Autorisation de sortie spéciale
Samedi 17 Avril 2049
Avec @Narcisse Brando
Avec @Narcisse Brando
Prendre le Poudlard Express après autant d'années.. n'avait pas été aussi perturbant que ce que Suileabhan aurait pu croire de prime abord. Preuve s'il en fallait une que ces vieilles blessures du passé étaient en bonne voie de guérison, en route elles-aussi, vers leur repos en tant que souvenirs. Même à son âge, on ne cessait jamais vraiment de grandir. Grandir, c'était bien la raison pour lui de profiter des congés de printemps, et finalement pas qu'au profit du jeune élève de Poufsouffle qui demeurait dans un autre wagon. Le concierge avait décidé qu'il serait plus sain pour Narcisse Brando - et pour son propre état mental - d'être encore un peu séparé de lui, contrairement à ce qui était prévu pour les quatre prochains jours.
Arrivé en gare, l'irlandais attendit simplement que son élève débarque à sa hauteur avant de se remettre en route en silence. Heureusement pour eux, Cork restait relativement accessible en transport magiques et très rapidement, les deux sorciers purent se retrouver dans les rues du quartier du jeune Brando. Il en avait bien sûr parlé avec Angie, qui les rejoindrait plus tard au cottage avec Dakota, et était ainsi conscient d'une partie de l'environnement familial du garçon. D'un côté, Suileabhan avait une certaine familiarité avec le monde des sans-magie, mais de l'autre, il n'avait jamais côtoyé de parents non-sorciers dans les Îles Britanniques. Et puis, alors qu'il s'était jusque-là contenté de rester au même niveau que Narcisse, le concierge ralentit.
- C'est votre maison, passez le premier. Saluez vos parents, mais rappelez-vous que nous n'avons pas toute la matinée.
Heureusement, récupérer la jeune Willard dont la famille baignait déjà dans la sphère magique allait se révéler plus rapide et moins délicat.
@Onyx Willard et @Angie Miller pour les mentions
Autorisation de sortie spéciale
Reducio
Honor Brando, 42 ans

Honor Brando, 42 ans
Enfin arrivée au niveau du chemin de gravier s'écartant de la route jusqu'à donner à une petite cour contenant une grosse voiture noire, faisant face à une grande colline des plus feuillues, Narcisse s'empressa de rejoindre son mentor en chantonnant joyeusement. La maison simple s'étendait devant eux, quelques branches de lierre escaladant les murs, le jardin et le potager accolé l'un à l'autre, chacun délimités par des petites barrières, adjacents à la maison. Et plus loin, un grand gymnase aux murs neutres se détachait à son tour.
Narcisse leva les yeux vers l'adulte avant de hocher la tête pour se précipiter vers l'entrée.
"Oki ! J'sais pas si Claire est là, mais si oui, faut pas parler d'magie, elle sait pas encore !"
Rajustant son sac sur ses épaules, son index pressa la sonnette prestement.
Honor attendait déjà derrière la fenêtre donnant sur la cour. Depuis plusieurs minutes, pour être honnête. Elle savait que son fils allait arriver incessamment sous peu, Oscar l'avait prévenu par message. Et si lui ne semblait pas le moins du monde inquiété ni même angoissé, ce n'était pas le cas de l'imposante femme qui marcha souplement vers la porte d'entrée lorsque la sonnette retentit dans la maison.
Elle était seule, en cet instant. Claire était au travail, et Oscar était en train de fureter dans des librairies inconnues. C'était parfait, elle n'aurait pas à faire semblant ni à dissimuler l'existence du monde sorcier à son amie. Lorsqu'elle posa la main sur la poigné, le poids de son arme pesa lourdement sur son flanc. Son holster dissimulé sous sa veste n'était pas totalement invisible. Un œil particulièrement acéré pourrait éventuellement reconnaître la bosse d'un pistolet. Mais c'était là son intention.
Une inspiration, elle ouvrit la porte. Son visage se durcit immédiatement lorsqu'ils se posèrent sur l'énorme silhouette qui suivait son fils. Rares étaient le humains qui pouvaient se targuer d'être plus grands qu'elle. Bien que la taille ne fasse pas tout, elle le prit en compte dans ses calculs, observant déjà efficacement l'homme sous ses moindres coutures, analysant et repérant les points faibles. Ses yeux glissèrent sur son foulard, son intuition la chatouillant.
Derrière elle, le couloir d'entrée se profilait, rempli d'étagères contenant les vêtements, et un petit meuble permettant de poser les chaussures. Un épais tapis de couleur bordeaux sombre longeait le couloir, qui débouchait dans le salon éclairé par une grande baie vitrée.
"Mamaaaaan !"
Mais son fils ne la laissa pas réfléchir davantage, et se jeta immédiatement dans ses bras.
En temps normal, elle se serait agenouillée pour mieux lui rendre son câlin, et l'aurait même peut-être soulevé de terre pour mieux profiter des retrouvailles. Mais pas cette fois. Elle se contentait de fixer l'homme, sans faillir, se tenant aussi droite qu'elle s'était toujours tenue. L'une de ses mains vint se poser sur sa cicatrice, par dessus son t-shirt, sur sa poitrine.
Elle inspira, Narcisse leva les yeux vers elle en souriant, avant de se tourner vers Mister Kohler, toujours aussi souriant.
"M'man, lui c'est M'sieur Kohler ! M'sieur Kohler, elle c'est ma maman !"
Honor ne put s'empêcher de cligner des paupières un instant de trop, avant de revenir à la réalité. Sa tête se pencha imperceptiblement sur le côté.
"Honor."
Sa voix était grave et simple. Ni sèche, ni froide, d'une neutralité absolue, mais profonde et vibrante. Elle se força à continuer, incapable de lâcher l'épaule de son fils, qu'elle commençait à très lentement faire venir derrière elle, par réflexe. Son fils ne partageait pas le moins du monde sa méfiance, et observait la scène légèrement désemparé, un petit froncement de sourcils perplexe ornant ses sourcils.
"Ravie que mon fils se soit révélé digne de votre temps."
Sa main libre se crispa insensiblement avant qu'elle ne la tende en direction de l'adulte. Elle était d'un calme parfait, contrôlant chacun de ses mouvements, et chacune de ses respirations.
Tout allait bien se passer. Toutes les fois précédentes s'étaient déroulées sans accroc, pourquoi celle-ci serait différente ?
Bien malgré elle, malgré sa méfiance absolue, son traumatisme indéniable, qui la poursuivait encore après toutes ces années, renforcé par son immersion dans ce nouveau monde, Honor avait quelque peu changé, depuis ce temps. On ne pouvait demeurer éternellement insensible aux démonstrations de bienveillance, aux efforts de s'intégrer, aux volontés développées et mises en place pour protéger son fils. Elle ne pouvait infiniment rester indifférente à tous ces adultes, qui avaient, un à un, petit à petit, fait leur chemin jusqu'à elle, pour embaumer son cœur de leurs mots rassurants, et de leurs promesses emplies de bontés.
Angie Miller, Diarmuid O'Belt, Mia Vermillon...
Petit à petit, sa vigilance perdait des raisons d'être. Du moins, du côté des adultes... Car les histoires que Narcisse racontait à de multiples reprises fait dresser les cheveux sur la tête d'Honor. L'incident avec ce septième année, les blessures qu'il accumulait à son club, certains mots qu'il pouvait entendre et ignorait...
Elle aurait pu cependant accepter de quelque peu se relâcher, si l'adulte qui se tenait face à elle n'était pas l'un de ceux qui avaient, avec Miss Valerion, lancé un sort sur son fils. Elle n'avait pas le moins du monde oublié octobre de l'année dernière, lorsqu'elle avait reçu une lettre expliquant qu'il avait falsifié une lettre. Évidemment, elle en avait parlé avec lui.
