elle devait forcément s’y confronter ? Au fond la noiraude savait que ce raisonnement était plutôt juste, mais elle avait toujours résisté à l’envie de céder à ce type de magie, malgré sa curiosité évidente.

Alors que son interlocutrice sourit malicieusement, la londonienne reste de marbre, le regard toujours plongé dans le sien. Une étrange sensation parcourut le corps de Aki, comme un drôle de frisson, celui qui lui indiquait cette fois qu’elle devait peut-être commencer à se méfier. Pourquoi cette sorcière voulait pousser la métisse à explorer ses limites ? Qu’avait-elle à en tirer ?

Après instant de silence, la responsable de la Réserve prit la parole, d’une voix calme mais déterminée. "Jamais je ne me laisserai aller à de sombres pratiques pour me découvrir, je n’ai pas besoin d’explorer ma noirceur. Je sais qu’elle est là, comme dans chacun d’entre nous, mais je ne lui laisserai pas la place."

"Maintenant si vous le permettez je vais vous laisser, merci pour cette conversation… intéressante.", ajouta Aki qui ne voulait pas s’éterniser.


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Un jour comme un autre
La réaction de mon interlocutrice est plus intéressante que je ne l'espérais. Son visage, tout comme ses paroles, indique que la femme est bien fermée à cette idée. Pourtant, je ne la crois pas vraiment. Je l'écoute presque s'offusquer après ma honteuse suggestion, un peu amusée. Je lui fais un signe de tête.

"Madame." je lui dis finalement, un sourire simple aux lèvres. J'espère que je la recroiserai, car une nouvelle interaction pourrait se révéler terriblement intéressante. Je m'éloigne, fais mine de regarder d'autres choses pour quelques secondes. Peut-être que l'autre personne est déjà partie, je n'ai pas fait attention. Un vendeur s'approche finalement de moi pour me demander si j'ai besoin de renseignements. Cela fait bien dix ou quinze minutes que je suis ici, alors je me dis que si j'en avais eu besoin, c'était au moment de mon arrivée. Mais soit, peu importe. Je dis poliment que non, puis me dirige vers la sortie. J'ai d'autres choses à faire et j'aimerais me reposer chez moi un instant. Cette rencontre a été marquante, et j'aimerais puiser dans ce sentiment en paix. Je ne suis de toute façon pas très intéressée par les collections exposées en ce moment, à mon plus grand regret. La seule chose qui m'intéressait ici était la seule chose que je ne pouvais pas acheter : cette femme, aussi intrigante soit-elle.


FIN

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