On garde son sang-froid !
Vendredi 3 septembre 2049
13h30
Avec @Lavinia W. Campbell
En plus, maintenant, je maîtrisais parfaitement Riddikulus, puisque je l'avais pratiqué avec Alyssa l'année dernière ! Non, vraiment, je le sens bien là, je suis trop content de pouvoir aider Lavivi avec son épouvantard ! Je suis content qu'elle ait accepté, aussi, j'ai un peu l'impression qu'elle veut pas qu'on l'aide, souvent. C'est bizarre... Enfin, bon, moi je suis pas mieux, je le sais, j'ai tellement du mal à accepter qu'on m'aide ! Alors considérons que je n'ai rien dit héhé.
Il faudra vraiment que je remercie Mister Khan d'une autre manière qu'à l'oral... Me laisser emprunter par deux fois sa salle de classe, pour le même exercice, quel crack ! Je l'aime trop. Bon, un dernier tour de piste, l'armoire là, une table là, un seau d'eau froide au cas où, des sucreries ! J'ai appris de l'année dernière, et cette fois-là, je suis prêt. Mes yeux glissent d'eux-mêmes sur ceux de mon amie, à laquelle j'envoie un hochement de tête et un pouce en l'air.
"Okay ! Tout est prêt ! T'es ready ? Ça va aller, ok ? T'inquiète pas, j'serai là, et tu s'ras pas toute seule ! Bon, pour commencer, tu sais déjà sa forme à ton épouvantard ?"
Au début, je vais rester à côté d'elle, avant que la porte ne s'ouvre. Mais déjà, je réfléchis à mon placement, où je serai, à tel moment, pour intervenir le plus rapidement possible et ne pas me laisser surprendre ! Mais je suis sûr qu'elle va réussir, elle est trop douée Lavivi, je suis certain qu'elle n'aurait même pas eu besoin de mon aide !
Dernière modification par Narcisse Brando le 21 déc. 2024, 17:01, modifié 1 fois.
On garde son sang-froid !
Lavinia n'était pas aussi ravie à l'idée de commencer cet exercice que Narcisse. Il faut dire que vu le sourire qu'il affichait et sa joie de vivre qu'il lui distribuait tel des uppercuts en mousse, elle était persuadée qu'il avait oublié l'origine même de sa proposition initiale. Il ne voyait cela plus que sous la forme d'un jeu, un moyen de perfectionner un de ses sorts et d'apprendre à Lavinia à faire de même... Mais la petite Campbell n'avait pas perdu son Pointe au nord pour autant.Vendredi 3 septembre 2049 - 13h30
L'origine de ce curieux exercice, où il se retrouvait seul dans la salle de Mr Khan, en face d'une armoire fermée à clé, mais dont l'occupant s'agitait assez pour la faire vibrer de secousses, était une discussion qu'ils avaient eu lors d'un tout autre entraînement. Son adversaire régulier de duel lui avait proposé d'affronter sa peur et son dégoût du sortilège Mucus ad Nauseam, et après plusieurs séances de torture pour Lavinia, ils avaient réussis. La vipère était capable de le lancer, mais surtout de le subir, sans tomber dans une crise de panique qui lui coupait le souffle et lui paralysait le corps.
Pour valider cette étape d'apprentissage et surmonter sa peur, Narcisse et elle avaient convenu qu'il lui fallait affronter son origine : celle de la Valérion, qui venait encore la hanter dans ses cauchemars. Son départ de Poudlard n'avait pas amélioré les choses et les souvenirs que Lavinia s'en faisait devenaient de plus en plus caricaturaux au fur et à mesure des mois. Il fallait que cela cesse. Sur le ton de la plaisanterie, la petite Campbell avait glissé à Narcisse que la prochaine fois qu'elle verrait leur ex-professeur, c'était sans doute dans un placard, sous la forme d'un masque pris par un épouvantard. Cela avait suffi au Poufsouffle pour se faire des plans sur la comète, interpréter cela comme une demande, et lui proposer un petit cours particulier du sortilège de Ridikulus.
Lavinia avait laissé l'enthousiasme dévorant du Poufsouffle balayer de son esprit la raison originelle de cet exercice. Après tout, elle ferait peut-être une pierre deux coups : elle confirmera ne plus craindre le fantôme de Valérion, l'ombre du Mucus ad Nauseam, tout en assurant de ne pas être surprise quand son tour viendra lors du cours de Mr Khan sur les épouvantards. Elle ne voulait surtout pas renouveler l'expérience de se faire humilier devant toute la promotion. Cela ne pouvait lui être que bénéfique.
Le flot ininterrompu de parole de Narcisse l'agaça autant qu'il l'apaisa, une sensation étrange qu'elle avait appris à accepter à son contact. Il illustrait pourtant parfaitement sa supposition : Narcisse avait déjà oublié le but premier de l'exercice.
- Valérion, j'espère. C'était l'idée, hein...
Le ton était un peu froid, mais ses yeux n'hébergeaient aucune animosité. Peut-être qu'elle n'était pas si rassurée qu'elle voulait bien le croire finalement. Peut-être que, en effet, le fait qu'il soit là avec elle, sans un public d'élèves moqueurs, prêt à se rire de ses peurs, comptait à ses yeux. Malgré son assurance de façade, Lavinia avait des doutes. Le cours de Mucus était loin derrière elle, à présent. Peut-être que ce ne serait pas la Valérion qui surgirait de l'armoire. Alors qui ? Quoi ? L'image de sa mère effleura son esprit avant que Lavinia ne la chasse aussitôt. Elle n'avait pas peur de ses parents. Non, sans nul doute, ce sera bien Sixtine Valérion qui jaillira de derrière la porte.
- C'est pourquoi, le seau d'eau, au juste ?... demanda-t-elle avec un sourcil levé, dubitative.
Puis elle se mit en position, face à l'armoire à épouvantard.
- Tu ne lances pas le riddikulus tout de suite, hein. Il faut d'abord que j'apprenne à contrôler.
Lavinia prit une grande respiration, serre fort ses poings avant de les relâcher en expirant longement. Elle ouvre les yeux et relève son regard, déterminée à affronter la créature, quels que soient les traits qu'elle prendra.
- Je suis prête.
@Sixtine Valerion pour la mention et le prétexte
On garde son sang-froid !
Je claque brusquement des doigts en laissant ma main voler devant moi, alors que mon visage s'éclaire sous une réalisation soudaine.
"Purée Valérion ! Mais oui c'était elle !"
L'année dernière, je n'aurais absolument pas remis en cause la certitude de mon amie de se retrouver face à ce qu'elle pensait être sa plus grande peur. Moi-même aurait été incapable de lui en trouver une plus pertinente, après toutes les explications qu'elle m'a fourni et tous les entraînements que j'avais fait avec elle. J'avais beau encore admirer et vouer un grand respect à l'ancienne professeure de défense, de plus en plus, j'avais le sentiment qu'elle aurait pu parfois se révéler davantage... douce ?
Mais d'un autre côté, je comprenais, et j'adorais sa manière de faire, j'aimais être brusqué et mis au pied du mur. J'adorais qu'on me plonge dans les pires épreuves, face à moi-même. Mais tout le monde n'avait pas l'air fait pour ça... Que faisait-on de ces gens ? Je n'y avais pas encore réfléchi, je n'étais pas certain d'un jour trouver la réponse. Peu importe !
J'éclate d'un court rire avant de m'accroupir à côté du seau d'eau en le prenant par les contours.
"C'est super important ! C'est pour te rafraîchir ! Ça m'fait du bien d'plonger ma tête dedans après avoir lancé l'sort héhé."
