Beatha còmhla
Vie ensemble
Présence normale - Tutoyez moi !

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Apparitions[PERSONNAGE • Né-Sorcier] Cináed Wallace, né le 13 mars 2011 en Ecosse
[PNJ, AMI • Né-Sorcier] Ewan Buchanan, né le 29 Décembre 2010 en Ecosse
[PNJ, AMIE • Sang-mêlée] Síle Buchanan, née ó Néill le 3 Avril 2013 en Irlande
[PNJ, FILLEULE • Née-Sorcière] Avaleen Buchanan, née le 27 février 2044 en Angleterre
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Sommaire Indique la présence d'un TW.
ᛉ ᛚ ᛞ
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ : PNJ Actif : Ewan Buchanan, meilleur ami / PNJ Actif : Sile Buchanan, amie proche / PNJ Actif : Avaleen Buchana, filleule
- Lien vers la fiche du PNJ : Référencement
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ewan & Cinaed vivent ensemble en colocation. Sile et Ewan seront amenés à discuter sans Cinaed et cela amènera à des modifications de la dynamique du trio et de la réflexion de mon personnage. Cinaed et Sile sont de très bons amis et se voient souvent. Avaleen est la filleule de Cinaed, il évolue en discutant avec elle et passe beaucoup de temps avec elle car elle fait partie de sa famille. Ecriture de moments de vie de son passé jusqu'à son présent pour développer son caractère, son histoire et sa vie privée avec ses proches.
- Nom et prénom du PNJ : PNJ Actif : Ewan Buchanan, meilleur ami / PNJ Actif : Sile Buchanan, amie proche / PNJ Actif : Avaleen Buchana, filleule
- Lien vers la fiche du PNJ : Référencement
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Ewan & Cinaed vivent ensemble en colocation. Sile et Ewan seront amenés à discuter sans Cinaed et cela amènera à des modifications de la dynamique du trio et de la réflexion de mon personnage. Cinaed et Sile sont de très bons amis et se voient souvent. Avaleen est la filleule de Cinaed, il évolue en discutant avec elle et passe beaucoup de temps avec elle car elle fait partie de sa famille. Ecriture de moments de vie de son passé jusqu'à son présent pour développer son caractère, son histoire et sa vie privée avec ses proches.
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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Cinaed gémit dramatiquement en posant son carton au milieu du salon avant de s'étirer et de faire craquer son dos. Ewan, qui le suivait de près, posa la dernière boite à côté de la sienne et l'observa quelques secondes, le regard moqueur. Tu devrais faire travailler ton cardio, tu ressembles déjà à un vieux. Le futur apprenti grogna avant de s'étaler sur le petit canapé. Maudits soient les bâtiments à étages sans ascenseur ! Il étendit ses jambes devant lui, se laissant glisser sur le canapé jusqu'à avoir les fesses dans le vide. C'est qu'un seul étage, t'as qu'à faire du sport plus souvent. Cinaed renifla de façon méprisante. A quoi ça servirait ? On aurait pu faire léviter mes affaires si tes voisins n'étaient pas des moldus. Ewan lui fit un sourire sec. Et tu n'aurais pas eu besoin d'emménager chez les moldus si tes parents t'avaient pas foutus dehors dit-il simplement avant de se glisser dans la cuisine ouverte.
Cinaed fit une grimace dans le dos de son ami, la langue tirée et le nez retroussé. Ewan s'était tourné pour allumer la bouilloire et ne sembla pas s'inquiéter des bêtises de son nouveau colocataire. Cinaed se redressa sur le canapé pour observer autour de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il venait ici, mais il avait l'impression de toujours découvrir quelque chose de nouveau chez son ami. Les premières fois, il avait été fasciné par la télévision. C'était un petit écran posé sur un meuble bon marché mais à l'époque Cinaed avait passé une bonne heure à l'observer et à appuyer sur tous les boutons de la télécommande. Il n'était pourtant toujours pas très doué avec la technologie et laissait souvent son ami lui trouver les chaines qu'il appréciait. Malheureusement, la télé n'existait pas dans le monde sorcier et il ne pouvait donc pas trouver de programme sur les sortilèges. A la place, il s'échouait chez son ami pour regarder des émissions artistiques sur la sculpture en général.
J'ai déménagé mon bureau pour te libérer la deuxième chambre. dit le comptable en posant une tasse de café instantané fumante sur la table basse. Cinaed avait envie de critiquer la superficie de l'appartement mais il se contenta de prendre la tasse offerte et la siroter doucement. Ewan n'avait pas beaucoup d'argent, même avec son travail de comptable et il aurait sans doute été vexé que son ami critique son mode de vie. De toute façon, même si Cinaed s'était plain, ça n'aurait servit à rien. Ewan ne comptait pas déménager et ne pouvait pas se le permettre non plus.
Malgré un joli chiffre sur ses bulletins, Cinaed savait qu'il envoyait une partie de son salaire à son père qui ne pouvait plus travailler autant qu'à l'époque. Cinaed se souvenait que son professeur travaillait de l'aube au coucher du soleil, parfois plus. Il commençait à vieillir, et malheureusement ne pouvait plus voyager autant pour donner des cours. Son salaire s'en trouvait diminué et Ewan s'occupait de combler les pertes comme il le pouvait. Cinaed ne comprenait pas vraiment ce concept : pour lui, c'était aux parents de payer pour leurs enfants et non pas l'inverse. Il n'en parlait pas beaucoup avec Ewan, conscient qu'ils n'étaient pas nés dans le même monde. Cinaed doutait que ses parents aient besoin d'argent un jour. Ils en avaient largement assez pour plusieurs vies et avaient même pu entretenir leur fils pendant 4 longues années.
Alors qu'il finissait sa tasse de café, la télé bourdonnant en fond, Ewan se plaça sur le pouf en face du canapé. Cinaed l'observa quelques secondes avant d'essuyer ses lèvres avec la manche de son pull. Tu commences quand, alors ? demanda son ami avant qu'il ne se redresse soudainement, les yeux pétillants. Le quatre ! Mais mon patron m'a proposé de passer avant ça pour prendre un café. Il dit qu'il veut pas juste un échange de lettres et trois rendez-vous professionnels avant qu'on commence à bosser ensemble. Quelque chose à propos d'une entreprise qui est comme une famille, ou quelque chose du genre. Ewan ricana. L'idée que son ami d'enfance puisse comprendre l'envie des autres de se rapprocher de lui était hilarante. A son avis, Cinaed devait simplement avoir accepté le café par réflexe. Il lui faudrait probablement des années avant même de comprendre que son patron voulait réellement se rapprocher de lui, l'andouille.
Je te paierais tu sais. Un loyer. expliqua Cinaed doucement. Et.. euh.. Merci. Le brun rougit légèrement, gêné. Il n'était pas doué pour remercier, en fait il était plutôt doué pour ordonner et prendre ce qu'il voulait quand il le voulait. Ewan lui sourit doucement avant de le rejoindre sur le canapé, collant son épaule contre la sienne. C'est bon, aide moi juste pour payer la bouffe. Tu me donneras un loyer quand t'auras un meilleur salaire et pas juste celui d'apprenti. Cinaed posa sa joue sur l'épaule de son ami, le regard dérivant de la télé au sol. Pendant quelques minutes, il n'y eu plus aucun mot échangé entre les deux amis. Cinaed ne savait pas vraiment comment montrer sa gratitude réelle à l'autre. La proposition d'Ewan de l'héberger pour une durée indéterminée était tellement bien tombée que Cinaed avait failli pleurer.
A proprement parlé, ses parents ne l'avaient pas foutu dehors mais avaient menacé de lui couper les vivres s'il ne trouvait pas un vrai boulot au plus vite. S'il était resté en écosse, il aurait sûrement fini à la caisse d'un magasin. Ewan l'avait aidé à faire toutes les démarches pour décrocher une formation professionnalisante et, une fois qu'il avait été accepté chez un ébéniste à Londres, lui avait proposé un toit sans tarder. Il savait que Ewan avait essayé de camoufler cet acte de gentillesse désintéressée et cela leur convenait à tous les deux. Cinaed pouvait faire semblant que Ewan avait juste cédé à ses caprices, encore une fois, et Ewan n'avait pas à trop réfléchir à pourquoi il avait voulu retrouver une vie commune avec son ami comme à l'époque de Poudlard. Mieux encore, il n'avait pas à expliquer pourquoi il avait proposé à son ami de venir chez lui à sa famille. Leur relation était particulière et personne ne comprenait vraiment pourquoi le comptable continuait à supporter son ami sur tout ce qu'il entreprenait. Personne ne comprendrait jamais, pas même Cinaed. Surtout pas Cinaed.
Tu m'as manqué finit par chuchoter le brun. Ces quatre dernières années, ils s'étaient peu vus. Cinaed avait été trop occupé à sculpter pour se souvenir que le monde tournait toujours derrière les portes closes de sa chambre. Ewan avait gardé contact avec lui en lui offrant - avec son propre argent, mais c'était l'intention qui comptait - un téléphone portable et en lui envoyant de nombreuses lettres mais ils s'étaient peu vus. Cependant, ce n'était pas que le fait de se voir qui avait manqué à Cinaed. C'était l'idée de se réveiller le matin et de voir son ami, de pouvoir se parler dès qu'ils le voudraient et toutes ces choses qu'ils avaient perdu après leur départ de Poudlard. Ewan posa sa tête sur celle de son ami et mis quelques secondes à répondre. Pour me voir t'avais qu'à accepter mes sorties, enfoiré. Finit-il par dire simplement. Cinaed ria doucement et pour une fois comprit le sous entendu.
Ca voulait dire toi aussi.
Ewan se leva quelques secondes plus tard, lui tira l'oreille droite et lui dit avec un regard sévère : Va ranger tes affaires maintenant, t'as foutu du bordel partout dans mon salon. Cela voulait dire que le moment était passé et Cinaed accepta la possibilité de fuir ses émotions avec joie. Ewan savait toujours quand son ami commençait à se perdre dans sa tête, à chercher des réponses qui ne viendraient jamais. Cinaed n'était pas fait pour les introspections. Il ne comprenait pas ses émotions, ni celles des autres. Ce n'était jamais une bonne idée de le forcer à y réfléchir trop longtemps. Au lieu de cela, il fallait lui donner quelque chose à faire, une chose pour lui changer les idées. Il fallait lui permettre de retourner à son état de larve émotionnelle. Si t'as pas fini avant le diner, je t'ouvre une boite de pâtée pour chat et c'est tout ce que tu auras ajouta-t-il alors qu'il voyait son ami agiter sa baguette. Cinaed éclata de rire, le son se répercutant contre les murs depuis la pièce dans laquelle il s'était engouffré, les cartons le suivant en flottant joyeusement. Si tu fais ça, achète aussi une litière ou j'irais chier sur ton oreiller, Miaou ! Répondit le nouveau venu avant que la porte de la chambre ne se referme doucement. Dans le salon, Ewan observa autour de lui sans un mot et pour la première fois depuis longtemps, eut le sentiment sincère d'être à la maison.
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▸ 1er Septembre 2038 • Emménagement
Appartement de Ewan Buchanan, centre de Londres.
Appartement de Ewan Buchanan, centre de Londres.
Cinaed gémit dramatiquement en posant son carton au milieu du salon avant de s'étirer et de faire craquer son dos. Ewan, qui le suivait de près, posa la dernière boite à côté de la sienne et l'observa quelques secondes, le regard moqueur. Tu devrais faire travailler ton cardio, tu ressembles déjà à un vieux. Le futur apprenti grogna avant de s'étaler sur le petit canapé. Maudits soient les bâtiments à étages sans ascenseur ! Il étendit ses jambes devant lui, se laissant glisser sur le canapé jusqu'à avoir les fesses dans le vide. C'est qu'un seul étage, t'as qu'à faire du sport plus souvent. Cinaed renifla de façon méprisante. A quoi ça servirait ? On aurait pu faire léviter mes affaires si tes voisins n'étaient pas des moldus. Ewan lui fit un sourire sec. Et tu n'aurais pas eu besoin d'emménager chez les moldus si tes parents t'avaient pas foutus dehors dit-il simplement avant de se glisser dans la cuisine ouverte.
Cinaed fit une grimace dans le dos de son ami, la langue tirée et le nez retroussé. Ewan s'était tourné pour allumer la bouilloire et ne sembla pas s'inquiéter des bêtises de son nouveau colocataire. Cinaed se redressa sur le canapé pour observer autour de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il venait ici, mais il avait l'impression de toujours découvrir quelque chose de nouveau chez son ami. Les premières fois, il avait été fasciné par la télévision. C'était un petit écran posé sur un meuble bon marché mais à l'époque Cinaed avait passé une bonne heure à l'observer et à appuyer sur tous les boutons de la télécommande. Il n'était pourtant toujours pas très doué avec la technologie et laissait souvent son ami lui trouver les chaines qu'il appréciait. Malheureusement, la télé n'existait pas dans le monde sorcier et il ne pouvait donc pas trouver de programme sur les sortilèges. A la place, il s'échouait chez son ami pour regarder des émissions artistiques sur la sculpture en général.
J'ai déménagé mon bureau pour te libérer la deuxième chambre. dit le comptable en posant une tasse de café instantané fumante sur la table basse. Cinaed avait envie de critiquer la superficie de l'appartement mais il se contenta de prendre la tasse offerte et la siroter doucement. Ewan n'avait pas beaucoup d'argent, même avec son travail de comptable et il aurait sans doute été vexé que son ami critique son mode de vie. De toute façon, même si Cinaed s'était plain, ça n'aurait servit à rien. Ewan ne comptait pas déménager et ne pouvait pas se le permettre non plus.
Malgré un joli chiffre sur ses bulletins, Cinaed savait qu'il envoyait une partie de son salaire à son père qui ne pouvait plus travailler autant qu'à l'époque. Cinaed se souvenait que son professeur travaillait de l'aube au coucher du soleil, parfois plus. Il commençait à vieillir, et malheureusement ne pouvait plus voyager autant pour donner des cours. Son salaire s'en trouvait diminué et Ewan s'occupait de combler les pertes comme il le pouvait. Cinaed ne comprenait pas vraiment ce concept : pour lui, c'était aux parents de payer pour leurs enfants et non pas l'inverse. Il n'en parlait pas beaucoup avec Ewan, conscient qu'ils n'étaient pas nés dans le même monde. Cinaed doutait que ses parents aient besoin d'argent un jour. Ils en avaient largement assez pour plusieurs vies et avaient même pu entretenir leur fils pendant 4 longues années.
Alors qu'il finissait sa tasse de café, la télé bourdonnant en fond, Ewan se plaça sur le pouf en face du canapé. Cinaed l'observa quelques secondes avant d'essuyer ses lèvres avec la manche de son pull. Tu commences quand, alors ? demanda son ami avant qu'il ne se redresse soudainement, les yeux pétillants. Le quatre ! Mais mon patron m'a proposé de passer avant ça pour prendre un café. Il dit qu'il veut pas juste un échange de lettres et trois rendez-vous professionnels avant qu'on commence à bosser ensemble. Quelque chose à propos d'une entreprise qui est comme une famille, ou quelque chose du genre. Ewan ricana. L'idée que son ami d'enfance puisse comprendre l'envie des autres de se rapprocher de lui était hilarante. A son avis, Cinaed devait simplement avoir accepté le café par réflexe. Il lui faudrait probablement des années avant même de comprendre que son patron voulait réellement se rapprocher de lui, l'andouille.
Je te paierais tu sais. Un loyer. expliqua Cinaed doucement. Et.. euh.. Merci. Le brun rougit légèrement, gêné. Il n'était pas doué pour remercier, en fait il était plutôt doué pour ordonner et prendre ce qu'il voulait quand il le voulait. Ewan lui sourit doucement avant de le rejoindre sur le canapé, collant son épaule contre la sienne. C'est bon, aide moi juste pour payer la bouffe. Tu me donneras un loyer quand t'auras un meilleur salaire et pas juste celui d'apprenti. Cinaed posa sa joue sur l'épaule de son ami, le regard dérivant de la télé au sol. Pendant quelques minutes, il n'y eu plus aucun mot échangé entre les deux amis. Cinaed ne savait pas vraiment comment montrer sa gratitude réelle à l'autre. La proposition d'Ewan de l'héberger pour une durée indéterminée était tellement bien tombée que Cinaed avait failli pleurer.
A proprement parlé, ses parents ne l'avaient pas foutu dehors mais avaient menacé de lui couper les vivres s'il ne trouvait pas un vrai boulot au plus vite. S'il était resté en écosse, il aurait sûrement fini à la caisse d'un magasin. Ewan l'avait aidé à faire toutes les démarches pour décrocher une formation professionnalisante et, une fois qu'il avait été accepté chez un ébéniste à Londres, lui avait proposé un toit sans tarder. Il savait que Ewan avait essayé de camoufler cet acte de gentillesse désintéressée et cela leur convenait à tous les deux. Cinaed pouvait faire semblant que Ewan avait juste cédé à ses caprices, encore une fois, et Ewan n'avait pas à trop réfléchir à pourquoi il avait voulu retrouver une vie commune avec son ami comme à l'époque de Poudlard. Mieux encore, il n'avait pas à expliquer pourquoi il avait proposé à son ami de venir chez lui à sa famille. Leur relation était particulière et personne ne comprenait vraiment pourquoi le comptable continuait à supporter son ami sur tout ce qu'il entreprenait. Personne ne comprendrait jamais, pas même Cinaed. Surtout pas Cinaed.
Tu m'as manqué finit par chuchoter le brun. Ces quatre dernières années, ils s'étaient peu vus. Cinaed avait été trop occupé à sculpter pour se souvenir que le monde tournait toujours derrière les portes closes de sa chambre. Ewan avait gardé contact avec lui en lui offrant - avec son propre argent, mais c'était l'intention qui comptait - un téléphone portable et en lui envoyant de nombreuses lettres mais ils s'étaient peu vus. Cependant, ce n'était pas que le fait de se voir qui avait manqué à Cinaed. C'était l'idée de se réveiller le matin et de voir son ami, de pouvoir se parler dès qu'ils le voudraient et toutes ces choses qu'ils avaient perdu après leur départ de Poudlard. Ewan posa sa tête sur celle de son ami et mis quelques secondes à répondre. Pour me voir t'avais qu'à accepter mes sorties, enfoiré. Finit-il par dire simplement. Cinaed ria doucement et pour une fois comprit le sous entendu.
Ca voulait dire toi aussi.
Ewan se leva quelques secondes plus tard, lui tira l'oreille droite et lui dit avec un regard sévère : Va ranger tes affaires maintenant, t'as foutu du bordel partout dans mon salon. Cela voulait dire que le moment était passé et Cinaed accepta la possibilité de fuir ses émotions avec joie. Ewan savait toujours quand son ami commençait à se perdre dans sa tête, à chercher des réponses qui ne viendraient jamais. Cinaed n'était pas fait pour les introspections. Il ne comprenait pas ses émotions, ni celles des autres. Ce n'était jamais une bonne idée de le forcer à y réfléchir trop longtemps. Au lieu de cela, il fallait lui donner quelque chose à faire, une chose pour lui changer les idées. Il fallait lui permettre de retourner à son état de larve émotionnelle. Si t'as pas fini avant le diner, je t'ouvre une boite de pâtée pour chat et c'est tout ce que tu auras ajouta-t-il alors qu'il voyait son ami agiter sa baguette. Cinaed éclata de rire, le son se répercutant contre les murs depuis la pièce dans laquelle il s'était engouffré, les cartons le suivant en flottant joyeusement. Si tu fais ça, achète aussi une litière ou j'irais chier sur ton oreiller, Miaou ! Répondit le nouveau venu avant que la porte de la chambre ne se referme doucement. Dans le salon, Ewan observa autour de lui sans un mot et pour la première fois depuis longtemps, eut le sentiment sincère d'être à la maison.
1485.
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Le roux passa la porte de l'appartement, trébuchant sur les chaussures de son colocataire avant d'arriver à allumer la lumière. Il sortait d'une rude journée, pleine d'heures supplémentaires pour boucler un bilan. La nuit était tombée il y a bien longtemps et malgré sa fatigue, il avait presque été obligé d'accepter une sortie avec ses collègues après le travail. Il était fatigué et déviait facilement vers la gauche quand il marchait à cause des quelques verres qu'il avait bus. Ewan poussa quelques insultes dans sa barbe, donnant un coup de pied énervé dans les affaires que Cinaed avait laissé par terre sans se soucier de les ranger. La porte de la chambre du brun était fermée et si Ewan n'avait pas du mal à le faire dormir tous les soirs, il l'aurait défoncé pour lui hurler à la figure. Cependant, en l'entendant ronfler à travers le bois, il ne put se résoudre à faire une entrée fracassante. Depuis que Cinaed avait emménagé, c'était la première fois qu'il le savait dormir avant 2 ou 3 heures du matin. Certains matins, Ewan se levait au son de Cinaed sculptant dans sa chambre et il savait que son ami n'avait pas dormi du tout.
Ca ne tombait pas le bon jour, mais il était peut-être préférable qu'il se calme avant d'essayer de parler à son ami. Cinaed ne comprendrait de toute façon pas son énervement. Et discuter en étant en colère avec quelqu'un qui ne comprenait pas pourquoi vous étiez en colère, c'était jamais une bonne idée. Ewan soupira, se frotta le visage avant de retirer sa veste et la pendre aux crochets de l'entrée. Il prit tout de même le temps de ranger les chaussures de Cinaed dans le meuble prévu à cet effet avant de s'enfermer dans sa chambre, se jetant tout habillé sur son lit.
Le lendemain était un samedi et Ewan pu dormir jusqu'à presque 11h jusqu'à ce qu'un grand fracas se fasse entendre dans la cuisine. Le comptable gémit avant de se redresser et de quitter sa chambre. Habituellement, il prenait le temps de faire son lit mais entendre Cinaed se battre dans le salon avec il-ne-savait-quoi lui donnait de l'anxiété. Mais qu'est-ce que tu fais, espèce d'abruti ? Cria-t-il depuis le pas de sa porte en observant son ami. Cinaed se tourna vers lui, les yeux larges comme ceux d'un hibou. Dans sa main droite se tenait une louche et dans l'autre, une éponge trempée de soupe. Il était en train d'éponger un bon demi litre de liquide orangé qui coulait du comptoir jusqu'au sol.
Cinaed couina de détresse et agita sa louche en l'air. Ewaaaaaan ! Il pleurnicha et avança vers lui, marchant dans la soupe d'un même mouvement. Ewan soupira et se pinça l'arête du nez. J'ai faim ! J'ai fait tomber la casserole, la poignée s'est décrochée ! Pour peu, Ewan aurait pu se mettre à pleurer. Sa gueule de bois de la veille lui martyrisait le crane et la luminosité du salon lui faisait mal aux yeux. Cependant, il se contenta de soupirer et d'aller chercher une serpillère dans le placard de l'entrée où se trouvait également le ballon d'eau chaude. Il la jeta au visage de son ami qui couina à nouveau en l'attrapant avant qu'elle ne tombe. Nettoie ça, et ne touche à rien. Tu es tellement une catastrophe, tu pouvais pas attendre que je me lève ? Il est que 11h ! Cinaed bouda quelques secondes avant d'essuyer comme il pouvait la soupe par terre. Mais j'avais faim. C'est pas ma faute si la poignée s'est cassée ! Ewan s'approcha et remarqua de suite que la poignée de la casserole n'était pas cassée et que Cinaed avait simplement oublié de la clipser correctement à la casserole. Tu manges presque pas le midi normalement, pourquoi t'as faim maintenant ? T'as mangé hier soir ? Je t'avais fait un truc avant hier soir en prévision.
Cinaed baissa les yeux quelques secondes sur la serpillère et ne répondit pas de suite. Il finit d'éponger sa bêtise et se redressa ensuite pour passer la serpillère sous le robinet d'eau chaude. J'ai pas mangé hier soir, c'était froid, et j'aime pas le porc froid. Il se tourna avec surprise vers son ami quand il l'entendit se claquer le front du plat de la main. Et utiliser le micro onde c'était trop compliqué pour toi ? T'es vraiment débile c'est pas possible. Cinaed grogna, sérieusement pour une fois et croisa les bras sur sa poitrine. Eh bah je sais pas comment elle fonctionne ta machine. Cela sembla prendre Ewan par surprise parce qu'il observa son ami avec de grands yeux avant de se mettre à rire. Un rire clair et fort, presque hystérique. Cinaed bouda et lui jeta de l'eau à la figure. Son ami essuya ses yeux, toute tension déchargée avant de lui envoyer un sourire moqueur. Même les enfants savent utiliser des micro-ondes. Dit-il simplement, sachant parfaitement que Cinaed disait la vérité. Il ne savait vraiment pas utiliser un micro-ondes et, fier comme il était, ou stupide comme il l'était aussi, n'avait pas pensé ou pu se résoudre à demander à son colocataire le fonctionnement de la machine.
Cinaed avait grandit dans une maison sorcière, malgré le fait qu'elle soit perdue dans une ville moldue. Après cela, il avait été à Poudlard, puis avait emménagé dans un appartement seul après 2 ans dans une autre école magique. C'était dingue, cependant, qu'en presque trois ans à vivre seul avant de revenir chez ses parents, il n'ait jamais utilisé un micro-ondes. Mes parents m'envoyaient à manger quand je vivais à côté de la boutique d'enchantement. Avec des sorts pour garder au chaud, tu sais. bouda l'ébéniste. Et après je suis retourné chez eux, et ils ont pas de trucs comme ça à la maison. Cela expliquait beaucoup de choses. Cela expliquait aussi pourquoi Cinaed ne savait pas vraiment faire à manger et qu'il arrivait même à faire une catastrophe avec de la soupe.
Ewan finit par ouvrir le frigo pour sortir la boite en plastique qu'il avait préparé pour l'autre. Il lui montra clairement, pour lui faire comprendre de faire attention à ses gestes. Cinaed l'observa comme un chiot perdu et affamé. S'il avait eu une queue, elle se serait agitée dans tous les sens. Ewan mit la boite dans son micro onde, ferma la porte et tourna le bouton jusqu'à voir s'afficher "1 : 30" sur le petit écran. Ensuite, il appuya simplement sur la molette, l'enfonçant. La machine commença à gronder doucement alors que le tupperware tournait à l'intérieur. Cinaed observa son ami avec des étoiles dans les yeux et se plaqua presque contre la vitre du micro ondes. Et ça va chauffer la boite ? Comme ça ? Ewan l'observa quelques secondes et se fit la réflexion que son ami était plutôt mignon. Il avait presque envie de lui grattouiller la nuque, comme il ferait à un enfant.
Ils ne parlèrent pas beaucoup plus alors que Cinaed s'asseyait sur le canapé pour manger. Ewan, lui, alla chercher une potion pour son mal de crâne et se fit ensuite un café corsé. Quand l'ébéniste posa le tupperware vide sur la table basse, Ewan se souvint de ce dont il voulait parler à son ami la veille. Il se racla la gorge pour attirer l'attention de Cinaed. Range tes affaires et nettoie derrière toi à partir de maintenant. J'en ai marre de tout faire tout seul, et je suis fatigué de ranger tes conneries. Cinaed l'observa quelques secondes avant de rire doucement, sans comprendre le sérieux de la situation. Pourquoi je ferais ça ? Tu ranges après moi, et puis t'as toujours fait le ménage ici tout seul, t'avais pas besoin de mon aide avant ! Le sourire de l'homme de 27 ans s'effaça alors que le regard d'Ewan se durcit. C'est... euh.. tu es sérieux ? Le roux hocha la tête sèchement et croisa ses bras sur sa poitrine. Cinaed se mordit les lèvres pour éviter une nouvelle remarque.
Il n'avait pas envie de s'embêter à faire le ménage, ou à ranger ses affaires. Il n'avait jamais vraiment fait ça. Ses parents avaient des elfes pour ranger à sa place. Cinaed se contentait de les remercier à l'occasion, mais il n'avait jamais réfléchi plus loin à tout ça. Tu ne veux pas prendre un elfe de maison ? demanda-t-il, presque suppliant. Non, tu vas bouger tes fesses et t'occuper de tes merdes, t'as bientôt 30 ans. Faudrait que tu commences à t'occuper de toi-même tout seul, tu sais comme un adulte. Cinaed bouda à nouveau avant de s'emparer de son tupperware pour aller le mettre dans le lave vaisselle. Il ne le faisait pas de bonté de cœur, mais c'était mieux que rien. Ewan aurait presque pu l'applaudir, comme un enfant, s'il avait imaginé que ça aiderait. Malheureusement, Cinaed fonctionnait peu à la carotte quand il ne s'agissait pas de lui offrir des livres d'art. Je vais t'apprendre à le lancer, et à faire des lessives aussi. Cinaed l'observa avec de grands yeux. Tout ça ? Ewan retint un rire. Le visage de Cinaed n'était que pure confusion. Il avait l'impression d'avoir bousculé tout son monde. Ouais, et tu feras les sols une semaine sur deux. On va faire un planning.