Mais elle n'avait pas pour autant passé l'éponge sur l'idée que l'on ait osé toucher à un cheveu de son fils, même si le sort était, et Narcisse l'avait mille fois répété, l'un des plus innocents du monde.
Autorisation de sortie spéciale
Suileabhan avait hoché distraitement la tête aux paroles de l'enfant avant de se faire guider jusqu'à la porte des Brando. Elle s'ouvrit. Et si le concierge avait eu le temps de se préparer, il ne s'était pas attendu à elle. Au premier regard et sans même la détailler, il savait, de cette certitude que seuls peuvent avoir ceux ayant arpenté le même chemin. Ceux savant véritablement ce que les mots guerres et sacrifices signifient. Comme beaucoup, Honor Brando était plus petite que lui mais, toute aussi moldue qu'elle soit, Suileabhan sentait qu'il avait devant lui quelqu'un à son niveau.
Tout cela en une fraction de seconde de surprise que l'irlandais qui ne saurait jamais réprimer ses expressions camouflage derrière un léger sourire lorsqu'il intercepta le regard de la mère vers son foulard de ceinture, ou plutôt ce qui pouvait s'y retrouver. Ce même léger sourire servant de base à Suileabhan pour le propre glissement de son regard vers le flanc légèrement encombré d'Honor Brando. Cette femme était.. intéressante. À la différence de nombre de ses homologues sorciers, le concierge connaissait la puissance d'une arme à feu. Et s'il doutait de sa pleine efficacité en présence de pas moins de deux sorciers, il ne doutait de rien d'autre, et surtout pas de ce que cela pouvait dire sur la sans-magie.
Ces quelques instants de battements furent interrompus par le jeune Brando ravi de retrouver sa mère. Cette fois, Suileabhan ne relèverait pas la suite, son regard acéré attendrit par une scène qui froissait autant qu'il berçait son cœur orphelin. Une seconde, sans que Narcisse ne puisse le voir, il couvra ce dernier d'une tendresse qu'il s'était récemment découverte sur le tard, peut-être grâce à Dakota. Paradoxalement, le concierge rêvait d'un monde où il aurait simplement pu laisser mère et fils là, sur ces retrouvailles, et s'en aller sereinement. Mais ce monde n'existais pas, pas encore, et cela ne put que raffermir sa détermination. Narcisse ne serait ni Andriy, ni Shirin. Alors, Suileabhan serra respectueusement la main d'Honor Brando dans la sienne, plus sérieux, plus résolu.
- Suileabhan.
Il n'avait pas eu le temps d'être amusé par la présentation du jeune Poufsouffle, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander, en voyant et revoyant sa mère, de qui pouvait-il bien tenir. Encore que cela devrait pouvoir dire qu'il avait peut-être un peu de ça en lui. Un autre bon point à lui accorder. Il aurait aimé répondre à la sans-magie que c'était le temps de Narcisse qui était précieux, pas le sien, mais il se tut. Ce n'était pas dans le genre de l'enfant, mais Suileabhan avait déjà décidé de ne pas donner de raisons à l'enfant pour quitter le chemin de l'humilité, aussi talentueux soit-il.
- Je ne fais que lui donner ce que j'aurais aimé qu'on me donne à son âge. N'est-ce pas là notre rôle en tant qu'adultes ?
Enfin, il put entrer à l'intérieur. Par politesse autant que pour la température, Suileabhan retira sa veste bleue, la gardant posée à travers l'un de ses bras qui révélaient désormais les muscles de l'irlandais. Par respect - comme il le faisait observer à Poudlard, mais n'était pas aujourd'hui dans son bureau, le concierge attendit également d'y être invité avant de s'installer. Et il avait beau avoir prévenu Narcisse qu'ils n'avaient pas de temps à perdre, il n'allait pas rester muet pour autant.
- Où avez-vous été déployée ?
Tout cela en une fraction de seconde de surprise que l'irlandais qui ne saurait jamais réprimer ses expressions camouflage derrière un léger sourire lorsqu'il intercepta le regard de la mère vers son foulard de ceinture, ou plutôt ce qui pouvait s'y retrouver. Ce même léger sourire servant de base à Suileabhan pour le propre glissement de son regard vers le flanc légèrement encombré d'Honor Brando. Cette femme était.. intéressante. À la différence de nombre de ses homologues sorciers, le concierge connaissait la puissance d'une arme à feu. Et s'il doutait de sa pleine efficacité en présence de pas moins de deux sorciers, il ne doutait de rien d'autre, et surtout pas de ce que cela pouvait dire sur la sans-magie.
Ces quelques instants de battements furent interrompus par le jeune Brando ravi de retrouver sa mère. Cette fois, Suileabhan ne relèverait pas la suite, son regard acéré attendrit par une scène qui froissait autant qu'il berçait son cœur orphelin. Une seconde, sans que Narcisse ne puisse le voir, il couvra ce dernier d'une tendresse qu'il s'était récemment découverte sur le tard, peut-être grâce à Dakota. Paradoxalement, le concierge rêvait d'un monde où il aurait simplement pu laisser mère et fils là, sur ces retrouvailles, et s'en aller sereinement. Mais ce monde n'existais pas, pas encore, et cela ne put que raffermir sa détermination. Narcisse ne serait ni Andriy, ni Shirin. Alors, Suileabhan serra respectueusement la main d'Honor Brando dans la sienne, plus sérieux, plus résolu.
- Suileabhan.
Il n'avait pas eu le temps d'être amusé par la présentation du jeune Poufsouffle, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander, en voyant et revoyant sa mère, de qui pouvait-il bien tenir. Encore que cela devrait pouvoir dire qu'il avait peut-être un peu de ça en lui. Un autre bon point à lui accorder. Il aurait aimé répondre à la sans-magie que c'était le temps de Narcisse qui était précieux, pas le sien, mais il se tut. Ce n'était pas dans le genre de l'enfant, mais Suileabhan avait déjà décidé de ne pas donner de raisons à l'enfant pour quitter le chemin de l'humilité, aussi talentueux soit-il.
- Je ne fais que lui donner ce que j'aurais aimé qu'on me donne à son âge. N'est-ce pas là notre rôle en tant qu'adultes ?
Enfin, il put entrer à l'intérieur. Par politesse autant que pour la température, Suileabhan retira sa veste bleue, la gardant posée à travers l'un de ses bras qui révélaient désormais les muscles de l'irlandais. Par respect - comme il le faisait observer à Poudlard, mais n'était pas aujourd'hui dans son bureau, le concierge attendit également d'y être invité avant de s'installer. Et il avait beau avoir prévenu Narcisse qu'ils n'avaient pas de temps à perdre, il n'allait pas rester muet pour autant.
- Où avez-vous été déployée ?
Autorisation de sortie spéciale
Les picotements dans la nuque d'Honor ne la trompaient pas. Ils ne la trompaient jamais. La femme disposait, en plus de ses instincts affûtés, une expérience colossale de la vie pour jauger et juger les gens. Et l'homme qui se tenait face à elle n'était n'importe qui.
Déjà, son esprit concevait mille scénarios, mille chemins, mille exemples. Des dizaines et des dizaines d'affrontements se tinrent, eurent lieu, son shadow boxing mental fit grimper sa température corporelle en flèche, et Narcisse leva un regard froncé vers sa maman, sentant le contact de sa main se réchauffer. Il n'avait pas la moindre idée de la scène qui se déroulait sous ses yeux, il ne comprenait pas le moins du monde l'infime joute qui se tint entre les deux adultes. Il n'eut pas conscience de l'évaluation des forces, de la puissance et du pouvoir de deux professionnels vétérans qui savaient ce qu'ils voyaient, et qui faisaient confiance à leur expérience.
