23 mars 2025, 11:40
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Ludwig Godwinster Breckenrod
Fiche complète
Image
Âge - 13 ans (6 juin 2036)
Statut de sang - Sang-mêlé
Maison à Poudlard - Serpentard
Niveau - 3ème année
Lieu de vie - Pré-au-Lard
Filière - Totale
Description physique
______

Reducio
Ludwig a des cheveux et des yeux bruns, un nez rond et des paupières tombantes. Ses oreilles sont souvent la cible de moqueries parce qu'elles sont grandes et décollées, mais même si au fond cela le blesse il en rit en pensant ainsi amuser les autres. Il est plutôt grand pour son âge et est maladroit et malhabile. Il s'habille sans trop de goût, avec des vêtements larges, mélangeant sans conscience les modes sorcières et moldues. Son uniforme est souvent mis de travers, sa cravate mal nouée, les boutons de ses chemises décalés. Il ne prend pas grand soin de ses affaires ni de lui-même.

| 10 mars 2050 |
Dans le grand hall de Poudlard


Il a déniché la flûte tout au fond de sa valise, là où traînent toujours les objets abandonnés dont il ne sait que faire. Elle était cachée sous un vieux caleçon, en compagnie de deux chaussettes dépareillées trouées, d'un roman aux pages cornées, d'un vieux paquet de biscuits vide, de quelques Ballongomme de Bullard à la date de consommation dépassée et d'autres détritus destinés à être jetés mais qui resteront au fond de sa valise jusqu'à ce qu'il déballe ses affaires quand il rentrera chez lui en juin, pour les vacances d'été. C'est une flûte colorée dont les diverses parties se déclinent dans les teintes de l'arc-en-ciel. Il l'a eue pour son septième anniversaire, lorsque m'man Ca a insisté pour qu'il suive des cours de musique. Il a eu quelques leçons et a joué de la flûte durant trois, quatre mois avant que l'instrument n'atterrisse au fin fond de l'un de ses tiroirs lorsque Ludwig a annoncé n'avoir plus envie de jouer de la flûte, tout comme il n'a plus eu l'envie au cours de son enfance de faire diverses choses, comme du water-polo, du cricket, du ping-pong ou de l'aviron. Lorsqu'il est arrivé à Poudlard lors de sa première année, Ludwig a décidé d'emporter sa flûte avec lui. On ne savait jamais : et si quelqu'un avait besoin un jour d'un joueur de flûte ? et s'il avait l'opportunité de briller en jouant un vieux morceau appris ? et si quelqu'un avait envie de jouer de cet instrument qui est beaucoup moins répandu qu'une guitare ou un violon ? Ludwig a donc emporté son instrument et ne s'en est jamais servi au château jusqu'à ce jour.

Il remonte à grand pas les couloirs froids et désagréables qui mènent à la salle commune de Serpentard. Son objectif ? Les plus grandes artères du château, les carrefours, les lieux de rassemblement. Il a aperçu un morceau de ciel bleu lors du petit-déjeuner ce matin, alors pourquoi pas faire un tour dans le parc également, après être passé par le hall ? Il a besoin d'avis et ces avis doivent être plus hétéroclites que les « lâche-moi, Lud, c'est pas le moment ! » ou les « j'en ai rien à faire de ton jingle, Godwinster ! » ou encore les « pour la dixième fois, ce n'est pas le moment, je révise pour mes Aspic. Va voir quelqu'un d'autre ! » qu'il a récolté auprès de ses camarades habituels. Loin d'être découragé, Ludwig a simplement décidé d'aller voir ailleurs.

Muni d'une liasse de parchemins dans une main, de sa flûte colorée dans l'autre, le garçon grimpe à toute vitesse les escaliers, remontant de temps en temps son pantalon large qui bâille sur ses hanches : il a oublié d'enfiler une ceinture ce matin. Sa baguette magique dépasse de la poche centrale de son sweat à capuche sur lequel on peut lire au centre « qui gagne ? », sous une image vive mettant en scène un Tyrannosaure bien connu des adeptes moldus des Jurassic Park et un veaudelune à la taille exagérée. Il s'agit de son pull fétiche qu'il ne manque pas une occasion d'enfiler lorsqu'il a le droit de se débarrasser de l'uniforme de l'école qui est imposé en semaine.

Arrivé à quelques volées d'escaliers du grand hall, Ludwig ralentit et se plonge dans ses parchemins gribouillés d'une écriture illisible. Il chantonne doucement, ses lèvres s'agitant rapidement :

« C'est Ludwig, c'est tout et rien ! On papote, on rigole, c'est sans fin ! »

Et de répéter sans interruption ces deux phrases sur divers rythmes tandis qu'il grimpe les dernières marches avant le hall, passant d'un air entraînant clairement (et inconsciemment) inspiré de musiques modernes entendues à la radio moldue et sorcière à des mélodies plus nostalgiques qu'il tient des dessins animés de son enfance.