Cela sembla achever son pauvre ami qui retourna s'écraser sur le canapé en se tortillant dramatiquement. Ewan posa ses hanches contre le comptoir de la cuisine et, cette fois-ci, n'arriva pas à rattraper le sourire qui naquit sur ses lèvres. Je sais pas faire le ménage avoua finalement Cinaed. Ewan comprit le "et je ne veux pas apprendre" sous jacent. Que Cinaed y ai pensé clairement ou pas, Ewan l'avait entendu dans la manière dont il boudait, les sourcils froncés. Pas grave, tu vas apprendre. On a le temps. C'était tellement une diva, c'en était presque risible. Cinaed était un fils de riches et ça se voyait, il était né avec une cuillère en argent dans la bouche et il fallait bien lui retirer à un moment donné. Ce n'était pas grave si Ewan le faisait et lui arrachait de force : quelqu'un devait bien le faire à un moment donné. Cinaed ne pouvait pas toujours s'appuyer sur les autres. Il aurait 30 ans avant de pouvoir cligner des yeux, c'était le moment pour lui de devenir un adulte plus ou moins responsable. Il aurait même dû lui retirer ses privilèges bien avant. Ses parents avaient été trop laxistes, trop gentils et trop protecteurs aussi. Heureusement, ils avaient fini par comprendre que leur fils resterait un boulet toute sa vie s'ils ne le menaçaient pas un peu.
Heureusement que Ewan avait été là pour lui proposer une colocation. En vivant entièrement seul, Cinaed se serait sûrement tué avec une soupe carbonisée ou en glissant sur un de ses vêtements qu'il avait la fâcheuse habitude de balancer partout. T'es méchant avec moi. dit son ami en tournant la tête vers lui. Il faisait la moue mais Ewan comprit qu'il allait faire des efforts. Après tout, il avait rangé sa vaisselle sans vraiment négocier. Ouais, je sais, et toi t'es un tas d'os inutile. Heureusement je suis pas encore assez cruel pour te foutre dehors.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 17 Septembre 2038 • Assiettes sales
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Le roux passa la porte de l'appartement, trébuchant sur les chaussures de son colocataire avant d'arriver à allumer la lumière. Il sortait d'une rude journée, pleine d'heures supplémentaires pour boucler un bilan. La nuit était tombée il y a bien longtemps et malgré sa fatigue, il avait presque été obligé d'accepter une sortie avec ses collègues après le travail. Il était fatigué et déviait facilement vers la gauche quand il marchait à cause des quelques verres qu'il avait bus. Ewan poussa quelques insultes dans sa barbe, donnant un coup de pied énervé dans les affaires que Cinaed avait laissé par terre sans se soucier de les ranger. La porte de la chambre du brun était fermée et si Ewan n'avait pas du mal à le faire dormir tous les soirs, il l'aurait défoncé pour lui hurler à la figure. Cependant, en l'entendant ronfler à travers le bois, il ne put se résoudre à faire une entrée fracassante. Depuis que Cinaed avait emménagé, c'était la première fois qu'il le savait dormir avant 2 ou 3 heures du matin. Certains matins, Ewan se levait au son de Cinaed sculptant dans sa chambre et il savait que son ami n'avait pas dormi du tout.
Ca ne tombait pas le bon jour, mais il était peut-être préférable qu'il se calme avant d'essayer de parler à son ami. Cinaed ne comprendrait de toute façon pas son énervement. Et discuter en étant en colère avec quelqu'un qui ne comprenait pas pourquoi vous étiez en colère, c'était jamais une bonne idée. Ewan soupira, se frotta le visage avant de retirer sa veste et la pendre aux crochets de l'entrée. Il prit tout de même le temps de ranger les chaussures de Cinaed dans le meuble prévu à cet effet avant de s'enfermer dans sa chambre, se jetant tout habillé sur son lit.
Le lendemain était un samedi et Ewan pu dormir jusqu'à presque 11h jusqu'à ce qu'un grand fracas se fasse entendre dans la cuisine. Le comptable gémit avant de se redresser et de quitter sa chambre. Habituellement, il prenait le temps de faire son lit mais entendre Cinaed se battre dans le salon avec il-ne-savait-quoi lui donnait de l'anxiété. Mais qu'est-ce que tu fais, espèce d'abruti ? Cria-t-il depuis le pas de sa porte en observant son ami. Cinaed se tourna vers lui, les yeux larges comme ceux d'un hibou. Dans sa main droite se tenait une louche et dans l'autre, une éponge trempée de soupe. Il était en train d'éponger un bon demi litre de liquide orangé qui coulait du comptoir jusqu'au sol.
Cinaed couina de détresse et agita sa louche en l'air. Ewaaaaaan ! Il pleurnicha et avança vers lui, marchant dans la soupe d'un même mouvement. Ewan soupira et se pinça l'arête du nez. J'ai faim ! J'ai fait tomber la casserole, la poignée s'est décrochée ! Pour peu, Ewan aurait pu se mettre à pleurer. Sa gueule de bois de la veille lui martyrisait le crane et la luminosité du salon lui faisait mal aux yeux. Cependant, il se contenta de soupirer et d'aller chercher une serpillère dans le placard de l'entrée où se trouvait également le ballon d'eau chaude. Il la jeta au visage de son ami qui couina à nouveau en l'attrapant avant qu'elle ne tombe. Nettoie ça, et ne touche à rien. Tu es tellement une catastrophe, tu pouvais pas attendre que je me lève ? Il est que 11h ! Cinaed bouda quelques secondes avant d'essuyer comme il pouvait la soupe par terre. Mais j'avais faim. C'est pas ma faute si la poignée s'est cassée ! Ewan s'approcha et remarqua de suite que la poignée de la casserole n'était pas cassée et que Cinaed avait simplement oublié de la clipser correctement à la casserole. Tu manges presque pas le midi normalement, pourquoi t'as faim maintenant ? T'as mangé hier soir ? Je t'avais fait un truc avant hier soir en prévision.
Cinaed baissa les yeux quelques secondes sur la serpillère et ne répondit pas de suite. Il finit d'éponger sa bêtise et se redressa ensuite pour passer la serpillère sous le robinet d'eau chaude. J'ai pas mangé hier soir, c'était froid, et j'aime pas le porc froid. Il se tourna avec surprise vers son ami quand il l'entendit se claquer le front du plat de la main. Et utiliser le micro onde c'était trop compliqué pour toi ? T'es vraiment débile c'est pas possible. Cinaed grogna, sérieusement pour une fois et croisa les bras sur sa poitrine. Eh bah je sais pas comment elle fonctionne ta machine. Cela sembla prendre Ewan par surprise parce qu'il observa son ami avec de grands yeux avant de se mettre à rire. Un rire clair et fort, presque hystérique. Cinaed bouda et lui jeta de l'eau à la figure. Son ami essuya ses yeux, toute tension déchargée avant de lui envoyer un sourire moqueur. Même les enfants savent utiliser des micro-ondes. Dit-il simplement, sachant parfaitement que Cinaed disait la vérité. Il ne savait vraiment pas utiliser un micro-ondes et, fier comme il était, ou stupide comme il l'était aussi, n'avait pas pensé ou pu se résoudre à demander à son colocataire le fonctionnement de la machine.
Cinaed avait grandit dans une maison sorcière, malgré le fait qu'elle soit perdue dans une ville moldue. Après cela, il avait été à Poudlard, puis avait emménagé dans un appartement seul après 2 ans dans une autre école magique. C'était dingue, cependant, qu'en presque trois ans à vivre seul avant de revenir chez ses parents, il n'ait jamais utilisé un micro-ondes. Mes parents m'envoyaient à manger quand je vivais à côté de la boutique d'enchantement. Avec des sorts pour garder au chaud, tu sais. bouda l'ébéniste. Et après je suis retourné chez eux, et ils ont pas de trucs comme ça à la maison. Cela expliquait beaucoup de choses. Cela expliquait aussi pourquoi Cinaed ne savait pas vraiment faire à manger et qu'il arrivait même à faire une catastrophe avec de la soupe.
Ewan finit par ouvrir le frigo pour sortir la boite en plastique qu'il avait préparé pour l'autre. Il lui montra clairement, pour lui faire comprendre de faire attention à ses gestes. Cinaed l'observa comme un chiot perdu et affamé. S'il avait eu une queue, elle se serait agitée dans tous les sens. Ewan mit la boite dans son micro onde, ferma la porte et tourna le bouton jusqu'à voir s'afficher "1 : 30" sur le petit écran. Ensuite, il appuya simplement sur la molette, l'enfonçant. La machine commença à gronder doucement alors que le tupperware tournait à l'intérieur. Cinaed observa son ami avec des étoiles dans les yeux et se plaqua presque contre la vitre du micro ondes. Et ça va chauffer la boite ? Comme ça ? Ewan l'observa quelques secondes et se fit la réflexion que son ami était plutôt mignon. Il avait presque envie de lui grattouiller la nuque, comme il ferait à un enfant.
Ils ne parlèrent pas beaucoup plus alors que Cinaed s'asseyait sur le canapé pour manger. Ewan, lui, alla chercher une potion pour son mal de crâne et se fit ensuite un café corsé. Quand l'ébéniste posa le tupperware vide sur la table basse, Ewan se souvint de ce dont il voulait parler à son ami la veille. Il se racla la gorge pour attirer l'attention de Cinaed. Range tes affaires et nettoie derrière toi à partir de maintenant. J'en ai marre de tout faire tout seul, et je suis fatigué de ranger tes conneries. Cinaed l'observa quelques secondes avant de rire doucement, sans comprendre le sérieux de la situation. Pourquoi je ferais ça ? Tu ranges après moi, et puis t'as toujours fait le ménage ici tout seul, t'avais pas besoin de mon aide avant ! Le sourire de l'homme de 27 ans s'effaça alors que le regard d'Ewan se durcit. C'est... euh.. tu es sérieux ? Le roux hocha la tête sèchement et croisa ses bras sur sa poitrine. Cinaed se mordit les lèvres pour éviter une nouvelle remarque.
Il n'avait pas envie de s'embêter à faire le ménage, ou à ranger ses affaires. Il n'avait jamais vraiment fait ça. Ses parents avaient des elfes pour ranger à sa place. Cinaed se contentait de les remercier à l'occasion, mais il n'avait jamais réfléchi plus loin à tout ça. Tu ne veux pas prendre un elfe de maison ? demanda-t-il, presque suppliant. Non, tu vas bouger tes fesses et t'occuper de tes merdes, t'as bientôt 30 ans. Faudrait que tu commences à t'occuper de toi-même tout seul, tu sais comme un adulte. Cinaed bouda à nouveau avant de s'emparer de son tupperware pour aller le mettre dans le lave vaisselle. Il ne le faisait pas de bonté de cœur, mais c'était mieux que rien. Ewan aurait presque pu l'applaudir, comme un enfant, s'il avait imaginé que ça aiderait. Malheureusement, Cinaed fonctionnait peu à la carotte quand il ne s'agissait pas de lui offrir des livres d'art. Je vais t'apprendre à le lancer, et à faire des lessives aussi. Cinaed l'observa avec de grands yeux. Tout ça ? Ewan retint un rire. Le visage de Cinaed n'était que pure confusion. Il avait l'impression d'avoir bousculé tout son monde. Ouais, et tu feras les sols une semaine sur deux. On va faire un planning.
Cela sembla achever son pauvre ami qui retourna s'écraser sur le canapé en se tortillant dramatiquement. Ewan posa ses hanches contre le comptoir de la cuisine et, cette fois-ci, n'arriva pas à rattraper le sourire qui naquit sur ses lèvres. Je sais pas faire le ménage avoua finalement Cinaed. Ewan comprit le "et je ne veux pas apprendre" sous jacent. Que Cinaed y ai pensé clairement ou pas, Ewan l'avait entendu dans la manière dont il boudait, les sourcils froncés. Pas grave, tu vas apprendre. On a le temps. C'était tellement une diva, c'en était presque risible. Cinaed était un fils de riches et ça se voyait, il était né avec une cuillère en argent dans la bouche et il fallait bien lui retirer à un moment donné. Ce n'était pas grave si Ewan le faisait et lui arrachait de force : quelqu'un devait bien le faire à un moment donné. Cinaed ne pouvait pas toujours s'appuyer sur les autres. Il aurait 30 ans avant de pouvoir cligner des yeux, c'était le moment pour lui de devenir un adulte plus ou moins responsable. Il aurait même dû lui retirer ses privilèges bien avant. Ses parents avaient été trop laxistes, trop gentils et trop protecteurs aussi. Heureusement, ils avaient fini par comprendre que leur fils resterait un boulet toute sa vie s'ils ne le menaçaient pas un peu.
Heureusement que Ewan avait été là pour lui proposer une colocation. En vivant entièrement seul, Cinaed se serait sûrement tué avec une soupe carbonisée ou en glissant sur un de ses vêtements qu'il avait la fâcheuse habitude de balancer partout. T'es méchant avec moi. dit son ami en tournant la tête vers lui. Il faisait la moue mais Ewan comprit qu'il allait faire des efforts. Après tout, il avait rangé sa vaisselle sans vraiment négocier. Ouais, je sais, et toi t'es un tas d'os inutile. Heureusement je suis pas encore assez cruel pour te foutre dehors.
1891.
Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Beatha còmhla
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Il se sentait... Débile.
Pour la première fois, ce n'était pas cette idiotie amusante qui semblait lui coller à la peau et qui donnaient la sensation aux gens qu'il ne comprenait rien aux relations sociales et aux quelconques attentes de ladite société. Cette sensation là, il s'en fichait parce qu'elle était totalement réelle : il ne comprenait rien à tout ça et ne cherchait pas non plus à comprendre. Mais aujourd'hui, il se sentait con, décimé dans une intelligence purement scolaire et pratique. Il ne s'était jamais senti comme ça avant, ni à Poudlard, ni à l'AESM.
Cinaed avait eu la chance - ou la malchance, selon quelques psychomages en herbe - de ne jamais connaître l'échec avant. Il était né dans une bonne famille, et n'avait jamais échoué que là où il ne voulait pas réussir. Il avait eu des mauvaises notes dans les matières qui ne l'intéressaient pas mais avait toujours cultivé un score parfait ou presque parfait dans les autres. Un petit génie, comme diraient ses parents. Un connard, comme en parlaient ses anciens camarades. Un gars qui ne semblait jamais avoir besoin de travailler et qui parvenait tout de même à se tenir au sommet, comme si ça avait été facile et naturel pour lui.
Dans la réalité, il avait bossé. Il se souvenait des nuits à travailler dans sa petite chambre en colocation à l'académie, perdu dans son monde à réessayer encore et encore les sortilèges qu'il ne maîtrisait pas correctement et des heures passées sur ses essais. Les gens n'avaient pas vu tout ça et Cinaed n'avait jamais trouvé utile de leur montrer non plus. Ca avait amené cette fausse idée selon laquelle Cinaed Wallace ne travaillait pas et avait simplement beaucoup de facilités. Et il en avait, parce que la capacité de se perdre pendant des heures sur un sujet qui vous plaisait et, ce, sans jamais dévier de votre objectif, c'était pas facile pour tout le monde. Bien sûr, il aurait pu s'insurger et hurler à tout va qu'il travaillait plus que la plupart des autres étudiants - et que, ces autres là étaient juste des croutons débiles - mais il ne l'avait jamais fait. Il n'en avait jamais vraiment vu l'utilité, à part devant Ewan et même Charlie durant un court moment. Montrer sa valeur à des inconnus n'était pas difficile mais leur laisser entrevoir les sacrifices qu'il avait fait pour se hisser où il était ? Non merci.
C'était peut-être simplement une question d'ego surdimensionné, et sûrement ça, même, mais bon. On en arrivait à cette situation où, à 27 ans, Cinaed Wallace n'avait jamais connu un véritable échec. Pas une fois. Personne ne l'avait jamais regardé pour lui hurler dessus qu'il était un abruti et qu'il avait gâché son temps - ou ses capacités - à cause d'une erreur qui était entièrement de sa faute. Et ça faisait mal, très mal.
Son apprentissage s'était passé dans les règles de l'art jusqu'à présent. Il s'entendait même extrêmement bien avec son patron qui avait rapidement prit la place d'un mentor. Ils riaient, papotaient et, surtout, Cinaed apprenait tant de nouvelles choses sur la sculpture qu'il ne savait même plus où donner de la tête. C'était exaltant et c'était aussi la toute première fois que le futur ébéniste était certain de tout. Certain de savoir ce qu'il voulait faire, pourquoi et comment il pouvait y arriver. Ce n'était plus Poudlard où il suivait ses cours sans trop penser à l'avenir, ou l'AESM où son seul but était d'apprendre le plus possible sur les sortilèges. Ce n'était plus non plus ces années enfermées dans une pièce à moitié éclairée pour sculpter en boucle chaque jours les mêmes choses. Il savait pourquoi il était là et il se sentait comme à la maison. Pas parce que la boutique où il travaillait était plus accueillante qu'une autre, non, cette sensation venait même uniquement de lui. Il se sentait chez lui dans sa routine, peu importe l'endroit où il se trouvait.
Pour la première fois, le but qu'on lui avait proposé lui semblait tout à fait adapté. Peut-être parce que, cette fois-ci, c'était lui qu'il avait choisi du début à la fin en ne suivant que son instinct. Personne pour lui dire de se concentrer sur les enchantements ou sur la sculpture mais jamais les deux à la fois, personne pour lui rappeler qu'il ne pouvait pas s'enfermer dans sa chambre sans jamais en sortir. Juste Meredith qui lui donnait de lourde tapes dans le dos quand il réussissait quelque chose et qui lui indiquait comment améliorer le reste et Ewan qui ne trouvait plus rien à redire sur la vie de son colocataire. Parce que le roux avait toujours eu des remarques à faire auparavant, et peut-être avait-il eu raison dans tous les cas. Cinaed ne s'était jamais senti aussi vivant que depuis qu'ils habitaient ensemble. Jamais aussi normal et jamais aussi calme. Oh, bien sûr, pas de l'extérieur mais un calme qui faisait naviguer ses pensées avec un peu moins de violence dans sa tête. Elles ne s'entrechoquaient plus autant qu'avant et seulement dans les moments où sa créativité faisait un pic.
C'était un sentiment vraiment dingue de se sentir sur le bon chemin, pour une fois. Et il avait tout gâché.
Punaise, Meredith l'avait même foutu dehors. Enfin, pas vraiment, mais il lui avait dit de rentrer chez lui et de se reposer, ce que Cinaed avait prit pour le pire des affronts. Il avait été recalé par son professeur autant que par son patron, et même peut-être par son début d'ami. Et tout ça à cause de lui, parce qu'il avait échoué. Parce qu'il avait été trop confiant et qu'il avait fait une erreur stupide. A trop se concentrer sur l'apprentissage de nouvelles choses, il en avait oublié les bases même de toute sa scolarité et le regard que lui avait lancé son maître de formation semblait le suivre depuis qu'il avait quitté la boutique.
Par Merlin, Cinaed en avait pleuré. Comme un bébé. Depuis combien de temps n'était-ce pas arrivé, ces larmes là ? De vraies, pas les sanglots démesurés qu'il parodiait pour embêter les gens au moindres petit inconvénient. Non, de vraies et grosses larmes qui avaient dévalées ses joues et qu'il n'avait même pas prit la peine de tamponner avant qu'elles ne laissent de longues trainées collantes sur ses joues. Il n'avait pas été particulièrement triste et avait apprit qu'on pouvait pleurer pour quelque chose qui n'était ni de la colère, ni de la tristesse, ni de la douleur. Les humains étaient capables de pleurer simplement à cause de la déception de soi, et c'était déroutant. Il ne pleurait pas pour quelque chose d'extérieur qui lui faisait du mal, ou à cause de quelques paroles dures mais simplement de la vague de déception qui s'était abbatue sur lui. De sa part à lui, crée par ses soins, formée dans le creux de son crâne.
Il n'avait même pas quitté le canapé depuis, allongé dessus et les yeux collés au plafond. Il avait passé l'après midi comme ça après avoir fait quelques allers retours entre la table basse et la cuisine en se flagellant mentalement. Le soleil commençait à se fondre dans l'horizon et l'appartement avait perdu énormément de sa luminosité. Ewan ne devrait plus tarder à rentrer et Cinaed avait promis - bien que de manière très peu consentante - qu'il s'occuperait de quelques tâches ménagères. Il galérait encore avec tout ça mais Ewan semblait content de ses efforts, même quand il finissait par devoir repasser derrière lui. Mais voilà, aujourd'hui Cinaed n'avait absolument rien fait, malgré le temps supplémentaire dont il avait disposé.
Il ne pouvait pas rester allongé sur le canapé jusqu'à la tombée de la nuit. Ewan rentrerait, verrait que le lave vaisselle n'était pas débarrassé - Cinaed avait aussi apprit à ne pas tenter de mettre la pastille à la bouche - et que l'appartement était dans le même bordel que la veille et s'énerverait un peu. Le brun ne pouvait pas, en plus, lui proposer l'image de son meilleur ami ayant une crise existentielle peu agréable sur son canapé. Et pourtant, se lever lui semblait soudainement être une entreprise inimaginable. Ses jambes semblaient aussi lourdes que cotonneuse, un peu comme si elles risquaient de lâcher s'il les redressait, tout en en étant incapable par la pression qu'elles exerçaient pour rester appuyées dans les coussins.
Alors, il ne bougea pas, laissant le roux rentrer. Il passa la porte avec un soupir qui signifiait "j'ai eu une longue journée" et se débarrassa directement de ses affaires en les emmenant dans sa chambre sans lancer un seul regard dans le reste de l'appartement. Il avait toujours la même routine. Il se débarbouillerait un peu et puis viendrait toquer à sa chambre - Ah, il l'entendait - pour vérifier s'il y était et, seulement ensuite, se dirigerait vers le salon.
La lumière s'alluma et Cinaed posa un bras sur ses yeux en grognant, habitué à l'obscurité qui avait commencé à s'installer. Ewan se contenta de rire légèrement mais le petit son se perdit rapidement et l'apprenti su que son ami listait intérieurement toutes les choses qu'il avait "oublié" de faire. Un soupir déçu quitta les lèvres d'Ewan en même temps que celle de Cinaed se tordaient désagréablement autour d'un bruit de gorge qui n'était pas vraiment un sanglot, mais pas vraiment autre chose non plus.
T'as rien fait de ce que j'ai demandé ? Punaise, Cin, je rentre et j'suis vraiment crevé, c'est pas cool. Je pensais que tu finissais tôt aujourd'hui ? T'as eu trois heures pour faire deux trucs et demi, t- Les mots se figèrent et Ewan s'approcha du canapé à grandes enjambées. Le brun cru - pendant un instant seulement - qu'Ewan allait lui retirer le bras des yeux pour continuer à l'engueuler, mais il fut surprit par la réalité. Comme à chaque fois, Ewan voyait des choses que les gens loupaient. En fait, il voyait toujours tout. Ses yeux de faucon étaient fait pour déchiffrer son ami, de ses sourires à la moindre petite mimique qui prouvait qu'il était triste quand il riait, ou à contrario qu'il s'amusait quand il se plaignait.
Une main fraîche se posa sur son front pendant quelques secondes avant que Ewan ne semble satisfait de sa température et se contente de se baisser pour être à sa hauteur en pliant les genoux. Il posa son menton dessus et le scanna d'un regard sérieux. Cinaed eut presque envie de cacher à nouveau son visage avec le bras que Ewan avait retiré - et qu'il tenait toujours - mais au lieu de ça il lui fit un sourire qui, même sans le voir, lui sembla bancal.
Qu'est-ce qu'il se passe ? T'es malade ? Il lâcha son bras et s'agenouilla un peu mieux par terre pour pouvoir se pencher par dessus le canapé et empêcher Cinaed de détourner les yeux comme un enfant prit en faute. Celui-ci secoua la tête mais ne sut pas quoi dire pour répondre. Ewan en sembla encore plus inquiet et se redressa. Allez, pousse un peu tes jambes, abruti. Tu prends toute la place. Cinaed ria tout bas et replia ses jambes le temps que Ewan s'installe. Comme à son habitude, il garda les bras levés à moitié, juste pour laisser à son ami le temps de déplier ses jambes à nouveau pour les installer sur les siennes. Dès que leur position fut adoptée, Ewan se mit à tapoter un rythme calme sur ses mollets, ce regard intense toujours tourné vers lui. C'est ta mère ? Parce que tu sais... Il secoua la tête. Une... conquête ? Un autre mouvement. T'as mal au bide ? Toujours non. Bah c'est quoi alors ? T'es trop crevé ? Je t'ai pourtant dit de pas pousser sur les sortilèges, faut que tu dormes et que tu manges sinon tu vas vraiment t'évanouir un jour et alors là ce sera super dangereux.
Malgré son ton dur, ses mains n'avaient pas cessé leurs mouvements doux. Des tapotements de l'une, et des légères caresses de l'autre. Le silence s'éternisa, chaque seconde creusant un peu plus la ride d'inquiétude sur le front d'Ewan. Finalement, Cinaed prit la parole, le ton las. J'ai fait une connerie aujourd'hui, Meredith m'a dégagé quasiment trois heures en avance. Une des mains se crispa. Est-ce que t'es... Le diplômé de l'AESM secoua la tête, ce qui sembla soulager Ewan. Alors quoi ?
J'ai... euh... Tu sais, le truc sur lequel on travaillait ? Ewan hocha la tête. Oui, pour le client important, tu m'en as parlé. Ca lui a pas plu ? Une grimace traversa son visage avant que Cinaed ne secoue la tête. Nan, il a adoré, le meuble était tout comme il le voulait juste... Il frotta ses pieds l'un contre l'autre et, ne sachant pas quoi faire de ses mains, s'empara d'un oreiller pour le serrer contre sa poitrine. Une voix un peu enraillée continua l'explication. J'ai tout foutu en l'air, 'Wan. Meredith m'a dit de m'occuper de préparer le transport et.. j'pensais qu'il parlait de lancer des sortilèges, tu vois ? Mais en fait nan. Le client c'était un né-moldu, et le meuble c'était pour sa femme alors il voulait le livrer à la moldue. Fallait juste prendre le.. euh.. le truc qui protège et vérifier que les moulures risquaient pas des chocs dans la grosse voiture. Mais moi j'avais pas compris, je pensais.. que c'était juste un sort et le... Il se mordit la lèvre avec force avant que Ewan ne grogne pour lui indiquer de la lâcher. Ce qu'il fit. Le bois s'est fendu sur tout un côté, je sais même pas comment j'ai fait ça. J'étais pas assez concentré et... Je me suis gourré sévère, j'ai fait de la grosse bourse d'Eruptif. M' m'a dit de rentrer chez moi et que je devais être fatigué pour avoir autant foutu en l'air un truc simple et j'ai...
Il cacha son visage dans l'oreiller et termina d'une toute petite voix : J'ai jamais raté ce sort avant, et il était si déçu. J'ai.. C'est un sort facile, et je suis... Les sortilèges, c'est facile, y'a que les débiles profonds qui ratent un truc comme ça.
Ewan ne prit pas la parole directement, se contentant de rire doucement. Cinaed lui envoya un regard noir par dessus sa cachette, prêt à lui demander ce qui semblait si drôle mais il n'en eu pas l'occasion : Ewan avait vu arriver le truc et avait vicieusement pincé son mollet à travers son jean, histoire de lui dire de garder sa langue. Tu peux pas toujours tout réussir du premier coup, ça arrive de faire des gaffes. Cinaed fronça les sourcils. Mais je- il fut aussitôt interrompu par son ami Et, dit il en insistant sur le mot oui, c'était une giga connerie et il va falloir tout recommencer mais t'es pas viré. Et puis, c'est une formation professionnalisante, tu apprends. C'est normal que tu fasses des erreurs, même si c'est dommage que ce soit de si grosses boulettes. C'était évitable, alors il faut juste que tu fasses plus d'efforts pour te concentrer et que tu arrêtes de penser que tu peux tout faire. Je te l'ai déjà dit, avoir confiance en soi c'est bien, mais c'est important de toujours garder une part de doute sur ses compétences. Ca nous permet de rester vigilant, tête de nouille. Cinaed bougonna quelque chose qui ressemblait à un "Mais je fais jamais d'erreur, moi." mais Ewan ne tint pas compte et continua simplement à lui sourire. Bêtement.
Mais qu'est-ce qu'il était beau comme ça.
Ouais... Peut-être. Finit-il par céder, une moue boudeuse sur les lèvres. Mais... Et si... si je refaisais ça ? Si ça se trouve, je suis pas... Le plus grand se pencha sur le côté et claqua rapidement le plat de sa main sur son front, se récoltant un "Hé !" scandalisé au passage. Tu es sacrément doué, même si ça me coute de l'admettre parfois. Tu sais ce que tu fais, et t'as bossé pour ça. C'était pas rien de sortir en top de ta promo et d'être engagé juste après. Remets pas tout ça en question juste parce que t'as échoué quelque part, ça arrive à tout le monde. Et tu vas devoir apprendre à prendre des gamelles si tu veux continuer à t'améliorer. Les seuls qui n'échouent jamais, c'est ceux qui n'essaient jamais rien. Alors bon, ça t'a prit du temps pour tomber la première fois, mais on s'en fiche de ça. C'est comme apprendre à faire fonctionner le micro-onde. Ca t'a prit du temps mais maintenant tu sais faire, bah c'est la même chose ici. Mais reste concentré, okay ? Va pas bâcler des trucs que tu sais faire juste parce que tu penses que t'es le pro, ça pourrait être dangereux en plus.
Il tapa deux fois sur son mollet avec un "Allez" sans appel, signe que la séance de papouilles était terminée et l'ébéniste reprit ses jambes pour lui pour permettre à son ami de se lever. Celui-ci se tint à côté du canapé, les mains sur les hanches. Allez répéta-t-il avec un sourire qui n'annonçait pas que de bonnes choses. J'ai pas envie de cuisiner ce soir, et j'crois que mon père n'avait rien de la journée. Je suis sûr qu'il nous en voudra pas alors change toi, il sera content de nous voir. Il tira Cinaed jusqu'à le forcer à quitter le canapé et le guida jusqu'à sa chambre, les deux mains sur ses épaules et poussant ce poids mort de 27 ans avant de l'abandonner devant sa porte. Dépêche toi, sinon je lui dis direct que Cinaed Wallace a fait une erreur de débutant, j'te parie qu'il en recrachera son café. Cinaed lui envoya un regard qu'on ne pouvait décrire que comme une trahison pure avant de se mettre à lui hurler des noms d'oiseau tandis que l'autre s'éloignait vers le salon en riant à gorge déployée.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 4 Novembre 2038 • Premiers doutes
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Il se sentait... Débile.
Pour la première fois, ce n'était pas cette idiotie amusante qui semblait lui coller à la peau et qui donnaient la sensation aux gens qu'il ne comprenait rien aux relations sociales et aux quelconques attentes de ladite société. Cette sensation là, il s'en fichait parce qu'elle était totalement réelle : il ne comprenait rien à tout ça et ne cherchait pas non plus à comprendre. Mais aujourd'hui, il se sentait con, décimé dans une intelligence purement scolaire et pratique. Il ne s'était jamais senti comme ça avant, ni à Poudlard, ni à l'AESM.
Cinaed avait eu la chance - ou la malchance, selon quelques psychomages en herbe - de ne jamais connaître l'échec avant. Il était né dans une bonne famille, et n'avait jamais échoué que là où il ne voulait pas réussir. Il avait eu des mauvaises notes dans les matières qui ne l'intéressaient pas mais avait toujours cultivé un score parfait ou presque parfait dans les autres. Un petit génie, comme diraient ses parents. Un connard, comme en parlaient ses anciens camarades. Un gars qui ne semblait jamais avoir besoin de travailler et qui parvenait tout de même à se tenir au sommet, comme si ça avait été facile et naturel pour lui.
Dans la réalité, il avait bossé. Il se souvenait des nuits à travailler dans sa petite chambre en colocation à l'académie, perdu dans son monde à réessayer encore et encore les sortilèges qu'il ne maîtrisait pas correctement et des heures passées sur ses essais. Les gens n'avaient pas vu tout ça et Cinaed n'avait jamais trouvé utile de leur montrer non plus. Ca avait amené cette fausse idée selon laquelle Cinaed Wallace ne travaillait pas et avait simplement beaucoup de facilités. Et il en avait, parce que la capacité de se perdre pendant des heures sur un sujet qui vous plaisait et, ce, sans jamais dévier de votre objectif, c'était pas facile pour tout le monde. Bien sûr, il aurait pu s'insurger et hurler à tout va qu'il travaillait plus que la plupart des autres étudiants - et que, ces autres là étaient juste des croutons débiles - mais il ne l'avait jamais fait. Il n'en avait jamais vraiment vu l'utilité, à part devant Ewan et même Charlie durant un court moment. Montrer sa valeur à des inconnus n'était pas difficile mais leur laisser entrevoir les sacrifices qu'il avait fait pour se hisser où il était ? Non merci.
C'était peut-être simplement une question d'ego surdimensionné, et sûrement ça, même, mais bon. On en arrivait à cette situation où, à 27 ans, Cinaed Wallace n'avait jamais connu un véritable échec. Pas une fois. Personne ne l'avait jamais regardé pour lui hurler dessus qu'il était un abruti et qu'il avait gâché son temps - ou ses capacités - à cause d'une erreur qui était entièrement de sa faute. Et ça faisait mal, très mal.
Son apprentissage s'était passé dans les règles de l'art jusqu'à présent. Il s'entendait même extrêmement bien avec son patron qui avait rapidement prit la place d'un mentor. Ils riaient, papotaient et, surtout, Cinaed apprenait tant de nouvelles choses sur la sculpture qu'il ne savait même plus où donner de la tête. C'était exaltant et c'était aussi la toute première fois que le futur ébéniste était certain de tout. Certain de savoir ce qu'il voulait faire, pourquoi et comment il pouvait y arriver. Ce n'était plus Poudlard où il suivait ses cours sans trop penser à l'avenir, ou l'AESM où son seul but était d'apprendre le plus possible sur les sortilèges. Ce n'était plus non plus ces années enfermées dans une pièce à moitié éclairée pour sculpter en boucle chaque jours les mêmes choses. Il savait pourquoi il était là et il se sentait comme à la maison. Pas parce que la boutique où il travaillait était plus accueillante qu'une autre, non, cette sensation venait même uniquement de lui. Il se sentait chez lui dans sa routine, peu importe l'endroit où il se trouvait.
Pour la première fois, le but qu'on lui avait proposé lui semblait tout à fait adapté. Peut-être parce que, cette fois-ci, c'était lui qu'il avait choisi du début à la fin en ne suivant que son instinct. Personne pour lui dire de se concentrer sur les enchantements ou sur la sculpture mais jamais les deux à la fois, personne pour lui rappeler qu'il ne pouvait pas s'enfermer dans sa chambre sans jamais en sortir. Juste Meredith qui lui donnait de lourde tapes dans le dos quand il réussissait quelque chose et qui lui indiquait comment améliorer le reste et Ewan qui ne trouvait plus rien à redire sur la vie de son colocataire. Parce que le roux avait toujours eu des remarques à faire auparavant, et peut-être avait-il eu raison dans tous les cas. Cinaed ne s'était jamais senti aussi vivant que depuis qu'ils habitaient ensemble. Jamais aussi normal et jamais aussi calme. Oh, bien sûr, pas de l'extérieur mais un calme qui faisait naviguer ses pensées avec un peu moins de violence dans sa tête. Elles ne s'entrechoquaient plus autant qu'avant et seulement dans les moments où sa créativité faisait un pic.
C'était un sentiment vraiment dingue de se sentir sur le bon chemin, pour une fois. Et il avait tout gâché.
Punaise, Meredith l'avait même foutu dehors. Enfin, pas vraiment, mais il lui avait dit de rentrer chez lui et de se reposer, ce que Cinaed avait prit pour le pire des affronts. Il avait été recalé par son professeur autant que par son patron, et même peut-être par son début d'ami. Et tout ça à cause de lui, parce qu'il avait échoué. Parce qu'il avait été trop confiant et qu'il avait fait une erreur stupide. A trop se concentrer sur l'apprentissage de nouvelles choses, il en avait oublié les bases même de toute sa scolarité et le regard que lui avait lancé son maître de formation semblait le suivre depuis qu'il avait quitté la boutique.
Par Merlin, Cinaed en avait pleuré. Comme un bébé. Depuis combien de temps n'était-ce pas arrivé, ces larmes là ? De vraies, pas les sanglots démesurés qu'il parodiait pour embêter les gens au moindres petit inconvénient. Non, de vraies et grosses larmes qui avaient dévalées ses joues et qu'il n'avait même pas prit la peine de tamponner avant qu'elles ne laissent de longues trainées collantes sur ses joues. Il n'avait pas été particulièrement triste et avait apprit qu'on pouvait pleurer pour quelque chose qui n'était ni de la colère, ni de la tristesse, ni de la douleur. Les humains étaient capables de pleurer simplement à cause de la déception de soi, et c'était déroutant. Il ne pleurait pas pour quelque chose d'extérieur qui lui faisait du mal, ou à cause de quelques paroles dures mais simplement de la vague de déception qui s'était abbatue sur lui. De sa part à lui, crée par ses soins, formée dans le creux de son crâne.
Il n'avait même pas quitté le canapé depuis, allongé dessus et les yeux collés au plafond. Il avait passé l'après midi comme ça après avoir fait quelques allers retours entre la table basse et la cuisine en se flagellant mentalement. Le soleil commençait à se fondre dans l'horizon et l'appartement avait perdu énormément de sa luminosité. Ewan ne devrait plus tarder à rentrer et Cinaed avait promis - bien que de manière très peu consentante - qu'il s'occuperait de quelques tâches ménagères. Il galérait encore avec tout ça mais Ewan semblait content de ses efforts, même quand il finissait par devoir repasser derrière lui. Mais voilà, aujourd'hui Cinaed n'avait absolument rien fait, malgré le temps supplémentaire dont il avait disposé.
Il ne pouvait pas rester allongé sur le canapé jusqu'à la tombée de la nuit. Ewan rentrerait, verrait que le lave vaisselle n'était pas débarrassé - Cinaed avait aussi apprit à ne pas tenter de mettre la pastille à la bouche - et que l'appartement était dans le même bordel que la veille et s'énerverait un peu. Le brun ne pouvait pas, en plus, lui proposer l'image de son meilleur ami ayant une crise existentielle peu agréable sur son canapé. Et pourtant, se lever lui semblait soudainement être une entreprise inimaginable. Ses jambes semblaient aussi lourdes que cotonneuse, un peu comme si elles risquaient de lâcher s'il les redressait, tout en en étant incapable par la pression qu'elles exerçaient pour rester appuyées dans les coussins.
Alors, il ne bougea pas, laissant le roux rentrer. Il passa la porte avec un soupir qui signifiait "j'ai eu une longue journée" et se débarrassa directement de ses affaires en les emmenant dans sa chambre sans lancer un seul regard dans le reste de l'appartement. Il avait toujours la même routine. Il se débarbouillerait un peu et puis viendrait toquer à sa chambre - Ah, il l'entendait - pour vérifier s'il y était et, seulement ensuite, se dirigerait vers le salon.
La lumière s'alluma et Cinaed posa un bras sur ses yeux en grognant, habitué à l'obscurité qui avait commencé à s'installer. Ewan se contenta de rire légèrement mais le petit son se perdit rapidement et l'apprenti su que son ami listait intérieurement toutes les choses qu'il avait "oublié" de faire. Un soupir déçu quitta les lèvres d'Ewan en même temps que celle de Cinaed se tordaient désagréablement autour d'un bruit de gorge qui n'était pas vraiment un sanglot, mais pas vraiment autre chose non plus.
T'as rien fait de ce que j'ai demandé ? Punaise, Cin, je rentre et j'suis vraiment crevé, c'est pas cool. Je pensais que tu finissais tôt aujourd'hui ? T'as eu trois heures pour faire deux trucs et demi, t- Les mots se figèrent et Ewan s'approcha du canapé à grandes enjambées. Le brun cru - pendant un instant seulement - qu'Ewan allait lui retirer le bras des yeux pour continuer à l'engueuler, mais il fut surprit par la réalité. Comme à chaque fois, Ewan voyait des choses que les gens loupaient. En fait, il voyait toujours tout. Ses yeux de faucon étaient fait pour déchiffrer son ami, de ses sourires à la moindre petite mimique qui prouvait qu'il était triste quand il riait, ou à contrario qu'il s'amusait quand il se plaignait.
Une main fraîche se posa sur son front pendant quelques secondes avant que Ewan ne semble satisfait de sa température et se contente de se baisser pour être à sa hauteur en pliant les genoux. Il posa son menton dessus et le scanna d'un regard sérieux. Cinaed eut presque envie de cacher à nouveau son visage avec le bras que Ewan avait retiré - et qu'il tenait toujours - mais au lieu de ça il lui fit un sourire qui, même sans le voir, lui sembla bancal.
Qu'est-ce qu'il se passe ? T'es malade ? Il lâcha son bras et s'agenouilla un peu mieux par terre pour pouvoir se pencher par dessus le canapé et empêcher Cinaed de détourner les yeux comme un enfant prit en faute. Celui-ci secoua la tête mais ne sut pas quoi dire pour répondre. Ewan en sembla encore plus inquiet et se redressa. Allez, pousse un peu tes jambes, abruti. Tu prends toute la place. Cinaed ria tout bas et replia ses jambes le temps que Ewan s'installe. Comme à son habitude, il garda les bras levés à moitié, juste pour laisser à son ami le temps de déplier ses jambes à nouveau pour les installer sur les siennes. Dès que leur position fut adoptée, Ewan se mit à tapoter un rythme calme sur ses mollets, ce regard intense toujours tourné vers lui. C'est ta mère ? Parce que tu sais... Il secoua la tête. Une... conquête ? Un autre mouvement. T'as mal au bide ? Toujours non. Bah c'est quoi alors ? T'es trop crevé ? Je t'ai pourtant dit de pas pousser sur les sortilèges, faut que tu dormes et que tu manges sinon tu vas vraiment t'évanouir un jour et alors là ce sera super dangereux.
Malgré son ton dur, ses mains n'avaient pas cessé leurs mouvements doux. Des tapotements de l'une, et des légères caresses de l'autre. Le silence s'éternisa, chaque seconde creusant un peu plus la ride d'inquiétude sur le front d'Ewan. Finalement, Cinaed prit la parole, le ton las. J'ai fait une connerie aujourd'hui, Meredith m'a dégagé quasiment trois heures en avance. Une des mains se crispa. Est-ce que t'es... Le diplômé de l'AESM secoua la tête, ce qui sembla soulager Ewan. Alors quoi ?
J'ai... euh... Tu sais, le truc sur lequel on travaillait ? Ewan hocha la tête. Oui, pour le client important, tu m'en as parlé. Ca lui a pas plu ? Une grimace traversa son visage avant que Cinaed ne secoue la tête. Nan, il a adoré, le meuble était tout comme il le voulait juste... Il frotta ses pieds l'un contre l'autre et, ne sachant pas quoi faire de ses mains, s'empara d'un oreiller pour le serrer contre sa poitrine. Une voix un peu enraillée continua l'explication. J'ai tout foutu en l'air, 'Wan. Meredith m'a dit de m'occuper de préparer le transport et.. j'pensais qu'il parlait de lancer des sortilèges, tu vois ? Mais en fait nan. Le client c'était un né-moldu, et le meuble c'était pour sa femme alors il voulait le livrer à la moldue. Fallait juste prendre le.. euh.. le truc qui protège et vérifier que les moulures risquaient pas des chocs dans la grosse voiture. Mais moi j'avais pas compris, je pensais.. que c'était juste un sort et le... Il se mordit la lèvre avec force avant que Ewan ne grogne pour lui indiquer de la lâcher. Ce qu'il fit. Le bois s'est fendu sur tout un côté, je sais même pas comment j'ai fait ça. J'étais pas assez concentré et... Je me suis gourré sévère, j'ai fait de la grosse bourse d'Eruptif. M' m'a dit de rentrer chez moi et que je devais être fatigué pour avoir autant foutu en l'air un truc simple et j'ai...
Il cacha son visage dans l'oreiller et termina d'une toute petite voix : J'ai jamais raté ce sort avant, et il était si déçu. J'ai.. C'est un sort facile, et je suis... Les sortilèges, c'est facile, y'a que les débiles profonds qui ratent un truc comme ça.
Ewan ne prit pas la parole directement, se contentant de rire doucement. Cinaed lui envoya un regard noir par dessus sa cachette, prêt à lui demander ce qui semblait si drôle mais il n'en eu pas l'occasion : Ewan avait vu arriver le truc et avait vicieusement pincé son mollet à travers son jean, histoire de lui dire de garder sa langue. Tu peux pas toujours tout réussir du premier coup, ça arrive de faire des gaffes. Cinaed fronça les sourcils. Mais je- il fut aussitôt interrompu par son ami Et, dit il en insistant sur le mot oui, c'était une giga connerie et il va falloir tout recommencer mais t'es pas viré. Et puis, c'est une formation professionnalisante, tu apprends. C'est normal que tu fasses des erreurs, même si c'est dommage que ce soit de si grosses boulettes. C'était évitable, alors il faut juste que tu fasses plus d'efforts pour te concentrer et que tu arrêtes de penser que tu peux tout faire. Je te l'ai déjà dit, avoir confiance en soi c'est bien, mais c'est important de toujours garder une part de doute sur ses compétences. Ca nous permet de rester vigilant, tête de nouille. Cinaed bougonna quelque chose qui ressemblait à un "Mais je fais jamais d'erreur, moi." mais Ewan ne tint pas compte et continua simplement à lui sourire. Bêtement.
Mais qu'est-ce qu'il était beau comme ça.
Ouais... Peut-être. Finit-il par céder, une moue boudeuse sur les lèvres. Mais... Et si... si je refaisais ça ? Si ça se trouve, je suis pas... Le plus grand se pencha sur le côté et claqua rapidement le plat de sa main sur son front, se récoltant un "Hé !" scandalisé au passage. Tu es sacrément doué, même si ça me coute de l'admettre parfois. Tu sais ce que tu fais, et t'as bossé pour ça. C'était pas rien de sortir en top de ta promo et d'être engagé juste après. Remets pas tout ça en question juste parce que t'as échoué quelque part, ça arrive à tout le monde. Et tu vas devoir apprendre à prendre des gamelles si tu veux continuer à t'améliorer. Les seuls qui n'échouent jamais, c'est ceux qui n'essaient jamais rien. Alors bon, ça t'a prit du temps pour tomber la première fois, mais on s'en fiche de ça. C'est comme apprendre à faire fonctionner le micro-onde. Ca t'a prit du temps mais maintenant tu sais faire, bah c'est la même chose ici. Mais reste concentré, okay ? Va pas bâcler des trucs que tu sais faire juste parce que tu penses que t'es le pro, ça pourrait être dangereux en plus.
Il tapa deux fois sur son mollet avec un "Allez" sans appel, signe que la séance de papouilles était terminée et l'ébéniste reprit ses jambes pour lui pour permettre à son ami de se lever. Celui-ci se tint à côté du canapé, les mains sur les hanches. Allez répéta-t-il avec un sourire qui n'annonçait pas que de bonnes choses. J'ai pas envie de cuisiner ce soir, et j'crois que mon père n'avait rien de la journée. Je suis sûr qu'il nous en voudra pas alors change toi, il sera content de nous voir. Il tira Cinaed jusqu'à le forcer à quitter le canapé et le guida jusqu'à sa chambre, les deux mains sur ses épaules et poussant ce poids mort de 27 ans avant de l'abandonner devant sa porte. Dépêche toi, sinon je lui dis direct que Cinaed Wallace a fait une erreur de débutant, j'te parie qu'il en recrachera son café. Cinaed lui envoya un regard qu'on ne pouvait décrire que comme une trahison pure avant de se mettre à lui hurler des noms d'oiseau tandis que l'autre s'éloignait vers le salon en riant à gorge déployée.
3016.
Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Beatha còmhla
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Le reste du mois de Novembre s'était déroulé sans encombres. Cinaed avait reprit du poil de la bête à la fin du repas avec le père d'Ewan - son ancien précepteur avait toujours le don de se sentir comme à la maison - et il n'avait plus refait d'erreur à la boutique. Meredith avait été content de voir que le message était passé et avait porté ses fruits et s'était excusé d'avoir été dur quelques jours plus tard après s'être assuré que son apprenti avait retenu la leçon et que ses efforts n'étaient pas un simple passage, histoire de revenir dans ses bons papiers. La vie suivait son cours, les routines reprenaient leur place et Cinaed ne quitta que très peu l'appartement sans Ewan durant ces quelques semaines. Il n'avait pas trop d'intérêt à aller boire ou à sortir et préférait passer ses soirées soit à sculpter dans sa chambre, soit à s'amuser avec Ewan.
Vers le 25, cependant, Ewan s'était mit à le regarder étrangement et avait refusé de donner suite à ses nombreuses questions. Ses yeux semblaient ne jamais quitter ses mains et un froncement de sourcil quasi permanent avait fait son apparition. Cependant, Ewan n'avait fait aucune remarque ni même aucune mise en garde et Cinaed n'avait donc rien changé à son comportement, persuadé que son ami devait bien avoir ses raisons pour être étrange. Il avait le droit de l'être, parfois et Cinaed savait que l'entreprise où il travaillait était un peu débordée ces derniers jours. Il lui avait proposé un peu d'aide et Ewan avait même accepté, ce qui semblait indiquer que la situation était plus désespérée qu'il n'acceptait de l'avouer. C'était sûrement parce qu'il passait ses journées à courir partout et ses nuits penché sur des papiers qu'il n'avait pas pu faire part de son inquiétude croissante à son meilleur ami. Peut-être avait-il pensé que Cinaed comprenait tout seul ce qui n'allait pas et se comporterait comme un vrai adulte.
Evidemment, ce ne fut pas le cas et la catastrophe fut donc absolument inévitable. Elle arriva, sans prévenir, un dimanche après midi alors que les deux hommes se mettaient à table. Ils mangeaient ensemble le plus souvent possible mais, cette semaine, ça avait été difficile de croiser Ewan le soir. Le plus vieux mangeait tôt - quand Cinaed était encore dans sa bulle - et s'enfermait ensuite dans sa chambre jusqu'à pas d'heure. Le brun avait décidé de ne pas le déranger et avait donc mangé seul pour une grosse majorité des repas, même la veille alors que Ewan ne travaillait pas. L'ébéniste avait fait en sorte de faire un aller-retour rapide à l'appartement sur le temps de midi - puisque, lui, il travaillait bien - mais n'avait pas réussi à partager le repas avec Ewan et était retourné à la boutique tout bredouille.
Les deux assiettes de pâtes qui refroidissaient tranquillement sur la table étaient donc le premier repas qu'ils partageaient depuis quelques jours et cela leur avait manqué. Tellement, qu'ils avaient plutôt passé vingt minutes à papoter en profitant d'un fond de whisky - et d'un verre de vin pour Ewan - puis quarante, puis une heure. Au final, les pâtes étaient froides avant même qu'ils ne commencent à piocher dedans et Ewan se leva donc pour les faire réchauffer avec un petit sourire. Cinaed s'en moqua, clamant haut et fort que ses papiers étaient tellement embêtant qu'ils en avaient même refroidit leurs assiettes. Ses mains n'avaient pas arrêté de bouger depuis le début de la conversation, habituées à parler autant que la voix de Cinaed ne le faisait et Ewan avait eu du mal à en défaire les yeux. De petits pansements les recouvraient, laissant peu de peau à la lumière du jour. Cinaed semblait s'être enveloppé dans ses petits bandages moldus du bout des ongles jusqu'aux poignets et même si Ewan aurait pu être amusé de voir que son ami avait choisit de dépenser plus, uniquement pour avoir de mignons motifs sur les bandes collantes, il était surtout inquiet.
Ca ne devait sûrement n'être rien de très grave, mais les pansements n'avaient fait que se multiplier depuis la dernière fois et Ewan savait qu'il n'était pas dans les habitudes de Cinaed de se blesser sans venir hurler à la mort dans sa chambre pour avoir un bijou magique - "Si-si, les moldus disent que ça soigne encore mieux qu'un médicomage !". Le fait qu'il ne s'en soit pas plain une seule fois était étrange et ne correspondait pas du tout à l'énergumène qu'était son colocataire. Cinaed Wallace se plaignait de tout ce qui l'embêtait et, ce, dès qu'il le pouvait. Il ne passait pas sa vie à se plaindre, mais le faisait assez souvent quand même : à force de parler toute la journée, le sujet revenait forcément à des choses qui lui avaient déplus. Mais là, rien qui semble indiquer que la situation l'agaçait.
Il devient encore plus évident que quelque chose clochait quand, après que Ewan ait ramené les assiettes et commencé à manger, Cinaed se contenta de le regarder avec un sourire. Ce foutu sourire dont il ne se défaisait jamais, comme s'il était content dès qu'il posait les yeux sur lui, pour une raison ou une autre. Le plus vieux fronça les sourcils. Manges, ça va refroidir, et je sais que t'as pas mangé hier soir alors m'embête pas, j'ai même pas foutu de vrais légumes dedans. L'ébéniste gneugneuta dans son coin que, de toute façon, les légumes ce n'était pas fait pour aller dans des pâtes et s'empara doucement de sa fourchette. Trop doucement pour la brutasse qu'il était 90% du temps. Les doigts légèrement pliés, il tenait sa fourchette comme Ewan l'avait vu faire quand il était jeune. Gracieux, avec une prise légère comme celle d'un papillon. Cinaed détestait ça et disait toujours que ça rendait les gens absolument ridicules et pompeux.
Le plus jeune ne quittait pas son assiette des yeux, une concentration maximale se lisant sur ses traits alors qu'il faisait tourner sa fourchette dans les spaghettis, essayant d'en récupérer le plus possible en une seule fois. Le petit objet en métal tremblait dans sa main et Ewan arrêta de manger. Le dos collé contre le dossier de sa chaise, il croisa les bras sur sa poitrine, leva un sourcil et patienta jusqu'à ce que la catastrophe arrive. Elle s'était enclenchées quand Cinaed avait prit sa fourchette et Ewan l'avait vu arriver de très, très, très loin.
Bingo, son ami lâcha sa fourchette alors que celle-ci n'était qu'à mi-chemin de sa bouche, se faisant tomber son contenu sur les genoux. Pas réflexe, il attrapa les pâtes et se frotta les jambes furieusement avant de laisser échapper un petit son de douleur, comme celui d'un animal blessé. Ewan repoussa son assiette et tendit les mains par dessus la table, les coudes posés dessus. Cinaed leva les yeux vers lui. De grands yeux ronds qui le fixaient sans trop comprendre. Et puis, la réalisation se fit et le brun, tout comme l'enfant qu'il était, cacha ses mains dans son dos avec une moue boudeuse. C'est pas bien de mettre les coudes sur la table. Dit-il avec son petit air suffisant. Cet air là, il ne l'utilisait que lorsque qu'il voulait l'agacer, et déclencher une bataille de doigts dans les flancs jusqu'à ce qu'ils finissent tous les deux avec des petits bleus ronds pendant deux semaines. Aujourd'hui, s'ils débutaient la guerre, Cinaed la perdrait avant même de porter son premier coup. Allez, montre tes mains. Il fit un geste en pliant et dépliant ses doigts plusieurs fois pour indiquer à son ami de rapprocher ses mains mais celui-ci secoua la tête. Nan ! Pourquoi ? Un regard plus tard, il soupira et tendit les mains vers l'avant, la défaite se lisant dans sa courbure de ses épaules.
Ewan arracha rapidement une partie des pansements de la main droite, se récoltant un Aïe ! Mais doucement, t'es une brute ! Il essaya de récupérer sa main par réflexe pour que la douleur s'arrête mais Ewan tenait fermement son poignet et Cinaed n'avait pas envie de se battre, alors il lui laissa. Le roux fit tourner sa main, l'observant sous plusieurs angles alors qu'il finissait de retirer les petites bandes. Evidemment que Cinaed avait continué à faire des conneries et n'avait pas apprit tout seul à se calmer. C'était dommage que le rush au travail soit arrivé pile sur cette semaine mais, en même temps, Cinaed en avait sûrement profité pour se surmener en paix sans que son ami ne soit là pour lui tirer les oreilles s'il travaillait trop longtemps. Si ça n'était pas arrivé maintenant, ça serait arrivé à la prochaine période un peu compliqué.
