CLOS On garde son sang-froid ! Lavinia Campbell

"Heh ?"

Sans réfléchir, je me redresse, les mains en avant, le visage déformé par l'inquiétude. Qu'est-ce qui pouvait bien se passer ? Est-ce que son Epouvantard l'avait davantage mise à mal que ce à quoi je m'attendais ? Elle avait un coup de faiblesse ? J'aurais dû apporter plus de chocolat purée, mais je pensais pas que...

Comment j'ai pu ? Comment elle a pu croire ?

"Quoi ? Lavi' ? Y'a..."

Y'a quoi ? De quoi ? J'ai fait quoi ? Qu'est-ce qu'elle a cru ?? Quoi !? Et elle se met à sangloter ! Oh non mais qu'est-ce qui se passe ? Je ne comprends absolument rien, et je sens ma poitrine se serrer en observant les larmes de mon amie, frissonnant de tout mon corps, de la nuque à la pointe des pieds. Son éclat de rire me frappe de plein fouet, sans que je ne comprenne pourquoi, mais je ressens au plus profond de mon être que quelque chose va très très mal.

Et cela me prend au dépourvu, m'empêchant de réagir à temps, de parler pour la rassurer et de lui répondre, laissant un silence de plusieurs secondes flotter à la fin de son discours. Je suis proprement atterré. Choqué au plus profonde moi, comme si on m'avait porté en pleine poitrine un gigantesque coup de butoir.

"Quoi ?"

Mon visage se déforme sous la confusion, alors que des larmes se mettent à couler à cause de l'émotion incontrôlable, de l'urgence et de l'impression de tomber dans le vide, de manquer une marche au tout début de l'escalier. Je secoue la tête, j'agite mes mains, je repousse ces accusations invisibles par ces gestes dérisoires, mon esprit travaillant d'arrache-pied en réclamant toute l'énergie de mon corps pour tenter de traiter toutes les absurdités que je viens d'entendre.

"Mais... Je comprends rien ! Un gage ?? Ton sang ton rang ? Récolter des... mon statut ??? Un pari ?? Chercher à prou... Wow, ok, euh, je comprends absolument rien... Mais je fais jamais de pari moi, t'es juste mon amie et c'est tout ! J'aime trop avec toi j'aime trop discuter avec toi, je comprends rien même à ces histoires de sang ou de statut, j'suis super ami avec Leann, Yesenia, ou Freya, Mary aussi ! Elles sont toutes sang-pur je crois ! Et on s'aime trop ! Et puis ma maman, elle a refusé justement de se battre eh ! Elle a jamais..."

Ok, ça vient de me frapper.

Elle ne va pas me croire. Elle ne va pas me croire, et ça me paraît, en cet instant, comme la chose la plus difficile de toute mon existence à accepter. Je n'essuie aucune des larmes qui coulent sur mes joues, mon attention pleine et entière, consacrée à mon amie, à laquelle je compte bien m'accrocher de toutes mes forces.

"Lavi'... vraiment, pour de vrai, tu crois vraiment à ce que tu dis ?.. Que j'aurais fait semblant, que je cherchais un truc ou je sais pas quoi ?"

Parce que si oui, il était hors de question que je lui impose ma présence. Malgré toute l'envie que je ressentais de simplement la prendre dans mes bras pour la rassurer. Mes ongles s'enfoncent dans mes paumes jusqu'au sang, et jamais davantage qu'en cet instant, je n'ai souhaité pouvoir exposer tout ce qu'il y avait dans mon esprit, pour qu'elle sache que je ne mens pas.

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CLOS On garde son sang-froid ! Lavinia Campbell
Lavinia ne voulait plus rien entendre, ne voulais plus rien voir. Elle ne voulait pas écouter les phrases décousues du garçon, son ton plaintif et ses justifications. Elle ne voulait pas regarder son air défait, les larmes qui coulaient sur ses joues... Des larmes ? Elle n'avait jamais vu Narcisse pleurer auparavant... La vipère se boucha les oreilles, ferma ses yeux et son cœur en secouant rageusement la tête.

- Tais-toi, tais-toi, tais-toi !

Il ne fallait pas que cela la touche, elle ne devait pas le croire. Il mentait, comme tous ceux de son espèce. Alors qu'il évoquait de nouveau sa mère, la haine de Lavinia s'y accrocha comme à une bouée, pour que le regard humide du garçon ne vienne pas la submerger. Pourtant, malgré ses yeux fermés, cette image continuait de tourner en boucle dans son esprit. C'était une nouvelle épreuve que le destin lui mettait devant son chemin, pour lui rappeler de rester toujours méfiante, pour lui rappeler que les assassins de sorciers envahissaient de plus en plus son espace.

- Lavi'... vraiment, pour de vrai, tu crois vraiment à ce que tu dis ?..

Lavinia retient un haut-le-cœur, une envie de vomir déclenchée par ses boyaux qui se tordaient, comme si les larmes qu'elle tentait tant bien que mal de retenir voulaient trouver un autre moyen de s'échapper. Par Merlin, pourquoi le son de sa voix continuait-il à lui parvenir ? Pourquoi ne pouvait-elle pas transplaner loin d'ici, loin de ces questions qui généraient en elle tant d'émotions dévastatrices et contradictoires ? Pourquoi toute sa peine lui hurlait de répondre "bien sûr que non !", alors que toute sa haine, cultivée avec soin depuis des années, l'exhortait à l'accabler, à le rabaisser, à l'insulter, comme on le lui avait si bien appris ?

- Je...

Soudain, ça la frappa. Que ce soit vrai ou non, qu'elle le croit ou non, cela n'avait pas d'importance. Il était un fils de moldus, rien qu'un infâme sang-de-bourbe, voleur de magie. Elle était une née-sorcière, au sang noble de par sa mère, la première de sa famille paternelle qui aurait pu avoir l'immense honneur de recevoir le prestigieux statut de sang-pur de Grande Bretagne, si ces mêmes moldus n'avaient pas empoisonnés le cœur de son frère, et réduit à néant les efforts de son père. Elle devait se protéger, protéger l'honneur de sa famille déjà mise à mal. Elle ne pouvait pas se permettre de les décevoir elle-aussi. Que le garçon ait été sincère ou non, elle n'aurait jamais dû l'approcher. Ils appartenaient à deux mondes qui auraient dû rester séparés. Cela n'avait pas d'importance, mais c'était tellement plus simple de le voir comme un bourreau et elle comme une victime de son complot cruel.

- Ne m'adresse plus la parole. Je ne veux plus te voir, souffla-t-elle d'une voix si fatiguée qu'elle en était presque douce, comme un soupir, un abandon.

Sans attendre la réaction du garçon, Lavinia tourna les talons et quitta la pièce.

Fin pour moi, merci pour ce RP pleins d'émotions <3 ! Hâte d'écrire les suites !

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

CLOS On garde son sang-froid ! Lavinia Campbell
Narcisse s'était déjà fait frapper, dans sa vie. Beaucoup trop de fois pour le confort et la tranquillité de sa mère par ailleurs. Par des septièmes années un peu trop impatients et cruels, taquins ou souhaitant simplement tester leurs nouveaux sorts sur lui, se défoulant parce que Narcisse avait eu le malheur de s'interposer entre l'un et l'autre, ou entre eux et un première année qu'ils tourmentaient.

Oui, me faire frapper, ça, je connais bien. Par choix ou pas, entraînements aux duels, me prendre les plus gros sorts, plusieurs fois d'affilé, me faire retourner ou suspendre par les pieds, traverser une porte par la violence d'une propulsion magique... Yep, ça, je connais, je commence à m'habituer.

Mais ça, là, actuellement, ce qui se passe devant moi, là, je n'étais pas prêt. Je ne suis pas prêt, et je crois que je ne veux pas être prêt un jour. Ignorant royalement les perles salées roulant le long de mes joues, c'est dans un réflexe que j'étends le bras pour essayer de retenir Lavinia quand elle tourne les talons, faisant un pas en avant.

"Lav..."

Ma gorge explose et se serre, les tiraillements de mon visage remontent brusquement dans ma mâchoire et bloquent ma langue. Totalement figé dans mon élan, immobilisé comme heurté contre un mur, je ne peux que laisser ma main tendue, assistant impuissant au départ de mon amie.

Je pense que je n'ai pas compté les minutes, les dizaines de minutes, durant lesquelles je suis resté prostré après que mon bras soit retombé le long de mon corps. Mon cerveau bloque tout, la totalité des messages qui passent par mon esprit et qui tentent d'atteindre mon cœur.

Je crois que j'ai affronté plusieurs fois l'Epouvantard avant de quitter la pièce, le défaisant à chaque fois avec un peu plus de difficultés, au fur et à mesure des essais. Si j'étais hésitant avant de franchir le pas de la porte, c'est en serrant le poing que j'emprunte le couloir, passant le pouce sur ma cicatrice qui me démange, désormais résolu dans mon objectif :

Lavinia, on va causer, peu importe le temps que ça prend, mais on va causer.

Fin de ce RP incroyaaaaable ah comme j'adore le drama délicieux !!

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