Alerte intrusion !
Les pieds toujours ancrés dans l'herbe, comme si cela pouvait lui suffir pour ne pas lâcher prise, Alyssa continuait de contempler Honor les yeux grands ouverts. C'était difficile à définir ce qu'elle regardait vraiment ; la silhouette impressionnante de la millitaire, son visage à l'expression complètement neutre, ou encore des détails invisibles à l'oeil. L'adulte eut son regard se perdant dans le paysage mais pour une fois, ce qui était important à souligner, Alyssa ne se laissait pas déconcentrer, et garda ses iris claires portés sur la militaire.
Nul doute que dans un état mental bien plus détendu, Alyssa aurait éclaté de rire aux paroles d'Honor quand à la particularité de ce rayon de mille kilomètres, avant peut-être de se rendre compte que ce n'était pas forcément une blague. Mais là, seule la brise faisait bouger ses mèches blondes alors qu'elle fixait dans une immobilité quasi-parfaite l'adulte. Aucun autre danger ? Il n'y avait donc absolument aucune raison que son existence difficile à Poudlard ne se redessine ici ? Vraiment ?
Il était vrai qu'en plus de cet infime détail d'être localisée sur une autre île, la maison des Brando se trouvait dans des collines complètement perdues au beau milieu de nulle part -Alyssa l'avait vu d'elle même- et il ne semblait pas avoir âme dans les alentours qui vive à l'exception des animaux de la forêt effrayés par les tirs d'Honor. Mais même tant d'indices probants n'étaient pas suffisants pour faire disparaître définitivement ce léger doute demeurant aux confins du cœur d'Alyssa.
Puis sa question s'était échappée de ses lèvres, et elle même s'en sentie surprise alors ses yeux s'écarquillaient. Venait-elle vraiment de demander de l'aide ? À une presque inconnue moldue bien plus impressionnante que tout sorcier déjà rencontré pendant sa courte vie ? Mais la Gryffondor ne demandait jamais de l'aide -ou presque, et encore moins à un adulte ! Elle eut à cet instant précis l'impression d'avoir touché le fond.
Honor ne regardait plus en sa direction et, pendant presque quelques minutes, Alyssa se surprit à espérer que l'adulte ne l'avait pas entendue, ou même ferait peut-être mine de rien pour simplement la renvoyer dans son lit. Cependant, la militaire reporta son attention sur elle, sans son regard sévère. À ses nouvelles paroles, calmes, s'élevant doucement dans la nuit, Alyssa hocha légèrement la tête. Oui, même pour elle qui avait tendance à éluder pas mal de détails par défaut de concentration, il était difficile de ne pas remarquer cette particularité de Narcisse. Alyssa se souvenait encore de leur première rencontre, alors que le garçon s'était reçu "son" œuf cru sur la tête. L'expression presque extatique de son visage juvénile flottait encore parfaitement nette dans l'esprit de la Gryffondor, alors qu'il avait accepté sans aucun problème cette pluie d'œufs décrite par la blondinette. Blondinette qui avait lancé le seul et unique œuf qui avait volé ce jour là -bien sûr sans avoir visé Narcisse en particulier, elle ne le connaissait alors même pas. Mais ce dernier avait été la première personne ravie d'avoir subi l'une de ses farces, ce n'était pas rien.
Lorsque Honor poursuivit, Alyssa ne pipa mot mais ne ressentit bien curieusement
aucune surprise, effectivement le père de Narcisse ressemblait davantage à une bonne poire (très gentille et intelligente) que la militaire. Mais là, Honor répondit finalement à la question qu'Alyssa regrettait presque d'avoir laissé échappée quelques instants plus tôt. Son souffle qui s'était coupé sans qu'elle ne s'en rende compte se libéra dans une petite expiration alors que ses yeux dont la méfiance s'effaçait peu à peu restaient posés sur le visage d'Honor partiellement éclairé par les néons venant de l'intérieur -renforçant l'impression de son apparence irréelle.
Les battements de son cœur s'accélérèrent. Elle avait envie d'y croire.
Un sourire apparut alors sur le visage de l'adulte, semblant comme éclairer son expression. Alyssa ne se sentait nullement concernée par cette mimique mais cela sembla lui porter le coup final.
-Il y a un garçon..., commença-t-elle, à voix basse mais parfaitement distinguable dans le silence à peine troublé de la nuit. Il est en troisième année comme moi, à Gryffondor, je pense pas que Narcisse le connaisse. Et je n'espère pas, poursuivit-elle dans sa tête tout en regardant droit dans les yeux d'Honor.
Au vu de l'affection et surtout de l'attention constante que la mère de Narcisse portait sur lui ; cela n'avait pu échapper à Alyssa, il lui semblait naturel de faire le lien avec son ami. Et c'était d'ailleurs bien plus simple ainsi. La blondinette ne traina néanmoins pas pour continuer, comme si s'arrêter l'empêcherait de recommencer :
- S'il n'y avait que la magie, je pense que j'arriverais à le surpasser sans mal. Mais physiquement il est beaucoup plus grand et plus fort que moi. Je ne peux pas attaquer magiquement quelqu'un qui n'utilise pas sa baguette, c'est pas du jeu... Mais même je crois que j'y arriverais plus contre lui, ses yeux se remplirent à nouveau d'inquiétude. Son comportement il est imprévisible, et ce qu'il dit c'est encore plus bizarre, j'arrive pas à rester concentrée.
La jeune fille hésita quelques instants avant de poursuivre :
Narcisse n'est pas au courant de ce qu'il se passe réellement..., une hésitation plus longue alors qu'elle ravalait sa salive. Il sait des trucs, il m'avait trouvée après que l'autre... Heu... Bref j'étais pas bien. Alyssa eut une grimace dégoutée en se revoyant au fin fond des souterrains. Je lui ai rien dit sur ça, mais il semblait déjà super énervé par le reste de la situation... Alors que c'était quand même en partie de ma faute tout ça, je ne méritait pas qu'il prenne ma défense. J'ai pas envie qu'il soit au courant.
Le regard d'Alyssa avait dérivé au fur et à mesure que son récit s'était poursuivi, mais sur ces derniers mots elle fixait à nouveau Honor, d'un air particulièrement sérieux.
Nul doute que dans un état mental bien plus détendu, Alyssa aurait éclaté de rire aux paroles d'Honor quand à la particularité de ce rayon de mille kilomètres, avant peut-être de se rendre compte que ce n'était pas forcément une blague. Mais là, seule la brise faisait bouger ses mèches blondes alors qu'elle fixait dans une immobilité quasi-parfaite l'adulte. Aucun autre danger ? Il n'y avait donc absolument aucune raison que son existence difficile à Poudlard ne se redessine ici ? Vraiment ?
Il était vrai qu'en plus de cet infime détail d'être localisée sur une autre île, la maison des Brando se trouvait dans des collines complètement perdues au beau milieu de nulle part -Alyssa l'avait vu d'elle même- et il ne semblait pas avoir âme dans les alentours qui vive à l'exception des animaux de la forêt effrayés par les tirs d'Honor. Mais même tant d'indices probants n'étaient pas suffisants pour faire disparaître définitivement ce léger doute demeurant aux confins du cœur d'Alyssa.
Puis sa question s'était échappée de ses lèvres, et elle même s'en sentie surprise alors ses yeux s'écarquillaient. Venait-elle vraiment de demander de l'aide ? À une presque inconnue moldue bien plus impressionnante que tout sorcier déjà rencontré pendant sa courte vie ? Mais la Gryffondor ne demandait jamais de l'aide -ou presque, et encore moins à un adulte ! Elle eut à cet instant précis l'impression d'avoir touché le fond.
Honor ne regardait plus en sa direction et, pendant presque quelques minutes, Alyssa se surprit à espérer que l'adulte ne l'avait pas entendue, ou même ferait peut-être mine de rien pour simplement la renvoyer dans son lit. Cependant, la militaire reporta son attention sur elle, sans son regard sévère. À ses nouvelles paroles, calmes, s'élevant doucement dans la nuit, Alyssa hocha légèrement la tête. Oui, même pour elle qui avait tendance à éluder pas mal de détails par défaut de concentration, il était difficile de ne pas remarquer cette particularité de Narcisse. Alyssa se souvenait encore de leur première rencontre, alors que le garçon s'était reçu "son" œuf cru sur la tête. L'expression presque extatique de son visage juvénile flottait encore parfaitement nette dans l'esprit de la Gryffondor, alors qu'il avait accepté sans aucun problème cette pluie d'œufs décrite par la blondinette. Blondinette qui avait lancé le seul et unique œuf qui avait volé ce jour là -bien sûr sans avoir visé Narcisse en particulier, elle ne le connaissait alors même pas. Mais ce dernier avait été la première personne ravie d'avoir subi l'une de ses farces, ce n'était pas rien.
Lorsque Honor poursuivit, Alyssa ne pipa mot mais ne ressentit bien curieusement
Les battements de son cœur s'accélérèrent. Elle avait envie d'y croire.
Un sourire apparut alors sur le visage de l'adulte, semblant comme éclairer son expression. Alyssa ne se sentait nullement concernée par cette mimique mais cela sembla lui porter le coup final.
-Il y a un garçon..., commença-t-elle, à voix basse mais parfaitement distinguable dans le silence à peine troublé de la nuit. Il est en troisième année comme moi, à Gryffondor, je pense pas que Narcisse le connaisse. Et je n'espère pas, poursuivit-elle dans sa tête tout en regardant droit dans les yeux d'Honor.
Au vu de l'affection et surtout de l'attention constante que la mère de Narcisse portait sur lui ; cela n'avait pu échapper à Alyssa, il lui semblait naturel de faire le lien avec son ami. Et c'était d'ailleurs bien plus simple ainsi. La blondinette ne traina néanmoins pas pour continuer, comme si s'arrêter l'empêcherait de recommencer :
- S'il n'y avait que la magie, je pense que j'arriverais à le surpasser sans mal. Mais physiquement il est beaucoup plus grand et plus fort que moi. Je ne peux pas attaquer magiquement quelqu'un qui n'utilise pas sa baguette, c'est pas du jeu... Mais même je crois que j'y arriverais plus contre lui, ses yeux se remplirent à nouveau d'inquiétude. Son comportement il est imprévisible, et ce qu'il dit c'est encore plus bizarre, j'arrive pas à rester concentrée.
La jeune fille hésita quelques instants avant de poursuivre :
Narcisse n'est pas au courant de ce qu'il se passe réellement..., une hésitation plus longue alors qu'elle ravalait sa salive. Il sait des trucs, il m'avait trouvée après que l'autre... Heu... Bref j'étais pas bien. Alyssa eut une grimace dégoutée en se revoyant au fin fond des souterrains. Je lui ai rien dit sur ça, mais il semblait déjà super énervé par le reste de la situation... Alors que c'était quand même en partie de ma faute tout ça, je ne méritait pas qu'il prenne ma défense. J'ai pas envie qu'il soit au courant.
Le regard d'Alyssa avait dérivé au fur et à mesure que son récit s'était poursuivi, mais sur ces derniers mots elle fixait à nouveau Honor, d'un air particulièrement sérieux.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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Be a writer, 장르로는 fantasy
Alerte intrusion !
Silence, attente. Une attente des plus fragiles, des plus fébriles, qu'un souffle, qu'une hésitation, qu'un mot ou qu'un élément de trop suffirait à compromettre. Honor le savait, elle savait toujours, elle sentait et percevait ce genre de choses. La seule différence avec les nombreuses fois où cette situation s'était présentée à elle au cours de sa vie, c'était que cette fois-là, elle se contenta d'attendre. Elle ravala son mépris, son dégoût, son indifférence, le frisson d'incompréhension qu'elle ressentit, pour se taire. Cette gamine, cette foutue gamine osait côtoyer son fils alors qu'elle n'était même pas capable de prendre soin d'elle-même et de régler ses propres problèmes ?