Le comptable appuya vicieusement sur la marque qui semblait être la plus rouge et arracha un cri à son ami. Cette fois-ci, il arracha vivement sa main et la garda pressée contre sa poitrine, le regard sombre. Pourquoi t'as fait ça ? Il frotta doucement son pouce contre la petite marque creusée sur le côté de son doigt et Ewan prit la parole. On a du baume dans la salle de bain, et tu sais où il est puisque tu l'utilises quand tu te coupes en cuisine. Pourquoi tu m'as pas dit qu'il était fini ? Cinaed serait bien incapable de brasser un baume ou une potion même pour sauver sa vie alors Ewan s'en occupait ou achetait ce qu'il ne savait pas faire dans le commerce. Il connaissait de bons apothicaires et de bons potionnistes et l'armoire à pharmacie ne manquait jamais de regorger de fioles et de petites boites en tout genre. Il dû tendre l'oreille pour entendre la réponse de son ami et eut envie de lui donner une claque pour sa stupidité. Bah s'il est pas fini, va en mettre. T'es con ou quoi ?
Ils avaient déjà eu des dizaines de conversations à travers les années sur la nécessité de se soigner et cette manie qu'avait Cinaed de ne pas faire confiance aux potions, surtout quand il s'agissait de les utiliser sur ses mains. L'idiot avait toujours les mêmes arguments : peur que ça ne fonctionne pas bien ou que cela change quelque chose dans la manière dont il percevait le monde à travers ses paumes. En somme, des arguments qui n'avançaient à rien puisque personne n'aurait jamais prit le risque de lui faire parvenir un baume même à moitié bâclé. Par Merlin, son père était même médicomage et ce grand enfant trouvait quand même quelque chose à redire quand il lui faisait prendre un truc. Ewan savait qu'il y avait un peu de malaise derrière tout ça et que Cinaed ne refusait pas tous les médicaments juste parce qu'il n'aimait pas ça, mais il y avait aussi une grande part de gaminerie et ça, ça ne passait pas.
Je veux pas de baume. Dit-il sèchement quand Ewan réapparu à la table du salon après un rapide passage dans la salle de bain. Et voilà : c'était reparti. Un débat de quinze minutes plus tard, Ewan avait tiré sur tous les arguments de son colocataire. Un tir chirurgical en plein milieu du front pour chacun d'eux, ne laissant aucune chance à son adversaire de continuer à geindre comme un gamin.
Et puis, comme à chaque fois, Cinaed finit par avouer la véritable raison pour laquelle il ne voulait pas du baume. Une raison qui n'était ni la texture ou l'odeur, ni de supposées allergies, ni même cette croyance stupide qu'un peu de baume pouvait lui détruire les mains. Ewan eut envie de se frapper le front sur la table en bois quand Cinaed reprit la parole parce que, pardon ? C'était tellement stupide ! Je veux pas les retirer. Ca fait pas si mal c'est juste... Ewan soupira et se frotta les yeux, laissant son ami s'expliquer d'une petite voix.
Avec Décembre qui arrivait, la boutique où il travaillait allait se retrouver prise d'assaut comme à chaque approche de Yule et de Noël pour les moldus et Meredith avait alors proposé plus d'exercices à Cinaed pour qu'il puisse sculpter plus rapidement et avec moins d'erreur. Malgré toutes ces années, Cinaed n'était pas parfait et avait apprit à sculpter essentiellement seul chez lui alors il lui manquait quelques techniques qui ne semblaient pas instinctives mais qui faisaient gagner en assurance et en temps. Et, comme d'habitude, l'écossais avait voulu faire trop bien, trop vite. Surtout que, après la dernière gueulade qu'avait poussé son patron, il n'avait plus envie de le décevoir. Finalement, son petit discours de la dernière fois n'avait pas réussi à le convaincre parfaitement que les erreurs étaient naturelles, tout comme Meredith avait échoué à cette même tâche. Punaise, parfois Cinaed était une vraie tête de mule. Ce n'était pas un génie mondial, c'était normal qu'il doive prendre du temps pour réussir certaines choses. Pourquoi ne pouvait-il jamais l'accepter ?
Enfin bref, il s'était trop entrainé à des manœuvres et des outils qu'il n'avait pas l'habitude d'utiliser et donc, d'entretenir. Meredith a rien dit ? Connaissant l'autre homme uniquement par ce que Cinaed lui en avait raconté, Ewan imaginait un homme simple mais sérieux. Tout l'inverse d'un patron tyrannique qui faisait travailler son apprenti jusqu'à ce qu'il n'arrive plus à tenir sa fourchette un dimanche après midi comme un autre. Cinaed secoua la tête, cette moue boudeuse toujours sur les lèvres. Nan, j'dois porter des gants quand je suis là bas. Le papa de cette relation leva les yeux au ciel encore une fois. Et tu n'en portes pas à la maison parce que... ? L'ébéniste croisa les bras sur sa poitrine et bougonna J'aime mieux quand je peux sentir le bois, c'est pas pareil.
Parfois, il ne fallait pas chercher à comprendre les artistes, se dit Ewan. Et, même s'il n'avait pas été artiste, il n'aurait pas fallut chercher à comprendre Cinaed Wallace tout court à moins de vouloir se faire de bons nœuds au cerveau. Nombreux étaient les gens qui avaient essayé et échoué misérablement. Ewan avait de la pratique mais, pour être honnête, il y avait encore beaucoup de choses et une logique chez son amie qu'il ne comprenait pas et ne comprendrait sans doute jamais. Ce n'était pas grave, il suffisait d'accepter le truc et de passer à autre chose. Parfois, Cinaed prenait le temps d'apprendre aux autres comment il fonctionnait. La plupart du temps, non.
Tu sais... Je peux prendre un baume qui retire pas les marques. Si tu veux. Proposa Ewan comme une offrande de paix. Un compromis qu'il espérait suffisant, et qui le serait s'il devait se fier uniquement au regard de pure joie qui traversa le regard de Cinaed. Evidemment, il ne savait pas que ça existait. Ses parents avaient toujours veillé à faire disparaitre les quelques cicatrices qu'il avait pu récolter durant son enfance et Ewan avait un baume semblable dans la salle de bain. Il n'avait jamais pensé que Cinaed voudrait des mains moins que parfaite et, de toute façon, les baumes qui se contentaient de soigner les bobos sans les supprimer lui semblaient bien moins utiles. Pourquoi tu veux les garder ? s'interrogea-t-il tout de même.
Cinaed haussa les épaules. Je sais pas trop. Son regard indiquait le contraire, mais Ewan ne poussa pas son ami. Il avait envie de garder ça pour lui, alors tant que ce n'était pas dangereux, le roux n'avait rien à y redire. Cinaed, de son côté, ne savait juste pas vraiment comment expliquer cette sensation qui bouillonnait en lui. Peut-être de la fierté quand il voyait ses coupures cicatriser lentement et laisser une petite marque blanche sur ses avant-bras. Il avait l'impression, pour la première fois, de garder un souvenir tangible de toute cette aventure. Un truc qui ne disparaîtrait jamais et une manière de montrer aux autres à quel point il se souciait de ce qu'il faisait sans avoir à le dire à voix haute. Les petites marques blanches serait un rappel constant de l'énergie qu'il avait fourni jusqu'à présent et de pourquoi il le faisait. C'était purement enfantin, un caprice comme un autre mais qui semblait bien plus important que ceux qu'il avait déjà pu faire par le passé. Il avait pu abandonner tout le reste assez facilement mais celui-ci semblait ancré au fond se lui.
Il voulait les garder, il voulait voir chaque jour cette preuve de ces efforts. Cette preuve qu'il n'avait pas apprit tout ça sans travailler et sans faire de sacrifices. Et, un jour, il sculpterait parfaitement bien sans avoir besoin de porter de gants antidérapant et sans se blesser à chaque coup de ciseau trop maladroit. Et, ce jour là, ces mains marquées seraient le vestige de ces années passées avec Ewan qu'il voulait garder gravées en lui, alors même qu'elles venaient à peine de commencer.
J'irais acheter un autre baume, alors. Indiqua le roux en passant une main dans ses cheveux avant de disparaître à nouveau dans la salle de bain. Il en ressortit avec une petite bassine remplie d'un liquide étrange et la posa sur la table devant lui. Mets des mains dedans, je te promet que c'est juste pour soulager un peu la douleur et éviter de mauvaises surprises. Tu peux pas juste refuser de te soigner parce que tu connais pas les alternatives aux trucs que t'aime pas. T'as pas envie de perdre tes doigts, n'est-ce pas ? Il fit un sourire victorieux quand son ami se précipita en avant, plongeant les mains dans la bassine avant même d'y réfléchir à deux fois. Ewan l'aida à remonter ses manches en faisant quelques ourelets sur son sweat et récupéra ensuite la fourchette qui était restée par terre. L'essuyant rapidement sur la serviette de Cinaed, il soupira et envoya un regard noir à son ami. Juste une fois, et après tu te débrouilles la prochaine fois. Menaça-t-il sombrement avant de pousser une bouchée de pâtes vers le visage souriant du plus jeune. Ses yeux pétillaient et Ewan jura avoir sur ses genoux se dandiner sous la table, comme si tout ceci l'amusait au plus haut point.
Au moins, il resta silencieux jusqu'à la fin du repas, trop occupé à mâcher ce que Ewan lui fourrait dans la bouche. Et, évidemment, cette résolution finit à la poubelle, comme toutes celles que Ewan prenait concernant Cinaed. S'il finissait par lui donner la bectée quelques repas après ça, quand Cinaed était trop fatigué, trop malade ou trop douloureux pour manger sans y passer deux heures, personne n'avait besoin de l'apprendre. Et, surtout, personne n'avait besoin de savoir que ça ne le dérangeait pas tant, au final.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 28 Novembre 2038 • Momie
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Le reste du mois de Novembre s'était déroulé sans encombres. Cinaed avait reprit du poil de la bête à la fin du repas avec le père d'Ewan - son ancien précepteur avait toujours le don de se sentir comme à la maison - et il n'avait plus refait d'erreur à la boutique. Meredith avait été content de voir que le message était passé et avait porté ses fruits et s'était excusé d'avoir été dur quelques jours plus tard après s'être assuré que son apprenti avait retenu la leçon et que ses efforts n'étaient pas un simple passage, histoire de revenir dans ses bons papiers. La vie suivait son cours, les routines reprenaient leur place et Cinaed ne quitta que très peu l'appartement sans Ewan durant ces quelques semaines. Il n'avait pas trop d'intérêt à aller boire ou à sortir et préférait passer ses soirées soit à sculpter dans sa chambre, soit à s'amuser avec Ewan.
Vers le 25, cependant, Ewan s'était mit à le regarder étrangement et avait refusé de donner suite à ses nombreuses questions. Ses yeux semblaient ne jamais quitter ses mains et un froncement de sourcil quasi permanent avait fait son apparition. Cependant, Ewan n'avait fait aucune remarque ni même aucune mise en garde et Cinaed n'avait donc rien changé à son comportement, persuadé que son ami devait bien avoir ses raisons pour être étrange. Il avait le droit de l'être, parfois et Cinaed savait que l'entreprise où il travaillait était un peu débordée ces derniers jours. Il lui avait proposé un peu d'aide et Ewan avait même accepté, ce qui semblait indiquer que la situation était plus désespérée qu'il n'acceptait de l'avouer. C'était sûrement parce qu'il passait ses journées à courir partout et ses nuits penché sur des papiers qu'il n'avait pas pu faire part de son inquiétude croissante à son meilleur ami. Peut-être avait-il pensé que Cinaed comprenait tout seul ce qui n'allait pas et se comporterait comme un vrai adulte.
Evidemment, ce ne fut pas le cas et la catastrophe fut donc absolument inévitable. Elle arriva, sans prévenir, un dimanche après midi alors que les deux hommes se mettaient à table. Ils mangeaient ensemble le plus souvent possible mais, cette semaine, ça avait été difficile de croiser Ewan le soir. Le plus vieux mangeait tôt - quand Cinaed était encore dans sa bulle - et s'enfermait ensuite dans sa chambre jusqu'à pas d'heure. Le brun avait décidé de ne pas le déranger et avait donc mangé seul pour une grosse majorité des repas, même la veille alors que Ewan ne travaillait pas. L'ébéniste avait fait en sorte de faire un aller-retour rapide à l'appartement sur le temps de midi - puisque, lui, il travaillait bien - mais n'avait pas réussi à partager le repas avec Ewan et était retourné à la boutique tout bredouille.
Les deux assiettes de pâtes qui refroidissaient tranquillement sur la table étaient donc le premier repas qu'ils partageaient depuis quelques jours et cela leur avait manqué. Tellement, qu'ils avaient plutôt passé vingt minutes à papoter en profitant d'un fond de whisky - et d'un verre de vin pour Ewan - puis quarante, puis une heure. Au final, les pâtes étaient froides avant même qu'ils ne commencent à piocher dedans et Ewan se leva donc pour les faire réchauffer avec un petit sourire. Cinaed s'en moqua, clamant haut et fort que ses papiers étaient tellement embêtant qu'ils en avaient même refroidit leurs assiettes. Ses mains n'avaient pas arrêté de bouger depuis le début de la conversation, habituées à parler autant que la voix de Cinaed ne le faisait et Ewan avait eu du mal à en défaire les yeux. De petits pansements les recouvraient, laissant peu de peau à la lumière du jour. Cinaed semblait s'être enveloppé dans ses petits bandages moldus du bout des ongles jusqu'aux poignets et même si Ewan aurait pu être amusé de voir que son ami avait choisit de dépenser plus, uniquement pour avoir de mignons motifs sur les bandes collantes, il était surtout inquiet.
Ca ne devait sûrement n'être rien de très grave, mais les pansements n'avaient fait que se multiplier depuis la dernière fois et Ewan savait qu'il n'était pas dans les habitudes de Cinaed de se blesser sans venir hurler à la mort dans sa chambre pour avoir un bijou magique - "Si-si, les moldus disent que ça soigne encore mieux qu'un médicomage !". Le fait qu'il ne s'en soit pas plain une seule fois était étrange et ne correspondait pas du tout à l'énergumène qu'était son colocataire. Cinaed Wallace se plaignait de tout ce qui l'embêtait et, ce, dès qu'il le pouvait. Il ne passait pas sa vie à se plaindre, mais le faisait assez souvent quand même : à force de parler toute la journée, le sujet revenait forcément à des choses qui lui avaient déplus. Mais là, rien qui semble indiquer que la situation l'agaçait.
Il devient encore plus évident que quelque chose clochait quand, après que Ewan ait ramené les assiettes et commencé à manger, Cinaed se contenta de le regarder avec un sourire. Ce foutu sourire dont il ne se défaisait jamais, comme s'il était content dès qu'il posait les yeux sur lui, pour une raison ou une autre. Le plus vieux fronça les sourcils. Manges, ça va refroidir, et je sais que t'as pas mangé hier soir alors m'embête pas, j'ai même pas foutu de vrais légumes dedans. L'ébéniste gneugneuta dans son coin que, de toute façon, les légumes ce n'était pas fait pour aller dans des pâtes et s'empara doucement de sa fourchette. Trop doucement pour la brutasse qu'il était 90% du temps. Les doigts légèrement pliés, il tenait sa fourchette comme Ewan l'avait vu faire quand il était jeune. Gracieux, avec une prise légère comme celle d'un papillon. Cinaed détestait ça et disait toujours que ça rendait les gens absolument ridicules et pompeux.
Le plus jeune ne quittait pas son assiette des yeux, une concentration maximale se lisant sur ses traits alors qu'il faisait tourner sa fourchette dans les spaghettis, essayant d'en récupérer le plus possible en une seule fois. Le petit objet en métal tremblait dans sa main et Ewan arrêta de manger. Le dos collé contre le dossier de sa chaise, il croisa les bras sur sa poitrine, leva un sourcil et patienta jusqu'à ce que la catastrophe arrive. Elle s'était enclenchées quand Cinaed avait prit sa fourchette et Ewan l'avait vu arriver de très, très, très loin.
Bingo, son ami lâcha sa fourchette alors que celle-ci n'était qu'à mi-chemin de sa bouche, se faisant tomber son contenu sur les genoux. Pas réflexe, il attrapa les pâtes et se frotta les jambes furieusement avant de laisser échapper un petit son de douleur, comme celui d'un animal blessé. Ewan repoussa son assiette et tendit les mains par dessus la table, les coudes posés dessus. Cinaed leva les yeux vers lui. De grands yeux ronds qui le fixaient sans trop comprendre. Et puis, la réalisation se fit et le brun, tout comme l'enfant qu'il était, cacha ses mains dans son dos avec une moue boudeuse. C'est pas bien de mettre les coudes sur la table. Dit-il avec son petit air suffisant. Cet air là, il ne l'utilisait que lorsque qu'il voulait l'agacer, et déclencher une bataille de doigts dans les flancs jusqu'à ce qu'ils finissent tous les deux avec des petits bleus ronds pendant deux semaines. Aujourd'hui, s'ils débutaient la guerre, Cinaed la perdrait avant même de porter son premier coup. Allez, montre tes mains. Il fit un geste en pliant et dépliant ses doigts plusieurs fois pour indiquer à son ami de rapprocher ses mains mais celui-ci secoua la tête. Nan ! Pourquoi ? Un regard plus tard, il soupira et tendit les mains vers l'avant, la défaite se lisant dans sa courbure de ses épaules.
Ewan arracha rapidement une partie des pansements de la main droite, se récoltant un Aïe ! Mais doucement, t'es une brute ! Il essaya de récupérer sa main par réflexe pour que la douleur s'arrête mais Ewan tenait fermement son poignet et Cinaed n'avait pas envie de se battre, alors il lui laissa. Le roux fit tourner sa main, l'observant sous plusieurs angles alors qu'il finissait de retirer les petites bandes. Evidemment que Cinaed avait continué à faire des conneries et n'avait pas apprit tout seul à se calmer. C'était dommage que le rush au travail soit arrivé pile sur cette semaine mais, en même temps, Cinaed en avait sûrement profité pour se surmener en paix sans que son ami ne soit là pour lui tirer les oreilles s'il travaillait trop longtemps. Si ça n'était pas arrivé maintenant, ça serait arrivé à la prochaine période un peu compliqué.
Le comptable appuya vicieusement sur la marque qui semblait être la plus rouge et arracha un cri à son ami. Cette fois-ci, il arracha vivement sa main et la garda pressée contre sa poitrine, le regard sombre. Pourquoi t'as fait ça ? Il frotta doucement son pouce contre la petite marque creusée sur le côté de son doigt et Ewan prit la parole. On a du baume dans la salle de bain, et tu sais où il est puisque tu l'utilises quand tu te coupes en cuisine. Pourquoi tu m'as pas dit qu'il était fini ? Cinaed serait bien incapable de brasser un baume ou une potion même pour sauver sa vie alors Ewan s'en occupait ou achetait ce qu'il ne savait pas faire dans le commerce. Il connaissait de bons apothicaires et de bons potionnistes et l'armoire à pharmacie ne manquait jamais de regorger de fioles et de petites boites en tout genre. Il dû tendre l'oreille pour entendre la réponse de son ami et eut envie de lui donner une claque pour sa stupidité. Bah s'il est pas fini, va en mettre. T'es con ou quoi ?
Ils avaient déjà eu des dizaines de conversations à travers les années sur la nécessité de se soigner et cette manie qu'avait Cinaed de ne pas faire confiance aux potions, surtout quand il s'agissait de les utiliser sur ses mains. L'idiot avait toujours les mêmes arguments : peur que ça ne fonctionne pas bien ou que cela change quelque chose dans la manière dont il percevait le monde à travers ses paumes. En somme, des arguments qui n'avançaient à rien puisque personne n'aurait jamais prit le risque de lui faire parvenir un baume même à moitié bâclé. Par Merlin, son père était même médicomage et ce grand enfant trouvait quand même quelque chose à redire quand il lui faisait prendre un truc. Ewan savait qu'il y avait un peu de malaise derrière tout ça et que Cinaed ne refusait pas tous les médicaments juste parce qu'il n'aimait pas ça, mais il y avait aussi une grande part de gaminerie et ça, ça ne passait pas.
Je veux pas de baume. Dit-il sèchement quand Ewan réapparu à la table du salon après un rapide passage dans la salle de bain. Et voilà : c'était reparti. Un débat de quinze minutes plus tard, Ewan avait tiré sur tous les arguments de son colocataire. Un tir chirurgical en plein milieu du front pour chacun d'eux, ne laissant aucune chance à son adversaire de continuer à geindre comme un gamin.
Et puis, comme à chaque fois, Cinaed finit par avouer la véritable raison pour laquelle il ne voulait pas du baume. Une raison qui n'était ni la texture ou l'odeur, ni de supposées allergies, ni même cette croyance stupide qu'un peu de baume pouvait lui détruire les mains. Ewan eut envie de se frapper le front sur la table en bois quand Cinaed reprit la parole parce que, pardon ? C'était tellement stupide ! Je veux pas les retirer. Ca fait pas si mal c'est juste... Ewan soupira et se frotta les yeux, laissant son ami s'expliquer d'une petite voix.
Avec Décembre qui arrivait, la boutique où il travaillait allait se retrouver prise d'assaut comme à chaque approche de Yule et de Noël pour les moldus et Meredith avait alors proposé plus d'exercices à Cinaed pour qu'il puisse sculpter plus rapidement et avec moins d'erreur. Malgré toutes ces années, Cinaed n'était pas parfait et avait apprit à sculpter essentiellement seul chez lui alors il lui manquait quelques techniques qui ne semblaient pas instinctives mais qui faisaient gagner en assurance et en temps. Et, comme d'habitude, l'écossais avait voulu faire trop bien, trop vite. Surtout que, après la dernière gueulade qu'avait poussé son patron, il n'avait plus envie de le décevoir. Finalement, son petit discours de la dernière fois n'avait pas réussi à le convaincre parfaitement que les erreurs étaient naturelles, tout comme Meredith avait échoué à cette même tâche. Punaise, parfois Cinaed était une vraie tête de mule. Ce n'était pas un génie mondial, c'était normal qu'il doive prendre du temps pour réussir certaines choses. Pourquoi ne pouvait-il jamais l'accepter ?
Enfin bref, il s'était trop entrainé à des manœuvres et des outils qu'il n'avait pas l'habitude d'utiliser et donc, d'entretenir. Meredith a rien dit ? Connaissant l'autre homme uniquement par ce que Cinaed lui en avait raconté, Ewan imaginait un homme simple mais sérieux. Tout l'inverse d'un patron tyrannique qui faisait travailler son apprenti jusqu'à ce qu'il n'arrive plus à tenir sa fourchette un dimanche après midi comme un autre. Cinaed secoua la tête, cette moue boudeuse toujours sur les lèvres. Nan, j'dois porter des gants quand je suis là bas. Le papa de cette relation leva les yeux au ciel encore une fois. Et tu n'en portes pas à la maison parce que... ? L'ébéniste croisa les bras sur sa poitrine et bougonna J'aime mieux quand je peux sentir le bois, c'est pas pareil.
Parfois, il ne fallait pas chercher à comprendre les artistes, se dit Ewan. Et, même s'il n'avait pas été artiste, il n'aurait pas fallut chercher à comprendre Cinaed Wallace tout court à moins de vouloir se faire de bons nœuds au cerveau. Nombreux étaient les gens qui avaient essayé et échoué misérablement. Ewan avait de la pratique mais, pour être honnête, il y avait encore beaucoup de choses et une logique chez son amie qu'il ne comprenait pas et ne comprendrait sans doute jamais. Ce n'était pas grave, il suffisait d'accepter le truc et de passer à autre chose. Parfois, Cinaed prenait le temps d'apprendre aux autres comment il fonctionnait. La plupart du temps, non.
Tu sais... Je peux prendre un baume qui retire pas les marques. Si tu veux. Proposa Ewan comme une offrande de paix. Un compromis qu'il espérait suffisant, et qui le serait s'il devait se fier uniquement au regard de pure joie qui traversa le regard de Cinaed. Evidemment, il ne savait pas que ça existait. Ses parents avaient toujours veillé à faire disparaitre les quelques cicatrices qu'il avait pu récolter durant son enfance et Ewan avait un baume semblable dans la salle de bain. Il n'avait jamais pensé que Cinaed voudrait des mains moins que parfaite et, de toute façon, les baumes qui se contentaient de soigner les bobos sans les supprimer lui semblaient bien moins utiles. Pourquoi tu veux les garder ? s'interrogea-t-il tout de même.
Cinaed haussa les épaules. Je sais pas trop. Son regard indiquait le contraire, mais Ewan ne poussa pas son ami. Il avait envie de garder ça pour lui, alors tant que ce n'était pas dangereux, le roux n'avait rien à y redire. Cinaed, de son côté, ne savait juste pas vraiment comment expliquer cette sensation qui bouillonnait en lui. Peut-être de la fierté quand il voyait ses coupures cicatriser lentement et laisser une petite marque blanche sur ses avant-bras. Il avait l'impression, pour la première fois, de garder un souvenir tangible de toute cette aventure. Un truc qui ne disparaîtrait jamais et une manière de montrer aux autres à quel point il se souciait de ce qu'il faisait sans avoir à le dire à voix haute. Les petites marques blanches serait un rappel constant de l'énergie qu'il avait fourni jusqu'à présent et de pourquoi il le faisait. C'était purement enfantin, un caprice comme un autre mais qui semblait bien plus important que ceux qu'il avait déjà pu faire par le passé. Il avait pu abandonner tout le reste assez facilement mais celui-ci semblait ancré au fond se lui.
Il voulait les garder, il voulait voir chaque jour cette preuve de ces efforts. Cette preuve qu'il n'avait pas apprit tout ça sans travailler et sans faire de sacrifices. Et, un jour, il sculpterait parfaitement bien sans avoir besoin de porter de gants antidérapant et sans se blesser à chaque coup de ciseau trop maladroit. Et, ce jour là, ces mains marquées seraient le vestige de ces années passées avec Ewan qu'il voulait garder gravées en lui, alors même qu'elles venaient à peine de commencer.
J'irais acheter un autre baume, alors. Indiqua le roux en passant une main dans ses cheveux avant de disparaître à nouveau dans la salle de bain. Il en ressortit avec une petite bassine remplie d'un liquide étrange et la posa sur la table devant lui. Mets des mains dedans, je te promet que c'est juste pour soulager un peu la douleur et éviter de mauvaises surprises. Tu peux pas juste refuser de te soigner parce que tu connais pas les alternatives aux trucs que t'aime pas. T'as pas envie de perdre tes doigts, n'est-ce pas ? Il fit un sourire victorieux quand son ami se précipita en avant, plongeant les mains dans la bassine avant même d'y réfléchir à deux fois. Ewan l'aida à remonter ses manches en faisant quelques ourelets sur son sweat et récupéra ensuite la fourchette qui était restée par terre. L'essuyant rapidement sur la serviette de Cinaed, il soupira et envoya un regard noir à son ami. Juste une fois, et après tu te débrouilles la prochaine fois. Menaça-t-il sombrement avant de pousser une bouchée de pâtes vers le visage souriant du plus jeune. Ses yeux pétillaient et Ewan jura avoir sur ses genoux se dandiner sous la table, comme si tout ceci l'amusait au plus haut point.
Au moins, il resta silencieux jusqu'à la fin du repas, trop occupé à mâcher ce que Ewan lui fourrait dans la bouche. Et, évidemment, cette résolution finit à la poubelle, comme toutes celles que Ewan prenait concernant Cinaed. S'il finissait par lui donner la bectée quelques repas après ça, quand Cinaed était trop fatigué, trop malade ou trop douloureux pour manger sans y passer deux heures, personne n'avait besoin de l'apprendre. Et, surtout, personne n'avait besoin de savoir que ça ne le dérangeait pas tant, au final.
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↝ Sommaire
On va où ? demanda Cinaed pour la treizième fois de suite depuis qu'ils avaient commencé à marcher. Oui, Ewan avait compté. Les deux hommes étaient emmitouflés dans de lourds manteaux et peinaient à se parler à travers les écharpes qui leur recouvraient la moitié du visage. Mais bon, c'était pour la bonne cause : cette journée s'annonçait particulièrement froide et, s'ils avaient prévu initialement de les emprunter, les transports en commun londoniens étaient bondés.
Enfin, Ewan avait prévu, Cinaed, lui, il se contentait de suivre le mouvement comme il le faisait toujours. Il fallait cependant avouer que Cinaed s'était surpassé au niveau de l'organisation aujourd'hui. Le matin même, Ewan s'était réveillé sans avoir été dérangé de toute la nuit pas des bruits parasites venant de chez son colocataire et, bien reposé, s'était traîné jusqu'à la cuisine. Cuisine où son fidèle café l'attendait déjà à côté d'un gâteau qu'il savait appartenir au menu de la boulangerie au coin de la rue. Ledit gâteau était un peu écrasé - Cinaed n'était pas la personne la plus délicate - mais il était à la saveur qu'il appréciait tant : la pistache. Pendant un instant, Ewan s'était demandé si son père était passé à l'appartement au lieu d'attendre leur repas de ce soir là, mais non. Le visage souriant de Cinaed était apparu, remplissant presque entièrement son champ de vision avant qu'il ne lui souhaite, en hurlant littéralement au visage, un joyeux anniversaire.
