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Je craignais de voir son enthousiasme décroître à mesure que je me mettais à parler de moi et de mes ressentis, mais il n'en est rien. Plus j'en révèle, plus il brille. À croire qu'il avale mes phrases pour en faire de la lumière, et ce tout naturellement. Pourtant, ce que je dis n'est pas incroyable. Ce n'est pas comme si j'étudiais à la GEAD ou à l'AESM. Je n'ai ni son profil, ni sa passion pour les duels. Mais ce garçon est surprenant. Il trouve dans mes paroles de quoi se réjouir, quand bien même il n'y cherchait rien. Je ne sais pas quoi penser de lui. Au fait, je n'ai même pas le temps de penser. C'est comme s'il m'avait attrapé et entraîné à ses côtés. Je ne sais pas où je vais, ni ce que je fais, ni si c'est une bonne idée, mais c'est agréable, et finalement cela me convient. J'en oublie l'angoisse qui m'avait accompagnée à mon entrée et l'incertitude qui s'y était jointe. Tout est devenu simple, lumineux et charmant. Le temps n'existe plus vraiment, il est resté accroché à un cintre mais nous ne l'avons pas vêtu. Il n'y a plus que le plaisir de cette rencontre et de tout ce qu'elle offre, elle qui n'avait pourtant rien promis.

« N'importe quoi » ? Il me fait sourire. Sans me connaître, il me pense pourtant forte en duels. Pourquoi ? Par amabilité, par bonté, par amitié ? Et si je ne l'étais pas, deviendrais-je décevante à ses yeux ? C'est étrange mais je ne le pense pas. Quand il m'a interrompu dans mes réflexions avec bienveillance, il y a quelques minutes, sa gentillesse était injustifiée et désintéressée, mais pourtant bien présente. Il n'a pas l'air de chercher quelque chose de précis chez les autres. En fait, il a l'air de ne rien chercher du tout. Il prend ce qu'il trouve et ce qu'on lui donne, et si cela l'intéresse et lui plaît, ce n'est que du bénéfice, du plaisir, un avantage bienvenu mais pas nécessaire. C'est assez fantastique. Son regard, sans nous connaître, nous donne l'impression que nous sommes passionnants. Je ne sais pas si je le mérite, et cela me déconcerte, mais c'est si précieux que je n'ose rien exprimer. Je voudrais simplement avoir le courage de lui demander de ne pas changer, de rester le même malgré tout ce qu'on pourra lui dire, parce qu'en illuminant la pièce comme il le fait, il manie une magie dont il est seul à avoir le secret, et contre laquelle personne ne pourra rivaliser.

Et je suis tellement éblouie par le bonheur qu'il dégage que je n'aperçois pas la fascination sur son visage. C'est comme si je repoussais inconsciemment cet éclat pour ne pas qu'il m'interroge. Je ne l'ai pas vu, alors je n'en sais rien. Je n'ai donc pas à m'en inquiéter.

« Oh... Mais... »

Je voudrai dire quelques mots, ou même juste le remercier, mais je n'y arrive pas. Le brun parle et je n'ose pas l'interrompre. De plus, mes lèvres sont transpercées par un sourire immense que je n'ai pas envie de quitter pour quelques mots. Alors, je secoue doucement la tête, amusée, réjouie, ravie.

Son bonheur m'inonde. J'aimerais pouvoir passer ma journée à l'écouter parler et transmettre son enthousiasme. Et en même temps, c'est presque trop pour moi. Je ne suis pas loin de me sentir gênée par la passion qui l'anime et à laquelle j'ai donné place. Il semble tellement emballé par ce que j'ai dit ! Pourtant, ce n'est pas grand-chose. Et si la perspective d'un duel est plaisante, elle ne sera sûrement pas possible avant plusieurs années.

« Merci, finis-je par dire, c'est... » Quoi ? Gentil ? Non, cela ne convient pas.

En cherchant mes mots, je l'observe de plus près et je suis surprise par son état. Il semble écrasé par son propre bonheur. Il respire vite, a le visage rouge et paraît dépassé par ce qu'il ressent. Mon coeur se serre, ma gorge se noue. L'inquiétude prend brusquement le dessus sur ce que j'allais dire et, avant qu'un rire ne sorte de sa gorge, mes yeux ont le temps de s'arrondir, mon sourire de tomber au sol et une frayeur inattendue d'envahir mes traits. Et s'il chutait sous le poids de ses émotions, que pourrais-je faire ? Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit, je m'en voudrai bien trop pour cela.

« Je... Ça va ? » demandé-je brutalement avant qu'il ne me tende la main.

Cependant, je suis rassurée par le regard que je trouve et qui se fixe au mien. S'il s'est senti mal, alors c'était sûrement passager. Ce Narcisse Brando est décidément surprenant.

J'attrape la main tendue avec un sourire, le coeur plus léger, mon inquiétude passée.

« Alyona Farrow, me présenté-je. Je suis étudiante à l'IMSM. Et je suis aussi très heureuse de te rencontrer, » ajouté-je.

Je retire ma main de la sienne pour attraper le bord de ma cape. C'est là un tic que je pensais avoir oublié.

« Pour ce duel, il faudra sûrement attendre un peu. Je ne peux pas venir à Poudlard, et puis, il y a la Trace... » Enfin, prenant peur à l'idée que son enthousiasme se dilue suite à mes paroles, j'ajoute : « Cependant, cela se fera. Et en attendant, je pourrai toujours te montrer des sorts si tu veux, et si cela t'intéresse. »

Mes yeux ne quittent pas les siens. J'y guette le bonheur pour rassurer mes inquiétudes.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

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Comme amplifié par les émotions positives de son interlocutrice, celles de Narcisse se démultipliaient à l'infini. Il s'était rarement senti aussi bien, aussi léger, aussi à l'aise et bienheureux. Il avait l'impression qu'il pourrait tout dire, qu'il pourrait tout faire, que cela ne changerait plus rien entre elle et lui. Comment ne pas être conforté dans son point de vue, que chacun et chacune était une bonne personne, avec une telle rencontre ? Son sourire ne faiblissait pas, au point de commencer à lui faire mal aux zygomates. C'était dire ! Que Narcisse ait mal aux joues à force de sourire, c'était un véritable tour de magie.

Serrant la main de son aînée un bonheur non dissimulé, plus fermement qu'on pourrait s'y attendre de la part d'un enfant de son âge, il hocha la tête. Peut-être sentirait-elle les cals qui commençaient à se former sur ses paumes, résultats de ses nombreux entraînement.

"Hihi !"

Incapable de répondre autrement que par un petit rire en rougissant, il ne pensa même pas à demander des informations sur cette fameuse IMSM. Il se promit de se corriger plus tard, en lui envoyant des lettres.

Puis le rappel de la réalité, le fait qu'il était encore trop petit pour faire de la magie hors de Poudlard, et surtout, le fait qu'elle n'y était plus... Un mélange de surprise et d'embarras amusé empêcha la tristesse de s'insinuer dans son cœur. Sa main se leva pour venir frotter l'arrière de sa nuque dans un petit rire embarrassé.

"Oh, ouais... j'avais pas pensé à ça purée ! C'est trop nuuul... Euh, on pourra, euh, purée dans super longtemps ! Bah j'vais m'entraîner à fond en attendant héhé !!"

Et son bonheur explosa de nouveau à la mention des potentiels sorts à observer, il y en avait tant qu'il voulait voir et apprendre !

"Bien sûr qu'ça m'intéresse !! J'veux apprends tous les sorts de toute façon héhé, ooh j'ai trop hâte !"

Comme il aurait adoré rester discuter encore des heures et des heures avec Alyona, totalement charmé et emporté par cette nouvelle rencontre. Mais la pensée que ses parents attendaient de l'autre côté la saisit soudainement, et un petit trait d'inquiétude passa sur ses traits.

"Oh, euh... Y'a mes parents qui m'attendent de l'autre côté... euh... j'aurais trop aimé rester encore, mais maman va commencer à s'inquiéter ! On s'revoit bientôt hein ?! J't'enverrai des hiboux au pire héhé !"

Et à moins qu'Alyona n'ait quelque chose pour le retenir, il se précipita pour lui faire un rapide câlin, avant de la saluer d'un grand sourire et d'un geste de main, pour aller payer ses gants et se précipiter en courant joyeusement à l'extérieur, comblé au possible.

Peut-être une fin sauf si Alyo le retient héhé, hâte d'écrire le prochain !! Vraiment une des meilleures rencontres de Narc <3

5A - Médiateur
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Je me sens bien ici, avec Narcisse, dans ce petit magasin dans lequel je craignais d'entrer. Mon inquiétude et mes doutes s'en sont allés, soufflés, écrasés, balayés par quelques paroles. Je me sens forte et confiante avec cette nouvelle cape dans les bras et le regard flamboyant du petit brun à mes côtés. Si j'avais le corps plongé sous la pluie, j'ai désormais la sensation d'être assise sur un nuage, dans un ciel si bleu qu'il éblouit, emmenée vers un avenir que plus rien ne peut ternir. Tout est plus léger, et plus simple. C'est étrange, surprenant, mais trop agréable pour que je m'emmêle les pensées avec cela. Je me sens en paix, calme et sereine. Comme si j'avais retrouvé ce coin de verdure près de mon coeur, aux odeurs fleuries, au goût d'un thé à la menthe, éclairé par une lumière douce et réconfortante. Moi qui cherchais à ne pas arriver les mains vides chez Nahele, me voici prête à partir avec en ma possession des trésors plus importants et précieux. Pourquoi ? Comment ? Je ne saurai pas vraiment l'expliquer, et je ne suis pas certaine que ce soit là quelque chose auquel je doive réfléchir. Ne serait-ce pas le gâcher ? Je préfère me laisser porter. Je suis une petite fleur qui redécouvre le soleil et sa splendeur après la pluie.

Narcisse me ramène au printemps. Je me tiens droite, le regard posé sur lui, les lèvres étirées, les joues colorées, les yeux lumineux, l'esprit calme, et rien ne semble être capable d'altérer cette fraîcheur qu'il a apporté avec lui. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie autant moi-même. Après mon mémoire et ma soutenance de stage, je me sens enfin libérée des soucis qui s'étaient entortillés autour de moi. C'est la saison des fleurs et du soleil, c'est l'heure de tendre ses joues vers le ciel et de s'enivrer d'odeurs riches en parfums exotiques et différents, c'est les vacances, le temps des jours simples et des sourires.

Alors, évidemment, constater que Narcisse ne perd pas espoir après ma remarque sur la Trace est réconfortant. Pourtant, nous parlons là de quelque chose qui ne risque pas de se produire avant plusieurs années. Qui sait si le petit brun et moi continuerons à nous voir après autant de temps ? Peut-être ne serai-je même plus au Royaume-Uni. L'avenir est si terriblement flou. Rien n'est tracé, rien n'est certain. Cependant, le jeune sorcier semble être sûr que nous ferons un duel ensemble, comme si ce point-là était fixé et inchangé. Et pour une fois, entraînée par son enthousiasme, je me mets également à y croire. C'est comme un rendez-vous pour l'avenir. Il faudra sûrement que je m'entraîne, moi aussi. Au vu de sa détermination, il est bien possible que Narcisse me batte quand ce jour viendra. Cela m'obligera à pratiquer mes sorts, et ce sera comme un objectif, un point à l'horizon que je ne devrai pas oublier.

Je ne sais pas quoi dire face à son emballement, alors je souris, ma cape contre mon ventre, la poitrine gonflée de bonheur. Déjà, j'imagine les sorts que je pourrai lui montrer. Lesquels sont les plus intéressants ? Lesquels sont ceux que je maîtrise le mieux ? Lesquels devrai-je revoir ? Certains pourraient être spectaculaires. C'est idiot, mais j'ai envie de l'impressionner, pour retrouver tout le soleil dans ses yeux noirs. Merlin, il faudra vraiment que je m'exerce ! Maintenant que j'ai promis, je veux être à la hauteur de sa passion pour la magie. D'ailleurs, j'ai presque déjà envie de m'y mettre, tant il a éveillé en moi un entrain nouveau. Nul doute que ma chambre à Godric's Hollow se verra accueillir bien des sorts durant ces vacances.

Étrangement, le fait que Narcisse doive partir ne fait pas naître en moi de déception. Peut-être parce que je sais que ce n'est pas vraiment la fin, juste le début de quelque chose de plus grand. Et puis, comment lui en vouloir, après tout ce qu'il m'a apporté ? N'est-ce pas logique que je le laisse retrouver sa famille ? Il a des obligations, et moi aussi.

« Oh, répondis-je promptement. Vas-y alors, il vaut mieux que ta mère ne s'inquiète pas. Mais oui, on se reverra vite, c'est promis. »

Je n'ai pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, car le voici qui se précipite vers moi pour me faire un câlin. Si le comportement me surprend, il ne me dérange pas. Je crois que je rougis même un peu, mais cela se perd dans mon sourire. Et j'ai le coeur tellement gonflé de bonheur que lorsqu'il me quitte pour payer ses gants, je reste là, droite et immobile, à le suivre du regard. Ce n'est que quand il quitte le magasin que je me sens enfin de nouveau capable de bouger. Et alors, je sursaute presque, comme si je revenais brutalement dans le présent.

Merlin ! J'ai encore tant à faire. J'attrape mes deux capes, décidée à acheter la première pour pouvoir ranger la deuxième. La journée est belle, ensoleillée, c'est le printemps et les vacances, et rien ne pourra m'enlever le sourire que j'ai gagné aujourd'hui.


C'est une fin pour moi ! Ahh, merci à toi pour cette jolie rencontre ! Quel plaisir j'ai pris à l'écrire ! Vivement la suite.

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