D'un hochement de tête, je lui promis de d'abord la laisser essayer avant d'intervenir. D'autant que cette année, j'avais bien davantage confiance en ma capacité à lancer ce sort. L'année passée, c'était bien plus hasardeux.
"Pas d'souci ! J'attends l'dernier moment rassure-toi ! Tu vas réussir t'inquiète !"
Petite tape sur l'épaule, un dernier hochement de tête, puis je bondis à côté de l'armoire. Mon expression change légèrement, mon attention devient plus précise et ma concentration augmente. Baguette en main, j'attends sa confirmation verbale.
"Rappelle-toi qu'ce s'ra pas forcément ce à quoi tu t'attends. J'avais aucune idée de c'qui allait sortir pour moi avant d'le voir ! Mais après... tu t'dis que ça aurait pas pu être autre chose."
Enfin, je hoche la tête, ouvrant l'armoire d'un coup de baguette, et m'éloignant d'un pas en arrière pour ne pas impacter l'Epouvantard. Je me tiens prêt, à tout moment, je surveille avec une vigilance sans pareille, sans la quitter des yeux un seul instant.
"Purée Valérion ! Mais oui c'était elle !"
L'année dernière, je n'aurais absolument pas remis en cause la certitude de mon amie de se retrouver face à ce qu'elle pensait être sa plus grande peur. Moi-même aurait été incapable de lui en trouver une plus pertinente, après toutes les explications qu'elle m'a fourni et tous les entraînements que j'avais fait avec elle. J'avais beau encore admirer et vouer un grand respect à l'ancienne professeure de défense, de plus en plus, j'avais le sentiment qu'elle aurait pu parfois se révéler davantage... douce ?
Mais d'un autre côté, je comprenais, et j'adorais sa manière de faire, j'aimais être brusqué et mis au pied du mur. J'adorais qu'on me plonge dans les pires épreuves, face à moi-même. Mais tout le monde n'avait pas l'air fait pour ça... Que faisait-on de ces gens ? Je n'y avais pas encore réfléchi, je n'étais pas certain d'un jour trouver la réponse. Peu importe !
J'éclate d'un court rire avant de m'accroupir à côté du seau d'eau en le prenant par les contours.
"C'est super important ! C'est pour te rafraîchir ! Ça m'fait du bien d'plonger ma tête dedans après avoir lancé l'sort héhé."
D'un hochement de tête, je lui promis de d'abord la laisser essayer avant d'intervenir. D'autant que cette année, j'avais bien davantage confiance en ma capacité à lancer ce sort. L'année passée, c'était bien plus hasardeux.
"Pas d'souci ! J'attends l'dernier moment rassure-toi ! Tu vas réussir t'inquiète !"
Petite tape sur l'épaule, un dernier hochement de tête, puis je bondis à côté de l'armoire. Mon expression change légèrement, mon attention devient plus précise et ma concentration augmente. Baguette en main, j'attends sa confirmation verbale.
"Rappelle-toi qu'ce s'ra pas forcément ce à quoi tu t'attends. J'avais aucune idée de c'qui allait sortir pour moi avant d'le voir ! Mais après... tu t'dis que ça aurait pas pu être autre chose."
Enfin, je hoche la tête, ouvrant l'armoire d'un coup de baguette, et m'éloignant d'un pas en arrière pour ne pas impacter l'Epouvantard. Je me tiens prêt, à tout moment, je surveille avec une vigilance sans pareille, sans la quitter des yeux un seul instant.
On garde son sang-froid !
Lavinia leva un sourcil, dubitative, alors que le Poufsouffle lui suggérait de mettre sa tête dans le seau d'eau à l'issue de l'exercice. Le connaissant, il parlait sérieusement, mais ce qui l'inquiétait, c'était qu'il avait vraiment imaginé à un moment, que Lavinia se prendrait au jeu elle aussi... La vipère soupira, sans ajouter un mot. Le seau restera à sa place, sauf si Narcisse voulait se faire une petite toilette. Elle, elle n'y touchera pas. Étrangement, ce détail loufoque avait eu l'effet de l’apaiser un peu, lui permettant de prendre du recul sur la situation.TW : Torture
Quand Narcisse l'y invita, Lavinia resserra son étreinte sur sa baguette et révisa dans son esprit le sort qu'il lui avait appris. D'un autre côté, il fallait qu'elle imagine une Valerion plus vraie que nature, transformée en poupée de porcelaine à rubans roses. Son estomac commençait à se tordre, alors que la porte de l'armoire s'ouvrait doucement. Ils étaient peut-être allés trop vite. Ils n'étaient que des élèves fraîchement arrivées à Poudlard pour leur troisième année, elle n'avait pas spécialement révisée ce sort pendant l'été. Et ils pensaient réussir là où un professeur mettait plusieurs séances pour l'apprendre à ses élèves ?
Le doute s’insinua dans son esprit comme un courant d'air glacial quand elle vit la silhouette qui sortit de l'armoire. Elle ne portait pas de talons aiguilles, elle n'avait pas non plus le visage de Valérion. Si la longue cape à capuche noire qui couvrait ses épaules et son visage pouvait faire penser à un sorcier, la créature avait revêtu en dessous une large bure blanche, rapprochée du corps par une cordelette blanche sur le bas du ventre. Alors que Lavinia comprit à qui elle avait à faire, elle sentit sa respiration se couper et ses yeux s'écarquiller, oubliant sa baguette et le sort qu'elle devait lancer. Ce n'était pas Valérion, mais c'était bien pire. Et alors que son imagination plongea dans ses pires souvenirs de cours qu'on lui avait donné, de livres qu'elle avait lus, de tableaux et d'illustrations qu'elle avait sautées volontairement, écœurée, la créature semblait s'en délecter et un large sourire sadique, trop grand pour être humain, s'étendit sur le visage factice du prêtre.
Avec un tourbillon de magie, l'épouvantard changea pour une forme plus massive, imposante, prenant presque toute la largeur de la pièce et s'élevant à la moitié du plafond. Entourée de fagots de pailles à ses pieds, une silhouette de femme était attachée à un poteau en bois, se débattant avec force, dans une langue incompréhensible, mais où transpirait la peur et les suppliques. Son visage était recouvert par un sac de jute qu'on avait noué à son cou. Bien qu'une chevelure blonde retombait sur ses épaules, elle pouvait être n'importe qui n'importe quelle sorcière passée ou à venir.
Sans que Lavinia ne pût articuler un son ou ne faire un geste pour l'empêcher, les fagots commencèrent à s'enflammer dans de sinistres craquements répétés, alors que les cris de la sorcière retentissaient encore plus fort dans la pièce et dans l'esprit de Lavinia. Alors que les flammes commencèrent à lui lécher le corps, les cris de détresse se transformèrent en hurlements de douleur, entrecoupés de toux, au fur et à mesure que la fumée venait lentement l'asphyxier. La victime se débattait de toute ses forces, mais les chaînes entravaient ses mouvements, la forçant à subir jusqu'à la mort la torture du bûcher.
Dès le premier hurlement, Lavinia avait lâché sa baguette, au suivant, elle avait perdu l'équilibre et était tombée sur les genoux, les mains sur les oreilles. Son propre cri de terreur se maria avec le chant cruel de l'épouvantard, avant qu'elle ne reprenne ses esprits.
- Rid-... ikulus ! Ridikulus ! s'était-elle entendu crier, lorsque son esprit réussit à se détacher de cette scène et la remettre dans le contexte de l'exercice improvisé.
Mais sans baguette, la voie tendue et incontrôlée, l'esprit incapable de proposer une image amusante pour contrer l'horreur que lui imposait l'épouvantard, son incantation n'était plus qu'un bégaiement inutile.
On garde son sang-froid !
