Se draper d'assurance
17 AVRIL 2049, 16H03
MADAME GUIPURE, CHEMIN DE TRAVERSE,
Alyona, 19 ans,
MADAME GUIPURE, CHEMIN DE TRAVERSE,
Alyona, 19 ans,
Mes doigts sont hésitants. Ils n'osent pas frôler les textiles, quand bien même les textures et les couleurs paraissent chanter pour mes sens. Je ne sais pas quoi prendre, je ne sais pas quoi essayer. Seule dans ce grand magasin, l'indécision m'accable et s'enfonce dans mes membres, les paralysant comme un lent poison. J'avance doucement, la bouche ouverte et le souffle suspendu. Dois-je rester classique ? Ou dois-je au contraire montrer ma différence dans mes choix ? Faut-il préférer le confort et la durabilité ou l'esthétique ? Quelles couleurs me vont le mieux ? Quelle longueur prendre ? Quel prix ne puis-je pas dépasser ? Acheter quelque chose de trop chic et élégant, est-ce que cela ne serait pas mal vu ? Pourtant, je ne dois pas paraître négligée. Il faut que ce soit beau, mais pas trop ; agréable, mais pas simple ; pratique, mais esthétique. Je tangue entre les rayons, abeille ne sachant sur quelle fleur se poser. L'hésitation, comme le brouillard, me monte à la tête. Mes pensées confuses ont un goût de fumée. Tout m'échappe.
L'inquiétude est une fleur sauvage. Elle peut pousser n'importe où, peu importe les conditions. Ses racines s'étendent vite. Sa tige est d'un vert étincelant. Elle se plante dans le crâne et s'étend rapidement dans tout le corps. Ses fleurs éclatent dans la poitrine, le ventre, les jambes. Ses pétales blancs sont délicats mais coupants, comme une coque de verre. Ils soufflent des idées instables dans mon crâne. Est-ce une bonne chose de venir ici ? Serai-je présentable ? Ne suis-je pas en train d'en faire trop ? Et si je choisis mal, que ce que j'essaye ne me va pas ? Et si cela ne les empêchait pas de ne pas m'apprécier ?
Que l'avenir m'apparaît effrayant ! Depuis quand n'ai-je pas eu de telles inquiétudes pour autre chose que pour mes études ? Est-ce toujours si difficile, chercher à ne pas décevoir ? Mais qui est-ce que je ne souhaite pas peiner ? Nahele ou moi ? Tout cela me semble si exagéré, presque ridicule. Des sentiments et des questionnements obscurs se glissent sous ma peau pour entraver mes mouvements sans que je ne parvienne à faire quoi que ce soit. Pourtant, je connais leurs secrets, leur faiblesse, leur inutilité ; je sais les affronter. Et je ne fais rien. Je me fatigue. La fleur sauvage et ses pétales blancs s'installent en souriant. Je leur ai moi-même fait de la place.
Nahele m'attend lundi au magic'port de Cardiff. Il viendra me chercher pour m'emmener chez lui, au Pays de Galles. C'est la première fois que j'irai dans cette nation du Royaume-Uni. Ce sera également la première fois que je rencontrerai sa famille. Il m'en a tellement parlé ! Son père, moldu, sa mère, enchantresse, sa sœur, Gryffondor au tempérament de feu, son frère, moldu mais travailleur, sa petite sœur, lumineuse et énergique. Que ce sera étrange d'être face à eux ! En quels termes leur a-t-il parlé de moi ? Que savent-ils ? Que ne devrai-je pas faire ? Si je leur achète un cadeau, le prendraient-ils mal ? Quel regard poseront-ils sur moi ? On dit généralement que tout se joue aux premiers instants. Je n'aurai pas le droit à l'erreur. Il faut que je me rende fière, et que je rende l'étudiant en pédiatromagie fier de moi. Si ma tenue doit jouer un rôle dans tout cela, elle le jouera.
Ma grand-mère me répète souvent qu'une cape élégante est essentielle pour un sorcier de qualité. C'est elle qui le différencie, qui le met en avant, qui participe à l'aura qu'il peut avoir face aux autres. Si la cape ne fait pas le sorcier, elle peut néanmoins le faire briller. La mienne est simple, noire, avec quelques traces d'usure. Je l'ai depuis plusieurs années déjà. Elle ne me démarque pas. Elle est banale. Il y en a des centaines comme elle. La changer est si simple. Alors pourquoi suis-je incapable de m'en donner le droit ?
Enfin, je m'arrête. Ma main se tend vers les tissus. Mes doigts m'apparaissent tordus, abîmés, fragiles. Ils saisissent une cape aux reflets verts avec une assurance qu'ils ne possèdent pas. C'est illusoire, je le sais. Invraisemblable.
La cape est douce, agréable au toucher. Elle a de discrets motifs floraux à ses bords. Je retire la mienne pour essayer cette étrangère. Elle est légère sur mes épaules. Et confortable. Pourtant, aussitôt après l'avoir essayée, je la retire.
Un soupir déborde sur mon coeur. C'est un achat inutile. Ma cape n'a pas besoin d'être changée. Encore une fois, j'en fais peut-être trop.
@Narcisse Brando, en espérant que ce commencement te convienne !
Dernière modification par Alyona Farrow le 21 mars 2025, 11:37, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Se draper d'assurance
Cette année encore, la robe de sorcier de Narcisse était légèrement trop grande. Ce fut son idée, lors de ses premiers achats à son premier passage sur le chemin de traverse, d'acquérir une robe trop longue pour lui. Sa logique était implacable : lorsqu'il grandirait, elle lui irait comme un gant ! Certes, la poussée de croissance devait encore intervenir, il ne dépassait pas le mètre quarante, et ses traits étaient toujours des plus juvéniles... Mais elle viendrait, aucun doute là-dessus !
Il avait un peu hésité à demander à Suileabhan Kohler de bien vouloir l'attendre encore quelques minutes. Il fallait dire que malgré tout le courage du garçon, le géant que représentait le concierge pouvait se révéler quelque peu intimidant. Pas autant que sa mère, cela allait de soi. Mais quand même, un peu.
Et il lui fallait des nouveaux gants ! Les mitaines de sport que sa mère lui avait offerte l'année dernière commençaient à être un peu désuètes. De un, car elles devenaient chaque jour un peu trop petites, et deux, parce que le tissu moldu n'était évidemment pas adapté à la pratique quotidienne du garçon de la magie. Et malgré tout l'amour qu'il portait à son monde, il était temps pour lui, sur les conseils de son mentor, ainsi que plusieurs de ses camarades, de passer à la vitesse supérieure.
"Mmmh... Purée, la blinde..."
Il tenait entre ses mains une paire de gants en cuir de dragon, impressionné par sa robustesse et sa finesse, son élégance et sa résistance, ainsi que l'exécution de sa réalisation. Narcisse n'aimait que peu, voire pas du tout les beaux vêtements. Il s'en carrait l'oignon, si on lui demandait, pour être honnête. Contrairement à sa marraine et sa mère, il tenait davantage cette indifférence de la mode de son père. En revanche, il tenait de sa mère l'intérêt pour l'aspect pratique des vêtements. Et il s'était empressé de soumettre cette paire de gants à tout un tas de tests artisanaux.
Les étirer autant qu'il le pouvait, essayer de mordre dedans pour voir (aïe), les enfiler, les retirer, hésiter longuement, réfléchir, peser le pour et le contre. Soupirer, penser au prix, aux bénéfices, à l'intérêt de cet achat. Narcisse avait eu l'immense chance de ne jamais avoir à se soucier de l'argent. Bien évidemment, il était incroyablement raisonnable dans ses achats et ses envies, sobre à en mourir, mais en parallèle, sa famille n'avait pas à se plaindre le moins du monde de son épargne, et ses parents n'avaient pas lésiné sur les économies qu'ils avaient confié à leur fils pour sa scolarité.
"Haaaan... j'les prends ou pas... Raaaah ! M'énerve..."
Sa main passa sur son visage pour étouffer ses esclaffements, le sourire se dessinant sur son visage s'étirant jusqu'à ses oreilles. Non, décidément, son cerveau n'était pas le moins du monde prêt à prendre une décision. Et par conséquent, il se mit à vagabonder aux alentours, s'emparant de tout ce qui bougeait, et de tout ce qui ne bougeait pas, pour abreuver sa soif de distractions sans fin.
Et c'est là que son regard capta un reflet vert, qui ne manqua pas de lui faire pivoter la tête pour apercevoir davantage l'inconnue qui essayait une nouvelle cape.
"Wow."
Immédiatement, Narcisse se ressaisit sous la rougeur qui s'empara du haut de ses joues lorsqu'il croisa le visage de son aînée. Il continua de l'observer discrètement, jusqu'à constater le moment où elle déposa son éventuel achat. Bah, pourquoi ? Elle lui allait super bien !
Sans même réfléchir, l'esprit désormais un peu embrumé et aveuglé, il n'hésita pas un seul instant avant de se rapprocher d'elle, tenant toujours ses futurs gants en main, levant les yeux vers elle, un grand sourire aux lèvres.
"Euh, yo ! Elle t'allait trop bien cette cape ! Tu devrais la garder hihi !"
Son regard débordait d'étincelles et de lumières blanches dansantes au fond de ses pupilles noires. L'idée même de ne pas dire ce qu'il pensait, dans l'espoir de donner le sourire à cette parfaite inconnue, lui apparaissait comme totalement farfelue.
Se draper d'assurance
Je ne sais pas prendre de décision. La vie m'a régulièrement démontré que mes choix n'étaient pas toujours les meilleurs. C'est ainsi, il faut s'y faire et l'accepter : peu importe les réflexions, le temps passé à peser le pour et le contre, les certitudes et les hésitations, les signes saisis dans l'environnement, les croyances et les murmures, on peut se tromper. Tout le monde a peur de se perdre, tout le monde a peur des regrets. Pourtant, vient un moment où il faut s'avancer. L'immobilité est fragilité ; elle permet aux sables mouvants d'avaler nos chevilles sans qu'on ne s'en aperçoive. Soit, on doit trancher. Maintenant ; plus tard. Oui ; non. C'est difficile. Alors, je fais confiance à cette sorte d'instinct, de destinée, de chemin déjà tracé et sûr auquel je crois. Que mes décisions soient les bonnes ou les mauvaises, elles me seront toujours favorables puisqu'elles m'emmèneront là où je dois être. Si tout est déjà écrit, je n'ai pas à avoir peur du futur. Néanmoins, ces certitudes et assurances n'empêchent ni mes pensées de se débattre dans la grotte que forme mon crâne, ni mon esprit de tanguer et de chavirer au bord des possibles. J'hésite, je ne sais pas, je m'enlise.
Ma cape dans mes bras m'apparaît bien lourde. J'observe cette autre, cette étrangère qui s'offre à mon regard plein d'envie, comme pour le défier. Mais elle me semble si lointaine et si peu raisonnable. C'est un vêtement, Merlin ! Un bout de tissu qui me retient dans l'indécision. C'est idiot. Il faut tourner la page, passer à autre chose, ne pas se prendre la tête avec de telles futilités. Il me plaît ? Soit, je le prends. Qui a dit que j'étais raisonnable ?
Non. Céder sur ce point, c'est stupide. (Tout n'est donc qu'une histoire de sottises ?) Ma cape habituelle n'a pas besoin d'être changée. À quoi bon m'encombrer l'esprit et les bras ? Ce n'est pas nécessaire, alors ce n'est pas obligatoire. Ce sera pour une autre fois, n'est-ce pas ? Je garde cette envie de côté pour le moment où elle se révélera plus indispensable. Mes gallions me seront utiles pour autre chose.
J'allais me diriger vers la sortie de la boutique quand on m'a surprise en train de commettre une erreur.
La première chose que j'aperçois en levant la tête suite à ces mots venus de nulle part, ce sont les gants. En cuir de dragon, élégants, solides, de bonne qualité. Ils sont, de toute évidence, l'alibi, la justification, la raison de la présence de cet adolescent ici. Ensuite, c'est lui que je vois, et plus particulièrement son regard. Il y a quelque chose dans ses yeux qui m'éblouit. C'est moi qui suis gênée, et lui qui est tout à sa place. Il me renvoie à ma décision tout juste prise pour l'ébranler. Et je change d'avis, brusquement, brutalement, mais presque logiquement. Mes certitudes sont écrasées par mon tort. Si cette cape me va, pourquoi, en effet, ne pas la garder ? C'est là toute la question.
Pourtant, je suis aussi assez étonnée. Ce garçon est jeune et son visage m'est inconnu. Néanmoins, il s'adresse à moi avec une simplicité et une forme de naïveté frappantes. Il n'est ni intimidé, ni gêné. Il est juste naturel. Et il vient de me faire un compliment. Alors, celui-ci est sincère. Quelle surprise, trouver de la sincérité chez un inconnu, dans un moment d'indécision.
« Merci, » répondis-je, presque en balbutiant, toute déconcertée par cette franchise bienveillante.
Je reconsidère la cape essayée comme si je la redécouvrais. Étrangère, elle me le semble davantage encore. Est-ce donc elle, l'objet de mes hésitations ? Elle que je souhaite prendre, mais que j'ai reposée ? Elle qui me va « trop bien » ? Que je devrai garder ? Même si c'est inutile ?
Un instant, je suis tentée de justifier mon geste. Je pourrai dire : elle est trop chère, j'en ai déjà une semblable, elle n'est pas à ma taille, je n'aime pas les motifs, etc, etc. Cependant, je trouve cela inadapté. Ce serait mentir, et ce n'est pas ce que je veux. Alors, je mets ma cape noire de côté pour réessayer celle qui me plaît tant. Je la pose sur mes épaules, et je me tourne vers l'inconnu.
« Tu es sûr ? Ce ne serait pas... déraisonnable ? »
Et puis, avec ce sourire qu'on réserve aux surprises : « Je te fais confiance, si tu me dis que ça va, je la prends. »
Ma cape dans mes bras m'apparaît bien lourde. J'observe cette autre, cette étrangère qui s'offre à mon regard plein d'envie, comme pour le défier. Mais elle me semble si lointaine et si peu raisonnable. C'est un vêtement, Merlin ! Un bout de tissu qui me retient dans l'indécision. C'est idiot. Il faut tourner la page, passer à autre chose, ne pas se prendre la tête avec de telles futilités. Il me plaît ? Soit, je le prends. Qui a dit que j'étais raisonnable ?
Non. Céder sur ce point, c'est stupide. (Tout n'est donc qu'une histoire de sottises ?) Ma cape habituelle n'a pas besoin d'être changée. À quoi bon m'encombrer l'esprit et les bras ? Ce n'est pas nécessaire, alors ce n'est pas obligatoire. Ce sera pour une autre fois, n'est-ce pas ? Je garde cette envie de côté pour le moment où elle se révélera plus indispensable. Mes gallions me seront utiles pour autre chose.
J'allais me diriger vers la sortie de la boutique quand on m'a surprise en train de commettre une erreur.
La première chose que j'aperçois en levant la tête suite à ces mots venus de nulle part, ce sont les gants. En cuir de dragon, élégants, solides, de bonne qualité. Ils sont, de toute évidence, l'alibi, la justification, la raison de la présence de cet adolescent ici. Ensuite, c'est lui que je vois, et plus particulièrement son regard. Il y a quelque chose dans ses yeux qui m'éblouit. C'est moi qui suis gênée, et lui qui est tout à sa place. Il me renvoie à ma décision tout juste prise pour l'ébranler. Et je change d'avis, brusquement, brutalement, mais presque logiquement. Mes certitudes sont écrasées par mon tort. Si cette cape me va, pourquoi, en effet, ne pas la garder ? C'est là toute la question.
Pourtant, je suis aussi assez étonnée. Ce garçon est jeune et son visage m'est inconnu. Néanmoins, il s'adresse à moi avec une simplicité et une forme de naïveté frappantes. Il n'est ni intimidé, ni gêné. Il est juste naturel. Et il vient de me faire un compliment. Alors, celui-ci est sincère. Quelle surprise, trouver de la sincérité chez un inconnu, dans un moment d'indécision.
« Merci, » répondis-je, presque en balbutiant, toute déconcertée par cette franchise bienveillante.
Je reconsidère la cape essayée comme si je la redécouvrais. Étrangère, elle me le semble davantage encore. Est-ce donc elle, l'objet de mes hésitations ? Elle que je souhaite prendre, mais que j'ai reposée ? Elle qui me va « trop bien » ? Que je devrai garder ? Même si c'est inutile ?
Un instant, je suis tentée de justifier mon geste. Je pourrai dire : elle est trop chère, j'en ai déjà une semblable, elle n'est pas à ma taille, je n'aime pas les motifs, etc, etc. Cependant, je trouve cela inadapté. Ce serait mentir, et ce n'est pas ce que je veux. Alors, je mets ma cape noire de côté pour réessayer celle qui me plaît tant. Je la pose sur mes épaules, et je me tourne vers l'inconnu.
« Tu es sûr ? Ce ne serait pas... déraisonnable ? »
Et puis, avec ce sourire qu'on réserve aux surprises : « Je te fais confiance, si tu me dis que ça va, je la prends. »
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Se draper d'assurance
Narcisse serra doucement ses futurs gants entre ses doigts durant l'instant de flottement. Bien évidemment, il ne peut pas lire toute la panoplie d'émotions qui traversa la tête de son ainée. Comment aurait-il pu ? Lui qui était incapable de comprendre le moindre sous-entendu si on lui mettait pas sous le nez. Il fallait dire que lui-même ne sous-entendait jamais rien. Jamais une pensée cachée, jamais une intention dissimulée. Aussi était-il profondément aveugle et naïf sur les autres, incapable d'imaginer qu'on puisse se comporter différemment, et ne pas dire ce que l'on pensait. Il n'avait même pas réfléchi, avant d'ouvrir la bouche, et pendant une seconde, il commença à se demander s'il avait bien fait.
Mais il sentit brusquement son visage piquer un fard lorsque l'inconnue balbutia en le remerciant, il lui aurait été parfaitement impossible de dire pourquoi.
"T'inquiètes, j'dis ça comme ça !"
Répondit-il dans un petit rire, léger et cristallin, creusant ses fossettes et illuminant ses yeux. Peu de choses se passent dans sa tête, il se contente de vivre le moment, d'apprécier l'interaction, et d'espérer peut-être revoir cette inconnue à nouveau essayer cette cape.
Le sourire qui s'étira jusqu'à ses oreilles lorsqu'elle le fit était incomparable, et il se permit d'admirer son aînée sous toutes les coutures, désormais absolument convaincu que son avis était le bon.
"Ouaip... ça t'va trop bien..."
Sa voix ne fut qu'un murmure, et interrompue par le questionnement de la brune, décidément son parfait opposé en tous points. Elle hésitait, il fonçait, elle pesait, il agissait, elle tâtonnait, il avançait. Peut-être devrait-il s'inspirer un peu d'elle, sur certaines choses, ça ne lui ferait pas de mal. Il ne comprenait même pas le sens de sa question, en quoi cela serait "déraisonnable" ?
Son visage se fronça légèrement sous la confusion, il cligna plusieurs fois lentement.
"Dé... raisonnable ? J'vois pas pourquoi ! C'est trop cher c'est ça ? Si tu veux j't'aide à l'acheter ok ??"
Face à son incompréhension, la seule explication éventuelle qui put s'offrir à lui fut que peut-être elle hésitait à cause de problèmes financiers ? Dans tous les cas, il était hors de question qu'il n'offre pas son aide, c'était la moindre des choses !
Et au pire, pensa-t-il en jetant un coup d’œil à ses futurs gants, il pourrait toujours faire ses propres achats un autre jour, c'était pas grave.
Mais il sentit brusquement son visage piquer un fard lorsque l'inconnue balbutia en le remerciant, il lui aurait été parfaitement impossible de dire pourquoi.
"T'inquiètes, j'dis ça comme ça !"
Répondit-il dans un petit rire, léger et cristallin, creusant ses fossettes et illuminant ses yeux. Peu de choses se passent dans sa tête, il se contente de vivre le moment, d'apprécier l'interaction, et d'espérer peut-être revoir cette inconnue à nouveau essayer cette cape.
Le sourire qui s'étira jusqu'à ses oreilles lorsqu'elle le fit était incomparable, et il se permit d'admirer son aînée sous toutes les coutures, désormais absolument convaincu que son avis était le bon.
"Ouaip... ça t'va trop bien..."
Sa voix ne fut qu'un murmure, et interrompue par le questionnement de la brune, décidément son parfait opposé en tous points. Elle hésitait, il fonçait, elle pesait, il agissait, elle tâtonnait, il avançait. Peut-être devrait-il s'inspirer un peu d'elle, sur certaines choses, ça ne lui ferait pas de mal. Il ne comprenait même pas le sens de sa question, en quoi cela serait "déraisonnable" ?
Son visage se fronça légèrement sous la confusion, il cligna plusieurs fois lentement.
"Dé... raisonnable ? J'vois pas pourquoi ! C'est trop cher c'est ça ? Si tu veux j't'aide à l'acheter ok ??"
Face à son incompréhension, la seule explication éventuelle qui put s'offrir à lui fut que peut-être elle hésitait à cause de problèmes financiers ? Dans tous les cas, il était hors de question qu'il n'offre pas son aide, c'était la moindre des choses !
Et au pire, pensa-t-il en jetant un coup d’œil à ses futurs gants, il pourrait toujours faire ses propres achats un autre jour, c'était pas grave.
Se draper d'assurance
La réplique du jeune sorcier me déconcerte. Alors, il a juste « dit ça comme ça » ? C'est-à-dire que ce n'était pas sérieux, qu'il ne le pensait pas ? Pourquoi le dire alors ? Par gentillesse ? Sentait-il mon indécision, et souhaitait-il m'aider ? Cependant, dans ce cas, pourquoi avouer quelques minutes plus tard qu'il ne le pensait pas vraiment, qu'il « disait ça comme ça » ? Je ne le comprends pas très bien. Souhaitait-il seulement se justifier car mon remerciement l'avait mis mal à l'aise ? Ressentait-il le besoin de cacher son rougissement derrière quelques mots ? Mais pourquoi avoir choisi cette explication qui se révèle si maladroite ? J'ai l'impression que le sol tremble, secoué par mes interrogations. Suis-je en train de rendre tout cela plus compliqué ?
L'adolescent rougit, rit, sourit, lumineux et pétillant, comme si le soleil était son ami et que des fleurs poussaient dans ses cheveux. Avec toute la légèreté qu'il incarne, il me paraît presque flotter au-dessus du sol, et cela me trouble. Je me sens lourdaude face à lui, moi et mes hésitations, moi et mes questions, moi et mes réflexions. Je suis coupable de retenue. Dans ma quête d'idéal, j'ai délaissé mon insouciance. Alors, je dissimule mon embarras derrière un sourire, espérant qu'il ne décèle pas ma gêne, qu'il se contente de voir mes lèvres étirées sur mon visage et qu'il ne cherche pas plus loin.
Il m'observe essayer la cape, et le trouble s'installe définitivement en moi, colorant mes joues d'un rose léger. Je n'ai pas l'habitude qu'on me regarde ainsi, qu'on me dise que quelque chose me va, et que je sois objet de considération pour un inconnu, qui plus est, plus jeune que moi. Cependant, je choisis de poser un oeil bienveillant sur ce qui se passe, m'efforçant de gommer le rose sur mes joues avant qu'il ne soit aperçu. Il n'y a rien d'étrange dans cette situation, juste de la gentillesse, surprenante, certes, mais en fin de compte assez agréable et bienvenue.
Si j'avais entendu le murmure du garçon à travers le voile de mes pensées, peut-être aurais-je dû me dépêcher de réprimer un autre remerciement qui aurait menacé de franchir mes lèvres. Heureusement, je suis trop concentrée sur cet embarras envahissant que je cherche à contenir pour percevoir son chuchotement.
Cependant, la suite de ses propos me fait tanguer si fort que j'en perds mon trouble et ma concentration. Il me déséquilibre si rapidement avec ses paroles !
« Trop cher ? » répété-je, désorientée.
Je pense à mon coffre à Gringotts, à la demeure de mes parents dans le centre de Godric's Hollow, au poste de ma mère, au riche manoir de ma grand-mère paternelle, et la surprise me rend muette. Est-ce cher ? Je n'ai pas regardé le prix de cette cape. Je ne me suis, à vrai dire, même pas posé cette question. Est-ce donc cela, vivre aisément ? Pouvoir choisir sans craindre le choix ? Les remords me bousculent. Je me remets en question, et ce doublement. Non seulement j'ai le privilège de ne pas avoir besoin de regarder le prix d'un achat, mais en plus ce garçon — probablement élève à Poudlard —, bien plus jeune que moi, me propose son aide pour acheter ma cape. Par la barbe de Merlin !
J'ouvre et referme la bouche avant de secouer vivement la tête. Mes yeux se sont arrondis. Je n'en reviens pas de la gentillesse de ce petit sorcier, elle me laisse coite, muette et idiote. Pourtant, j'arrive rapidement à articuler quelques mots avant qu'il n'ajoute quoi que ce soit de déroutant.
« Non, non, ce n'est pas trop cher ! Par Merlin ! Je... » Je m'égare à la poursuite de ma raison et de ma stabilité. « C'était peut-être déraisonnable juste parce que... » Je rassemble mes réflexions, m'enveloppe dans le passé pour retrouver mes certitudes, et désigne vivement ma cape, non celle que je porte mais celle que j'ai posée, tachée et délavée, vieillie et usée. « ... parce que j'ai déjà une cape ! » terminé-je.
Je prends une grande inspiration. Il faut que je me ressaisisse. Ce garçon, qui semble parler plus vite qu'il ne pense, m'a complètement déconcertée. Je me dois de retrouver calme et discernement pour ne pas perdre pied dans cet océan de surprise. Je ne bégaye pas, je ne balbutie pas, je ne rougis pas. Je me redresse, droite, m'appuyant sur ces certitudes et cette assurance illusoires que le jeune sorcier m'a démontré que je n'avais pas.
« Mais je vais l'acheter, assuré-je en enlevant la cape pour remettre celle qui m'appartient déjà, ne t'en fais pas. » Un silence, une hésitation. « Merci tout de même pour ta proposition. »
Je lui souris, me retenant de regarder discrètement le prix du vêtement. Est-ce cher ? La prochaine fois, dois-je connaître la valeur d'un habit avant de l'essayer ? Ma bêtise m'embarrasse. J'ai le sentiment d'être privilégiée, et je ne veux pas me confronter à cette pensée. Je préfère la jeter au fond de mon crâne et l'oublier, elle est bien trop douloureuse et honteuse.
Alors, pour changer de sujet et m'engager sur un terrain plus familier, je lui lance en désignant ce qu'il tient :
« Tu veux acheter des gants ? Pour... la botanique ? »
L'adolescent rougit, rit, sourit, lumineux et pétillant, comme si le soleil était son ami et que des fleurs poussaient dans ses cheveux. Avec toute la légèreté qu'il incarne, il me paraît presque flotter au-dessus du sol, et cela me trouble. Je me sens lourdaude face à lui, moi et mes hésitations, moi et mes questions, moi et mes réflexions. Je suis coupable de retenue. Dans ma quête d'idéal, j'ai délaissé mon insouciance. Alors, je dissimule mon embarras derrière un sourire, espérant qu'il ne décèle pas ma gêne, qu'il se contente de voir mes lèvres étirées sur mon visage et qu'il ne cherche pas plus loin.
Il m'observe essayer la cape, et le trouble s'installe définitivement en moi, colorant mes joues d'un rose léger. Je n'ai pas l'habitude qu'on me regarde ainsi, qu'on me dise que quelque chose me va, et que je sois objet de considération pour un inconnu, qui plus est, plus jeune que moi. Cependant, je choisis de poser un oeil bienveillant sur ce qui se passe, m'efforçant de gommer le rose sur mes joues avant qu'il ne soit aperçu. Il n'y a rien d'étrange dans cette situation, juste de la gentillesse, surprenante, certes, mais en fin de compte assez agréable et bienvenue.
Si j'avais entendu le murmure du garçon à travers le voile de mes pensées, peut-être aurais-je dû me dépêcher de réprimer un autre remerciement qui aurait menacé de franchir mes lèvres. Heureusement, je suis trop concentrée sur cet embarras envahissant que je cherche à contenir pour percevoir son chuchotement.
Cependant, la suite de ses propos me fait tanguer si fort que j'en perds mon trouble et ma concentration. Il me déséquilibre si rapidement avec ses paroles !
« Trop cher ? » répété-je, désorientée.
Je pense à mon coffre à Gringotts, à la demeure de mes parents dans le centre de Godric's Hollow, au poste de ma mère, au riche manoir de ma grand-mère paternelle, et la surprise me rend muette. Est-ce cher ? Je n'ai pas regardé le prix de cette cape. Je ne me suis, à vrai dire, même pas posé cette question. Est-ce donc cela, vivre aisément ? Pouvoir choisir sans craindre le choix ? Les remords me bousculent. Je me remets en question, et ce doublement. Non seulement j'ai le privilège de ne pas avoir besoin de regarder le prix d'un achat, mais en plus ce garçon — probablement élève à Poudlard —, bien plus jeune que moi, me propose son aide pour acheter ma cape. Par la barbe de Merlin !
J'ouvre et referme la bouche avant de secouer vivement la tête. Mes yeux se sont arrondis. Je n'en reviens pas de la gentillesse de ce petit sorcier, elle me laisse coite, muette et idiote. Pourtant, j'arrive rapidement à articuler quelques mots avant qu'il n'ajoute quoi que ce soit de déroutant.
« Non, non, ce n'est pas trop cher ! Par Merlin ! Je... » Je m'égare à la poursuite de ma raison et de ma stabilité. « C'était peut-être déraisonnable juste parce que... » Je rassemble mes réflexions, m'enveloppe dans le passé pour retrouver mes certitudes, et désigne vivement ma cape, non celle que je porte mais celle que j'ai posée, tachée et délavée, vieillie et usée. « ... parce que j'ai déjà une cape ! » terminé-je.
Je prends une grande inspiration. Il faut que je me ressaisisse. Ce garçon, qui semble parler plus vite qu'il ne pense, m'a complètement déconcertée. Je me dois de retrouver calme et discernement pour ne pas perdre pied dans cet océan de surprise. Je ne bégaye pas, je ne balbutie pas, je ne rougis pas. Je me redresse, droite, m'appuyant sur ces certitudes et cette assurance illusoires que le jeune sorcier m'a démontré que je n'avais pas.
« Mais je vais l'acheter, assuré-je en enlevant la cape pour remettre celle qui m'appartient déjà, ne t'en fais pas. » Un silence, une hésitation. « Merci tout de même pour ta proposition. »
Je lui souris, me retenant de regarder discrètement le prix du vêtement. Est-ce cher ? La prochaine fois, dois-je connaître la valeur d'un habit avant de l'essayer ? Ma bêtise m'embarrasse. J'ai le sentiment d'être privilégiée, et je ne veux pas me confronter à cette pensée. Je préfère la jeter au fond de mon crâne et l'oublier, elle est bien trop douloureuse et honteuse.
Alors, pour changer de sujet et m'engager sur un terrain plus familier, je lui lance en désignant ce qu'il tient :
« Tu veux acheter des gants ? Pour... la botanique ? »
Il l'a complètement décontenancée, et je dois avouer que ce fut très amusant à écrire
!
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Se draper d'assurance
Si Narcisse avait pu avoir accès ne serait-ce qu'une seule seconde aux pensées de son aînée, il se serait probablement effondré devant leur complexité. Le garçon et elle étaient littéralement le jour et la nuit. Il ne réfléchissait jamais, il agissait toujours avant de penser, les questions venaient après. Il faisait toujours ce qui lui paraissait la bonne chose à faire, tout simplement parce qu'il ne pouvait pas faire autrement. Et là, en cet instant, il lui était apparut comme totalement impossible le fait de ne pas allez dire ce qu'il pensait à cette inconnue.
Pourquoi ? Il ne le savait pas. Vraiment pas du tout. Peut-être parce qu'elle avait semblé hésitante, et qu'il n'aurait pas voulu la voir ne pas acheter cette cape qui lui allait vraiment bien. Peut-être parce qu'il s'était concerné, un infime instant, par le bonheur de cette inconnue. L'idée de pouvoir faire pencher la balance, ne serait-ce qu'un peu, en faveur de ce qui lui semblait être la bonne chose, avait germé en lui en un éclair. Et une fois cette pensée ancrée, il ne pouvait s'en dépêtrer.
Tout comme il ne pouvait détacher ses yeux de cette inconnue, qui par ses hésitations, ses gestes, ses rougissements, le faisait sourire encore plus. Il plonge son regard dans ses yeux arrondis, observant sa réaction face à sa question, et plus particulièrement lorsqu'elle bafouille son explication. Qu'avait-il bien pu dire pour la plonger dans un tel état, avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?! Mais avant même qu'il ne puisse se pencher sur cette éventualité, son regard suit la cape désignée par sa bredouillante aînée.
"Aaah... Mh..."
Son index déposé sur son menton, il songea à la réponse qu'il aurait pu formuler s'il en avait eu le temps. Cependant, entendre l'inconnue confirmer qu'elle allait enfin acheter cette cape, source apparente de toutes ses confusions, le fit bondir de joie. Sourire éclatant jusqu'aux oreilles et petit rire finirent de faire monter le rouge aux joues de Narcisse, qui reporta son regard sur elle en hochant la tête.
"Trop bien ! Ah j'suis content héhé !"
Ses mains rejoignirent ses hanches pour s'y poser, comme pour dire mission accomplie. Le sentiment de plénitude et de complétion qu'il ressentait en cet instant n'aurait pas pu être décrit avec des mots. Il l'envahissait, le surchargeait, éclairant le monde autour de lui et faisait luire ses yeux noirs, caressant l'intérieur de son cœur d'un doux coton moelleux.
Puis le retour sur Terre, la réalisation. Ah oui, il se souvenait pourquoi il était là, comme en témoignait le regard qu'il jeta à ses gants, comme s'il avait oublié, le temps d'une minute, leur existence.
Le soudain intérêt manifesté par son aînée le fit rougir et hésiter, lui procurant un sourire plus qu'idiot, et il baissa les yeux en balbutiant rapidement.
"Euh, ah ! Oui, mais, euh, hrm !"
Un petit raclement de gorge, et il put enfin relever la tête pour la regarder.
"C'est pour les duels ! J'ai réduit mes anciens en lambeaux haha ! Ma maman les avait acheté à Décathlon, mais bon, j'avais jamais imaginé les utiliser pour la magie, j'suppose qu'c'est normal qu'ils aient pas tenu longtemps héhé."
Sa main vint frotter l'arrière de sa tête, son sourire s'élargissait au fil de ses mots. Il allait de soi que des gants moldus n'étaient pas fait pour les duels magiques. Mais bon, s'il avait su... Il jeta un nouveau regard à ses futurs gants en relevant la main qui les tenait.
"Vu leur prix, ils doivent forcément êtres biens ceux-là !"
Pourquoi ? Il ne le savait pas. Vraiment pas du tout. Peut-être parce qu'elle avait semblé hésitante, et qu'il n'aurait pas voulu la voir ne pas acheter cette cape qui lui allait vraiment bien. Peut-être parce qu'il s'était concerné, un infime instant, par le bonheur de cette inconnue. L'idée de pouvoir faire pencher la balance, ne serait-ce qu'un peu, en faveur de ce qui lui semblait être la bonne chose, avait germé en lui en un éclair. Et une fois cette pensée ancrée, il ne pouvait s'en dépêtrer.
Tout comme il ne pouvait détacher ses yeux de cette inconnue, qui par ses hésitations, ses gestes, ses rougissements, le faisait sourire encore plus. Il plonge son regard dans ses yeux arrondis, observant sa réaction face à sa question, et plus particulièrement lorsqu'elle bafouille son explication. Qu'avait-il bien pu dire pour la plonger dans un tel état, avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?! Mais avant même qu'il ne puisse se pencher sur cette éventualité, son regard suit la cape désignée par sa bredouillante aînée.
"Aaah... Mh..."
Son index déposé sur son menton, il songea à la réponse qu'il aurait pu formuler s'il en avait eu le temps. Cependant, entendre l'inconnue confirmer qu'elle allait enfin acheter cette cape, source apparente de toutes ses confusions, le fit bondir de joie. Sourire éclatant jusqu'aux oreilles et petit rire finirent de faire monter le rouge aux joues de Narcisse, qui reporta son regard sur elle en hochant la tête.
"Trop bien ! Ah j'suis content héhé !"
Ses mains rejoignirent ses hanches pour s'y poser, comme pour dire mission accomplie. Le sentiment de plénitude et de complétion qu'il ressentait en cet instant n'aurait pas pu être décrit avec des mots. Il l'envahissait, le surchargeait, éclairant le monde autour de lui et faisait luire ses yeux noirs, caressant l'intérieur de son cœur d'un doux coton moelleux.
Puis le retour sur Terre, la réalisation. Ah oui, il se souvenait pourquoi il était là, comme en témoignait le regard qu'il jeta à ses gants, comme s'il avait oublié, le temps d'une minute, leur existence.
Le soudain intérêt manifesté par son aînée le fit rougir et hésiter, lui procurant un sourire plus qu'idiot, et il baissa les yeux en balbutiant rapidement.
"Euh, ah ! Oui, mais, euh, hrm !"
Un petit raclement de gorge, et il put enfin relever la tête pour la regarder.
"C'est pour les duels ! J'ai réduit mes anciens en lambeaux haha ! Ma maman les avait acheté à Décathlon, mais bon, j'avais jamais imaginé les utiliser pour la magie, j'suppose qu'c'est normal qu'ils aient pas tenu longtemps héhé."
Sa main vint frotter l'arrière de sa tête, son sourire s'élargissait au fil de ses mots. Il allait de soi que des gants moldus n'étaient pas fait pour les duels magiques. Mais bon, s'il avait su... Il jeta un nouveau regard à ses futurs gants en relevant la main qui les tenait.
"Vu leur prix, ils doivent forcément êtres biens ceux-là !"
Se draper d'assurance
Il rit, il sourit, et la joie qu'il a est si naturelle qu'elle m'éblouit presque. Pourtant je me sens ridicule, comme si je m'étais approchée sur Soleil avec un parapluie. Comment puis-je avoir tant de doutes, d'embarras et de pensées instables alors que tout chez lui me murmure que seuls le plaisir et les petits bonheurs sont importants ? Il ne se formalise ni de ma gêne, ni de mes mots hésitants. Toutes les réflexions qui m'envahissent et se bousculent dans mon crâne semblent ne pas l'atteindre. Il prend ce que je donne sans chercher à comprendre et à connaître ce que je garde. Il m'a vu avec cette cape, m'a dit qu'elle m'allait bien, et maintenant que je l'achète il est heureux. Merlin ! Qui est ce sorcier qui se satisfait du bonheur des autres ? Qui est ce garçon sans peur et sans retenue ? Qui est ce petit brun à l'allure si simple et au sourire lumineux ? Il porte en lui un naturel qui m'émerveille. Il y a quelque chose d'angélique dans sa manière d'être au monde.
Alors, presque inévitablement, mon comportement s'en retrouve modifié.
Il me libère de mes angoisses. Que craindre de son sourire ? Pourquoi redouter son jugement alors qu'il rit ? Comment puis-je m'inquiéter de mes actes quand les siens sont sans réserve ? Mes pensées s'apaisent et mes lèvres s'étirent doucement. Le voir heureux, et ce pour moi — par Circé ! c'est si étrange ! si rare ! —, me rend plus heureuse encore que ce que j'aurais pu être. Alors, quand il pose ses mains sur ses hanches, grandi par cet étrange rayonnement qui l'entoure, mes incertitudes s'évanouissent et mes yeux se mettent petit à petit à briller. Il me détourne de moi-même pour m'ouvrir au monde. Le soleil inonde mon visage.
Oh ! Et le voilà qui baisse les yeux et balbutie ! Il y a quelque chose d'adorable dans sa candeur. Je voudrais presque m'excuser pour ma question qui semble à première vue l'avoir mis mal à l'aise. De quel droit ai-je provoqué cela ? Cependant, il se reprend bien vite pour m'expliquer sa situation. Un mot dans ses paroles retient pourtant mon attention. Déca-quelque-chose. Je m'empêche de froncer les sourcils, un peu intriguée. Est-ce un magasin moldu ? Mes connaissances sur ce monde bien différent du mien sont assez limitées. On m'a appris à m'en méfier et à le mépriser, alors jamais je ne m'y suis intéressée. Pourtant, désormais, mes idées changent. Je suis petit à petit tentée par la découverte, dans le secret de mon esprit. Néanmoins, je préfère me reporter sur les duels, éléments de la vie sorcière qui me sont plus familiers. J'en ai fait quelques-uns pour me préparer aux ASPICs, et bien que mes cours de Défense contre les Forces du Mal commencent à se faire plus lointains, j'en conserve d'agréables souvenirs.
Je penche mon visage vers les gants pour mieux les observer. Ils sont beaux, semblent être à sa taille et définitivement neufs. Je comprends qu'il les ait choisis.
« Ils sont en cuir de dragon ? demandé-je pour en avoir la certitude. Si c'est le cas, tu peux être sûr qu'ils tiendront plus longtemps. Je n'ai changé les miens qu'une fois en huit ans. Et ils pourront aussi te servir en botanique. »
J'observe ensuite le petit sorcier, une lueur intriguée dans le regard. Il est jeune, s'il a déjà usé des gants achetés pour sa première année dans des duels, alors il doit déjà beaucoup s'entraîner pour ceux-ci. Est-ce le début d'une passion ou seulement un intérêt particulier ? À moins qu'il n'ait des difficultés et ressente le besoin de travailler sur ses lacunes ? Ma curiosité est piquée. Qu'y a-t-il de mal à poser une question ? Qui sait, peut-être que cela lui fera plaisir si je m'intéresse à ce qui l'a mené ici ?
« Tu aimes les duels ? »
Alors, presque inévitablement, mon comportement s'en retrouve modifié.
Il me libère de mes angoisses. Que craindre de son sourire ? Pourquoi redouter son jugement alors qu'il rit ? Comment puis-je m'inquiéter de mes actes quand les siens sont sans réserve ? Mes pensées s'apaisent et mes lèvres s'étirent doucement. Le voir heureux, et ce pour moi — par Circé ! c'est si étrange ! si rare ! —, me rend plus heureuse encore que ce que j'aurais pu être. Alors, quand il pose ses mains sur ses hanches, grandi par cet étrange rayonnement qui l'entoure, mes incertitudes s'évanouissent et mes yeux se mettent petit à petit à briller. Il me détourne de moi-même pour m'ouvrir au monde. Le soleil inonde mon visage.
Oh ! Et le voilà qui baisse les yeux et balbutie ! Il y a quelque chose d'adorable dans sa candeur. Je voudrais presque m'excuser pour ma question qui semble à première vue l'avoir mis mal à l'aise. De quel droit ai-je provoqué cela ? Cependant, il se reprend bien vite pour m'expliquer sa situation. Un mot dans ses paroles retient pourtant mon attention. Déca-quelque-chose. Je m'empêche de froncer les sourcils, un peu intriguée. Est-ce un magasin moldu ? Mes connaissances sur ce monde bien différent du mien sont assez limitées. On m'a appris à m'en méfier et à le mépriser, alors jamais je ne m'y suis intéressée. Pourtant, désormais, mes idées changent. Je suis petit à petit tentée par la découverte, dans le secret de mon esprit. Néanmoins, je préfère me reporter sur les duels, éléments de la vie sorcière qui me sont plus familiers. J'en ai fait quelques-uns pour me préparer aux ASPICs, et bien que mes cours de Défense contre les Forces du Mal commencent à se faire plus lointains, j'en conserve d'agréables souvenirs.
Je penche mon visage vers les gants pour mieux les observer. Ils sont beaux, semblent être à sa taille et définitivement neufs. Je comprends qu'il les ait choisis.
« Ils sont en cuir de dragon ? demandé-je pour en avoir la certitude. Si c'est le cas, tu peux être sûr qu'ils tiendront plus longtemps. Je n'ai changé les miens qu'une fois en huit ans. Et ils pourront aussi te servir en botanique. »
J'observe ensuite le petit sorcier, une lueur intriguée dans le regard. Il est jeune, s'il a déjà usé des gants achetés pour sa première année dans des duels, alors il doit déjà beaucoup s'entraîner pour ceux-ci. Est-ce le début d'une passion ou seulement un intérêt particulier ? À moins qu'il n'ait des difficultés et ressente le besoin de travailler sur ses lacunes ? Ma curiosité est piquée. Qu'y a-t-il de mal à poser une question ? Qui sait, peut-être que cela lui fera plaisir si je m'intéresse à ce qui l'a mené ici ?
« Tu aimes les duels ? »
Dernière modification par Alyona Farrow le 7 août 2024, 17:53, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Se draper d'assurance
Le regard de Narcisse glisse de ses gants jusqu'au visage de son aînée, la tête déjà envahie par toutes les scènes qu'il anticipe. L'idée de tester ses nouveaux gants, de pouvoir ressentir de nouvelles choses en les enfilant, de les pousser jusqu'à leur extrême limite, tout cela suffisait déjà à redorer le sourire qui étirait les commissures de ses lèvres. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur le visage sur l'inconnue, il sentit son cœur manquer un battement avant de puissamment reprendre dans sa poitrine.
Le soleil qui illumine le visage d'Alyona fait le contour de ses pupilles avant de remonter le long de ses nerfs optiques, le frappant de plein fouet, comme une décharge électrique. Immédiatement, la chaleur qu'il sentit monter jusqu'à ses joues, glissant jusqu'à son cou tandis que son sourire se change en expression émerveillée, il doit se contenir plusieurs secondes durant avant de se racler la gorge. Il est incapable d'identifier le sentiment qui monte petit à petit en lui, adoucissant les rebords de sa peau et tressaillant dans ses veines. C'est plus fort que lui, il est obligé de baisser les yeux en rougissant davantage pour fixer ses gants, un petit sourire plus qu'idiot aux lèvres.
Son esprit était surchargé de sentiments et de pensées à un point tel qu'il n'est capable que de hocher la tête à la question de son aînée. C'est tout du moins ce qu'il pense avoir compris, il avait déjà entendu parler de ces gants, nombre de ses adversaires et partenaires de duel, à défaut d'en porter, lui en avaient déjà parlé.
Un nouveau petit raclement de gorge, un hochement de tête, les doigts de son autre main agrippèrent le deuxième gant pour mieux les regarder.
"Oh, c'est génial ça !"
L'idée de ne pas avoir à racheter une paire durant toutes ces années l'enchantait davantage qu'il n'en avait conscience. Son esprit réussit à se détacher de l'image de son aînée rayonnante qui semblait pourtant s'être imprimée de façon indélébile sous ses paupières.
Mais ce qui acheva pleinement de le distraire de ces drôles de sensations, ce fut la dernière question de l'inconnue. Son visage se releva, d'abord incrédule, désabusé le temps d'une seconde. Juste assez longtemps pour que la pleine réalisation de ce qu'il pensait le frappe avec assez d'impact pour le pousser à tirer les mots du fond de sa gorge.
Ses lèvres s'ouvrirent sous le sourire proprement immense qui s'étira jusqu'à ses oreilles, la lumière qui éclaira le noir de ses pupilles n'avait trouvé aucun égal jusqu'à présent. Un léger rose teinta le bout de son nez, alors que ses doigts serrèrent inconsciemment les gants.
"Je... moi ? Oh purée, oui ! Oh purée oui j'adore les duels !!"
Sa voix de plus en plus excitée déraillait çà et là, sous le coup de son excitation non contenue ni dissimulée, et plus il parlait, plus sa joie allait débordante.
"J'vais à toutes les séances ! Et j'm'entraîne dans la salle sur demande tous les jours ! J'ai appris plein d'sorts, j'adore la magie, j'adore la lancer, la catalyser, j'aime expérimenter tout c'que je peux pour mieux lancer les sorts ! J'essaye d'apprendre Protego depuis qu'j'suis arrivé à Poudlard, en fait, et, euh, c'est vraiment super dur... mais j'essaye tous les jours, et j'me dis que le plus efficace, c'est d'affronter des gens plus forts que moi, comme ça j'apprends plus ! J'ai affronté Miss Valerion, euh, Mister Kohler, Miss Vermillon ! Tout l'monde est trop gentil, j'ai pu affronter vraiment beaucoup beaucoup d'monde !! Alienor m'a aidé, Aelle m'a inspiré de fou, Leo aussi, Elfie, et même Alice ! Une élève qu'est venue pendant les AMICO !"
Il reprit brusquement sa respiration, les bordures noires de sa vision se dissipant brusquement, le ramenant dans le monde réel, le souffle court. Les petites étoiles qui dansaient devant ses yeux résonnaient à ses oreilles, et il se remit à sourire.
"Et toi ? T'aimes aussi les duels ? Tu voudrais qu'on en fasse un ? T'as un sort préféré ??"
Le soleil qui illumine le visage d'Alyona fait le contour de ses pupilles avant de remonter le long de ses nerfs optiques, le frappant de plein fouet, comme une décharge électrique. Immédiatement, la chaleur qu'il sentit monter jusqu'à ses joues, glissant jusqu'à son cou tandis que son sourire se change en expression émerveillée, il doit se contenir plusieurs secondes durant avant de se racler la gorge. Il est incapable d'identifier le sentiment qui monte petit à petit en lui, adoucissant les rebords de sa peau et tressaillant dans ses veines. C'est plus fort que lui, il est obligé de baisser les yeux en rougissant davantage pour fixer ses gants, un petit sourire plus qu'idiot aux lèvres.
Son esprit était surchargé de sentiments et de pensées à un point tel qu'il n'est capable que de hocher la tête à la question de son aînée. C'est tout du moins ce qu'il pense avoir compris, il avait déjà entendu parler de ces gants, nombre de ses adversaires et partenaires de duel, à défaut d'en porter, lui en avaient déjà parlé.
Un nouveau petit raclement de gorge, un hochement de tête, les doigts de son autre main agrippèrent le deuxième gant pour mieux les regarder.
"Oh, c'est génial ça !"
L'idée de ne pas avoir à racheter une paire durant toutes ces années l'enchantait davantage qu'il n'en avait conscience. Son esprit réussit à se détacher de l'image de son aînée rayonnante qui semblait pourtant s'être imprimée de façon indélébile sous ses paupières.
Mais ce qui acheva pleinement de le distraire de ces drôles de sensations, ce fut la dernière question de l'inconnue. Son visage se releva, d'abord incrédule, désabusé le temps d'une seconde. Juste assez longtemps pour que la pleine réalisation de ce qu'il pensait le frappe avec assez d'impact pour le pousser à tirer les mots du fond de sa gorge.
Ses lèvres s'ouvrirent sous le sourire proprement immense qui s'étira jusqu'à ses oreilles, la lumière qui éclaira le noir de ses pupilles n'avait trouvé aucun égal jusqu'à présent. Un léger rose teinta le bout de son nez, alors que ses doigts serrèrent inconsciemment les gants.
"Je... moi ? Oh purée, oui ! Oh purée oui j'adore les duels !!"
Sa voix de plus en plus excitée déraillait çà et là, sous le coup de son excitation non contenue ni dissimulée, et plus il parlait, plus sa joie allait débordante.
"J'vais à toutes les séances ! Et j'm'entraîne dans la salle sur demande tous les jours ! J'ai appris plein d'sorts, j'adore la magie, j'adore la lancer, la catalyser, j'aime expérimenter tout c'que je peux pour mieux lancer les sorts ! J'essaye d'apprendre Protego depuis qu'j'suis arrivé à Poudlard, en fait, et, euh, c'est vraiment super dur... mais j'essaye tous les jours, et j'me dis que le plus efficace, c'est d'affronter des gens plus forts que moi, comme ça j'apprends plus ! J'ai affronté Miss Valerion, euh, Mister Kohler, Miss Vermillon ! Tout l'monde est trop gentil, j'ai pu affronter vraiment beaucoup beaucoup d'monde !! Alienor m'a aidé, Aelle m'a inspiré de fou, Leo aussi, Elfie, et même Alice ! Une élève qu'est venue pendant les AMICO !"
Il reprit brusquement sa respiration, les bordures noires de sa vision se dissipant brusquement, le ramenant dans le monde réel, le souffle court. Les petites étoiles qui dansaient devant ses yeux résonnaient à ses oreilles, et il se remit à sourire.
"Et toi ? T'aimes aussi les duels ? Tu voudrais qu'on en fasse un ? T'as un sort préféré ??"
Se draper d'assurance
Ce garçon est comme un papillon aux couleurs chatoyantes. Ses ailes ont des nuances flamboyantes. Il s'élève rapidement, virevolte, tournoie et voltige. Il ne peut pas être attrapé, on ne peut que l'observer, lui et sa joie de vivre, lui et son visage trop expressif, lui et son insouciance qui souffle un air pur et frais. Il accapare toutes mes pensées et mon attention. J'ai l'impression d'être une de ces fleurs entre lesquelles il se glisse. Mon regard le suit, et je retiens mon souffle en espérant qu'il ne s'envole pas trop haut, que je ne le perde pas de vue, que le soleil qui rayonne sur ses ailes ne disparaisse pas. Il est lumineux comme un sourire, et il m'éclaire de sa vivacité.
Ma question, posée par curiosité, éveille en lui des sentiments grandioses. Brusquement, il grandit, s'épanouit, et prend toute la place. Ses mots éclatent comme des feux d'artifice. Il y a quelque chose d'aveuglant dans son bonheur. Il ne le contient pas, il le partage sans en retenir une goutte. Tout jaillit, rayonne, et se répand autour de lui. J'ai presque du mal à le suivre dans ses paroles, comme s'il bougeait trop vite, comme si tout allait trop vite. Je ne m'attendais pas à cela, et me voilà renversée par cette clarté soudaine et déroutante.
Au début, mon sourire chancelle un peu. C'est la surprise qui le fragilise. Je me sens éblouie. Alors, ce que je prenais pour de la lumière était en réalité couvert d'un voile léger ? Et maintenant qu'il n'y a plus que son enthousiasme, et la passion dans sa voix, tout voilage retiré, je vacille sous cette avalanche bouillonnante d'excitation et de félicité. Cependant, mon ravissement revient bien vite, comme un écho au sien. Je me sens miroir de ses joies.
Dans son discours, mes pensées rebondissent sur plusieurs mots. D'abord, la salle sur demande, et avec elle tous les souvenirs d'entraînements que j'en ai. C'est un lieu si particulier, et apprendre qu'il continue à porter les espoirs et les secrets des plus jeunes élèves de Poudlard a quelque chose de rassurant. Le temps, au moins, ne changera pas ce point-là.
Ensuite, je me réjouis de la manière dont il parle de la magie. Ce garçon qui, quelques minutes plus tôt, trahissait son lien avec les moldus à travers ce mot employé qui m'était inconnu, le voici qui papillonne en évoquant ses entraînements, son amour pour les sorts, ses intérêts grandissants pour l'apprentissage et l'expérimentation. C'est étrange, mais cela me rend fière ; fière d'être une sorcière, fière de maîtriser des sorts, fière de connaître la magie, elle qui peut être la source de tant de bonheur.
Parmi les noms qu'il mentionne, certains me feraient hausser les sourcils en d'autres circonstances. Aelle, comme Aelle Bristyle, inspirante ? Et que dire de ces duels contre des adultes ? Ce garçon ne manque ni de courage ni d'audace. Est-ce pour cela que d'autres élèves se sont tournés vers lui pour l'aider ? Ont-ils vu dans cette personnalité flamboyante l'énergie, la volonté, le désir de progresser ? Désormais, le voilà qui m'intrigue. Comment peut-il être charmant, épanoui, rougissant, résolu et ambitieux ? Est-ce un Gryffondor ?
« Moi ? répliqué-je, quelque peu égarée après sa tirade et l'arrivée soudaine de toutes ses questions. Oh, oui, j'aime bien cela. Enfin, le côté offensif m'est moins agréable, mais j'apprécie l'énergie, et la magie employée. Enfin, tu sais, avec mes études, j'ai bien moins de temps pour m'entraîner, et malgré le fait que j'ai poursuivi les sortilèges et la défense contre les forces du mal durant toute ma scolarité à Poudlard, je ne suis pas sûre d'être une duelliste aussi accomplie que toi, surtout si tu t'entraînes régulièrement. »
Ma modestie me fait sourire et m'amuse, peut-être parce qu'elle est surtout là pour le flatter quelque peu, lui et sa passion étincelante. Néanmoins, n'ai-je pas étrangement bien réussi mes ASPIC de défense contre les forces du mal ? Ne suis-je pas également parvenue à remporter mon duel contre Estefânia quand elle est venue à Poudlard ? Ma baguette et moi avons un lien fort et sûr, et mes exercices réguliers m'ont souvent permis de rester habile, même dans ces matières qui demandent d'utiliser la magie.
« Cependant, poursuivis-je, si tu le souhaites je peux toujours être ton adversaire le temps d'un duel. »
Cette perspective me plaît. Ce jeune sorcier m'intrigue dans l'intérêt immense qu'il porte aux sortilèges.
« Oh, et quant à mon sort préféré... commencé-je après m'être brusquement remémorée sa question, c'est dur à dire. J'aime les sortilèges de protection, comme Protego, justement, parce qu'ils font appel à des sentiments que je trouve très nobles. Mais des sorts comme Ventus et Orchideus sont également merveilleux, car ils peuvent aussi bien être beaux que forts. Le sortilège du Patronus m'attire aussi, mais malgré mes efforts, je ne le maîtrise pas encore totalement. »
Ma question, posée par curiosité, éveille en lui des sentiments grandioses. Brusquement, il grandit, s'épanouit, et prend toute la place. Ses mots éclatent comme des feux d'artifice. Il y a quelque chose d'aveuglant dans son bonheur. Il ne le contient pas, il le partage sans en retenir une goutte. Tout jaillit, rayonne, et se répand autour de lui. J'ai presque du mal à le suivre dans ses paroles, comme s'il bougeait trop vite, comme si tout allait trop vite. Je ne m'attendais pas à cela, et me voilà renversée par cette clarté soudaine et déroutante.
Au début, mon sourire chancelle un peu. C'est la surprise qui le fragilise. Je me sens éblouie. Alors, ce que je prenais pour de la lumière était en réalité couvert d'un voile léger ? Et maintenant qu'il n'y a plus que son enthousiasme, et la passion dans sa voix, tout voilage retiré, je vacille sous cette avalanche bouillonnante d'excitation et de félicité. Cependant, mon ravissement revient bien vite, comme un écho au sien. Je me sens miroir de ses joies.
Dans son discours, mes pensées rebondissent sur plusieurs mots. D'abord, la salle sur demande, et avec elle tous les souvenirs d'entraînements que j'en ai. C'est un lieu si particulier, et apprendre qu'il continue à porter les espoirs et les secrets des plus jeunes élèves de Poudlard a quelque chose de rassurant. Le temps, au moins, ne changera pas ce point-là.
Ensuite, je me réjouis de la manière dont il parle de la magie. Ce garçon qui, quelques minutes plus tôt, trahissait son lien avec les moldus à travers ce mot employé qui m'était inconnu, le voici qui papillonne en évoquant ses entraînements, son amour pour les sorts, ses intérêts grandissants pour l'apprentissage et l'expérimentation. C'est étrange, mais cela me rend fière ; fière d'être une sorcière, fière de maîtriser des sorts, fière de connaître la magie, elle qui peut être la source de tant de bonheur.
Parmi les noms qu'il mentionne, certains me feraient hausser les sourcils en d'autres circonstances. Aelle, comme Aelle Bristyle, inspirante ? Et que dire de ces duels contre des adultes ? Ce garçon ne manque ni de courage ni d'audace. Est-ce pour cela que d'autres élèves se sont tournés vers lui pour l'aider ? Ont-ils vu dans cette personnalité flamboyante l'énergie, la volonté, le désir de progresser ? Désormais, le voilà qui m'intrigue. Comment peut-il être charmant, épanoui, rougissant, résolu et ambitieux ? Est-ce un Gryffondor ?
« Moi ? répliqué-je, quelque peu égarée après sa tirade et l'arrivée soudaine de toutes ses questions. Oh, oui, j'aime bien cela. Enfin, le côté offensif m'est moins agréable, mais j'apprécie l'énergie, et la magie employée. Enfin, tu sais, avec mes études, j'ai bien moins de temps pour m'entraîner, et malgré le fait que j'ai poursuivi les sortilèges et la défense contre les forces du mal durant toute ma scolarité à Poudlard, je ne suis pas sûre d'être une duelliste aussi accomplie que toi, surtout si tu t'entraînes régulièrement. »
Ma modestie me fait sourire et m'amuse, peut-être parce qu'elle est surtout là pour le flatter quelque peu, lui et sa passion étincelante. Néanmoins, n'ai-je pas étrangement bien réussi mes ASPIC de défense contre les forces du mal ? Ne suis-je pas également parvenue à remporter mon duel contre Estefânia quand elle est venue à Poudlard ? Ma baguette et moi avons un lien fort et sûr, et mes exercices réguliers m'ont souvent permis de rester habile, même dans ces matières qui demandent d'utiliser la magie.
« Cependant, poursuivis-je, si tu le souhaites je peux toujours être ton adversaire le temps d'un duel. »
Cette perspective me plaît. Ce jeune sorcier m'intrigue dans l'intérêt immense qu'il porte aux sortilèges.
« Oh, et quant à mon sort préféré... commencé-je après m'être brusquement remémorée sa question, c'est dur à dire. J'aime les sortilèges de protection, comme Protego, justement, parce qu'ils font appel à des sentiments que je trouve très nobles. Mais des sorts comme Ventus et Orchideus sont également merveilleux, car ils peuvent aussi bien être beaux que forts. Le sortilège du Patronus m'attire aussi, mais malgré mes efforts, je ne le maîtrise pas encore totalement. »
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Se draper d'assurance
Ses yeux scintillant de mille feux et d'un milliard d'étoiles aveuglantes. Ses pupilles, d'un noir si profond d'habitude, auraient tout aussi bien pu être blanches en cet instant. Lui qui adorait écouter les autres s'accordait actuellement ce petit plaisir coupable de pouvoir s'étaler sur sa passion grandissante et dévorante. L'idée de pouvoir en parler, qu'on lui ait simplement demandé, lui donnant l'opportunité de s'ouvrir, de grandir et de s'étendre. L'habituelle dichotomie qui le tiraillait en temps normal, le privant du simple plaisir de pouvoir parler de lui sans culpabiliser la seconde d'après ne se fit pas ressentir, face à l'expression de son aînée.
"Mh !"
Un énergique hochement de tête pour confirmer la courte question d'Alyona. Oui ! Toi ! Je veux savoir aussi si tu aimes ce que j'aime ! Je veux tout savoir de toi, tu peux me parler autant que je l'ai fait, et je t'écouterai. Et son visage s'illumina une nouvelle fois lorsqu'elle répondit par l'affirmative. Surtout au moment d'entrer dans les détails, démultipliant son expression de bonheur. Spontanément, il secoua la tête de gauche à droite, agitant ses cheveux, repoussant le sous-entendu qu'il était un duelliste accompli.
"N'importe quoi ! J'ai tout à apprendre encore ! toi j'suis sûr t'es trop forte !! Mais moi aussi la magie offensive j'aime pas beaucoup !! Enfin, j'aime pas pas, mais ça m'fait un peu peur..."
Et pourtant, même s'il employait ce mot, son visage le trahissait. Il trahissait une fascination à laquelle il se refusait encore. Un appel et un envoûtement qu'il était encore loin de mesurer, mais qui déjà le possédait tout entier, et le poussait toujours plus loin.
Si Narcisse pensait avoir atteint le comble de son bonheur, il appris à ses dépends à quel point il s'était fourvoyé. Entendre son aînée déclamer ainsi sa passion pour les sortilèges de défense, son acceptation d'être sa partenaire de duel... Il crut que son coeur allait bondir hors de sa poitrine, au point qu'il lui faisait souffrir le martyr ! Son visage vira au rouge violet, il eut l'impression que le monde sous ses pieds tournait et entraînait sa tête avec lui, et dans un réflexe, ses doigts agrippèrent sa poitrine. Sa respiration courte, presque saccadée, contrastait avec son sourire fendant son visage en deux.
"A... J... OH MERCIIII ! Purée comment j'aimerais trop t'affronter en duel !!! Et j'adore tes sorts préférés et c'que tu dis dessus, je... oh purée..."
Une inspiration, il sentit son épaule entrer en contact avec la bibliothèque à côté de lui sous sa perte d'équilibre, alors que le tournis n'allait que croissant. Soudainement pris par un court éclat de rire cristallin, euphorique au plus au point, il réalisa brusquement le désordre monstre qui régnait dans cette interaction. Serrant les dents et calmant ses battements de cœur, il se redressa et tendit sans hésiter sa main en direction de sa nouvelle amie, plongeant son regard dans le sien.
"Au fait ! Moi c'est Narcisse, Narcisse Brando ! J'suis trop content d'te rencontrer !!!"
"Mh !"
Un énergique hochement de tête pour confirmer la courte question d'Alyona. Oui ! Toi ! Je veux savoir aussi si tu aimes ce que j'aime ! Je veux tout savoir de toi, tu peux me parler autant que je l'ai fait, et je t'écouterai. Et son visage s'illumina une nouvelle fois lorsqu'elle répondit par l'affirmative. Surtout au moment d'entrer dans les détails, démultipliant son expression de bonheur. Spontanément, il secoua la tête de gauche à droite, agitant ses cheveux, repoussant le sous-entendu qu'il était un duelliste accompli.
"N'importe quoi ! J'ai tout à apprendre encore ! toi j'suis sûr t'es trop forte !! Mais moi aussi la magie offensive j'aime pas beaucoup !! Enfin, j'aime pas pas, mais ça m'fait un peu peur..."
Et pourtant, même s'il employait ce mot, son visage le trahissait. Il trahissait une fascination à laquelle il se refusait encore. Un appel et un envoûtement qu'il était encore loin de mesurer, mais qui déjà le possédait tout entier, et le poussait toujours plus loin.
Si Narcisse pensait avoir atteint le comble de son bonheur, il appris à ses dépends à quel point il s'était fourvoyé. Entendre son aînée déclamer ainsi sa passion pour les sortilèges de défense, son acceptation d'être sa partenaire de duel... Il crut que son coeur allait bondir hors de sa poitrine, au point qu'il lui faisait souffrir le martyr ! Son visage vira au rouge violet, il eut l'impression que le monde sous ses pieds tournait et entraînait sa tête avec lui, et dans un réflexe, ses doigts agrippèrent sa poitrine. Sa respiration courte, presque saccadée, contrastait avec son sourire fendant son visage en deux.
"A... J... OH MERCIIII ! Purée comment j'aimerais trop t'affronter en duel !!! Et j'adore tes sorts préférés et c'que tu dis dessus, je... oh purée..."
Une inspiration, il sentit son épaule entrer en contact avec la bibliothèque à côté de lui sous sa perte d'équilibre, alors que le tournis n'allait que croissant. Soudainement pris par un court éclat de rire cristallin, euphorique au plus au point, il réalisa brusquement le désordre monstre qui régnait dans cette interaction. Serrant les dents et calmant ses battements de cœur, il se redressa et tendit sans hésiter sa main en direction de sa nouvelle amie, plongeant son regard dans le sien.
"Au fait ! Moi c'est Narcisse, Narcisse Brando ! J'suis trop content d'te rencontrer !!!"