La faiblesse était quelque chose qui irritait tout particulièrement la militaire. Elle avait dédiée sa vie à protéger ceux qui ne pouvaient pas se défendre, ou tout du moins le pensait-elle, mais au fond d'elle, tout au fond d'elle, se tapissait une arrogance des plus affligeante. Oscar l'avait découvert, Claire également. Mais eux n'avaient pas fui, ils ne l'avaient pas rejeté à cause de cela. Et aujourd'hui, elle pouvait se targuer d'avoir bien évolué. Mais certains choses ne changent jamais, et jusqu'à ce que la petite blonde ne parle, Honor se demanda longuement à quel point elle pouvait mettre son fils en danger par sa faiblesse.
Oscar se serait révolté, Narcisse se serait indigné, en entendant les premiers mots d'Alyssa. Honor, elle, n'eut même pas besoin d'écouter davantage que "Il y a un garçon..." Ces mots, cette phrase, cette révélation, suffisait amplement. Elle n'aurait même pas eu besoin d'écouter le reste. Elle en avait eu assez. Les garçons. Les hommes. Et dire qu'elle espérait qu'à Poudlard, elle se soit fourvoyée, et que peut-être, ce monde était légèrement différent du sien, mais non. Bien sûr que non. Partout, pareil, la même, encore et toujours.
Son regard soutint celui de l'enfant lorsqu'elle le redressa. Non, bien sûr que non, Narcisse ne le connaissait pas. Autrement Honor en aurait entendu parler, et elle ne serait certainement pas restée les bras croisés. La honte, la supplication d'Alyssa, de se faire toute petite, de ne pas être perçue, ce fut probablement ce qui révolta le plus la militaire, et qui fit onduler l'air autour d'elle alors qu'elle reprit une inspiration grondante. Les victimes sont encore et toujours celles qui doivent faire profil bas. Encore et toujours, ce sont elles qui doivent payer le prix de la honte, et qui doivent se cacher.
Plusieurs secondes de silence. D'immobilité, encore une fois. Mais cette immobilité et ce silence étaient différents. Ils étaient nécessaires pour que la militaire canalise ses émotions et les intériorise, comme elle savait si bien le faire. Ses poings la démangeaient furieusement, et ce fut un visage taillé dans la pierre qui revint sur l'enfant, dont une voix grondante et profonde s'échappa.
"Conneries."
Implacable, tranchant, impitoyable. Sa colère n'était pas dirigée directement contre l'enfant, mais elle déteignait malgré tout sur tout ce qui avait le malheur d'être à sa portée. Une inspiration profonde, elle expira, et se détourna pour pénétrer dans le gymnase.
"Tous les hommes devraient commencer leur vie en prison, et mériter leur liberté. C'est ce que j'ai toujours dit."
C'est ce qu'elle avait toujours dit, depuis aussi longtemps qu'elle se souvenait avoir compris comment le monde fonctionnait. Aux alentours de ses treize ans, peut-être. Sans ralentir, elle s'empara d'un lourd mannequin qu'elle disposa au centre du gymnase, avant d'attacher ses cheveux en une queue de cheval basse.
"Il ne s'est pas privé de te faire du mal, pourquoi tu priverais-tu d'utiliser ta magie si c'est ta meilleure arme à disposition ? Les faiblesses sont faites pour être exploitées, utilisées, la punition pour ne pas les avoir effacé doit être immédiate."
Après avoir fini d'attacher ses cheveux, elle se retourna vers la blonde, une main posée sur le mannequin, le regard dur.
Un silence, une observation. Narcisse allait se heurter à cette faiblesse, si elle n'y faisait rien. Et ça, elle ne pouvait le supporter. Il était hors de question qu'elle ignore cette menace. Une expiration, elle fit un geste de tête invitant la petite à avancer vers elle.
"La honte doit changer de camp."
Sans même se soucier de savoir si Alyssa s'avance ou pas, Honor se positionna en posture de combat face au mannequin, montra son dos à l'enfant. Sa posture était parfaite. Dès l'instant où elle la pris, la tension explosa dans la pièce, le danger rayonnait et une pression épouvantable se dégagea d'elle. Toute sa puissance rutilait dans un silence assourdissant. Elle déposa les phalanges de son poing sur la poitrine du mannequin.
"Un adversaire plus grand et plus fort ne demeure jamais qu'un adversaire, un humain. Tous les humains peuvent saigner."
Personne n'aurait pu analyser avec précision le mouvement qu'elle fit lorsqu'elle décocha son poing contre pantin, l'envoyant valdinguer contre le mur face à elle dans un bruit sourd et puissant. Le courant d'air s'échappant de son coup souleva ses cheveux, mais ce fut comme si elle avait à peine bougé. Elle inspira en se redressant, sa main se posa sur sa hanche, son visage semblait s'être légèrement apaisé.
Elle regarda plusieurs secondes Alyssa au fond des yeux, avant de soupirer d'un air presque amusé.
"En revanche, si tu ne comptes pas tout raconter à mon fils, croise les doigts pour qu'il ne me pose jamais la question. Chez les Brando, on se dit tout, et on ne ment jamais."
Puis, ce fut un regard interrogateur qui se déposa sur la blonde. L'air de demander si elle était prête, si elle voulait continuer, si elle voulait rester. Ou si elle voulait faire demi-tour et se carapater comme si rien ne s'était jamais produit, mais Honor n'y croyait guère.
La faiblesse était quelque chose qui irritait tout particulièrement la militaire. Elle avait dédiée sa vie à protéger ceux qui ne pouvaient pas se défendre, ou tout du moins le pensait-elle, mais au fond d'elle, tout au fond d'elle, se tapissait une arrogance des plus affligeante. Oscar l'avait découvert, Claire également. Mais eux n'avaient pas fui, ils ne l'avaient pas rejeté à cause de cela. Et aujourd'hui, elle pouvait se targuer d'avoir bien évolué. Mais certains choses ne changent jamais, et jusqu'à ce que la petite blonde ne parle, Honor se demanda longuement à quel point elle pouvait mettre son fils en danger par sa faiblesse.
Oscar se serait révolté, Narcisse se serait indigné, en entendant les premiers mots d'Alyssa. Honor, elle, n'eut même pas besoin d'écouter davantage que "Il y a un garçon..." Ces mots, cette phrase, cette révélation, suffisait amplement. Elle n'aurait même pas eu besoin d'écouter le reste. Elle en avait eu assez. Les garçons. Les hommes. Et dire qu'elle espérait qu'à Poudlard, elle se soit fourvoyée, et que peut-être, ce monde était légèrement différent du sien, mais non. Bien sûr que non. Partout, pareil, la même, encore et toujours.
Son regard soutint celui de l'enfant lorsqu'elle le redressa. Non, bien sûr que non, Narcisse ne le connaissait pas. Autrement Honor en aurait entendu parler, et elle ne serait certainement pas restée les bras croisés. La honte, la supplication d'Alyssa, de se faire toute petite, de ne pas être perçue, ce fut probablement ce qui révolta le plus la militaire, et qui fit onduler l'air autour d'elle alors qu'elle reprit une inspiration grondante. Les victimes sont encore et toujours celles qui doivent faire profil bas. Encore et toujours, ce sont elles qui doivent payer le prix de la honte, et qui doivent se cacher.
Plusieurs secondes de silence. D'immobilité, encore une fois. Mais cette immobilité et ce silence étaient différents. Ils étaient nécessaires pour que la militaire canalise ses émotions et les intériorise, comme elle savait si bien le faire. Ses poings la démangeaient furieusement, et ce fut un visage taillé dans la pierre qui revint sur l'enfant, dont une voix grondante et profonde s'échappa.
"Conneries."
Implacable, tranchant, impitoyable. Sa colère n'était pas dirigée directement contre l'enfant, mais elle déteignait malgré tout sur tout ce qui avait le malheur d'être à sa portée. Une inspiration profonde, elle expira, et se détourna pour pénétrer dans le gymnase.
"Tous les hommes devraient commencer leur vie en prison, et mériter leur liberté. C'est ce que j'ai toujours dit."
C'est ce qu'elle avait toujours dit, depuis aussi longtemps qu'elle se souvenait avoir compris comment le monde fonctionnait. Aux alentours de ses treize ans, peut-être. Sans ralentir, elle s'empara d'un lourd mannequin qu'elle disposa au centre du gymnase, avant d'attacher ses cheveux en une queue de cheval basse.
"Il ne s'est pas privé de te faire du mal, pourquoi tu priverais-tu d'utiliser ta magie si c'est ta meilleure arme à disposition ? Les faiblesses sont faites pour être exploitées, utilisées, la punition pour ne pas les avoir effacé doit être immédiate."
Après avoir fini d'attacher ses cheveux, elle se retourna vers la blonde, une main posée sur le mannequin, le regard dur.
Un silence, une observation. Narcisse allait se heurter à cette faiblesse, si elle n'y faisait rien. Et ça, elle ne pouvait le supporter. Il était hors de question qu'elle ignore cette menace. Une expiration, elle fit un geste de tête invitant la petite à avancer vers elle.
"La honte doit changer de camp."
Sans même se soucier de savoir si Alyssa s'avance ou pas, Honor se positionna en posture de combat face au mannequin, montra son dos à l'enfant. Sa posture était parfaite. Dès l'instant où elle la pris, la tension explosa dans la pièce, le danger rayonnait et une pression épouvantable se dégagea d'elle. Toute sa puissance rutilait dans un silence assourdissant. Elle déposa les phalanges de son poing sur la poitrine du mannequin.
"Un adversaire plus grand et plus fort ne demeure jamais qu'un adversaire, un humain. Tous les humains peuvent saigner."
Personne n'aurait pu analyser avec précision le mouvement qu'elle fit lorsqu'elle décocha son poing contre pantin, l'envoyant valdinguer contre le mur face à elle dans un bruit sourd et puissant. Le courant d'air s'échappant de son coup souleva ses cheveux, mais ce fut comme si elle avait à peine bougé. Elle inspira en se redressant, sa main se posa sur sa hanche, son visage semblait s'être légèrement apaisé.
Elle regarda plusieurs secondes Alyssa au fond des yeux, avant de soupirer d'un air presque amusé.
"En revanche, si tu ne comptes pas tout raconter à mon fils, croise les doigts pour qu'il ne me pose jamais la question. Chez les Brando, on se dit tout, et on ne ment jamais."
Puis, ce fut un regard interrogateur qui se déposa sur la blonde. L'air de demander si elle était prête, si elle voulait continuer, si elle voulait rester. Ou si elle voulait faire demi-tour et se carapater comme si rien ne s'était jamais produit, mais Honor n'y croyait guère.
Alerte intrusion !
Alyssa n'en revenait pas d'avoir tant dit à cette presque inconnue. Bien sûr, il s'agissait tout de même de la mère de Narcisse, mais... La jeune fille n'avait été nullement capable d'en parler à ses propres parents. Alors à cette dame qui lui inspirait un mélange d'émotions oscillant entre la crainte et la curiosité ? En tous cas, l'adulte semblait savoir écouter car la Gryffondor avait pu terminer son petit monologue sans encombres.
Alyssa n'avait pour ainsi dire aucune idée de la réaction que pourrait avoir Honor ; en réalité elle n'était même pas sûre de savoir ce qu'elle espérait tirer de cette discussion qui se profilait. Tout ce que la blondinette souhaitait, c'était de sortir de cette boucle de peur infernale et, éventuellement, que la mère de son ami puisse l'aider. Celle-ci semblait être si puissante, alors c'était en toute innocence qu'Alyssa espérait recevoir des conseils, ou un soutien, ou quoi que ce soit pouvant lui être au moins un tant soit peu utile.
Le visage d'Honor, qui s'était pourtant curieusement radouci, semblait maintenant à nouveau taillé dans de la pierre. Alyssa, cilla, commençant à regretter de s'être exposée ainsi. Bien qu'elle avait quelques instants plus tôt accordé une confiance totale en l'adulte, la voir redevenir ainsi ne pouvait que la faire vaciller. Sans compter qu'elle n'avait toujours pas pu récupérer sa baguette magique... Elle était passée où celle-ci d'ailleurs ? La jeune fille ne s'en était pas rendue compte sur le coup, mais il lui était maintenant évident qu'Honor l'avait récupérée lorsqu'elle l'avait maîtrisée. Bon, de toutes façons, elle ne pourra pas s'en servir..., songea une Alyssa qui ne se voyait clairement pas demander maintenant de récupérer son précieux catalyseur.
A l'unique mot qu'Honor souffla, en synchronie parfaite avec l'ambiance redevenant électrique, Alyssa se crispa. La Gryffondor n'était pas particulièrement impressionnable, mais rien que la facilité avec laquelle la mère de Narcisse l'avait maîtrisée lui avait bien donné conscience que celle-ci pourrait la briser d'un pouce. Alyssa pencha sa tête sur le côté à la phrase que sortit alors Honor, un peu surprise. C'était pas un peu extrême ? Néanmoins, malgré les sentiments négatifs dont elle se sentait prisonnière depuis un long moment, la jeune fille sentit un léger sourire naître sur son visage, elle aimait bien ces mots en fait.
L'adulte colossale pivota alors pour rentrer dans le gymnase et les battements du cœur d'Alyssa s'intensifièrent en réalisant que ça y était, elle pouvait enfin pénétrer dans ce bâtiment qui avait tant piqué son intérêt. Ceci dit, autant les pensées de la jeune fille criaient son envie de découvrir ce qu'il pouvait bien se cacher à l'intérieur, autant son cerveau l'arrêta à l'entrée. Dans un réflexe, après tout la nuit était loin d'être finie, elle se frotta les yeux en se faisant aveugler un instant par la lumière artificielle éclairant nettement l'espace.
Il y avait beaucoup d'objets à fonction plus ou moins connue pour Alyssa ici. Il y avait des sortes de tapis, des armoires métalliques à cadenas..., et un certain nombre de mannequins rappelant vaguement à la jeune fille ceux qu'avait utilisé l'infirmier de Poudlard lors de l'atelier secourisme. Mais son instinct, même souffrant d'une certaine méconnaissance du monde moldu, lui soufflait que les mannequins d'Honor avaient sans doute une fonction bien plus semblable à ceux que Narcisse ou Alyssa avaient pu utiliser en salle sur demande.
A une distance respectable d'Honor, elle l'observa se saisir d'un mannequin justement, semblant assez lourd et, une fois ce dernier posé au centre du gymnase, l'adulte s'attacha les cheveux. Alyssa fronça les sourcils à ses paroles, n'étant pas vraiment sûre de partager le même point de vue. Elle ne put s'empêcher d'affirmer :
- Ce n'est pas loyal de pointer ma baguette sur quelqu'un s'il n'a pas la sienne de sortie, il s'agissait d'un principe clair et net dans son esprit. Si Alyssa s'était sentie plus à l'aise dans le sujet, nul doute qu'elle aurait fait la corrélation avec les armes moldues : est-ce qu'Honor serait prête à tenir en joue une personne désarmée ?
Ses sourcils se froncèrent davantage alors qu'elle se rappelait quelques unes de ses dernières confrontations avec le garçon concerné. Une fois son flux magique s'était retrouvé complètement épuisé juste avant. Une autre fois elle avait été immobilisée -donc dans l'impossibilité d'attraper sa baguette. Elle rajouta alors :
- Même si je voulais le faire, je pourrais pas forcément la sortir.
Alyssa se heurta dans le même temps au regard dur d'Honor et ne pipa plus un mot. Au geste de la tête de celle-ci, la jeune fille esquissa quelques pas, tel un automate, hypnotisée par la force qui se dégageait de la militaire, que ce soit dans ses mots ou dans son attitude. Et là, la tension explosa. Une puissance phénoménale émanait de l'adulte, irradiant tout sur son passage. Alyssa avait presque l'impression que le poing d'Honor posé sur la poitrine du mannequin l'était en réalité sur la sienne et elle sentit l'air lui manquer, jamais elle n'aurait pu être préparée à une telle démonstration de force.
La blondinette n'eut pas même le temps de comprendre correctement les nouvelles paroles d'Honor que le mannequin fut propulsé contre l'autre mur. Si Alyssa ne s'était pas elle-même sentie comprimée par la formidable aura qui se dégageait de la militaire, nul doute qu'elle en aurait été bouche bée. Car elle était impressionnée, non, stupéfaite même. Ses yeux pourtant si aiguisés s'étaient montré incapables d'analyser un seul mouvement alors que, par Merlin, elle attrapait quand même des vifs d'or à Poudlard ! La jeune fille déglutit, sous le choc de ce qu'il était possible de faire sans une once de magie. Honor n'avait clairement pas besoin d'un Repulso pour mettre au sol un mannequin.
Alyssa sentit alors le regard de l'adulte peser à nouveau sur elle, regard qu'elle soutint bravement malgré sa respiration pour la moins saccadée. Cependant, à ce que dit subitement la femme, la Gryffondor ne put dissimuler une grimace sur son visage. "On se dit tout"... Trop bizarre, songea-t-elle, aux réelles antipodes de ce principe. Le souvenir de cette lettre, en décembre, que la troisième année avait failli envoyer à ses parents revenait parfois cuisant dans son esprit. Elle y avait enfin prit le courage de coucher ses inquiétudes et ses peurs sur le papier... Et tous ses efforts avaient été cruellement réduits en poussière par la missive reçue d'Arundel avant qu'elle ne puisse envoyer la sienne.
Mais le regard presque interrogateur d'Honor chassa rapidement ces pensées de l'esprit d'Alyssa. Sans marquer un instant d'hésitation, la jeune fille hocha la tête avant de faire un pas, bravant la paralysie qui l'avait étreinte.
- Vous pouvez m'apprendre ?
La phrase était sortie comme ça de la bouche d'Alyssa, sans même qu'elle n'y réfléchisse dans l'instant présent.
Alyssa n'avait pour ainsi dire aucune idée de la réaction que pourrait avoir Honor ; en réalité elle n'était même pas sûre de savoir ce qu'elle espérait tirer de cette discussion qui se profilait. Tout ce que la blondinette souhaitait, c'était de sortir de cette boucle de peur infernale et, éventuellement, que la mère de son ami puisse l'aider. Celle-ci semblait être si puissante, alors c'était en toute innocence qu'Alyssa espérait recevoir des conseils, ou un soutien, ou quoi que ce soit pouvant lui être au moins un tant soit peu utile.
Le visage d'Honor, qui s'était pourtant curieusement radouci, semblait maintenant à nouveau taillé dans de la pierre. Alyssa, cilla, commençant à regretter de s'être exposée ainsi. Bien qu'elle avait quelques instants plus tôt accordé une confiance totale en l'adulte, la voir redevenir ainsi ne pouvait que la faire vaciller. Sans compter qu'elle n'avait toujours pas pu récupérer sa baguette magique... Elle était passée où celle-ci d'ailleurs ? La jeune fille ne s'en était pas rendue compte sur le coup, mais il lui était maintenant évident qu'Honor l'avait récupérée lorsqu'elle l'avait maîtrisée. Bon, de toutes façons, elle ne pourra pas s'en servir..., songea une Alyssa qui ne se voyait clairement pas demander maintenant de récupérer son précieux catalyseur.
A l'unique mot qu'Honor souffla, en synchronie parfaite avec l'ambiance redevenant électrique, Alyssa se crispa. La Gryffondor n'était pas particulièrement impressionnable, mais rien que la facilité avec laquelle la mère de Narcisse l'avait maîtrisée lui avait bien donné conscience que celle-ci pourrait la briser d'un pouce. Alyssa pencha sa tête sur le côté à la phrase que sortit alors Honor, un peu surprise. C'était pas un peu extrême ? Néanmoins, malgré les sentiments négatifs dont elle se sentait prisonnière depuis un long moment, la jeune fille sentit un léger sourire naître sur son visage, elle aimait bien ces mots en fait.
L'adulte colossale pivota alors pour rentrer dans le gymnase et les battements du cœur d'Alyssa s'intensifièrent en réalisant que ça y était, elle pouvait enfin pénétrer dans ce bâtiment qui avait tant piqué son intérêt. Ceci dit, autant les pensées de la jeune fille criaient son envie de découvrir ce qu'il pouvait bien se cacher à l'intérieur, autant son cerveau l'arrêta à l'entrée. Dans un réflexe, après tout la nuit était loin d'être finie, elle se frotta les yeux en se faisant aveugler un instant par la lumière artificielle éclairant nettement l'espace.
Il y avait beaucoup d'objets à fonction plus ou moins connue pour Alyssa ici. Il y avait des sortes de tapis, des armoires métalliques à cadenas..., et un certain nombre de mannequins rappelant vaguement à la jeune fille ceux qu'avait utilisé l'infirmier de Poudlard lors de l'atelier secourisme. Mais son instinct, même souffrant d'une certaine méconnaissance du monde moldu, lui soufflait que les mannequins d'Honor avaient sans doute une fonction bien plus semblable à ceux que Narcisse ou Alyssa avaient pu utiliser en salle sur demande.
A une distance respectable d'Honor, elle l'observa se saisir d'un mannequin justement, semblant assez lourd et, une fois ce dernier posé au centre du gymnase, l'adulte s'attacha les cheveux. Alyssa fronça les sourcils à ses paroles, n'étant pas vraiment sûre de partager le même point de vue. Elle ne put s'empêcher d'affirmer :
- Ce n'est pas loyal de pointer ma baguette sur quelqu'un s'il n'a pas la sienne de sortie, il s'agissait d'un principe clair et net dans son esprit. Si Alyssa s'était sentie plus à l'aise dans le sujet, nul doute qu'elle aurait fait la corrélation avec les armes moldues : est-ce qu'Honor serait prête à tenir en joue une personne désarmée ?
Ses sourcils se froncèrent davantage alors qu'elle se rappelait quelques unes de ses dernières confrontations avec le garçon concerné. Une fois son flux magique s'était retrouvé complètement épuisé juste avant. Une autre fois elle avait été immobilisée -donc dans l'impossibilité d'attraper sa baguette. Elle rajouta alors :
- Même si je voulais le faire, je pourrais pas forcément la sortir.
Alyssa se heurta dans le même temps au regard dur d'Honor et ne pipa plus un mot. Au geste de la tête de celle-ci, la jeune fille esquissa quelques pas, tel un automate, hypnotisée par la force qui se dégageait de la militaire, que ce soit dans ses mots ou dans son attitude. Et là, la tension explosa. Une puissance phénoménale émanait de l'adulte, irradiant tout sur son passage. Alyssa avait presque l'impression que le poing d'Honor posé sur la poitrine du mannequin l'était en réalité sur la sienne et elle sentit l'air lui manquer, jamais elle n'aurait pu être préparée à une telle démonstration de force.
La blondinette n'eut pas même le temps de comprendre correctement les nouvelles paroles d'Honor que le mannequin fut propulsé contre l'autre mur. Si Alyssa ne s'était pas elle-même sentie comprimée par la formidable aura qui se dégageait de la militaire, nul doute qu'elle en aurait été bouche bée. Car elle était impressionnée, non, stupéfaite même. Ses yeux pourtant si aiguisés s'étaient montré incapables d'analyser un seul mouvement alors que, par Merlin, elle attrapait quand même des vifs d'or à Poudlard ! La jeune fille déglutit, sous le choc de ce qu'il était possible de faire sans une once de magie. Honor n'avait clairement pas besoin d'un Repulso pour mettre au sol un mannequin.
Alyssa sentit alors le regard de l'adulte peser à nouveau sur elle, regard qu'elle soutint bravement malgré sa respiration pour la moins saccadée. Cependant, à ce que dit subitement la femme, la Gryffondor ne put dissimuler une grimace sur son visage. "On se dit tout"... Trop bizarre, songea-t-elle, aux réelles antipodes de ce principe. Le souvenir de cette lettre, en décembre, que la troisième année avait failli envoyer à ses parents revenait parfois cuisant dans son esprit. Elle y avait enfin prit le courage de coucher ses inquiétudes et ses peurs sur le papier... Et tous ses efforts avaient été cruellement réduits en poussière par la missive reçue d'Arundel avant qu'elle ne puisse envoyer la sienne.
Mais le regard presque interrogateur d'Honor chassa rapidement ces pensées de l'esprit d'Alyssa. Sans marquer un instant d'hésitation, la jeune fille hocha la tête avant de faire un pas, bravant la paralysie qui l'avait étreinte.
- Vous pouvez m'apprendre ?
La phrase était sortie comme ça de la bouche d'Alyssa, sans même qu'elle n'y réfléchisse dans l'instant présent.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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Be a writer, 장르로는 fantasy
Alerte intrusion !
Honor inspira doucement à la réponse de la blonde. Son visage se durcit imperceptiblement, sa langue poussa contre l'intérieur de sa joue doucement. L'envie de lever les yeux au ciel, de saisir la gamine par le col, puis de lui inculquer ce qu'était la vie la traversa brièvement. Combien de fois avait-elle maté l'idéalisme de ses cadets et cadettes ? Combien de fois avait-elle broyé la naïveté stupide et ridicule de tous ceux et de toutes celles qui avaient un jour croisé sa route ? Elle ne les comptait pas, elle ne les comptait plus.
Pourquoi cette gamine devrait faire exception ? Depuis quand la loyauté sauvait qui que ce soit ? Cela se saurait, si respecter le principe d'égalité des armes permettait de rester en vie. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, laissant l'enfant terminer. Elle voulut se retenir, se retenir juste assez pour ne pas choquer l'enfant. Mais l'agacement et la révolte qu'elle ressentait à cet instant étaient tout simplement trop présents pour qu'elle accepte de passer l'éponge.
"Loyal ? Loyal ?!"
Sa voix ne changea pas, son ton ne monta pas. Mais malgré tout, la légère tension causée par sa colère s'échappa d'elle. Honor hésita même à sortir l'une de ses armes pour braquer Alyssa, histoire de lui inculquer un peu de bon sens qui lui apparaissait comme évident !
Une inspiration, une expiration. Son index et son pouce vinrent frotter l'arête de son nez.
"La loyauté ne s'applique que si ton adversaire est quelqu'un de droit, de franc, et qui respecte lui aussi l'égalité des armes."
Une pause, le temps d'aller chercher son mannequin pour le ramener au centre de la pièce.
"Les gens loyaux ont tendance à crever plus vite que les autres. Je peux déjà te citer deux moments dans ma carrière où je serais morte si je n'avais pas abattu quelqu'un de désarmé."
Elle ne s'attarda pas sur ces souvenirs, enterrés au plus profond d'elle, sur lesquels elle refusait de ne serait-ce que les évoquer plus explicitement qu'une histoire de son passé.
Faible. Vouloir se réfugier derrière une quelconque loyauté n'était qu'une manière de fuir ses responsabilités pour ne pas avoir à les affronter. Voilà les mots que la militaire que se retint de balancer au visage de la blonde. Oh comme elle voulait secouer les puces de cette enfant... Son fils ne serait que davantage en danger avec quelqu'un d'aussi...
Elle expira, ferma les yeux un instant. Quelqu'un d'aussi idéaliste que lui. Narcisse. Son fils. Elle se rongeait les sangs, chaque jour qui passait, à l'idée qu'il se fasse un jour bouffer par le monde qui l'entourait. D'autant que désormais, il en avait deux auxquels il devait faire face. Une inspiration.
Elle hésita véritablement lorsque Alyssa lui demanda si elle pouvait apprendre.
Une partie d'elle envisagea sérieusement de refuser et de l'envoyer retourner se coucher. Mais une autre partie d'elle vit l'occasion de protéger son enfant encore davantage. Il avait passé les premiers jours des vacances avec le concierge du château, et de toute évidence, elle se heurtait de plus en plus aux limites de ce qu'elle pouvait enseigner à Narcisse...
Son regard plongea dans celui de l'enfant, tandis que son esprit s'échauffait lourdement. Après plusieurs secondes de silence, elle accepta enfin de reparler.
"Dans la vie, on a trois choix. Être bon, s'améliorer, ou laisser tomber."
Ses doigts glissèrent dans sa manche pour lentement dégainer la baguette de l'enfant.
Honor la tint quelques instants entre ses doigts, en l'observant longuement. Elle s'attendait, peut-être, inconsciemment, à ressentir quelque chose. Comme son fils lui avait longuement et de multiples fois les sensations qu'il pouvait observer en tenant sa propre baguette.
Mais nulle émotion, nulle sensation, nul ressenti ne se dégagea de ce bout de bois vide, pour elle. Elle remonta les yeux pour regarder Alyssa, avant de lui tendre son catalyseur calmement.
"Je peux essayer de t'enseigner avec mon fils, mais que je ne te reprenne jamais à sortir ta baguette ici."
La menace était sérieuse, son regard en témoignait, et la dureté de son visage, ainsi que la froideur de son ton. Jamais elle ne tolérerait que l'on utilise quelconque forme de magie sous son toit ou en sa présence. Pas encore, pas maintenant, tout du moins.
Pourquoi cette gamine devrait faire exception ? Depuis quand la loyauté sauvait qui que ce soit ? Cela se saurait, si respecter le principe d'égalité des armes permettait de rester en vie. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, laissant l'enfant terminer. Elle voulut se retenir, se retenir juste assez pour ne pas choquer l'enfant. Mais l'agacement et la révolte qu'elle ressentait à cet instant étaient tout simplement trop présents pour qu'elle accepte de passer l'éponge.
"Loyal ? Loyal ?!"
Sa voix ne changea pas, son ton ne monta pas. Mais malgré tout, la légère tension causée par sa colère s'échappa d'elle. Honor hésita même à sortir l'une de ses armes pour braquer Alyssa, histoire de lui inculquer un peu de bon sens qui lui apparaissait comme évident !
Une inspiration, une expiration. Son index et son pouce vinrent frotter l'arête de son nez.
"La loyauté ne s'applique que si ton adversaire est quelqu'un de droit, de franc, et qui respecte lui aussi l'égalité des armes."
Une pause, le temps d'aller chercher son mannequin pour le ramener au centre de la pièce.
"Les gens loyaux ont tendance à crever plus vite que les autres. Je peux déjà te citer deux moments dans ma carrière où je serais morte si je n'avais pas abattu quelqu'un de désarmé."
Elle ne s'attarda pas sur ces souvenirs, enterrés au plus profond d'elle, sur lesquels elle refusait de ne serait-ce que les évoquer plus explicitement qu'une histoire de son passé.
Faible. Vouloir se réfugier derrière une quelconque loyauté n'était qu'une manière de fuir ses responsabilités pour ne pas avoir à les affronter. Voilà les mots que la militaire que se retint de balancer au visage de la blonde. Oh comme elle voulait secouer les puces de cette enfant... Son fils ne serait que davantage en danger avec quelqu'un d'aussi...
Elle expira, ferma les yeux un instant. Quelqu'un d'aussi idéaliste que lui. Narcisse. Son fils. Elle se rongeait les sangs, chaque jour qui passait, à l'idée qu'il se fasse un jour bouffer par le monde qui l'entourait. D'autant que désormais, il en avait deux auxquels il devait faire face. Une inspiration.
Elle hésita véritablement lorsque Alyssa lui demanda si elle pouvait apprendre.
Une partie d'elle envisagea sérieusement de refuser et de l'envoyer retourner se coucher. Mais une autre partie d'elle vit l'occasion de protéger son enfant encore davantage. Il avait passé les premiers jours des vacances avec le concierge du château, et de toute évidence, elle se heurtait de plus en plus aux limites de ce qu'elle pouvait enseigner à Narcisse...
Son regard plongea dans celui de l'enfant, tandis que son esprit s'échauffait lourdement. Après plusieurs secondes de silence, elle accepta enfin de reparler.
"Dans la vie, on a trois choix. Être bon, s'améliorer, ou laisser tomber."
Ses doigts glissèrent dans sa manche pour lentement dégainer la baguette de l'enfant.
Honor la tint quelques instants entre ses doigts, en l'observant longuement. Elle s'attendait, peut-être, inconsciemment, à ressentir quelque chose. Comme son fils lui avait longuement et de multiples fois les sensations qu'il pouvait observer en tenant sa propre baguette.
Mais nulle émotion, nulle sensation, nul ressenti ne se dégagea de ce bout de bois vide, pour elle. Elle remonta les yeux pour regarder Alyssa, avant de lui tendre son catalyseur calmement.
"Je peux essayer de t'enseigner avec mon fils, mais que je ne te reprenne jamais à sortir ta baguette ici."
La menace était sérieuse, son regard en témoignait, et la dureté de son visage, ainsi que la froideur de son ton. Jamais elle ne tolérerait que l'on utilise quelconque forme de magie sous son toit ou en sa présence. Pas encore, pas maintenant, tout du moins.
Alerte intrusion !
Alyssa fronça les sourcils un instant en voyant Honor croiser ses bras contre sa poitrine. Quoi ? J'ai dit quoi encore ?, se demanda-t-elle immédiatement, décontenancée. La voix de la militaire ne s'éleva pas mais la blondinette sentit ses poumons se comprimer instantanément par la tension qu'elle perçut soudain. Par Merlin, cette femme lui semblait bien plus redoutable qu'une dizaine de cognards ! Mais... Y'a quoi de mal à être loyal ?
Une question silencieuse à laquelle Honor répondit néanmoins. Alyssa fronça les sourcils davantage. Elle n'était pas vraiment sûre d'être d'accord avec cela. Pour elle, la loyauté devait s'appliquer partout, peu lui importait l'adversaire. Enfin... Il fallait nuancer tout de même ; être "loyal" importait à la blondinette uniquement avec la magie, avec les poings elle s'en fichait bien plus. La violence qui se contenait en elle était bien plus instable physiquement que magiquement.
Dans un silence rare, Alyssa regardait d'un œil fixe Honor ramener au centre de la pièce le mannequin. Ca, en revanche, c'était parfaitement moldu, de ne pouvoir utiliser sa baguette pour ramener un objet à soit -bien que la troisième année n'avait pas encore vu les sortilèges d'attraction en cours. Aux mots que prononça alors la militaire, Alyssa resta sans réaction quelques instants avant que son visage déjà pâle ne devienne instantanément exsangue.
"Abattu" ? Comme ça abattu ? Elle avait bien entendu ? Alyssa n'avait clairement pas assez évolué dans le monde moldu à un âge suffisamment mature pour avoir une idée claire que ce qu'impliquait d'être militaire. Pour elle, la mère de Narcisse savait se battre, point final. Mais tuer ? Alyssa s'était-elle déjà retrouvée face à quelqu'un ayant accomplit un tel acte, en d'autres termes un assassin ? Ses yeux clairs se plissèrent tandis que le visage tout souriant de Narcisse s'imposa dans ses pensées. J'ai du mal comprendre..., se dit-elle en essayant de reprendre ses esprits.
Car ce qu'Alyssa voulait par dessus tout, et qui d'ailleurs était sorti d'un coup de sa bouche, c'était apprendre à faire la même chose que la mère de son amie. Si elle parvenait à être aussi forte physiquement, ou même savoir utiliser ne serait-ce que le centième d'une telle force, tous ceux lui ayant fait du mal ne pourraient plus jamais la toucher. Son cœur se mit à battre plus fort, dans un mélange d'appréhension et d'enthousiasme. Soudain, les yeux sombres d'Honor plongèrent dans ceux si clairs d'Alyssa.
En prise avec ce regard, la blondinette resta parfaitement immobile, essayant de négliger tant bien que mal son rythme cardiaque qui allait jusqu'à faire tinter ses oreilles. Honor pouvait largement se venter d'être capable en un geste de réduire cette jeune fille presque hyperactive à un silence et une immobilité quasi totale. Elle écouta silencieusement les paroles de l'adulte et, pour une fois, le dicton -ç'en était encore un, non ?- lui parla davantage.
Alyssa voulait s'améliorer. Ou du moins apprendre car physiquement, elle avait juste l'expérience d'un enfant qui laissait parler un peu trop facilement la violence en elle. Comme la fois où elle avait envoyé son poing tout droit dans le visage de Narcisse. Ouch... Elle ne voulait plus y penser, et ce encore moins devant sa mère moldue qui semblait avoir la capacité de lire en elle comme dans un grimoire ouvert. Soudain, les yeux d'Alyssa captèrent quelque chose qui la mit encore plus en arrêt : Honor venait de sortir SA baguette magique. C'était donc là que tu te cachais !, ne put s'empêcher de se dire la blondinette, le regard maintenant braqué sur la manche de la militaire.
Le coeur à nouveau battant, la jeune fille fixa en silence Honor qui tenait sa baguette entre ses doigts -son catalyseur lui semblait bien fin soudainement. Elle n'avait pas l'empathie et l'ouverture d'esprit nécessaires -d'autant plus au beau milieu de la nuit- pour se demander ce qu'une moldue, aussi puissante puisse-t-elle être, pouvait bien ressentir en touchant une baguette magique. Non, tout ce qu'Alyssa espérait, c'était qu'Honor lui rende sa baguette et n'essaye pas de la casser en guise de punition.
C'est qu'Alyssa n'avait pas encore été punie de sa bêtise, de cette tentative d'avoir tenté de forcer l'entrée du gymnase... A part si Honor jugeait son immobilisation terrifiante comme sanction. En tous cas, de l'humble avis de la jeune fille, la peur panique qu'elle avait ressentie si violemment constituait largement une belle punition.
La blondinette sentit à nouveau le regard de l'adulte pointé vers elle et les battements de son cœur s'accélérèrent davantage devant son catalyseur. Honor lui rendait sa baguette. Ouf. Alyssa récupéra sa précieuse possession, presque étonnée qu'on la lui rende "si facilement". Elle la coinça dans l'élastique de son pantalon de pyjama avant de relever les yeux, se forçant à garder son regard sur le visage de l'adulte. On sentait la menace émaner de cette dernière et la jeune fille se retint à grand peine de déglutir avant de dire d'un ton parfaitement sincère :
- Je vous le ju... Enfin, vous le promet. Je n'aurais pas dû.
Cette dernière phrase qu'Alyssa débitait habituellement comme un robot lui semblait bien plus significative aujourd'hui. Elle réalisa ensuite -et enfin- la première partie de la phrase d'Honor et un sursaut d'excitation manqua de parcourir son corps. Elle allait pouvoir apprendre ! Oh, qu'est-ce que j'ai hâte !, se dit la jeune fille avec emballement avant que son visage ne s'éteigne à nouveau brusquement. Elle lâcha alors :
- Vous allez me punir pour ce que j'ai fait ?
C'était une question puérile, mais Alyssa n'avait pu s'empêcher de la poser, alors qu'elle hésitait entre accorder une confiance totale à l'une des rares adultes à qui elle s'était confiée ou garder une part de méfiance bien ancrée dans son esprit. Voila ses préoccupations alors que ses yeux étaient braquée sur Honor qui la surplombait de toute sa hauteur. D'ailleurs, Alyssa n'était pas vraiment sûre d'avoir envie que Narcisse apprenne qu'au beau milieu de la nuit, son amie s'était glissée hors de sa chambre pour essayer de s'introduire dans le repère de sa mère.
Une question silencieuse à laquelle Honor répondit néanmoins. Alyssa fronça les sourcils davantage. Elle n'était pas vraiment sûre d'être d'accord avec cela. Pour elle, la loyauté devait s'appliquer partout, peu lui importait l'adversaire. Enfin... Il fallait nuancer tout de même ; être "loyal" importait à la blondinette uniquement avec la magie, avec les poings elle s'en fichait bien plus. La violence qui se contenait en elle était bien plus instable physiquement que magiquement.
Dans un silence rare, Alyssa regardait d'un œil fixe Honor ramener au centre de la pièce le mannequin. Ca, en revanche, c'était parfaitement moldu, de ne pouvoir utiliser sa baguette pour ramener un objet à soit -bien que la troisième année n'avait pas encore vu les sortilèges d'attraction en cours. Aux mots que prononça alors la militaire, Alyssa resta sans réaction quelques instants avant que son visage déjà pâle ne devienne instantanément exsangue.
"Abattu" ? Comme ça abattu ? Elle avait bien entendu ? Alyssa n'avait clairement pas assez évolué dans le monde moldu à un âge suffisamment mature pour avoir une idée claire que ce qu'impliquait d'être militaire. Pour elle, la mère de Narcisse savait se battre, point final. Mais tuer ? Alyssa s'était-elle déjà retrouvée face à quelqu'un ayant accomplit un tel acte, en d'autres termes un assassin ? Ses yeux clairs se plissèrent tandis que le visage tout souriant de Narcisse s'imposa dans ses pensées. J'ai du mal comprendre..., se dit-elle en essayant de reprendre ses esprits.
Car ce qu'Alyssa voulait par dessus tout, et qui d'ailleurs était sorti d'un coup de sa bouche, c'était apprendre à faire la même chose que la mère de son amie. Si elle parvenait à être aussi forte physiquement, ou même savoir utiliser ne serait-ce que le centième d'une telle force, tous ceux lui ayant fait du mal ne pourraient plus jamais la toucher. Son cœur se mit à battre plus fort, dans un mélange d'appréhension et d'enthousiasme. Soudain, les yeux sombres d'Honor plongèrent dans ceux si clairs d'Alyssa.
En prise avec ce regard, la blondinette resta parfaitement immobile, essayant de négliger tant bien que mal son rythme cardiaque qui allait jusqu'à faire tinter ses oreilles. Honor pouvait largement se venter d'être capable en un geste de réduire cette jeune fille presque hyperactive à un silence et une immobilité quasi totale. Elle écouta silencieusement les paroles de l'adulte et, pour une fois, le dicton -ç'en était encore un, non ?- lui parla davantage.
Alyssa voulait s'améliorer. Ou du moins apprendre car physiquement, elle avait juste l'expérience d'un enfant qui laissait parler un peu trop facilement la violence en elle. Comme la fois où elle avait envoyé son poing tout droit dans le visage de Narcisse. Ouch... Elle ne voulait plus y penser, et ce encore moins devant sa mère moldue qui semblait avoir la capacité de lire en elle comme dans un grimoire ouvert. Soudain, les yeux d'Alyssa captèrent quelque chose qui la mit encore plus en arrêt : Honor venait de sortir SA baguette magique. C'était donc là que tu te cachais !, ne put s'empêcher de se dire la blondinette, le regard maintenant braqué sur la manche de la militaire.
Le coeur à nouveau battant, la jeune fille fixa en silence Honor qui tenait sa baguette entre ses doigts -son catalyseur lui semblait bien fin soudainement. Elle n'avait pas l'empathie et l'ouverture d'esprit nécessaires -d'autant plus au beau milieu de la nuit- pour se demander ce qu'une moldue, aussi puissante puisse-t-elle être, pouvait bien ressentir en touchant une baguette magique. Non, tout ce qu'Alyssa espérait, c'était qu'Honor lui rende sa baguette et n'essaye pas de la casser en guise de punition.
C'est qu'Alyssa n'avait pas encore été punie de sa bêtise, de cette tentative d'avoir tenté de forcer l'entrée du gymnase... A part si Honor jugeait son immobilisation terrifiante comme sanction. En tous cas, de l'humble avis de la jeune fille, la peur panique qu'elle avait ressentie si violemment constituait largement une belle punition.
La blondinette sentit à nouveau le regard de l'adulte pointé vers elle et les battements de son cœur s'accélérèrent davantage devant son catalyseur. Honor lui rendait sa baguette. Ouf. Alyssa récupéra sa précieuse possession, presque étonnée qu'on la lui rende "si facilement". Elle la coinça dans l'élastique de son pantalon de pyjama avant de relever les yeux, se forçant à garder son regard sur le visage de l'adulte. On sentait la menace émaner de cette dernière et la jeune fille se retint à grand peine de déglutir avant de dire d'un ton parfaitement sincère :
- Je vous le ju... Enfin, vous le promet. Je n'aurais pas dû.
Cette dernière phrase qu'Alyssa débitait habituellement comme un robot lui semblait bien plus significative aujourd'hui. Elle réalisa ensuite -et enfin- la première partie de la phrase d'Honor et un sursaut d'excitation manqua de parcourir son corps. Elle allait pouvoir apprendre ! Oh, qu'est-ce que j'ai hâte !, se dit la jeune fille avec emballement avant que son visage ne s'éteigne à nouveau brusquement. Elle lâcha alors :
- Vous allez me punir pour ce que j'ai fait ?
C'était une question puérile, mais Alyssa n'avait pu s'empêcher de la poser, alors qu'elle hésitait entre accorder une confiance totale à l'une des rares adultes à qui elle s'était confiée ou garder une part de méfiance bien ancrée dans son esprit. Voila ses préoccupations alors que ses yeux étaient braquée sur Honor qui la surplombait de toute sa hauteur. D'ailleurs, Alyssa n'était pas vraiment sûre d'avoir envie que Narcisse apprenne qu'au beau milieu de la nuit, son amie s'était glissée hors de sa chambre pour essayer de s'introduire dans le repère de sa mère.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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Alerte intrusion !
Apparemment, l'ampleur du monde échappait encore à cette petite. Quoi de plus normal, pourrait-on penser. Cela parait plus qu'évident. À cet âge, nul n'est censé être déjà corrompu par l'univers qui nous entour et n'est supposé pouvoir porter sur le monde un regard pragmatique et dénué de tout idéalisme. Enfin, nul, sauf Honor, qui dès ses dix ans, avait déjà beaucoup trop expérimenté cette chienne de vie. Mais là où certains se seraient écroulé, elle en avait fait une force, une lame aiguisée et affûtée, trempée et solide, qui l'accompagnait désormais depuis bientôt trois décennies. Et pas une fois, elle ne l'avait trahi.
Honor savait que sa vision du monde était la bonne. Elle le pensait profondément. Elle n'avait été que trop confronté à ce qu'il pouvait offrir de pire pour pouvoir se contenter de le traverser sans préparer son corps et son esprit à pouvoir rendre chaque coup que la vie lui assénait.
Un soupir, elle baissa doucement le regard, les bras toujours croisés sur sa poitrine.
Cela faisait plus de vingt ans qu'elle avait rencontré Oscar. Cela faisait plus de vingt ans que cet homme rognait et rongeait petit à petit ses murailles, s'installant confortablement dans sa tête, et illuminant tout ce qui l'entourait. Sur bien des choses, et sous bien des aspects, la militaire ne comprenait pas. Elle ne le comprenait pas, elle n'y arrivait pas. Alors que lui semblait lire en elle comme dans un livre ouvert, il semblait la connaître sur le bout des doigts, la berçant de ses rêves et de ses idéaux. Irrémédiablement, ses pensées se tournèrent vers son fils. Elle cligna des yeux. Comment pourrait-elle les protéger s'ils n'ouvraient pas les yeux sur le monde autour d'eux ? Plus que jamais, elle avait besoin d'être forte.
Mais elle n'avait pas besoin de l'être pour elle. Elle n'avait plus besoin de ça. Mais pour eux, pour ceux qu'elle aime, elle se devait de maintenir sa vision des choses.
Honor laissa l'enfant récupérer son catalyseur sans se braquer. Elle avait bien noté l'épais silence enveloppant sa réflexion sur l'importance de se montrer moins conciliant que son adversaire si l'on voulait survivre, mais elle se garda bien d'enfoncer le clou. Elle n'était pas là pour ça. Pas encore. Son regard plongea dans celui de la blonde lorsqu'elle promit, et sa voix siffla entre ses dents.
"Sache que dans cette maison, aucune promesse n'est prononcée à la légère. Jamais."
Si elle voulait travailler avec elle et veiller à la bonne sécurité de son fils, elle se devait de mettre les choses au clair, et de ne surtout pas laisser planer le moindre doute quand à l'importance des limites qu'elle installait en cet instant.
Puis, l'instant d'après, Honor se rappela qu'elle se trouvait face à une enfant. L'emballement et l'excitation, l'espoir, puis la peur, et le regret, la puérilité. Plusieurs réponses se bousculèrent dans la tête de la femme, qui hésita plusieurs secondes. Elle l'avait bien observé, elle l'avait bien cerné. Cette enfant avait déjà bien été suffisamment punie. De plus, Honor ne punissait jamais vraiment personne. Elle n'arrivait pas à se souvenir d'une fois où elle avait puni Narcisse. Son index tapota son biceps, tandis qu'elle maintenait les bras croisés, avant de s'adosser au mannequin. Un sourire moqueur apparut sur ses lèvres.
"Pourquoi ? Tu estimes en avoir besoin ?"
À ses yeux, la terreur qu'avait ressenti l'enfant, la démonstration de son impuissance en ces lieux, et surtout le temps passé ici était la meilleure des punitions. Et encore, Oscar aurait désapprouvé nombre de ses mots. Sauf qu'il dormait profondément, et que contrairement à Narcisse, il avait le sommeil lourd. Elle sourit encore, avant de secouer la tête pour regarder ses armoires.
Elle hésitait à expliquer, voire à montrer, en quoi pénétrer ici sans autorisation, ni surveillance, était extrêmement dangereux. Mais n'était-ce pas donner une nouvelle arme au monde des sorciers que de trop exposer les armes à feux ? Si Honor voulait conserver ne serait-ce qu'un mince avantage... Moins ils en savaient, mieux elle pourrait les prendre au dépourvu, si la situation se présentait... Demain, elle aviserait demain. En attendant, il était temps de conclure cette discussion avec cette gamine.
Elle attendit la réponse avec un petit éclat de malice au fond de ses yeux.
Honor savait que sa vision du monde était la bonne. Elle le pensait profondément. Elle n'avait été que trop confronté à ce qu'il pouvait offrir de pire pour pouvoir se contenter de le traverser sans préparer son corps et son esprit à pouvoir rendre chaque coup que la vie lui assénait.
Un soupir, elle baissa doucement le regard, les bras toujours croisés sur sa poitrine.
Cela faisait plus de vingt ans qu'elle avait rencontré Oscar. Cela faisait plus de vingt ans que cet homme rognait et rongeait petit à petit ses murailles, s'installant confortablement dans sa tête, et illuminant tout ce qui l'entourait. Sur bien des choses, et sous bien des aspects, la militaire ne comprenait pas. Elle ne le comprenait pas, elle n'y arrivait pas. Alors que lui semblait lire en elle comme dans un livre ouvert, il semblait la connaître sur le bout des doigts, la berçant de ses rêves et de ses idéaux. Irrémédiablement, ses pensées se tournèrent vers son fils. Elle cligna des yeux. Comment pourrait-elle les protéger s'ils n'ouvraient pas les yeux sur le monde autour d'eux ? Plus que jamais, elle avait besoin d'être forte.
Mais elle n'avait pas besoin de l'être pour elle. Elle n'avait plus besoin de ça. Mais pour eux, pour ceux qu'elle aime, elle se devait de maintenir sa vision des choses.
Honor laissa l'enfant récupérer son catalyseur sans se braquer. Elle avait bien noté l'épais silence enveloppant sa réflexion sur l'importance de se montrer moins conciliant que son adversaire si l'on voulait survivre, mais elle se garda bien d'enfoncer le clou. Elle n'était pas là pour ça. Pas encore. Son regard plongea dans celui de la blonde lorsqu'elle promit, et sa voix siffla entre ses dents.
"Sache que dans cette maison, aucune promesse n'est prononcée à la légère. Jamais."
Si elle voulait travailler avec elle et veiller à la bonne sécurité de son fils, elle se devait de mettre les choses au clair, et de ne surtout pas laisser planer le moindre doute quand à l'importance des limites qu'elle installait en cet instant.
Puis, l'instant d'après, Honor se rappela qu'elle se trouvait face à une enfant. L'emballement et l'excitation, l'espoir, puis la peur, et le regret, la puérilité. Plusieurs réponses se bousculèrent dans la tête de la femme, qui hésita plusieurs secondes. Elle l'avait bien observé, elle l'avait bien cerné. Cette enfant avait déjà bien été suffisamment punie. De plus, Honor ne punissait jamais vraiment personne. Elle n'arrivait pas à se souvenir d'une fois où elle avait puni Narcisse. Son index tapota son biceps, tandis qu'elle maintenait les bras croisés, avant de s'adosser au mannequin. Un sourire moqueur apparut sur ses lèvres.
"Pourquoi ? Tu estimes en avoir besoin ?"
À ses yeux, la terreur qu'avait ressenti l'enfant, la démonstration de son impuissance en ces lieux, et surtout le temps passé ici était la meilleure des punitions. Et encore, Oscar aurait désapprouvé nombre de ses mots. Sauf qu'il dormait profondément, et que contrairement à Narcisse, il avait le sommeil lourd. Elle sourit encore, avant de secouer la tête pour regarder ses armoires.
Elle hésitait à expliquer, voire à montrer, en quoi pénétrer ici sans autorisation, ni surveillance, était extrêmement dangereux. Mais n'était-ce pas donner une nouvelle arme au monde des sorciers que de trop exposer les armes à feux ? Si Honor voulait conserver ne serait-ce qu'un mince avantage... Moins ils en savaient, mieux elle pourrait les prendre au dépourvu, si la situation se présentait... Demain, elle aviserait demain. En attendant, il était temps de conclure cette discussion avec cette gamine.
Elle attendit la réponse avec un petit éclat de malice au fond de ses yeux.
Alerte intrusion !
A la voix sifflante d'Honor, Alyssa avait vigoureusement hoché la tête sans un mot. Elle n'avait nullement besoin de rappel, la présence de cette adulte qui irradiait de puissance au moindre signe d'énervement suffisait nettement à la faire tenir en place. Et puis, peut-être qu'Alyssa manquait de sagesse -clairement, et même de discernement -visiblement, mais les promesses ça elle les respectait. Du moins elle s'en efforçait.
Et en quelques instants, dans une myriade d'émotions qui se sont succédées, Alyssa se réincarna dans son immaturité par une question si puérile et pourtant si naturelle pour elle. Peut-être qu'Honor avait accepté de l'aider, de lui apprendre à se battre, mais cela n'enlevait en rien les actes de la jeune fille : avoir tenté de pénétrer dans le repère de la moldue, de surcroit avec de la magie, au beau milieu de la nuit. Elle était sortie de sa chambre, de la maison, en total dédain de chaque consigne plus ou moins écoutée la veille ; cela pour s'introduire dans un lieu interdit.
Avec une nouvelle méfiance marquée, Alyssa fixait Honor, prête à faire un pas en arrière à la moindre menace -bien qu'elle savait dorénavant que l'adulte pouvait la maîtriser en un éclair. Mais c'était plus fort qu'elle, après s'être avancée, avoir autant dévoilé par mégarde que confié ses inquiétudes, la jeune fille éprouvait inconsciemment une sourde envie de reculer bien davantage.
Ainsi elle attendait une quelconque réaction d'Honor. De la colère ? Des menaces ? Une leçon de morale ? Oh, Alyssa était habituée à cette dernière chose qui la plongeait toujours dans un puissant état d'ennui. Pas encore ça..., songea-t-elle comme si son esprit était capable de commander les prochaines paroles de la moldue. Cependant, ce ne fut ni de la colère, ni une grimace, mais un sourire qui apparut sur les lèvres d'Honor.
Alyssa était peut-être dotée d'un certain humour, d'un fort attrait pour les blagues, mais elle gardait néanmoins des difficultés à décrypter certaines mimiques. Notamment lorsqu'il s'agissait d'une adulte qui semblait avoir un visage taillé dans de la pierre en quasi-permanence. Pourquoi Honor souriait-elle au lieu de lui faire la morale ou de réfléchir à une bonne punition ? Se moquait-elle donc ?
A la question que posa cette dernière alors, le visage d'Alyssa fit une moue perplexe. Pourquoi on lui demandait ainsi son avis ? Elle fronça les sourcils, penchant inconsciemment sa tête sur le côté en signe d'interrogation, regardant cette adulte qui, confortablement installée contre le mannequin, souriait.
La blondinette hésita alors qu'elle se souvenait de la surprise, de l'effroi, de la terreur, de la peur panique qu'elle avait successivement ressentie à l'instant où Honor avait jailli de nulle part, sans un bruit, pour l'immobiliser d'une main et la désarmer en un éclair. Alyssa n'avait pas eu mal, elle n'avait pas ressenti la moindre douleur physique, mais rien que le souvenir de ce visage aussi dur que de la pierre suffisait à affoler son cœur et à lui glacer le sang. Soudainement, ce fut de la gêne qui l'étreint alors que, se balançant maintenant d'un pied à l'autre, ses deux mains se tordant mutuellement les doigts, elle murmura :
- J'crois que ça a été suffisant.... Essayant ensuite de faire taire cet embarras certain, la Gryffondor s'efforça de relever ses yeux clairs en direction de l'adulte avant de dire d'un ton plus sec : Mais c'pas à moi de décider.