Découvrir l'Épouvantard de quelqu'un d'autre que soi-même est toujours une plongée dans l'inconnu. La découverte d'une information si intime de l'autre, une connaissance si parfaite de son inconscient, que rarement l'on pouvait atteindre. J'avais pu le mesurer l'année dernière, avec Alyssa, et à quel point, depuis que j'avais assisté à la manifestation de sa pire peur. Aussi, c'est avec le plus grand sérieux que je me prêtait à l'exercice si délicat d'observer la révélation de cette créature, en compagnie de Lavinia.
Mon regard demeura un instant de plus sur elle, pour jauger son expression, tenter d'en capter l'essentiel. Essayer de prévoir, de deviner, d'anticiper sa réaction. Essayer de mesurer sa capacité à réagir, à s'en sortir. J'étais là pour elle, mais mon objectif était qu'elle défasse sa peur et maîtrise le sortilège !
Un vague de froid brûlant inonda brusquement mon visage. Et ma peau se mettant à picoter, un sourire euphorique aux lèvres, dévorant de curiosité, je redresse les yeux pour contempler la vision.
Je n'ai pas besoin de mesurer et de comprendre l'ampleur de l'histoire sorcière pour ressentir l'effroi profond qui doit saisir Lavinia. Ce serait comme, pour moi, voir ma mère réduite en cendres par un sortilège de Feudeymon. Je savais que les deux mondes avaient été marqués par les affres et les affrontements réciproques, mais découvrir, mesurer, être frappé de plein fouet par la terreur profonde que certains pouvaient ressentir, dépassait mon entendement. Comprendre enfin, que de mon point de vue, les choses et ma perception du monde ne sont que limitées. L'apparition est glaçant, purement et simplement. Elle est cruelle, violente, impardonnable, d'une sauvagerie sans pareille. Bien loin de l'immobilité à couper le souffle du mien.
Je l'observe prendre en taille, gagner en puissance, sans que la scène jouée ne soit interrompue.
"Lavi..."
Mon visage se baisse, le cri que j'avais entendu ne venait pas que de l'Épouvantard, je le comprends alors que mes yeux se posent sur mon amie.
"LAVINIA !"
Mon cerveau n'a même pas le temps de donner la moindre directive. Mon corps a agi de lui-même. Tous mes entraînements payant magnifiquement, mes réflexes sont parfaitement écoutés. La voir sans baguette m'avait suffit, elle ne pouvait rien faire. Mes baskets dérapent sur le plancher quand je positionne devant elle, agrippant l'attention de l'être, appréhendant la vision qui s'offre une nouvelle fois à mon regard.
Le lit blanc. Les bruits de la machine cardiaque, l'odeur du désinfectant et du sang, du pourri, de la peau carbonisée. Le silence assourdissant derrière le drap translucide flottant, révélant ce lit d'hôpital, déjà se tâchant du sang grenat. Je l'ai déjà affronté, mais encore une fois, je sens mes yeux se tremper de larmes, sans qu'aucun sanglot ne me secoue. Une colère froide s'empare une nouvelle fois de moi, alors que je brandis ma baguette.
"Riddikulus."
On ne joue pas avec mon esprit. Mes souvenirs sont à moi, je t'interdis de les toucher.
La vague de boursouflets bondit alors du lit, le draps translucide s'envolant, les couleurs se ravivant en un éclair, alors que toute la tension quitte mes épaules. Dans un mouvement souple, je renvoie l'Épouvantard au fond de son armoire, et referme la porte en me précipitant dessus.
J'expire longuement, passant ma main dans mes cheveux pour les remettre en place. Mon front est trempée d'une sueur glacée.
Sans un mot, je m'approche de Lavinia, je fais flotter la tablette de chocolat jusqu'à nous, ainsi que sa baguette, en déposant un genou devant elle.
Je lui laisse quelques instants pour se reprendre, hésitant à poser ma main sur son épaule. Mais en souriant, le visage blanc comme un fantôme, je lui tends le chocolat.
"Ça va ? Tu veux r'commencer ? T'inquiètes, on réussit jamais du premier coup."
Puis je laisse glisser mon regard sur son visage, et penche ma tête sur le côté.
"On peut aussi parler, si tu veux."
Mon regard demeura un instant de plus sur elle, pour jauger son expression, tenter d'en capter l'essentiel. Essayer de prévoir, de deviner, d'anticiper sa réaction. Essayer de mesurer sa capacité à réagir, à s'en sortir. J'étais là pour elle, mais mon objectif était qu'elle défasse sa peur et maîtrise le sortilège !
Un vague de froid brûlant inonda brusquement mon visage. Et ma peau se mettant à picoter, un sourire euphorique aux lèvres, dévorant de curiosité, je redresse les yeux pour contempler la vision.
Je n'ai pas besoin de mesurer et de comprendre l'ampleur de l'histoire sorcière pour ressentir l'effroi profond qui doit saisir Lavinia. Ce serait comme, pour moi, voir ma mère réduite en cendres par un sortilège de Feudeymon. Je savais que les deux mondes avaient été marqués par les affres et les affrontements réciproques, mais découvrir, mesurer, être frappé de plein fouet par la terreur profonde que certains pouvaient ressentir, dépassait mon entendement. Comprendre enfin, que de mon point de vue, les choses et ma perception du monde ne sont que limitées. L'apparition est glaçant, purement et simplement. Elle est cruelle, violente, impardonnable, d'une sauvagerie sans pareille. Bien loin de l'immobilité à couper le souffle du mien.
Je l'observe prendre en taille, gagner en puissance, sans que la scène jouée ne soit interrompue.
"Lavi..."
Mon visage se baisse, le cri que j'avais entendu ne venait pas que de l'Épouvantard, je le comprends alors que mes yeux se posent sur mon amie.
"LAVINIA !"
Mon cerveau n'a même pas le temps de donner la moindre directive. Mon corps a agi de lui-même. Tous mes entraînements payant magnifiquement, mes réflexes sont parfaitement écoutés. La voir sans baguette m'avait suffit, elle ne pouvait rien faire. Mes baskets dérapent sur le plancher quand je positionne devant elle, agrippant l'attention de l'être, appréhendant la vision qui s'offre une nouvelle fois à mon regard.
Le lit blanc. Les bruits de la machine cardiaque, l'odeur du désinfectant et du sang, du pourri, de la peau carbonisée. Le silence assourdissant derrière le drap translucide flottant, révélant ce lit d'hôpital, déjà se tâchant du sang grenat. Je l'ai déjà affronté, mais encore une fois, je sens mes yeux se tremper de larmes, sans qu'aucun sanglot ne me secoue. Une colère froide s'empare une nouvelle fois de moi, alors que je brandis ma baguette.
"Riddikulus."
On ne joue pas avec mon esprit. Mes souvenirs sont à moi, je t'interdis de les toucher.
La vague de boursouflets bondit alors du lit, le draps translucide s'envolant, les couleurs se ravivant en un éclair, alors que toute la tension quitte mes épaules. Dans un mouvement souple, je renvoie l'Épouvantard au fond de son armoire, et referme la porte en me précipitant dessus.
J'expire longuement, passant ma main dans mes cheveux pour les remettre en place. Mon front est trempée d'une sueur glacée.
Sans un mot, je m'approche de Lavinia, je fais flotter la tablette de chocolat jusqu'à nous, ainsi que sa baguette, en déposant un genou devant elle.
Je lui laisse quelques instants pour se reprendre, hésitant à poser ma main sur son épaule. Mais en souriant, le visage blanc comme un fantôme, je lui tends le chocolat.
"Ça va ? Tu veux r'commencer ? T'inquiètes, on réussit jamais du premier coup."
Puis je laisse glisser mon regard sur son visage, et penche ma tête sur le côté.
"On peut aussi parler, si tu veux."
