13 sept. 2024, 15:17
PNJ Recueil À l'ombre des peupliers
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Ce sujet est un recueil des moments forts de la vie de Nyxis, de juillet 2036 à juillet 2048. Durant cette période, Nyxis est prise en charge par Daenerys, employée par Gareth et Menthé, ainsi que par les elfes de maison qui savent se montrer extrêmement doux avec la jeune enfant. Parfois, père et mère se décide à s'occuper d'elle, l'emmener occasionnellement au parc, mais notez que ces moments évoqués ne constituent qu'une infime part du quotidien de l'enfant. Dès ses quatre ans, son éducation est assuré par un précepteur que Nyxis semble voir deux fois plus que ses propre parents. Alors, à travers ces années où fantômes deviennent ces deux individus, je me dois de laisser une trace de leur passage, aussi futile soit-il, pour laisser l'empreinte insignifiée de parents, débordés.
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SOMMAIRE
- [2037] Orageux

Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ : Gareth Calderon - Père - Actif
Menthé Calderon - Mère - Actif
- Lien vers la fiche du PNJ : index des PNJ
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Développer la relation qu'entretient Nyxis avec ses parents dès son plus âge, écrire ces rares moments significatifs en leur présence afin de recenser ces extraits de vie où Gareth et Menthé sont "présents" pour leur fille.
Dernière modification par Nyxis Calderon le 13 sept. 2024, 15:19, modifié 1 fois.

#614444 • IVe année 49-50
PR • Fiche Perso • Parrainage

13 sept. 2024, 15:18
PNJ Recueil À l'ombre des peupliers
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Orageux — 2037


La nuit tombait au rythme de la pluie, et Nyxis était confortablement installée dans le canapé, aux côtés de maman. Elle balançait ses petites jambes pour se divertir pendant que papa cherchait une autre boîte colorée dans le bac à jouets. Mais papa prenait trop de temps, et la patience de Nyxis avait ses limites. C'était comme avec Lantana : toujours, elle faisait attendre la petite blonde lorsqu'elle lui montrait des figures sur son balai. Une grimace se dessina sur son petit visage rond lorsqu'elle jugea que papa prenait définitivement trop de temps, et se retourna vers maman, grimpant sur ses genoux pour patienter. Maman sentait bon, elle sentait le lilas qu'il y avait dans le jardin. Parfois, maman l'emmenait avec elle en cueillir, et elle aimait ça, quand maman l'emmenait. Elle la soulevait pour qu'elle aussi, puisse profiter de la jolie couleur, cette jolie couleur violette dans laquelle avait été peintes les fleurs. La minuscule tête de Nyxis se blottit dans son cou tandis que ses petits bras s'enroulaient instinctivement autour d'elle-même, comme une coquille de protection. Depuis le cou de maman, elle pouvait voir le feu crépiter dans la cheminée. Les ondulations orangées lui rappelaient cet imagier de l'autre jour, sur les éléments de la nature. Papa avait dit que le feu était dangereux, et qu'il ne fallait pas mettre ses mains dedans, au risque de se faire brûler très fort. Alors, elle se contenta de le regarder de loin, les flammes dansantes sous son joli petit nez humant l'odeur des biscuits fumants sur la table basse.

Quelque chose frappait à l'intérieur de Nyxis, quelque part là, dans sa poitrine. Enfin, peut-être, elle ne le savait pas. Mais c'était comme si un copain tapait rapidement sur un tambour, sans jamais s'arrêter. Ou quand les petites choses beiges à grandes oreilles qui trottinaient dans le château transportaient des casseroles sur la table à manger. C'était bruyant, et pas très amusant, comme jeu. Là aussi, ce n'était pas rigolo du tout. Elle aurait bien aimé aller voir ce bonhomme qui faisait du tambour dans son cœur, mais elle ne savait pas comment faire, et papa et maman ne comprendraient sûrement pas la question si elle la leur posait. Mais ils doivent bien connaître la réponse, non ? Les grandes personnes, elles savent tout, non ? De toute façon, l'interrogation ne se pouvait pas : Nyxis n'était pas capable de leur parler, pas comme eux, ils arrivent à faire sortir des mots de leurs bouches.

Un nouvel éclair gronda, un peu comme le bruit d'une casserole qui tombait, mais en plus fort. Beaucoup plus fort. Comme les fois précédentes, elle sursauta, encore. L'enfant se colla un peu plus à maman, et elle compris enfin d'où venait ce tintamarre dans son torse. Mais les câlins de maman ne suffisaient pas. Elle avait peur, très peur même. Et si c'était le vilain monstre des tempêtes qui avait demandé à la foudre de frapper et terrifier la fillette ? Le petit corps de Nyxis frissonna et laissa échapper une première larme de terreur, au travers de ses cils déjà trempés. Un autre éclair. Une seconde larme roula sur sa joue rougie, puis une troisième. Une quatrième. Toutes celles qui avaient été retenues inconsciemment lorsque l'orage avait éclaté, quelques minutes auparavant. Bientôt, les larmes se transformèrent en pleurs. Nyxis avait promis à grand-père d'être une grande fille sage et courageuse. S'il apprenait qu'elle avait pleuré, est ce qu'il serait déçu ? Grand-père ne doit pas être déçu. Grand-père doit être toujours fier de sa petite-fille. Parce qu'il l'aime, et elle l'aime aussi. Mais si papi n'aimait plus Nyxis parce qu'il la trouvait trop faible ?

Le pyjama de maman était tout tacheté d'eau. Lorsque son regard se posa sur la source, cette dernière se cacha frénétiquement dans sa poitrine, tentant désespérément de cacher son visage de la colère de l'adulte. Ça y est, elle l'avait embêtée. Maman allait être fâchée contre Nyxis. Elle n'aurait pas dû laisser les larmes toucher son tee-shirt. Et papa aussi serait énervé. Il lui dirait de ne plus jamais recommencer, en haussant le ton. Un soubresaut. Et si papa était vraiment fâché, lui aussi ? Si oui, qui allait la protéger du monstre caché dans les nuages ?

Et les pleurs cessèrent. Les gros bruits s'étaient enfuis. Du moins, on ne les entendait plus. Les larmes de Nyxis s'étaient restituées près de la fenêtre, clapotant sur les carreaux en une mélodie régulière, presque apaisante, comme les berceuses de Daenerys avant d'aller dormir. Les gouttes se collaient une après une sur le verre, et entamaient une course folle jusqu'au bas de la fenêtre, qu'elle ne pouvait plus voir. Est-ce qu'à l'arrivée, la goutte la plus rapide gagnait une médaille ? Certaines n'arrivaient d'ailleurs jamais, elles étaient un peu bêtes. Elles tournaient à gauche, ou à droite, d'un côté de la vitre qui ne menait à nulle part. Ou peut-être que si ? Nyxis n'en savait rien, elle n'était jamais allée voir, et considérait donc que, si personne n'avait jamais essayé, c'est qu'il y avait une raison. Il fallait suivre le chemin tracé par les autres gouttes. Tant pis pour celles qui se perdraient.

Le calme avant la tempête, la tempête avant le calme, peu importe. Entre deux branches d'arbres enragées, tournant dans tous les sens, un puissant éclat de lumière explosa : le monstre était de retour. Nyxis n'eut pas le temps de fermer les yeux, et lorsqu'elle tourna la tête, des petites tâches noires commençaient à apparaître dans son champ de vision. Qu'est-ce qu'elles faisaient là ? Est-ce qu'elle pouvait les attraper ? Elle eut vite fait de descendre des genoux de maman pour en avoir le cœur net. Elle se pencha et tendit ses deux mains vers l'avant, là où la couleur noire s'était concentrée en gros volume. Elle l'attrapa et l'enferma entre ses deux paumes. Mais lorsque ses deux mains s'entrouvrirent devant sa mine intriguée, presque souriante, et bien...rien. La tâche noire avait disparu. Elle avait peut-être rejoint ses copines. Oui, c'était certainement ça alors, la blondinette n'en fut pas touchée. Elle en oublia presque son existence lorsque les gros bruits se rapprochèrent de nouveau des murs de la maison. Ses courtes jambes cédèrent pour de bon, entrainant la petite dans leur chute. Une nouvelle larme coula le temps qu'elle se hisse à quatre pattes jusqu'au coin du canapé, où ses yeux se posèrent sur maman, la suppliant silencieusement de l'attraper, de la sauver du monstre terrifiant qui frappe à la porte. Maman n'entend pas le monstre, dehors ? Elle n'a pas peur ?

Alarmée par l'état de sa fille, Menthé chercha un quelconque soutien, secours, dans le regard de Gareth. Tout deux se décidèrent sans un mot à monter la fillette au lit. Dormir, cela devait être la bonne solution pour stopper sa crise. Mais alors que le salon s'éloignait de sa vision et que l'odeur de la chambre commençait à trop se sentir, Nyxis paniqua. Je veux pas, pas du tout, se répétait-elle en boucle dans la tête. Si seulement elle pouvait le dire à voix haute... Mais Nyxis n'était pas prête à parler. Elle n'avait jamais rien dit, elle ne savait pas comment faire. Elle apercevait déjà la porte fatale, et si elle n'agissait pas, papa et maman allaient l'abandonner dans le noir, toute seule, avec les gros bruits qui font peur.
Alors, essoufflée, elle se débattit, donnant des coups de poings dans l'épaule de maman qui la portait. Mais ça ne fonctionnait pas. Elle ne comprenait pas. Les coups de pieds ne furent pas plus efficaces. Si seulement Daenerys était là... Ce soir, Nyxis devait se débrouiller toute seule. C'était compliqué, effrayant. En récupérant le peu de force qui lui restait, elle tenta de bouger les lèvres, et pris une grande inspiration. Une vague de gazouillis, inutile. Papa et maman ne comprendraient pas. Mais plus elle faisait des efforts, plus l'air entrait et sortait, gonflant ses petites joues, plus les mots semblaient prendre du sens. Et lorsqu'enfin, deux pauvres sons parvinrent à franchir la barrière de ses lèvres, son crâne se laissa retomber dans le coup de Menthé, à bout.

Un souffle brisé, un corps qui s'arrête. Des syllabes prononcées, une première fois à leur portée. Se musarder. Une bataille si puissante, pour en exprimer la détresse, un message. Sans plus attendre, ils bifurquèrent vers la destination opposée. Nyxis ne dormirait plus seule, ce soir.

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