Lorsqu'une vive lumière inonde son parchemin, il daigne lever le nez : le voilà arrivé dans le grand hall. De la grande porte se déverse une agréable lumière jaunâtre qui appelle les étudiants à sortir prendre l'air dans le parc après un hiver long et froid. Malgré son envie d'aller s'amuser, Ludwig se détourne des portes et scanne le hall d'un regard déterminé. Il aperçoit quelques visages connus mais s'en détourne aussitôt : peu intéressants, ils connaissent déjà ses projets et se contenteront de réponses simples, ne s'intéresseront pas outre mesure à lui et n'admireront même pas son travail. Non, il a besoin de quelqu'un comme...

« Oh, j'y crois pas ! » s'exclame Ludwig, ses yeux s'arrondissant sous une soudaine et puissance vague de surprise et de joie mêlée.

Il n'en revient pas de sa chance indécente ! Là, devant lui, qui se dirige tout sourire vers la sortie, un garçon à la chevelure sombre. Exubérant, amical, connu de tous, détesté par certains, admiré par Ludwig. La quintessence de l'étudiant populaire, même s'il n'a rien de l'aura magique d'un joueur de Quidditch ou d'un septième année. Au moins a-t-il pour lui son âge similaire à celui de Ludwig et une gentillesse légendaire — si Ludwig a eu l'occasion de lui parler par le passé, cela s'est toujours terminé rapidement, sans étincelle, tout ce qu'il déteste, donc. Aujourd'hui, c'est son jour !

« Avec Ludwig ça swingue ! » se murmure-t-il pour s'encourager avant de s'élancer en direction de Narcisse Brando.

Avant même d'arriver devant lui, Ludwig brandit sa flûte et gonfle ses poumons d'air. Il commence à parler avant même d'être arrivé.

« Salut, dis, t'as dix secondes pour écouter quelque chose et me donner ton avis ? débite-t-il sans reprendre son souffle avant de glisser le bec de son instrument entre ses lèvres et d'articuler d'une voix déformée : c'est bien ça ? »

Trois notes discordantes et aiguës s'échappent de l'instrument.

« C'est bien, ça ? »

Air différent, discordance semblable.

« C'est bien, ça ? »

Encore un air différent. Cette fois-ci, les notes sont plus graves, mais pas mieux jouées.

Les yeux remplis d'espoir, Ludwig relève un visage ravi et des yeux brillants d'excitation contenue en direction de son camarade.


L'idée, c'est que Ludwig aille voir différentes personnes, les unes après les autres, d'où le RP "libre" ! Ce n'est pas exclu qu'il se fasse interrompre au beau milieu de son interrogatoire. Post suivant réservé !

Reducio
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23 mars 2025, 18:41
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 

"WOoouaaaaah..."

Ma main arrive devant ma bouche à la dernière seconde de mon bâillement, revenant soudainement à la réalité et me remémorant que oui, on met sa main devant la bouche quand on bâille ! Un petit regard d'excuse à droite et à gauche, juste au cas où j'aurais vexé quelqu'un, puis, retour à l'essentiel. La bouffe ! Cette délicieuse, fabuleuse, miraculeuse, opuleuse, euh... Je sais plus.

Mais à peine ai-je mis la première bouchée de ma barre de céréales dans ma bouche, tendant par la même occasion un morceau à Klee, qu'une voix familière m'interrompt.

"Mh ! Lud' !"

C'est tout juste si je ne m'étouffe sur ma nourriture, m'empêchant de parler davantage. Mais de toute manière, il ne me laisse pas le temps de me remettre ! Allez, j'ai le temps de hocher la tête, qu'est-ce qu'il veut me montrer ? Ce n'est pas la première fois qu'il m'apostrophe pour quelque chose. Et en général, c'est toujours une chose à laquelle je suis incapable de m'attendre ! Bien, j'écoute donc ! J'adore la musique héhé, même si je suis une brêle pour la pratiquer.

Un premier hochement de tête, oui... ça avait... l'air bien ? J'imagine ? Je ne saurais pas différencier une casserole d'un triangle, Claire m'a dit une fois. Un autre air ? Ok, je hoche encore la tête, un mélange de sourire et de... perplexité ? J'attends de voir quoi !

C'est terminé ? Je reste immobile, une seconde, m'attendant à ce qu'il reprenne, après tout, il n'a marqué aucune différence dans ses trois questions successives. Ah ! Oui ! Il a vraiment terminé on dirait ! Mes yeux s'illuminent, mon visage aussi, avec mon sourire allant jusqu'aux oreilles.

"Bah ouais !! C'est trop cool eh ! C'est euh, euh, trop bien même ! Moi j'aime bien en tout cas héhé !"

Un pouce en l'air, un hochement de tête, j'approuve fortement !
Dernière modification par Narcisse Brando le 24 mars 2025, 16:07, modifié 1 fois.

24 mars 2025, 11:20
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Concentré sur son instrument, Ludwig n'est pas en capacité de surveiller le visage de son camarade. Les yeux baissés au maximum pour voir ses doigts s'agiter sur la flûte, les sourcils froncés par la concentration, rien ne peut le détourner de son objectif. C'est difficile pour lui de se concentrer sur le positionnement de ses doigts et sur la gestion de son souffle en même temps. Parfois sa mère lui dit que son cerveau est incapable de se diviser, incapable de gérer deux tâches en même temps. Et c'est vrai que Ludwig ne sait pas le faire. Souvent quand il marche il oublie de répondre à une question d'un copain ou alors quand il mange il n'arrive pas à suivre les conversations autour de lui.

Ce n'est donc qu'au moment où il arrache le bec de sa flûte de ses lèvres humides qu'il parvient à se concentrer sur le visage de Narcisse. Et ce qu'il voit lui remplit le coeur de joie. Ses yeux s'écarquillent, analysent les traits du garçon. Là, des yeux brillants ! Là, un sourire ravi ! Là, une voix qui s'emballe ! Alors, le coeur manquant un battement, Ludwig réalise que Narcisse Brando aime sa musique. Sa musique à lui, Ludwig Godwinster Breckenrod ! Il l'aime ! Il a dit « c'est trop cool » et même « c'est trop bien ! ». Il l'a répété, s'il l'a répété c'est qu'il adore, n'est-ce pas ? Oui, il adore, il adore beaucoup, même. Le visage de Ludwig s'éclaire comme un soleil d'été. Un sourire énorme lui étire les lèvres et creuse ses joues, faisant légèrement remonter ses oreilles. Son coeur bat fort dans son corps.

« T'aimes ! s'exclame-t-il d'une voix trop aiguë. C'était bien, hein ?! Je me suis super entraîné et tout ! C'est trop bien si t'aimes ! »

Ivre de ces émotions, Ludwig jette un regard à droite et à gauche. Ont-ils vu ?! Les élèves qui passent autour d'eux. Ont-il entendu Narcisse Brando le complimenter ? Ludwig s'en persuade, si bien qu'il redresse le dos, carre les épaules, lève légèrement le menton. Il brûle d'une intense fierté.

« Ok, ok, ok, ok, reprend-il d'une voix précipitée, alors ça c'était que le début, hein. Faut que ce soit plus long, un peu. Parce que tu sais, il faut que je fasse un jingle pour mon émission radio. Ça s'appelle "Un monde pour Ludwig Godwinster Breckenrod" ! C'est bien, hein, comme titre ? Après je te dirai les paroles d'accroche si tu veux et il faudra me dire ce que tu en penses. Ça fait "avec Ludwig ça swingue" et aussi "on papote, on rigole, c'est sans fin !", s'agite Ludwig en faisant de grands gestes et en écarquillant les yeux, mais je te dirai après. »

Oui, il le lui dira après. Chaque chose en son temps, comme le lui répète souvent maman Rach. Alors Ludwig essaie de mettre de l'ordre dans ses pensées. Mais c'est difficile parce que son coeur bat fort dans son torse, comme cette fois où un grand de septième année l'a fait violemment tomber par terre en le tamponnant dans un couloir qui grouillait de monde ; Ludwig est resté un peu plus longtemps que nécessaire au sol parce que tout le monde le regardait et qu'il voulait faire durer le moment, alors le grand est venu l'aider à se relever, a épousseté sa robe, lui a souri, un grand de septième année ! Ludwig s'est senti important. Là aussi il se sent important. Narcisse Brando aime ce qu'il fait !

« Donc alors, ça c'est la fin, poursuit-il en relevant les yeux de sa flûte pour regarder le garçon. Regarde, ça fait ça. »

Il glisse sa flûte entre ses lèvres, prend une grande inspiration et joue exactement quatre notes. Mi, sol, la, fa. Une pause, un regard brillant lancé à Narcisse, puis il recommence. Mi, sol, la, fa. Il ne se rend pas compte que ça sonne très faux.

« Et donc là, s'excite-t-il, la voix trop forte, c'est le morceau en entier ! »

Lentement, laborieusement, il joue les sept notes du jingle qu'il a inventé. Puis il baisse de nouveau sa flûte et, le coeur frappant comme un tambour, il attend le verdict de Narcisse.
Dernière modification par Aelle Bristyle le 10 mai 2025, 15:27, modifié 1 fois.

26 mars 2025, 13:55
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Poudlard, 10 mars 2050
Elsie, 15 ans (Cinquième année)
Couloirs


1275, 1340, 1678, 1700 ; 1275, 1340, 1678, 1700 ; le cerveau d'Elsie, depuis quelques semaines, était embué par ce type de suites lancinantes de dates, de définitions, d'arguments, de références. Les B.U.S.E. étaient à la fois lointains et dangereusement proches : elle s'y préparait comme on prépare une offensive militaire. Des bataillons de chiffres, des soldats de lettres et des armes en parchemin s'amoncelaient sur sa table de travail comme dans son esprit. Penser aux révisions l'aidait à repousser les gros mots d'avenir, d'orientation et de vie d'adulte ; Merlin, comme cela l'effrayait ! Ses sorties dans le Parc s'étaient raréfiées, car Mars et son visage grisâtre ne manquaient pas de répandre leurs sueurs froides sur les alentours du Château. Pour faire face à ces caprices météorologiques, Elsie allait, venait, marchait, s'arrêtait, au gré des couloirs et des escaliers de Poudlard. Ces promenades étaient censées lui permettre de ne pas penser aux cours mais l'inquiétude vis-à-vis de ses connaissances faisait qu'elle se perdait fréquemment dans ses pensées et ressassait ad nauseam des passages de ses leçons.

Les élèves qu'elle croisait étaient aussi invisibles et muets pour elle que les murs aux pierres ancestrales guidant ses pas d'un espace à un autre. Ses yeux étaient fixés vers l'horizon ; elle ne voyait rien d'autre que des chasses aux sorcières, des Géraniums Dentus ou des lettres runiques. La distinction entre son Intérieur et son Extérieur n'était plus tout à fait claire, tant ses pensées semblaient dégouliner lentement sur les dalles, les armures, les portes et les fenêtres comme une lave d'encre, aussi noire que ses yeux. Elle était anxieuse.

Le rythme de sa marche s'était intensifié, pris dans un accelerando involontaire et nerveux. C'était à peine si elle ne courait pas, comme si elle cherchait à fuir le rythme titanesque de ses révisions. Affrettando, affannato. Elle laissa un long soupir jaillir de ses lèvres, cette soupape corporelle mise à rude épreuve. Le galop de ses pensées — mais peut-on seulement appeler pensées une suite abstraite de signes ? — l'épuisait, elle s'interrompit, droite comme le tronc d'un bouleau.

Les yeux fermés, les sens enfin en éveil, elle reprit le pouls du Monde. Il lui fallait retrouver son legato originel, seul garant de son unité. Lentement, elle y revenait. Là. Elle bénissait ses parents de lui avoir enseigné cet art de l'équilibre. Elle se sentait déjà beaucoup mieux.

Elle rouvrit brusquement ses paupières lorsqu'une fausse note s'insuffla dans son oreille, avec l'ironie mordante du hasard. C'était, pensait-elle, visiblement une flûte — difficile à dire tant la dissonance lui égratignait le tympan. Elle avança, sourcils froncés, vers l'origine de ce son. Ses yeux finirent fatalement par se poser sur un étrange duo discordant : l'un était en proie à des gesticulations grotesques, l'autre s'enthousiasmant à gorge déployée des notes chaotiques éjectées de la flûte *par la barbe de...*. Elle reconnût le second — comment ne pouvait-on pas le connaître ? — *Nar... Narcisse*.

En s'approchant d'eux, elle s'étonna de la couleur détonante de la flûte ; elle était... Originale. Pour ne pas dire de mauvais goût. Elsie ahurie du ridicule de la situation, sentit un sourire amusé lui manger le visage lorsqu'elle fut à leur hauteur, et ne put s'empêcher d'ajouter, à l'attention du Serpentard :

« Tu n'as jamais appris à jouer de la flûte ? »

Prendre de l’Élan prend au moins trois ans.

Plus voir qu'avoir

6 avr. 2025, 14:42
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Dans un petit éclat de rire joyeux, je plaque quelques coups de poing sur ma poitrine, ne doutant pas un seul instant de l'investissement de mon nouvel ami. Je hoche la tête en rythme avec ses mots, accompagnant son optimisme et sa bonne humeur, auxquelles je ne peux pas rester insensible.

"Bah carrément écoute ! Trop content si ça t'fais plaisir héhé !"

M'apprêtant à reprendre une bouchée de ma barre de céréales, je m'interromps, juste à temps, pour écouter la reprise du flot de parole du Serpentard. Je l'écoute dire que ce n'était que le début, et cela éveille, bien naturellement, ma curiosité ! Et puis, ça n'a pas l'air d'être pour n'importe quelle raison, qu'il travaille son instrument, oh que non ! C'est pour son émission radio !!

"Woow... La classe de fou !!"

J'écoute avec grande attention ! Le sourire écarquillé, les yeux élargis, ne pouvant m'empêcher de me dire que ça sonne quand même... Pas ouf. Mais j'imagine que ça vient de moi ! Je n'ai pas du tout l'oreille musicale, je suis une pure casserole en ce qui s'agit des instruments de musique. Même lire la moindre note sur une partition, c'est bien au-delà de mes maigres compétences. Donc non, il doit forcément y avoir un grand génie que je n'arrive simplement pas à reconnaître là-dessous. Et je vais d'ailleurs m'empresser de lui dire, juste avant de me faire court-circuiter par fille qui semblait avoir magiquement apparu à côté de nous !

Et... Qu'est-ce qu'elle disait ?

Bon sang, mais c'était évident, en fait, comment n'avais-je pas pu le remarquer avant ? Heureusement qu'elle a souligné cet élément, un peu plus, et Ludwig m'aurait complètement mené en bateau.

"Attends QUOIIII ?? T'as jamais appris et t'arrive à jouer comme çaaaaa ?? Purée mais c'est TROP COOL !!"

Mon sourire s'agrandit de nouveau, et mes yeux scintillent, totalement impressionné ! Si j'avais des doutes jusqu'à présent, ils viennent d'être balayés par l'intervention de cette inconnue !

9 avr. 2025, 07:49
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
La bonne humeur de Narcisse lui met du baume au cœur. Quand il dit accepter que Ludwig lui parle de ses idées de jingle, ce dernier se sent important ; et mieux encore, quand il dit « la classe de fou ! » une petite voix dans la tête du Serpentard s'exclame : mais oui, oui c'est la classe, la classe de fou, même ! Et c'est moi qui l'ai créé, c'est moi qui ai tout fait de A à Z, et c'est la classe. de. fou !

L'arrivée de la fille gâche un peu les compliments dont Narcisse allait très certainement l'abreuver, mais Ludwig apprécie trop sentir les regards sur lui pour réellement s'en soucier. Il retire de sa bouche le bec plein de salive de sa flûte et se décompose en apercevant ce visage mature, cet air intelligent ; ses yeux s'écarquillent, un léger voile rouge couvre ses joues : c'est une grande ! Cinquième année, sixième année ? Le garçon se redresse en carrant les épaules, le cœur s'agitant follement dans son torse. Un sourire s'étend sur ses lèvres. Il était sûr que c'était une excellente idée de venir dans le hall et son courage paye : Narcisse Brando et maintenant cette grande !

Lançant un bref regard hésitant vers Narcisse, Ludwig réfléchit furieusement à l'introduction de la fille : était-ce une vraie question ou un compliment détourné ? La vive réaction du Poufsouffle lui fait choisir la deuxième option, lui aussi a pris son intervention pour une question sincère. Cela étant, Ludwig ne sait toujours pas si la fille est impressionnée par ses morceaux de musique ou non. Mais Narcisse a dit que c'était « trop cool » et « trop trop bien même » et puis « t'arrives à jouer comme çaaaaa ? » ce qui voulait clairement dire qu'il était impressionné, alors la fille doit penser la même chose que lui et vouloir savoir si son talent est inné ou appris.

Ses yeux bruns naviguent de Narcisse à la nouvelle venue. Ludwig agite furieusement la tête de haut en bas pour lui répondre, ses doigts moites crispés sur sa flûte.

« Si, j'ai appris à jouer ! s'exclame-t-il. Quand j'avais sept ans, j'ai suivi des cours. C'était en... Euh... 2046. » Il ne se rend pas compte qu'il se trompe de deux bonnes années. « Ça a duré quatre mois. Mais la prof était hooorrible ! ment-il en arrondissant les yeux. Vraiment hyper méchante, sévère, à mettre des punitions injustifiées et tout, mais j'ai tenu bon et j'ai continué, mais après c'était abusé comme elle était sévère alors j'ai arrêté. »

Deux mensonges en une seule phrase, c'est assez raisonnable, songe-t-il. Il n'allait pas raconter que sa professeure de musique, Madame de la Sévinière qui parlait avec un accent français effroyable mais charmant, avait de magnifiques cheveux roux, qu'il en était un peu amoureux et qu'elle était d'une gentillesse sans égal — la vérité est beaucoup moins impressionnante que son mensonge. Parfois, Madame de la Sévinière manque à Ludwig, mais après il se souvient qu'à Poudlard il y a Professeure McNeil qui a un sourire qui lui retourne l'estomac et une chevelure qu'il ne se lasse pas d'admirer et il se sent de suite mieux. Est-ce que Madame McNeil aimerait l'entendre jouer de la flûte ? Le soir avant de s'endormir, Ludwig l'imagine béate d'admiration devant sa musique, ou alors devant ses connaissances runiques (inexistantes), ou alors devant une démonstration magique, ou alors devant n'importe quoi tant que ça le concerne lui, et il s'endort le sourire aux lèvres.

Les lèvres du garçon s'incurve vers le haut, mais tout en retenue (devant une élève plus âgée, il ne veut pas paraître immature).

« Tu veux que je te montre les autres morceaux ? » propose-t-il, prêt à recommencer mille fois si nécessaire. Du pouce, il désigne Narcisse auquel il adresse un sourire discret : « Il a entendu, il a adoré. »

@Alwenn McNeil, je crois que ton personnage a un amoureux secret.

10 avr. 2025, 14:23
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Ce Serpentard battait en brèche toute tentative de définition. Mêlé aux flots de paroles de Narcisse, il devenait un Don Quichotte sorcier, figure dont la chair ne reposait a priori que sur les palabres des autres. Insaisissable autant que surexcité, il dégageait, en dépit de sa candeur presque puérile, quelque chose. C'était précisément ce quelque chose farfelu et innommable qui maintenait Elsie immobile, intriguée et un peu mal à l'aise, face à ce Vert et ce Jaune dont l'ardeur commune contrastait avec la glace de ses froides lèvres, et son regard fixe comme un pendule. Il était très rare que la jeune adolescente soit prise de court par les événements banals émaillant le quotidien du Château ; en général, les cris et les rumeurs de couloirs étaient relégués loin, loin derrière les piles de phrases, de sorts et de dates appelant d'intenses révisions, dans la chaleur de la Salle commune. Mais aujourd'hui l'alchimie improbable de deux musiciens en herbe l'avait troublée, profondément ; elle se laissait prendre au jeu de la rencontre, bien que dépassée par les fusées syntaxiques que se renvoyaient Narcisse et son acolyte, en proie à une véritable boulimie verbale.

Sa phrase nue avait été noyée par le dialogue entre Narcisse et le Serpentard. Son sens, comme une fleur tombée en désuétude, s'étalait là, quelque part sur le pavé, écrasé par le jeu de l'interprétation. Bizarrement, Elsie ne leur en tenait pas rigueur : en fait, remarquait-elle, la situation était profondément amusante. Les éclats de joie auxquels elle été confrontée étaient un véritable feu d'artifice dans la nuit de ses veillées, dans l'ombre de ses feuillets classés par matière. La lumière jaillissait, aveuglante, agressait sa pupille. Séduite par les charmes de l'innocence — qui lui rappelait ses courses échevelées dans les prés de Loutry — elle laissait les choses se faire, et ne souhaita pas préciser le sens de son propos initial.

Le récit de ce Vert-sans-nom ne manqua pas de dessiner un nouveau sourire, plus franc que le premier, sur le visage d'Elsie. Son discours passionné et hyperbolique était touchant. Elle ne put s'empêcher de se demander quelles étaient les compétences de cette professeure de flûte, car il semblait qu'en plus d'être hooorrible et hyper méchante, elle ne maîtrisait pas les bases de l'art qu'elle était censée enseigner. Mais la Bleue ne se risqua pas à des questions indiscrètes, qui étaient de toute manière hors de propos car la conversation était déjà rendue plus loin, à des lieues de cette anecdote.

Narcisse avait donc raffolé de ces quelques fausses notes ? Elsie avait bien envie de mettre à l'épreuve l'oreille du Jaune, non sans une certaine malice, pour vérifier que ce dernier avait dit vrai. Elle doutait, ayant eu vent des aventures rocambolesques du Poufsouffle, qu'il n'en ait pas rajouté pour conforter son compère dans son illusion — ce qui l'embêtait un peu, mais que faire de toute façon, face à une telle persuasion ? Elle lança au Vert, d'une voix posée mais intéressée :

« Si tu as un morceau d'une ou deux minutes, je suis preneuse. » ; elle plante son regard dans celui de Narcisse après avoir prononcé ces mots, un regard riche en interrogations.

Plus voir qu'avoir

26 avr. 2025, 11:18
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Je sens ma tête pencher sur le côté, l'un de mes sourcils s'arquant imperceptiblement. Il a appris a jouer, au final ? Oui, ça paraît logique, en fait, après tout, la musique est un art qui est tellement dur pour moi, que ça me semble impossible de pouvoir le maîtriser sans apprendre. Attends, il avait sept ans ?? Euh, j'étais où, moi, quand j'avais sept ans ? Pendant que je compte sur mes doigts, le regard obnubilé par le mouvement de mes phalanges essayant vainement de décompter ces années, je perds un peu le fil. J'étais où ? J'étais à l'école moi, en train de jouer au ballon au prisonnier, non ?

J'entrouvre la bouche, choqué par les révélations de Lud.

"QUOIIII ?? Mais comment on peut être méchant comme ça ? En plus les musiciens ils sont pas sensés être super sympas ?! C'est trop nul qu't'ai dû arrêter à cause d'elle, tu devrais lui écrire ! Faut qu'tu lui dises c'que t'as sur le cœur !"

Le regard déterminé, je hoche la tête, avant d'embrasser du regard mon autre aînée, comme pour solliciter son approbation. Après tout, au bout de toutes ces années, c'est super important de pouvoir recoller les morceaux, pas vrai ? Je souris, j'attends, tout aussi impatient d'écouter la réponse de Lud que d'entendre la suite de ces morceaux.

Puis, je sens ma nuque picoter, et je me redresse d'un coup, comme si on avait pincé l'une de mes côtes flottantes. C'est quoi ce regard ? Sans m'en rendre compte, je plisse les yeux, essayant de rendre toute l'énergie que je devinais se dégager de ces pupilles aussi noires que les miennes ?

Tout ce qu'elle veut me faire comprendre, je passe à côté.

Ah, elle m'encourage à supporter Lud dans son art, j'ai compris ! Je souris d'un coup, mon visage s'illuminant sous les plis de mon expression faciale, et rougissant légèrement. Je lui fais un clin d’œil, levant le pouce, avec un claquement de langue. Compte sur moi héhé !

7 mai 2025, 12:30
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 
Un morceau d'une ou deux minutes ? Merlin, mais il est incapable de faire une telle chose ! Quoique... Il peut tout à fait enchainer pendant une ou deux minutes des notes de musique. Après tout, c'est ça un morceau, non ? Des notes qui se suivent, encore et encore. Ça, Ludwig peut tout à fait le faire ! Il lève déjà la flûte à ses lèvres, prêt à souffler dedans pendant une à deux minutes comme demandé, mais Narcisse intervient à ce moment-là.

Un immense sursaut fait trembler le cœur de Ludwig. Il écarquille les yeux, comme pour mieux observer le visage lumineux du Poufsouffle. Écrire à Madame de la Sévinière ? Alors évidemment, il est ravi que le garçon ait cru à son mensonge et qu'il ait réagi si vivement, là où la plus grande n'a eu aucune réaction. Il aime bien l'inquiétude qui a froissé un instant son visage à l'idée que lui, Ludwig, ait pu se faire molester par sa méchante professeure de musique. Peut-être pourrait-il raconter à Brando pour les garçons de son dortoir ? Peut-être qu'il s'inquièterait tellement pour lui qu'ensuite, il voudrait passer tout son temps avec lui ? Mais écrire à Madame de la Sévinière ?! L'idée n'a jamais traversé son esprit. Déjà parce que sa professeure était d'une gentillesse hors norme, mais aussi et surtout parce qu'il a cessé de venir à ses cours du jour au lendemain, que c'est plutôt lui qui aurait des choses à se reprocher. Devrait-il s'excuser après tant d'années ? Madame de la Sévinière se souviendra-t-elle seulement de lui ? Par le caleçon de Merlin, si c'est le cas il retomberait amoureux directement ! Peut-être pourrait-il demander à ses mamans de reprendre des cours avec elle, cet été ?

« Tu crois ? bafouille-t-il à Narcisse, les yeux toujours écarquillés. Je veux dire, tu sais, les musiciens c'est pas toujours gentils. Elle, je pensais qu'elle le serait mais en fait non. » Pardon, Madame de la Sévinière, en fait je vous aime plus que les tartes à la fraise. « Et tu sais, je crois pas qu'il faudrait que je lui écrive, elle serait capable d'être super méchante par écrit et tout aussi ! »

Ses doigts moites jouent avec la flute, la font tourner dans un sens puis dans l'autre. Il aurait pu faire mieux, comme mensonge, mais il imagine la femme lui répondre et ça prend toute la place dans sa tête : « Ludwig ? Le petit Ludwig Godwinster Breckenrod ? Comme c'est plaisant d'avoir de tes nouvelles, j'attends ça depuis des années ! » et il sent sa nuque lui chauffer un peu.

Déjà perturbé par l'idée saugrenue de Narcisse, Ludwig suit l'échange des deux autres en fronçant légèrement les sourcils. Un clin d’œil, un pouce qui se lève ; y a-t-il un message à comprendre ? Un sentiment malaise s'infiltre au creux de son estomac, le même genre de malaise qui le prend souvent quand les garçons de son dortoir se moquent de ses oreilles décollées et qu'il doit faire l'effort de rire très fort pour montrer qu'il participe à la blague au lieu de la subir. Mais Narcisse est un garçon gentil et cette fille a l'air intéressé par le fait qu'il joue de la flute, alors peut-être qu'ils ne se moquent pas de lui, et même s'ils se moquaient de lui, Ludwig trouverait un moyen pour tourner ça à son avantage. Alors au lieu de se vexer, il étire un long sourire sur ses lèvres et lance un regard complice à l'un puis à l'autre, comme s'il avait compris le message qu'ils voulaient se faire passer.

Enfin, il plonge ses yeux dans ceux de la grande fille qui lui a demandé de jouer un morceau. Il hoche sérieusement la tête et s'exclame, sûr de lui :

« Je peux jouer une ou deux minutes, oui ! »

S'il enchaîne correctement les quelques suites de notes auxquelles il a pensé plus tôt, ça passera pour un morceau parfait et la fille le complimentera. Il prend une longue inspiration pour remplir ses poumons d'air. Déjà La, La, Sol. Puis Sol, Fa, Do. Puis Mi, Fa Do. Puis Sol, Fa, Do. Puis encore La, La, Sol. Et après Mi, Fa, Do. Les notes s'échappent de sa flûte, discordantes pour n'importe qui aurait l'oreille un tant soit peu musicale, magnifiques pour Ludwig ou les Narcisse Brando. Ludwig enchaîne les séries de notes une fois dans ce sens, puis une fois à l'envers, mais rapidement il s'y perd et se contente de répéter toujours la même suite.

La, La, Sol, Sol, Fa, Do, Mi, Fa, Do, Sol, Fa, Do, La, La, Sol, Mi, Fa, Do.

Même lui finit par se demander comment une simple minute peut paraître aussi longue.

Je crois que si personne ne l'interrompt, ça risque d'être très long, car quand on espère attendre une minute sans avoir l’œil sur une montre, on en attend en fait cinq. Ce sera du moins le cas pour Ludwig.

25 mai 2025, 12:49
 PNJ  N'est pas Beethoven qui veut  Libre 

Stupéfaite, l'adolescente aux yeux d'ombre se retrouvait prise dans les mailles d'un filet ample, collant et râpeux, poussée contre son gré sur la scène ubuesque d'une comédie où les quiproquos se succédaient sans fin. Chacune des paroles qu'elle avait timidement prononcées, quoiqu'avec une certaine once de malice, avait vu sa trajectoire sémantique déviée par l'emballement juvénile de ces deux élèves. Leur regard pétillant, leur langue déliée à l'infini, leur ton excité et parfois irréfléchi avait tendance à irriter profondément Elsie, mais l'entrain et l'innocence qui les animait gommaient son amertume et donnaient de l'élan à son sourire.

Son regard passait de l'un à l'autre, essuie-glace oculaire, mais la sensation d'être à côté de la conversation persistait inlassablement. Elsie comprenait peu à peu que la froide matière de sa conscience était heurtée, prise de vitesse par le magma verbal de ses deux interlocuteurs. Non pas qu'elle fût aussi austère qu'elle le laissait paraître — la sobriété de ses vêtements pouvait se confondre avec une tenue d'enterrement — mais elle avait une toute autre manière d'être au monde. Ce qui se jouait actuellement dans le secret des couloirs, c'était la rencontre d'un caméléon muet avec un duo de sauterelles multicolores, et le résultat s'annonçait imprévisible.

Elle avait d'abord pensé que Narcisse se moquait de son camarade de Serpentard en le confortant dans son délire, mais plus le temps passait et plus la Bleue découvrait, effarée, que ses compliments semblaient sincères. Elle n'osait pas intervenir, ayant peur de passer pour une arrogante ; après tout, elle n'avait pas été conviée à ce risible concerto, de quel droit imposerait-elle ses vues sur la musique ? D'un autre côté, le son de cette flûte était vraiment atroce, par la barbe de Dumbledore. Elle était face à un dilemme assez embarrassant, et s'abstint de prononcer le moindre mot pendant quelques instants.

Mais ces quelques instants avaient suffi pour que le jeune flûtiste se mette à l'ouvrage, n'ayant pas été bridé par Narcisse comme l'avait secrètement espéré Elsie — bien au contraire. La litanie instrumentale se met brutalement en branle, chancelante, à s'en arracher les oreilles — les lointains souvenirs de ses premières leçons d'alto refirent surface au sein de la mémoire de l'adolescente — et une nouvelle fois, elle hésita à mettre fin à ce supplice (des moues de mécontentement se faisait sentir sur les visages d'élèves ayant eu le malheur de passer au moment de ce récital avorté) mais finit par intervenir, doutant de la capacité de Narcisse à comprendre ce qui clochait dans cette manière de manier un instrument.

Elle ne lui jette même pas un regard, trop occupée à stopper l'hémorragie.

« C'est bon, c'est bon ! ... » un vague geste de la main accompagna ses paroles, sans manquer pour autant de respect à ce garçon qui lui était parfaitement inconnu.

Combien de temps ce morceau avait-il duré ? *trop longtemps ?* Dans ces moments où le coeur d'Elsie se balançait comme un pendule entre la gêne et la douleur, la perception qu'elle avait du temps devenait floue et imprécise, comme la lunette d'un marin tentant de percer la brume afin d'effleurer l'horizon d'un fin doigt de verre.

« Tu gagnerais à appuyer plus fermement sur les trous avec tes doigts, les notes seront plus distinctes » glissa-t-elle dans un sourire. Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas touché une flûte (au moins cinq ans à vrai dire) mais elle se souvenait de quelques conseils que son grand-père, ancien chef d'orchestre, avait pu lui transmettre. « Si tu veux, je peux même te montrer ! »

Elsie s'étonna elle-même de son enthousiasme soudain. Sa passion pour l'art musical était sans doute plus forte encore qu'elle ne l'avait imaginé jusqu'alors... Il faut dire que la pratique lui manquait cruellement, depuis qu'elle avait mis les pieds à Poudlard. Focalisée sur ses obligations scolaires, elle avait quelque peu délaissé le bois de son alto. Mais la flamme qui embrasait ses tripes lorsqu'une harmonique s'échappait de la salle de Répétition était intacte, son désir de jouer était même allé croissant avec le temps. Et il éclatait au moment le plus inattendu : au détour d'un couloir où deux charlatans du souffle s'époumonaient flûte en main.

*Merlin*, elle commençait à réellement apprécier la compagnie de Narcisse et son camarade, ces deux météores dans la nuit de ses révisions.

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