On garde son sang-froid !
Elle était ridicule, stupide, pitoyable. Une fois de plus, la panique l'avait saisie et avait effacé de son esprit son caractère méthodique et rationnel. Elle en avait même lâché sa baguette, sa seule arme, le partenaire irremplaçable des sorciers. Il y a deux ans, elle s'était retenue de se moquer de Kalev quand il avait fait de même, mais n'en avait pas pensé moins. Et voilà qu'elle faisait cette erreur idiote elle-même. C'était un exercice, elle aurait dû réagir, qu'importe si l'épouvantard n'avait pas pris la forme escomptée. Elle aurait dû être capable de lancer ce sort, en faisant fi de ce qui l'entourait, les yeux fermés s'il le fallait. Un "riddikulus" formulé, un geste appris et maîtrisé, une image drôle, n'importe laquelle... Mais non. Elle avait échoué à refouler sa peur et son angoisse, encore. Et devant Narcisse, une nouvelle fois.
Qu'est-ce qu'il devait penser d'elle, une sorcière incapable de se maîtriser, alors que les émotions étaient au cœur des sortilèges ? Combien de fois l'avait-il vu dans cette position de faiblesse qu'elle haïssait ? Alors qu'il s'était interposé entre l'épouvantard et elle, qu'il lui tournait le dos en affrontant lui-même son propre cauchemar, Lavinia ne pût s'empêcher de réaliser qu'il avait grandi pendant l'été. Son attitude désinvolte n'avait pas changé, mais alors qu'il se dressait en rempart devant elle, elle prenait conscience de toute la hauteur dont il la surplombait aujourd'hui.
L'épouvantard de Narcisse était plus calme, plus terne, plus blanc. Une ambiance presque paisible qui rassura Lavinia, en comparaison avec les hurlements de l'inconnue, les crissements du feu et la chaleur des flammes, jusqu'à ce qu'elle aperçoive une main livide dépassée du drap blanc recouvrant ce lit en fer. Un son régulier qui sonnait comme une petite cloche suraiguë, qui ralentissait de plus en plus, tandis que le rouge s'imposait de plus en plus au blanc. Alors que Lavinia reprenait ses esprits, elle regarda, sans pudeur, cet étrange spectacle. La scène lui faisait penser à une chambre d’hôpital, mais avec une étrange caisse avait une fenêtre allumée qui affichait des lettres, des chiffres, et des courbures en soubresaut. Et une étrange machine dont les fils entremêlés lui rappelait l'intervention risible d'un participant au quadriennal de la magie. De l'électricité ?...
- Riddikulus.
Quand l'armée de petites boules roses surexcitées jaillirent de cette zone blanche, Lavinia ne retient pas ses éclats de rires, et le soulagement qui allait avec. Cependant, alors que les boursoufflets ridiculisés s'enfuyaient dans l'armoire, ses rires se firent plus bas, avant de finir de s'étrangler dans sa gorge. Narcisse était bien plus fort qu'elle. Ce rire, cela aurait dû être son propre riddikulus qui l'aurait déclanché. A cause de sa faiblesse, le poufsouffle avait dû affronter sa plus grande peur, même si elle n'avait pas bien compris ce que cette étrange scène représentait. Par sa faute.
Lavinia accepta la tablette de chocolat que Narcisse lui tendit, ainsi que sa baguette, fuyant son regard, mortifiée par son échec et honteuse. Du sucre lui allait mieux qu'un seau d'eau glacé, et visiblement l'attention du garçon s'en était aussi détournée.
- Il faudra bien, répondit-elle alors qu'il lui proposait de réessayer. C'était le but, maîtriser ma peur. Je ne m'attendais juste pas à ce que...
Lavinia laissa sa phrase en suspens, et secoua la tête en choisissant de ne pas la terminer. Affronter Valérion aurait sans doute était plus simple, avec le temps qui s'était écoulée. L'épouvantard l'avait bien compris. Mais elle se trouvait des excuses, encore : c'était bien sa faiblesse qui les avait mis dans cette situation. Qui l'avait mise dans cette situation.
Avec le sucre et la douceur qui fondait dans sa bouche, son esprit se remettait doucement en marche et se préparait déjà à la manche retour. Elle avait perdu ses moyens face au bûcher, il fallait donc qu'elle réagisse dès l'arrivée du prêtre. Elle pouvait garder la même stratégie qu'elle avait prévue pour recevoir la Valérion factice, l'imaginer dans une tenue ridicule, rose bonbon à paillettes... Pour la petite vipère, il était plus facile de rire d'une personne que de trouver quelque chose de drôle à associer à un bûcher...
- On peut aussi parler, si tu veux.
Lavinia fut frustrée par cette réponse. Elle avait l'impression d'être une gosse pitoyable qu'il fallait câjoler et rassurer après un cauchemar. Elle releva la tête, agacée, mais ce sentiment fut balayé quand elle vit enfin le visage de Narcisse qui lui faisait face. Il était livide. Toutes les couleurs semblaient avoir quitté son visage. Effacées les joues rouges d'excitation, la blancheur du sourire qu'il ouvrait généralement de toutes ses dents, les étincelles invisibles qui animaient son regard. Les seuls marques colorées étaient des traits rougis au contour de ses yeux. Il avait pleuré ? Lavinia leva sa main sur ses propres paupières humides. Elle devait être un parfait reflet de ce teint terreux. Elle hoqueta un petit rire triste. Elle cassa une rangée de chocolat et la tendit à son tour à Narcisse, avant de ramener ses jambes contre son torse, dans la même position qu'elle avait prise lors de leurs confessions au coin du feu.
- Peut-être. Peut-être bien que ça aidera...
Lavinia fuit le regard de Narcisse en tournant la tête vers l'armoire qui était devenue étonnement silencieuse.
- C'était l'Inquisition, la chasse aux sorcières, qui s'est déroulée entre le XVème siècle et le XVIIème siècle, récita-t-elle sur le même ton qu'une restitution de leçon. Plus de cinquante mille sorciers ont été exécutés par les moldus, de manière barbare, parce que c'étaient des sorciers, et qu'ils en avaient peur. Cela existait avant, mais pendant cette période, c'étaient les gouvernements religieux, et même les politiques moldus qui les soutenaient. Et ça continue encore aujourd'hui, dans certains pays...
Lavinia se recroquevilla encore un peu.
- Et en 2044 aussi. Des sorciers de notre propre pays ont été torturés et tués par des moldus. Leur gouvernement nous a attaqués, nous menaçait... J'étais terrifiée, j'avais l'impression qu'ils allaient recommencer, faire la chasse aux sorciers, tous nous exterminer sur un bûcher. Finalement, on a gagné, mais je n'oublierai jamais la peur qui me hantait chaque jour, alors que j'attendais que mon père rentre de son travail... J'avais l'impression qu'un jour, c'était son visage que je verrais à la une de la gazette du sorcier, parmi les victimes d'un attentat contre le Conseil...
C'était la première fois qu'elle mettait des mots sur sa peur, et qu'elle l'externalisait. C'était la première fois qu'elle se confiait aussi sincèrement à quelqu'un.
Qu'est-ce qu'il devait penser d'elle, une sorcière incapable de se maîtriser, alors que les émotions étaient au cœur des sortilèges ? Combien de fois l'avait-il vu dans cette position de faiblesse qu'elle haïssait ? Alors qu'il s'était interposé entre l'épouvantard et elle, qu'il lui tournait le dos en affrontant lui-même son propre cauchemar, Lavinia ne pût s'empêcher de réaliser qu'il avait grandi pendant l'été. Son attitude désinvolte n'avait pas changé, mais alors qu'il se dressait en rempart devant elle, elle prenait conscience de toute la hauteur dont il la surplombait aujourd'hui.
