2 févr. 2025, 19:04
Joyeux Yule, les enfants - 2
Matin du 21 Décembre 2049

Ce RP, voué à ne contenir qu'un unique post de ma part, est réservé à @Erin Fergusson, @Lavinia W. Campbell et @Ashley Houston.
Cette année, Suileabhan avait eu plus de mal à choisir avec quels élèves de Poudlard allait-il célébrer ses traditions de Yule. Certaines des jeunes sorcières dont il était le plus proche - souvent en tant que mentor - étaient désormais bien loin des murs du château, ce qui, en plus de leur majorité, le laissait dubitatif quant à ce choix. Leurs relations était d'ailleurs souvent bien différentes de celles qu'il avait pu nouer avec des enfants plus jeunes, plus récemment scolarisés et qui ne cessaient jamais de grandir et, plus rarement, de le surprendre.

Son choix effectué, le concierge s'était attelé pendant plusieurs semaines à la lourde tâche de sélection du cadeau approprié. Il s'agissait d'apprenties sorcières avec un avenir droit devant elles, aussi, elles ne pouvaient recevoir à ses yeux autre chose que des objets utiles. Pour certaines d'entre elles, ce serait cette année d'ailleurs un peu plus que ça...

Tout avait été préparé, il ne restait plus à Suileabhan qu'à les déposer quelque part à l'intention des trois adolescentes. L'Irlandais aurait aimé, comme l'année dernière, se servir du Cromlech, mais les vacances ne lui avaient pas laissé cette possibilité. Alors, cette année, Yule serait fêté par l'intermédiaire d'un hibou à peine signé. Sur un petit papier accompagnant simplement chacune des boites en bois envoyées, ne se lisait qu'une seule phrase.
En l'honneur de Yule

Pour Erin :
Reducio
Dans ta boîte, tu peux découvrir un ensemble de petits animaux et créatures magiques en bois, taillés à la main, et parfaits pour t'entrainer à toutes sortes de métamorphoses.
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Pour Lavinia :
Reducio
Dans ta boîte, tu peux découvrir un livre de sortilèges traitant des enchantements utiles en botanique.
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Pour Ashley :
Reducio
Dans ta boîte, tu peux découvrir derrière un épais emballage de tissu une boule de cristal contenant un support à bougie. Un second mot s'y trouve accroché : Shirin aurait aimé qu'elle vous revienne. Prenez en soin.
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Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
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4 févr. 2025, 23:04
Joyeux Yule, les enfants - 2
Mardi 21 Décembre 2049
Godric's Hollow
Début de soirée



C'était le premier jour des vacances et j'avais passé la majeure partie de la journée avec mes amies les plus proches, mes meilleures amies, Ellana et Eileen. La plus âgée était restée à Poudlard puisque sa correspondante népalaise était en visite. Et si j'avais pu les voir toutes les deux aujourd'hui, la raison tenait simplement au programme prévu par la direction de l'école pour la venue des étudiants étrangers. En ce mardi, c'était visite du Marché de Noël organisé par les commerçants du Chemin de Traverse.
J'avais profité le plus possible de cette journée et des activités proposées.
A présent, confortablement installée dans l'un des canapés du salon en compagnie de mes parents, ma petite sœur installée sur mes genoux, Tanaris et Raidho endormis au sol près du feu de cheminée, je racontais cette journée, du stand de tombola aux différentes boutiques que nous avions fait découvrir à la correspondante d'Ellana en passant par le tour de patinoire.
J'étais en plein récit lorsque Ivy, notre elfe de maison, entra dans le salon, portant un petit paquet. Apparemment, un hibou venait d'arriver, malgré l'heure tardive. Contrairement à ce que je pensais, ce ne fut pas vers mes parents que la petite créature se dirigea, mais vers moi.
Etonnée, je confis Gwendolyn à ma mère, il était largement l'heure de coucher la petite dernière de la famille, et récupère le paquet en remerciant l'elfe de maison qui retourna en cuisine, l'heure du diner approchant.
En découvrant la boite en bois, mes pensées replongent un an en arrière et un sourire se forme sur mon visage. A l'intérieur, j'y trouve des petites figurines en bois représentant différents animaux. J'étais touchée par ce présent. Et cette année, même si je serais en retard, je comptais bien le remercier.
Durant le diner, j'expliquais à mes parents que c'était Mr Kohler, le concierge de l'école, mais aussi celui qui était à l'origine du Camp Pédagogique où j'avais passé deux semaines cet été, qui m'avait envoyé ce paquet en l'honneur de Yule, pour reprendre les mots inscrits sur le parchemin joint au coffret.