Alyssa croisa alors ses deux bras contre sa poitrine. Non, ce n'était pas à elle de décider de cela. Cela n'avait jamais été le cas et elle ne voyait aucune raison pour un changement. Un clignement d'yeux, qui se répéta plus fortement quelques instants plus tard. La lumière dans le gymnase avait-elle été aussi criarde que ça depuis le début ? C'était que... Malgré toutes ses tentatives de paraître forte -tentatives qui avaient toutes lamentablement échoué soit dit en passant- elle n'avait que 14 ans et un sommeil bien trop insuffisant pour son âge. Toutes les émotions ressenties, ces paroles échangées, l'attitude d'Honor la menant de choc à surprise en passant par étonnement, se mélangeaient en se faisant plus vagues, moins clairs, alors que la fatigue prenait le dessus. En fait, Alyssa était exténuée.
Et en quelques instants, dans une myriade d'émotions qui se sont succédées, Alyssa se réincarna dans son immaturité par une question si puérile et pourtant si naturelle pour elle. Peut-être qu'Honor avait accepté de l'aider, de lui apprendre à se battre, mais cela n'enlevait en rien les actes de la jeune fille : avoir tenté de pénétrer dans le repère de la moldue, de surcroit avec de la magie, au beau milieu de la nuit. Elle était sortie de sa chambre, de la maison, en total dédain de chaque consigne plus ou moins écoutée la veille ; cela pour s'introduire dans un lieu interdit.
Avec une nouvelle méfiance marquée, Alyssa fixait Honor, prête à faire un pas en arrière à la moindre menace -bien qu'elle savait dorénavant que l'adulte pouvait la maîtriser en un éclair. Mais c'était plus fort qu'elle, après s'être avancée, avoir autant dévoilé par mégarde que confié ses inquiétudes, la jeune fille éprouvait inconsciemment une sourde envie de reculer bien davantage.
Ainsi elle attendait une quelconque réaction d'Honor. De la colère ? Des menaces ? Une leçon de morale ? Oh, Alyssa était habituée à cette dernière chose qui la plongeait toujours dans un puissant état d'ennui. Pas encore ça..., songea-t-elle comme si son esprit était capable de commander les prochaines paroles de la moldue. Cependant, ce ne fut ni de la colère, ni une grimace, mais un sourire qui apparut sur les lèvres d'Honor.
Alyssa était peut-être dotée d'un certain humour, d'un fort attrait pour les blagues, mais elle gardait néanmoins des difficultés à décrypter certaines mimiques. Notamment lorsqu'il s'agissait d'une adulte qui semblait avoir un visage taillé dans de la pierre en quasi-permanence. Pourquoi Honor souriait-elle au lieu de lui faire la morale ou de réfléchir à une bonne punition ? Se moquait-elle donc ?
A la question que posa cette dernière alors, le visage d'Alyssa fit une moue perplexe. Pourquoi on lui demandait ainsi son avis ? Elle fronça les sourcils, penchant inconsciemment sa tête sur le côté en signe d'interrogation, regardant cette adulte qui, confortablement installée contre le mannequin, souriait.
La blondinette hésita alors qu'elle se souvenait de la surprise, de l'effroi, de la terreur, de la peur panique qu'elle avait successivement ressentie à l'instant où Honor avait jailli de nulle part, sans un bruit, pour l'immobiliser d'une main et la désarmer en un éclair. Alyssa n'avait pas eu mal, elle n'avait pas ressenti la moindre douleur physique, mais rien que le souvenir de ce visage aussi dur que de la pierre suffisait à affoler son cœur et à lui glacer le sang. Soudainement, ce fut de la gêne qui l'étreint alors que, se balançant maintenant d'un pied à l'autre, ses deux mains se tordant mutuellement les doigts, elle murmura :
- J'crois que ça a été suffisant.... Essayant ensuite de faire taire cet embarras certain, la Gryffondor s'efforça de relever ses yeux clairs en direction de l'adulte avant de dire d'un ton plus sec : Mais c'pas à moi de décider.
Alyssa croisa alors ses deux bras contre sa poitrine. Non, ce n'était pas à elle de décider de cela. Cela n'avait jamais été le cas et elle ne voyait aucune raison pour un changement. Un clignement d'yeux, qui se répéta plus fortement quelques instants plus tard. La lumière dans le gymnase avait-elle été aussi criarde que ça depuis le début ? C'était que... Malgré toutes ses tentatives de paraître forte -tentatives qui avaient toutes lamentablement échoué soit dit en passant- elle n'avait que 14 ans et un sommeil bien trop insuffisant pour son âge. Toutes les émotions ressenties, ces paroles échangées, l'attitude d'Honor la menant de choc à surprise en passant par étonnement, se mélangeaient en se faisant plus vagues, moins clairs, alors que la fatigue prenait le dessus. En fait, Alyssa était exténuée.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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Be a writer, 장르로는 fantasy
Alerte intrusion !
L'écart entre l'amusement et la pitié peut parfois s'avérer bien mince. Un rien peut suffire pour faire pencher la balance, et ainsi modifier toute la perception que l'on peut porter sur une scène donnée. Depuis le début de cet entretien, depuis qu'Honor avait surpris cette enfant en train de s'infiltrer dans son gymnase, elle n'avait cessé d'osciller entre moult émotions.
La colère, cela allait de soi. La militaire en débordait littéralement, menaçant d'en recouvrir le monde qui l'entourait et de parasiter les moindres de ses actes. Ce poison rongeant ses veines depuis l'entièreté de son existence, n'y avait-il pas eu un moment de sa vie où elle ne s'était pas sentie en colère ? Elle en doutait.
L'agacement, évidemment. L'irritation prodiguée par l'intervention de cette petite sotte, qu'elle ait osé brandir sa baguette en ce lieu, qu'elle ait fait fi des avertissements de ses parents et d'elle-même, il y avait de quoi s'en sentir agacé.
La pitié, sans le moindre doute. Le faiblesse de s'être fait prendre, son incapacité à opérer discrètement, l'idiotie sans fond de son action irréfléchie, qui aurait pu la mettre en danger, ainsi que tous ceux qu'elle aimait. Tant de sottise, tant d'ignorance, d'indifférence à la simple prudence et au plus évident discernement.
Et au fond d'elle, profondément dissimulé sous une multitude de couches de protections, derrière tant de murs qu'elle avait passé toute une vie à bâtir, se terrait une émotion qu'elle aurait nommé compassion.
Honor expira doucement, son visage se radoucit, ses yeux se fermèrent un court instant.
Oui, Alyssa n'était qu'une enfant. Une très jeune enfant. Elle n'était pas aussi solide, aussi forte ni aussi résiliente qu'Honor, mais qui pouvait bien se targuer de l'être ? Et qui était-elle pour penser ne serait-ce qu'un seul instant à lui imposer seulement le quart des épreuves qu'elle avait vécu dans le seul but de la renforcer ? Jusqu'où irait-elle, après ? Cette enfant lui faisait définitivement pitié, et elle n'aurait pas manqué de basculer dans le jugement si la réponse de la blonde n'avait pas touché pile où il le fallait.
Ce fut un simple sourire, au début. Puis un petit esclaffement, un très court rire, tel un soupir un peu trop puissant. Et enfin, elle secoua doucement la tête. C'était décidé. Si Alyssa voulait être et demeurer dans le cercle de connaissances proches de son fils, elle avait intérêt à se retrouver et à se cerner.
Honor se redressa avant de passer une main dans ses cheveux.
"Connerie."
Elle se dirigea vers l'enfant et s'arrêta à son niveau, une main sur ses hanches.
"Ce n'est pas à toi de décider ? À qui, dans ce cas ?"
Un silence.
"C'est toi qui a décidé de te lever en pleine nuit. De discrètement t'infiltrer dans mon salon et dans mon jardin, de tenter de pénétrer par effraction mon gymnase. C'est toi, également, qui a décidé, en toute connaissance de cause, de dégainer ta baguette."
Et enfin, elle prit la direction de la porte, au niveau de laquelle elle s'arrêta de nouveau, pour se décaler et se tourner vers Alyssa.
"Nos actions ont des conséquences. Alors si, c'est à toi de décider si ce que tu viens de vivre ce soir t'as suffit ou non."
Son regard glissa sur elle avant de se porter à l'extérieur. Honor sentait que l'enfant atteignait son pic de fatigue, et que bientôt, chaque mot qu'elle prononcerait glisserait sur Alyssa comme l'eau sur le papier ciré. Cependant, il était hors de question qu'elle achève cette entrevue sans rappeler une dernière fois les règles.
Elle plongea son regard dans les yeux bleus de la blonde, son visage reprenant toute sa sévérité, malgré le mini-sourire malicieux qui déformait imperceptiblement la commissure de ses lèvres.
"Par ailleurs, ne t'avise plus jamais de porter la main sur Narcisse en dehors d'un entraînement. Je peux le tolérer une fois, pas deux."
Et encore, elle ne tolérait cette unique fois que grâce au plaidoyer enflammé de Narcisse qui l'avait presque convaincu du bienfondé de l'action de la blonde, et surtout de son absence de gravité. Elle retint un soupir, il était encore plus naïf que son père. Mais encore plus gentil que lui. Elle s'adoucit enfin, et fit un rapide mouvement de tête en direction de l'extérieur.
"Allez. File, je ne serai pas plus tendre avec toi demain parce que tu manques de sommeil."
Une fois que l'enfant aurait décampé, Honor tournerait une dernière fois son regard à l'intérieur du gymnase, pour éteindre la lumière, refermer la porte, et regagner sa chambre pour retrouver un Oscar ayant odieusement récupéré toute la couverture.
La colère, cela allait de soi. La militaire en débordait littéralement, menaçant d'en recouvrir le monde qui l'entourait et de parasiter les moindres de ses actes. Ce poison rongeant ses veines depuis l'entièreté de son existence, n'y avait-il pas eu un moment de sa vie où elle ne s'était pas sentie en colère ? Elle en doutait.
L'agacement, évidemment. L'irritation prodiguée par l'intervention de cette petite sotte, qu'elle ait osé brandir sa baguette en ce lieu, qu'elle ait fait fi des avertissements de ses parents et d'elle-même, il y avait de quoi s'en sentir agacé.
La pitié, sans le moindre doute. Le faiblesse de s'être fait prendre, son incapacité à opérer discrètement, l'idiotie sans fond de son action irréfléchie, qui aurait pu la mettre en danger, ainsi que tous ceux qu'elle aimait. Tant de sottise, tant d'ignorance, d'indifférence à la simple prudence et au plus évident discernement.
Et au fond d'elle, profondément dissimulé sous une multitude de couches de protections, derrière tant de murs qu'elle avait passé toute une vie à bâtir, se terrait une émotion qu'elle aurait nommé compassion.
Honor expira doucement, son visage se radoucit, ses yeux se fermèrent un court instant.
Oui, Alyssa n'était qu'une enfant. Une très jeune enfant. Elle n'était pas aussi solide, aussi forte ni aussi résiliente qu'Honor, mais qui pouvait bien se targuer de l'être ? Et qui était-elle pour penser ne serait-ce qu'un seul instant à lui imposer seulement le quart des épreuves qu'elle avait vécu dans le seul but de la renforcer ? Jusqu'où irait-elle, après ? Cette enfant lui faisait définitivement pitié, et elle n'aurait pas manqué de basculer dans le jugement si la réponse de la blonde n'avait pas touché pile où il le fallait.
Ce fut un simple sourire, au début. Puis un petit esclaffement, un très court rire, tel un soupir un peu trop puissant. Et enfin, elle secoua doucement la tête. C'était décidé. Si Alyssa voulait être et demeurer dans le cercle de connaissances proches de son fils, elle avait intérêt à se retrouver et à se cerner.
Honor se redressa avant de passer une main dans ses cheveux.
"Connerie."
Elle se dirigea vers l'enfant et s'arrêta à son niveau, une main sur ses hanches.
"Ce n'est pas à toi de décider ? À qui, dans ce cas ?"
Un silence.
"C'est toi qui a décidé de te lever en pleine nuit. De discrètement t'infiltrer dans mon salon et dans mon jardin, de tenter de pénétrer par effraction mon gymnase. C'est toi, également, qui a décidé, en toute connaissance de cause, de dégainer ta baguette."
Et enfin, elle prit la direction de la porte, au niveau de laquelle elle s'arrêta de nouveau, pour se décaler et se tourner vers Alyssa.
"Nos actions ont des conséquences. Alors si, c'est à toi de décider si ce que tu viens de vivre ce soir t'as suffit ou non."
Son regard glissa sur elle avant de se porter à l'extérieur. Honor sentait que l'enfant atteignait son pic de fatigue, et que bientôt, chaque mot qu'elle prononcerait glisserait sur Alyssa comme l'eau sur le papier ciré. Cependant, il était hors de question qu'elle achève cette entrevue sans rappeler une dernière fois les règles.
Elle plongea son regard dans les yeux bleus de la blonde, son visage reprenant toute sa sévérité, malgré le mini-sourire malicieux qui déformait imperceptiblement la commissure de ses lèvres.
"Par ailleurs, ne t'avise plus jamais de porter la main sur Narcisse en dehors d'un entraînement. Je peux le tolérer une fois, pas deux."
Et encore, elle ne tolérait cette unique fois que grâce au plaidoyer enflammé de Narcisse qui l'avait presque convaincu du bienfondé de l'action de la blonde, et surtout de son absence de gravité. Elle retint un soupir, il était encore plus naïf que son père. Mais encore plus gentil que lui. Elle s'adoucit enfin, et fit un rapide mouvement de tête en direction de l'extérieur.
"Allez. File, je ne serai pas plus tendre avec toi demain parce que tu manques de sommeil."
Une fois que l'enfant aurait décampé, Honor tournerait une dernière fois son regard à l'intérieur du gymnase, pour éteindre la lumière, refermer la porte, et regagner sa chambre pour retrouver un Oscar ayant odieusement récupéré toute la couverture.
Alerte intrusion !
Alyssa avait croisé les bras contre son torse, autant pour se donner un semblant de contenance que pour essayer de marquer ses paroles. En réalité elle n'en savait que trop rien, il fallait dire que jamais personne auparavant ne lui avait demandé son jugement sur les conséquences d'une de ses bêtises. Et des bêtises, on pouvait dire qu'elle en faisait souvent ; autant volontairement qu'involontairement. Mais généralement tout de même dans sa volonté propre.
Un léger... Rire ? Honor était amusée ? Ah non. A l'unique mot que prononça l'adulte, les bras d'Alyssa se raidirent imperceptiblement. Elle avait dit quoi, encore ? La blondinette fixa Honor se rapprocher maintenant d'elle, puisant dans tout son courage -et dans sa témérité de Gryffondor- pour ne pas reculer d'un pas. Et c'était dur. Très dur. Une question, ou plutôt deux, d'Honor, jaillirent alors.
Un haussement d'épaules et un regard fuyant. Ce fut tout ce que put répondre Alyssa. Si Honor ne savait pas elle-même, alors rien ne l'empêchait de téléphoner à son père et à sa mère -même si elle n'était guère sûre ni de l'état de marche de l'appareil à Arundel ni de l'état éveillé de ses parents à cette heure nocturne. Ou même au concierge tiens, lui il serait en-chan-té de lui trouver une bonne punition à sa mesure. Alyssa manqua de laisser échapper une grimace à l'image de l'homme barbu s'imposant dans son esprit, image qu'elle n'avait nulle envie de voir en journée et encore moins en pleine nuit. Mais une telle mimique devant la mère de son ami serait terriblement mal avisée -et possiblement dangereux. Ainsi son haussement d'épaules suffisait largement.
Honor poursuivit, listant la succession des méfaits qui étaient déjà clairs dans l'esprit d'Alyssa. La blondinette resta stoïque, entendre la liste de ses bêtises, ça c'était une situation bien plus connue pour elle. Malgré son absence de réaction visible, elle ne restait pas moins embarrassée de ses actions, bien qu'elle avait l'habitude de revêtir son masque parfaitement neutre en de telles circonstances.
Dans un rare silence, la jeune fille observa l'adulte se détourner alors pour rejoindre la porte ouverte sur la nuit noire. Dans le même temps, la fatigue la frappa telle une batte un cognard, comme si celle-ci attendait tapie dans l'ombre nocturne depuis de longs instants. Les yeux piquants, les pensées de plus en plus embrumées, Alyssa commençait à avoir le regard vide. D'un hochement de tête presque automatique, elle approuva les nouvelles paroles d'Honor avant de réellement les comprendre. Dans un laps de temps légèrement différé, la blondinette murmura alors :
- Oui, ça m'a suffit.
Les évènements lui étaient peut-être dorénavant flous, mais son esprit et son cœur avaient été suffisamment éprouvés pour qu'elle puisse répondre dans une telle nouvelle certitude. Alyssa s'approcha ensuite à son tour de la porte, relâchant graduellement sa présence, ne regardant même plus Honor dans les yeux, le regard presque hypnotisé par ce paysage nocturne qui ne lui était pas vraiment familier.
Soudain, ses yeux clairs accrochèrent malgré eux les prunelles bien plus sombres d'Honor et les mots que prononça cette dernière lui glacèrent le sang. Comment savait-elle ? Pensées embrumées ou non, la jeune fille saisit aussitôt l'évènement qu'évoquait la militaire. Comment pouvait-elle l'oublier, même ? Son regard grand ouvert vers l'adulte, Alyssa resta sans voix, sa mâchoire inférieure s'ouvrit légèrement avant de trembloter.
- C'é... C'était pas voulu... Ca..., bégaya-t-elle à mi-voix.
Sa phrase n'avait pas de fin mais elle était sincère, on ne pouvait plus sincère. Alyssa regrettait encore nettement ce coup de poing dans le visage infligé à Narcisse alors que ses émotions, toute sa violence, avaient débordé de son cœur. Dire que son ami s'était davantage préoccupée de l'état des mains de la Gryffondor au lieu de se soucier du filet de sang qui coulait sur son menton... Alyssa n'avait réalisé qu'après coup l'ampleur de ce geste qui était dû uniquement à son impulsivité particulièrement puissante.
Heureusement Honor s'adoucit dans le même temps et désigna même l'extérieur de la tête. A ses mots Alyssa n'hésita pas un seul instant à franchir le pas de la porte, ses poumons se chargeant à nouveau de l'air frais de la nuit après avoir été bien trop privés de leur souffle. Elle jeta alors un coup d'œil en arrière vers l'adulte, hésita un instant.
- Merci., les paroles ainsi soufflées dans la brise de la nuit ne tardèrent pas à s'envoler tandis qu'Alyssa décampa vers la maison, sans chercher à savoir si Honor avait entendu son seul et unique mot qui contenait pourtant toute sa sincérité.
En remontant se coucher, Alyssa se laisserait sans doute tomber sur son lit pour dormir d'un sommeil profond et sans rêves, pour la première fois depuis bien trop longtemps.
Un léger... Rire ? Honor était amusée ? Ah non. A l'unique mot que prononça l'adulte, les bras d'Alyssa se raidirent imperceptiblement. Elle avait dit quoi, encore ? La blondinette fixa Honor se rapprocher maintenant d'elle, puisant dans tout son courage -et dans sa témérité de Gryffondor- pour ne pas reculer d'un pas. Et c'était dur. Très dur. Une question, ou plutôt deux, d'Honor, jaillirent alors.
Un haussement d'épaules et un regard fuyant. Ce fut tout ce que put répondre Alyssa. Si Honor ne savait pas elle-même, alors rien ne l'empêchait de téléphoner à son père et à sa mère -même si elle n'était guère sûre ni de l'état de marche de l'appareil à Arundel ni de l'état éveillé de ses parents à cette heure nocturne. Ou même au concierge tiens, lui il serait en-chan-té de lui trouver une bonne punition à sa mesure. Alyssa manqua de laisser échapper une grimace à l'image de l'homme barbu s'imposant dans son esprit, image qu'elle n'avait nulle envie de voir en journée et encore moins en pleine nuit. Mais une telle mimique devant la mère de son ami serait terriblement mal avisée -et possiblement dangereux. Ainsi son haussement d'épaules suffisait largement.
Honor poursuivit, listant la succession des méfaits qui étaient déjà clairs dans l'esprit d'Alyssa. La blondinette resta stoïque, entendre la liste de ses bêtises, ça c'était une situation bien plus connue pour elle. Malgré son absence de réaction visible, elle ne restait pas moins embarrassée de ses actions, bien qu'elle avait l'habitude de revêtir son masque parfaitement neutre en de telles circonstances.
Dans un rare silence, la jeune fille observa l'adulte se détourner alors pour rejoindre la porte ouverte sur la nuit noire. Dans le même temps, la fatigue la frappa telle une batte un cognard, comme si celle-ci attendait tapie dans l'ombre nocturne depuis de longs instants. Les yeux piquants, les pensées de plus en plus embrumées, Alyssa commençait à avoir le regard vide. D'un hochement de tête presque automatique, elle approuva les nouvelles paroles d'Honor avant de réellement les comprendre. Dans un laps de temps légèrement différé, la blondinette murmura alors :
- Oui, ça m'a suffit.
Les évènements lui étaient peut-être dorénavant flous, mais son esprit et son cœur avaient été suffisamment éprouvés pour qu'elle puisse répondre dans une telle nouvelle certitude. Alyssa s'approcha ensuite à son tour de la porte, relâchant graduellement sa présence, ne regardant même plus Honor dans les yeux, le regard presque hypnotisé par ce paysage nocturne qui ne lui était pas vraiment familier.
Soudain, ses yeux clairs accrochèrent malgré eux les prunelles bien plus sombres d'Honor et les mots que prononça cette dernière lui glacèrent le sang. Comment savait-elle ? Pensées embrumées ou non, la jeune fille saisit aussitôt l'évènement qu'évoquait la militaire. Comment pouvait-elle l'oublier, même ? Son regard grand ouvert vers l'adulte, Alyssa resta sans voix, sa mâchoire inférieure s'ouvrit légèrement avant de trembloter.
- C'é... C'était pas voulu... Ca..., bégaya-t-elle à mi-voix.
Sa phrase n'avait pas de fin mais elle était sincère, on ne pouvait plus sincère. Alyssa regrettait encore nettement ce coup de poing dans le visage infligé à Narcisse alors que ses émotions, toute sa violence, avaient débordé de son cœur. Dire que son ami s'était davantage préoccupée de l'état des mains de la Gryffondor au lieu de se soucier du filet de sang qui coulait sur son menton... Alyssa n'avait réalisé qu'après coup l'ampleur de ce geste qui était dû uniquement à son impulsivité particulièrement puissante.
Heureusement Honor s'adoucit dans le même temps et désigna même l'extérieur de la tête. A ses mots Alyssa n'hésita pas un seul instant à franchir le pas de la porte, ses poumons se chargeant à nouveau de l'air frais de la nuit après avoir été bien trop privés de leur souffle. Elle jeta alors un coup d'œil en arrière vers l'adulte, hésita un instant.
- Merci., les paroles ainsi soufflées dans la brise de la nuit ne tardèrent pas à s'envoler tandis qu'Alyssa décampa vers la maison, sans chercher à savoir si Honor avait entendu son seul et unique mot qui contenait pourtant toute sa sincérité.
En remontant se coucher, Alyssa se laisserait sans doute tomber sur son lit pour dormir d'un sommeil profond et sans rêves, pour la première fois depuis bien trop longtemps.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
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