L'épouvantard de Narcisse était plus calme, plus terne, plus blanc. Une ambiance presque paisible qui rassura Lavinia, en comparaison avec les hurlements de l'inconnue, les crissements du feu et la chaleur des flammes, jusqu'à ce qu'elle aperçoive une main livide dépassée du drap blanc recouvrant ce lit en fer. Un son régulier qui sonnait comme une petite cloche suraiguë, qui ralentissait de plus en plus, tandis que le rouge s'imposait de plus en plus au blanc. Alors que Lavinia reprenait ses esprits, elle regarda, sans pudeur, cet étrange spectacle. La scène lui faisait penser à une chambre d’hôpital, mais avec une étrange caisse avait une fenêtre allumée qui affichait des lettres, des chiffres, et des courbures en soubresaut. Et une étrange machine dont les fils entremêlés lui rappelait l'intervention risible d'un participant au quadriennal de la magie. De l'électricité ?...
- Riddikulus.
Quand l'armée de petites boules roses surexcitées jaillirent de cette zone blanche, Lavinia ne retient pas ses éclats de rires, et le soulagement qui allait avec. Cependant, alors que les boursoufflets ridiculisés s'enfuyaient dans l'armoire, ses rires se firent plus bas, avant de finir de s'étrangler dans sa gorge. Narcisse était bien plus fort qu'elle. Ce rire, cela aurait dû être son propre riddikulus qui l'aurait déclanché. A cause de sa faiblesse, le poufsouffle avait dû affronter sa plus grande peur, même si elle n'avait pas bien compris ce que cette étrange scène représentait. Par sa faute.
Lavinia accepta la tablette de chocolat que Narcisse lui tendit, ainsi que sa baguette, fuyant son regard, mortifiée par son échec et honteuse. Du sucre lui allait mieux qu'un seau d'eau glacé, et visiblement l'attention du garçon s'en était aussi détournée.
- Il faudra bien, répondit-elle alors qu'il lui proposait de réessayer. C'était le but, maîtriser ma peur. Je ne m'attendais juste pas à ce que...
Lavinia laissa sa phrase en suspens, et secoua la tête en choisissant de ne pas la terminer. Affronter Valérion aurait sans doute était plus simple, avec le temps qui s'était écoulée. L'épouvantard l'avait bien compris. Mais elle se trouvait des excuses, encore : c'était bien sa faiblesse qui les avait mis dans cette situation. Qui l'avait mise dans cette situation.
Avec le sucre et la douceur qui fondait dans sa bouche, son esprit se remettait doucement en marche et se préparait déjà à la manche retour. Elle avait perdu ses moyens face au bûcher, il fallait donc qu'elle réagisse dès l'arrivée du prêtre. Elle pouvait garder la même stratégie qu'elle avait prévue pour recevoir la Valérion factice, l'imaginer dans une tenue ridicule, rose bonbon à paillettes... Pour la petite vipère, il était plus facile de rire d'une personne que de trouver quelque chose de drôle à associer à un bûcher...
- On peut aussi parler, si tu veux.
Lavinia fut frustrée par cette réponse. Elle avait l'impression d'être une gosse pitoyable qu'il fallait câjoler et rassurer après un cauchemar. Elle releva la tête, agacée, mais ce sentiment fut balayé quand elle vit enfin le visage de Narcisse qui lui faisait face. Il était livide. Toutes les couleurs semblaient avoir quitté son visage. Effacées les joues rouges d'excitation, la blancheur du sourire qu'il ouvrait généralement de toutes ses dents, les étincelles invisibles qui animaient son regard. Les seuls marques colorées étaient des traits rougis au contour de ses yeux. Il avait pleuré ? Lavinia leva sa main sur ses propres paupières humides. Elle devait être un parfait reflet de ce teint terreux. Elle hoqueta un petit rire triste. Elle cassa une rangée de chocolat et la tendit à son tour à Narcisse, avant de ramener ses jambes contre son torse, dans la même position qu'elle avait prise lors de leurs confessions au coin du feu.
- Peut-être. Peut-être bien que ça aidera...
Lavinia fuit le regard de Narcisse en tournant la tête vers l'armoire qui était devenue étonnement silencieuse.
- C'était l'Inquisition, la chasse aux sorcières, qui s'est déroulée entre le XVème siècle et le XVIIème siècle, récita-t-elle sur le même ton qu'une restitution de leçon. Plus de cinquante mille sorciers ont été exécutés par les moldus, de manière barbare, parce que c'étaient des sorciers, et qu'ils en avaient peur. Cela existait avant, mais pendant cette période, c'étaient les gouvernements religieux, et même les politiques moldus qui les soutenaient. Et ça continue encore aujourd'hui, dans certains pays...
Lavinia se recroquevilla encore un peu.
- Et en 2044 aussi. Des sorciers de notre propre pays ont été torturés et tués par des moldus. Leur gouvernement nous a attaqués, nous menaçait... J'étais terrifiée, j'avais l'impression qu'ils allaient recommencer, faire la chasse aux sorciers, tous nous exterminer sur un bûcher. Finalement, on a gagné, mais je n'oublierai jamais la peur qui me hantait chaque jour, alors que j'attendais que mon père rentre de son travail... J'avais l'impression qu'un jour, c'était son visage que je verrais à la une de la gazette du sorcier, parmi les victimes d'un attentat contre le Conseil...
C'était la première fois qu'elle mettait des mots sur sa peur, et qu'elle l'externalisait. C'était la première fois qu'elle se confiait aussi sincèrement à quelqu'un.
On garde son sang-froid !
Inspirer, expirer. Le froid dans ma poitrine, le calme artificiel de mon être épuisé par l'émotion bouleversante de la vision s'étant offerte une nouvelle fois à mes yeux. Doucement, j'essuie mes yeux et mes joues de ma manche, reprenant peu à peu des couleurs, en prenant soin de laisser Lavinia se restaurer à sa convenance. Alors qu'elle commence à parler, je récupère la moitié d'un carré de chocolat, lui laissant le reste avec plaisir. En m'asseyant face à elle, un genou sous moi, le regard tourné vers l'armoire, ce que j'entends tourne encore et encore dans ma tête.
Il avait plus ou moins entendu parler de cette époque.
Mais sans jamais autant de détails. Autant de précisions, d'exactitude. Les images se collaient aux mots avec une facilité déconcertante, les émotions suivaient, les frissons aussi, et petit à petit, la gorge qui se serre. Fureur. Colère. Révolte. Incompréhension. Je la laisse parler, cependant. Si mon visage est probablement aussi dur qu'on peut l'imaginer, mon pouce frottant le bout de mon index nerveusement, je veux entendre tout ce qu'elle a à dire.
Le passage sur ce qu'il s'est passé il y a quelques années fait changer mon regard. Que je pivote pour le plonger sur elle. Bouche-bée. C'est probablement la première fois que j'entends une version de l'histoire qui est aussi parfaitement opposée à ce que j'ai personnellement vécu. Je sais que des amies ont eu peur aussi, que leur vie a changé, mais je ne sais pas pourquoi... cette fois-là, elle tape plus fort. Je mesure davantage tout cela, sans trop comprendre pourquoi.
J'expire lentement, vidant l'air de mes poumons, avant de déglutir, pour me murer dans un silence de quelques instants. Avant de lui répondre en fixant les striures du plancher.
"C'est dégueulasse putain..."
Pour le moment, j'ai bien du mal à pouvoir dire quoi que ce soit de plus. Le moindre mot me coûte, tant j'aimerais pouvoir dire directement ce que je pense à tous ces gens qui ont fait souffrir les sorciers, pour aucune raison à par la lâcheté. Je ne comprends pas ça, j'en suis tout simplement incapable, je ne le mesure pas, et parfois, je culpabilise de ne pas réussir à me mettre à la place des gens qui ont peur.
"Parfois, j'culpabilise vraiment de pas réussir à me mettre à la place des gens qui ont peur. Mais là, j'crois que je m'en fous. La peur justifie rien."
J'expire une nouvelle fois, avant d'étendre mes jambes pour m'asseoir différemment, en soutenant le haut de mon corps avec les mains posées derrière moi. Un petit sourire se dessine finalement sur mes lèvres : je suis heureux de pouvoir discuter de ça avec mon amie.
"Et je sais, tout ça, vraiment je sais... Ma maman a failli mourir à cette époque. C'était elle, d'ailleurs, dans le lit. Je l'ai vu trop de fois à l'hôpital aux portes de la mort... et en 2044, non, 2045 ? C'était la pire, vraiment. Et quand y'a eu l'attentat à Sainte Mangouste, elle a failli pas survivre..."
Je secoue la tête, puis je cligne des yeux.
"Elle a refusé d'affronter les sorciers, tu sais ? Elle trouvait ça dégueulasse qu'on se batte contre des gens comme ça, même s'ils ont fait ce qu'ils ont fait. Je suis vraiment trop fier d'elle. Mais elle s'est quand même retrouvé au... Ministère ? Le truc qu'a brûlé en 2045 là. Elle a dit que tout le monde était mort, une centaine de personne, c'était horrible... elle s'en est tout juste tirée. J'étais terrifié qu'elle meure, quand je l'ai vu avec tout ce sang..."
Mon regard revient sur celui de Lavinia, je me sens extrêmement léger. C'est agréable de savoir que quelque chose a été partagé par quelqu'un d'autre.
"Quand j'pense que si tout le monde se parlait, plus personne aurait peur... S'ils avaient su que les sorciers avaient pas voulu cet attentat à Sainte Mangouste... putain, c'était quand même pas compliqué à imaginer, c'est fou ! Enfin, j'comprenais pas tout à l'époque, j'avais juste peur pour maman... mais je suis content que ça soit fini."
Il avait plus ou moins entendu parler de cette époque.
Mais sans jamais autant de détails. Autant de précisions, d'exactitude. Les images se collaient aux mots avec une facilité déconcertante, les émotions suivaient, les frissons aussi, et petit à petit, la gorge qui se serre. Fureur. Colère. Révolte. Incompréhension. Je la laisse parler, cependant. Si mon visage est probablement aussi dur qu'on peut l'imaginer, mon pouce frottant le bout de mon index nerveusement, je veux entendre tout ce qu'elle a à dire.
Le passage sur ce qu'il s'est passé il y a quelques années fait changer mon regard. Que je pivote pour le plonger sur elle. Bouche-bée. C'est probablement la première fois que j'entends une version de l'histoire qui est aussi parfaitement opposée à ce que j'ai personnellement vécu. Je sais que des amies ont eu peur aussi, que leur vie a changé, mais je ne sais pas pourquoi... cette fois-là, elle tape plus fort. Je mesure davantage tout cela, sans trop comprendre pourquoi.
J'expire lentement, vidant l'air de mes poumons, avant de déglutir, pour me murer dans un silence de quelques instants. Avant de lui répondre en fixant les striures du plancher.
"C'est dégueulasse putain..."
Pour le moment, j'ai bien du mal à pouvoir dire quoi que ce soit de plus. Le moindre mot me coûte, tant j'aimerais pouvoir dire directement ce que je pense à tous ces gens qui ont fait souffrir les sorciers, pour aucune raison à par la lâcheté. Je ne comprends pas ça, j'en suis tout simplement incapable, je ne le mesure pas, et parfois, je culpabilise de ne pas réussir à me mettre à la place des gens qui ont peur.
"Parfois, j'culpabilise vraiment de pas réussir à me mettre à la place des gens qui ont peur. Mais là, j'crois que je m'en fous. La peur justifie rien."
J'expire une nouvelle fois, avant d'étendre mes jambes pour m'asseoir différemment, en soutenant le haut de mon corps avec les mains posées derrière moi. Un petit sourire se dessine finalement sur mes lèvres : je suis heureux de pouvoir discuter de ça avec mon amie.
"Et je sais, tout ça, vraiment je sais... Ma maman a failli mourir à cette époque. C'était elle, d'ailleurs, dans le lit. Je l'ai vu trop de fois à l'hôpital aux portes de la mort... et en 2044, non, 2045 ? C'était la pire, vraiment. Et quand y'a eu l'attentat à Sainte Mangouste, elle a failli pas survivre..."
Je secoue la tête, puis je cligne des yeux.
"Elle a refusé d'affronter les sorciers, tu sais ? Elle trouvait ça dégueulasse qu'on se batte contre des gens comme ça, même s'ils ont fait ce qu'ils ont fait. Je suis vraiment trop fier d'elle. Mais elle s'est quand même retrouvé au... Ministère ? Le truc qu'a brûlé en 2045 là. Elle a dit que tout le monde était mort, une centaine de personne, c'était horrible... elle s'en est tout juste tirée. J'étais terrifié qu'elle meure, quand je l'ai vu avec tout ce sang..."
Mon regard revient sur celui de Lavinia, je me sens extrêmement léger. C'est agréable de savoir que quelque chose a été partagé par quelqu'un d'autre.
"Quand j'pense que si tout le monde se parlait, plus personne aurait peur... S'ils avaient su que les sorciers avaient pas voulu cet attentat à Sainte Mangouste... putain, c'était quand même pas compliqué à imaginer, c'est fou ! Enfin, j'comprenais pas tout à l'époque, j'avais juste peur pour maman... mais je suis content que ça soit fini."
On garde son sang-froid !
Lavinia accueillit le premier silence renfermé de Narcisse avec compassion. Ce qu'elle avait ressenti, d'autres enfants sorciers l'avaient vécu aussi. Peut-être qu'elle avait ravivé de mauvais souvenirs dans l'esprit du garçon, mais elle trouvait cela rassurant. Il comprenait. Il prenait ses sentiments, sa peur, ses souvenirs effrayés, avec le plus grand sérieux. Quand il jura bruyamment, Lavinia sursauta, peu habituée à voir le Poufsouffle aussi grossier. Mais après réflexion, cela collait bien à la situation. C'était "dégueulasse".
Puis il commença à parler de sa mère, et Lavinia sentit un nouvel élan de compassion envahir son cœur. Un sentiment auquel elle n'était pas vraiment habituée. Lui aussi avait eu peur de perdre quelqu'un de sa famille, un de ses parents. Pire que cela, elle semblait avoir été au cœur de la guerre, blessée de nombreuses fois. Lavinia ne connaissait pas les parents de Narcisse, mais elle essayait de comprendre ce qu'il ne disait pas. Elle était peut-être de la police sorcière, ou Auror, même ! Cela lui semblait logique, étant donné le talent de son fils pour les duels. Puis il évoqua Sainte-Mangouste, et elle se demanda si elle ne s'était pas trompée. Sa mère aurait pu y être en tant que patiente, mais aussi en tant que médecin... La guerre l'aurait pourchassée jusque dans les draps de l’hôpital.
- Elle a refusé d'affronter les sorciers, tu sais ?
Au départ, Lavinia crût qu'elle avait mal entendu. Elle fixa le garçon, le visage soudain fermé, l'observant comme un enfant observerait un château de cartes auquel il ajouterait la lame de trop avant que l’échafaudage de papier ne s'écroule. L'infime seconde entre le moment du regret, et la réalisation du trop tard. Alors que le jeune homme commençait à lui révéler inconsciemment ce qu'il lui avait caché depuis deux ans, Lavinia voyait, impuissante, le château de ses certitudes s'effondrer dans un ralenti sinistre et un silence insupportable.
- ... des gens comme ça ... le truc qu'a brûlé en 2045 là ... quand je l'ai vu avec tout ce sang ...
Le sang de sorciers, le sang de sa race. Lavinia avait l'impression qu'à chaque mot qu'il prononçait, chaque phrase qu'il terminait, quelque chose se brisait en elle. Sans doute ses œillères qu'elle avait portées en toute innocence alors qu'elle côtoyait ce garçon. Ce rejeton de ceux contre qui Lavinia avait appris à se défendre, dont elle avait appris à se méfier, qu'elle avait appris à haïr. Ceux qui voulaient sa mort, qui avait détruit la société sorcière, volés de nombreuses vies.
- Tu... Tu...
Sa voix était faible, la colère se mêlait à la stupéfaction, donnait un pitoyable coassement inarticulé, qui échappa au Poufsouffle. Alors qu'il continuait son récit, Lavinia voyait ses deux années défilées devant ses yeux, mais avec un éclairage très différent. L'émerveillement de ce garçon devant des choses banales pour elle, qu'elle avait mis sur son enthousiasme et sa naïveté. Son ignorance, qu'elle avait prises pour un défaut d'éducation scolaire. Et ce moment, assis sur l'herbe, où il lui avait avoué voir des feux d'artifices pour la première fois. Ce n'était pas parce que c'était un indécrottable maladroit et simplet. C'était parce qu'il découvrait ce monde pour la première fois. C'était parce qu'était un moldu.
Un moldu qui avait volé le pouvoir de sorciers, qui s'était approprié leurs savoirs pour exceller dans des matières dont il n'aurait jamais dû connaître l'existence. Un moldu dont la mère s'était battue contre les sorciers, qui avait du sang de ses semblables sur les mains, et dont il était fier. Un moldu qu'elle avait pris pour un de ses pourtant trop rares amis, à qui elle avait montré ses faiblesses, confiées ses plus grandes peurs.
- Narcisse, articula-t-elle d'une voix mesurée, mais tremblante. Tu es... Tu es un né-moldu ?...
Puis il commença à parler de sa mère, et Lavinia sentit un nouvel élan de compassion envahir son cœur. Un sentiment auquel elle n'était pas vraiment habituée. Lui aussi avait eu peur de perdre quelqu'un de sa famille, un de ses parents. Pire que cela, elle semblait avoir été au cœur de la guerre, blessée de nombreuses fois. Lavinia ne connaissait pas les parents de Narcisse, mais elle essayait de comprendre ce qu'il ne disait pas. Elle était peut-être de la police sorcière, ou Auror, même ! Cela lui semblait logique, étant donné le talent de son fils pour les duels. Puis il évoqua Sainte-Mangouste, et elle se demanda si elle ne s'était pas trompée. Sa mère aurait pu y être en tant que patiente, mais aussi en tant que médecin... La guerre l'aurait pourchassée jusque dans les draps de l’hôpital.
- Elle a refusé d'affronter les sorciers, tu sais ?
Au départ, Lavinia crût qu'elle avait mal entendu. Elle fixa le garçon, le visage soudain fermé, l'observant comme un enfant observerait un château de cartes auquel il ajouterait la lame de trop avant que l’échafaudage de papier ne s'écroule. L'infime seconde entre le moment du regret, et la réalisation du trop tard. Alors que le jeune homme commençait à lui révéler inconsciemment ce qu'il lui avait caché depuis deux ans, Lavinia voyait, impuissante, le château de ses certitudes s'effondrer dans un ralenti sinistre et un silence insupportable.
- ... des gens comme ça ... le truc qu'a brûlé en 2045 là ... quand je l'ai vu avec tout ce sang ...
Le sang de sorciers, le sang de sa race. Lavinia avait l'impression qu'à chaque mot qu'il prononçait, chaque phrase qu'il terminait, quelque chose se brisait en elle. Sans doute ses œillères qu'elle avait portées en toute innocence alors qu'elle côtoyait ce garçon. Ce rejeton de ceux contre qui Lavinia avait appris à se défendre, dont elle avait appris à se méfier, qu'elle avait appris à haïr. Ceux qui voulaient sa mort, qui avait détruit la société sorcière, volés de nombreuses vies.
- Tu... Tu...
Sa voix était faible, la colère se mêlait à la stupéfaction, donnait un pitoyable coassement inarticulé, qui échappa au Poufsouffle. Alors qu'il continuait son récit, Lavinia voyait ses deux années défilées devant ses yeux, mais avec un éclairage très différent. L'émerveillement de ce garçon devant des choses banales pour elle, qu'elle avait mis sur son enthousiasme et sa naïveté. Son ignorance, qu'elle avait prises pour un défaut d'éducation scolaire. Et ce moment, assis sur l'herbe, où il lui avait avoué voir des feux d'artifices pour la première fois. Ce n'était pas parce que c'était un indécrottable maladroit et simplet. C'était parce qu'il découvrait ce monde pour la première fois. C'était parce qu'était un moldu.
Un moldu qui avait volé le pouvoir de sorciers, qui s'était approprié leurs savoirs pour exceller dans des matières dont il n'aurait jamais dû connaître l'existence. Un moldu dont la mère s'était battue contre les sorciers, qui avait du sang de ses semblables sur les mains, et dont il était fier. Un moldu qu'elle avait pris pour un de ses pourtant trop rares amis, à qui elle avait montré ses faiblesses, confiées ses plus grandes peurs.
- Narcisse, articula-t-elle d'une voix mesurée, mais tremblante. Tu es... Tu es un né-moldu ?...
On garde son sang-froid !
Alors là, pour que moi je perçoive un changement d'ambiance sans mot, c'est que quelque chose n'allait vraiment pas. Le visage de mon amie se décompose soudainement, et mon inquiétude explose d'un coup dans ma poitrine. Qu'est-ce que j'avais pu dire qui l'avais plongé dans un tel état ? Mon cerveau bouillonne alors que je me redresse pour la regarder, soucieux de vouloir comprendre ce qui se passait.
"Lavi' ? Ça va ?"
Ma peau picote lorsqu'enfin elle articule davantage d'un tu hésitant et flottant. Je ne comprends pas du tout pourquoi elle me pose cette question, alors instinctivement, je penche ma tête sur le côté, les sourcils arqués de confusion et de perplexité. L'évidence était évidente pour moi.
"Euh, ouais ? Pourquoi ?"
L'objet de la question était en train de me trotter dans la tête. Je ne comprenais pas du tout pourquoi elle me demandait un truc pareil. J'y pensais jamais en fait, à cette question, donc forcément, quand on me demande c'est un peu perturbant ! C'est presque comme si je me souvenais de cette information et que je devais la dépoussiérer à chaque fois. Cette pensée me fait sourire, mais mon regard reste inquiet, alors que je continue de la regarder, passivement assis en tailleur face à elle.
"T'as pas l'air d'aller bien, ça va ?"
C'était probablement à cause de l'Eouvantard en vrai, mais j'avais l'impression qu'elle commençait à se remettre. Nan, il devait y avoir autre chose, mais quoi ? Franchement, j'arrive pas à imaginer. Mais elle me le dira si y'a un truc qui va pas ! Alors tout va bien ! Mon regard ne se détache pas d'elle, toute ma confiance dans la Serpentard transparaissait au travers de mes pupilles.
"Lavi' ? Ça va ?"
Ma peau picote lorsqu'enfin elle articule davantage d'un tu hésitant et flottant. Je ne comprends pas du tout pourquoi elle me pose cette question, alors instinctivement, je penche ma tête sur le côté, les sourcils arqués de confusion et de perplexité. L'évidence était évidente pour moi.
"Euh, ouais ? Pourquoi ?"
L'objet de la question était en train de me trotter dans la tête. Je ne comprenais pas du tout pourquoi elle me demandait un truc pareil. J'y pensais jamais en fait, à cette question, donc forcément, quand on me demande c'est un peu perturbant ! C'est presque comme si je me souvenais de cette information et que je devais la dépoussiérer à chaque fois. Cette pensée me fait sourire, mais mon regard reste inquiet, alors que je continue de la regarder, passivement assis en tailleur face à elle.
"T'as pas l'air d'aller bien, ça va ?"
C'était probablement à cause de l'Eouvantard en vrai, mais j'avais l'impression qu'elle commençait à se remettre. Nan, il devait y avoir autre chose, mais quoi ? Franchement, j'arrive pas à imaginer. Mais elle me le dira si y'a un truc qui va pas ! Alors tout va bien ! Mon regard ne se détache pas d'elle, toute ma confiance dans la Serpentard transparaissait au travers de mes pupilles.
On garde son sang-froid !
Qu'est-ce qu'elle le haïssait à ce moment, alors qu'il réagissait à sa question comme il avait l'habitude, comme si de rien n'était. Elle le connaissait, ce regard perplexe, ce mouvement de la tête. Il ne comprenait pas, il n'avait jamais compris. Et à présent, alors qu'il avait été témoin de son épouvantard, alors qu'elle s'était confiée à lui, il lui demandait si elle allait bien.
- Non ça ne va pas, répondit-elle d'une voix glaciale.
Lavinia se releva, légèrement chancelante, alors qu'elle essayait de recomposer le chaos qui avait envahi son esprit. Elle ferma les yeux un instant, avec autant de puissance que la tension qui lui crispait douloureusement la machoire. Elle tentait de comprendre comment elle devait réagir à cette situation, et surtout comment elle, Lavinia Wilhelmina Campbell, en était arrivée à estimer un sang-moldu.
- Comment as-tu pu...
C'était la douleur et la peine qui lui transperçait la poitrine. Il l'avait trahi. Il s'était approché d'elle en douceur, s'était fait un petit coin infime dans son cœur, lui avait dérober sa confiance. Et tout ça pour quoi ? Cherchait-il à la ridiculiser, à la manipuler jusqu'à ce coup de poignard ultime ?
- Comment ai-je pu croire...
Lavinia eut un petit hoquet qui lui coupa la respiration, un hoquet à l'écho de sanglots, mais qu'elle déguisa en une manifestation de dégoût. Envers lui, mais aussi envers elle-même. Elle le savait pourtant, qu'entre les murs de la si-tolérante école Poudlard, elle était cernée par des pro-moldus et des sang-de-bourbes, qui ne rêvaient que de la voir trébucher. Elle le savait pourtant, qu'elle devait garder son armure dans toutes les situations, et ne se confier qu'aux élèves dont le nom était connu de ses parents, ou qui se revendiquaient né-sorciers. Pas une seule fois, elle n'avait eu l'idée de se méfier de ce poufsouffle. Pas une seule fois, elle ne s'était dit que l'affection qu'il semblait lui porter était suspecte, alors que presque toute la promotion la détestait.
La vipère eut un éclat de rire sans joie, aussi sec que le son du métal s'entrechoquant.
- ça a bien dû te faire rire... Te rapprocher de l'insupportable, la prétentieuse, princesse Campbell, fière de son sang et de son rang, de te lier d'amitié avec elle, récolter ses confessions, sans la laisser savoir ton statut... C'était un gage, c'est ça ? Tu avais fait un pari avec d'autres élèves ? Ou tu cherchais à prouver quelque chose, peut-être ?
Elle n'aurait pas pu imaginer le garçon faire preuve d'une telle bassesse. Mais elle n'aurait pas non plus imaginé qu'il passe deux ans de sa scolarité à construire son plan, d'obtenir sa confiance, dans le seul but de la piétiner à la fin. Maintenant qu'elle savait qu'il était né-moldu, tout s'éclairait soudain.
- Et nous voilà tous les deux, comble de l'ironie, à parler tranquillement d'assassins de sorciers devant leur propre fils. Tu as bien choisi le moment pour faire tomber les masques... Comment ai-je pu me couvrir de ridicule à ce point...
La voix de Lavinia se brisa, alors que la colère qu'elle ressentait ne suffisait pas à endiguer les larmes qui lui montaient de nouveau aux yeux. Il avait préparé son coup, et avait choisi de lui révéler la vérité au moment où elle serait la plus vulnérable. Et elle était tombée dans son piège comme une idiote.
- Non ça ne va pas, répondit-elle d'une voix glaciale.
Lavinia se releva, légèrement chancelante, alors qu'elle essayait de recomposer le chaos qui avait envahi son esprit. Elle ferma les yeux un instant, avec autant de puissance que la tension qui lui crispait douloureusement la machoire. Elle tentait de comprendre comment elle devait réagir à cette situation, et surtout comment elle, Lavinia Wilhelmina Campbell, en était arrivée à estimer un sang-moldu.
- Comment as-tu pu...
C'était la douleur et la peine qui lui transperçait la poitrine. Il l'avait trahi. Il s'était approché d'elle en douceur, s'était fait un petit coin infime dans son cœur, lui avait dérober sa confiance. Et tout ça pour quoi ? Cherchait-il à la ridiculiser, à la manipuler jusqu'à ce coup de poignard ultime ?
- Comment ai-je pu croire...
Lavinia eut un petit hoquet qui lui coupa la respiration, un hoquet à l'écho de sanglots, mais qu'elle déguisa en une manifestation de dégoût. Envers lui, mais aussi envers elle-même. Elle le savait pourtant, qu'entre les murs de la si-tolérante école Poudlard, elle était cernée par des pro-moldus et des sang-de-bourbes, qui ne rêvaient que de la voir trébucher. Elle le savait pourtant, qu'elle devait garder son armure dans toutes les situations, et ne se confier qu'aux élèves dont le nom était connu de ses parents, ou qui se revendiquaient né-sorciers. Pas une seule fois, elle n'avait eu l'idée de se méfier de ce poufsouffle. Pas une seule fois, elle ne s'était dit que l'affection qu'il semblait lui porter était suspecte, alors que presque toute la promotion la détestait.
La vipère eut un éclat de rire sans joie, aussi sec que le son du métal s'entrechoquant.
- ça a bien dû te faire rire... Te rapprocher de l'insupportable, la prétentieuse, princesse Campbell, fière de son sang et de son rang, de te lier d'amitié avec elle, récolter ses confessions, sans la laisser savoir ton statut... C'était un gage, c'est ça ? Tu avais fait un pari avec d'autres élèves ? Ou tu cherchais à prouver quelque chose, peut-être ?
Elle n'aurait pas pu imaginer le garçon faire preuve d'une telle bassesse. Mais elle n'aurait pas non plus imaginé qu'il passe deux ans de sa scolarité à construire son plan, d'obtenir sa confiance, dans le seul but de la piétiner à la fin. Maintenant qu'elle savait qu'il était né-moldu, tout s'éclairait soudain.
- Et nous voilà tous les deux, comble de l'ironie, à parler tranquillement d'assassins de sorciers devant leur propre fils. Tu as bien choisi le moment pour faire tomber les masques... Comment ai-je pu me couvrir de ridicule à ce point...
La voix de Lavinia se brisa, alors que la colère qu'elle ressentait ne suffisait pas à endiguer les larmes qui lui montaient de nouveau aux yeux. Il avait préparé son coup, et avait choisi de lui révéler la vérité au moment où elle serait la plus vulnérable. Et elle était tombée dans son piège comme une idiote.