Ewan avait fait trois pas en arrière et résisté de peu au réflexe de lui envoyer sa main dans la tronche à cause de la frayeur. Pour être honnête, il n'avait même pas été certain que Cinaed se souvienne de la date et était plutôt surprit, flatté, même. Il n'avait même pas oublié l'invitation au diner que son père lui avait transmise et avait même apporté une vraie réponse au lieu de se pointer à la porte à l'heure prévu sans avoir annoncé sa présence avant, comme il le faisait toujours. Cinaed avait dit que, pour une fois, ses petites attentions n'étaient pas là pour détourner son attention et qu'il ne lui avait rien caché, encore moins une connerie. Il avait juste voulu faire quelque chose pour Ewan, une sorte de remerciements, ou quelque chose comme ça.
Le roux en avait été flatté et avait mangé son gâteau en rougissant d'une couleur profonde qui rappelait presque celle des coquelicots qu'il aimait tant. L'ébéniste était resté avec lui, en balançant ses jambes tout en vérifiant qu'il ne tapait pas accidentellement dans la table basse. Ewan avait eu envie de manger sur le canapé et les deux avaient fini par regarder un de leurs films préférés tout en se blottissant sur une des couvertures que Cinaed trouvait toujours trop chaude. Il s'en plaignit, évidemment, mais ne fit aucun geste pour se dégager du burrito que Ewan avait créé en enroulant le plaid autour d'eux jusqu'à ce qu'il soit coincé dans chaque petit creux et qu'il soit impossible pour les deux hommes d'en sortir sans se battre avec.
Après le film, Cinaed avait semblé être à cours d'idées de ce à quoi un anniversaire de 28 ans devait ressembler, surtout qu'ils avaient à peine fêté les 3 derniers ensemble et Ewan avait finit par lui dire que ce n'était pas grave s'il n'avait rien prévu, parce que, lui, savait exactement ce qu'il voulait faire. L'ébéniste s'était plain pendant dix minutes qu'un cadeau, ça devait lui être offert à lui, et pas à son colocataire mais Ewan l'avait ignoré et les voilà, marchant tranquillement dans la neige qui recouvrait les rues de la capitale anglaise. Cinaed ne se baissa même pas pour en ramasser, trop intéressé par leur destination pour même penser à autre chose. Il avait tout tenté : du restaurant, au parc d'attraction en passant par quelque chose d'obscur qu'il appelait une ferme pédagogique. A chaque tentative, il s'éloignait un peu plus du résultat final et commençait même à partir dans des transports moldus donc il ne connaissait que la moitié du nom et encore moins le fonctionnement.
Mais, non, ils n'allaient pas prendre de VGT, comme Cinaed avait gentiment surnommé les trains qui quittaient la gare principale. En fait, ils n'allaient pas loin. S'il marchait depuis si longtemps c'était simplement parce qu'ils étaient bien forcés de faire des détours pour rester sur des passages piétons et ne pas se précipiter au milieu de la route. L'ébéniste avait tendance à le faire, n'ayant toujours pas bien compris que les moldus n'avaient pas de voitures semblables au magicobus qui pouvaient se couper en deux pour éviter d'écraser son pauvre cul. Ewan voulait qu'il comprenne sans en faire l'expérience, cette fois-ci, mais ça semblait difficile.
Finalement, Ewan se stoppa devant une enseigne lumineuse et Cinaed manqua de lui rentrer dedans. Il était trop occupé à parler pour faire attention et la collision aurait été catastrophique si le plus vieux n'avait pas prévu le coup en rattrapant son ami de justesse. Le brun continua à babiller à propos de son cadeau - quelque chose comme quoi il le trouverait absolument parfait - et Ewan le laissa finir avec un roulement d'yeux amusé. Evidemment, il avait deviné il y a plusieurs jours ce qu'était ledit cadeau mais laissait Cinaed dans le flou. L'autre semblait si content qu'Ewan pouvait bien feindre l'ignorance un peu plus longtemps.
Finalement, Cinaed leva les yeux et observa le bâtiment devant eux. Ses yeux se plissèrent de concentration en essayant de décortiquer les lettres du logo avant qu'il n'abandonne et cherche simplement un indice sur l'utilité du bâtiment. Une... Salle... D'arcade ? Qu'est-ce que "Arcade" ? Ses grands yeux curieux se fixèrent sur son ami qui lui expliqua aussi simplement qu'il le pouvait. S'il cherchait à aller trop loin, il perdrait le brun dans son explication. L'autre n'était pas le plus fûté quand il s'agissait de comprendre des trucs moldus, même si un rien le fascinait. Une salle pleine de machines moldues où l'on pouvait jouer à des jeux qui semblaient magiques. Il y a même un billard. Mais, il envoya un regard sérieux à son ami qui avait commencé à ouvrir la bouche pour partager son amour du jeu on va pas faire ça aujourd'hui. J'ai des trucs à te montrer, c'est ça que je veux faire pour mon anniversaire.
Il n'avait pas besoin de grand chose de plus. Partager une journée avec son meilleur ami, voir son père et puis voilà. C'était largement suffisant et il n'aurait pas demandé mieux même s'il avait pu. Ses collègues lui avaient proposé un dîner pour l'occasion mais il n'avait eu aucune envie de se retrouver assit au milieu de son équipe comptable, même s'il les appréciait tous beaucoup. C'est sa journée à lui et il avait décidé qu'il voulait la passer avec Cinaed, comme au bon vieux temps.
L'observer passer d'une machine à l'autre en hurlant pratiquement d'excitation était un spectacle qu'il n'oublierait pas de sitôt. Quelques enfants qui observaient l'énergumène courir partout se mirent à chuchoter entre eux en les pointant du doigts mais Ewan les ignora sans soucis et fini par tirer son ami vers une borne à l'air un peu plus vieillotte que les autres. Il lui semblait plus intéressant de commencer par les vieilles technologie plutôt que par les nouvelles parce qu'il n'avait pas envie de briser le cerveau de son pauvre ami. Et puis, mettre un casque de réalité virtuelle sur la tête de Cinaed et lui laisser le champ libre dans un nouvel environnement, ça avait l'air trop dangereux pour le bien de son cœur. Même en prenant les machines qui semblaient les plus facile, Cinaed passa la première heure et demie à perdre chacun de leurs matches. Aucune défaite ne sembla faire diminuer la joie qu'il prenait à lancer le joystick dans tous les sens en appuyant sur des boutons au hasard et Ewan se retrouva assez souvent à l'observer plus qu'à jouer.
Cinaed insista pour lui payer quelque chose à manger au midi, même si Ewan ne lui demandait que très peu d'aide financière - il savait que son ami gagnait trois fois moins que lui. Mais bon, il insista tellement qu'il était difficile de lui refuser ce petit plaisir. La fin du repas signa une autre longue heure d'attente avant qu'Ewan n'accepte d'aller se perdre dans le coin des machines les plus sportives durant laquelle Cinaed arriva à la battre deux fois à une des machines où il devait envoyer des combo bizarre sur le personnage adverse. L'ébéniste observa avec une fascination totale l'écran afficher les résultats à la fin de chaque match et avec un dégoût non dissimulé les scènes où les personnages finissaient à s'arracher quelques trucs qui, il en était sûr, étaient censés rester au fond de leur buste, cachés derrières des couches de peau et de muscles.
Laisser Cinaed le trainer vers les machines pour tester sa force fut une mauvaise idée, car il se mit en tête de battre le record de chacune d'entre elle, arguant qu'un ébéniste devait avoir une certaine force dans les bras pour pouvoir poursuivre une longue et belle carrière. La suite lui donna raison, et il réussit même à se récupérer une boisson gratuite pour avoir réussi à atteindre un palier sur une machine de boxe. Ils la partagèrent et Cinaed n'arrêta pas de faire taper son épaule contre la sienne en se dandinant de gauche à droite. Leurs conversations, chuchotées et gloussées, firent passer la journée quatre fois trop vite. Tout ça allait leur coûter cher à la sortie, mais ça ne faisait rien. La chute magistrale de l'écossais qui tentait tant bien que mal de gagner un match contre une petite fille qui l'avait défié, le regard fier et le menton haut, de danser mieux qu'elle valait son pesant en hors et Ewan aurait déboursé le double pour la revoir.
Il avait perdu, évidemment, et la fillette s'était moquée de lui pendant une dizaines de minutes alors que Cinaed essayait de la suivre et de taper ses pieds au bon moment. Il était plus intéressé par les lumières que par l'idée de poser son pied dessus quand elles s'enclenchaient et dû se défaire d'un billet de vingt livres moldues quand la fillette gagna pour la troisième fois sur la même chanson. C'était, évidemment, parfaitement son genre de faire un paris avec une enfant et se faire détrousser à l'arrivée. Voilà pourquoi il devrait arrêter de proposer à tout le monde de les dépouiller de quelques livres. A la fin, c'était toujours son portefeuille à lui qui finissait bien plus léger, même quand il pariait avec des gens deux fois plus jeunes. Il ne gagnait que lorsque qu'il jouait sur un billard. C'était probablement comme ça qu'il regagnait tout l'argent perdu avant, d'ailleurs. Son entourage ne trouvait pas ses activités correctes et essayait toujours de l'en dissuader mais, eh bien, ils n'étaient pas là quand il sortait et Cinaed s'amusait bien trop pour arrêter ça. Il ne misait, de toute façon, que ce qu'il pouvait se permettre de perdre et finissait quand même par récupérer ses pièces à la fin de la soirée, d'une manière ou d'une autre.
Etrangement, et malgré le fait qu'il semblait s'amuser comme un petit fou, c'est bien Cinaed et personne d'autre qui lui rappela l'heure du diner. Il lui prit la main à peine arrivés dehors et le tira sur le chemin du retour à l'appartement avec une poigne ferme mais qui était cependant aussi douce que la sensation qui naissait dans sa poitrine.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 29 Décembre 2038 • Surprise inversée
Une salle d'arcade, dans les quartiers nord de Londres.
Une salle d'arcade, dans les quartiers nord de Londres.
On va où ? demanda Cinaed pour la treizième fois de suite depuis qu'ils avaient commencé à marcher. Oui, Ewan avait compté. Les deux hommes étaient emmitouflés dans de lourds manteaux et peinaient à se parler à travers les écharpes qui leur recouvraient la moitié du visage. Mais bon, c'était pour la bonne cause : cette journée s'annonçait particulièrement froide et, s'ils avaient prévu initialement de les emprunter, les transports en commun londoniens étaient bondés.
Enfin, Ewan avait prévu, Cinaed, lui, il se contentait de suivre le mouvement comme il le faisait toujours. Il fallait cependant avouer que Cinaed s'était surpassé au niveau de l'organisation aujourd'hui. Le matin même, Ewan s'était réveillé sans avoir été dérangé de toute la nuit pas des bruits parasites venant de chez son colocataire et, bien reposé, s'était traîné jusqu'à la cuisine. Cuisine où son fidèle café l'attendait déjà à côté d'un gâteau qu'il savait appartenir au menu de la boulangerie au coin de la rue. Ledit gâteau était un peu écrasé - Cinaed n'était pas la personne la plus délicate - mais il était à la saveur qu'il appréciait tant : la pistache. Pendant un instant, Ewan s'était demandé si son père était passé à l'appartement au lieu d'attendre leur repas de ce soir là, mais non. Le visage souriant de Cinaed était apparu, remplissant presque entièrement son champ de vision avant qu'il ne lui souhaite, en hurlant littéralement au visage, un joyeux anniversaire.
Ewan avait fait trois pas en arrière et résisté de peu au réflexe de lui envoyer sa main dans la tronche à cause de la frayeur. Pour être honnête, il n'avait même pas été certain que Cinaed se souvienne de la date et était plutôt surprit, flatté, même. Il n'avait même pas oublié l'invitation au diner que son père lui avait transmise et avait même apporté une vraie réponse au lieu de se pointer à la porte à l'heure prévu sans avoir annoncé sa présence avant, comme il le faisait toujours. Cinaed avait dit que, pour une fois, ses petites attentions n'étaient pas là pour détourner son attention et qu'il ne lui avait rien caché, encore moins une connerie. Il avait juste voulu faire quelque chose pour Ewan, une sorte de remerciements, ou quelque chose comme ça.
Le roux en avait été flatté et avait mangé son gâteau en rougissant d'une couleur profonde qui rappelait presque celle des coquelicots qu'il aimait tant. L'ébéniste était resté avec lui, en balançant ses jambes tout en vérifiant qu'il ne tapait pas accidentellement dans la table basse. Ewan avait eu envie de manger sur le canapé et les deux avaient fini par regarder un de leurs films préférés tout en se blottissant sur une des couvertures que Cinaed trouvait toujours trop chaude. Il s'en plaignit, évidemment, mais ne fit aucun geste pour se dégager du burrito que Ewan avait créé en enroulant le plaid autour d'eux jusqu'à ce qu'il soit coincé dans chaque petit creux et qu'il soit impossible pour les deux hommes d'en sortir sans se battre avec.
Après le film, Cinaed avait semblé être à cours d'idées de ce à quoi un anniversaire de 28 ans devait ressembler, surtout qu'ils avaient à peine fêté les 3 derniers ensemble et Ewan avait finit par lui dire que ce n'était pas grave s'il n'avait rien prévu, parce que, lui, savait exactement ce qu'il voulait faire. L'ébéniste s'était plain pendant dix minutes qu'un cadeau, ça devait lui être offert à lui, et pas à son colocataire mais Ewan l'avait ignoré et les voilà, marchant tranquillement dans la neige qui recouvrait les rues de la capitale anglaise. Cinaed ne se baissa même pas pour en ramasser, trop intéressé par leur destination pour même penser à autre chose. Il avait tout tenté : du restaurant, au parc d'attraction en passant par quelque chose d'obscur qu'il appelait une ferme pédagogique. A chaque tentative, il s'éloignait un peu plus du résultat final et commençait même à partir dans des transports moldus donc il ne connaissait que la moitié du nom et encore moins le fonctionnement.
Mais, non, ils n'allaient pas prendre de VGT, comme Cinaed avait gentiment surnommé les trains qui quittaient la gare principale. En fait, ils n'allaient pas loin. S'il marchait depuis si longtemps c'était simplement parce qu'ils étaient bien forcés de faire des détours pour rester sur des passages piétons et ne pas se précipiter au milieu de la route. L'ébéniste avait tendance à le faire, n'ayant toujours pas bien compris que les moldus n'avaient pas de voitures semblables au magicobus qui pouvaient se couper en deux pour éviter d'écraser son pauvre cul. Ewan voulait qu'il comprenne sans en faire l'expérience, cette fois-ci, mais ça semblait difficile.
Finalement, Ewan se stoppa devant une enseigne lumineuse et Cinaed manqua de lui rentrer dedans. Il était trop occupé à parler pour faire attention et la collision aurait été catastrophique si le plus vieux n'avait pas prévu le coup en rattrapant son ami de justesse. Le brun continua à babiller à propos de son cadeau - quelque chose comme quoi il le trouverait absolument parfait - et Ewan le laissa finir avec un roulement d'yeux amusé. Evidemment, il avait deviné il y a plusieurs jours ce qu'était ledit cadeau mais laissait Cinaed dans le flou. L'autre semblait si content qu'Ewan pouvait bien feindre l'ignorance un peu plus longtemps.
Finalement, Cinaed leva les yeux et observa le bâtiment devant eux. Ses yeux se plissèrent de concentration en essayant de décortiquer les lettres du logo avant qu'il n'abandonne et cherche simplement un indice sur l'utilité du bâtiment. Une... Salle... D'arcade ? Qu'est-ce que "Arcade" ? Ses grands yeux curieux se fixèrent sur son ami qui lui expliqua aussi simplement qu'il le pouvait. S'il cherchait à aller trop loin, il perdrait le brun dans son explication. L'autre n'était pas le plus fûté quand il s'agissait de comprendre des trucs moldus, même si un rien le fascinait. Une salle pleine de machines moldues où l'on pouvait jouer à des jeux qui semblaient magiques. Il y a même un billard. Mais, il envoya un regard sérieux à son ami qui avait commencé à ouvrir la bouche pour partager son amour du jeu on va pas faire ça aujourd'hui. J'ai des trucs à te montrer, c'est ça que je veux faire pour mon anniversaire.
Il n'avait pas besoin de grand chose de plus. Partager une journée avec son meilleur ami, voir son père et puis voilà. C'était largement suffisant et il n'aurait pas demandé mieux même s'il avait pu. Ses collègues lui avaient proposé un dîner pour l'occasion mais il n'avait eu aucune envie de se retrouver assit au milieu de son équipe comptable, même s'il les appréciait tous beaucoup. C'est sa journée à lui et il avait décidé qu'il voulait la passer avec Cinaed, comme au bon vieux temps.
L'observer passer d'une machine à l'autre en hurlant pratiquement d'excitation était un spectacle qu'il n'oublierait pas de sitôt. Quelques enfants qui observaient l'énergumène courir partout se mirent à chuchoter entre eux en les pointant du doigts mais Ewan les ignora sans soucis et fini par tirer son ami vers une borne à l'air un peu plus vieillotte que les autres. Il lui semblait plus intéressant de commencer par les vieilles technologie plutôt que par les nouvelles parce qu'il n'avait pas envie de briser le cerveau de son pauvre ami. Et puis, mettre un casque de réalité virtuelle sur la tête de Cinaed et lui laisser le champ libre dans un nouvel environnement, ça avait l'air trop dangereux pour le bien de son cœur. Même en prenant les machines qui semblaient les plus facile, Cinaed passa la première heure et demie à perdre chacun de leurs matches. Aucune défaite ne sembla faire diminuer la joie qu'il prenait à lancer le joystick dans tous les sens en appuyant sur des boutons au hasard et Ewan se retrouva assez souvent à l'observer plus qu'à jouer.
Cinaed insista pour lui payer quelque chose à manger au midi, même si Ewan ne lui demandait que très peu d'aide financière - il savait que son ami gagnait trois fois moins que lui. Mais bon, il insista tellement qu'il était difficile de lui refuser ce petit plaisir. La fin du repas signa une autre longue heure d'attente avant qu'Ewan n'accepte d'aller se perdre dans le coin des machines les plus sportives durant laquelle Cinaed arriva à la battre deux fois à une des machines où il devait envoyer des combo bizarre sur le personnage adverse. L'ébéniste observa avec une fascination totale l'écran afficher les résultats à la fin de chaque match et avec un dégoût non dissimulé les scènes où les personnages finissaient à s'arracher quelques trucs qui, il en était sûr, étaient censés rester au fond de leur buste, cachés derrières des couches de peau et de muscles.
Laisser Cinaed le trainer vers les machines pour tester sa force fut une mauvaise idée, car il se mit en tête de battre le record de chacune d'entre elle, arguant qu'un ébéniste devait avoir une certaine force dans les bras pour pouvoir poursuivre une longue et belle carrière. La suite lui donna raison, et il réussit même à se récupérer une boisson gratuite pour avoir réussi à atteindre un palier sur une machine de boxe. Ils la partagèrent et Cinaed n'arrêta pas de faire taper son épaule contre la sienne en se dandinant de gauche à droite. Leurs conversations, chuchotées et gloussées, firent passer la journée quatre fois trop vite. Tout ça allait leur coûter cher à la sortie, mais ça ne faisait rien. La chute magistrale de l'écossais qui tentait tant bien que mal de gagner un match contre une petite fille qui l'avait défié, le regard fier et le menton haut, de danser mieux qu'elle valait son pesant en hors et Ewan aurait déboursé le double pour la revoir.
Il avait perdu, évidemment, et la fillette s'était moquée de lui pendant une dizaines de minutes alors que Cinaed essayait de la suivre et de taper ses pieds au bon moment. Il était plus intéressé par les lumières que par l'idée de poser son pied dessus quand elles s'enclenchaient et dû se défaire d'un billet de vingt livres moldues quand la fillette gagna pour la troisième fois sur la même chanson. C'était, évidemment, parfaitement son genre de faire un paris avec une enfant et se faire détrousser à l'arrivée. Voilà pourquoi il devrait arrêter de proposer à tout le monde de les dépouiller de quelques livres. A la fin, c'était toujours son portefeuille à lui qui finissait bien plus léger, même quand il pariait avec des gens deux fois plus jeunes. Il ne gagnait que lorsque qu'il jouait sur un billard. C'était probablement comme ça qu'il regagnait tout l'argent perdu avant, d'ailleurs. Son entourage ne trouvait pas ses activités correctes et essayait toujours de l'en dissuader mais, eh bien, ils n'étaient pas là quand il sortait et Cinaed s'amusait bien trop pour arrêter ça. Il ne misait, de toute façon, que ce qu'il pouvait se permettre de perdre et finissait quand même par récupérer ses pièces à la fin de la soirée, d'une manière ou d'une autre.
Etrangement, et malgré le fait qu'il semblait s'amuser comme un petit fou, c'est bien Cinaed et personne d'autre qui lui rappela l'heure du diner. Il lui prit la main à peine arrivés dehors et le tira sur le chemin du retour à l'appartement avec une poigne ferme mais qui était cependant aussi douce que la sensation qui naissait dans sa poitrine.
1922.
Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Beatha còmhla
↝ Sommaire
Ewan avait tendance à avoir un sommeil lourd. Il ne se réveillait que pour des bruits bien spécifiques et, souvent, ils étaient liés à une connerie de son colocataire. Cependant, ce qui le réveilla cette nuit là ne fut pas un grand fracas, pas même un cri du plus jeune. Ils étaient rentrés tard, juste avant minuit et Ewan avait été ravi de retrouver son lit. La journée avait été super mais épuisante. A la moitié du repas avec son père, il avait commencé à papillonner des yeux et avait laissé Cinaed prendre les rênes de la conversation. Son pied était resté appuyé contre le sien sous la table pour le reste de la soirée et l'ébéniste le poussa quelques fois, n'arrêtant pas avant qu'Ewan ne lui envoie un petit sourire en coin pour lui indiquer que tout allait bien. Il avait laissé Cinaed parler et savait que son père autant que lui se laissaient bercer par la voix de l'ébéniste qui pouvait se faire entendre sans interruption pendant de longues heures. Les deux Buchanan avaient toujours partagé cet appréciation de la voix de l'autre. Le timbre de Cinaed était toujours agréable à entendre quand il parlait normalement, sans geindre ou sans forcer ses paroles pour faire rire les gens autour de lui. Il avait une voix à raconter des histoires et à lire aux enfants, même si Ewan doutait fortement qu'il le fasse un jour. Il n'avait jamais osé lui demander de le faire pour lui, considérant avoir largement passé l'âge.
Il se souvenait cependant avec émotion de l'époque où les parents Wallace laissaient Cinaed passer la nuit chez eux et que les deux enfants - et puis, plus tard, les deux adolescents - se blottissaient de part et d'autre de son père pour l'écouter lire. Alasdair avait toujours passé des heures avec un bouquin ouvert sur les genoux et son fils collé à sa gauche, même bien avant que les Wallace ne lui demandent de suivre l'éducation de leur fils. L'ajout de ce nouvel enfant à leur petits rituels s'était fait naturellement. Alasdair avait vite vu quelque chose dans ce petit garçon que personne d'autre n'avait prit la peine d'observer avec intérêt. Il était turbulent, adorait désobéir à ses parents et était gâté comme peu d'enfants l'étaient mais sous tout ça, il savait être doux et mignon. Il était juste... Extrêmement perdu, et ne comprenait pas grand chose à ce qui l'entourait ou à ce que les autres pouvaient penser et ressentir. Le vieil homme n'avait même jamais été certain que Cinaed puisse comprendre ce qu'il ressentait lui-même et il en avait souvent discuté avec son fils à travers les années. Il était le seul adulte à n'avoir jamais vu d'un mauvais œil cette relation. Il s'était contenté de laisser Ewan se plaindre quand il le fallait et de l'épauler le reste du temps en veillant à ce qu'il ne se délaisse pas au profit de son ami. Ou alors, pas trop.
Ewan se fit la réflexion que Cinaed n'avait jamais compris correctement cette dynamique qu'ils avaient, tous les trois. Il avait toujours parlé de ses parents comme de deux personnages suivant les coutumes et les attendus du métier qu'était la parentalité et ne s'était jamais défait du titre de "précepteur" pour son père. Il ne comprenait pas trop les gens, et ça se voyait. C'était un peu comme s'il pensait que les gens autour de lui avaient un rôle particulier et qu'ils n'avaient pas choisi de l'avoir. Qu'ils ne pouvaient pas être vraiment là juste parce qu'ils en avaient envie. C'était pour ça qu'il semblait si idiot et dépassé par la situation avec Alasdair. Le vieil homme considérait Cinaed comme faisant partie de sa famille, c'était même lui qui avait dit en premier que les deux jeunes se comportaient comme des frères. Mais Cinaed, lui, il n'avait jamais retiré l'étiquette de précepteur qui s'était collée sur le front de son père. Et, pourtant, il ne se comportait pas comme avec un simple professeur. Simplement, il pensait que tous les professeurs particuliers étaient comme ça. Il n'avait pas eu beaucoup d'autres exemples par le passé et jamais de précepteur qu'il avait apprécié, en tout cas suffisamment pour leur parler plus que ce qui était nécessaire.
Cinaed pensait qu'Alasdair le laissait passer la nuit chez lui, le soignait quand il se blessait et se bataillait avec ses parents pour lui acheter des jeans à salir en courant dans le jardin parce qu'il s'agissait de son travail et que tout le monde faisait ça. Ewan n'était pas certain qu'il comprendrait un jour l'étendue de l'amour que les gens lui portaient. Pour quelqu'un qui avait les yeux grands ouverts, c'était déjà difficile à faire alors ce serait sûrement impossible pour Cinaed. Peut-être que c'est parce qu'il en avait peur, qui sait ? Peur que les gens l'aiment pour lui et pas à cause d'une quelconque obligation. Ewan ne savait pas pourquoi, cependant, parce que Cinaed n'avait jamais donné l'impression d'avoir des problèmes d'estime de soi. Peut-être que c'était juste une question de rendre sérieux des choses qui étaient vraiment importantes au lieu d'en parler en riant. Ou peut-être qu'il n'était juste pas fait pour comprendre ça du tout. C'était pas très grave pour le moment, tant qu'il laissait les gens rester près de lui et qui leur rendait - à sa manière, bien sûr - leur affection. Quel intérêt y avait-il à montrer à Cinaed qu'Alasdair était plus qu'un précepteur si ce mot ne l'empêchait pas de le prendre dans ses bras et de soutenir Ewan dans son idée de l'aider financièrement ? Le roux savait parfaitement que Cinaed ne comprenait pas pourquoi il le faisait et, pourtant, il ne cherchait pas à l'en dissuader et venait même aider quand son père n'avait pas le temps de faire des courses ou devait porter des charges lourdes.
Il faisait partie de la famille. C'était dommage qu'il ne le comprenne pas vraiment mais tant pis, il n'en avait pas besoin.
Le roux observa son mur quelques secondes, laissant ses yeux s'adapter à l'obscurité qui régnait en maitre dans sa chambre. Et puis, comme s'il avait su, il se tourna vers la porte en silence. Pourquoi s'était-il réveillé ? Il n'en avait aucune idée, pas plus qu'il ne savait pourquoi Cinaed était resté silencieux et fixe à côté de sa porte alors qu'il prenait du temps pour réfléchir. L'ébéniste devait se trouver là depuis au moins cinq minutes et, pourtant, Ewan ne ressenti pas une seule seconde un sentiment autre qu'une curiosité débordante. Pas de peur, pas d'énervement. Ca ne lui semblait pas bizarre que son ami - parce que c'était évidemment lui - passe au milieu de la nuit dans sa chambre sans raison. Un coup d'œil sur le réveil moldu dont la luminosité était baissée au maximum lui indiqua qu'il allait bientôt être quatre heures du matin et qu'il en avait donc dormi un peu plus de trois. Il posa à nouveau son regard sur Cinaed, certain que l'autre pouvait le sentir même sans le voir. Le silence s'éternisa, aucun des deux hommes ne prenant la parole ou ne faisant de mouvement quelconque.
Et puis, le réveil afficha 4:00 et Cinaed se mit finalement en marche, rejoignant le lit en quelques longues enjambées. Etrangement, il ne se cogna nulle part et se glissa sous les couvertures qu'Ewan avait relevé par réflexe après s'être décalé. Il ne s'était pas posé de question, pas de monologue interne pour essayer de comprendre son ami ou savoir si tout ceci était une bonne idée. Ils avaient déjà fait ça des centaines de fois avant. Cinaed venait, se glissait dans son lit et se collait à lui - ou pas - avant de se rendormir. Ca avait été leur petit rituel à Poudlard et durant les vacances d'été. Le fait qu'ils n'aient pas refait ça depuis des années - 10 ans, en fait - ne changeait rien au fait que l'habitude restait encrée en eux. Il était difficile de se défaire des habitudes avec lesquelles on avait grandies, surtout quand celles-ci créaient un petit cocon autour duquel le monde semblait disparaître.
Juste lui et la main de Cinaed qui s'était logée au milieu de sa poitrine, là où se trouvait son cœur. C'était la seule nouveauté : habituellement, le plus jeune s'étalait comme il le souhaitait et laissait ensuite Ewan se tortiller pour retrouver une bonne position. Jamais il n'avait été celui qui bougeait pour s'adapter à sa position. Mais, eh bien, ce n'était pas désagréable. La tête de Cinaed contre lui, la joue posée dans le creux de son épaule et sa barbe qui grattait sa peau nue, ça n'avait rien de d'embêtant. Ses deux mains se mirent en mouvement. La première rejoignit celle de Cinaed sur sa poitrine, croisant légèrement leurs doigts et l'autre se perdit dans les cheveux. Le mouvement força le brun à se redresser un peu pour que Ewan puisse glisser correctement son bras sous son cou mais, pour autant, il ne changea pas de posture et retrouva le petit creux qu'il avait laissé.
Bonne année. Chuchota doucement le brun, si doucement qu'Ewan failli louper les quelques mots. Il entortilla une mèche du plus jeune autour de son doigt, jouant quelques secondes avec avant de répondre. C'est demain, le nouvel an. Je sais, mais je préfère le fêter maintenant. Le lendemain, Cinaed rejoignait sa famille pour l'occasion et Ewan passait le nouvel an avec ses collègues. Ils ne se verraient donc pas avant le lendemain, voire le surlendemain si Cinaed ne revenait pas directement après. Pourquoi ça ? demanda-t-il d'une voix tout aussi basse que celle qu'avait pris Cinaed. Il pencha un peu la tête sur le côté, reposant sa joie contre le front de son ami et attendit presque une minute entière avant d'avoir sa réponse. Tu es plus important. Cinaed bougea légèrement la tête, comme le ferait un chat cherchant des caresses et ferma les yeux. C'est avec toi que je veux prévoir la nouvelle année.
Ewan engagea un mouvement, ce qui fit grogner légèrement Cinaed mais celui-ci redevint étrangement silencieux alors qu'il se transformait en petite cuillère. Ewan, dans son dos, le plaqua contre lui et appuya sa tête contre sa nuque. Les bras serrés autour de sa taille, il laissa Cinaed caresser sa peau, de ses doigts calleux qui, finalement, n'étaient pas aussi désagréables qu'on pouvait le penser. Il ne répondit pas, et l'autre reprit la parole quelques secondes après. Ses mains jouaient avec le bracelet à son poignet qu'il n'avait pas enlevé. Tu le porteras longtemps ? Ewan savait que son ami avait créé le bracelet de A à Z. Les petites perles étaient sculptée avec une grâce qu'il reconnaîtrait partout et il savait que l'autre y avait passé du temps. De longs jours, d'ailleurs, pour avoir un résultat parfait et pour apprendre à sculpter sur des perles aussi petites. Le cordon était un cuir sombre qu'il avait tressé adroitement et il ressortait beaucoup sur les perles pâles. Toujours. Répondit Ewan, la voix sérieuse et un sourire aux lèvres. Cinaed senti la torsion desdites lèvres à l'arrière de sa nuque, et il senti tout aussi fort les prochains mots.
C'est quel bois ? Il resserra ses bras autour de l'autre, et Cinaed senti les battements de son cœur vibrer dans sa poitrine comme s'ils étaient les siens. De l'if. La consonne siffla dans le silence de la nuit. Il avait l'impression que la ville s'était arrêtée dehors, tout pour ne pas déranger le calme de cette scène. Qu'est-ce que ça signifie ? L'artisan continua de jouer avec le bracelet, sentant sous ses doigts les reliefs des petits animaux qu'il avait sculpté. Il peina à choisir une réponse qui conviendrait, incapable de réciter la signification en entier bien qu'il la connaissait par cœur. Que je veux rester comme ça pour toujours. Un petit rire lui répondit, accompagné d'un baiser léger comme les ailes d'un papillon au milieu de sa nuque. Ewan replaça avec le bout du nez les mèches qu'il avait poussé et se réinstalla correctement.
Aucun des deux hommes ne reprit la parole cette nuit là et Ewan ne sut jamais quand Cinaed se rendormi, ni même s'il le fit avant lui. Au matin, il se glissa hors de son lit et parti tout aussi vite qu'il était arrivé.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ Nuit du 29 au 30 Décembre 2038 • Petits pieds froids
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Ewan avait tendance à avoir un sommeil lourd. Il ne se réveillait que pour des bruits bien spécifiques et, souvent, ils étaient liés à une connerie de son colocataire. Cependant, ce qui le réveilla cette nuit là ne fut pas un grand fracas, pas même un cri du plus jeune. Ils étaient rentrés tard, juste avant minuit et Ewan avait été ravi de retrouver son lit. La journée avait été super mais épuisante. A la moitié du repas avec son père, il avait commencé à papillonner des yeux et avait laissé Cinaed prendre les rênes de la conversation. Son pied était resté appuyé contre le sien sous la table pour le reste de la soirée et l'ébéniste le poussa quelques fois, n'arrêtant pas avant qu'Ewan ne lui envoie un petit sourire en coin pour lui indiquer que tout allait bien. Il avait laissé Cinaed parler et savait que son père autant que lui se laissaient bercer par la voix de l'ébéniste qui pouvait se faire entendre sans interruption pendant de longues heures. Les deux Buchanan avaient toujours partagé cet appréciation de la voix de l'autre. Le timbre de Cinaed était toujours agréable à entendre quand il parlait normalement, sans geindre ou sans forcer ses paroles pour faire rire les gens autour de lui. Il avait une voix à raconter des histoires et à lire aux enfants, même si Ewan doutait fortement qu'il le fasse un jour. Il n'avait jamais osé lui demander de le faire pour lui, considérant avoir largement passé l'âge.
Il se souvenait cependant avec émotion de l'époque où les parents Wallace laissaient Cinaed passer la nuit chez eux et que les deux enfants - et puis, plus tard, les deux adolescents - se blottissaient de part et d'autre de son père pour l'écouter lire. Alasdair avait toujours passé des heures avec un bouquin ouvert sur les genoux et son fils collé à sa gauche, même bien avant que les Wallace ne lui demandent de suivre l'éducation de leur fils. L'ajout de ce nouvel enfant à leur petits rituels s'était fait naturellement. Alasdair avait vite vu quelque chose dans ce petit garçon que personne d'autre n'avait prit la peine d'observer avec intérêt. Il était turbulent, adorait désobéir à ses parents et était gâté comme peu d'enfants l'étaient mais sous tout ça, il savait être doux et mignon. Il était juste... Extrêmement perdu, et ne comprenait pas grand chose à ce qui l'entourait ou à ce que les autres pouvaient penser et ressentir. Le vieil homme n'avait même jamais été certain que Cinaed puisse comprendre ce qu'il ressentait lui-même et il en avait souvent discuté avec son fils à travers les années. Il était le seul adulte à n'avoir jamais vu d'un mauvais œil cette relation. Il s'était contenté de laisser Ewan se plaindre quand il le fallait et de l'épauler le reste du temps en veillant à ce qu'il ne se délaisse pas au profit de son ami. Ou alors, pas trop.
Ewan se fit la réflexion que Cinaed n'avait jamais compris correctement cette dynamique qu'ils avaient, tous les trois. Il avait toujours parlé de ses parents comme de deux personnages suivant les coutumes et les attendus du métier qu'était la parentalité et ne s'était jamais défait du titre de "précepteur" pour son père. Il ne comprenait pas trop les gens, et ça se voyait. C'était un peu comme s'il pensait que les gens autour de lui avaient un rôle particulier et qu'ils n'avaient pas choisi de l'avoir. Qu'ils ne pouvaient pas être vraiment là juste parce qu'ils en avaient envie. C'était pour ça qu'il semblait si idiot et dépassé par la situation avec Alasdair. Le vieil homme considérait Cinaed comme faisant partie de sa famille, c'était même lui qui avait dit en premier que les deux jeunes se comportaient comme des frères. Mais Cinaed, lui, il n'avait jamais retiré l'étiquette de précepteur qui s'était collée sur le front de son père. Et, pourtant, il ne se comportait pas comme avec un simple professeur. Simplement, il pensait que tous les professeurs particuliers étaient comme ça. Il n'avait pas eu beaucoup d'autres exemples par le passé et jamais de précepteur qu'il avait apprécié, en tout cas suffisamment pour leur parler plus que ce qui était nécessaire.
Cinaed pensait qu'Alasdair le laissait passer la nuit chez lui, le soignait quand il se blessait et se bataillait avec ses parents pour lui acheter des jeans à salir en courant dans le jardin parce qu'il s'agissait de son travail et que tout le monde faisait ça. Ewan n'était pas certain qu'il comprendrait un jour l'étendue de l'amour que les gens lui portaient. Pour quelqu'un qui avait les yeux grands ouverts, c'était déjà difficile à faire alors ce serait sûrement impossible pour Cinaed. Peut-être que c'est parce qu'il en avait peur, qui sait ? Peur que les gens l'aiment pour lui et pas à cause d'une quelconque obligation. Ewan ne savait pas pourquoi, cependant, parce que Cinaed n'avait jamais donné l'impression d'avoir des problèmes d'estime de soi. Peut-être que c'était juste une question de rendre sérieux des choses qui étaient vraiment importantes au lieu d'en parler en riant. Ou peut-être qu'il n'était juste pas fait pour comprendre ça du tout. C'était pas très grave pour le moment, tant qu'il laissait les gens rester près de lui et qui leur rendait - à sa manière, bien sûr - leur affection. Quel intérêt y avait-il à montrer à Cinaed qu'Alasdair était plus qu'un précepteur si ce mot ne l'empêchait pas de le prendre dans ses bras et de soutenir Ewan dans son idée de l'aider financièrement ? Le roux savait parfaitement que Cinaed ne comprenait pas pourquoi il le faisait et, pourtant, il ne cherchait pas à l'en dissuader et venait même aider quand son père n'avait pas le temps de faire des courses ou devait porter des charges lourdes.
Il faisait partie de la famille. C'était dommage qu'il ne le comprenne pas vraiment mais tant pis, il n'en avait pas besoin.
Le roux observa son mur quelques secondes, laissant ses yeux s'adapter à l'obscurité qui régnait en maitre dans sa chambre. Et puis, comme s'il avait su, il se tourna vers la porte en silence. Pourquoi s'était-il réveillé ? Il n'en avait aucune idée, pas plus qu'il ne savait pourquoi Cinaed était resté silencieux et fixe à côté de sa porte alors qu'il prenait du temps pour réfléchir. L'ébéniste devait se trouver là depuis au moins cinq minutes et, pourtant, Ewan ne ressenti pas une seule seconde un sentiment autre qu'une curiosité débordante. Pas de peur, pas d'énervement. Ca ne lui semblait pas bizarre que son ami - parce que c'était évidemment lui - passe au milieu de la nuit dans sa chambre sans raison. Un coup d'œil sur le réveil moldu dont la luminosité était baissée au maximum lui indiqua qu'il allait bientôt être quatre heures du matin et qu'il en avait donc dormi un peu plus de trois. Il posa à nouveau son regard sur Cinaed, certain que l'autre pouvait le sentir même sans le voir. Le silence s'éternisa, aucun des deux hommes ne prenant la parole ou ne faisant de mouvement quelconque.
Et puis, le réveil afficha 4:00 et Cinaed se mit finalement en marche, rejoignant le lit en quelques longues enjambées. Etrangement, il ne se cogna nulle part et se glissa sous les couvertures qu'Ewan avait relevé par réflexe après s'être décalé. Il ne s'était pas posé de question, pas de monologue interne pour essayer de comprendre son ami ou savoir si tout ceci était une bonne idée. Ils avaient déjà fait ça des centaines de fois avant. Cinaed venait, se glissait dans son lit et se collait à lui - ou pas - avant de se rendormir. Ca avait été leur petit rituel à Poudlard et durant les vacances d'été. Le fait qu'ils n'aient pas refait ça depuis des années - 10 ans, en fait - ne changeait rien au fait que l'habitude restait encrée en eux. Il était difficile de se défaire des habitudes avec lesquelles on avait grandies, surtout quand celles-ci créaient un petit cocon autour duquel le monde semblait disparaître.
Juste lui et la main de Cinaed qui s'était logée au milieu de sa poitrine, là où se trouvait son cœur. C'était la seule nouveauté : habituellement, le plus jeune s'étalait comme il le souhaitait et laissait ensuite Ewan se tortiller pour retrouver une bonne position. Jamais il n'avait été celui qui bougeait pour s'adapter à sa position. Mais, eh bien, ce n'était pas désagréable. La tête de Cinaed contre lui, la joue posée dans le creux de son épaule et sa barbe qui grattait sa peau nue, ça n'avait rien de d'embêtant. Ses deux mains se mirent en mouvement. La première rejoignit celle de Cinaed sur sa poitrine, croisant légèrement leurs doigts et l'autre se perdit dans les cheveux. Le mouvement força le brun à se redresser un peu pour que Ewan puisse glisser correctement son bras sous son cou mais, pour autant, il ne changea pas de posture et retrouva le petit creux qu'il avait laissé.
Bonne année. Chuchota doucement le brun, si doucement qu'Ewan failli louper les quelques mots. Il entortilla une mèche du plus jeune autour de son doigt, jouant quelques secondes avec avant de répondre. C'est demain, le nouvel an. Je sais, mais je préfère le fêter maintenant. Le lendemain, Cinaed rejoignait sa famille pour l'occasion et Ewan passait le nouvel an avec ses collègues. Ils ne se verraient donc pas avant le lendemain, voire le surlendemain si Cinaed ne revenait pas directement après. Pourquoi ça ? demanda-t-il d'une voix tout aussi basse que celle qu'avait pris Cinaed. Il pencha un peu la tête sur le côté, reposant sa joie contre le front de son ami et attendit presque une minute entière avant d'avoir sa réponse. Tu es plus important. Cinaed bougea légèrement la tête, comme le ferait un chat cherchant des caresses et ferma les yeux. C'est avec toi que je veux prévoir la nouvelle année.
Ewan engagea un mouvement, ce qui fit grogner légèrement Cinaed mais celui-ci redevint étrangement silencieux alors qu'il se transformait en petite cuillère. Ewan, dans son dos, le plaqua contre lui et appuya sa tête contre sa nuque. Les bras serrés autour de sa taille, il laissa Cinaed caresser sa peau, de ses doigts calleux qui, finalement, n'étaient pas aussi désagréables qu'on pouvait le penser. Il ne répondit pas, et l'autre reprit la parole quelques secondes après. Ses mains jouaient avec le bracelet à son poignet qu'il n'avait pas enlevé. Tu le porteras longtemps ? Ewan savait que son ami avait créé le bracelet de A à Z. Les petites perles étaient sculptée avec une grâce qu'il reconnaîtrait partout et il savait que l'autre y avait passé du temps. De longs jours, d'ailleurs, pour avoir un résultat parfait et pour apprendre à sculpter sur des perles aussi petites. Le cordon était un cuir sombre qu'il avait tressé adroitement et il ressortait beaucoup sur les perles pâles. Toujours. Répondit Ewan, la voix sérieuse et un sourire aux lèvres. Cinaed senti la torsion desdites lèvres à l'arrière de sa nuque, et il senti tout aussi fort les prochains mots.
C'est quel bois ? Il resserra ses bras autour de l'autre, et Cinaed senti les battements de son cœur vibrer dans sa poitrine comme s'ils étaient les siens. De l'if. La consonne siffla dans le silence de la nuit. Il avait l'impression que la ville s'était arrêtée dehors, tout pour ne pas déranger le calme de cette scène. Qu'est-ce que ça signifie ? L'artisan continua de jouer avec le bracelet, sentant sous ses doigts les reliefs des petits animaux qu'il avait sculpté. Il peina à choisir une réponse qui conviendrait, incapable de réciter la signification en entier bien qu'il la connaissait par cœur. Que je veux rester comme ça pour toujours. Un petit rire lui répondit, accompagné d'un baiser léger comme les ailes d'un papillon au milieu de sa nuque. Ewan replaça avec le bout du nez les mèches qu'il avait poussé et se réinstalla correctement.
Aucun des deux hommes ne reprit la parole cette nuit là et Ewan ne sut jamais quand Cinaed se rendormi, ni même s'il le fit avant lui. Au matin, il se glissa hors de son lit et parti tout aussi vite qu'il était arrivé.
2063.
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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
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Beatha còmhla
↝ Sommaire
Les journées ayant précédées celles-ci avaient été pleines de regards entendus. Cinaed en avait reçu de Meredith, puis des clients, puis sa mère lui avait envoyé une lettre pour savoir ce qu'il comptait faire durant la soirée du 14. Il était rapidement devenu évident que Cinaed avait totalement oublié ce que cette date avait d'importante, à part qu'il s'agissait d'une période de rush à la boutique. Il avait prit de l'assurance et son patron le laissait de plus en plus s'installer dans l'atelier et dans les commandes des clients. Certains venaient même pour commander spécifiquement quelque chose à son apprenti. C'était, certes, parce qu'il était encore en apprentissage et que son travail était donc moins onéreux mais aussi parce les clients appréciaient plutôt bien sa patte et sa manie de sculpter un peu tout et n'importe quoi, ce qui l'éloignait des meubles sur lesquels la boutique se concentrait presque exclusivement avant sa venue. Ses sculptures étaient de petits projets et lui permettaient de mettre en pratique beaucoup des techniques qu'il avait apprit alors Meredith était bien content qu'il s'amuse. Le sourire qu'il envoyait à qui le complimentait sur son travail était une raison suffisante pour que le vieil homme le laisse modifier un peu les produits de la boutique. Dans tous les cas, Cinaed était un apprenti impliqué et participait toujours autant aux commandes les plus importantes et à la création et l'assemblage des meubles qu'on leur demandait.
Si le patron, au début, avait eu peur que le jeune homme ne l'embête plus qu'autre chose, il était finalement très heureux de l'avoir avec lui et devait avouer qu'il l'avait assez mal jugé au premier abord. Il l'avait toujours trouvé intéressant mais peut-être pas suffisamment intéressé pour pouvoir l'aider réellement. Au final, la boutique n'avait jamais autant bouclé de commande que depuis qu'il avait commencé en septembre et, même s'il n'en parlait pas, Meredith comptait bien offrir un poste plus permanent à son élève une fois sa formation achevée.
Cinaed n'avait même pas posé de questions quand il avait reçu la demande de tenir la boutique seul et de s'occuper de la fermeture. Ce n'était probablement pas dans les règles d'une formation professionnalisante mais, de toute façon, le jeune homme n'était pas celui qui irait le crier sur tous les toits. Au contraire, l'écossais avait été ravit d'aider son patron qui en avait profité pour rejoindre il ne savait trop qui. La boutique était bondée aujourd'hui et Cinaed devait avouer qu'il appréciait ce mouvement de foule, même en le gérant seul.
Certains venaient pour récupérer quelque chose, d'autres cherchaient un cadeau en ayant l'air paniqué et puis les autres l'observaient. De près. On lui avait demandé plus d'une fois ce qu'il comptait faire de sa soirée, et Cinaed avait répondu la même chose en boucle. Cette même chose qu'il avait écrite en grosses lettres sur la missive envoyée à sa mère : Il comptait passer la soirée avec son colocataire. La réponse avait sembler peu appréciée par la majorité mais leurs regards déçu s'étaient effacés au détour d'un croquis. Cinaed n'y avait pas repensé plus que ça, concentré sur autre chose.
Il se souvenait avoir prévu une soirée devant un film quelconque avec Ewan mais, à 23h quand il quitta la boutique après avoir perdu la notion du temps, il se sentait trop fatigué pour avaler deux heures de dialogues et d'explosions dans tous les sens. Il n'avait pas non plus prévenu de son arrivée tardive mais son ami ne lui fit aucune remarque quand il passa le pas de la porte. Il était assit sur le canapé, une sucette dans la main et se détourna de son émission de télé dès que Cinaed poussa la porte à se refermer à sa suite. Avec le temps, le comptable s'était habitué à ses retours tardifs, que ce soit parce qu'il travaillait ou parce qu'il décidait de se balader ou de sortir avant d'être passé récupérer son téléphone qu'il laissait à l'appartement de peur qu'un sortilège à la boutique - même s'il s'agissait seulement de sortilèges nécessaires - ne fasse cramer l'appareil. Enfin, c'est Ewan qui avait peur et Cinaed l'écoutait, pour une fois.
Cinaed laissa tomber sa sacoche dans l'entrée, puis son manteau et se défit de ses chaussures sans chercher à les ranger. Son colocataire ne fit aucune remarque là dessus, remarquant sûrement qu'il paraissait à deux doigts de s'effondrer. Et il le fit, d'ailleurs. Il se laissa tomber sur le canapé, se recroquevillant sans gêne et posant sa joue sur la cuisse d'Ewan. La télévision bourdonnait toujours en arrière plan et Cinaed ne chercha pas à comprendre ce que les personnages à l'écran se disaient. Sa tête battait désagréablement et il espérait ne pas aggraver cela en migraine car c'était quelque chose qu'il supportait assez peu. Et c'était un bel euphémisme.
Il dû s'endormir là car la prochaine fois qu'il cligna des yeux, la télé était éteinte et Ewan faisait défiler des vidéos idiotes sur son téléphone. Le léger mouvement le sorti de sa transe et il lui fit un grand sourire avant de tapoter sa joue avec son index. Tu devrais manger et aller au lit. Cinaed secoua la tête, appuyant plus sa joue sur son oreiller de fortune pour indiquer qu'il ne souhaitait pas bouger pour le moment. Comme il ne souhaitait pas non plus se rendormir, il fit ce qu'il savait faire de mieux et ouvrir la bouche pour commencer à parler. Meredith m'a laissé la boutique ce soir. Il m'a dit qu'il allait dîner avec quelqu'un, je crois. Je sais plus vraiment qui, j'écoutais pas trop. Mais je dois lui ramener les clefs demain avant l'ouverture du coup. Ewan acquiesçait à certaines de ses paroles, fredonnant tranquillement pour montrer qu'il l'écoutait tout en l'encourageant sans un mot à continuer. Les clients ont passé tout l'après midi à me demander si j'avais prévu de diner ce soir, je sais pas ce qu'ils avaient tous. Même ma mère m'a envoyé une lettre il y a quelques jours pour me demander si je voulais venir à Inverness si j'avais rien de prévu. Meredith a pas arrêté de se marrer, en plus, je sais même pas pourquoi.
Tu ne sais vraiment pas ? Demanda Ewan d'une voix qui semblait un peu déçue. Cinaed secoua la tête et continua à parler de sa journée et des croquis qu'il avait fait, promettant à l'autre de lui montrer le lendemain. Finalement, la fatigue reprit le dessus et il se mit à bailler plus qu'il ne parlait et Ewan se tortilla pour quitter le canapé. Cinaed le suivit par réflexe avant de s'arrêter devant la porte de la salle de bain. Il resta stupidement debout dans l'encadrement en observant Ewan faire couler de l'eau dans la baignoire. Son cerveau fonctionnait au ralenti et il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire à l'instant t. Il aurait pu aller se coucher mais sa chambre semblait soudainement si loin de lui que faire un seul pas vers elle ressemblait à une séance de torture. Ce n'était pas la première fois que tout lâchait en lui à cause de la fatigue. Il ne savait jamais vraiment jusqu'où il pouvait pousser son corps avant que celui-ci finisse à moitié léthargique et, le pire, c'est qu'il n'arrivait pas vraiment à comprendre quand est-ce qu'il l'était. Son cerveau mettait tout en pause et était incapable de se rendre compte qu'il était fatigué et que c'était pour cette raison qu'il ne pouvait rien faire. Parfois, il restait assit quelque part jusqu'à ce que l'univers décide pour lui qu'il était temps de dormir. Et, le reste du temps, Ewan était là.
Il l'aida à se débarrasser de son tee-shirt et lui fourra une brosse à dents dans les mains que Cinaed porta à la bouche avant même que le roux n'ait le temps d'y ajouter du dentifrice. Il se fit taper sur les doigts pour ça mais Ewan lui parlait d'une voix tellement douce que l'artisan n'était pas certain d'avoir fait une bêtise. On aurait dit la voix que les gens utilisaient pour parler à de petits animaux, comme si Cinaed avait besoin qu'on lui roucoule qu'il s'en sortait bien parce qu'il réussissait à se défaire de son jean sans finir avec le nez par terre. S'il avait été un peu plus lucide, il aurait bougonné contre son ami qu'il n'était pas un enfant de quatre ans mais bon, actuellement il avait juste envie de suivre le mouvement et de se laisser porter.
L'eau du bain était d'une jolie couleur violette et juste assez chaude pour dénouer le bas de son dos. Cinaed posa sa joue sur le rebord, la brosse à dents tendue dans le vide de l'autre côté. Elle lui fut finalement arrachée avec un rire et l'ébéniste avala le dentifrice par réflexe pour recommencer à babiller. Ewan l'écouta faire, assit en tailleur à côté de lui. Au bout d'un moment, il remonta le bout de son pantalon avec trois ourlets parfaits et fit la même chose avec les manches de sa chemise. Quelques instants plus tard, son ami avait prit la parole et s'occupait de meubler le silence à sa place. La compatibilité n'était pas un domaine qui intéressait Cinaed mais il aimait l'écouter parler de son travail. Il ne comprendrait jamais pourquoi l'autre aimait autant les chiffres et les papiers, mais tant que ça lui plaisait, il n'avait pas grand chose à redire. Et puis, c'était ce boulot de comptable qui avait servit à payer le shampoing à la lavande que Ewan frottait avec douceur dans ses cheveux. Le plus grand se tenait debout dans la baignoire derrière lui et, malgré les ourlets, le bout de son pantalon trempait dans l'eau. Il passait ses doigts dans les mèches brunes, s'assurant qu'aucune goutte de savon ne dévale son front pour aller lui piquer les yeux. Ses mouvements étaient d'une douceur telle que Cinaed failli s'endormir dans la baignoire.
La seule raison pour laquelle il garda les yeux ouverts c'était parce qu'il ne voulait pas gâcher ce petit moment. Il se souvenait des fois où ses parents lui avaient lavés les cheveux - parce qu'ils l'avaient fait longtemps, Cinaed avait eu du mal à apprendre à le faire sans se les emmêler à devoir couper les nœuds - mais c'était quelque chose de tout à fait différent aujourd'hui. Le parfum des bulles qui éclataient en touchant ses doigts lui rappelait l'odeur d'Ewan alors celui-ci devait lui laver les cheveux avec son propre shampoing. Celui qui lui laissait des boucles douces quand il ne les laissait pousser et qui sentait bon la lavande. L'odeur embaumait la pièce mais elle n'avait pas ce côté désagréable et lourd que pouvaient avoir les lessives de même parfum.
Cinaed eu un sursaut quand de l'eau froide lui dévala le crâne et sorti un peu de sa bulle. Ewan hurlait pratiquement de rire derrière lui, essayant sans succès de s'excuser pour la frayeur et Cinaed choisit de préparer sa vengeance alors que l'autre sortait de la baignoire pour récupérer un peigne. Quand il se plaça à nouveau derrière lui, l'ébéniste se propulsa vers lui et l'impact contre ses jambes lui fit perdre l'équilibre. Ewan atterrit, tout habillé, le cul au fond de la baignoire et les deux hommes étaient trop occupés à rire pour se soucier de si la chute avait fait mal. Aucun des deux ne se plaignit de la sensation désagréable des vêtements mouillés collant à la peau et Ewan continua de lui brosser les cheveux comme si de rien n'était. Comme s'il n'était pas trempé, et comme si Cinaed n'avait pas fait de la place pour qu'il puisse étaler ses jambes comme il le fallait. Le réflexe n'avait pas été de quitter la salle de bain en pestant à la recherche d'un endroit où étendre ces fringues trempées. Juste un rire qui avait fini par se taire.
Bien plus conscient de la situation qu'il n'y a quelques minutes, Cinaed se contentait de jouer avec la mousse qui dérivait à la surface de l'eau alors qu'ils échangeaient à propos de rendez-vous chez le coiffeur dont ils se fichaient tous les deux. Eh. fit soudainement Ewan, tirant Cinaed de sa contemplation de l'eau. Le 14 Février, c'est la Saint Valentin. C'est pour ça que Meredith se fichait de toi et que les clients te demandaient un repas.
Oh. Il avait totalement oublié cette date, ne l'ayant jamais vraiment fêté auparavant. A Poudlard, il y avait toujours eu beaucoup de bruit autour mais depuis qu'il avait quitté le château, il avait presque oublié l'existence de cette journée. A part le fait de croiser des banderoles et des chocolats dans les boutiques, il n'y avait pas eu grand chose pour lui rappeler et, ce matin là, il n'avait pas vérifié la date sur le calendrier du frigo avant de filer. Mais je suis content que tu sois rentré. Cinaed tourna légèrement le buste pour espérer apercevoir son ami mais celui-ci força sa tête à reprendre sa place pour coiffer les dernières mèches. Ne souhaitant pas subir une vengeance par un peigne méchant à l'approche d'un nœud, l'artisan ne bougea plus. Et toi, tu as... ?
Non. Je suis où je voulais être, t'en fais pas.
"Même si on est pas ça ?" voulait demander Cinaed mais finalement, rien ne quitta ses lèvres.
Il se glissa contre Ewan durant la nuit et se contenta de le serrer fort contre lui, incapable de trouver une chose intelligente à dire, tout comme il était incapable de comprendre vraiment cette situation. Heureusement, Ewan ne lui demanda rien de plus et n'en reparla pas. Cinaed se dit que cela devait être un cadeau d'anniversaire, un mois en avance, que de ne pas chercher à pousser.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 14 Février 2039 • Bulles à la lavande
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Les journées ayant précédées celles-ci avaient été pleines de regards entendus. Cinaed en avait reçu de Meredith, puis des clients, puis sa mère lui avait envoyé une lettre pour savoir ce qu'il comptait faire durant la soirée du 14. Il était rapidement devenu évident que Cinaed avait totalement oublié ce que cette date avait d'importante, à part qu'il s'agissait d'une période de rush à la boutique. Il avait prit de l'assurance et son patron le laissait de plus en plus s'installer dans l'atelier et dans les commandes des clients. Certains venaient même pour commander spécifiquement quelque chose à son apprenti. C'était, certes, parce qu'il était encore en apprentissage et que son travail était donc moins onéreux mais aussi parce les clients appréciaient plutôt bien sa patte et sa manie de sculpter un peu tout et n'importe quoi, ce qui l'éloignait des meubles sur lesquels la boutique se concentrait presque exclusivement avant sa venue. Ses sculptures étaient de petits projets et lui permettaient de mettre en pratique beaucoup des techniques qu'il avait apprit alors Meredith était bien content qu'il s'amuse. Le sourire qu'il envoyait à qui le complimentait sur son travail était une raison suffisante pour que le vieil homme le laisse modifier un peu les produits de la boutique. Dans tous les cas, Cinaed était un apprenti impliqué et participait toujours autant aux commandes les plus importantes et à la création et l'assemblage des meubles qu'on leur demandait.
Si le patron, au début, avait eu peur que le jeune homme ne l'embête plus qu'autre chose, il était finalement très heureux de l'avoir avec lui et devait avouer qu'il l'avait assez mal jugé au premier abord. Il l'avait toujours trouvé intéressant mais peut-être pas suffisamment intéressé pour pouvoir l'aider réellement. Au final, la boutique n'avait jamais autant bouclé de commande que depuis qu'il avait commencé en septembre et, même s'il n'en parlait pas, Meredith comptait bien offrir un poste plus permanent à son élève une fois sa formation achevée.
Cinaed n'avait même pas posé de questions quand il avait reçu la demande de tenir la boutique seul et de s'occuper de la fermeture. Ce n'était probablement pas dans les règles d'une formation professionnalisante mais, de toute façon, le jeune homme n'était pas celui qui irait le crier sur tous les toits. Au contraire, l'écossais avait été ravit d'aider son patron qui en avait profité pour rejoindre il ne savait trop qui. La boutique était bondée aujourd'hui et Cinaed devait avouer qu'il appréciait ce mouvement de foule, même en le gérant seul.
Certains venaient pour récupérer quelque chose, d'autres cherchaient un cadeau en ayant l'air paniqué et puis les autres l'observaient. De près. On lui avait demandé plus d'une fois ce qu'il comptait faire de sa soirée, et Cinaed avait répondu la même chose en boucle. Cette même chose qu'il avait écrite en grosses lettres sur la missive envoyée à sa mère : Il comptait passer la soirée avec son colocataire. La réponse avait sembler peu appréciée par la majorité mais leurs regards déçu s'étaient effacés au détour d'un croquis. Cinaed n'y avait pas repensé plus que ça, concentré sur autre chose.
Il se souvenait avoir prévu une soirée devant un film quelconque avec Ewan mais, à 23h quand il quitta la boutique après avoir perdu la notion du temps, il se sentait trop fatigué pour avaler deux heures de dialogues et d'explosions dans tous les sens. Il n'avait pas non plus prévenu de son arrivée tardive mais son ami ne lui fit aucune remarque quand il passa le pas de la porte. Il était assit sur le canapé, une sucette dans la main et se détourna de son émission de télé dès que Cinaed poussa la porte à se refermer à sa suite. Avec le temps, le comptable s'était habitué à ses retours tardifs, que ce soit parce qu'il travaillait ou parce qu'il décidait de se balader ou de sortir avant d'être passé récupérer son téléphone qu'il laissait à l'appartement de peur qu'un sortilège à la boutique - même s'il s'agissait seulement de sortilèges nécessaires - ne fasse cramer l'appareil. Enfin, c'est Ewan qui avait peur et Cinaed l'écoutait, pour une fois.
Cinaed laissa tomber sa sacoche dans l'entrée, puis son manteau et se défit de ses chaussures sans chercher à les ranger. Son colocataire ne fit aucune remarque là dessus, remarquant sûrement qu'il paraissait à deux doigts de s'effondrer. Et il le fit, d'ailleurs. Il se laissa tomber sur le canapé, se recroquevillant sans gêne et posant sa joue sur la cuisse d'Ewan. La télévision bourdonnait toujours en arrière plan et Cinaed ne chercha pas à comprendre ce que les personnages à l'écran se disaient. Sa tête battait désagréablement et il espérait ne pas aggraver cela en migraine car c'était quelque chose qu'il supportait assez peu. Et c'était un bel euphémisme.
Il dû s'endormir là car la prochaine fois qu'il cligna des yeux, la télé était éteinte et Ewan faisait défiler des vidéos idiotes sur son téléphone. Le léger mouvement le sorti de sa transe et il lui fit un grand sourire avant de tapoter sa joue avec son index. Tu devrais manger et aller au lit. Cinaed secoua la tête, appuyant plus sa joue sur son oreiller de fortune pour indiquer qu'il ne souhaitait pas bouger pour le moment. Comme il ne souhaitait pas non plus se rendormir, il fit ce qu'il savait faire de mieux et ouvrir la bouche pour commencer à parler. Meredith m'a laissé la boutique ce soir. Il m'a dit qu'il allait dîner avec quelqu'un, je crois. Je sais plus vraiment qui, j'écoutais pas trop. Mais je dois lui ramener les clefs demain avant l'ouverture du coup. Ewan acquiesçait à certaines de ses paroles, fredonnant tranquillement pour montrer qu'il l'écoutait tout en l'encourageant sans un mot à continuer. Les clients ont passé tout l'après midi à me demander si j'avais prévu de diner ce soir, je sais pas ce qu'ils avaient tous. Même ma mère m'a envoyé une lettre il y a quelques jours pour me demander si je voulais venir à Inverness si j'avais rien de prévu. Meredith a pas arrêté de se marrer, en plus, je sais même pas pourquoi.
Tu ne sais vraiment pas ? Demanda Ewan d'une voix qui semblait un peu déçue. Cinaed secoua la tête et continua à parler de sa journée et des croquis qu'il avait fait, promettant à l'autre de lui montrer le lendemain. Finalement, la fatigue reprit le dessus et il se mit à bailler plus qu'il ne parlait et Ewan se tortilla pour quitter le canapé. Cinaed le suivit par réflexe avant de s'arrêter devant la porte de la salle de bain. Il resta stupidement debout dans l'encadrement en observant Ewan faire couler de l'eau dans la baignoire. Son cerveau fonctionnait au ralenti et il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire à l'instant t. Il aurait pu aller se coucher mais sa chambre semblait soudainement si loin de lui que faire un seul pas vers elle ressemblait à une séance de torture. Ce n'était pas la première fois que tout lâchait en lui à cause de la fatigue. Il ne savait jamais vraiment jusqu'où il pouvait pousser son corps avant que celui-ci finisse à moitié léthargique et, le pire, c'est qu'il n'arrivait pas vraiment à comprendre quand est-ce qu'il l'était. Son cerveau mettait tout en pause et était incapable de se rendre compte qu'il était fatigué et que c'était pour cette raison qu'il ne pouvait rien faire. Parfois, il restait assit quelque part jusqu'à ce que l'univers décide pour lui qu'il était temps de dormir. Et, le reste du temps, Ewan était là.
Il l'aida à se débarrasser de son tee-shirt et lui fourra une brosse à dents dans les mains que Cinaed porta à la bouche avant même que le roux n'ait le temps d'y ajouter du dentifrice. Il se fit taper sur les doigts pour ça mais Ewan lui parlait d'une voix tellement douce que l'artisan n'était pas certain d'avoir fait une bêtise. On aurait dit la voix que les gens utilisaient pour parler à de petits animaux, comme si Cinaed avait besoin qu'on lui roucoule qu'il s'en sortait bien parce qu'il réussissait à se défaire de son jean sans finir avec le nez par terre. S'il avait été un peu plus lucide, il aurait bougonné contre son ami qu'il n'était pas un enfant de quatre ans mais bon, actuellement il avait juste envie de suivre le mouvement et de se laisser porter.
L'eau du bain était d'une jolie couleur violette et juste assez chaude pour dénouer le bas de son dos. Cinaed posa sa joue sur le rebord, la brosse à dents tendue dans le vide de l'autre côté. Elle lui fut finalement arrachée avec un rire et l'ébéniste avala le dentifrice par réflexe pour recommencer à babiller. Ewan l'écouta faire, assit en tailleur à côté de lui. Au bout d'un moment, il remonta le bout de son pantalon avec trois ourlets parfaits et fit la même chose avec les manches de sa chemise. Quelques instants plus tard, son ami avait prit la parole et s'occupait de meubler le silence à sa place. La compatibilité n'était pas un domaine qui intéressait Cinaed mais il aimait l'écouter parler de son travail. Il ne comprendrait jamais pourquoi l'autre aimait autant les chiffres et les papiers, mais tant que ça lui plaisait, il n'avait pas grand chose à redire. Et puis, c'était ce boulot de comptable qui avait servit à payer le shampoing à la lavande que Ewan frottait avec douceur dans ses cheveux. Le plus grand se tenait debout dans la baignoire derrière lui et, malgré les ourlets, le bout de son pantalon trempait dans l'eau. Il passait ses doigts dans les mèches brunes, s'assurant qu'aucune goutte de savon ne dévale son front pour aller lui piquer les yeux. Ses mouvements étaient d'une douceur telle que Cinaed failli s'endormir dans la baignoire.
La seule raison pour laquelle il garda les yeux ouverts c'était parce qu'il ne voulait pas gâcher ce petit moment. Il se souvenait des fois où ses parents lui avaient lavés les cheveux - parce qu'ils l'avaient fait longtemps, Cinaed avait eu du mal à apprendre à le faire sans se les emmêler à devoir couper les nœuds - mais c'était quelque chose de tout à fait différent aujourd'hui. Le parfum des bulles qui éclataient en touchant ses doigts lui rappelait l'odeur d'Ewan alors celui-ci devait lui laver les cheveux avec son propre shampoing. Celui qui lui laissait des boucles douces quand il ne les laissait pousser et qui sentait bon la lavande. L'odeur embaumait la pièce mais elle n'avait pas ce côté désagréable et lourd que pouvaient avoir les lessives de même parfum.
Cinaed eu un sursaut quand de l'eau froide lui dévala le crâne et sorti un peu de sa bulle. Ewan hurlait pratiquement de rire derrière lui, essayant sans succès de s'excuser pour la frayeur et Cinaed choisit de préparer sa vengeance alors que l'autre sortait de la baignoire pour récupérer un peigne. Quand il se plaça à nouveau derrière lui, l'ébéniste se propulsa vers lui et l'impact contre ses jambes lui fit perdre l'équilibre. Ewan atterrit, tout habillé, le cul au fond de la baignoire et les deux hommes étaient trop occupés à rire pour se soucier de si la chute avait fait mal. Aucun des deux ne se plaignit de la sensation désagréable des vêtements mouillés collant à la peau et Ewan continua de lui brosser les cheveux comme si de rien n'était. Comme s'il n'était pas trempé, et comme si Cinaed n'avait pas fait de la place pour qu'il puisse étaler ses jambes comme il le fallait. Le réflexe n'avait pas été de quitter la salle de bain en pestant à la recherche d'un endroit où étendre ces fringues trempées. Juste un rire qui avait fini par se taire.
Bien plus conscient de la situation qu'il n'y a quelques minutes, Cinaed se contentait de jouer avec la mousse qui dérivait à la surface de l'eau alors qu'ils échangeaient à propos de rendez-vous chez le coiffeur dont ils se fichaient tous les deux. Eh. fit soudainement Ewan, tirant Cinaed de sa contemplation de l'eau. Le 14 Février, c'est la Saint Valentin. C'est pour ça que Meredith se fichait de toi et que les clients te demandaient un repas.
Oh. Il avait totalement oublié cette date, ne l'ayant jamais vraiment fêté auparavant. A Poudlard, il y avait toujours eu beaucoup de bruit autour mais depuis qu'il avait quitté le château, il avait presque oublié l'existence de cette journée. A part le fait de croiser des banderoles et des chocolats dans les boutiques, il n'y avait pas eu grand chose pour lui rappeler et, ce matin là, il n'avait pas vérifié la date sur le calendrier du frigo avant de filer. Mais je suis content que tu sois rentré. Cinaed tourna légèrement le buste pour espérer apercevoir son ami mais celui-ci força sa tête à reprendre sa place pour coiffer les dernières mèches. Ne souhaitant pas subir une vengeance par un peigne méchant à l'approche d'un nœud, l'artisan ne bougea plus. Et toi, tu as... ?
Non. Je suis où je voulais être, t'en fais pas.
"Même si on est pas ça ?" voulait demander Cinaed mais finalement, rien ne quitta ses lèvres.
Il se glissa contre Ewan durant la nuit et se contenta de le serrer fort contre lui, incapable de trouver une chose intelligente à dire, tout comme il était incapable de comprendre vraiment cette situation. Heureusement, Ewan ne lui demanda rien de plus et n'en reparla pas. Cinaed se dit que cela devait être un cadeau d'anniversaire, un mois en avance, que de ne pas chercher à pousser.
2305.
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Cinaed chuchote Ewan, avant de répéter le prénom un peu plus fort. L'apprenti ébéniste ouvre un œil, sortant la moitié de son visage de l'oreiller avant d'y retomber, lourd comme une brique. Il ne sait pas quelle heure il est mais c'est sûrement trop tôt pour se réveiller complètement. Pourtant, Cinaed n'est pas un gros dormeur mais une fois qu'il arrive à fermer l'œil, il ne se réveille pas avant le lendemain. Tôt, certes, mais il finit sa nuit et il est difficile de le tirer de son sommeil tant que son corps n'a pas décidé que les quelques heures à s'évanouir dans un coin étaient suffisantes. Cinaed ! Répète Ewan pour la troisième fois avant de commencer à pousser sur son épaule. Le brun se retrouve secoué comme une bonne viande avant de finalement choisir de se redresser sur ses coudes. Ses cheveux lui tombent sur les yeux et il peine à les garder ouverts plus de quelques secondes. Il pense même sentir la caractéristique croute de bave séchée aux coins des lèvres. Quoi que veuille lui dire Ewan, Cinaed n'est pas prêt à l'entendre, et encore moins à l'enregistrer.
Kwaaaa ? croasse-t-il, la voix rauque de sommeil. Il jette un œil sur sa table de chevet et si ses yeux ne lui mentent pas, son meilleur ami vient l'embêter à trois heures du matin. Cette information le réveille un peu parce que son instinct sait qu'il n'est pas normal de voir Ewan réveillé si tard. Ou si tôt, selon l'angle de vue. Ewan se couche toujours vers minuit, sauf quand il n'a pas le choix et que Cinaed l'embête. Mais là, l'ébéniste est rentré du travail et s'est glissé sous sa couverture presque aussitôt. Il avait accepté une assiette apportée par le roux mais n'avait rien fait de plus que manger trois bouchées. L'ébéniste se frotte les yeux, s'essuie les lèvres du dos de la main et pousse sur ses genoux pour s'agenouiller sur son lit au lieu d'y rester avachi. Dans le mouvement, sa couverture tombe derrière son dos et Cinaed sent l'air frais de sa chambre lui frapper la colonne vertébrale. Il frissonne et récupère le drap pour se le draper sur les épaules à la façon d'une cape. Finalement, deux yeux fatigués mais bien ouverts se posent sur le roux agenouillé à côté du lit. Il n'attend pas une seconde de plus et s'assied sur le bord du matelas, se penchant sur son ami pour le pousser à se rallonger, cette fois-ci les pieds au niveau de l'oreiller.
Cinaed se laisse étaler sans rien dire, sans même essayer de se battre. De grands yeux observent le visage de son ami et dans la pénombre, il ne perçoit pas grand chose à part l'odeur de son vin préféré qui filtre dans son souffle. Ewan se rapproche de lui, pratiquement au dessus de lui maintenant avant de répéter : Cinaed ! Le-dit Cinaed gémit de désespoir, un bruit dramatique alors qu'il laisse pencher sa tête vers l'arrière, à quelques millimètres seulement de la laisser pendre dans le vide. T'as bu sans moi ? C'est tellement pas cool ! Il se tortille quelques secondes, essayant de dégager le genou de Ewan qui s'enfonce douloureusement dans sa hanche. Il y arrive sans mal et son ami s'écrase sur sa poitrine avec un "Oof" soufflé. Cinaed grimace, sachant parfaitement qu'il aura un bleu le lendemain là où le menton de l'autre homme s'est enfoncé entre ses côtes. Le brun entoure son ami de ses bras, le serrant contre sa poitrine et fermant les yeux pour profiter du moment de calme. Ewan semble avoir arrêté de scander son nom comme s'il s'agissait du mot le plus joli du monde et se contente de se tortiller pour venir coller son nez froid dans le creux de son cou. Cinaed le serre fort, passant une main dans ses cheveux pour lui coiffer avec ses doigts. Son pouce finit par trouver le petit nœud de muscle qu'Ewan a toujours dans la nuque et, alors qu'il le masse, le roux laisse échapper un soupir de contentement.
Pourquoi tu restes jamais avec moi ? Demande-t-il finalement, la voix pâteuse. Cinaed redresse la tête, essayant d'observer Ewan en penchant la tête mais sans succès. Mais je suis avec toi. Explique-t-il simplement avant de passer une main dans son dos pour lui tapoter l'omoplate. Regarde, juste ici. Ewan a tendance à avoir l'alcool triste assez facilement, le pauvre, alors Cinaed essaie d'être le plus doux possible. L'expression "fragile comme du verre" correspond parfaitement à son ami dans ces moments là. Un faux mouvement, une parole un peu tranchante et c'était foutu, Ewan se mettrait à pleurer comme un bébé, aussi strident qu'un verre qui s'explosait au sol. Le comptable secoue la tête et se recroqueville un peu plus contre le torse de l'ancien endormi. Hier soir, t'étais pas là. Cinaed soupire et hoche la tête, sachant que Ewan en sentira le mouvement. Ouais, désolé, j'étais avec... euh... Odile ? Désolé. Il s'est passé quelque chose ? Il doutait qu'un truc difficile soit arrivé, sinon Ewan n'aurait pas attendu la nuit suivante pour lui en parler et, surtout, il ne l'aurait pas fait en étant ivre. Il refusait même de parler avec Cinaed de trucs importants quand celui-ci avait bu ne serait-ce qu'un verre. C'était bizarre qu'il ai envie de papoter alors qu'il ne pouvait pas aligner deux mots sans bégayer.
Pourquoi tu restes pas avec moi ? Moi, je préfère que tu restes et que tu fasses ça avec moi. Bougonne Ewan avant de se redresser, essayant d'écraser ses lèvres sur les siennes. Il loupe la cible de quelques centimètres et le baiser baveux que Cinaed se prend sur la joue fini de le réveiller. D'un coup, il semble comprendre ce qu'il se passe et se redresse avec force, emmenant le plus grand d'un même mouvement. Il s'assied en tailleurs et prend les épaules d'Ewan à deux mains, le repoussant légèrement. Mais qu'est-ce que tu racontes, Wan ? Son ami penche la tête sur le côté, clignant des yeux doucement avant que Cinaed n'entende un reniflement. Le reniflement caractéristique d'une crise de larmes en approche et elle ne tarde pas à arriver. Un instant, Ewan essaie de l'embrasser, l'instant d'après, il pleure à chaudes larmes. La bouche grande ouverte, il braille entre deux hoquets et Cinaed laisse échapper un "Ho-la-la" alors qu'il le reprend rapidement dans ses bras. Cette fois-ci, il bascule dans l'autre sens et se réinstalle bien sous les couvertures, Ewan dans les bras. La dernière fois qu'ils avaient prit cette position, Cinaed était la petite cuillère. Cette fois-ci, il prend la place de la grande.
Ewan se recroqueville et pleure pendant quelques minutes alors que l'ébéniste lui frotte les bras dans un geste qu'il espère apaisant. Pourquoi tu fais pas tout ça avec moi ? Cinaed pose un léger baiser sur son épaule et fredonne, tout bas : Je sais pas, j'ai.. Ca me semble pas juste de faire ça avec toi et de partir après. Ewan essaie de se tourner vers lui mais Cinaed le tient trop serré pour qu'il puisse faire autre chose que relever ses bras pour elle celui qui attrape les mains du brun et non l'inverse. T'as pas besoin de partir, non ? Moi, je te garde. Tout pour moi, et pour les autres aussi. M'en fiche, tant que tu es à moi aussi. Cinaed rigole doucement Je ne te vois pas dans une relation ouverte. Ewan lui frappe l'avant bras avant de grogner. Moi aussi, je vois des gens. Qu'est-ce que ça fait si je veux te voir toi aussi ?
Le silence se fait après cette phrase et raisonne quelques secondes dans l'obscurité de la chambre. J'en ai envie, moi aussi, tu sais ? Mais... Bah, redemande moi demain quand tu seras sobre, alors. Tu sais que j'aime pas ça, avec l'alcool. Cinaed ne tente jamais rien avec les gens ivres, et d'ailleurs personne ne devrait jamais le faire. Ce qui lui plait lui c'est la proximité avec les autres, de toute façon, et essayer de papoter avec quelqu'un de complètement ivre est difficile, voire impossible. Ewan grogne, lui donne un petit coup de coude avant de faire claquer sa langue sur son palais de mécontentement. Ouais, bah je ferais ça alors. Un autre rire quitte les lèvres de Cinaed, surtout quand il entend Ewan se mettre à ronfler quelques secondes plus tard seulement.
Cependant, même s'il est bien installé et que Ewan s'est endormi, Cinaed se trouve bien incapable de refermer l'œil. Le lendemain, Ewan lui demandera pourquoi il a l'air de n'avoir pas dormi, et ils auront une discussion gênante sur les limites de l'amitié. Ewan s'excusera d'avoir dépassé les bornes, Cinaed sera vexé que les mots de la veille ne signifient rien alors même qu'il aura eu de l'espoir sans trop comprendre pourquoi. Et puis Ewan comprendrait ce qu'il avait en tête, s'illuminerait avec un sourire et lui sortirait un Ce soir, on va diner ensemble, et après on reparlera de ça et des choses qu'on a le droit de faire ou pas. Cinaed se contentera de hocher la tête, sans comprendre vraiment de quoi l'autre parle. Mais bon, Ewan avait toujours été plus doué que lui pour les relations alors l'ébéniste lui ferait confiance du début à la fin. Et, comme on dit, le reste appartiens à l'histoire.
Leur relation n'avait jamais été conventionnelle et ce nouveau pas semblait juste naturel. Pas une mise en couple, pas vraiment, mais pas vraiment non plus des amis avec avantages. Un mélange des deux. Les hommes l'auraient entièrement accepté le soi-même et reprendraient leur vie le lendemain, comme si Ewan n'avait jamais bu à en perdre la moitié de ses neurones. Cinaed ne demanderait jamais ce qui l'avait poussé à boire, puis à pleurer, et Ewan n'avouerait jamais pourquoi il avait senti le besoin de faire une crise de larmes. Certaines choses étaient faites pour être tues. Il fallait garder un peu de mystère.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 23 Mars 2039 • Confession nocturne
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Cinaed chuchote Ewan, avant de répéter le prénom un peu plus fort. L'apprenti ébéniste ouvre un œil, sortant la moitié de son visage de l'oreiller avant d'y retomber, lourd comme une brique. Il ne sait pas quelle heure il est mais c'est sûrement trop tôt pour se réveiller complètement. Pourtant, Cinaed n'est pas un gros dormeur mais une fois qu'il arrive à fermer l'œil, il ne se réveille pas avant le lendemain. Tôt, certes, mais il finit sa nuit et il est difficile de le tirer de son sommeil tant que son corps n'a pas décidé que les quelques heures à s'évanouir dans un coin étaient suffisantes. Cinaed ! Répète Ewan pour la troisième fois avant de commencer à pousser sur son épaule. Le brun se retrouve secoué comme une bonne viande avant de finalement choisir de se redresser sur ses coudes. Ses cheveux lui tombent sur les yeux et il peine à les garder ouverts plus de quelques secondes. Il pense même sentir la caractéristique croute de bave séchée aux coins des lèvres. Quoi que veuille lui dire Ewan, Cinaed n'est pas prêt à l'entendre, et encore moins à l'enregistrer.
Kwaaaa ? croasse-t-il, la voix rauque de sommeil. Il jette un œil sur sa table de chevet et si ses yeux ne lui mentent pas, son meilleur ami vient l'embêter à trois heures du matin. Cette information le réveille un peu parce que son instinct sait qu'il n'est pas normal de voir Ewan réveillé si tard. Ou si tôt, selon l'angle de vue. Ewan se couche toujours vers minuit, sauf quand il n'a pas le choix et que Cinaed l'embête. Mais là, l'ébéniste est rentré du travail et s'est glissé sous sa couverture presque aussitôt. Il avait accepté une assiette apportée par le roux mais n'avait rien fait de plus que manger trois bouchées. L'ébéniste se frotte les yeux, s'essuie les lèvres du dos de la main et pousse sur ses genoux pour s'agenouiller sur son lit au lieu d'y rester avachi. Dans le mouvement, sa couverture tombe derrière son dos et Cinaed sent l'air frais de sa chambre lui frapper la colonne vertébrale. Il frissonne et récupère le drap pour se le draper sur les épaules à la façon d'une cape. Finalement, deux yeux fatigués mais bien ouverts se posent sur le roux agenouillé à côté du lit. Il n'attend pas une seconde de plus et s'assied sur le bord du matelas, se penchant sur son ami pour le pousser à se rallonger, cette fois-ci les pieds au niveau de l'oreiller.
Cinaed se laisse étaler sans rien dire, sans même essayer de se battre. De grands yeux observent le visage de son ami et dans la pénombre, il ne perçoit pas grand chose à part l'odeur de son vin préféré qui filtre dans son souffle. Ewan se rapproche de lui, pratiquement au dessus de lui maintenant avant de répéter : Cinaed ! Le-dit Cinaed gémit de désespoir, un bruit dramatique alors qu'il laisse pencher sa tête vers l'arrière, à quelques millimètres seulement de la laisser pendre dans le vide. T'as bu sans moi ? C'est tellement pas cool ! Il se tortille quelques secondes, essayant de dégager le genou de Ewan qui s'enfonce douloureusement dans sa hanche. Il y arrive sans mal et son ami s'écrase sur sa poitrine avec un "Oof" soufflé. Cinaed grimace, sachant parfaitement qu'il aura un bleu le lendemain là où le menton de l'autre homme s'est enfoncé entre ses côtes. Le brun entoure son ami de ses bras, le serrant contre sa poitrine et fermant les yeux pour profiter du moment de calme. Ewan semble avoir arrêté de scander son nom comme s'il s'agissait du mot le plus joli du monde et se contente de se tortiller pour venir coller son nez froid dans le creux de son cou. Cinaed le serre fort, passant une main dans ses cheveux pour lui coiffer avec ses doigts. Son pouce finit par trouver le petit nœud de muscle qu'Ewan a toujours dans la nuque et, alors qu'il le masse, le roux laisse échapper un soupir de contentement.
Pourquoi tu restes jamais avec moi ? Demande-t-il finalement, la voix pâteuse. Cinaed redresse la tête, essayant d'observer Ewan en penchant la tête mais sans succès. Mais je suis avec toi. Explique-t-il simplement avant de passer une main dans son dos pour lui tapoter l'omoplate. Regarde, juste ici. Ewan a tendance à avoir l'alcool triste assez facilement, le pauvre, alors Cinaed essaie d'être le plus doux possible. L'expression "fragile comme du verre" correspond parfaitement à son ami dans ces moments là. Un faux mouvement, une parole un peu tranchante et c'était foutu, Ewan se mettrait à pleurer comme un bébé, aussi strident qu'un verre qui s'explosait au sol. Le comptable secoue la tête et se recroqueville un peu plus contre le torse de l'ancien endormi. Hier soir, t'étais pas là. Cinaed soupire et hoche la tête, sachant que Ewan en sentira le mouvement. Ouais, désolé, j'étais avec... euh... Odile ? Désolé. Il s'est passé quelque chose ? Il doutait qu'un truc difficile soit arrivé, sinon Ewan n'aurait pas attendu la nuit suivante pour lui en parler et, surtout, il ne l'aurait pas fait en étant ivre. Il refusait même de parler avec Cinaed de trucs importants quand celui-ci avait bu ne serait-ce qu'un verre. C'était bizarre qu'il ai envie de papoter alors qu'il ne pouvait pas aligner deux mots sans bégayer.
Pourquoi tu restes pas avec moi ? Moi, je préfère que tu restes et que tu fasses ça avec moi. Bougonne Ewan avant de se redresser, essayant d'écraser ses lèvres sur les siennes. Il loupe la cible de quelques centimètres et le baiser baveux que Cinaed se prend sur la joue fini de le réveiller. D'un coup, il semble comprendre ce qu'il se passe et se redresse avec force, emmenant le plus grand d'un même mouvement. Il s'assied en tailleurs et prend les épaules d'Ewan à deux mains, le repoussant légèrement. Mais qu'est-ce que tu racontes, Wan ? Son ami penche la tête sur le côté, clignant des yeux doucement avant que Cinaed n'entende un reniflement. Le reniflement caractéristique d'une crise de larmes en approche et elle ne tarde pas à arriver. Un instant, Ewan essaie de l'embrasser, l'instant d'après, il pleure à chaudes larmes. La bouche grande ouverte, il braille entre deux hoquets et Cinaed laisse échapper un "Ho-la-la" alors qu'il le reprend rapidement dans ses bras. Cette fois-ci, il bascule dans l'autre sens et se réinstalle bien sous les couvertures, Ewan dans les bras. La dernière fois qu'ils avaient prit cette position, Cinaed était la petite cuillère. Cette fois-ci, il prend la place de la grande.
Ewan se recroqueville et pleure pendant quelques minutes alors que l'ébéniste lui frotte les bras dans un geste qu'il espère apaisant. Pourquoi tu fais pas tout ça avec moi ? Cinaed pose un léger baiser sur son épaule et fredonne, tout bas : Je sais pas, j'ai.. Ca me semble pas juste de faire ça avec toi et de partir après. Ewan essaie de se tourner vers lui mais Cinaed le tient trop serré pour qu'il puisse faire autre chose que relever ses bras pour elle celui qui attrape les mains du brun et non l'inverse. T'as pas besoin de partir, non ? Moi, je te garde. Tout pour moi, et pour les autres aussi. M'en fiche, tant que tu es à moi aussi. Cinaed rigole doucement Je ne te vois pas dans une relation ouverte. Ewan lui frappe l'avant bras avant de grogner. Moi aussi, je vois des gens. Qu'est-ce que ça fait si je veux te voir toi aussi ?
Le silence se fait après cette phrase et raisonne quelques secondes dans l'obscurité de la chambre. J'en ai envie, moi aussi, tu sais ? Mais... Bah, redemande moi demain quand tu seras sobre, alors. Tu sais que j'aime pas ça, avec l'alcool. Cinaed ne tente jamais rien avec les gens ivres, et d'ailleurs personne ne devrait jamais le faire. Ce qui lui plait lui c'est la proximité avec les autres, de toute façon, et essayer de papoter avec quelqu'un de complètement ivre est difficile, voire impossible. Ewan grogne, lui donne un petit coup de coude avant de faire claquer sa langue sur son palais de mécontentement. Ouais, bah je ferais ça alors. Un autre rire quitte les lèvres de Cinaed, surtout quand il entend Ewan se mettre à ronfler quelques secondes plus tard seulement.
Cependant, même s'il est bien installé et que Ewan s'est endormi, Cinaed se trouve bien incapable de refermer l'œil. Le lendemain, Ewan lui demandera pourquoi il a l'air de n'avoir pas dormi, et ils auront une discussion gênante sur les limites de l'amitié. Ewan s'excusera d'avoir dépassé les bornes, Cinaed sera vexé que les mots de la veille ne signifient rien alors même qu'il aura eu de l'espoir sans trop comprendre pourquoi. Et puis Ewan comprendrait ce qu'il avait en tête, s'illuminerait avec un sourire et lui sortirait un Ce soir, on va diner ensemble, et après on reparlera de ça et des choses qu'on a le droit de faire ou pas. Cinaed se contentera de hocher la tête, sans comprendre vraiment de quoi l'autre parle. Mais bon, Ewan avait toujours été plus doué que lui pour les relations alors l'ébéniste lui ferait confiance du début à la fin. Et, comme on dit, le reste appartiens à l'histoire.
Leur relation n'avait jamais été conventionnelle et ce nouveau pas semblait juste naturel. Pas une mise en couple, pas vraiment, mais pas vraiment non plus des amis avec avantages. Un mélange des deux. Les hommes l'auraient entièrement accepté le soi-même et reprendraient leur vie le lendemain, comme si Ewan n'avait jamais bu à en perdre la moitié de ses neurones. Cinaed ne demanderait jamais ce qui l'avait poussé à boire, puis à pleurer, et Ewan n'avouerait jamais pourquoi il avait senti le besoin de faire une crise de larmes. Certaines choses étaient faites pour être tues. Il fallait garder un peu de mystère.
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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Beatha còmhla
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Un nœud de bras, de jambes et de lèvres qui s'effleurent peine à ouvrir la porte de l'appartement, puis à passer l'entrée sans faire tomber le porte manteau. Les vestes sont retirées entre quelques rires et pendues à la première branche qui passe. Les deux hommes sont loin d'être ivres, Ewan n'a d'ailleurs pas bu et Cinaed, uniquement un verre, mais leur coordination laisse à désirer. Retirer leurs chaussures sans perdre le moindre point de contact avec l'autre est impossible et il est ainsi tout naturel que l'ébéniste finisse par terre, les fesses en avant. Il s'écrase au sol avec un couinement de surprise et la chute propulse les deux jeunes hommes dans un autre fou rire. Ewan est même obligé de s'appuyer sur le petit meuble à chaussures pour ne pas rejoindre son amant au sol. Déjà assit par terre, Cinaed en profite pour retirer ses bottes qu'il envoie valser un peu plus loin avant de s'étaler par terre, les bras repliés pour cacher ses yeux et les protéger de la lumière éclatante qui se trouve au plafond.
Ewan lui donne un léger coup de pied dans le mollet et se reçoit un geste vague de la main. Pas besoin de dire un mot pour comprendre le "Tes chaussures, abruti" et le "Va-t-eeeeeen" qui se dégagent de cette scène. De toute façon, ces temps ci, ils n'ont plus vraiment besoin de mot pour communiquer la majorité du temps. Ils avaient toujours eu ce petit loin tout spécial qui leur permettait de se comprendre sans ouvrir la bouche quand ils avaient été enfants, mais depuis que leur relation était passée au stade supérieur, cette compréhension s'étirait à de nombreux autres moments. Ou peut-être qu'ils étaient devenus tellement habitué à la présence de l'autre et à cette petite routine qu'ils pouvaient instinctivement deviner ce qui allait se passer. Ewan se décharge de ses chaussures après avoir été récupérer celles abandonnées à l'autre bout du couloir et range les deux paires avec soin avant de s'asseoir à côté de son meilleur ami, les genoux repliés contre sa poitrine. Ses orteils appuient contre la jambe de Cinaed et pétrissent doucement la peau à chaque petite pression que Ewan y appose. Le calme s'était réinstallé, caressant leur peau comme une douce brise de printemps et faisant s'envoler les quelques éclats de rire persistants qui résonnaient encore.
C'était une super soirée. Fredonne doucement le roux alors que son ami acquiesce immédiatement. Ca l'est toujours quand on va chez ton père. Imagine le 25 avec mes parents, maintenant. Le comptable lève les yeux au ciel, appuyant vicieusement contre le mollet de Cinaed avant que celui-ci ne se redresse en grognant pour récupérer pour lui son pauvre mollet agressé. Dis pas ça, si ça se trouve ta mère parlera pas de mariage cette année. Le brun roula des yeux. Elle abandonnera jamais, tu l'as connais mal ! L'ébéniste s'appuya contre la porte en se trainant quelques centimètres par terre pour s'y poser complètement. Ewan suivit le mouvement et vint s'asseoir à côté de lui, l'épaule gauche collée à celle de son ami qui posa sa joue dessus sans se faire prier avant de reprendre la parole d'une voix nasillarde. Pourquoi j'peux pas juste t'épouser toi ? geigna-t-il. Il se prit une petite pichenette sur le front et protégea son crane avec sa main gauche. Parce qu'elle ferait un arrêt en nous voyant aller voir ailleurs. Et puis, elle veut des petits enfants. Ewan se pencha légèrement, jusqu'à ce que ses lèvres effleurent l'oreille de l'autre. Même si on essaie, ça a pas l'air de fonctionner.
L'ébéniste éclata de rire avant de se redresser en tapotant la cuisse de son ami. T'es trop con punaise. Il se récolta un "Eh !" indigné avant que Ewan ne reprenne la parole. Tu dis ça mais habituellement c'est toi qui les fait ces blagues à deux balles ! Cinaed, dans une démonstration de maturité époustouflante, se tourna vers lui et lui tira la langue. Ouaip, mais moi j'ai le droit ! Privilège de riche, que veux-tu. Ewan retint de peu la remarque sur le fait que son ami était, en fait, particulièrement fauché et se contenta de se redresser pour le rejoindre dans le salon. Il y était à peine arrivé que Cinaed s'était déjà sur le canapé pour s'y étirer comme un chat repu. Il attrapa ses pieds, les levant démesurément haut et faisant se plier Cinaed dans le mauvais sens. L'ébéniste hurla à la mort, ce qui n'était pas nécessaire pour si peu et s'empressa de retirer ses jambes pour laisser la place de s'asseoir à l'autre. J'suis pas un ficelo, tu sais ? grommela le plus petit. Depuis qu'il avait vu une pub à la télé pour ces espèces de fromage radioactif, il avait décidé qu'il s'agsisait d'une des inventions moldues les plus cool. Ewan devait se batailler à chaque passage au magasin pour ne pas que Cinaed en glisse quelques paquets dans le caddie. C'était d'ailleurs l'unique raison pour laquelle l'ébéniste venait aux courses avec lui alors qu'il le laissait faire seul habituellement.
Deux petits yeux faussement timides se posèrent sur le visage du roux avant que le silence ne soit à nouveau briser. Et les cadeaux, alors ? Il se prit une nouvelle pichenette, sur le nez cette fois-ci et le retroussa de mécontentement. Tu les auras demain soir, et n'essaie même pas de chercher, je les ai pas laissé à l'appartement. Ewan ignora le "C'est pas juste" boudeur de Cinaed. Il avait rapidement apprit que pour survivre à la curiosité de Cinaed, il avait entreposer les cadeaux et les surprises à l'autre bout du monde ou dans le grenier de ses parents. L'ébéniste avait beau avoir de la motivation et de l'énergie à revendre, il ne pouvait jamais passer au travers des mailles du filet quand il s'agissait de déjouer la surveillance de sa propre mère. Eilidh semblait avoir un radar interne spécifiquement dédié à la surveillante de son rejeton. Il sonnait dès qu'il faisait une connerie, même quand Cinaed ne comprenait pas par quel miracle ou sortilège étrange elle finissait par être au courant des choses. Pas que la vielle femme lui expliquerait un jour. Les mères avaient leurs petits secrets.
La télé fut allumée alors que l'artisan commençait à somnoler, la joue appuyée sur l'accoudoir du canapé. Nul doute que si Ewan ne s'était pas mis à frapper avec énergie son épaule, Cinaed se serait endormi ici. L'autre aurait grogné quelques minutes en essayant de le convaincre de plutôt aller dormir avec lui dans un vrai lit, sans succès, avant d'abandonner et d'aller dormir. Mais dans les dispositions actuelles, il sursauta en relevant la tête, le regard hagard et vitreux. Il devait être plus proche de l'endormissement que prévu mais ça ne découragea pas Ewan qui le tira d'une seule main hors du canapé. Le brun suivit le mouvement sans trop comprendre et sans être capable le moins du monde d'aligner deux pensées cohérentes pour résister. Une fois debout, Ewan le tira au milieu du salon et poussa la table basse sur le côté, se récoltant une grimace de Cinaed alors que le meuble en bois grattait désagréablement au sol. Cinaed passa sa langue sur ses dents comme pour retirer l'impression dérangeante de les avoir fait grincer. Il ne pouvait pas s'en empêcher à chaque fois que quelque chose grinçait ou, pire, qu'une craie se faisait entendre sur un tableau noir.
Danse avec moi ! S'exclama Ewan, le ramenant à la réalité. Quoi ? Mais qu'est-ce que... Son cerveau fini par enregistrer les petites musiques de Noël qui s'échappait des enceintes reliée à la TV. Ewan avait un véritable faible pour ces mélodies même si Cinaed les trouvait plus agaçante qu'autre chose. Deux salles, deux ambiances puisque le roux commençait à les chanter avant même que le premier novembre ne pointe son nez. Il attendait Noël à partir de Septembre, et attendrait Septembre suivant pour attendre Noël à peine le 25 passé et les fêtes officiellement terminées. La nouvelle année l'attirait moins, et attirait plus Cinaed. Un duo totalement opposé pour les fêtes mais ça fonctionnait, d'une façon ou d'une autre. Il suffisait que Cinaed éteigne son cerveau quand l'autre commençait à chanter et en retour Ewan ne disait rien si son amant se ramenait avec des pétard pour fêter l'arrivée du 1er Janvier. La seule règle était : pas en intérieur. A part ça, il pouvait en allumer autant et pratiquement déclencher un feu à chaque fois sans que le plus sérieux des deux ne baragouine des reproches.
Le regard brillant d'Ewan eut raison de lui et Cinaed vint se blottir dans ses bras, posant sa tête contre sa poitrine et entourant son cou de ses mains dans une position qui lui semblait tout à fait naturel, comme si les bras accueillant d'Ewan le poussaient à s'y blottir sans même questionner la façon dont il devait positionner ses mains. Le comptable, lui, entoura les hanches de l'ébéniste et le serra un peu plus contre lui alors que le plus petit s'amusait à jouer avec les cheveux sur sa nuque. Ils restèrent comme ça durant quelques instants avec que Ewan n'engage un petit mouvement de balancier. Ce n'était pas vraiment de la danse, ou en tout cas bien loin d'être la danse de salon que Cinaed avait eu martelée dans la tête mais c'était parfait. Bien plus qu'une petite pirouette. Ecouter et sentir le cœur du roux battre contre son oreille, sentir ses muscles se crisper autour de lui comme s'il se retenait de le serrer plus fort encore... C'était parfait. Loin des conventions, trop intime peut-être pour ce qu'était leur relation mais Cinaed n'aurait échangé le moment pour rien au monde. Cela devait être la même chose pour Ewan puisqu'ils continuèrent à se balancer pendant de longues minutes et même bien après que la musique ai laissé la place à un programme télé.
Cinaed entendait juste quelques dialogues en fond sans en comprendre le moindre sens, trop occupé à savourer le moment et la chaleur que dégageait l'autre homme. Il redressa la tête, posant son menton au milieu des clavicule d'Ewan avant de le regarder avec de grands yeux, comme s'il cherchait à sonder les tréfonds de son âme. L'ébéniste dût y trouver ce qu'il cherchait même sans le célébrer puisqu'il fini par faire un sourire doux. Reste avec moi ce soir ? chuchota-t-il contre les lèvres du plus grand qui s'empressa de se baisser pour rencontrer les siennes. Ouais. Expira-t-il doucement, les joues d'un délicieux rouge. Cinaed aussi devait être trois teinte plus foncé que d'habitude si les picotements qu'ils sentaient descendre de ses joues à son cou indiquaient quelque chose. Joyeux Noël ajouta Cinaed quelques secondes après s'être séparé du baiser. Joyeux Yule. Répondit presque immédiatement Ewan avant de déposer un baiser sur le haut de sa joue et de se diriger vers sa chambre, sachant parfaitement que Cinaed le suivrait pour venir coller ses petits pieds froids dans le creux de son dos.
Présence normale - Tutoyez moi !
▸ 24 Décembre 2039 • M'accorderez vous cette danse ?
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Colocation entre Ewan et Cinaed, centre de Londres.
Un nœud de bras, de jambes et de lèvres qui s'effleurent peine à ouvrir la porte de l'appartement, puis à passer l'entrée sans faire tomber le porte manteau. Les vestes sont retirées entre quelques rires et pendues à la première branche qui passe. Les deux hommes sont loin d'être ivres, Ewan n'a d'ailleurs pas bu et Cinaed, uniquement un verre, mais leur coordination laisse à désirer. Retirer leurs chaussures sans perdre le moindre point de contact avec l'autre est impossible et il est ainsi tout naturel que l'ébéniste finisse par terre, les fesses en avant. Il s'écrase au sol avec un couinement de surprise et la chute propulse les deux jeunes hommes dans un autre fou rire. Ewan est même obligé de s'appuyer sur le petit meuble à chaussures pour ne pas rejoindre son amant au sol. Déjà assit par terre, Cinaed en profite pour retirer ses bottes qu'il envoie valser un peu plus loin avant de s'étaler par terre, les bras repliés pour cacher ses yeux et les protéger de la lumière éclatante qui se trouve au plafond.
Ewan lui donne un léger coup de pied dans le mollet et se reçoit un geste vague de la main. Pas besoin de dire un mot pour comprendre le "Tes chaussures, abruti" et le "Va-t-eeeeeen" qui se dégagent de cette scène. De toute façon, ces temps ci, ils n'ont plus vraiment besoin de mot pour communiquer la majorité du temps. Ils avaient toujours eu ce petit loin tout spécial qui leur permettait de se comprendre sans ouvrir la bouche quand ils avaient été enfants, mais depuis que leur relation était passée au stade supérieur, cette compréhension s'étirait à de nombreux autres moments. Ou peut-être qu'ils étaient devenus tellement habitué à la présence de l'autre et à cette petite routine qu'ils pouvaient instinctivement deviner ce qui allait se passer. Ewan se décharge de ses chaussures après avoir été récupérer celles abandonnées à l'autre bout du couloir et range les deux paires avec soin avant de s'asseoir à côté de son meilleur ami, les genoux repliés contre sa poitrine. Ses orteils appuient contre la jambe de Cinaed et pétrissent doucement la peau à chaque petite pression que Ewan y appose. Le calme s'était réinstallé, caressant leur peau comme une douce brise de printemps et faisant s'envoler les quelques éclats de rire persistants qui résonnaient encore.
C'était une super soirée. Fredonne doucement le roux alors que son ami acquiesce immédiatement. Ca l'est toujours quand on va chez ton père. Imagine le 25 avec mes parents, maintenant. Le comptable lève les yeux au ciel, appuyant vicieusement contre le mollet de Cinaed avant que celui-ci ne se redresse en grognant pour récupérer pour lui son pauvre mollet agressé. Dis pas ça, si ça se trouve ta mère parlera pas de mariage cette année. Le brun roula des yeux. Elle abandonnera jamais, tu l'as connais mal ! L'ébéniste s'appuya contre la porte en se trainant quelques centimètres par terre pour s'y poser complètement. Ewan suivit le mouvement et vint s'asseoir à côté de lui, l'épaule gauche collée à celle de son ami qui posa sa joue dessus sans se faire prier avant de reprendre la parole d'une voix nasillarde. Pourquoi j'peux pas juste t'épouser toi ? geigna-t-il. Il se prit une petite pichenette sur le front et protégea son crane avec sa main gauche. Parce qu'elle ferait un arrêt en nous voyant aller voir ailleurs. Et puis, elle veut des petits enfants. Ewan se pencha légèrement, jusqu'à ce que ses lèvres effleurent l'oreille de l'autre. Même si on essaie, ça a pas l'air de fonctionner.
L'ébéniste éclata de rire avant de se redresser en tapotant la cuisse de son ami. T'es trop con punaise. Il se récolta un "Eh !" indigné avant que Ewan ne reprenne la parole. Tu dis ça mais habituellement c'est toi qui les fait ces blagues à deux balles ! Cinaed, dans une démonstration de maturité époustouflante, se tourna vers lui et lui tira la langue. Ouaip, mais moi j'ai le droit ! Privilège de riche, que veux-tu. Ewan retint de peu la remarque sur le fait que son ami était, en fait, particulièrement fauché et se contenta de se redresser pour le rejoindre dans le salon. Il y était à peine arrivé que Cinaed s'était déjà sur le canapé pour s'y étirer comme un chat repu. Il attrapa ses pieds, les levant démesurément haut et faisant se plier Cinaed dans le mauvais sens. L'ébéniste hurla à la mort, ce qui n'était pas nécessaire pour si peu et s'empressa de retirer ses jambes pour laisser la place de s'asseoir à l'autre. J'suis pas un ficelo, tu sais ? grommela le plus petit. Depuis qu'il avait vu une pub à la télé pour ces espèces de fromage radioactif, il avait décidé qu'il s'agsisait d'une des inventions moldues les plus cool. Ewan devait se batailler à chaque passage au magasin pour ne pas que Cinaed en glisse quelques paquets dans le caddie. C'était d'ailleurs l'unique raison pour laquelle l'ébéniste venait aux courses avec lui alors qu'il le laissait faire seul habituellement.
Deux petits yeux faussement timides se posèrent sur le visage du roux avant que le silence ne soit à nouveau briser. Et les cadeaux, alors ? Il se prit une nouvelle pichenette, sur le nez cette fois-ci et le retroussa de mécontentement. Tu les auras demain soir, et n'essaie même pas de chercher, je les ai pas laissé à l'appartement. Ewan ignora le "C'est pas juste" boudeur de Cinaed. Il avait rapidement apprit que pour survivre à la curiosité de Cinaed, il avait entreposer les cadeaux et les surprises à l'autre bout du monde ou dans le grenier de ses parents. L'ébéniste avait beau avoir de la motivation et de l'énergie à revendre, il ne pouvait jamais passer au travers des mailles du filet quand il s'agissait de déjouer la surveillance de sa propre mère. Eilidh semblait avoir un radar interne spécifiquement dédié à la surveillante de son rejeton. Il sonnait dès qu'il faisait une connerie, même quand Cinaed ne comprenait pas par quel miracle ou sortilège étrange elle finissait par être au courant des choses. Pas que la vielle femme lui expliquerait un jour. Les mères avaient leurs petits secrets.
La télé fut allumée alors que l'artisan commençait à somnoler, la joue appuyée sur l'accoudoir du canapé. Nul doute que si Ewan ne s'était pas mis à frapper avec énergie son épaule, Cinaed se serait endormi ici. L'autre aurait grogné quelques minutes en essayant de le convaincre de plutôt aller dormir avec lui dans un vrai lit, sans succès, avant d'abandonner et d'aller dormir. Mais dans les dispositions actuelles, il sursauta en relevant la tête, le regard hagard et vitreux. Il devait être plus proche de l'endormissement que prévu mais ça ne découragea pas Ewan qui le tira d'une seule main hors du canapé. Le brun suivit le mouvement sans trop comprendre et sans être capable le moins du monde d'aligner deux pensées cohérentes pour résister. Une fois debout, Ewan le tira au milieu du salon et poussa la table basse sur le côté, se récoltant une grimace de Cinaed alors que le meuble en bois grattait désagréablement au sol. Cinaed passa sa langue sur ses dents comme pour retirer l'impression dérangeante de les avoir fait grincer. Il ne pouvait pas s'en empêcher à chaque fois que quelque chose grinçait ou, pire, qu'une craie se faisait entendre sur un tableau noir.
Danse avec moi ! S'exclama Ewan, le ramenant à la réalité. Quoi ? Mais qu'est-ce que... Son cerveau fini par enregistrer les petites musiques de Noël qui s'échappait des enceintes reliée à la TV. Ewan avait un véritable faible pour ces mélodies même si Cinaed les trouvait plus agaçante qu'autre chose. Deux salles, deux ambiances puisque le roux commençait à les chanter avant même que le premier novembre ne pointe son nez. Il attendait Noël à partir de Septembre, et attendrait Septembre suivant pour attendre Noël à peine le 25 passé et les fêtes officiellement terminées. La nouvelle année l'attirait moins, et attirait plus Cinaed. Un duo totalement opposé pour les fêtes mais ça fonctionnait, d'une façon ou d'une autre. Il suffisait que Cinaed éteigne son cerveau quand l'autre commençait à chanter et en retour Ewan ne disait rien si son amant se ramenait avec des pétard pour fêter l'arrivée du 1er Janvier. La seule règle était : pas en intérieur. A part ça, il pouvait en allumer autant et pratiquement déclencher un feu à chaque fois sans que le plus sérieux des deux ne baragouine des reproches.
Le regard brillant d'Ewan eut raison de lui et Cinaed vint se blottir dans ses bras, posant sa tête contre sa poitrine et entourant son cou de ses mains dans une position qui lui semblait tout à fait naturel, comme si les bras accueillant d'Ewan le poussaient à s'y blottir sans même questionner la façon dont il devait positionner ses mains. Le comptable, lui, entoura les hanches de l'ébéniste et le serra un peu plus contre lui alors que le plus petit s'amusait à jouer avec les cheveux sur sa nuque. Ils restèrent comme ça durant quelques instants avec que Ewan n'engage un petit mouvement de balancier. Ce n'était pas vraiment de la danse, ou en tout cas bien loin d'être la danse de salon que Cinaed avait eu martelée dans la tête mais c'était parfait. Bien plus qu'une petite pirouette. Ecouter et sentir le cœur du roux battre contre son oreille, sentir ses muscles se crisper autour de lui comme s'il se retenait de le serrer plus fort encore... C'était parfait. Loin des conventions, trop intime peut-être pour ce qu'était leur relation mais Cinaed n'aurait échangé le moment pour rien au monde. Cela devait être la même chose pour Ewan puisqu'ils continuèrent à se balancer pendant de longues minutes et même bien après que la musique ai laissé la place à un programme télé.
Cinaed entendait juste quelques dialogues en fond sans en comprendre le moindre sens, trop occupé à savourer le moment et la chaleur que dégageait l'autre homme. Il redressa la tête, posant son menton au milieu des clavicule d'Ewan avant de le regarder avec de grands yeux, comme s'il cherchait à sonder les tréfonds de son âme. L'ébéniste dût y trouver ce qu'il cherchait même sans le célébrer puisqu'il fini par faire un sourire doux. Reste avec moi ce soir ? chuchota-t-il contre les lèvres du plus grand qui s'empressa de se baisser pour rencontrer les siennes. Ouais. Expira-t-il doucement, les joues d'un délicieux rouge. Cinaed aussi devait être trois teinte plus foncé que d'habitude si les picotements qu'ils sentaient descendre de ses joues à son cou indiquaient quelque chose. Joyeux Noël ajouta Cinaed quelques secondes après s'être séparé du baiser. Joyeux Yule. Répondit presque immédiatement Ewan avant de déposer un baiser sur le haut de sa joue et de se diriger vers sa chambre, sachant parfaitement que Cinaed le suivrait pour venir coller ses petits pieds froids dans le creux de son dos.
1834.
Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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