La monde éclata autour de la militaire lorsque l'homme ouvrit la bouche, la ramenant sur le champ à la réalité. Son coeur battait beaucoup trop vite dans sa poitrine, sa vision se flouta légèrement. Elle savait qu'elle n'était pas passé loin d'un crise de syndrome post-traumatique, elle en reconnaissait désormais les symptômes beaucoup aisément. Grâce à Claire et à son traitement, et surtout, la présence de son fils à ses côtés. Elle inspira profondément, hochant la tête en rendant la même force que le concierge dans sa poignée de main.
Elle dissimulait cela à la perfection, mais au fond d'elle, une pointe d'angoisse venait de germer.
En effet, sur les milliers de scénarios qu'elle venait de concevoir dans son palais mental, elle ne ressortait victorieuse d'un affrontement avec cet homme que dans un quart des cas, tout au mieux. Et encore, la majorité du temps, c'était en raison de sa rapidité et de l'effet de surprise. Sans magie, l'affaire eut été tout autre. Mais de toute évidence, cette option n'était pas envisageable, et perdre du temps sur des chimères était d'une futilité sans nom.
Elle et son fils se décalèrent pour laisser pénétrer l'adulte à l'intérieur. Narcisse ne se fit pas prier pour commencer à montrer l'intérieur avec gaieté et avec joie.
"Alors là vous pouvez poser votre veste, là vos chaussures, et là c'est le salon, là c'est les canapés ! Si on avait l'temps on aurait pu faire une partie de jeux vidéos, ou on aurait pu aller dans l'gymnase, vous voulez p't'être le voir ! Et... oh, vous pouvez vous asseoir où vous voulez héhé !"
Il n'entendit pas les mots que confia le concierge à sa mère, tandis qu'il s'asseyait sur le grand canapé dos à la baie vitrée. Honor ne put retenir un premier sourire malgré elle. Cette réponse était des plus satisfaisante. Propre et sans bavure, ni trop franche, ni trop fausse. Mais dans le même temps que progressait son intérêt, sa méfiance s'accrue de nouveau. Un soupir, elle avança.
"C'est en effet notre rôle en tant qu'adultes. Bien que rien ne vous y obligeait, apparemment. Pas même votre fonction au sein de cette école."
Petit regard en coin, une levée imperceptible de la commissure de ses lèvres. Pourquoi un concierge prendrait le temps d'entraîner son fils ? Elle pouvait comprendre pour les professeurs, ils étaient payés pour cela, mais lui... Elle dissimula son sourire en tournant la tête pour rejoindre son fils, en s'asseyant à côté de lui, le prenant dans ses bras sans réfléchir pour déposer un baiser dans ses cheveux.
Elle redressa le regard. Oui, de toute évidence, il ne disait pas tout. Et même si elle ne sentait pas de mauvaise intention, il lui était impossible d'exclure le pire. Comme à son habitue, dans tout ce qui touchait de près ou de loin à sa famille. Se préparer au pire, espérer le meilleur.
Un battement de cils, un battement de cœur. Tout juste le temps de reprendre son souffle. Narcisse sentit la tension de sa mère avant même qu'elle ne la conceptualise. Il observa le concierge, puis sa mère, ses traits trahissant son inquiétude, face à son silence. Elle retint son sourire. Oui, il ne tournait pas autour du pot, c'était préférable. Elle se doutait qu'il se doutait, voire même qu'il savait. Aucune importance. Elle ferma les yeux et commença à caresser les cheveux de Narcisse, qui suivit la conversation avec le plus grand intérêt.
"Passons les conflits moldus, je vous prie. Je me doute du sens de votre question, et je doute que vous vous intéresseriez aux guerres du Moyen-Orient, de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Sud... Quoique..."
Quoique, peut-être qu'elle se trompait. Et elle s'en doutait. Mais elle se doutait encore davantage d'où il voulait en venir, et elle craignait que si elle s'immergeait dans ce petit jeu, les souvenirs l'assaillent sans qu'elle puissent les contrôler.
Elle se redressa droitement et parfaitement maîtresse d'elle-même.
"Je ne me rappelle pas vous avoir croisé à l'Hôpital Sainte-Mangouste, ni à votre ancien Ministère, il y a quelques années. J'ose espérer que contrairement à moi, votre..."
Narcisse bondit sans prévenir en se redressant à son tour, soudainement pris par une émotion sortie de nulle part et imprévisible. Les larmes pointaient déjà le bout de leur nez aux coins de ses yeux.
"Elle a tué personne m'sieur ! Elle... C'était pas sa faute ! Elle a démissionné ! Elle a faillit aller en cour martiale pour ça ! Elle..."
Sa gorge se serra, mais son regard s'était teinté d'une détermination d'acier, encore plus forte que celle de sa mère. L'ombre de qui il serait un jour, affrontant sans la moindre peur l'adulte, se souciant bien peu des conséquences éventuelles. Prise par l'émotion à son tour, sa mère prit un petit instant pour se reprendre.
Contrôler son rythme cardiaque, ne pas laisser les émotions prendre le dessus, ne pas laisser les souvenirs, les craintes, les peurs, les appréhensions, la dominer. Demeurer maîtresse d'elle-même, comme elle savait si bien le faire, juguler ses émotions et les enterrer profondément au fond d'elle, sans hésiter. Au-delà des souvenirs, c'était surtout l'intervention de son fils pour la défendre qui affaiblit brusquement ses défenses. Elle put tout juste poser sa main sur son épaule pour le faire rasseoir doucement.
Déjà, son esprit concevait mille scénarios, mille chemins, mille exemples. Des dizaines et des dizaines d'affrontements se tinrent, eurent lieu, son shadow boxing mental fit grimper sa température corporelle en flèche, et Narcisse leva un regard froncé vers sa maman, sentant le contact de sa main se réchauffer. Il n'avait pas la moindre idée de la scène qui se déroulait sous ses yeux, il ne comprenait pas le moins du monde l'infime joute qui se tint entre les deux adultes. Il n'eut pas conscience de l'évaluation des forces, de la puissance et du pouvoir de deux professionnels vétérans qui savaient ce qu'ils voyaient, et qui faisaient confiance à leur expérience.
La monde éclata autour de la militaire lorsque l'homme ouvrit la bouche, la ramenant sur le champ à la réalité. Son coeur battait beaucoup trop vite dans sa poitrine, sa vision se flouta légèrement. Elle savait qu'elle n'était pas passé loin d'un crise de syndrome post-traumatique, elle en reconnaissait désormais les symptômes beaucoup aisément. Grâce à Claire et à son traitement, et surtout, la présence de son fils à ses côtés. Elle inspira profondément, hochant la tête en rendant la même force que le concierge dans sa poignée de main.
Elle dissimulait cela à la perfection, mais au fond d'elle, une pointe d'angoisse venait de germer.
En effet, sur les milliers de scénarios qu'elle venait de concevoir dans son palais mental, elle ne ressortait victorieuse d'un affrontement avec cet homme que dans un quart des cas, tout au mieux. Et encore, la majorité du temps, c'était en raison de sa rapidité et de l'effet de surprise. Sans magie, l'affaire eut été tout autre. Mais de toute évidence, cette option n'était pas envisageable, et perdre du temps sur des chimères était d'une futilité sans nom.
Elle et son fils se décalèrent pour laisser pénétrer l'adulte à l'intérieur. Narcisse ne se fit pas prier pour commencer à montrer l'intérieur avec gaieté et avec joie.
"Alors là vous pouvez poser votre veste, là vos chaussures, et là c'est le salon, là c'est les canapés ! Si on avait l'temps on aurait pu faire une partie de jeux vidéos, ou on aurait pu aller dans l'gymnase, vous voulez p't'être le voir ! Et... oh, vous pouvez vous asseoir où vous voulez héhé !"
Il n'entendit pas les mots que confia le concierge à sa mère, tandis qu'il s'asseyait sur le grand canapé dos à la baie vitrée. Honor ne put retenir un premier sourire malgré elle. Cette réponse était des plus satisfaisante. Propre et sans bavure, ni trop franche, ni trop fausse. Mais dans le même temps que progressait son intérêt, sa méfiance s'accrue de nouveau. Un soupir, elle avança.
"C'est en effet notre rôle en tant qu'adultes. Bien que rien ne vous y obligeait, apparemment. Pas même votre fonction au sein de cette école."
Petit regard en coin, une levée imperceptible de la commissure de ses lèvres. Pourquoi un concierge prendrait le temps d'entraîner son fils ? Elle pouvait comprendre pour les professeurs, ils étaient payés pour cela, mais lui... Elle dissimula son sourire en tournant la tête pour rejoindre son fils, en s'asseyant à côté de lui, le prenant dans ses bras sans réfléchir pour déposer un baiser dans ses cheveux.
Elle redressa le regard. Oui, de toute évidence, il ne disait pas tout. Et même si elle ne sentait pas de mauvaise intention, il lui était impossible d'exclure le pire. Comme à son habitue, dans tout ce qui touchait de près ou de loin à sa famille. Se préparer au pire, espérer le meilleur.
Un battement de cils, un battement de cœur. Tout juste le temps de reprendre son souffle. Narcisse sentit la tension de sa mère avant même qu'elle ne la conceptualise. Il observa le concierge, puis sa mère, ses traits trahissant son inquiétude, face à son silence. Elle retint son sourire. Oui, il ne tournait pas autour du pot, c'était préférable. Elle se doutait qu'il se doutait, voire même qu'il savait. Aucune importance. Elle ferma les yeux et commença à caresser les cheveux de Narcisse, qui suivit la conversation avec le plus grand intérêt.
"Passons les conflits moldus, je vous prie. Je me doute du sens de votre question, et je doute que vous vous intéresseriez aux guerres du Moyen-Orient, de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Sud... Quoique..."
Quoique, peut-être qu'elle se trompait. Et elle s'en doutait. Mais elle se doutait encore davantage d'où il voulait en venir, et elle craignait que si elle s'immergeait dans ce petit jeu, les souvenirs l'assaillent sans qu'elle puissent les contrôler.
Elle se redressa droitement et parfaitement maîtresse d'elle-même.
"Je ne me rappelle pas vous avoir croisé à l'Hôpital Sainte-Mangouste, ni à votre ancien Ministère, il y a quelques années. J'ose espérer que contrairement à moi, votre..."
Narcisse bondit sans prévenir en se redressant à son tour, soudainement pris par une émotion sortie de nulle part et imprévisible. Les larmes pointaient déjà le bout de leur nez aux coins de ses yeux.
"Elle a tué personne m'sieur ! Elle... C'était pas sa faute ! Elle a démissionné ! Elle a faillit aller en cour martiale pour ça ! Elle..."
Sa gorge se serra, mais son regard s'était teinté d'une détermination d'acier, encore plus forte que celle de sa mère. L'ombre de qui il serait un jour, affrontant sans la moindre peur l'adulte, se souciant bien peu des conséquences éventuelles. Prise par l'émotion à son tour, sa mère prit un petit instant pour se reprendre.
Contrôler son rythme cardiaque, ne pas laisser les émotions prendre le dessus, ne pas laisser les souvenirs, les craintes, les peurs, les appréhensions, la dominer. Demeurer maîtresse d'elle-même, comme elle savait si bien le faire, juguler ses émotions et les enterrer profondément au fond d'elle, sans hésiter. Au-delà des souvenirs, c'était surtout l'intervention de son fils pour la défendre qui affaiblit brusquement ses défenses. Elle put tout juste poser sa main sur son épaule pour le faire rasseoir doucement.
Autorisation de sortie spéciale
Installé dans un calme tout relatif après un nouvel éclat d'excitation du Poufsouffle, Suileabhan était face à l'enfant et sa mère, plus proche de cette dernière. La question ne le prit pas vraiment par surprise. Après tout, seuls ceux qui le connaissaient vraiment bien savait tout ce qui pouvait bien se trouver derrière le Concierge de Poudlard. D'autant qu'il sentait ici plus de curiosité teintée d'inquiétude que d'un vulgaire mépris mal maîtrisé.
- Pourtant, plus que les professeurs que vous citez, pourtant c'est bien à mon rôle, et donc à moi qu'incombe cette tâche. Je dois protéger cette école, oui, ce qui passe bien entendu par superviser son entretien, et le respect du règlement intérieur. Mais derrière celà, qu'est-ce que protéger un école ? Ses murs, son terrain ? Une école à l'air libre, une école sans professeur, une école sans salle de classe est toujours une école. Mais une école sans enfants, sans élèves... Je veille sur Poudlard, comme beaucoup d'autres, ce qui signifie que je dois avant tout veiller sur ses étudiants. Et si cela doit passer par des méthodes un peu plus particulières, comme avec Narcisse, soit.
S'il avait eu le temps, il aurait sûrement demandé dans un demi-sourire si l'entretien d'embauche était terminé. Mais il y'avait plus intéressant, à savoir la réponse d'Honor Brando à sa question à lui. Grimaçant à la mention de l'Europe de l'Est, Suileabhan fit remonter sa jambe, laissant apparaître le tatouage, la vieille trace d'appartenance à une obscur unité de défense ukrainienne, gravée dans sa chair il y'avait presque trente ans de cela.
- J'y ai mené mon..notre premier combat. Celui où l'on essaie de garder chaque vie auprès de nous. Un combat que l'on perd trop souvent, même à l'aide d'une baguette. Et d'autres conflits, toujours trop nombreux, toujours plus loin, dont les habitants de ce pays - sans distinction - n'ont peu ou pas entendu parler. Aucune guerre n'a de sens, mais toutes m'intéressent : elles donnent du sens à mon propre combat.
L'irlandais n'avait aucun mal à se montrer ouvert et honnête avec la mère du sorcier. Après tout, il s'agissait là de réflexions nés de sentiments depuis des décennies éprouvés, depuis des années faisant partie de son identité. Honor Brando ne faisait pas partie de la vie de Suileabhan, et n'y pesait aucun autre poids que celui d'aujourd'hui. En bon Serdaigle, il savait qu'il avait toutes les raisons du monde de s'exprimer le plus clairement possible. La réaction des deux, l'adulte puis l'enfant, le prit cependant par surprise. Oh.. c'était.. ça expliquait certaines choses. Qu'Odin bénisse ses discussions avec Angie.
- Du calme, mon garçon. Je crois entrevoir ce à quoi vous faites allusion mais.. je ne suis revenu à la.. civilisation britannique qu'en 47. Vous avez le mauvais interlocuteur pour ces discussions.
Il se tourna vers la mère.
- Et donc pour vous répondre, aucun des gouvernements - le Ministère, et ce qui en a émergé - que vous avez pu connaître n'était le _mien_. N'y voyez pas non plus de justification quelconque, mais Narcisse aura tôt fait d'avoir passé plus de temps que moi dans les Îles Britanniques.
Avant de conclure, il se retourna cette fois vers le Poufsouffle. Pourtant, sa réponse était adressé aux deux.
- Dans tous les cas, ce n'est pour cela que nous sommes ici, mais pour toi. Le reste, pour autant que ça ait touché chacun d'entre nous, le reste n'a pas d'importance pour le moment. Ou moins que de ne pas trop faire attendre Miss Miller.
- Pourtant, plus que les professeurs que vous citez, pourtant c'est bien à mon rôle, et donc à moi qu'incombe cette tâche. Je dois protéger cette école, oui, ce qui passe bien entendu par superviser son entretien, et le respect du règlement intérieur. Mais derrière celà, qu'est-ce que protéger un école ? Ses murs, son terrain ? Une école à l'air libre, une école sans professeur, une école sans salle de classe est toujours une école. Mais une école sans enfants, sans élèves... Je veille sur Poudlard, comme beaucoup d'autres, ce qui signifie que je dois avant tout veiller sur ses étudiants. Et si cela doit passer par des méthodes un peu plus particulières, comme avec Narcisse, soit.
S'il avait eu le temps, il aurait sûrement demandé dans un demi-sourire si l'entretien d'embauche était terminé. Mais il y'avait plus intéressant, à savoir la réponse d'Honor Brando à sa question à lui. Grimaçant à la mention de l'Europe de l'Est, Suileabhan fit remonter sa jambe, laissant apparaître le tatouage, la vieille trace d'appartenance à une obscur unité de défense ukrainienne, gravée dans sa chair il y'avait presque trente ans de cela.
- J'y ai mené mon..notre premier combat. Celui où l'on essaie de garder chaque vie auprès de nous. Un combat que l'on perd trop souvent, même à l'aide d'une baguette. Et d'autres conflits, toujours trop nombreux, toujours plus loin, dont les habitants de ce pays - sans distinction - n'ont peu ou pas entendu parler. Aucune guerre n'a de sens, mais toutes m'intéressent : elles donnent du sens à mon propre combat.
L'irlandais n'avait aucun mal à se montrer ouvert et honnête avec la mère du sorcier. Après tout, il s'agissait là de réflexions nés de sentiments depuis des décennies éprouvés, depuis des années faisant partie de son identité. Honor Brando ne faisait pas partie de la vie de Suileabhan, et n'y pesait aucun autre poids que celui d'aujourd'hui. En bon Serdaigle, il savait qu'il avait toutes les raisons du monde de s'exprimer le plus clairement possible. La réaction des deux, l'adulte puis l'enfant, le prit cependant par surprise. Oh.. c'était.. ça expliquait certaines choses. Qu'Odin bénisse ses discussions avec Angie.
- Du calme, mon garçon. Je crois entrevoir ce à quoi vous faites allusion mais.. je ne suis revenu à la.. civilisation britannique qu'en 47. Vous avez le mauvais interlocuteur pour ces discussions.
Il se tourna vers la mère.
- Et donc pour vous répondre, aucun des gouvernements - le Ministère, et ce qui en a émergé - que vous avez pu connaître n'était le _mien_. N'y voyez pas non plus de justification quelconque, mais Narcisse aura tôt fait d'avoir passé plus de temps que moi dans les Îles Britanniques.
Avant de conclure, il se retourna cette fois vers le Poufsouffle. Pourtant, sa réponse était adressé aux deux.
- Dans tous les cas, ce n'est pour cela que nous sommes ici, mais pour toi. Le reste, pour autant que ça ait touché chacun d'entre nous, le reste n'a pas d'importance pour le moment. Ou moins que de ne pas trop faire attendre Miss Miller.
Autorisation de sortie spéciale
Honor observait toujours avec autant de vigilance le concierge, guettant le moindre de ses mouvements avec une précision assassine. Petit à petit, elle commençait à le lire, à le déchiffre. Comme à son habitude, c'était sa manière de faire, de fonctionner, de vivre. Elle analysait, suranalysait. Observait le moindre détail, l'intégrait, construisait sa grande toile, bâtissait ses fondations, creusait ses protections. L'information est la base de tout, et passe par l'observation attentive de ses interlocuteurs, pour ne surtout pas leur laisser l'initiative. En aucun cas. Jusqu'à présent, elle avait toujours suivi ce crédo à la lettre, et ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait commencer à se relâcher.
Aussi remarqua-t-elle bien évidemment l'esquisse du tatouage qui se révéla un court instant à ses yeux. Mais ce n'était pas suffisant pour en tirer une quelconque conclusion. Aussi se concentra-t-elle davantage sur les mots qu'il prononça à la suite. La moindre tournure de phrase, la moindre hésitation pouvait en dire beaucoup.
Et elle se surpris à laisser les mots qu'elle entendit résonner en elle. Les guerres donnent du sens à son combat. Pour une femme qui avait passé sa vie au milieu, sous toutes ses formes, qui avait consacré la moindre miette de son énergie depuis ses quinze ans à bâtir son corps et son esprit pour le combat, tout cela en disait long. Mais elle n'en montra rien. Il était hors de question de construire un quelconque avis aussi tôt, et pour le moment, sa méfiance ne décroirait pas le moins du monde. Elle se contenta de répondre par simple hochement de tête avant l'intervention de Narcisse, qui la laissa dans l'état décrit plus tôt.
Narcisse, les larmes aux yeux, qu'elle venait de faire asseoir par une simple pression sur son épaule. Comme elle le sentait trembler, sous ses doigts. Et elle ne put retenir son sourire lorsqu'elle analysa que ces tremblements n'étaient pas dû ni à la tristesse ni à l'angoisse, ni même à une quelconque faiblesse, mais à une rage qu'elle ne connaissait que trop bien. Ainsi donc, son fils aussi en était capable. Ce n'était pas le moment pour dire qu'elle était fière de lui, mais cela l'aida à se ressaisir.
Elle plongea ses yeux dans ceux du concierge. Et si une partie de son discours suffit à apaiser les tensions, ce n'était pas assez. Il était un sorcier, elle était une moldue, et elle allait lui confier son fils. L'absurdité de la situation lui apparue comme évidente, malgré tout. La violence qu'elle devait se faire pour faire taire ses démons aurait suffit à mettre à bas n'importe quelle citadelle. Sauf celle au sein de laquelle ses cauchemars rampaient encore, au milieu des couloirs souterrains, ou au plus haut des tours imprenables de son esprit.
Narcisse baissa les yeux, rougissant, comme honteux de s'être si brusquement interposé. Honor allait pour lui caresser les cheveux, lorsqu'un nom fit redresser le regard des deux âmes assises côte à côte.
L'enfant afficha rapidement un immense sourire de joie, d'incrédulité et rayonnait désormais.
"Vous connaissez Angie ?!"
Honor, elle, ne put s'empêcher de sourire à la réaction de son fils. De toute évidence, il la connaissait. Mais son attitude quant à cette révélation différait quelque peu. Hésitation et perplexité. Défiance. Mais, au fond d'elle, dans un coin de son esprit dont elle n'était pas forcément encore prête à laisser la porte s'entrouvrit, elle perçut la rassurance que lui procurait cette information.
Narcisse ne serait pas totalement seul. Il serait en présence de quelqu'un à qui Honor avait plus ou moins confié une partie de sa confiance. Qu'elle avait certes détruit en disparaissait de l'endroit où Narcisse aurait eu le plus besoin d'elle, mais étant donné la personne qui l'avait remplacé, ce n'était peut-être pas si mal. Elle se redressa souplement, les mains sur ses cuisses.
"J'ignorais que vous entreteniez des relations avec Miss Miller."
Ses yeux se plissèrent légèrement, sa tête pencha imperceptiblement sur le côté. Tic de sa réflexion donc son fils avait hérité, même s'il le manifeste de façon bien moins subtil. Lui, au moins, ne ressemblait pas à un puissant serpent, écho aux tatouages de la militaire, lorsqu'il penchait la tête pour observer ses interlocuteurs. Elle, si.
Une pensée lui était venue. Un soupçon, une méfiance, encore une.
"Est-ce dans vos habitudes, de prendre un élève sous votre aile de cette manière ?"
Question à multiples sens et à multiples issues. La manière préférées d'Honor d'échapper à ses souvenirs et à ses réactions. Claire l'aurait fortement réprimandé, si elle l'avait vu. Mais elle devait impérativement reprendre le contrôle de tout ce qu'elle pouvait si elle voulait détruire tous les angles d'attaque de ses souvenirs post-traumatiques qui menaçaient de refaire surface à tout instant.
Aussi remarqua-t-elle bien évidemment l'esquisse du tatouage qui se révéla un court instant à ses yeux. Mais ce n'était pas suffisant pour en tirer une quelconque conclusion. Aussi se concentra-t-elle davantage sur les mots qu'il prononça à la suite. La moindre tournure de phrase, la moindre hésitation pouvait en dire beaucoup.
Et elle se surpris à laisser les mots qu'elle entendit résonner en elle. Les guerres donnent du sens à son combat. Pour une femme qui avait passé sa vie au milieu, sous toutes ses formes, qui avait consacré la moindre miette de son énergie depuis ses quinze ans à bâtir son corps et son esprit pour le combat, tout cela en disait long. Mais elle n'en montra rien. Il était hors de question de construire un quelconque avis aussi tôt, et pour le moment, sa méfiance ne décroirait pas le moins du monde. Elle se contenta de répondre par simple hochement de tête avant l'intervention de Narcisse, qui la laissa dans l'état décrit plus tôt.
Narcisse, les larmes aux yeux, qu'elle venait de faire asseoir par une simple pression sur son épaule. Comme elle le sentait trembler, sous ses doigts. Et elle ne put retenir son sourire lorsqu'elle analysa que ces tremblements n'étaient pas dû ni à la tristesse ni à l'angoisse, ni même à une quelconque faiblesse, mais à une rage qu'elle ne connaissait que trop bien. Ainsi donc, son fils aussi en était capable. Ce n'était pas le moment pour dire qu'elle était fière de lui, mais cela l'aida à se ressaisir.
Elle plongea ses yeux dans ceux du concierge. Et si une partie de son discours suffit à apaiser les tensions, ce n'était pas assez. Il était un sorcier, elle était une moldue, et elle allait lui confier son fils. L'absurdité de la situation lui apparue comme évidente, malgré tout. La violence qu'elle devait se faire pour faire taire ses démons aurait suffit à mettre à bas n'importe quelle citadelle. Sauf celle au sein de laquelle ses cauchemars rampaient encore, au milieu des couloirs souterrains, ou au plus haut des tours imprenables de son esprit.
Narcisse baissa les yeux, rougissant, comme honteux de s'être si brusquement interposé. Honor allait pour lui caresser les cheveux, lorsqu'un nom fit redresser le regard des deux âmes assises côte à côte.
L'enfant afficha rapidement un immense sourire de joie, d'incrédulité et rayonnait désormais.
"Vous connaissez Angie ?!"
Honor, elle, ne put s'empêcher de sourire à la réaction de son fils. De toute évidence, il la connaissait. Mais son attitude quant à cette révélation différait quelque peu. Hésitation et perplexité. Défiance. Mais, au fond d'elle, dans un coin de son esprit dont elle n'était pas forcément encore prête à laisser la porte s'entrouvrit, elle perçut la rassurance que lui procurait cette information.
Narcisse ne serait pas totalement seul. Il serait en présence de quelqu'un à qui Honor avait plus ou moins confié une partie de sa confiance. Qu'elle avait certes détruit en disparaissait de l'endroit où Narcisse aurait eu le plus besoin d'elle, mais étant donné la personne qui l'avait remplacé, ce n'était peut-être pas si mal. Elle se redressa souplement, les mains sur ses cuisses.
"J'ignorais que vous entreteniez des relations avec Miss Miller."
Ses yeux se plissèrent légèrement, sa tête pencha imperceptiblement sur le côté. Tic de sa réflexion donc son fils avait hérité, même s'il le manifeste de façon bien moins subtil. Lui, au moins, ne ressemblait pas à un puissant serpent, écho aux tatouages de la militaire, lorsqu'il penchait la tête pour observer ses interlocuteurs. Elle, si.
Une pensée lui était venue. Un soupçon, une méfiance, encore une.
"Est-ce dans vos habitudes, de prendre un élève sous votre aile de cette manière ?"
Question à multiples sens et à multiples issues. La manière préférées d'Honor d'échapper à ses souvenirs et à ses réactions. Claire l'aurait fortement réprimandé, si elle l'avait vu. Mais elle devait impérativement reprendre le contrôle de tout ce qu'elle pouvait si elle voulait détruire tous les angles d'attaque de ses souvenirs post-traumatiques qui menaçaient de refaire surface à tout instant.
Autorisation de sortie spéciale
Même si ses mots, reflets de ses propres pensée, avaient su apaiser une conversation que Suileabhan n'avait pas anticipé partir dans ces directions, l'homme commençait à s'impatienter. Récupérer Willard, retrouver Angie n'avait beau être qu'une simple formalité, les enfants et lui n'avaient que quelques dizaines d'heures à leur disposition pour progresser efficacement, il n'était pas question d'en perdre encore une ici, pas même pour rassurer une mère dont nombre d'inquiétudes semblaient bien ne pas tellement à voir avec sa présence aujourd'hui en tant que telle. La mention de sa récente compagne semblait cependant avoir étrangement attiré l'attention du fils et, plus étonnant encore, de sa mère. Fussent-ils seuls, le concierge n'aurait eu aucun scrupule à tancer le jeune Poufsouffle d'un « Voyons Brando, comment pourrais-je ne pas connaître une de mes anciennes collègues ? », mais le moment et le lieu étaient mals choisis pour encore une fois remettre en question les remarques du garçon.
- Miss Miller, Angie, est une ancienne collègue qui me fait depuis plusieurs mois l'honneur de partager ma vie. Pour le reste, voyez avec mon avocat.
Suileabhan n'avait pas pu s'en empêcher, l'ombre d'un sourire flottant encore sur ses lèvres avant qu'il ne reprenne la parole. Son amante semblant avoir un étrange effet apaisant sur les résidents de ce logis, l'esprit du Serdaigle avait considéré qu'il avait tout à gagner à au moins établir cette vérité. Et puis, il vallait mieux que Narcisse l'apprenne de cette manière, plutôt que d'obtenir des soupçons lors de ces quelques jours, qu'il filerait raconter à qui voudrait bien l'écouter au sein de ses petits camarades.
- Bien entendu, je compte sur la discrétion de Narcisse à ce sujet. Et pour vous répondre, Mrs Brando, Narcisse ne sera ni le premier, ni le dernier enfant de Poudlard à recevoir mon aide sur les questions de la magie.
Et c'était vrai, bien que l'enfant n'avait rien à voir avec ce qu'il apportait aux jeunes de l'UDS. Sentant que cela était nécessaire pour qu'ils puissent enfin sous peu repartir vers leur véritable destination, l'irlandais quitta un temps la souplesse pour la fermeté. Une fermeté douce et sans agressivité, née de sa résolution. Quelque chose qu'il n'avait jamais penser un jour exprimer avant d'être conforté ces derniers mois, tant par les élèves que par Poudlard, son maître ou ses propres convictions.
- J'ai beau ne pas avoir eu la chance de poursuivre d'études supérieures, je reste un expert en protection et en assaut magique ayant passé près de la moitié de sa vie active en tant qu'infirmier de terrain.
Si Suileabhan n'aimait pas mettre en avant ses réalisations, il était bien obligé de le faire aujourd'hui, le plus modestement possible. Ces vérités-ci valaient mieux encore que d'avouer devant mère et fils que ce qui le motivait avant tout à prendre Narcisse sous son aile, c'est qu'il avait été "Narcisse". Oh, différent bien sûr, aussi différent que peuvent l'être deux enfants nés à deux générations d'intervalle ou presque, mais cela ne changeait rien au fait que le concierge se reconnaissait en lieu comme en aucun autre. Ou plutôt, qu'il reconnaissait l'enfant, l'adolescent qu'il avait été. Le Poufsouffle avait en lui les mêmes traits, peut-être plus fort encore, qui chez Suileabhan avaient été écrasés à néant par un divorce et un impitoyable conflit. Et surtout, le même talent pour la magie, un talent plus pur, plus brut, qui ne devrait jamais l'emmener sur les mêmes voies que lui. Et cela, pour le propre bien de l'enfant, l'adulte s'était résolu à ne jamais le lui exprimer. Mais à toujours le guider.
- Je ne vais pas faire de votre fils mon instrument, ni ma revanche sur la vie ou que sais-je encore des ces imbécillités que d'autres adultes de tout âge et tout horizon essaient d'imprimer sur les jeunes générations. Narcisse ne sera jamais comme moi, et c'est tant mieux. Comme à d'autres, je lui offre le principe même de l'éducation : les clefs de forger sa propre volonté, guidé par l'expérience des années. Et pour cela je ne vous l'apprends pas, l'entraînement est la voie qui s'impose à tous.
- Miss Miller, Angie, est une ancienne collègue qui me fait depuis plusieurs mois l'honneur de partager ma vie. Pour le reste, voyez avec mon avocat.
Suileabhan n'avait pas pu s'en empêcher, l'ombre d'un sourire flottant encore sur ses lèvres avant qu'il ne reprenne la parole. Son amante semblant avoir un étrange effet apaisant sur les résidents de ce logis, l'esprit du Serdaigle avait considéré qu'il avait tout à gagner à au moins établir cette vérité. Et puis, il vallait mieux que Narcisse l'apprenne de cette manière, plutôt que d'obtenir des soupçons lors de ces quelques jours, qu'il filerait raconter à qui voudrait bien l'écouter au sein de ses petits camarades.
- Bien entendu, je compte sur la discrétion de Narcisse à ce sujet. Et pour vous répondre, Mrs Brando, Narcisse ne sera ni le premier, ni le dernier enfant de Poudlard à recevoir mon aide sur les questions de la magie.
Et c'était vrai, bien que l'enfant n'avait rien à voir avec ce qu'il apportait aux jeunes de l'UDS. Sentant que cela était nécessaire pour qu'ils puissent enfin sous peu repartir vers leur véritable destination, l'irlandais quitta un temps la souplesse pour la fermeté. Une fermeté douce et sans agressivité, née de sa résolution. Quelque chose qu'il n'avait jamais penser un jour exprimer avant d'être conforté ces derniers mois, tant par les élèves que par Poudlard, son maître ou ses propres convictions.
- J'ai beau ne pas avoir eu la chance de poursuivre d'études supérieures, je reste un expert en protection et en assaut magique ayant passé près de la moitié de sa vie active en tant qu'infirmier de terrain.
Si Suileabhan n'aimait pas mettre en avant ses réalisations, il était bien obligé de le faire aujourd'hui, le plus modestement possible. Ces vérités-ci valaient mieux encore que d'avouer devant mère et fils que ce qui le motivait avant tout à prendre Narcisse sous son aile, c'est qu'il avait été "Narcisse". Oh, différent bien sûr, aussi différent que peuvent l'être deux enfants nés à deux générations d'intervalle ou presque, mais cela ne changeait rien au fait que le concierge se reconnaissait en lieu comme en aucun autre. Ou plutôt, qu'il reconnaissait l'enfant, l'adolescent qu'il avait été. Le Poufsouffle avait en lui les mêmes traits, peut-être plus fort encore, qui chez Suileabhan avaient été écrasés à néant par un divorce et un impitoyable conflit. Et surtout, le même talent pour la magie, un talent plus pur, plus brut, qui ne devrait jamais l'emmener sur les mêmes voies que lui. Et cela, pour le propre bien de l'enfant, l'adulte s'était résolu à ne jamais le lui exprimer. Mais à toujours le guider.
- Je ne vais pas faire de votre fils mon instrument, ni ma revanche sur la vie ou que sais-je encore des ces imbécillités que d'autres adultes de tout âge et tout horizon essaient d'imprimer sur les jeunes générations. Narcisse ne sera jamais comme moi, et c'est tant mieux. Comme à d'autres, je lui offre le principe même de l'éducation : les clefs de forger sa propre volonté, guidé par l'expérience des années. Et pour cela je ne vous l'apprends pas, l'entraînement est la voie qui s'impose à tous.
Autorisation de sortie spéciale
Ce fut suffisant pour Honor, d'entendre à quel point le concierge justifiait son envie d'entraîner son fils, et de le prendre sous son aile. Et malgré toute sa résilience et sa retenue, ce fut bien plus fort qu'elle, et sans prévenir, elle ne put s'empêcher de partir dans un éclat de rire aussi bref et soudain qu'un coup de tonnerre. Allégeant ses traits et dissipant la tension de ses épaules, faisant sursauter même son fils qui tourna brusquement un regard vers elle. Il était rare que Honor rit. Et les quelques moments éparses où cela se produisait, Narcisse veillait à les conserver précieusement au fond de son cœur.
Sa mère n'y était pas aveugle, et juste avant de se radosser au canapé, elle lui ébouriffa doucement les cheveux. Elle se laissa aller à un soupir, en passant une main dans ses propres cheveux, appréciant leur longueur relative, même si ça lui faisait toujours aussi bizarre...
Son regard se posa sur l'adulte. Toujours aussi dur et implacable, mais luisant désormais d'une nouvelle lueur. Sa méfiance n'avait pas disparu, bien au contraire. Mais de plus en plus, elle allait devoir se faire une raison. Cet homme pourrait bien être celui qui aiderait son fils là où elle ne pourrait jamais l'atteindre...
"Mister Kohler, sachez que je ne doute pas de vos compétences, tout comme vous ne devez certainement pas douter des miennes. Il est inutile de vous chercher une légitimité. Narcisse vous a accepté, ce qui faisait déjà beaucoup pencher la balance."
Un échange de regards avec son fils, qui avait désormais décidé de se retrancher en simple spectateur, attendant qu'elle ait finit pour éventuellement intervenir, s'il le souhaitait. Honor aurait tout fait pour protéger son fils d'un incompétent, quitte à s'opposer directement à lui, ce ne serait pas la première fois.
"Quant à vos tentatives de rassurer mes imaginaires inquiétudes..."
Un sourire, enfin. Des plus énigmatiques, presque moqueur, railleur. Mais surtout, il était plus que tout conciliant, et franc.
"Même si mon fils est naïf, il n'en est pas pour autant influençable."
Elle redressa légèrement le visage.
"Il est encore plus buté que moi."
Un instant de silence, puis un geste de la main en direction de l'escalier, avec un sourire amusé.
"Tu n'as pas des affaires à récupérer ?
- Ah ! Euh, si, j'vais faire mon sac, j'arrive ! Merci maman !"
Et sans hésiter ni réfléchir, il se jeta dans les bras d'Honor pour l'enlacer et l'embrasser sur la joue. Il éclata de rire avant de bondir du canapé, pour se précipiter dans chambre, afin de ramasser ses affaires. Pendant ce temps, la militaire en profita, sa tête soutenue par sa main, le coude posé sur le dossier du canapé.
Elle attendit sagement d'être sûre que Narcisse soit dans sa chambre pour reprendre.
"Narcisse n'est pas du genre à prendre la grosse tête, vous l'aurez remarqué. Vous faites cependant bien de conserver vos louanges pour vous. C'est judicieux, je pense pouvoir vous confier mon fils... la conscience tranquille."
Son sourire suffisait. Il lui était aisé de deviner certaines choses, lorsque l'on pensait pareillement. Et ô, comme Honor savait voir le potentiel. Et elle savait qu'un jour, son fils la dépasserait. De très haut. Elle attendait ce jour avec impatience, l'adrénaline picotant sa peau chaque fois qu'elle se permettait d'y penser.
Elle ne pouvait pas mesurer l'ampleur du talent de Narcisse quant à la magie, mais elle ne doutait pas un seul instant de son potentiel. Instinct maternel, peut-être.
Sa mère n'y était pas aveugle, et juste avant de se radosser au canapé, elle lui ébouriffa doucement les cheveux. Elle se laissa aller à un soupir, en passant une main dans ses propres cheveux, appréciant leur longueur relative, même si ça lui faisait toujours aussi bizarre...
Son regard se posa sur l'adulte. Toujours aussi dur et implacable, mais luisant désormais d'une nouvelle lueur. Sa méfiance n'avait pas disparu, bien au contraire. Mais de plus en plus, elle allait devoir se faire une raison. Cet homme pourrait bien être celui qui aiderait son fils là où elle ne pourrait jamais l'atteindre...
"Mister Kohler, sachez que je ne doute pas de vos compétences, tout comme vous ne devez certainement pas douter des miennes. Il est inutile de vous chercher une légitimité. Narcisse vous a accepté, ce qui faisait déjà beaucoup pencher la balance."
Un échange de regards avec son fils, qui avait désormais décidé de se retrancher en simple spectateur, attendant qu'elle ait finit pour éventuellement intervenir, s'il le souhaitait. Honor aurait tout fait pour protéger son fils d'un incompétent, quitte à s'opposer directement à lui, ce ne serait pas la première fois.
"Quant à vos tentatives de rassurer mes imaginaires inquiétudes..."
Un sourire, enfin. Des plus énigmatiques, presque moqueur, railleur. Mais surtout, il était plus que tout conciliant, et franc.
"Même si mon fils est naïf, il n'en est pas pour autant influençable."
Elle redressa légèrement le visage.
"Il est encore plus buté que moi."
Un instant de silence, puis un geste de la main en direction de l'escalier, avec un sourire amusé.
"Tu n'as pas des affaires à récupérer ?
- Ah ! Euh, si, j'vais faire mon sac, j'arrive ! Merci maman !"
Et sans hésiter ni réfléchir, il se jeta dans les bras d'Honor pour l'enlacer et l'embrasser sur la joue. Il éclata de rire avant de bondir du canapé, pour se précipiter dans chambre, afin de ramasser ses affaires. Pendant ce temps, la militaire en profita, sa tête soutenue par sa main, le coude posé sur le dossier du canapé.
Elle attendit sagement d'être sûre que Narcisse soit dans sa chambre pour reprendre.
"Narcisse n'est pas du genre à prendre la grosse tête, vous l'aurez remarqué. Vous faites cependant bien de conserver vos louanges pour vous. C'est judicieux, je pense pouvoir vous confier mon fils... la conscience tranquille."
Son sourire suffisait. Il lui était aisé de deviner certaines choses, lorsque l'on pensait pareillement. Et ô, comme Honor savait voir le potentiel. Et elle savait qu'un jour, son fils la dépasserait. De très haut. Elle attendait ce jour avec impatience, l'adrénaline picotant sa peau chaque fois qu'elle se permettait d'y penser.
Elle ne pouvait pas mesurer l'ampleur du talent de Narcisse quant à la magie, mais elle ne doutait pas un seul instant de son potentiel. Instinct maternel, peut-être.
Autorisation de sortie spéciale
Suileabhan prit le rire inattendue de la mère pour ce qu'il était, c'est à dire non pas pour une moquerie, mais pour une victoire. Preuve s'il en fallait que l'honnêteté payait toujours. Narcisse un instant éclipsé, le concierge en profita pour échanger des mots qu'il n'aurait pu prononcer en présence de l'enfant.
- Dans notre communauté, il existe une.. expression, une croyance, appellez ça comme vous le voulez, postulant que chaque génération maîtrise un peu mieux la magie que les précédentes. Et c'est pour ça que le talent seul ne suffit jamais. Après tout, que sont une ou deux générations au travers de l'entièreté de nos vies ? Le talent doit être source de travail, et non de compliments. Et je ne pense pas avoir besoin de vous préciser que vous aussi avez à lui enseigner. Des choses que cette fois, d'autres n'auront pas.
Suileabhan se leva, tendant à nouveau sa main en direction de celle d'Honor Brando, qu'il accueillit cette fois avec plus de chaleur, presque comme un pacte tout aussi puissant que ceux qu'il aurait pu faire avec d'autres camarades sorciers.
- Une dernière chose, Mrs Brando. Ne laissez ni les évènements, ni les autres vous dicter votre place dans la vie de votre enfant. Je ne sais presque rien de vous ou de votre passé, mais je sais que tous les enfants ont besoin de cette présence parentale. Vous avez sûrement déjà, peut-être de la pire manière qu'il soit, découvert qu'une part de notre communauté ne vous veut pas parmis eux, pas plus que vous ne les voulez autour de votre famille. Mais Narcisse, lui, fait partie de ce monde autant qu'il est votre famille. C'est un long voyage, pour vous presque autant que pour lui. Mais, accompagnez-le.
Autant pour conclure ce qu'il venait d'exprimer que pour amorcer ce que signifiait prendre le Poufsouffle avec lui, l'irlandais qui avait passé sa vie sans les siens acheva.
- Vous connaissez mon adresse. Vous saurez me trouver au besoin. Bonne journée, Mrs Brando.
Suileabhan attendit cependant d'être à l'écart de la maison pour transplanner en compagnie de Narcisse. Inutile d'infliger plus que de nécessaire une présence magique à une mère méfiante - à raison.
Fin pour moi, merci !
- Dans notre communauté, il existe une.. expression, une croyance, appellez ça comme vous le voulez, postulant que chaque génération maîtrise un peu mieux la magie que les précédentes. Et c'est pour ça que le talent seul ne suffit jamais. Après tout, que sont une ou deux générations au travers de l'entièreté de nos vies ? Le talent doit être source de travail, et non de compliments. Et je ne pense pas avoir besoin de vous préciser que vous aussi avez à lui enseigner. Des choses que cette fois, d'autres n'auront pas.
Suileabhan se leva, tendant à nouveau sa main en direction de celle d'Honor Brando, qu'il accueillit cette fois avec plus de chaleur, presque comme un pacte tout aussi puissant que ceux qu'il aurait pu faire avec d'autres camarades sorciers.
- Une dernière chose, Mrs Brando. Ne laissez ni les évènements, ni les autres vous dicter votre place dans la vie de votre enfant. Je ne sais presque rien de vous ou de votre passé, mais je sais que tous les enfants ont besoin de cette présence parentale. Vous avez sûrement déjà, peut-être de la pire manière qu'il soit, découvert qu'une part de notre communauté ne vous veut pas parmis eux, pas plus que vous ne les voulez autour de votre famille. Mais Narcisse, lui, fait partie de ce monde autant qu'il est votre famille. C'est un long voyage, pour vous presque autant que pour lui. Mais, accompagnez-le.
Autant pour conclure ce qu'il venait d'exprimer que pour amorcer ce que signifiait prendre le Poufsouffle avec lui, l'irlandais qui avait passé sa vie sans les siens acheva.
- Vous connaissez mon adresse. Vous saurez me trouver au besoin. Bonne journée, Mrs Brando.
Suileabhan attendit cependant d'être à l'écart de la maison pour transplanner en compagnie de Narcisse. Inutile d'infliger plus que de nécessaire une présence magique à une mère méfiante - à raison.
Fin pour moi, merci !