La crainte et la peur
Une grande inspiration en réponse à la demande de son amie. Expire, inspire, essuie la sueur sur ton front, reprends ton souffle. Il voulut répondre par l'affirmative, mais ses lèvres se mouvèrent dans le vide, et seul son hochement de tête pu s'exprimer pour lui. Il en aurait presque ri, tant il se retrouvait désabusé et légèrement tremblant. Retourner un sort contre soi-même est quelque chose de particulièrement difficile. Le corps s'y oppose immédiatement et se défend, l'inconscient lutte également. Narcisse avait déjà essayé quelques fois, juste pour tester, mais il n'avait jamais parfaitement réussi jusqu'à présent. Et il n'était même pas certain de pouvoir réitérer l'exploit une nouvelle fois...
L'urgence et se retrouver au pied du mur étaient deux éléments qui faisait exploser la courbe de progression de Narcisse. Il retirerait des enseignements précieux de cet événement, sans le moindre doute.
Ses mains quittèrent ses genoux sur lesquels il s'appuyait il y a encore une petite seconde, pour venir se poser sur ses hanches. Il s'inclina en arrière, comme pour étirer son dos, en reprenant peu à peu ses esprits. Il croisa ensuite le regard de son amie, et son sourire se raviva une nouvelle fois. Un petit esclaffement s'échappa de lui.
"Ouais, nickel, t'inquiète !"
Pas totalement vrai, pas entièrement faux non plus. Disons qu'il ne pensait pas. Il ne se posait pas vraiment la question de s'il allait bien ou pas. Il avançait, il fonçait, il se heurtait au mur encore et encore, escaladait encore et encore les roches de la difficulté, et se débattait contre les ronces de ses limites. Récemment, Adaline l'avait contraint à se détendre et à relâcher la pression, pour qu'il puisse se reposer. Mais depuis... Il avait quelque peu repris son train train habituel, en s'oubliant à nouveau.
Une brève expiration, les paumes de ses mains claquèrent les unes contre les autres, tandis que son regard se portait sur l'étagère face à eux. Monument terrifiant désormais, synonyme de risque à ne surtout pas sous-estimer. Mais également... un frisson. Mais également quelque chose à affronter, à vaincre. Il avait employé une basse et vile méthode pour défaire cette créature. Un raccourci, dont il n'était pas certain de la parfaite efficacité. Et si en réalité, il avait juste réussi à la repousser parce que leurs rires s'étaient combiné au fait qu'il avait rejoint son amie, troublant ainsi les pouvoirs de l'Epouvantard ?
L'idée traversa son esprit. Et presque immédiatement après, l'envie quasiment irrépressible de faire ressortir l'ours de sa cage. Juste pour voir... pour voir s'il pouvait. Il s'était entraîné au sort, après tout... pourquoi pas...
Il soupira en secouant la tête, affichant un sourire résigné, avant de reporter son regard sur son amie en souriant. Elle passait en priorité, comme toujours.
"Et toi ? On fait quoi ?"
Plusieurs camps se chamaillaient en lui. L'envie de prendre soin d'Alyssa, et de l'éloigner de cette armoire face à laquelle elle n'était visiblement pas préparée. L'envie de l'encourager à continuer, de la pousser vers l'avant, la soutenir et l'aider à surmonter cette peur et cette faiblesse. Et une autre partie... qu'il n'aimait pas ressentir, mais alors pas du tout.
L'envie d'affronter lui-même l'Epouvantard.
L'envie de voir s'il était capable de le faire, capable de protéger son amie comme il avait réussi à le faire à l'instant. Et aussi... une curiosité. Son regard glissa jusqu'à l'armoire, qu'il se mit à fixer en silence, sans réagir, presque comme s'il la transperçait de ses yeux noirs. Cette créature peut prendre la forme de notre plus grande peur ?
Ses lèvres se mouvèrent au rythme de ses pensées, sans qu'un réel son ne s'en échappe pour autant.
Ce serait quoi ?
Petit coup de fouet pour retourner à la réalité, sa vision périphérique retrouva immédiatement le chemin de la lumière alors qu'il tressaillit comme s'il venait d'être frappé par une décharge électrique. Il regarda à nouveau Alyssa, et se racla la gorge.
"C'est toi qui décide, moi j'te suivrai quoi que tu décides."
Ses dents mordillèrent l'intérieure de sa joue. Ses yeux glissèrent brièvement sur l'armoire, et il prit une grande inspiration avant qu'ils ne reviennent sur la blonde. Enfin, il se redressa. Oui, il sera fidèle à ce qu'il disait, et la suivrait, peu importe ce qu'elle décidera.
L'urgence et se retrouver au pied du mur étaient deux éléments qui faisait exploser la courbe de progression de Narcisse. Il retirerait des enseignements précieux de cet événement, sans le moindre doute.
Ses mains quittèrent ses genoux sur lesquels il s'appuyait il y a encore une petite seconde, pour venir se poser sur ses hanches. Il s'inclina en arrière, comme pour étirer son dos, en reprenant peu à peu ses esprits. Il croisa ensuite le regard de son amie, et son sourire se raviva une nouvelle fois. Un petit esclaffement s'échappa de lui.
"Ouais, nickel, t'inquiète !"
Pas totalement vrai, pas entièrement faux non plus. Disons qu'il ne pensait pas. Il ne se posait pas vraiment la question de s'il allait bien ou pas. Il avançait, il fonçait, il se heurtait au mur encore et encore, escaladait encore et encore les roches de la difficulté, et se débattait contre les ronces de ses limites. Récemment, Adaline l'avait contraint à se détendre et à relâcher la pression, pour qu'il puisse se reposer. Mais depuis... Il avait quelque peu repris son train train habituel, en s'oubliant à nouveau.
Une brève expiration, les paumes de ses mains claquèrent les unes contre les autres, tandis que son regard se portait sur l'étagère face à eux. Monument terrifiant désormais, synonyme de risque à ne surtout pas sous-estimer. Mais également... un frisson. Mais également quelque chose à affronter, à vaincre. Il avait employé une basse et vile méthode pour défaire cette créature. Un raccourci, dont il n'était pas certain de la parfaite efficacité. Et si en réalité, il avait juste réussi à la repousser parce que leurs rires s'étaient combiné au fait qu'il avait rejoint son amie, troublant ainsi les pouvoirs de l'Epouvantard ?
L'idée traversa son esprit. Et presque immédiatement après, l'envie quasiment irrépressible de faire ressortir l'ours de sa cage. Juste pour voir... pour voir s'il pouvait. Il s'était entraîné au sort, après tout... pourquoi pas...
Il soupira en secouant la tête, affichant un sourire résigné, avant de reporter son regard sur son amie en souriant. Elle passait en priorité, comme toujours.
"Et toi ? On fait quoi ?"
Plusieurs camps se chamaillaient en lui. L'envie de prendre soin d'Alyssa, et de l'éloigner de cette armoire face à laquelle elle n'était visiblement pas préparée. L'envie de l'encourager à continuer, de la pousser vers l'avant, la soutenir et l'aider à surmonter cette peur et cette faiblesse. Et une autre partie... qu'il n'aimait pas ressentir, mais alors pas du tout.
L'envie d'affronter lui-même l'Epouvantard.
L'envie de voir s'il était capable de le faire, capable de protéger son amie comme il avait réussi à le faire à l'instant. Et aussi... une curiosité. Son regard glissa jusqu'à l'armoire, qu'il se mit à fixer en silence, sans réagir, presque comme s'il la transperçait de ses yeux noirs. Cette créature peut prendre la forme de notre plus grande peur ?
Ses lèvres se mouvèrent au rythme de ses pensées, sans qu'un réel son ne s'en échappe pour autant.
Ce serait quoi ?
Petit coup de fouet pour retourner à la réalité, sa vision périphérique retrouva immédiatement le chemin de la lumière alors qu'il tressaillit comme s'il venait d'être frappé par une décharge électrique. Il regarda à nouveau Alyssa, et se racla la gorge.
"C'est toi qui décide, moi j'te suivrai quoi que tu décides."
Ses dents mordillèrent l'intérieure de sa joue. Ses yeux glissèrent brièvement sur l'armoire, et il prit une grande inspiration avant qu'ils ne reviennent sur la blonde. Enfin, il se redressa. Oui, il sera fidèle à ce qu'il disait, et la suivrait, peu importe ce qu'elle décidera.
La crainte et la peur
Lorsqu'Alyssa avait demandé quelques instants de calme, une demande qu'elle n'aurait jamais imaginé formuler, Narcisse avait accepté sans histoires. Ou plutôt la blondinette n'avait pas entendue de réponse et, les yeux baissés au sol, elle avait juste pu sentir que son ami respectait son besoin. Lorsqu'elle s'était finalement décidée, la jeune fille avait relevé la tête, croisant à nouveau le regard du Poufsouffle. Le sourire sur le visage de ce dernier la rassura particulièrement et à sa réponse, Alyssa se détendit.
Après avoir subit une paralysie totale de frayeur, après avoir été contrainte de rire jusqu'aux larmes, son lent retour à la réalité se trouva facilité par la présence de son ami. Narcisse et son sourire avait un talent rare pour apporter du baume au cœur d'Alyssa qui esquissa un faible sourire, elle croyant sur paroles son camarade qui lui assurait que tout allait bien. Des fourmis parcouraient les bras et les jambes de la jeune fille, complètement ankylosée. Lentement, elle se redressa, s'appuyant d'un geste voulu nonchalant contre la table se trouvant dans son dos.
La salle ne tanguait plus. Tout va bien, se répéta Alyssa tout en observant son ami s'agiter un peu comme à son habitude. Elle devinait que ce dernier regardait l'armoire dont les soubresauts s'étaient partiellement calmés depuis que cet affreux épouvantard avait regagné cette maison. Peu à peu, la respiration de la Gryffondor revenait à la normale et elle passa sa manche sur son visage, essuyant les quelques gouttes de sueur et de larmes qui y demeuraient encore. Aux questions soudaine de Narcisse, la jeune fille dut prendre une inspiration.
La première question n'était pas vraiment facile à répondre. Tout simplement car Alyssa éprouvait une drôle de sensation ; elle avait un souvenir extrêmement clair de tout ce qui avait pu se dérouler dans les dernières minutes : le monstre d'eau qui s'avançait, elle qui demeurait sans réaction, Narcisse qui l'avait rejoint en un éclair. Maintenant d'ailleurs, Alyssa comprenait cette idée de leur avoir lancé à tous deux Rictusempra, c'était ingénieux, elle pouvait sincèrement l'avouer. Toutefois, le calme était revenu dans son esprit, la jeune fille n'avait pas succombé à une peur panique, elle s'était même relevée. Alors tout allait bien, non ?
- C'va, fit-elle à son tour.
Quand à ce qu'ils pouvaient faire... C'était presque aussi dur à répondre finalement. Après le choc d'avoir revu ce monstre plus vrai que jamais, Alyssa n'était pas vraiment certaine de vouloir tenter une nouvelle fois l'expérience... Elle avait été incapable de faire quoi que ce soit. Pas même prononcer la première syllabe de Riddikulus, pas même garder sa baguette levée. En fait, si Narcisse ne s'était pas trouvé ici... En fait, Alyssa ne voulait pas savoir ce qu'il pouvait arriver à qui que ce soit entrant en contact avec son épouvantard. Intruse dans sa réflexion, une pensée soudaine s'imposa : c'était que, justement, elle ne pouvait abandonner après tout cela.
La jeune fille regarda Narcisse à nouveau, ce dernier semblait à nouveau contempler l'armoire. Il veut essayer, c'est sûr, se dit la Gryffondor sans grande surprise vu comme elle connaissait son ami. Elle hésita quelques nouveaux instants avant de se frapper les joues, depuis quand Alyssa tergiversait donc autant ?! Cela lui arrivait bien trop souvent en ce moment, alors que d'après son cœur, la meilleure chose à faire était de continuer ce qu'elle était venue faire. Au même instant Narcisse s'était retournée vers elle en lui assurant qu'il la suivrait dans tous les cas.
La blondinette esquissa un faible sourire qui se raviva en une expression plus certaine, cela ne faisait que confirmer sa décision. Elle lui dit alors, captant bien son intérêt pour l'armoire :
- On peut réessayer. Petite pause. Son regard se fit hésitant un instant : Ensemble ?
A vrai dire, Alyssa ne savait pas vraiment comme pouvait réagir un Epouvantard devant plusieurs personnes en même temps. Il fallait dire qu'elle avait fait un véritable blocage de ce cours durant la période automnale et, concernant aujourd'hui, l'allure monstrueuse de la sphère aquatique avait suffit pour garder toute son attention focalisée sur celle-ci.
Après avoir subit une paralysie totale de frayeur, après avoir été contrainte de rire jusqu'aux larmes, son lent retour à la réalité se trouva facilité par la présence de son ami. Narcisse et son sourire avait un talent rare pour apporter du baume au cœur d'Alyssa qui esquissa un faible sourire, elle croyant sur paroles son camarade qui lui assurait que tout allait bien. Des fourmis parcouraient les bras et les jambes de la jeune fille, complètement ankylosée. Lentement, elle se redressa, s'appuyant d'un geste voulu nonchalant contre la table se trouvant dans son dos.
La salle ne tanguait plus. Tout va bien, se répéta Alyssa tout en observant son ami s'agiter un peu comme à son habitude. Elle devinait que ce dernier regardait l'armoire dont les soubresauts s'étaient partiellement calmés depuis que cet affreux épouvantard avait regagné cette maison. Peu à peu, la respiration de la Gryffondor revenait à la normale et elle passa sa manche sur son visage, essuyant les quelques gouttes de sueur et de larmes qui y demeuraient encore. Aux questions soudaine de Narcisse, la jeune fille dut prendre une inspiration.
La première question n'était pas vraiment facile à répondre. Tout simplement car Alyssa éprouvait une drôle de sensation ; elle avait un souvenir extrêmement clair de tout ce qui avait pu se dérouler dans les dernières minutes : le monstre d'eau qui s'avançait, elle qui demeurait sans réaction, Narcisse qui l'avait rejoint en un éclair. Maintenant d'ailleurs, Alyssa comprenait cette idée de leur avoir lancé à tous deux Rictusempra, c'était ingénieux, elle pouvait sincèrement l'avouer. Toutefois, le calme était revenu dans son esprit, la jeune fille n'avait pas succombé à une peur panique, elle s'était même relevée. Alors tout allait bien, non ?
- C'va, fit-elle à son tour.
Quand à ce qu'ils pouvaient faire... C'était presque aussi dur à répondre finalement. Après le choc d'avoir revu ce monstre plus vrai que jamais, Alyssa n'était pas vraiment certaine de vouloir tenter une nouvelle fois l'expérience... Elle avait été incapable de faire quoi que ce soit. Pas même prononcer la première syllabe de Riddikulus, pas même garder sa baguette levée. En fait, si Narcisse ne s'était pas trouvé ici... En fait, Alyssa ne voulait pas savoir ce qu'il pouvait arriver à qui que ce soit entrant en contact avec son épouvantard. Intruse dans sa réflexion, une pensée soudaine s'imposa : c'était que, justement, elle ne pouvait abandonner après tout cela.
La jeune fille regarda Narcisse à nouveau, ce dernier semblait à nouveau contempler l'armoire. Il veut essayer, c'est sûr, se dit la Gryffondor sans grande surprise vu comme elle connaissait son ami. Elle hésita quelques nouveaux instants avant de se frapper les joues, depuis quand Alyssa tergiversait donc autant ?! Cela lui arrivait bien trop souvent en ce moment, alors que d'après son cœur, la meilleure chose à faire était de continuer ce qu'elle était venue faire. Au même instant Narcisse s'était retournée vers elle en lui assurant qu'il la suivrait dans tous les cas.
La blondinette esquissa un faible sourire qui se raviva en une expression plus certaine, cela ne faisait que confirmer sa décision. Elle lui dit alors, captant bien son intérêt pour l'armoire :
- On peut réessayer. Petite pause. Son regard se fit hésitant un instant : Ensemble ?
A vrai dire, Alyssa ne savait pas vraiment comme pouvait réagir un Epouvantard devant plusieurs personnes en même temps. Il fallait dire qu'elle avait fait un véritable blocage de ce cours durant la période automnale et, concernant aujourd'hui, l'allure monstrueuse de la sphère aquatique avait suffit pour garder toute son attention focalisée sur celle-ci.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
Color = MintCream
Be a writer, 장르로는 fantasy
La crainte et la peur
Narcisse guettait avec impatience et espoir la réaction de son amie, attendant sa réponse avec appréhension. Il savait, il savait pertinemment ce qu'il espérait, avant même qu'elle n'ait déjà pu formuler quelconque réponse préalable. Malgré toute son hésitation à l'admettre, toute la partie de lui qui se refusait à s'accepter, il ne voulait que continuer, tester les limites, observer et découvrir. Ce sentiment ne lui était pourtant pas étranger, pas du tout, même. Mais cette fois là, cet instant, cet entraînement, rien n'était pareil que d'habitude.
C'était à peine s'il se reconnaissait, désormais. Ce qui se dégageait de lui était presque effrayant. Sa main se retrouva sur sa poitrine, à ressentir les battements de son cœur sur sa paume, incapable de les calmer. La commissure de ses lèvres tressaillaient de temps à autres, et sa température corporelle ne cessait de se maintenir à un niveau plus élevé que la normale.
Pitié qu'elle n'abandonne pas. Il...
"Ah, fiou..."
Avant même d'avoir pu réfléchir ne serait-ce qu'un peut, les mots avaient fusés de sa bouche, tant son soulagement fut indicible de voir que finalement, ils allaient pouvoir continuer ! Il ne prit même pas la peine de chercher à dissimuler son sourire avant de se redresser.
"Mais carrément ouais ! T'inquiètes j'vais rester avec toi, juste quelques pas en arrière, pour pas perturber l'Epouvantard, et ensuite, on pourrait..."
Après quelques dernières explications et encouragements, Narcisse permit à Alyssa de retenter l'expérience.
Et encore. Et encore. Les deux camarades perdirent le compte des tentatives que la blonde s'échinait à réussir, mais à aucun moment Narcisse ne lui permit de laisser tomber. Attendant toujours le plus longtemps possible avant d'intervenir, il essayait de lui laisser le plus de marge de manœuvre possible, et petit à petit, les essais devenaient de moins en moins hasardeux.
Petit à petit, Alyssa réussissait à lever sa baguette. Puis à catalyser la formule, la gestuelle. La visualisation et la détermination furent les aspects les plus complexes et les plus critiques de cette session. Même Narcisse finit par comprendre à quel point son amie semblait avoir été traumatisée par plusieurs événements qui lui échappaient encore. Mais ils n'étaient pas là pour ça, pas vraiment. Aussi concentra-t-il tous ses efforts pour guider son amie et pour l'aider sans jamais se substituer à ses propres efforts pour ne pas la saboter. Rongeant son frein et forçant son envie d'essayer à son tour reculer, il s'effaça juste assez tout en maintenant son soutien pour permettre à Alyssa de progresser petit à petit.
En plus du nombre d'essais, les deux enfants perdirent le compte du temps qui s'écoulait, avant qu'enfin, Narcisse se recule une dernière fois en brandissant sa baguette, le regard fixé sur l'étagère, reprenant son souffle.
"Ok, rappelle-toi de tout c'qu'on a dit et de tous tes essais. Vraiment tu peux l'faire là, allez courage !!"
L'encourageant de toute sa voix, il espérait de tout cœur qu'enfin, cet essai soit le bon, dévoré par la curiosité de voir à quoi ressemblerait l'Epouvantard ridikkulisé de son amie.
Ellipse vue avec la joueuse.
C'était à peine s'il se reconnaissait, désormais. Ce qui se dégageait de lui était presque effrayant. Sa main se retrouva sur sa poitrine, à ressentir les battements de son cœur sur sa paume, incapable de les calmer. La commissure de ses lèvres tressaillaient de temps à autres, et sa température corporelle ne cessait de se maintenir à un niveau plus élevé que la normale.
Pitié qu'elle n'abandonne pas. Il...
"Ah, fiou..."
Avant même d'avoir pu réfléchir ne serait-ce qu'un peut, les mots avaient fusés de sa bouche, tant son soulagement fut indicible de voir que finalement, ils allaient pouvoir continuer ! Il ne prit même pas la peine de chercher à dissimuler son sourire avant de se redresser.
"Mais carrément ouais ! T'inquiètes j'vais rester avec toi, juste quelques pas en arrière, pour pas perturber l'Epouvantard, et ensuite, on pourrait..."
Après quelques dernières explications et encouragements, Narcisse permit à Alyssa de retenter l'expérience.
Et encore. Et encore. Les deux camarades perdirent le compte des tentatives que la blonde s'échinait à réussir, mais à aucun moment Narcisse ne lui permit de laisser tomber. Attendant toujours le plus longtemps possible avant d'intervenir, il essayait de lui laisser le plus de marge de manœuvre possible, et petit à petit, les essais devenaient de moins en moins hasardeux.
Petit à petit, Alyssa réussissait à lever sa baguette. Puis à catalyser la formule, la gestuelle. La visualisation et la détermination furent les aspects les plus complexes et les plus critiques de cette session. Même Narcisse finit par comprendre à quel point son amie semblait avoir été traumatisée par plusieurs événements qui lui échappaient encore. Mais ils n'étaient pas là pour ça, pas vraiment. Aussi concentra-t-il tous ses efforts pour guider son amie et pour l'aider sans jamais se substituer à ses propres efforts pour ne pas la saboter. Rongeant son frein et forçant son envie d'essayer à son tour reculer, il s'effaça juste assez tout en maintenant son soutien pour permettre à Alyssa de progresser petit à petit.
En plus du nombre d'essais, les deux enfants perdirent le compte du temps qui s'écoulait, avant qu'enfin, Narcisse se recule une dernière fois en brandissant sa baguette, le regard fixé sur l'étagère, reprenant son souffle.
"Ok, rappelle-toi de tout c'qu'on a dit et de tous tes essais. Vraiment tu peux l'faire là, allez courage !!"
L'encourageant de toute sa voix, il espérait de tout cœur qu'enfin, cet essai soit le bon, dévoré par la curiosité de voir à quoi ressemblerait l'Epouvantard ridikkulisé de son amie.
Ellipse vue avec la joueuse.
La crainte et la peur
Alyssa avait prononcé son dernier mot d'un ton hésitant, n'ayant pour ainsi dire pas vraiment l'habitude de demander de l'aide. Peut-être justement parce-que Narcisse s'était trouvé plusieurs fois à la soutenir que sa demande était sortie presque naturellement. Face au sourire de son ami, elle ne put en rendre un que plus pâle mais se sentit soulagée par sa réponse, il était donc bien partant malgré le carnage de ce premier essai. Alyssa se passa la main sur son front, achevant de se réveiller. Elle écouta les explications supplémentaires de Narcisse, ce dernier lui rappelant qu'ils ne pouvaient se tenir tous les deux sans que l'épouvantard ne sache plus où donner de la tête, et elle afficha un sourire un peu plus vif à ses derniers encouragements.
Et ils réitérèrent ainsi l'expérience, Narcisse restait à quelques pas dans le dos d'Alyssa tandis que celle-ci tentait une nouvelle fois de vaincre l'épouvantard. Encore, et encore. La forme terrorisante de l'être revenait sans cesse, provoquant à chaque l'émoi des émotions d'Alyssa ; la peur, l'angoisse, le dégoût même. A chaque essai Narcisse lui laissait du temps, l'encourageait parfois, la conseillait.
Au bout d'un moment, la Gryffondor fut capable de brandir sa baguette, combattant ainsi cette peur paralysante qui lui prenait ses mouvements à chaque fois. Prononcer la formule, pratiquer la bonne gestuelle. Quand à la visualisation, la simple vision de cette sphère aquatique monstrueuse demandait à Alyssa de puiser au plus profond d'elle, à la recherche de tout sentiment positif qui ne s'était pas déjà enfuit. Du courage, de la détermination, il devait bien lui en rester encore quelque part. Narcisse fut une grande aide de ce côté car, même si la troisième année sentait peu à peu le découragement et la fatigue l'envahir, elle sentait bien plus que son ami ne la laisserait pas reculer. Et même une partie d'elle se l'empêchait, sa témérité qui s'était tant effacée ces derniers temps reprenait de la vigueur. Malgré la fatigue, le torrent de peur qui la traversait commença à perdre de sa puissance, rendant peu à peu ses pensées plus ordonnées, ses sens à nouveau aiguisés. Même la forme de l'épouvantard lui semblait moins menaçante... Ou réelle ?
Ils avaient perdu toute notion du temps alors qu'Alyssa persistait dans ces essais qui semblaient de plus en plus aboutis. Mais, l'épouvantard n'avait toujours pas changé de forme, n'avait pas une seule fois reculé, n'avait même pas montré un seul tressaillement. Essoufflée, Alyssa écouta les nouveaux conseils et encouragements de Narcisse, fit un bref hochement de tête avant de se retourner une énième fois vers l'armoire.
Celle-ci s'ouvrit dans un grincement devenu familier aux oreilles de la troisième année. Une nouvelle fois un tressaillement parcourut la colonne vertébrale d'Alyssa. Une énième fois la forme cauchemardesque de l'épouvantard occupa toute la vision de la jeune fille. Subitement, le temps lui sembla filer comme au ralenti, alors que la sphère aquatique avançait au rythme des battements de son cœur, d'une telle puissance qu'ils lui emplissaient les oreilles -mais bien plus lent qu'avant. Le pouce d'Alyssa pivota sur sa baguette, sentant le contact sécurisant du bois magique. Une ultime fois, la Gryffondor leva sa baguette ; elle ferma les yeux un court instant, se plongeant d'elle-même dans l'obscurité.
La présence rassurante de Narcisse dans son dos se fit plus forte que l'aura menaçante de l'épouvantard face à elle. Ils ne pouvaient pas avoir fait tous ces efforts en vain. Il n'était plus question de fuir comme en cet Automne.
Alyssa ouvrit les yeux, leur couleur bleu glacé illuminée d'un éclat empli d'une toute nouvelle détermination. Ce maudit épouvantard allait voir de quel bois sa baguette pouvait se chauffer. Soit elle le renvoyait tout droit dans l'armoire ici et maintenant, soit elle tombait au combat. Et cette deuxième solution était inacceptable. Alyssa était en sécurité ici, dans cette salle de classe, avec l'un de ses plus proches amis dans son dos -bien que ce dernier sentiment n'était possiblement pas encore conscient.
Enfin, son imagination parvint à moduler la forme cauchemardesque en quelque chose d'amusant. Finalement, brandissant dans le même temps sa baguette, elle ouvrit la bouche pour lancer d'une voix transformée par la détermination :
- RIDDIKULUS !
La sphère aquatique s'immobilisa et... Eclata comme une bulle de savon. Il en sortit alors une douzaine de petit boursouflets d'un beau pelage violet vif, ressemblant sensiblement à Gus le protégé d'Alyssa. Ces derniers courraient de façon désordonnés et -devant ce spectacle couinant de ces minuscules créatures qui roulaient ou se rentraient dedans, la blondinette éclata de rire.
Dans un claquement sonore l'épouvantard se replia alors dans l'armoire.
Alyssa, les yeux grands ouverts, les doigts cramponnés autour de sa baguette brandie, prit un long instant à réaliser. Tout doucement, elle se retourna vers Narcisse, une expression sur son visage indéchiffrable, avant de lâcher :
- On a réussi... C'est enfin fini...
Sa voix était chargée en émotions mais le soulagement et la gratitude se firent le plus entendre. Puis Alyssa se laissa lentement tomber au sol, ses jambes se dérobant sous son poids alors que toute la pression emmagasinée en elle était enfin libérée. En un seul mot, elle était lessivée. La peur qu'elle avait ressentie, ses essais indénombrables, tous les conseils qu'elle s'était efforcée d'appliquer. Et maintenant, il n'y avait plus rien.
La blondinette redressa ensuite la tête, est-ce que Narcisse voudrait essayer à son tour de combattre l'épouvantard ?
Et ils réitérèrent ainsi l'expérience, Narcisse restait à quelques pas dans le dos d'Alyssa tandis que celle-ci tentait une nouvelle fois de vaincre l'épouvantard. Encore, et encore. La forme terrorisante de l'être revenait sans cesse, provoquant à chaque l'émoi des émotions d'Alyssa ; la peur, l'angoisse, le dégoût même. A chaque essai Narcisse lui laissait du temps, l'encourageait parfois, la conseillait.
Au bout d'un moment, la Gryffondor fut capable de brandir sa baguette, combattant ainsi cette peur paralysante qui lui prenait ses mouvements à chaque fois. Prononcer la formule, pratiquer la bonne gestuelle. Quand à la visualisation, la simple vision de cette sphère aquatique monstrueuse demandait à Alyssa de puiser au plus profond d'elle, à la recherche de tout sentiment positif qui ne s'était pas déjà enfuit. Du courage, de la détermination, il devait bien lui en rester encore quelque part. Narcisse fut une grande aide de ce côté car, même si la troisième année sentait peu à peu le découragement et la fatigue l'envahir, elle sentait bien plus que son ami ne la laisserait pas reculer. Et même une partie d'elle se l'empêchait, sa témérité qui s'était tant effacée ces derniers temps reprenait de la vigueur. Malgré la fatigue, le torrent de peur qui la traversait commença à perdre de sa puissance, rendant peu à peu ses pensées plus ordonnées, ses sens à nouveau aiguisés. Même la forme de l'épouvantard lui semblait moins menaçante... Ou réelle ?
Ils avaient perdu toute notion du temps alors qu'Alyssa persistait dans ces essais qui semblaient de plus en plus aboutis. Mais, l'épouvantard n'avait toujours pas changé de forme, n'avait pas une seule fois reculé, n'avait même pas montré un seul tressaillement. Essoufflée, Alyssa écouta les nouveaux conseils et encouragements de Narcisse, fit un bref hochement de tête avant de se retourner une énième fois vers l'armoire.
Celle-ci s'ouvrit dans un grincement devenu familier aux oreilles de la troisième année. Une nouvelle fois un tressaillement parcourut la colonne vertébrale d'Alyssa. Une énième fois la forme cauchemardesque de l'épouvantard occupa toute la vision de la jeune fille. Subitement, le temps lui sembla filer comme au ralenti, alors que la sphère aquatique avançait au rythme des battements de son cœur, d'une telle puissance qu'ils lui emplissaient les oreilles -mais bien plus lent qu'avant. Le pouce d'Alyssa pivota sur sa baguette, sentant le contact sécurisant du bois magique. Une ultime fois, la Gryffondor leva sa baguette ; elle ferma les yeux un court instant, se plongeant d'elle-même dans l'obscurité.
La présence rassurante de Narcisse dans son dos se fit plus forte que l'aura menaçante de l'épouvantard face à elle. Ils ne pouvaient pas avoir fait tous ces efforts en vain. Il n'était plus question de fuir comme en cet Automne.
Alyssa ouvrit les yeux, leur couleur bleu glacé illuminée d'un éclat empli d'une toute nouvelle détermination. Ce maudit épouvantard allait voir de quel bois sa baguette pouvait se chauffer. Soit elle le renvoyait tout droit dans l'armoire ici et maintenant, soit elle tombait au combat. Et cette deuxième solution était inacceptable. Alyssa était en sécurité ici, dans cette salle de classe, avec l'un de ses plus proches amis dans son dos -bien que ce dernier sentiment n'était possiblement pas encore conscient.
Enfin, son imagination parvint à moduler la forme cauchemardesque en quelque chose d'amusant. Finalement, brandissant dans le même temps sa baguette, elle ouvrit la bouche pour lancer d'une voix transformée par la détermination :
- RIDDIKULUS !
La sphère aquatique s'immobilisa et... Eclata comme une bulle de savon. Il en sortit alors une douzaine de petit boursouflets d'un beau pelage violet vif, ressemblant sensiblement à Gus le protégé d'Alyssa. Ces derniers courraient de façon désordonnés et -devant ce spectacle couinant de ces minuscules créatures qui roulaient ou se rentraient dedans, la blondinette éclata de rire.
Dans un claquement sonore l'épouvantard se replia alors dans l'armoire.
Alyssa, les yeux grands ouverts, les doigts cramponnés autour de sa baguette brandie, prit un long instant à réaliser. Tout doucement, elle se retourna vers Narcisse, une expression sur son visage indéchiffrable, avant de lâcher :
- On a réussi... C'est enfin fini...
Sa voix était chargée en émotions mais le soulagement et la gratitude se firent le plus entendre. Puis Alyssa se laissa lentement tomber au sol, ses jambes se dérobant sous son poids alors que toute la pression emmagasinée en elle était enfin libérée. En un seul mot, elle était lessivée. La peur qu'elle avait ressentie, ses essais indénombrables, tous les conseils qu'elle s'était efforcée d'appliquer. Et maintenant, il n'y avait plus rien.
La blondinette redressa ensuite la tête, est-ce que Narcisse voudrait essayer à son tour de combattre l'épouvantard ?
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
Color = MintCream
Be a writer, 장르로는 fantasy
La crainte et la peur
Frisson sur frisson à l'instant où la porte de l'armoire s'ouvrit une ultime fois, face au regard fasciné du garçon, qui se refusait à en détacher les yeux ne serait-ce qu'un seul instant. Qu'Alyssa échoue ou qu'elle réussisse, il sut, au fond de lui, que peu importe ce qu'il adviendra, il était temps pour lui de la laisser seule face à ses épreuves. Enfin, c'est ce qu'il crut savoir. C'est la résolution qu'il pensa réussir à ancrer en lui. Il aurait voulu être capable de ne pas intervenir si nécessaire, car si les rôles avaient été inversés, cela l'aurait insupporté qu'on le sauve de son propre échec. Dans ce cas, pourquoi ne se sentait-il pas capable de rendre la pareil à son amie ?
Il serra les dents, interrompant brusquement ses réflexions en se redressant lorsque la forme aqueuse flotta une nouvelle fois au milieu de la salle de classe. Le son grave et vibrant émanant de profondeurs insondables et inconnues faisait palpiter la peau de Narcisse. Une expiration lente et profonde, ses yeux glissèrent dans le dos de la blonde, qui se tentait plus droite que jamais. Et même sans la voir, il perçut toute sa détermination, un sourire euphorique s'échappa de lui et déforma ses lèvres.
Son cœur bondit dans sa poitrine au moment où elle brandit sa baguette, un frisson transcenda sa colonne vertébrale, le plongeant à une simple contemplation des plus grisantes. Le réflexe des précédents essais le poussa à dresser sa baguette à son tour, en anticipation de son éventuelle intervention. Mais non, pas cette fois. Le claquement de fouet, enfin ! Le rire le prit par surprise à son tour, en réaction à celui de sa camarade. Un rire de soulagement, de libération. Ce fut tout juste s'il ne roula pas par terre au moment où Alyssa se tourna vers lui, lui permettant de reprendre son souffle pour se calmer.
"Oh que non !"
À peine les genoux de la blonde venaient de toucher le sol que Narcisse s'était précipité sur elle pour la saisir entre ses bras et la soulever de terre d'une force insoupçonnée, avant de tournoyer sur lui-même en éclatant de rire à nouveau. Il était incapable de s'arrêter de la serrer contre lui, sans réfléchir, sans penser, se laissant peu à peu envahir par le tournis.
"TOI, t'as réussi ! Oh bravo purée, t'as réussi haha !"
Lorsque ses pieds manquèrent de déraper sous le déséquilibre, il relâcha enfin Alyssa pour la laisser retomber sur le sol, tout en la tenant par les épaules, inspirant l'air ambiant à grandes goulées. Un soupir de contentement s'échappa de ses lèvres, son regard plongé dans celui de son amie, son sourire élargi jusqu'à ses oreilles, inondé par la joie et la fierté de l'avoir vu réussir.
Et cela aurait pu simplement s'arrêter là, si un tressaillement de l'armoire vaincue ne s'était pas fait entendre, figeant littéralement sur place Narcisse qui s'immobilisa. Ses pupilles s'étrécirent sous le coup de l'adrénaline qui revint en furie tonitruer dans ses veines. Il lui fallut plusieurs secondes pour se rappeler que ses mains étaient posées sur les épaules de son amie, et que son regard ne s'était pas détaché du sien. En temps normal, il en aurait été grandement embarrassé, et aurait rougi à en exploser. Mais là... son attention se retrouva de nouveau alpaguée par la tentation de l'épreuve, la volonté de se dépasser, et de se confronter à ses limites. L'excitation du frisson et de l'inconnu, et l'appât de l'adversité.
Un coup de fouet mental, il cligna des yeux, se racla la gorge. Non, ne pense pas à ça, veux-tu ? Il expira, déglutissant avec difficulté en serrant sa baguette, avant de se tourner de nouveau vers Alyssa. Son index tapotait nerveusement son catalyseur, et un petit sourire inquiet ornait ses lèvres.
"Tu..."
Il ferma la bouche, détourna les yeux. Il hésita un instant à ne rien dire, mais Narcisse étant Narcisse, ce n'était tout simplement pas une option.
"Si t'as besoin d'arrêter, on arrête là."
Un regard en coin sur l'armoire, pour qu'enfin ses yeux pour revenir sur ceux d'Alyssa.
"Mais j'crois qu'j'ai envie de savoir c'est quoi mon Epouvantard..."
Il serra les dents, interrompant brusquement ses réflexions en se redressant lorsque la forme aqueuse flotta une nouvelle fois au milieu de la salle de classe. Le son grave et vibrant émanant de profondeurs insondables et inconnues faisait palpiter la peau de Narcisse. Une expiration lente et profonde, ses yeux glissèrent dans le dos de la blonde, qui se tentait plus droite que jamais. Et même sans la voir, il perçut toute sa détermination, un sourire euphorique s'échappa de lui et déforma ses lèvres.
Son cœur bondit dans sa poitrine au moment où elle brandit sa baguette, un frisson transcenda sa colonne vertébrale, le plongeant à une simple contemplation des plus grisantes. Le réflexe des précédents essais le poussa à dresser sa baguette à son tour, en anticipation de son éventuelle intervention. Mais non, pas cette fois. Le claquement de fouet, enfin ! Le rire le prit par surprise à son tour, en réaction à celui de sa camarade. Un rire de soulagement, de libération. Ce fut tout juste s'il ne roula pas par terre au moment où Alyssa se tourna vers lui, lui permettant de reprendre son souffle pour se calmer.
"Oh que non !"
À peine les genoux de la blonde venaient de toucher le sol que Narcisse s'était précipité sur elle pour la saisir entre ses bras et la soulever de terre d'une force insoupçonnée, avant de tournoyer sur lui-même en éclatant de rire à nouveau. Il était incapable de s'arrêter de la serrer contre lui, sans réfléchir, sans penser, se laissant peu à peu envahir par le tournis.
"TOI, t'as réussi ! Oh bravo purée, t'as réussi haha !"
Lorsque ses pieds manquèrent de déraper sous le déséquilibre, il relâcha enfin Alyssa pour la laisser retomber sur le sol, tout en la tenant par les épaules, inspirant l'air ambiant à grandes goulées. Un soupir de contentement s'échappa de ses lèvres, son regard plongé dans celui de son amie, son sourire élargi jusqu'à ses oreilles, inondé par la joie et la fierté de l'avoir vu réussir.
Et cela aurait pu simplement s'arrêter là, si un tressaillement de l'armoire vaincue ne s'était pas fait entendre, figeant littéralement sur place Narcisse qui s'immobilisa. Ses pupilles s'étrécirent sous le coup de l'adrénaline qui revint en furie tonitruer dans ses veines. Il lui fallut plusieurs secondes pour se rappeler que ses mains étaient posées sur les épaules de son amie, et que son regard ne s'était pas détaché du sien. En temps normal, il en aurait été grandement embarrassé, et aurait rougi à en exploser. Mais là... son attention se retrouva de nouveau alpaguée par la tentation de l'épreuve, la volonté de se dépasser, et de se confronter à ses limites. L'excitation du frisson et de l'inconnu, et l'appât de l'adversité.
Un coup de fouet mental, il cligna des yeux, se racla la gorge. Non, ne pense pas à ça, veux-tu ? Il expira, déglutissant avec difficulté en serrant sa baguette, avant de se tourner de nouveau vers Alyssa. Son index tapotait nerveusement son catalyseur, et un petit sourire inquiet ornait ses lèvres.
"Tu..."
Il ferma la bouche, détourna les yeux. Il hésita un instant à ne rien dire, mais Narcisse étant Narcisse, ce n'était tout simplement pas une option.
"Si t'as besoin d'arrêter, on arrête là."
Un regard en coin sur l'armoire, pour qu'enfin ses yeux pour revenir sur ceux d'Alyssa.
"Mais j'crois qu'j'ai envie de savoir c'est quoi mon Epouvantard..."
La crainte et la peur
Libérée de l'entièreté de cette pression infernale -et de ce fait de toute son énergie, Alyssa avait laissé ses jambes se dérober sous elle. Pourtant la jeune fille toucha à peine le sol qu'elle s'en retrouva soulevée par... Narcisse. Prise complètement par surprise, incapable de réagir, Alyssa ne put que se laisser entraîner par l'étreinte du garçon qui s'était mit à tournoyer sur lui-même en la maintenant serrée contre lui. Quelques instants demeurant sans réaction, durant lesquels elle n'avait en réalité aucune idée de comment elle pourrait réagir, elle subit le mouvement sans non plus chercher à s'en délivrer. Ce fut aux paroles de son ami que la blondinette se détendit et parvint enfin à laisser éclater la joie à son tour :
- C'est trop trop bien ! Vraiment j'ai cru que ça n'allait JAMAIS se finir !
Alyssa n'exagérait rien, la bataille contre cet épouvantard représentait bien plus que simplement la réussite d'un sort du programme de troisième année. Effectivement, cela représentait aussi une victoire sur cette phobie qu'elle avait refoulée, niée puis refusée durant bien trop longtemps. La guerre n'était pas encore gagnée mais cette vision de la bulle d'eau éclatant dans une flopée de petits boursouflets constituait un pas immense pour la jeune fille. Et rien qu'à cette pensée, elle se mit à éclater de rire à son tour, toujours à moitié portée par Narcisse.
Cette démonstration de joie des deux enfants finit par se calmer et le garçon laissa finalement les genoux d'Alyssa tomber à terre. La blondinette releva la tête en direction du visage de son ami, ce dernier était illuminé d'un large sourire, et elle réalisa alors qu'il avait gardé les mains posées sur ses épaules. Etrangement, l'euphorie de la Gryffondor se calma directement d'un cran à cette réalisation et surtout face à ce long instant durant lequel leurs regards se retrouvèrent mutuellement mêlés l'un dans l'autre. Elle n'osait plus bouger, ses yeux bleu ciel grands ouverts ne voyaient plus rien d'autre que les prunelles à reflet d'obsidienne de Narcisse. Sa respiration se bloqua d'un coup dans sa poitrine alors que son esprit se retrouvait étrangement vide.
Ce fut seulement lorsque Narcisse rompit le contact visuel qu'elle fut capable à son tour de détourner la tête. Alyssa sentit brusquement ses joues lui brûler alors qu'elle avait la curieuse impression que son visage s'embrasait. N'ayant absolument aucune explication sur cette cause, de lui-même son esprit revint soudainement à la raison en affirmant qu'il s'agissait d'effets post-effort du style avoir combattu un épouvantard jusqu'à épuisement.
La respiration légèrement haletante, Alyssa se reconcentra du mieux qu'elle put sur Narcisse et fronça les sourcils devant le sourire semblant maintenant teinté d'inquiétude lisible sur le visage du garçon. Il sembla hésiter et, le cœur battant, la blondinette attendit, ne comprenant pas... Jusqu'à ce que son ami ne poursuive. A ses mots, la Gryffondor se sentit toute soulagée sans vraiment savoir pourquoi. Elle émit un petit rire, nerveux, mais un sourire apparut sur son visage qui reprenait peu à peu une teinte normale. Elle dit alors :
- Tu peux carrément tenter, t'en sais p't'être bien encore plus que moi sur ce sort. C'était sincère et avoué sans soucis par Alyssa. Cette dernière fit alors une légère pause avant d'ajouter d'un ton un peu sec : Et ça va, j'suis pas si fatiguée que ça.
Sur ces paroles elle entreprit de se remettre sur pieds, tanguant un instant avant de se redresser, contrôlant sa respiration fatiguée. L'étreinte de Narcisse ne l'avait -étrangement- pas vraiment dérangée, mais la jeune fille n'avait strictement aucune envie d'apparaître faible devant lui ; un scénario qui pourtant -à son grand désarroi- s'était déjà bien trop produit. Ainsi, l'air de rien, Alyssa recula de quelques pas pour s'appuyer contre une table, lui permettant ainsi de garder une allure convenable tout en reposant son corps épuisé.
Son regard se posa sur l'armoire, à la question de la forme que pourrait prendre l'épouvantard de Narcisse, elle sentit sa curiosité grandir. Que serait donc la plus grande peur de ce garçon qui respirait quasiment en permanence l'insouciance ? Alyssa redirigea à nouveau toute son attention sur son ami, attendant de voir s'il avait besoin qu'elle lui ouvre la porte de l'armoire ou quoi que ce soit d'autre. En tous cas son regard montrait qu'elle était prête à l'aider sur tout ce qu'il pouvait souhaiter.
- C'est trop trop bien ! Vraiment j'ai cru que ça n'allait JAMAIS se finir !
Alyssa n'exagérait rien, la bataille contre cet épouvantard représentait bien plus que simplement la réussite d'un sort du programme de troisième année. Effectivement, cela représentait aussi une victoire sur cette phobie qu'elle avait refoulée, niée puis refusée durant bien trop longtemps. La guerre n'était pas encore gagnée mais cette vision de la bulle d'eau éclatant dans une flopée de petits boursouflets constituait un pas immense pour la jeune fille. Et rien qu'à cette pensée, elle se mit à éclater de rire à son tour, toujours à moitié portée par Narcisse.
Cette démonstration de joie des deux enfants finit par se calmer et le garçon laissa finalement les genoux d'Alyssa tomber à terre. La blondinette releva la tête en direction du visage de son ami, ce dernier était illuminé d'un large sourire, et elle réalisa alors qu'il avait gardé les mains posées sur ses épaules. Etrangement, l'euphorie de la Gryffondor se calma directement d'un cran à cette réalisation et surtout face à ce long instant durant lequel leurs regards se retrouvèrent mutuellement mêlés l'un dans l'autre. Elle n'osait plus bouger, ses yeux bleu ciel grands ouverts ne voyaient plus rien d'autre que les prunelles à reflet d'obsidienne de Narcisse. Sa respiration se bloqua d'un coup dans sa poitrine alors que son esprit se retrouvait étrangement vide.
Ce fut seulement lorsque Narcisse rompit le contact visuel qu'elle fut capable à son tour de détourner la tête. Alyssa sentit brusquement ses joues lui brûler alors qu'elle avait la curieuse impression que son visage s'embrasait. N'ayant absolument aucune explication sur cette cause, de lui-même son esprit revint soudainement à la raison en affirmant qu'il s'agissait d'effets post-effort du style avoir combattu un épouvantard jusqu'à épuisement.
La respiration légèrement haletante, Alyssa se reconcentra du mieux qu'elle put sur Narcisse et fronça les sourcils devant le sourire semblant maintenant teinté d'inquiétude lisible sur le visage du garçon. Il sembla hésiter et, le cœur battant, la blondinette attendit, ne comprenant pas... Jusqu'à ce que son ami ne poursuive. A ses mots, la Gryffondor se sentit toute soulagée sans vraiment savoir pourquoi. Elle émit un petit rire, nerveux, mais un sourire apparut sur son visage qui reprenait peu à peu une teinte normale. Elle dit alors :
- Tu peux carrément tenter, t'en sais p't'être bien encore plus que moi sur ce sort. C'était sincère et avoué sans soucis par Alyssa. Cette dernière fit alors une légère pause avant d'ajouter d'un ton un peu sec : Et ça va, j'suis pas si fatiguée que ça.
Sur ces paroles elle entreprit de se remettre sur pieds, tanguant un instant avant de se redresser, contrôlant sa respiration fatiguée. L'étreinte de Narcisse ne l'avait -étrangement- pas vraiment dérangée, mais la jeune fille n'avait strictement aucune envie d'apparaître faible devant lui ; un scénario qui pourtant -à son grand désarroi- s'était déjà bien trop produit. Ainsi, l'air de rien, Alyssa recula de quelques pas pour s'appuyer contre une table, lui permettant ainsi de garder une allure convenable tout en reposant son corps épuisé.
Son regard se posa sur l'armoire, à la question de la forme que pourrait prendre l'épouvantard de Narcisse, elle sentit sa curiosité grandir. Que serait donc la plus grande peur de ce garçon qui respirait quasiment en permanence l'insouciance ? Alyssa redirigea à nouveau toute son attention sur son ami, attendant de voir s'il avait besoin qu'elle lui ouvre la porte de l'armoire ou quoi que ce soit d'autre. En tous cas son regard montrait qu'elle était prête à l'aider sur tout ce qu'il pouvait souhaiter.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
Color = MintCream
Be a writer, 장르로는 fantasy
La crainte et la peur
Les lèvres de Narcisse se retrouvèrent soudainement aspirées entre ses dents, formant une moue des plus ridicules au milieu de son visage, sous le coup de l'embarras soudain qui s'empara de lui. Le rouge lui monta aux joues, et il se racla la gorge en détournant le regard de son amie. Plusieurs choses s'accumulaient. Déjà, le fait qu'il avait l'impression d'avoir forcé son envie d'affronter l'Epouvantard à son amie, ne lui laissant pas le choix de partir ou de rester. Ce qui était objectivement des plus faux, mais difficile de l'en convaincre. L'autre raison était le compliment que venait de lui faire Alyssa, sur le fait qu'elle insinuait qu'il en savait davantage qu'elle sur le sort. Ce qui était, cette fois-ci, objectivement vrai.
Mais encore une fois, allez convaincre un Narcisse de ses qualités et allez l'empêcher de se focaliser sur ses défauts... Autant essayer de traire un Pansedefer Ukrainien.
Sa réaction fut immédiate et il agita sa main devant son visage en bondissant.
"Mais non dis pas ça ! Toi t'as eu l'cours moi j'l'ai pas eu, par définition t'en sais plus que moi !"
Et il s'apprêta évidemment à remettre en question l'affirmation de la blonde sur le fait qu'elle n'était pas si fatiguée que ça. Là, encore, l'évidence et les apparences démontraient le contraire. Cependant, il eut l'audace d'esprit de réussir à enfin se mettre à la place de l'autre avec suffisamment d'acuité pour comprendre qu'à sa place, il aurait détesté qu'on le remette en question.
Réflexion ravalée sur le champ, déglutition bruyante, il se redressa en expirant.
Son attention commençait à revenir sur le problème présent : l'Epouvantard.
Petit à petit, l'instant immédiat réapparut, et son instinct lui expliqua poliment, mais fermement, qu'il n'avait pas le temps de se laisser aller à des futilités. Réussir à lancer le sortilège n'était pas gagné le moins du monde. C'était un sort appris en troisième année, qui faisait appel à une force de caractère des plus hardie, et surtout, dont l'exécution nécessitait de garder son calme dans une situation des plus stressantes. Il expira. Facile, donc. Ha, il pouffa de rire en se redressant, alors qu'il se tournait vers l'armoire.
"Quoi qu'il arrive, interviens pas, s'il te plaît."
Il ne vit pas la demande silencieuse de son amie pour l'aider. L'intégralité de ses ressources mentales étaient désormais tournées vers cette armoire, vers ce qu'elle contenait. De lui-même, son corps se mit en position, ses genoux se fléchirent, la main qui tenait sa baguette se leva lentement, tandis que l'autre remontait au niveau de sa poitrine. C'était tout juste si un filet de bave ne coula pas de sa bouche entrouverte, tant sa focalisation était extrême. Même les pupilles de ses yeux s'étrécirent, laissant apparaître, pour celui ou celle qui regarderait, des petites flammes blanches dansant au fond de ses iris.
Une nouvelle expiration. Il avait beau faire, l'angoisse commençait à monter. Inexorable, inéluctable, l'instinct de survie et de préservation, l'amygdale qui s'emballait, le cortex préfrontal qui se réveillait, une réaction primaire et bestiale face à la peur. Tout se déchirait et se tiraillait en lui, alors que chacune des nouvelles respirations qu'il devait prendre lui coûtait un peu plus que la précédente.
Fuir, son corps voulait fuir à tout prix. Ne pas avoir à affronter cet ennemi, déserter ce combat inutile, renoncer à cette envie suicidaire.
A l'instant où Narcisse sentit son pied glisser imperceptiblement vers l'arrière, il sentit que son corps le trahissait. Non. Hors de question ! Un souffle s'échappa de ses narines, il força son pied à revenir au point de départ, court-circuitant ses instincts primaires, pour laisser place à celui qui ne demandait qu'à s'illustrer : son instinct de survie. La défense, la stratégie, le génie qui se tapissait au fond de lui, donné par sa mère sans même qu'il ne s'en rende compte. L'idée de fuir lui apparut comme la pire des insultes, même si l'enjeu était des plus puérils. Il écrasa son pied au sol pour se donner contenance, et d'un geste de sa baguette, il ouvrit brusquement la porte de l'armoire, sa magie rayonnant par les pores de sa peau sans faiblir.
C'était face au pied du mur que Narcisse progressait le plus, mais certaines épreuves vous marquent davantage que d'autre.
Il s'était rendu compte que jamais il ne s'était penché sur ce qui lui faisait le plus peur. Et pourtant, maintenant qu'il se trouvait face à l'Epouvantard en formation, l'évidence lui sauta aux yeux avant même que la créature ne termine sa transformation.
Le silence absolue se fit dans son esprit, alors que ses yeux s'écarquillèrent.
Quelle était la plus grande peur de Narcisse ?
Combien de fois avait-il cru perdre sa mère ? Combien de fois avait-il cru que jamais elle ne se réveillerait, dans son lit d'hôpital ? Combien de fois avait-il dû la voir revenir à la maison, couverture de plaie, le regard éteint, incapable de bouger pendant plusieurs jours ? Ces souvenirs, les réactions de son père, son inquiétude, ceux de Claire, les siennes, ressurgirent immédiatement. Tout se mélangea et se confondit alors qu'il sentit son cerveau être trifouillé sans merci, pour que la créature puisse en extraire sa plus profonde terreur. Son cœur loupa un battement, la forme se matérialisa.
Il se mit à pleuvoir sur le visage de Narcisse, il porta une main à sa joue pour s'essuyer.
Non, évidemment, ce n'était pas de la pluie.
Devant lui se tenait, enveloppé par une obscurité abyssale, une lit d'une blancheur équivalente à celle de son visage, devenu soudainement aussi livide qu'un spectre dont les yeux auraient été remplacés par deux billes de jais. Il cligna des yeux, cherchant à ne pas regarder, ne serait-ce qu'un seul instant. Ses oreilles prirent le relai. Un bip électronique résonna soudainement, de plus en plus lent. De plus en plus faible, mais semblant vibrer puissamment à ses oreilles. Lorsqu'il rouvrit les yeux, seul le long bip sonore de l'électrocardiogramme se faisait entendre, alors que les rideaux translucides et blancs entourant le lit furent agités par un courant d'air invisible.
La silhouette qui se tenait intégralement sous les draps, parfaitement immobile, il savait qui c'était. C'était évident, c'était la seule explication. Imperceptiblement, le blanc immaculé des draps se teint de rouge grenat, au rythme de ses respirations. Cette vision assaillait chacun de ses sens.
Il avait fait un pas en arrière sans s'en rendre compte. Il pleuvait toujours ? Non. Les larmes s'étaient tout simplement mises à couler sans interruption, dans un silence admirable, pour venir inonder ses joues, sa gore, et son t-shirt. Les tremblements qui l'agitaient menaçaient désormais de le mettre à bas.
Et durant une affreuse seconde, une terriblement longue seconde, qui s'étira à l'infini, encore et encore, sans jamais prétendre s'arrêter, il pensa que peut-être, ce serait plus simple.
"Gh..."
Ses dents se serrèrent brusquement, emprisonnant un morceau de sa lèvre qui mordit jusqu'au sang. Ses yeux s'emplirent de rouge, les capillaires éclataient sur sa membrane, striant de rouge le blanc de ses yeux. Une coulée de sang accompagne celle de ses larmes, alors qu'une explosion résonna dans sa poitrine.
Ce salaud jouait avec sa tête. Avec ses souvenirs, il inventait, déformait la réalité, mentait et déformait, trahissait et affabulait ! Cette vision était... ridicule.
Une nouvelle inspiration emplit ses poumons pour la première fois depuis le début de son épreuve, et ce fut au prix d'un épouvantable frisson qu'il décoinça enfin son bras et son esprit. Ridicule, insignifiante ! C'en était risible, tant cette vision était irréaliste !
"RIDDIKULUS !"
Une explosion de bile dans sa bouche lui fit clore ses lèvres dans un réflexe salvateur. Il se retrouva un genou à terre, goûtant l'acidité de son estomac mélangé à celui de son sang et de ses larmes. Juste avant de plaquer sa main sur sa bouche, il leva une main vers l'endroit où il supposait qu'Alyssa se tenait.
Bouge pas.
Bon sang, il avait oublié la visualisation. Il inspira de nouveau, sans même se relever, se contenant de redresser la tête en ravalant son vomi, le regard plus dur que jamais, le visage taillé dans l'acier, le faisant ressembler à sa mère d'une manière inimaginable.
Ce fut désormais avec un calme qu'il ne se connaissait pas qu'il leva cette fois-ci sa baguette, la plaquant quasiment à la vision de cauchemar l'engloutissant presque désormais.
"Riddikulus."
Les bordures de sa vision s'obscurcirent lorsqu'il sentit jusqu'à la dernière goutte de son énergie et de sa magie s'échapper de son corps en cascade pour venir alimenter sa baguette. Ce fut à peine s'il vit la vive lumière enveloppant l'Epouvantard, pour transformer la silhouette sous les draps... En hordes de petits boursouflets trépignant et sautillant en se tirant mutuellement la langue.
Et ce fut tout juste s'il eut l'énergie d'en rire, se tenant le ventre sous la douleur de son envie de vomir et de son affaiblissement. Mais il fut secoué par un bel éclat de rire cristallin malgré tout, qui le fit tousser, et par la même occasion, renvoyer l'Epouvantard au fond de son armoire.
Une seconde s'écoula dans un silence, avant que son deuxième genou ne rejoigne le sol, et qu'une deuxième vague de bile ne prenne d'assaut sa bouche. Qu'il ne bloqua que de justesse par la paume de sa main qui se plaqua sur ses lèvres.
Respirer. Ah oui, c'est vrai, il fallait respirer, il avait oublié. Ses narines se dilatèrent lorsqu'il reprit une inspiration paniquée et désespérée, de celles que l'on prend quand on a retenu son souffle trop longtemps.
Réussite du sort d'un niveau d'année supérieur conditionné à un lancer de dés, comme prévu dans ce sujet. Ainsi que soutenu par les dizaines de RP traitant des entraînements et des capacités de Narcisse.
Mais encore une fois, allez convaincre un Narcisse de ses qualités et allez l'empêcher de se focaliser sur ses défauts... Autant essayer de traire un Pansedefer Ukrainien.
Sa réaction fut immédiate et il agita sa main devant son visage en bondissant.
"Mais non dis pas ça ! Toi t'as eu l'cours moi j'l'ai pas eu, par définition t'en sais plus que moi !"
Et il s'apprêta évidemment à remettre en question l'affirmation de la blonde sur le fait qu'elle n'était pas si fatiguée que ça. Là, encore, l'évidence et les apparences démontraient le contraire. Cependant, il eut l'audace d'esprit de réussir à enfin se mettre à la place de l'autre avec suffisamment d'acuité pour comprendre qu'à sa place, il aurait détesté qu'on le remette en question.
Réflexion ravalée sur le champ, déglutition bruyante, il se redressa en expirant.
Son attention commençait à revenir sur le problème présent : l'Epouvantard.
Petit à petit, l'instant immédiat réapparut, et son instinct lui expliqua poliment, mais fermement, qu'il n'avait pas le temps de se laisser aller à des futilités. Réussir à lancer le sortilège n'était pas gagné le moins du monde. C'était un sort appris en troisième année, qui faisait appel à une force de caractère des plus hardie, et surtout, dont l'exécution nécessitait de garder son calme dans une situation des plus stressantes. Il expira. Facile, donc. Ha, il pouffa de rire en se redressant, alors qu'il se tournait vers l'armoire.
"Quoi qu'il arrive, interviens pas, s'il te plaît."
Il ne vit pas la demande silencieuse de son amie pour l'aider. L'intégralité de ses ressources mentales étaient désormais tournées vers cette armoire, vers ce qu'elle contenait. De lui-même, son corps se mit en position, ses genoux se fléchirent, la main qui tenait sa baguette se leva lentement, tandis que l'autre remontait au niveau de sa poitrine. C'était tout juste si un filet de bave ne coula pas de sa bouche entrouverte, tant sa focalisation était extrême. Même les pupilles de ses yeux s'étrécirent, laissant apparaître, pour celui ou celle qui regarderait, des petites flammes blanches dansant au fond de ses iris.
Une nouvelle expiration. Il avait beau faire, l'angoisse commençait à monter. Inexorable, inéluctable, l'instinct de survie et de préservation, l'amygdale qui s'emballait, le cortex préfrontal qui se réveillait, une réaction primaire et bestiale face à la peur. Tout se déchirait et se tiraillait en lui, alors que chacune des nouvelles respirations qu'il devait prendre lui coûtait un peu plus que la précédente.
Fuir, son corps voulait fuir à tout prix. Ne pas avoir à affronter cet ennemi, déserter ce combat inutile, renoncer à cette envie suicidaire.
A l'instant où Narcisse sentit son pied glisser imperceptiblement vers l'arrière, il sentit que son corps le trahissait. Non. Hors de question ! Un souffle s'échappa de ses narines, il força son pied à revenir au point de départ, court-circuitant ses instincts primaires, pour laisser place à celui qui ne demandait qu'à s'illustrer : son instinct de survie. La défense, la stratégie, le génie qui se tapissait au fond de lui, donné par sa mère sans même qu'il ne s'en rende compte. L'idée de fuir lui apparut comme la pire des insultes, même si l'enjeu était des plus puérils. Il écrasa son pied au sol pour se donner contenance, et d'un geste de sa baguette, il ouvrit brusquement la porte de l'armoire, sa magie rayonnant par les pores de sa peau sans faiblir.
C'était face au pied du mur que Narcisse progressait le plus, mais certaines épreuves vous marquent davantage que d'autre.
Il s'était rendu compte que jamais il ne s'était penché sur ce qui lui faisait le plus peur. Et pourtant, maintenant qu'il se trouvait face à l'Epouvantard en formation, l'évidence lui sauta aux yeux avant même que la créature ne termine sa transformation.
Le silence absolue se fit dans son esprit, alors que ses yeux s'écarquillèrent.
Quelle était la plus grande peur de Narcisse ?
Combien de fois avait-il cru perdre sa mère ? Combien de fois avait-il cru que jamais elle ne se réveillerait, dans son lit d'hôpital ? Combien de fois avait-il dû la voir revenir à la maison, couverture de plaie, le regard éteint, incapable de bouger pendant plusieurs jours ? Ces souvenirs, les réactions de son père, son inquiétude, ceux de Claire, les siennes, ressurgirent immédiatement. Tout se mélangea et se confondit alors qu'il sentit son cerveau être trifouillé sans merci, pour que la créature puisse en extraire sa plus profonde terreur. Son cœur loupa un battement, la forme se matérialisa.
Il se mit à pleuvoir sur le visage de Narcisse, il porta une main à sa joue pour s'essuyer.
Non, évidemment, ce n'était pas de la pluie.
Devant lui se tenait, enveloppé par une obscurité abyssale, une lit d'une blancheur équivalente à celle de son visage, devenu soudainement aussi livide qu'un spectre dont les yeux auraient été remplacés par deux billes de jais. Il cligna des yeux, cherchant à ne pas regarder, ne serait-ce qu'un seul instant. Ses oreilles prirent le relai. Un bip électronique résonna soudainement, de plus en plus lent. De plus en plus faible, mais semblant vibrer puissamment à ses oreilles. Lorsqu'il rouvrit les yeux, seul le long bip sonore de l'électrocardiogramme se faisait entendre, alors que les rideaux translucides et blancs entourant le lit furent agités par un courant d'air invisible.
La silhouette qui se tenait intégralement sous les draps, parfaitement immobile, il savait qui c'était. C'était évident, c'était la seule explication. Imperceptiblement, le blanc immaculé des draps se teint de rouge grenat, au rythme de ses respirations. Cette vision assaillait chacun de ses sens.
Il avait fait un pas en arrière sans s'en rendre compte. Il pleuvait toujours ? Non. Les larmes s'étaient tout simplement mises à couler sans interruption, dans un silence admirable, pour venir inonder ses joues, sa gore, et son t-shirt. Les tremblements qui l'agitaient menaçaient désormais de le mettre à bas.
Et durant une affreuse seconde, une terriblement longue seconde, qui s'étira à l'infini, encore et encore, sans jamais prétendre s'arrêter, il pensa que peut-être, ce serait plus simple.
"Gh..."
Ses dents se serrèrent brusquement, emprisonnant un morceau de sa lèvre qui mordit jusqu'au sang. Ses yeux s'emplirent de rouge, les capillaires éclataient sur sa membrane, striant de rouge le blanc de ses yeux. Une coulée de sang accompagne celle de ses larmes, alors qu'une explosion résonna dans sa poitrine.
Ce salaud jouait avec sa tête. Avec ses souvenirs, il inventait, déformait la réalité, mentait et déformait, trahissait et affabulait ! Cette vision était... ridicule.
Une nouvelle inspiration emplit ses poumons pour la première fois depuis le début de son épreuve, et ce fut au prix d'un épouvantable frisson qu'il décoinça enfin son bras et son esprit. Ridicule, insignifiante ! C'en était risible, tant cette vision était irréaliste !
"RIDDIKULUS !"
Une explosion de bile dans sa bouche lui fit clore ses lèvres dans un réflexe salvateur. Il se retrouva un genou à terre, goûtant l'acidité de son estomac mélangé à celui de son sang et de ses larmes. Juste avant de plaquer sa main sur sa bouche, il leva une main vers l'endroit où il supposait qu'Alyssa se tenait.
Bouge pas.
Bon sang, il avait oublié la visualisation. Il inspira de nouveau, sans même se relever, se contenant de redresser la tête en ravalant son vomi, le regard plus dur que jamais, le visage taillé dans l'acier, le faisant ressembler à sa mère d'une manière inimaginable.
Ce fut désormais avec un calme qu'il ne se connaissait pas qu'il leva cette fois-ci sa baguette, la plaquant quasiment à la vision de cauchemar l'engloutissant presque désormais.
"Riddikulus."
Les bordures de sa vision s'obscurcirent lorsqu'il sentit jusqu'à la dernière goutte de son énergie et de sa magie s'échapper de son corps en cascade pour venir alimenter sa baguette. Ce fut à peine s'il vit la vive lumière enveloppant l'Epouvantard, pour transformer la silhouette sous les draps... En hordes de petits boursouflets trépignant et sautillant en se tirant mutuellement la langue.
Et ce fut tout juste s'il eut l'énergie d'en rire, se tenant le ventre sous la douleur de son envie de vomir et de son affaiblissement. Mais il fut secoué par un bel éclat de rire cristallin malgré tout, qui le fit tousser, et par la même occasion, renvoyer l'Epouvantard au fond de son armoire.
Une seconde s'écoula dans un silence, avant que son deuxième genou ne rejoigne le sol, et qu'une deuxième vague de bile ne prenne d'assaut sa bouche. Qu'il ne bloqua que de justesse par la paume de sa main qui se plaqua sur ses lèvres.
Respirer. Ah oui, c'est vrai, il fallait respirer, il avait oublié. Ses narines se dilatèrent lorsqu'il reprit une inspiration paniquée et désespérée, de celles que l'on prend quand on a retenu son souffle trop longtemps.
Réussite du sort d'un niveau d'année supérieur conditionné à un lancer de dés, comme prévu dans ce sujet. Ainsi que soutenu par les dizaines de RP traitant des entraînements et des capacités de Narcisse.
La crainte et la peur
Alyssa avait levé les yeux au ciel alors que son ami semblait soudainement bien décidé à lui prouver que non, il ne pouvait pas en savoir plus qu'elle... Narcisse qui venait de passer peut-être la moitié de l'après-midi à lui donner des conseils jusqu'à ce que la Gryffondor parvienne à vaincre un épouvantard, chose dont elle avait été incapable quelques mois auparavant. La jeune fille avait avoué sans difficulté une part de cette vérité, la réaction de Narcisse à contrecourant aurait donc eu de très grandes chances de l'énerver plus intensément. Malheureusement -ou plutôt heureusement- elle était bien trop fatiguée pour continuer sur cette lignée et s'était ainsi reculée dans un coin de la salle, se soutenant par une table.
Ses yeux clairs étaient entièrement focalisés sur Narcisse et son visage, bien que blême, se peignait d'une nouvelle concentration. D'ici quelques instants, l'épouvantard du Poufsouffle allait se moduler, pour sans aucun doute la toute première fois de la vie du garçon. Et ce dernier allait donc devoir le combattre, le faire reculer, à l'aide d'un sort de troisième année. Parfois Alyssa oubliait que Narcisse n'était pas de son année, ils passaient pas mal de temps ensemble et, en ce qui concernait en particulier les sortilèges de défense, le garçon lui semblait être sacrément calé sur le sujet. Il suffisait de voir tous les conseils qu'il lui avait donnés alors qu'elle, eh bien elle ne s'était même pas motivée à réviser en amont.
Lorsque Narcisse lui demanda de ne pas intervenir, Alyssa hocha la tête avec sérieux. Très bien. Elle avait confiance de toutes façons. Et puis... La blondinette manquait peut-être cruellement d'instinct pour mesurer ses propres forces, mais elle sentait au plus profond d'elle que son flux magique était considérablement faible suite à tous les efforts qu'elle avait fournis. Elle ne sourit pas en voyant la petite silhouette de son ami se préparer, s'ancrer dans le sol alors qu'il armait déjà sa baguette, non ; tout son mental, son reste d'énergie, s'étaient tournés vers la seule idée qu'il pouvait réussir.
Qu'est-ce qui allait sortir de l'armoire, cette fois ? Alyssa se l'était déjà demandé, notamment au tout début de leur séance. Mais maintenant son imagination lui semblait étrangement vide. Nul doute que si la jeune fille n'avait pas été aussi fatiguée, elle se serait creusée la tête jusqu'à arriver à des idées plus ou moins fantaisistes. Oh, elle espérait que son ami n'ait pas besoin de son aide, bien trop incertaine sur ses capacités actuelles de réaction. Mais que racontait donc Alyssa ? Il fallait qu'elle garde confiance en Narcisse.
La porte de l'armoire s'ouvrit. C'était au tour de son ami d'y passer.
Action.
Alyssa passa sa manche sur son visage avant de se reconcentrer, elle avait beau être pleine de volonté envers Narcisse, il lui était difficile de rester droite à cet instant donné. L'atmosphère se modifia alors sensiblement dans la salle, l'aidant à se recentrer.
Un lit avec des rideaux ? Narcisse avait peur d'un lit ? Ou des baldaquins ? Ils n'en avaient pas à Poufsouffle ?
Alyssa plissa les yeux à cette vision, se demandant avec un curieux sang froid si elle-même ne commençait pas à halluciner. Soudain un bip électronique résonna dans la pièce, ce qui évoqua à la troisième année... Eh bien toujours rien. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que signifiait cette vision. Comme venu alors de nulle part, un frisson lui parcourut subitement la colonne vertébrale, remontant jusqu'à ses épaules, alors qu'elle se crispa brusquement. C'était quoi cette tâche rouge qui s'agrandissait insidieusement, tout doucement, sur les draps d'un blanc parfait ? Alyssa eut soudainement le cœur au bord des lèvres alors que, dans un petit cri, elle dut reprendre sa respiration.
Mue par un réflexe, sa tête se retourna vers Narcisse et là, l'intégralité de son corps se glaça sur place. Le visage de son ami était recouvert de larmes. Alyssa ne pleurait qu'extrêmement rarement, quasiment jamais même, et généralement plus de colère que de tristesse. Mais là, cette simple vision des larmes ruisselantes de Narcisse lui firent monter l'émotion. Ses yeux lui piquèrent et, plongée dans la vision de son ami, elle ne se rendit même pas compte que des larmes coulaient dorénavant sur ses joues aussi.
Son cœur rata un nouveau battement en voyant Narcisse faire un pas en arrière tandis que ses bras, tellement surpris, en restèrent ballants. La vision brouillée, Alyssa ne vit pas la coulée de sang rejoignant les larmes de Narcisse. Ce dernier lança alors le sort et, naïvement, la blondinette cru que l'épouvantard allait reculer.
Mais ce ne fut pas le cas. Et pire encore, Narcisse avait maintenant un genou à terre. Un courant électrique parcourut le corps d'Alyssa qui se débloqua soudainement et elle se redressa, faisant un pas vers son ami. Son cerveau n'avait pas encore réfléchi, mais elle voulait l'aider. Cependant la jeune fille se heurta à la main levée de Narcisse en sa direction. Ses mots pas même encore préparés moururent dans sa gorge alors que ses mains retrouvèrent appui sur la table. Elle devait respecter la décision du garçon de ne pas recevoir son aide, et pour cause ; elle aurait détesté que lui même puisse intervenir à l'encontre de sa demande.
Ainsi, tout ce qu'Alyssa put faire, c'était rester entièrement concentrée sur son ami et lui transférer toutes les forces qu'il lui restait, même à distance. Après quelques instants qui semblèrent s'étendre à l'infini, la tête du Poufsouffle se releva et, malgré le choc qui paralysait la blondinette, elle fut frappé par son expression qui lui semblait... Brusquement familière, mais chez une autre personne.
Narcisse lança le sort de nouveau et, cette fois, la forme de l'épouvantard se modifia : une nuée de petit boursouflets s'échappèrent, créant une scène absolument adorable en totale contradiction avec ce lit qui avait tant stupéfié Alyssa. La blondinette sentit à peine une chaleur se répandant dans sa poitrine à cette vision alors qu'elle entendit vaguement un clair éclat de rire provenant de Narcisse.
Et l'épouvantard fut renvoyé tout au fond de son armoire.
Une seconde, un silence. Alyssa regarda, figée, Narcisse finir au sol sur ses deux genoux. La main du garçon était maintenant plaqué contre sa bouche et l'inspiration paniquée qu'il prit eut un écho bien trop familier pour la troisième année qui s'était retrouvée dans des situations semblables de bien trop nombreuses fois ces derniers temps. Sans réfléchir, la jeune fille réduisit la distance qui se trouvait entre eux en deux pas avant de finir en glissant sur le sol. Arrivant à genoux aux côté du garçon, elle lui prit rapidement -mais doucement- les épaules, et se mit à les frotter maladroitement.
- C'est fini, t'as réussi, il est parti, souffla-t-elle alors qu'à nouveaux des larmes coulaient de ses yeux, complètement choquée par la réaction de son ami qui lui avait toujours semblé si... Infaillible ? Presque toujours, du moins.
Gardant tout de même ensuite une main sur le dos de Narcisse, Alyssa s'écarta légèrement, se rendant compte que son cadet avait peut-être besoin d'air. Entre deux respirations un peu saccadées, elle poursuivit :
- Promis qu'il va pas revenir de si tôt, tu l'as vaincu.
L'empathie d'Alyssa avait grimpé de plusieurs crans d'un coup alors qu'elle fixait son ami, mi-effrayée, mi-choquée.
Ses yeux clairs étaient entièrement focalisés sur Narcisse et son visage, bien que blême, se peignait d'une nouvelle concentration. D'ici quelques instants, l'épouvantard du Poufsouffle allait se moduler, pour sans aucun doute la toute première fois de la vie du garçon. Et ce dernier allait donc devoir le combattre, le faire reculer, à l'aide d'un sort de troisième année. Parfois Alyssa oubliait que Narcisse n'était pas de son année, ils passaient pas mal de temps ensemble et, en ce qui concernait en particulier les sortilèges de défense, le garçon lui semblait être sacrément calé sur le sujet. Il suffisait de voir tous les conseils qu'il lui avait donnés alors qu'elle, eh bien elle ne s'était même pas motivée à réviser en amont.
Lorsque Narcisse lui demanda de ne pas intervenir, Alyssa hocha la tête avec sérieux. Très bien. Elle avait confiance de toutes façons. Et puis... La blondinette manquait peut-être cruellement d'instinct pour mesurer ses propres forces, mais elle sentait au plus profond d'elle que son flux magique était considérablement faible suite à tous les efforts qu'elle avait fournis. Elle ne sourit pas en voyant la petite silhouette de son ami se préparer, s'ancrer dans le sol alors qu'il armait déjà sa baguette, non ; tout son mental, son reste d'énergie, s'étaient tournés vers la seule idée qu'il pouvait réussir.
Qu'est-ce qui allait sortir de l'armoire, cette fois ? Alyssa se l'était déjà demandé, notamment au tout début de leur séance. Mais maintenant son imagination lui semblait étrangement vide. Nul doute que si la jeune fille n'avait pas été aussi fatiguée, elle se serait creusée la tête jusqu'à arriver à des idées plus ou moins fantaisistes. Oh, elle espérait que son ami n'ait pas besoin de son aide, bien trop incertaine sur ses capacités actuelles de réaction. Mais que racontait donc Alyssa ? Il fallait qu'elle garde confiance en Narcisse.
La porte de l'armoire s'ouvrit. C'était au tour de son ami d'y passer.
Action.
Alyssa passa sa manche sur son visage avant de se reconcentrer, elle avait beau être pleine de volonté envers Narcisse, il lui était difficile de rester droite à cet instant donné. L'atmosphère se modifia alors sensiblement dans la salle, l'aidant à se recentrer.
Un lit avec des rideaux ? Narcisse avait peur d'un lit ? Ou des baldaquins ? Ils n'en avaient pas à Poufsouffle ?
Alyssa plissa les yeux à cette vision, se demandant avec un curieux sang froid si elle-même ne commençait pas à halluciner. Soudain un bip électronique résonna dans la pièce, ce qui évoqua à la troisième année... Eh bien toujours rien. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que signifiait cette vision. Comme venu alors de nulle part, un frisson lui parcourut subitement la colonne vertébrale, remontant jusqu'à ses épaules, alors qu'elle se crispa brusquement. C'était quoi cette tâche rouge qui s'agrandissait insidieusement, tout doucement, sur les draps d'un blanc parfait ? Alyssa eut soudainement le cœur au bord des lèvres alors que, dans un petit cri, elle dut reprendre sa respiration.
Mue par un réflexe, sa tête se retourna vers Narcisse et là, l'intégralité de son corps se glaça sur place. Le visage de son ami était recouvert de larmes. Alyssa ne pleurait qu'extrêmement rarement, quasiment jamais même, et généralement plus de colère que de tristesse. Mais là, cette simple vision des larmes ruisselantes de Narcisse lui firent monter l'émotion. Ses yeux lui piquèrent et, plongée dans la vision de son ami, elle ne se rendit même pas compte que des larmes coulaient dorénavant sur ses joues aussi.
Son cœur rata un nouveau battement en voyant Narcisse faire un pas en arrière tandis que ses bras, tellement surpris, en restèrent ballants. La vision brouillée, Alyssa ne vit pas la coulée de sang rejoignant les larmes de Narcisse. Ce dernier lança alors le sort et, naïvement, la blondinette cru que l'épouvantard allait reculer.
Mais ce ne fut pas le cas. Et pire encore, Narcisse avait maintenant un genou à terre. Un courant électrique parcourut le corps d'Alyssa qui se débloqua soudainement et elle se redressa, faisant un pas vers son ami. Son cerveau n'avait pas encore réfléchi, mais elle voulait l'aider. Cependant la jeune fille se heurta à la main levée de Narcisse en sa direction. Ses mots pas même encore préparés moururent dans sa gorge alors que ses mains retrouvèrent appui sur la table. Elle devait respecter la décision du garçon de ne pas recevoir son aide, et pour cause ; elle aurait détesté que lui même puisse intervenir à l'encontre de sa demande.
Ainsi, tout ce qu'Alyssa put faire, c'était rester entièrement concentrée sur son ami et lui transférer toutes les forces qu'il lui restait, même à distance. Après quelques instants qui semblèrent s'étendre à l'infini, la tête du Poufsouffle se releva et, malgré le choc qui paralysait la blondinette, elle fut frappé par son expression qui lui semblait... Brusquement familière, mais chez une autre personne.
Narcisse lança le sort de nouveau et, cette fois, la forme de l'épouvantard se modifia : une nuée de petit boursouflets s'échappèrent, créant une scène absolument adorable en totale contradiction avec ce lit qui avait tant stupéfié Alyssa. La blondinette sentit à peine une chaleur se répandant dans sa poitrine à cette vision alors qu'elle entendit vaguement un clair éclat de rire provenant de Narcisse.
Et l'épouvantard fut renvoyé tout au fond de son armoire.
Une seconde, un silence. Alyssa regarda, figée, Narcisse finir au sol sur ses deux genoux. La main du garçon était maintenant plaqué contre sa bouche et l'inspiration paniquée qu'il prit eut un écho bien trop familier pour la troisième année qui s'était retrouvée dans des situations semblables de bien trop nombreuses fois ces derniers temps. Sans réfléchir, la jeune fille réduisit la distance qui se trouvait entre eux en deux pas avant de finir en glissant sur le sol. Arrivant à genoux aux côté du garçon, elle lui prit rapidement -mais doucement- les épaules, et se mit à les frotter maladroitement.
- C'est fini, t'as réussi, il est parti, souffla-t-elle alors qu'à nouveaux des larmes coulaient de ses yeux, complètement choquée par la réaction de son ami qui lui avait toujours semblé si... Infaillible ? Presque toujours, du moins.
Gardant tout de même ensuite une main sur le dos de Narcisse, Alyssa s'écarta légèrement, se rendant compte que son cadet avait peut-être besoin d'air. Entre deux respirations un peu saccadées, elle poursuivit :
- Promis qu'il va pas revenir de si tôt, tu l'as vaincu.
L'empathie d'Alyssa avait grimpé de plusieurs crans d'un coup alors qu'elle fixait son ami, mi-effrayée, mi-choquée.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
Color = MintCream
Be a writer, 장르로는 fantasy
La crainte et la peur
Narcisse savait pertinemment ce qu'il avait vu.
Les souvenirs, les images, les sons, les odeurs... Tout scintillait d'une lumière noire dans son esprit, stimulant la moindre partie de son cerveau qui aurait pu tenter de résister à ce déferlement. Tout s'était effondré sur le passage de cette vision. Son corps n'était qu'un bloc de glace, lui qui était pourtant d'habitude si chaud, si brûlant, le voilà prostré et immobile. Sa respiration tentait vainement de se calmer, son cœur faisait tout pour ne pas exploser dans sa poitrine, et ses reflux gastriques firent le chemin retour jusqu'à son estomac.
Ses pensées tournaient en boucle, en rond, jouant et rejouant la scène directement sous ses yeux. Chaque son, chaque odeur, encore. Cette image resterait gravée à tout jamais dans son esprit.
Son visage se redressa lentement. Son visage s'effaça de toute émotion, tandis que ses yeux transpercèrent l'armoire, défiant cette vision de ressortir. Qu'elle ose, qu'elle essaye seulement.
Ce fut alors que les mots de son amie parvinrent enfin à son oreille, réussissant finalement à outrepasser le chaos qui régnait dans son esprit. Enfin, son cerveau perçut de nouveau le monde extérieur, se remémorant que non, il n'y avait pas que l'intérieur de sa tête qui existait. Un brusque frisson s'empara de Narcisse, qui se redressa brusquement, les poings serrés, manquant de perdre l'équilibre. Un pas en arrière, une grande inspiration, une dernière larme roula sur sa joue. De sa manche, il s'essuya le bas du visage, déglutissant avec difficulté, il secoua la tête.
"Non, c'est pas fini."
Désormais, une chose était plus que claire, dans son esprit. Une chose était désormais évidente, certaine et absolue. Son obsession devenir plus fort se trouva ravivée, tous les souvenirs, toutes les expériences qui l'avaient conduit à ce moment, furent balayés. Plus rien n'avait d'importance. Une nouvelle inspiration, il regarda sa baguette, puis son amie.
Son regard était d'un vide absolu, sans âme, sans joie, sans cristal. Son visage dur, ses traits tirés, l'ombre de sa mère sur sa face, celle qui occupait désormais toutes ses pensées.
"C'était rien du tout ça. C'était une illusion. Et..."
Et s'il ne faisait rien, elle se réaliserait, tôt ou tard. Sa peur fut forgée en détermination, en détermination omnipotente et inébranlable. Plus que jamais, il ne devait pas relâcher ses efforts.
"Et je veux pas qu'elle arrive... Faut que je me bouge."
Une bulle de savon éclata dans son cerveau, il cligna des yeux, et le monde reprit des couleurs. La vague s'était retirée, laissant les débris avec lesquels il pourrait construire sa forteresse. Il souffla longtemps, et vint donner un doux coup de poing dans l'épaule de son amie, son sourire enfin revenu, mais son visage toujours aussi pâle.
"On a géré, bien joué. Faudra qu'on remette ça !"
Il cligna de nouveau, comme s'il tentait de balayer de devant sa vision l'image qui prenait trop de temps à s'effacer. Il fit craquer distraitement sa nuque, les courbatures prenant soudainement d'assaut son corps, et il montra la porte de son pouce, son sourire s'agrandissant malgré tout.
"On y va ? J'ai une dalle de fou furieux, je pourrais bouffer un éléphant !"
Son rire était fut particulièrement faible en comparaison des habituels. Mais il était réel, au moins, et cela lui fit un bien fou.
Les souvenirs, les images, les sons, les odeurs... Tout scintillait d'une lumière noire dans son esprit, stimulant la moindre partie de son cerveau qui aurait pu tenter de résister à ce déferlement. Tout s'était effondré sur le passage de cette vision. Son corps n'était qu'un bloc de glace, lui qui était pourtant d'habitude si chaud, si brûlant, le voilà prostré et immobile. Sa respiration tentait vainement de se calmer, son cœur faisait tout pour ne pas exploser dans sa poitrine, et ses reflux gastriques firent le chemin retour jusqu'à son estomac.
Ses pensées tournaient en boucle, en rond, jouant et rejouant la scène directement sous ses yeux. Chaque son, chaque odeur, encore. Cette image resterait gravée à tout jamais dans son esprit.
Son visage se redressa lentement. Son visage s'effaça de toute émotion, tandis que ses yeux transpercèrent l'armoire, défiant cette vision de ressortir. Qu'elle ose, qu'elle essaye seulement.
Ce fut alors que les mots de son amie parvinrent enfin à son oreille, réussissant finalement à outrepasser le chaos qui régnait dans son esprit. Enfin, son cerveau perçut de nouveau le monde extérieur, se remémorant que non, il n'y avait pas que l'intérieur de sa tête qui existait. Un brusque frisson s'empara de Narcisse, qui se redressa brusquement, les poings serrés, manquant de perdre l'équilibre. Un pas en arrière, une grande inspiration, une dernière larme roula sur sa joue. De sa manche, il s'essuya le bas du visage, déglutissant avec difficulté, il secoua la tête.
"Non, c'est pas fini."
Désormais, une chose était plus que claire, dans son esprit. Une chose était désormais évidente, certaine et absolue. Son obsession devenir plus fort se trouva ravivée, tous les souvenirs, toutes les expériences qui l'avaient conduit à ce moment, furent balayés. Plus rien n'avait d'importance. Une nouvelle inspiration, il regarda sa baguette, puis son amie.
Son regard était d'un vide absolu, sans âme, sans joie, sans cristal. Son visage dur, ses traits tirés, l'ombre de sa mère sur sa face, celle qui occupait désormais toutes ses pensées.
"C'était rien du tout ça. C'était une illusion. Et..."
Et s'il ne faisait rien, elle se réaliserait, tôt ou tard. Sa peur fut forgée en détermination, en détermination omnipotente et inébranlable. Plus que jamais, il ne devait pas relâcher ses efforts.
"Et je veux pas qu'elle arrive... Faut que je me bouge."
Une bulle de savon éclata dans son cerveau, il cligna des yeux, et le monde reprit des couleurs. La vague s'était retirée, laissant les débris avec lesquels il pourrait construire sa forteresse. Il souffla longtemps, et vint donner un doux coup de poing dans l'épaule de son amie, son sourire enfin revenu, mais son visage toujours aussi pâle.
"On a géré, bien joué. Faudra qu'on remette ça !"
Il cligna de nouveau, comme s'il tentait de balayer de devant sa vision l'image qui prenait trop de temps à s'effacer. Il fit craquer distraitement sa nuque, les courbatures prenant soudainement d'assaut son corps, et il montra la porte de son pouce, son sourire s'agrandissant malgré tout.
"On y va ? J'ai une dalle de fou furieux, je pourrais bouffer un éléphant !"
Son rire était fut particulièrement faible en comparaison des habituels. Mais il était réel, au moins, et cela lui fit un bien fou.
La crainte et la peur
L'inquiétude d'Alyssa pour son ami monta d'un nouveau cran en apercevant à la dérobée son visage complètement dénué d'émotions. Lui qui était toujours agité de tics souriants ressemblait à cet instant précis à un mur froid sans décoration. Soudain, Narcisse se redressa et Alyssa fut assez réactive pour suivre le mouvement, se reculant d'un nouveau pas pour laisser davantage d'espace à son partenaire du jour.
Elle fronça les sourcils à ses paroles, pas certaine de comprendre. En réalité la vision même de l'épouvantard de Narcisse n'avait rien évoqué de concret dans son esprit, la jeune fille n'avait pas été capable de comprendre ce que cela pouvait exactement représenter. Mais elle pouvait sentir l'impact qu'avait eut cette vision sur le Poufsouffle, et se sentait curieusement désolée de ne pas être capable de partager les sentiments incompréhensibles pour elle que semblait éprouver Narcisse à cet instant.
Alyssa ne dit rien aux paroles inhabituellement abruptes de son ami. Elle ne put que froncer davantage les sourcils, ne comprenant toujours pas ce qu'il pouvait sous-entendre. Et même, depuis quand Narcisse sous-entendait des choses ? La blondinette se passa une nouvelle fois la main sur son front, entre ses confrontations successives avec son épouvantard et la réaction inattendue de son ami sur le sien, il y avait beaucoup trop à traiter. La Gryffondor se sentait complètement vidée de ses forces.
Ainsi elle contemplait le dos de Narcisse sans rien dire, la respiration légèrement sifflante encore, l'esprit bien trop vide pour prononcer quoi que ce soit. Elle voulait le soutenir mais... Elle éprouvait le sentiment qu'il ne s'agissait pas d'un bon moment pour cela. Et pour une fois que la jeune fille avait un peu d'instinct en ce domaine, elle comptait bien l'écouter. Finalement, ce fut le Poufsouffle qui la sortit de sa torpeur en se retournant vers elle et en lui décochant un petit coup gentil dans l'épaule.
Elle lui offrit un sourire sincère en retour du sien, avant d'acquiescer de la tête. Alyssa n'était pas certaine de vouloir revivre une session aussi éprouvante mentalement pour elle, mais il allait sans dire que Narcisse s'était indéniablement montré d'un soutien et d'une patience sans faille. Sans lui, la blondinette doutait fort qu'elle serait parvenue à se sortir de son blocage sévère sur Riddikulus. Ainsi, elle répondit :
- Carrément !
Restant anormalement stoïque, délaissée par son agitation habituelle, Alyssa lorgnait à présent le visage de Narcisse encore pâle ainsi que son air distrait. Elle n'était peut-être pas la plus douée pour lire des émotions mais il fallait être aveugle pour penser que le Poufsouffle s'était complètement remis de la vision. Cependant, avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, ce dernier proposait qu'ils s'en aillent.
A ses paroles, Alyssa émit un petit rire, faible mais parfaitement sincère. Enfin elle commençait à bien reconnaître son ami. Elle-même n'avait pas spécialement faim mais la bonne humeur de Narcisse lui suffisait pour faire l'effort de s'alimenter. Et elle devait retrouver des forces ; entre l'entraînement de Quidditch du matin même et cet entraînement acharné avec le Poufsouffle en cette fin d'après-midi, la journée avait été particulièrement remplie.
- J'te suis !, s'exclama la blondinette avec bonne humeur, adressant un sourire chaleureux à son ami dont elle sentait encore l'attitude plus pâle que celle habituelle.
Alyssa avait franchi la porte de la salle de Défense contre les forces du mal quelques heures plus tôt sans grande motivation, absolument pas prête à l'idée d'affronter une nouvelle fois son épouvantard du cauchemar. Et voila que, grâce à Narcisse, elle pouvait à présent en sortir avec en tête cette image de son épouvantard ridiculisé.
Elle fronça les sourcils à ses paroles, pas certaine de comprendre. En réalité la vision même de l'épouvantard de Narcisse n'avait rien évoqué de concret dans son esprit, la jeune fille n'avait pas été capable de comprendre ce que cela pouvait exactement représenter. Mais elle pouvait sentir l'impact qu'avait eut cette vision sur le Poufsouffle, et se sentait curieusement désolée de ne pas être capable de partager les sentiments incompréhensibles pour elle que semblait éprouver Narcisse à cet instant.
Alyssa ne dit rien aux paroles inhabituellement abruptes de son ami. Elle ne put que froncer davantage les sourcils, ne comprenant toujours pas ce qu'il pouvait sous-entendre. Et même, depuis quand Narcisse sous-entendait des choses ? La blondinette se passa une nouvelle fois la main sur son front, entre ses confrontations successives avec son épouvantard et la réaction inattendue de son ami sur le sien, il y avait beaucoup trop à traiter. La Gryffondor se sentait complètement vidée de ses forces.
Ainsi elle contemplait le dos de Narcisse sans rien dire, la respiration légèrement sifflante encore, l'esprit bien trop vide pour prononcer quoi que ce soit. Elle voulait le soutenir mais... Elle éprouvait le sentiment qu'il ne s'agissait pas d'un bon moment pour cela. Et pour une fois que la jeune fille avait un peu d'instinct en ce domaine, elle comptait bien l'écouter. Finalement, ce fut le Poufsouffle qui la sortit de sa torpeur en se retournant vers elle et en lui décochant un petit coup gentil dans l'épaule.
Elle lui offrit un sourire sincère en retour du sien, avant d'acquiescer de la tête. Alyssa n'était pas certaine de vouloir revivre une session aussi éprouvante mentalement pour elle, mais il allait sans dire que Narcisse s'était indéniablement montré d'un soutien et d'une patience sans faille. Sans lui, la blondinette doutait fort qu'elle serait parvenue à se sortir de son blocage sévère sur Riddikulus. Ainsi, elle répondit :
- Carrément !
Restant anormalement stoïque, délaissée par son agitation habituelle, Alyssa lorgnait à présent le visage de Narcisse encore pâle ainsi que son air distrait. Elle n'était peut-être pas la plus douée pour lire des émotions mais il fallait être aveugle pour penser que le Poufsouffle s'était complètement remis de la vision. Cependant, avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, ce dernier proposait qu'ils s'en aillent.
A ses paroles, Alyssa émit un petit rire, faible mais parfaitement sincère. Enfin elle commençait à bien reconnaître son ami. Elle-même n'avait pas spécialement faim mais la bonne humeur de Narcisse lui suffisait pour faire l'effort de s'alimenter. Et elle devait retrouver des forces ; entre l'entraînement de Quidditch du matin même et cet entraînement acharné avec le Poufsouffle en cette fin d'après-midi, la journée avait été particulièrement remplie.
- J'te suis !, s'exclama la blondinette avec bonne humeur, adressant un sourire chaleureux à son ami dont elle sentait encore l'attitude plus pâle que celle habituelle.
Alyssa avait franchi la porte de la salle de Défense contre les forces du mal quelques heures plus tôt sans grande motivation, absolument pas prête à l'idée d'affronter une nouvelle fois son épouvantard du cauchemar. Et voila que, grâce à Narcisse, elle pouvait à présent en sortir avec en tête cette image de son épouvantard ridiculisé.
5ème année RP 2050/2051 | 1m52 | 40 kg | Préfète inRP à partir de Sept. 49 | Attrapeuse des Griffes Ardentes
Color = MintCream
Color = MintCream
Be a writer, 장르로는 fantasy