PNJ SOLO Comme un écho


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Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Leo DAVIS, père - PNJ actif
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : écrire le deuil de Aki et les prémices de certains changement dans son rapport aux autres


Aki monta doucement l’escalier la menant à l’étage, où le bureau se trouvait. Sur son chemin, elle caressa les murs du bout des doigts, effleurant également la rampe du vieil escalier en bois. Ce fut comme si elle s’imprégnait déjà de chaque souvenir, avant même d’y être réellement confrontée.

Une fois en haut, la balafrée récupéra la clé, puis elle se dirigea devant la porte du bureau. Là, elle s’arrêta un instant, puis ferma doucement les yeux avant de prendre une lente inspiration. Lorsqu’elle fut prête, elle glissa la clé dans la serrure, déverrouilla la porte, puis elle déposa sa main sur la poignée poussiéreuse avant de l’enclencher pour entrer dans la pièce.

À l’intérieur, le temps semblait s’être arrêté, la pièce était toujours imprégnée de l’odeur du bois ancien et d’une magie subtile. La pensine trônait au fond du bureau, intacte, mystérieuse, entourée de l’aura des souvenirs passés. La passionnée de dragons referma doucement la porte derrière elle, isolant le bureau du reste de la maison. En prenant le temps d’observer, Aki pouvait s’assurer qu’en effet, absolument rien n’avait changé depuis toutes ces années : le vieux fauteuil de cuir usé trônait toujours derrière le grand bureau en bois massif, et les étagères croulaient sous le poids de livres anciens et de bibelots poussiéreux.

La sorcière avança lentement, ses bottes noires résonnant sur le vieux parquet. Son regard glissa sur les cadres posés sur une étagère. Elle y reconnut notamment son père, plus jeune, entouré de sa mère, de sa soeur, et de sa grand-mère. Une pointe de tristesse lui serra la poitrine, mais elle détourna vite les yeux. Ce n’était pas le moment de se laisser submerger.


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La balafrée inspira profondément, essayant de chasser la boule qui s’était formée dans sa gorge. Elle laissa son regard parcourir la pièce une dernière fois avant de s’approcher de la pensine. L’objet avait quelque chose de fascinant, presque intimidant, un sentiment certainement accentué par tout ce que ce lieu représentait dans l’esprit de la sorcière.

Elle posa doucement une main sur le rebord de pierre, ses doigts effleurant la gravure que sa grand-mère avait fait faire, inscrivant son nom de jeune fille et celui de son mari : « Davis-Anderson » . Aki se souvenait vaguement des fois où sa grand-mère s’isolait pour utiliser la pensine, quand elle sortait de là il n’était pas rare qu’elle se renferme dans un mutisme durant plusieurs heures.

Au bout de quelques instants, la trentenaire se redressa, puis elle laissa divaguer son regard sur le meuble qui trônait à droite de la pensine. Elle se mit à observer les fioles soigneusement rangées par thèmes sur les étagères, mais elle finit par détourner les yeux. Ces souvenirs-là, aussi tentants soient-ils, n’étaient pas ceux qu’elle cherchait, du moins pas ce jour-là. Ce qu’elle voulait, c’était retrouver un moment du passé qu’elle portait déjà en elle, un moment intime qu’elle seule pouvait extraire et revivre.

Aki ferma les yeux, se concentrant sur ses sensations : elle se remémora l’odeur de l’iode, le bruit des vagues s’écrasant sur le rivage, les embruns se déposant délicatement sur son visage, et surtout, la silhouette de son père marchant à ses côtés sur la plage d’Hastings qu’elle aimait tant, qu’elle aime tant.

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Ces souvenirs n’étaient pas complètement enfouis, ils avaient toujours été là, mais Aki n’avait jamais eu le courage de les revisiter pleinement. Pas depuis ce dix-sept octobre 2048.

D’une main hésitante, elle porta lentement sa baguette à sa tempe et prit une grande inspiration. Le sortilège était simple en théorie, mais l’émotion qu’il exigeait rendait la tâche bien plus difficile. La noiraude ferma les yeux, se concentrant sur cette image : son père, ses cheveux bruns en bataille, son sourire sincère, sa voix grave, et ses yeux tendres qui lui manquaient cruellement.

La baguette sembla répondre à son appel, et une lumière argentée se forma doucement au bout. Aki sentit une légère résistance, comme si le souvenir refusait de s’arracher, mais elle persévéra. Lentement, elle tira le fil argenté hors de son esprit, l’enroulant avec précaution avant de le libérer au-dessus de la pensine. Le fil se dissipa dans le bassin, créant un magnifique jeu de lumière. L’eau se mit à briller d’une intensité douce, et le souvenir se matérialisa. La balafrée posa sa baguette sur le côté, puis, après un instant d’hésitation, elle se pencha et plongea son visage dans l’eau.

Aki atterrit sur le sable humide, ses pieds nus s’enfonçant légèrement dans le sol. Le vent léger se mit à caresser son visage, et elle pu entendre le bruit des vagues, si proche, si familier.

« Aki, viens voir ! »

233 mots

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LEO DAVIS, père - #bf774d


La voix de son père résonnait dans l’air salin, une voix qui malgré sa familiarité évidente, semblait si loin pour Aki. Elle l’oubliait doucement, comme si les vibrations de cette voix ne pouvaient plus se frayer de chemin dans son esprit. Figée, la balafrée observait la scène de loin, distinguant enfin sa propre silhouette aux côtés de son père. Elle était là, petite, fragile, vulnérable, la petite Aki qu’elle avais mis de côté bien souvent. Âgée d’à peine onze ans, la petite noiraude avançait avec entrain dan le sable humide, ses pieds nus s’enfonçant légèrement dans le sol tandis qu’elle courait pour rejoindre son père.

Ses cheveux noirs volaient derrière elle, emmêlés par le vent marin, et ses grands yeux sombres brillaient d’excitation. Son père se tenait à quelques mètres, debout face à la mer, vêtu d’une chemise légère et d’un pantalon retroussé jusqu’aux genoux. Il se retourna légèrement vers sa fille, un sourire tendre illuminant son visage, « Regarde, Aki… Juste là. ».

Elle suivit son indication et aperçut une petite silhouette fendant les vagues. Un phoque, nageant avec insouciance et se laissant visiblement guider par les mouvements de l’eau. « On dirait qu’il n’a pas peur du tout… », souffla l’eurasienne, fascinée.

« Non, parce qu’il fait confiance à la mer. Il sait qu’elle le portera, qu’elle lui offrira ce dont il a besoin. »

Le petite Aki fronça légèrement les sourcils, son père posa une main chaude et rassurante sur son épaule. « Tu ressens la même chose, n’est-ce pas ? L’inconnu peut faire peur… mais si tu écoutes ton instinct, si tu te laisses porter… tu trouveras toujours ton chemin. »

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LEO DAVIS, père - #bf774d


L’enfant resta silencieuse, le regard posé sur ses pieds enfoncés dans le sable. Elle ne savait pas trop quoi répondre, probablement intimidée par l'ampleur de ses propres sentiments. Son père attendit sans rien dire, se contentant d’un regard tendre sur sa fille. Il ne demandait jamais plus que ce qu’elle pouvait donner, il lui offrait simplement la certitude qu’elle était suffisante, qu’elle avait le droit de douter, tant qu’elle continuait d'avancer.

Leo déposa doucement une main sur l’épaule de l’enfant, déposant son regard sur l’horizon. « Tu n’as pas besoin de tout comprendre tout de suite. », murmura-t-il avec un sourire rassurant, « L’important, c’est d’avancer, même si c’est doucement. »

À quelques mètres seulement, la noiraude du présent observait la scène, invisible pour les personnages de ce souvenir. Elle sentait son coeur se serrer à chaque instant, immobile, figée, elle avait le sentiment de ne plus pouvoir bouger. Puis, doucement, le souvenir commença à se dissiper, emportant avec lui les odeurs d’iode, les cris lointains des mouettes et la chaleur rassurante de cette main paternelle.

Aki sortit sa tête de la pensine, dans le vieux bureau silencieux. Elle se tenait là, debout, mais elle sentait quelque chose en elle la désarmer totalement. Elle voulut prendre une grande inspiration, contrôler tout ce qui venait comme à son habitude, mais c’était trop tard. Les larmes coulèrent, silencieuses, brûlantes, roulant sur ses joues sans qu’elle ne puisse les retenir. Elle ne pleurait jamais. Mais ici, devant cette image d’elle-même, fragile, protégée, aimée sans condition, elle ne pouvait lutter.

« Merci, papa... » murmura-t-elle d’une voix presque inaudible. Ce souvenir n’était pas une faiblesse, c’était sa racine, son socle. Elle qui avait sombré durant des mois comprenait enfin où se trouvait sa force, où se trouvait sa détermination. Et tandis qu’elle essuyait ses larmes du revers de sa manche, une résolution nouvelle germait dans son cœur : elle continuerait d’avancer, droite, fière, fidèle à la promesse qu’elle avait faite, même sans l’avoir formulée à l’époque.

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FIN DE RP

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