Le lendemain matin, j'avais sorti mon matériel d'aquarelle pour réaliser une carte de remerciement. Etant plus douée pour dessiner des animaux ou des plantes, c'est vers un portrait, pas forcement réaliste, de Mr Smith, le furet qui accompagnait l'adulte, que je m'étais lancée. A l'intérieur de la carte, j'écrivis quelques mots, souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année. Puis j'y glissais une rameau de pin. Ce n'était surement sous cette forme que ça s'utilisait, mais je ferrais mieux l'année prochaine.
Il ne restait plus qu'à confier cette missive à un hibou.

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437mots

5e année RP (#0000ff)
- - - PNJ
Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B.
Princesse Erin + Steven Baron des Canetons

22 févr. 2025, 19:17
Joyeux Yule, les enfants - 2
Mardi 21 décembre 2049, autour de midi
Résidence Campbell, Godric's Hollow
Utilisation de PNJ en mode prétexte : Scipion Campbell (père), Cornelia de Turenne (mère), Mara (elfe de maison) - Lien vers la fiche des PNJ
Votre PJ est présent ? Oui
Intérêt de ce RP pour votre PJ : Réaction à la réception d'un colis dans un contexte familial.
La résidence Campbell était en pleine effervescence. Les serviteurs et les elfes de maisons s'agitaient sous les consignes organisées et précises de Madame de Turenne. A chaque fois qu'elle recevait du monde, tout devait être parfait. Yule était une fête importante et tout, dans le repas proposé, la décoration, les musiciens conviés, le plan de table, tout se devait d'être parfait.

Lavinia était excitée comme une puce et ne fût pas très attentive le matin, pendant son cours d'enchantement expérimental. Heureusement pour elle, le cours d'alchimie de l'après-midi avait été annulé : le précepteur qui devait s'en charger avait, sans surprise, d'autres plans en ce jour de Yule. Cela allait la laisser libre d'admirer les préparations de sa mère et de s'apprêter pour la soirée. Elle avait hâte également de découvrir son cadeau... Mara lui avait récemment pris les mesures, et Lavinia se réjouissait à l'idée de recevoir une nouvelle robe.

Alors qu'elle rejoignit ses parents pour le déjeuner, elle se rendit compte qu'ils discutaient avec cette dernière. L'elfe de maison avait un colis dans les mains, et semblait bien embêtée devant la réaction de ses maîtres. S'approchant d'eux, Lavinia comprit la confusion qui semblait avoir lieu. Elle avait reçu un colis. Elle, Lavinia. Ce n'était pas une énième missive à l'attention de son père ou des commandes reçues par sa mère. Ce petit carton, porté par un hibou, lui était destiné pour la première fois depuis longtemps.

L'excitation et la crainte se bâtirent en duel dans le cœur de Lavinia, alors qu'elle ouvrit le colis, sous le regard inquisiteur de ses parents. Qui donc avait pu lui envoyer un cadeau de Yule ? Ses grands-parents maternels ne lui en faisaient jamais, et sa grand-mère Émilia avait arrêté de lui en faire à son entrée à Poudlard. Alors qu'elle déballait le colis, le visage du concierge de Poudlard s'imposa à son esprit. Après tout, n'avait-elle pas eu un petit pincement au cœur, la veille de son départ de l'école, quand elle avait songé qu'elle n'avait pas reçu d'invitation au Cromlech cette année ?...

À la vue de la boite en bois qui se révélait sous le papier d’emballage, le doute fut totalement levé dans l'esprit de la petite Campbell et un grand sourire se dessina sur son visage. Ignorant un instant les interrogations de ses parents, Lavinia ouvrit la boite et admira le superbe livre qu'il contenait : Enchanter vos plantations - 50 sortilèges botaniques pour s'initier à la magie verte. Encore une fois, Mr Kohler avait touché juste, peut-être même plus que l'année dernière.

Malgré la joie qui scintillait dans sa poitrine, Lavinia dut se forcer à composer son visage pour cacher l'excitation presque enfantine que ce cadeau avait générée en elle. Elle avait tellement hâte de le lire, d'essayer les sortilèges qu'ils contenaient sur les plantes du jardin, à l'abris du regard de ses parents... Mais le plaisir que lui donnait ce beau présent était légèrement terni par la présence de ses parents derrière son épaule. Et au lieu de s'enfermer dans sa chambre pour se plonger dans la magie botanique, Lavinia dut prendre sur elle et répondre à chacune des questions inquisitrices de ces derniers. Qui était cet expéditeur anonyme qui n'avait même pas pris la peine de signer ou de saluer ses parents ? Qui était ce Mr Kohler, dont - Merci Merlin - le nom semblait parler à son père ? Pourquoi diable des sortilèges de botanique ? Et surtout, pourquoi un adulte membre de l'équipe éducative s'embêterait à envoyer un cadeau de Yule à une élève de Poudlard ? Est-ce qu'il attendait d'elle quelque chose en retour ?

Lavinia se dépatouilla de cet interrogatoire comme elle pouvait, déguisant la vérité et la reformulant pour qu'elle plaise aux oreilles de ses parents. Mr Kohler était le concierge de l'école, en charge de la protection des élèves et de l'application du réglement intérieur. Non, elle ne savait pas que c'était un sang-pur, mais c'était donc une bonne chose si elle s'était approché de lui. Il offrait un cadeau aux élèves les plus respectueux du règlement de l'année, pour les encourager dans cette voie. C'était une sorte de tradition. Non, ses heures de retenues de l'année dernière ne comptaient pas, bien sûr.... Elle n'était pas la seule, il y en avait beaucoup d'autres. Il s'avait qu'elle appréciait les cours de sortilège et la magie verte était une branche intéressante à analyser d'un point de vue expérimental et structurel. Non, il n'attendait rien en retour, si ce n'est un sérieux exemplaire dans les études.

Décidément, la prochaine fois, elle préférerait fêter Yule dans l'intimité du Cromlech...

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

29 juin 2025, 02:47
Joyeux Yule, les enfants - 2
21 décembre 2049
Manoir des Houston – Wellington
3ème année


Assise dans l'alcôve de la fenêtre de ma chambre, un livre posé sur mes genoux à demi pliés contre les coussins, mon regard se perd dans le jardin enneigé, peu visible à travers les carreaux encore gelés du givre de cette nuit. Le soleil, à peine levé, ne chatouille pas encore les murs de ma chambre et ne suffit pas à réchauffer les murs froids de la pièce. Mais bien au chaud sous une couverture, je ne souffre pas encore assez du froid pour me résoudre à me lever et descendre dans le salon pour m'installer au coin du feu, où y lire sera bien plus agréable. Ou peut-être que mon regard se perdra dans le crépitement des bûches, dans la danse endiablée des flammes et dans l'envol essoufflé des braises. Aujourd'hui, étonnamment, je n'arrive pas à me concentrer. Mon esprit ne cesse de divaguer vers d'autres sujets que celui de mon livre, qui pourtant me passionne depuis que je l'ai commencé. Les vacances de Noël ont commencé il y a quelques jours, et aussi heureuse que j'ai pu être de retrouver mes parents, et surtout le manoir, mes pensées n'arrêtent pas de se tourner vers Poudlard, les cours, Ander et tout ce qui me rattache à cette école.

Une certaine mélancolie en ressort, mélancolie que je retrouve dans l'herbe blanche du jardin, dans les plantes gelées par la nuit, dans les arbres dénudés de feuilles et recouverts de neige, dans les traces de pas de Papa et Maman menant à la Serre, encore visibles malgré le vent. Dans le paysage hivernal de Wellington si similaire au paysage enchanté du parc de Poudlard. Un léger soupire m'échappe, recouvrant le carreau le plus proche de moi d'une légère buée bien qui disparaît bien vite. Si en première année, on m'avait dit que le Château me manquerait, j'aurais ri au nez de la personne prononçant de telles absurdités. Si en deuxième année, on me l'avait répété, je me serais énervée. Mais maintenant... je me sens nostalgique d'un lieu que je ne suis pas près de quitter – en tout cas, pas définitivement. Et cette nostalgie se répand dans tout mon corps, me serre le ventre et me tire le cœur, avant de s'insinuer dans mon esprit pour lui insuffler des pensées remplies de souvenirs positifs d'un lieu qui n'est pas toujours aimé. Qui est rarement aimé. Plus je passe de jours à Poudlard, plus j'ai l'impression d'y étouffer, d'y être enfermée, d'y être emprisonnée. Et pourtant, dès que je suis chez moi, dans mon vrai chez moi, loin des murs froids et du jaune aveuglant, j'ai envie d'y retourner, de retrouver ces pierres glaciales et cette couleur si détestée, si incomprise.

Au-dessous de moi, la maison commence à s'éveiller. J'entends le bavardage heureux de Valerian, le râlement de Gwennaëlle, le gloussement de Natanaël. J'entends – comme étouffée – la voix de Maman qui s'adresse aux elfes de maison, celle de Papa qui lui dit sûrement qu'on a encore le temps avant de tout préparer, elle qui lui répond, d'une voix un ton plus haut et plus aigu (le murmure se fait plus strident) que rien n'est fini et que tout est à faire, et que s'il veut que tout soit prêt pour l'arrivée du reste de la famille, il doit s'activer. Un instant, je fronce les sourcils, ne comprenant pas les raisons de tant d'agitation dès le lever. Puis la date d'aujourd'hui me revient soudainement, éclair fugitif à travers le brouillard de mon esprit. Yule, fête tant attendue, se célèbre dès ce matin. Ce souvenir et cette idée suffisent à me tirer de ma mélancolie et arrachent mon regard du jardin. Je pose mon livre sur le banc de l'alcôve, me relève et me dirige droit vers mon armoire où je m'empresse de sortir une robe de sorcier bleu nuit, la première qui me tombe sous la main. Je l'enfile rapidement, pose ma main sur la poignée de la porte de ma chambre et m'arrête brusquement.

Mon enthousiasme tombe bien vite à l'idée que toute la famille sera là. Grand-mère, Grand-père, ma tante, ma cousine... peut-être même l'Oncle Julian, que je n'ai pas du tout envie de revoir. Sa froideur, sa distance, son vice me font froid dans le dos. Mais par-dessus tout, se sont ses yeux aussi noirs qu'un puit sans fond qui sont le plus dérangeants. On y lit dedans une intelligence cruelle, une méchanceté sans faille, une arrogance à toute épreuve. Y penser me répugne à un point inimaginable, et je me surprends à froncer le nez dans le vide, à serrer les poings et à me raidir comme si toute sa malveillance était dans la même pièce que moi – alors qu'il n'est même pas sûr qu'il vienne. Oh, Papa l'aura invité, sans aucun doute. Il est le seul à être assez gentil pour essayer d'intégrer Julian à la famille. Il est le seul à voir encore de l'espoir en lui, à faire des efforts, à l'aimer, même... Maman a abandonné depuis longtemps. Je crois qu'elle n'a jamais essayé, en réalité. Et que si elle a essayé, ça l'a épuisée avant même que ses efforts n'aient le moindre effet. Rien ne donne envie de s'approcher du frère de mon père. Pas même son argent, aussi étonnant que cela puisse paraître.

Un tapotement à ma fenêtre me tire de mes pensées. D'abord, je pense que c'est un coup de Valerian qui lance des cailloux contre les carreaux pour m'embêter. Même en pyjama et dans dans le froid glacial du mois de décembre, il en serait capable. Mais quand j'attire mon regard vers le puit de lumière de ma chambre, ce n'est pas une pierre que je vois tomber au sol, mais un hibou qui se tient sur le rebord, tapotant la vitre de son bec. Étonnée, je relève un sourcil. Le courrier, d'habitude, arrive lorsque tout le monde est installé autour de la table du petit-déjeuner. Mais ce hibou, il ne m'a pas l'air comme les autres. Physiquement, il est on ne peut plus banal. Mais une intuition, un pressentiment me dit qu'il n'est pas là pour simplement délivrer une carte postale ou une lettre, mais bien autre chose. Quelque chose de plus personnel, de plus important. De plus marquant.

Sans attendre plus longtemps, j'ouvre la fenêtre à l'oiseau, laissant l'air glacial me piquer et me caresser la peau, acceptant le picotement de l'air d'hiver comme une vieille connaissance. Le hibou secoue ses ailes avant de s'approcher de moi, un gros colis à ses pieds. Je soulève les sourcils, surprise. À ma connaissance, je n'attendais rien. Pas de lettre, pas de colis, pas de cadeau. Pourtant, quelqu'un m'a intentionnellement envoyé cette boîte. À moins qu'il ne se soit trompé de destinataire ? Dans le doute, je détache le paquet de la patte du hibou. Voyant qu'il ne bouge pas, me fixant de ses yeux perçants aussi piquants que la température de cette douce matinée de décembre, je m'empresse de prendre du miamhibou, caché dans l'un des tiroirs de mon bureau, et le lui tends. Avec un hululement ravi, la petite créature le pique de son bec, me chatouillant la main au passage, avant de s'envoler dans un bruissement d'ailes léger comme le vent. Si le colis n'était pas sensé m'être livré, il est désormais trop tard pour le renvoyer – à moins d'en connaître le réel destinataire.

Attrapant le colis, je referme la fenêtre et me réfugie dans la chaleur de ma chambre, accueillant pleinement la familiarité de ce lieu, bien plus agréable que l'air de l'hiver, qui pendant un instant m'a semblé vivifiant, mais qui n'a laissé sur ma peau qu'une brûlure glaciale. M'asseyant sur mon lit, le paquet sur les genoux, je pose mes mains dessus, n'osant l'ouvrir. La curiosité fait face à la méfiance. Qui sait ce qu'il peut renfermer ? Et si c'était un piège ? Je ne serais pas étonnée que Swart veuille me faire une mauvaise surprise. D'autant plus qu'utiliser un hibou pour ça est assez ironique, étant donné les conditions dans lesquelles nous nous sommes... rencontrées. Je secoue la tête, me trouvant ridicule d'avoir de telles pensées. Si mes sentiments à son égard sont réciproques, il n'y a aucune raison à ce qu'elle m'envoie un colis piégé pour Yule. Elle ne s'abaisserait pas à une telle bassesse, tout comme je ne lui ferais pas l'honneur d'être affectée par sa mauvaise surprise si elle s'y prêtait vraiment. Elle a d'autres choses à faire, tout comme j'ai à m'occuper d'autres affaires qui ne la concernent aucunement. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi mes pensées dérivent sans cesse vers elle. Même loin de moi, elle reste un parasite dans ma mémoire et s'amuse à gâcher des matinées aussi douces et froides que celle-ci.

Après une dernière hésitation, un dernier doute que je ne laisse pas germer dans mon esprit, j'ouvre finalement les deux battants du bois, osant y jeter un coup d'œil avec timidité. Je ne vois d'abord rien hormis un tissu, aussi bleu que la plus pure des nuits d'hiver, et trop épais pour que j'aperçoive ce qu'il y a à travers. La curiosité l'emportant sur la prudence, je décide finalement de sortir le paquet de son emballage, poussant la boîte et posant le tissu – plus lourd que prévu – sur mes genoux. Les doigts frémissants, je les laisse parcourir la douceur du foulard, effleurant les légers plis formés par l'objet qu'il renferme et appréciant son toucher. Nul doute que je pourrai m'en servir pour autre chose, comme de support pour ce qui est à l'intérieur, ou tout simplement comme foulard lors des après-midi de printemps ou d'automne trop chauds pour porter une écharpe, mais assez frais pour devoir se protéger le cou des fourbes bourrasques de vent.

Après une dernière inspiration, brève et sèche, qui me fait me redresser d'impatience et, tout de même, de crainte, je retire le tissu que je pose précipitamment à mes côtés, le fixant des yeux et n'osant pas encore tout à fait regarder le réel contenu du paquet, ce qui est l'objet de ma curiosité et le désir de mes yeux. Ce sont d'abord mes doigts qui en dessinent les formes. Rond, lisse, froid, en tous points semblable à une boule, le cadeau – car c'en est bien un, n'est-ce pas ? – me parait étrangement familier. C'est quelque chose que je connais, que j'ai déjà manié, palpé, touché et utilisé. Les paupières à demi fermées, je tourne lentement la tête, m'amusant de ma persistance à craindre de découvrir le contenu de ce colis inattendu et mystérieux, me moquant de ma peur mêlée à de l'impatience, avec un fond de joie à l'idée de recevoir ce présent de quelqu'un que je ne connais pas, ou que je ne pourrai pas identifier immédiatement. Car nul doute que cela ne vient ni de Valerian, ni de Natanaël, ni d'un quelconque membre de ma famille proche, pour la simple et bonne raison qu'ils sont tous au manoir, et que le reste vient ce soir pour le traditionnel banquet de Yule, accompagné de ses célébrations et rituels.

Ne pouvant plus résister, j'ouvre grand les yeux et les abaisse sur l'objet que je tiens dans les mains, découvrant avec plaisir une boule de cristal. Mais une boule de cristal qui n'est pas banale, qui est en tous points différente de celles présentes dans la salle de divination ou dans la salle secrète, qui comporte des teintes de bleu et de violet, ainsi que de doré, qui réchauffent le cœur et rappellent de lointaines contrées chaudes et désertiques, qui contient en son centre un support à bougie dont la flamme n'attend qu'à danser avec énergie en illuminant joyeusement la pièce, et qui me fend le cœur en deux, me rappelle une histoire qu'on m'a racontée une seule fois mais qui m'a marquée à tout jamais, qui fait désormais partie des objets les plus précieux que j'ai jamais obtenu et qui est l'un de mes préférés.

Un papier est accroché à la boule de cristal et je le prends délicatement, devinant qu'il me permettra de savoir si ce cadeau m'était vraiment destiné ou si, au contraire, tout ce que j'ai imaginé dessus n'en valait pas la peine (bien que je sache qu'un hibou se trompe rarement de destinataire, on n'est jamais trop prudent). Je le déplie, mets quelques instants à en déchiffrer l'écriture, puis le laisse tomber au sol, l'âme secouée et le cœur acharné, tiraillé entre la joie et le bouleversement.

Shirin aurait aimé qu'elle me revienne, dit-il avec simplicité, comme si ces six mots pouvaient être donnés à n'importe qui. La vérité est qu'à moi, ils me retournent dans tous les sens, me chamboulent autant qu'à ce soir de Samain, qu'à cet après-midi dans le bureau du concierge, où j'ai appris ce que je voulais savoir, où j'ai su ce que je n'oublierai jamais. Je n'ai pas envie de pleurer, et d'ailleurs aucune larme ne me montera aux yeux ; mais mon émotion est telle, ma reconnaissance et ma gratitude sont si fortes que je ne peux empêcher mes mains de trembler et mes lèvres de se relever maladroitement dans un semblant de sourire. Il n'y a aucun mot capable de décrire ce que je ressens actuellement, tout comme il n'y a aucune émotion capable de rendre justice à ce que mon cœur transmet à mon esprit. Seulement une vague sensation, des sentiments flous et une âme remplie de reconnaissance.

Lentement, je me lève, posant délicatement la boule de cristal sur l'une de mes étagères, de sorte à ce qu'elle soit visible de n'importe où dans la pièce, que ce soit de la porte ou du coin le plus reculé de mon lit, et m'installe à mon bureau, où je sors un parchemin, la plume que Natanaël m'a offerte pour mes douze ans et que je n'utilise que pour les grandes occasions (aujourd'hui est une grande occasion, qui ne m'arrivera pas deux fois) et un petit pot d'encre d'un noir aussi profond qu'une nuit sans lune. La pointe posée sur le papier, une goutte tombe dessus, le tachant avant même que je ne puisse écrire le moindre mot, formant un rond indélébile qui trahit toute mon hésitation. À vrai dire, je ne sais pas quoi écrire sur cette lettre. Je ne trouve pas les mots justes, ne pense pas qu'il y en ait forcément. Mais, tout de même, j'ai envie de le remercier, de lui faire comprendre que ce geste compte beaucoup pour moi. Sa flamme ne sera jamais éteinte, soyez-en assuré écris-je finalement, peu certaine de ma formulation, moins sûre encore que ces mots soient ceux qui conviennent le plus. J'ajoute un « Joyeux Yule », signe par la lettre « A. » (il comprendra sans soucis de qui vient cette petite carte) et plie la feuille en deux, la scellant du sceau de la maison, que Maman me force à utiliser dès que j'écris à quelqu'un, même si ce quelqu'un est Ander ou, en l'occurence, le concierge de Poudlard. Puis je me lève, ouvre la porte et descends les escaliers en silence, bien décidée à éviter ma famille le temps de rejoindre l'un des hiboux pour lui confier la tâche, très importante, de délivrer ma lettre.

Mille mercis

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur