24 mars 2025, 19:32
Plantations sauvages
Mecredi 21 mars, début d'après-midi
Parc, zone 1
Avec @Ada Bentley et @Ernest Stevens s'il passe par là

Lavinia engloutit son repas de midi aussi vite qu'elle le pouvait, pour sortir de table plus tôt. Ce n'était pas chose difficile, la vipère avait rarement faim. Il lui suffisait de ne prendre qu'une louche de ci, une cuillère de ça, avaler en vitesse son eau, et elle s'échappa de la grande salle en pressant le pas, persuadée que le peu qu'elle avait mangé lui suffirait, comme toujours. De toute manière, il y avait plus important.

Depuis le début du mois, les températures s'étaient réchauffées, annonçant le début du printemps. Pourtant, Lavinia n'avait pas attendu Ostara pour commencer à réfléchir à de nouvelles plantations et surtout à bidouiller quelques boutures enrichies d’essais magiques plus ou moins farfelus, plus ou moins réussis. Mais surtout, elle avait pris le problème de son Euphorbe à débordement au sérieux.

En effet, depuis qu'elle l'avait placée dans la serre n°6 avec l'autorisation du professeur Charleston, son Euphorbe s'y était parfaitement plus. Trop même... Ce qui ne devait être qu'une plante sauvage, une mauvaise herbe ramassée par son elfe de maison en guise de cadeau d'anniversaire, s'était gavée d'engrais magiques et de soin apporté par Lavinia et le professeur pour prendre les dimensions d'un petit arbuste. L'année dernière, et l'année d'avant encore, Lavinia avait dû tailler allégrement dans sa plantation, l'allégeant de nombreuses tiges, en replantant dans des pots séparés... Mais au final, personne d'autres n'avait voulu les récupérer.

Lavinia avait déjà trois pots dans son dortoir, ce qui faisait déjà beaucoup si on comptait aussi les fioles de boutures d'autres plantes qu'elle faisait pousser sous les reflets du lac noir. Et on ne pouvait pas vraiment dire que les cachots étaient un endroit très propice à faire pousser ce genre de plantes... La Serpentard en avait marre, de devoir mettre au compost des pousses viables, et ne voulait pas non plus se fatiguer à demander à Mr Charleston la permission d'utiliser des pots dès qu'elle voulait mettre en terre la moindre des boutures...

Elle avait donc établi un plan. Si on ne la laissait pas libre de planter ce qu'elle voulait dans la serre des élèves, alors elle ira chercher ailleurs. Elle avait passé plusieurs week-end à la recherche d'un coin, accessible mais discret, de préférence boudé par les élèves. Après tout, elle ne faisait rien de mal... Mais elle se doutait que certains élèves, professeurs, ou même le garde-chasse y trouverait à redire. Son choix s'était porté sur un petit coin, à l'est de la clairière aux courses, non loin de la tombe d'Arseni Stoyanov, un ancien directeur de Poudlard et ministre de la magie. Peut-être était-ce le côté lugubre d'être la seule tombe présente dans un parc d'école, en tout cas, les autres élèves ne semblait pas vouloir s'y attarder et c'était tant mieux.

Comme à son habitude, Lavinia s'était glissée dans la serre, profitant que la majorité des autres élèves étaient encore en train de savourer leurs desserts, partaient faire leurs devoirs à la bibliothèque, ou somnolait du fait de la digestion. Jusqu'à maintenant, elle avait toujours réussi à être seule. La vipère sortit de sa besace plusieurs fioles de taille moyenne, qu'elle remplit pour les uns de terreau et pour les autres d'eau, avant de les replacer dans son sac. Les pots de verre tintèrent et Lavinia redressa la tête, à l'affût... Mais il n'y avait toujours personne. Elle attrapa une paire de gants qu'elle glissa entre les fioles pour les amortir, puis prit les boutures qu'elle avait préparées la veille et les glissa avec soin dans sa besace.

Son sac était terriblement lourd, et Lavinia boitait sous le poids alors qu'elle sortait de la serre d'un pas rapide. Vivement qu'elle soit en sixième année et qu'elle apprennent à lancer Aguamenti, cela fera déjà des fioles en moins à se trimballer... Ou plus simplement, qu'elle gagne plus de puissance magique, plus de maîtrise et d'expérience, pour pouvoir mettre en application le livre que Mr Kohler lui avait offert sur les sortilèges botaniques... D'un coin de l'œil, Lavinia vit des élèves commencés à apparaître, et elle se glissa aussitôt dans la zone arborée à sa droite, se camouflant aux regards. Traçant tout droit, faisait attention à ne pas trébucher sur ce terrain sauvage, elle arriva finalement au niveau de la berge sud.

Là, dans un coude de verdure caché aux regards indiscrets par les arbres, Lavinia avait installé un petit jardin de sa composition. Elle y avait déjà planté des plants de phalangères et avait essayé aussi d'y mettre les boutures infinies qui lui offraient sa misère, mais sans être convaincue pour autant. Elle y avait mis des tuteurs, mais les misères étaient davantage des plantes tombantes que rampantes ou grimpantes... Peut-être aura-t-elle des surprises, un changement de comportement grâce à l'engrais magique utilisé dans la serre. C'était l'occasion de faire d'en faire l'expérience ! Un peu plus loin, presque invisible, Lavinia s'était fait un petit parterre de pimprenelles. Elle en avait trouvé partout dans le parc et s'était servie. Elle les avait déracinées avec soin, puis les avait plantées dans son petit espace végétal. Elles ne payaient pas de mine, mais la vipère aimait l'odeur fraîche de concombre qui émanait de ces feuilles, quand elle les frottait entre ses doigts. Cela avait le don de l'amuser et de la détendre. Non loin, elle avait réquisitionné de la même manière les premières primevères, jonquilles et coucous qui avaient décidé de pointer le bout de leurs nez...

- Bon...

Lavinia déposa son sac et se retroussa les manches. Avisant un espace où ses euphorbes pourraient trouver une place, elle sortit sa baguette et entoura l'espace visible d'un coup de baguette pour s'aider à visualiser. Elle lança le sortilège sans la moindre hésitation.

- Perfodictum !

Sitôt le trou creusé magiquement, Lavinia, sans prendre la peine de mettre les gants qu'elle avait pourtant apporté, se mit à genoux et versa une des fioles de terreau dans le fonds, alternant avec une autre remplie d'eau. Elle commença à y placer les boutures vert citron, l'ère concentrée, mais un léger sourire sur les lèvres, refrénant même l'envie de chantonner un peu. Elle devait rester discrète...
Dernière modification par Lavinia W. Campbell le 5 mai 2025, 20:16, modifié 2 fois.

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

25 avr. 2025, 01:21
Plantations sauvages
Image
Ada surprise (sauf qu'elle devrait être plus chaudement habillée)

Mercredi 21 mars, début d'après-midi
3ème année RP

Ada avait pris le temps de manger, chose dont elle était particulièrement fière. Ce n'était pas facile pour elle de se poser et manger, pendant un infini quart d'heure qui étirait, lui semblait-il, outrageusement le temps. Mais depuis qu'elle s'était retrouvée à l'infirmerie accompagnée d'Eileen, à peine deux semaines plus tôt, elle s'était promis de prendre mieux soin d'elle. Elle avait mangé deux bouts de pain, une omelette et - quintessence de l'équilibre alimentaire ! - une pomme. An apple a day keeps the doctor away, innit ?, s'amusa-t-elle alors qu'elle traversait le parc. Elle passa les ennuyeux parterres d'herbe, où se prélassaient déjà quelques élèves, grommelant dans sa barbe que mars était un mois encore bien froid pour se promener sans écharpe tout en rajustant la sienne autour de son cou, avant de s'enfoncer un peu plus loin.

Elle avait envie de calme. De solitude - si l'on n'avait jamais envie de solitude à 13 ans. Plus correctement, elle avait juste besoin d'un peu de silence, d'un peu de vide, avant de replonger dans la masse massive et bruyante d'un internat pour adolescents pour le reste de la journée. Laissant derrière elle la trace jaune de son écharpe flottant au vent, étoile filante parmi les végétaux sombres, elle erra parmi les lierres et les primevères qui fleurissaient tout juste. Ada aimait bien cette ambiance, un peu feutrée, au bord du mystère ; elle n'était pas sûre d'avoir déjà pénétré ces zones un peu plus sauvages, mais elle se félicitait de les découvrir ce jour-ci. Elle se retint de lancer un Avifors, pour voir s'envoler en nuée les rouges-gorges qu'elle appréciait tant. Ne pas trop faire de magie. Se retenir. Voilà des concepts nouveaux, mais dont elle commençait à méditer l'importance. Y'a pas besoin de lancer des sorts à tout-va, après tout. Faut garder de l'énergie pour faire les choses normales. Garder un peu de vitalité pour tous les autres trucs qu'il fallait faire. Il faut, il faut, il faut... Ada n'aimait pas les obligations. Elle aimait contrôler sa vie personnelle. Peut-être un début d'indépendance adolescente, qui sait ; jetée ici et là dans la vie, à tout-va, en frictions et en frustrations parce qu'on ne savait pas trop quoi en faire. Ou peut-être que tout le monde était comme ça, en fait. Mais malgré cette volonté de lire-arbitre, elle savait cette obligation importante. C'était elle qui se l'était imposée, juste à temps, et elle se demandait si elle allait la respecter. Une obligation très simple, mais qui lui avait pris du temps à accepter et à conceptualiser, comme chaque enfant prend du temps pour penser et réfléchir - c'était un simple prendresoindesoi, un nepastropenfaire.

Nepastropenfaire-

Les brindilles craquaient sous ses pieds alors qu'elle s'approchaient d'arbustes et d'arbres. Ça faisait crac crac et c'était un beau son. Il en fallait à la Poufsouffle peu pour se sentir heureuse -pour se sentir pleine. Elle prit une grande inspiration, et un air frais emplit ses poumons. Mais alors qu'elle dépassait une rangée d'arbres, elle tomba nez-à-nez sur une tombe.
Une tombe.
Elle n'était pas mal-à-l'aise avec l'idée de mourir. Mais elle ne pouvait pas dire non plus qu'elle se sentait à l'aise. Elle s'approcha un peu, recula. Elle ne voulait pas manquer de respect -c'était débile, et elle le savait, puisqu'elle ne pouvait manquer de respect à personne en s'approchant d'une tombe. Mais elle ne pouvait se décider à s'en rapprocher plus ; elle resta là, les bras ballants. La stèle brillait et on aurait dit la Lune. Elle trouvait ça presque beau ; et bien sûr, ça la mit encore plus mal-à-l'aise. Elle s'attendait à voir le visage triste et terrible de la mort. Sauf que c'était qu'un bout de cailloux, en fait. Ada n'aimait pas ça -elle voulait juste être tranquille. Elle voulait juste un peu de silence.

Elle se retourna fermement, revint sur ses pas, reprit le crac-crac des brindilles sous ses pie-

Perfodictum !

Ah. Ça, ce n'était pas le son du petit-bois qui traînait sur le sol. Cherchant autour d'elle, elle remarqua un bout de corps qui dépassait d'une ouverture entre les arbres. Quatre pas en arrière, un cou tendu, et le corps devint visage.
_Euuuuh... Lavinia ? Première réaction : l'étonnement. L’incongruité de la situation méritait bien un ton surpris, surtout qu'elle venait de s'enfuir d'une tombe, mais Ada conservait en tout temps son ton calme et tranquille, comme de l'eau de rivière qui coulait paisiblement. Elle n'aimait pas trop montrer ses émotions ; on se sentait toujours trop exposé, sinon. Trop à nu.

_Tu veux de l'aide ? Deuxième réaction : proposer son assistance. Ada était à Poufsouffle, et si elle n'y pensait jamais vraiment, elle y méritait bien sa place. De son point de vue, être méchante prenait bien trop de temps et d'énergie pour s'y consacrer pleinement, alors autant être gentille. Surtout que ça ne blessait personne, un peu de gentillesse.

_Enfin, je veux dire, tu fais quoi ? Troisième réaction : la volonté de comprendre. Et de s'assurer qu'elle n'avait pas juste proposé son aide pour la réalisation d'une activité illégale. Elle n'avait rien contre briser de temps en temps les règles, mais être une hors-la-loi en devenir n'était pas dans ses plans, malheureusement. Sa camarade de promo semblait tout de même en train de mettre une plante dans un trou, et cela ressemblait fort à une plantation. Et... enfin, pourquoi s'amuserait-on à planter quelque chose, quand on avait des Serres ?

Pouf, me voilà ! Désolée du retard ;) Dis-moi s'il faut changer quoi que ce soit.

#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two

5 mai 2025, 21:04
Plantations sauvages
- Euuuuh... Lavinia ?

Lavinia poussa un cri de surprise, et manqua de perdre l'équilibre. Elle se rattrapa in extremis, mais enfonça tout de même une de ses mains dans la gadoue que formait le terreau imbibé d'eau. Elle sentit avec horreur son bras s'enfoncer dans la terre, maculant la manche de sa robe et de chemise.

- Bouse de troll, siffla-t-elle, furieuse.

Elle se redressa, encrassée, et jeta un regard furibond à l'intruse dont l'arrivée imprévue lui avait coûté cette fâcheuse situation. Elle plissa les yeux en reconnaissant Ada. Bon. De toute sa promotion, c'était peut-être une des rares dont elle aurait pu tolérer la présence... Si cela aurait été dans un tout autre contexte. Alors que la Poufsouffle chercha à étancher sa curiosité avec des questions indiscrètes, Lavinia choisit de l'ignorer, prit sa baguette et lança un sortilège pour apparaître déjà un peu plus présentable.

- Recurvite.

Le sortilège fit effet et Lavinia vérifia dans l'intérieur de ses manches que sa réaction avait été assez rapide pour que les tâches n'aient pas eu le temps de s'incruster davantage. Rassurée, elle tourna son regard accusateur sur Ada, avec la même intensité que si c'était elle qui avait entaché sa robe de bombabouse.

- Heeeeuuu, Ada, répondit-elle froidement, imitant volontairement la première réaction de la poufsouffle.

En réponse à sa seconde question, elle ajouta avec un sourire doucereux et une voix dégoulinant d'ironie :

- A ton avis ? Ce n'est clairement pas un élevage de dragon norvégien. Mais peut-être que je me suis découvert une passion pour le dressage de Sombral ?

Lavinia croisa les bras et fixait Ada avec un regard méfiant et froid, qui semblait se rétrécir au fur et à mesure qu'elle réfléchissait. Elle avait été surprise, elle s'était salie, et cela l'avait mise de mauvaise humeur. Pire, elle avait été prise la main dans le sac dans une activité qui, si elle n'était pas interdite explicitement par le règlement, pourrait pourtant faire couler de l'encre dans la salle des professeurs. Elle avait bien vu, avec les pourvoyeurs de miracle, que l'équipe professorale de Poudlard prenait les vides juridiques comme des interdictions formelles. Et qu'une autre interprétation que la leur était aussitôt condamnée par des heures de retenues, sans même écouter le partie adverse.

Sauf que voilà, si elle continuait à s'attaquer à la Poufsouffle comme elle le faisait, guidée par son agacement, Ada allait se contenter de tourner les talons et de voguer à d'autres occupations... Elle serait alors libre de rapporter les manigances botaniques de Lavinia à des oreilles d'adultes. Non, décidément, il fallait qu'elle joue différemment.

D'abord, il fallait la retenir et apaiser un peu la conversation...

- Plus sérieusement, je faisais juste du jardinage, glissa Lavinia avec un sourire qui se voulait taquin, comme si ses réflexions précédentes n'étaient rien d'autre que des plaisanteries maladroites. Et toi, qu'est-ce qui t'amène ?

... Puis l'impliquer directement dans la situation...

- Si tu veux me donner un coup de main, pourquoi pas... Tu connais les Euphorbes ?

... Afin que, si elle trahissait Lavinia, la vipère n'aurait qu'à la jeter en pâture à son tour. Si je tombe, tu tombe avec moi.

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

31 mai 2025, 14:14
Plantations sauvages
Un juron, une moquerie, et puis de l'ironie. Ada n'avait pas la volonté de réagir à toutes ces âneries, et connaissait de toute façon assez Lavinia pour ne pas lui répondre. Elle balaya sa question rhétorique d'un haussement d'épaules. Les yeux de glace que de la Serpentard lançait en sa direction ne rencontra qu'un regard clair et tranquille, comme de l'eau immobile d'un lac. La jeune fille n'avait rien à se reprocher, alors elle n'allait pas se sentir offensée pour si peu. Et puis, aux dernières nouvelles, elle n'était pas une bouse de troll. Quoique la Vipère lui avait cela avec un tel aplomb qu'elle commençait à douter de son appartenance à un genre humain. Mince ! Quel plot twist ! Etait-elle une masse informe tout du long ?

Indifférente, elle s'approcha de quelques pas de Lavinia. Elle aurait bien adopté cette démarche nonchalante de ses adolescents qui ne se soucient de rien, les pieds traînants et les mains dans les poches, mais elle n'aimait pas traîner des pieds -sa mère disait que c'était grossier. Et elle n'allait pas mette ses mains dans les poches ; avec toute la boue et l'herbe humide environnante, elle allait tomber avant de pouvoir jurer Merlin !. Ses lèvres s'étaient peut-être durcies, mais son regard restait doux, avec toujours cette petite étincelle dans les yeux, qu'elle avait lorsque l'on parlait botanique. Le bas de son pantalon était déjà maculé de boue, et, elle, cela ne la dérangeait pas. Elle les avait toujours trouvé drôle, toutes ces personnes maniérées qui faisaient de la botanique. Pourquoi avez-vous peur de la boue, si vous aimez les plantes ? Enfin. Elle attendit que sa camarade s'apaise ; bien vite, elle adopta en effet un ton plus amical. Peut-être se prétendait-elle manipulatrice, avec ses grands airs et ses sourires taquins. Elle se croyait maligne, celle-là... Ada serait restée, de toute façon. Pas besoin de la charmer.

Ou bien était-elle vraiment remise de sa surprise, et voulait juste commencer la conversation. Ada n'était pas naïve, mais elle aimerait autant que cela soit la seconde option. Elle n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait jouer avec quelqu'un, comme ça. Elle se serait excusée, au moins. Enfin.

Elle choisit d'acquiescer à la remarque de Lavinia. Okay, okay, tu faisais juste du jardinage. Dans un des endroits les plus reculés de l'île. Mon œil.
Et moi, qu'est-ce qui t'amène ? Elle voulait laisser couler, mais la question était si tentante qu'elle ne put s'empêcher de répondre d'un ton le plus sombre et le plus mordant possible :
_Une tombe. Elle trouvait cette répartie extrêmement drôle. Mais pour faire de l'humour noir ou décalé, il fallait conserver un air sérieux et sombre, sinon cela ne fonctionnait pas, alors elle fit de son mieux. Elle laissa quelques secondes de silence, avant de hausser les épaules comme si c'était une réponse tout à fait normale, et de prendre un ton plus doux. Elle n'était pas venue pour se battre, sinon elle serait allée au Club de Duel. _Enfin, de base, je me promenais juste, histoire de décompresser un peu.

Lavinia continua, cette fois-ci avec une question plus sérieuse. Les yeux d'Ada cherchèrent les Euphorbes des yeux, avant de s'illuminer quand ils les trouvèrent, alors que la Poufsouffle répondait d'un ton distrait :
_Oh, de loin, mais oui. C'est très joli comme plante.

Elle rejoignit la jeune fille et s'approcha des plants, observant autour d'elle.
_C'est un vrai petit Paradis, ici, dis-donc... Ce n'était pas ironique. Elle admirait vraiment l’œuvre de la Serpentard. _Aha, tu sais, avec ta réaction j'étais presque persuadée que tu faisais pousser de la drogue. Ça, c'était ironique. Mais en même temps... Il fallait avouer que faire pousser des plantes très très loin était très très louche. Et Ada n'était pas à cheval sur le règlement, mais elle n'était pas sûr de l'initiative de sa camarade de faire pousser un jardin illégal. Bien sûr, ce n'était que des Euphorbes, mais jusqu'à quand ? Si en cinquième année, elle se trouvait soudain en besoin d'argent, c'était la porte ouverte pour faire pousser des plantes rares volées de la Serre. Elle se promit de vérifier, de temps en temps. Sans se faire détruire par Lavinia, au possible.

Un se baissa, un genou à terre, pour mieux regarder le trou. Un œil incisif, habitué dès sa plus jeune enfance à regarder la terre, fouillait et parcourait la tentative de plantation -Et là, je peux planter la plante, non, si j'ai fait mon trou ? _N-non ! Le terreau, le terreau papa ! T'as pas mis le terreau !_C'est vrai. Mais avant le terreau, Ada... ? _Il...il f-faut mettre du zable ou des kaillou ! entendait-elle au loin, réminiscences d'un temps passé. Elle leva des yeux curieux vers Lavinia.
_Tu as mis du sable ou des cailloux dans le fond, avant le terreau ? Ça faciliterait le drainage.

Désolée du retard. ^^

#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two

10 sept. 2025, 17:19
Plantations sauvages
_Une tombe.

Lavinia fixa Ada, surprise. Il y avait bien une tombe non loin, mais elle doutait quiconque vienne s'y recueillir. La vipère laissa quelques secondes de silence s'installer, papillonnant des yeux pour essayer de comprendre l'éventuel lien généalogique que pouvait entretenir la famille Bentley et celle d'Arseni Stoyanov, avant de comprendre enfin l'étrange silence dramatique de la Poufsouffle.

- Ah !

Lavinia éclata de rire, des rires francs, arrachés à ses lèvres malgré elle, tintant comme des clochettes, qui remontaient jusqu'à ses yeux et dont le hoquet incontrôlé qu'ils provoquaient aurait pu lui arracher des petites larmes s'il avait duré plus longtemps. Elle ne s'était pas attendue à ce que la Poufsouffle face de l'humour dans une situation pareille, et certainement pas ce genre d'humour noir. C'était surprenant, et amusant aussi. Pour la première fois depuis trois ans, Lavinia regarda enfin Ada avec attention, un sourire sincère aux lèvres, et ne se contenta plus de survoler son visage, et de planter son regard dans le sien comme un outil. Elle la regarda, pour de vrai.

La vipère hocha la tête d'un air poli devant la première réponse de la Poufsouffle. Les euphorbes étaient bien plus que de jolies plantes à ses yeux, mais cette description lui fit plaisir. Ada ne les prenait pas pour de banales mauvaises herbes à désherber, et le regard qu'elle lançait aux pousses étincelait de curiosité. Peut-être que Lavinia n'aurait pas eu à insister plus que cela pour la persuader de lui donner un coup de main, finalement. Et son compliment sur le petit "paradis" botanique de Lavinia la ravit, même si elle ne laissa qu'un filet de sourire se dessiner sur son visage.

- Merci.

- ... j'étais presque persuadée que tu faisais pousser de la drogue.

Encore cette humour mordant que Lavinia n'associait pas aux Poufsouffles, si elle ne sortait pas de la bouche d'un Lukas ou d'une Ashley. Cependant, concernant cette "drogue", Lavinia ne savait pas vraiment ce que cela englobait, en pratique. Ses précepteurs ne l'évoquaient que très peu, et ses parents encore moins. Tout ce qu'elle savait, c'était que les sorciers qui en prenaient étaient des criminels, et que cela les rendait fous. Elle n’appréciait pas vraiment le fait d'être associé à cela, même pour une blague. Pour autant, hors de question de passer pour une rabat-joie. Au contraire, si Ada était d'humeur à enchaîner les blagues sombres, Lavinia allait lui montrer qu'elle n'était pas en reste non plus.

- Et moi, que tu voulais planquer des cadavres. Tu sais ce qu'on dit ? Toujours les enterrer en dessous d'une espèce protégée. À mon avis, une mandragore ferait parfaitement l'affaire, en plus de se régaler du compost que cela créera.

Lavinia avait répondu avec un air tout à fait sérieux et détaché, sans qu'une once d'amusement ne s'échappe de sa voix. Après tout, ce n'était pas faux. Les mandragores les plus réputées étaient celles ramassées dans des cimetières, ou mieux, au pied de pendus, si on en croyait la sagesse médiévale. Intérieurement, elle était cependant comme une gosse, se retenant de toute ses forces de ne pas rire à sa propre blague.

La vipère haussa les épaules devant les conseils avisées de sa collègue apprentie botaniste.

- Non. Je m'embête pas à cela, je ne plante que des plantes sauvages. N'importe quelle terre leur convienne, et celle du coin n'est franchement pas mauvaise.


Ce n'était déjà pas facile de se trimbaler avec des sacs de composte dans ses poches, si en plus elle devait emporter des cailloux pour le drainage, elle n'était pas sortie du labyrinthe ! Une nouvelle idée germa aussitôt dans son esprit.

- Mais si ça t'amuse... On pourrait faire un test ? Je plante une pousse d'euphorbe à ma manière, et tu en plantes une avec ton drainage sophistiqué... Et on verra bien si cela change quelque chose dans quelques jours. En attendant...

Lavinia se repenche vers son trou, et y positionne de nouveau la première bouture.

- Tu peux lancer un sortilège de bouche-trou, pendant que je maintiens la tige en place ?

@Ada Bentley me revoilà :D

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout