Rira bien qui collera le dernier
Ernest leva les yeux aux ciel face au ton réprobateur de Lavinia. Ce n’était pas parce qu’il fallait qu’elle joue les gardes-chiourme avec Orlaith que lui aussi avait besoin d’être infantilisé. Enfin il savait que pour elle, toutes les occasions seraient bonnes pour lui jeter un pique ou cracher un reproche infondé comme un venin. Lavinia n’était pas à Serpentard pour rien. Il rumina dans sa barbe et répéta à voix basse les paroles de la blondinette, imitant sa voix nasillarde. C’est un travail de groupe, Stevens…
Son bougonnement juvénile l’avait distrait et ses ruminements empêché de réaliser que Lavinia s’était emparé de son parchemin sans qu’il puisse vraiment réagir. Le garçon n’entendit pas les paroles de la vipère, son regard fixé sur son précieux travail. Son visage se décomposa alors qu’il la regardait ajouter les prénoms au bas de son feuillet. La lenteur volontaire qu’elle imprimait à son mouvement donnait à Ernest l’impression que chaque lettre qu’elle traçait lui brûlait les yeux.
Les lèvres scellées, la mâchoire crispée, Ernest rongeait son frein. Les points serrés par la colère, évidemment. Enfin pas exactement. Pas uniquement. Ce goût métallique qu’il avait dans la bouche. Comme un reflux amer. Une forme de dégoût recouvert d’un voile d’humiliation. Subtile, discrète, vicieuse. Elle avait osé poser son nom à côté du sien. Elle. Et Orlaith. Le petit brun savait qu’il s’agissait d’un travail de groupe. Il connaissait la finalité. Et pourtant…
Son regard était tombé sur son parchemin. Son travail était parfait. Son encre appliquée sur les lignes soigneusement. Ses annotations étaient minutieuses. Mais maintenant, il y avait également l’écriture de Lavinia W. Campbell. Pour l’adolescent, c’était presque une profanation. Ce n’était plus son travail. C’était devenu un objet de compromis. Presque souillée. Cette désappropriation le dégoûtait.
Il l’avait laissé faire. Muet. Paralysé entre l’envie de protester et celle de ne surtout pas lui donner ce genre de satisfaction. Il ne pouvait pas perdre son calme. Ce serait la laisser gagner. Alors qu’elle terminait son œuvre, le regard de l’adolescent était figé sur la colonne vertébrale bien droite de la blondinette. Figé sur sa manière si assurée de manipuler le parchemin comme si c’était le sien. Lavinia jouait faussement la neutralité tout en faisant son maximum pour le piquer à vif. Oh, elle était bonne pour ça. Pour faire croire que c’était lui le problème. Elle savait exactement où appuyer pour que ça fasse mal. Toujours.
Mais ce soir, sous le regard de la lune, le garçon qui avait toujours l’impression d’être piégé dans une spirale d’infériorité et de ridicule en avait assez. Dans sa tête tournait en boucle chaque pique, chaque regard méprisant. Ce soir, il ne pouvait plus se taire. Il n’en avait plus envie.
“C’est bon, t’as ton nom dessus. Tu peux faire semblant d’avoir fait le boulot maintenant…”
Sa voix était basse. Ce qui ne l’empêchait pas d’être froide et cinglant. Comme un sifflement glacé. Ça aurait pu être suffisant… Il aurait pu en rester là.
“... Même si t’as passé plus de temps à raturer le travail des autres qu’à observer quoi que ce soit dans ton foutu télescope.”
Un crachin. Méprisant. Méprisable. Cela ne ressemblait pas à Ernest. Mais Lavinia le poussait dans ses derniers retranchements. Elle provoquait quelque chose de viscéral en lui. Une ambivalence qui l’irritait encore plus que la simple méchanceté. Sans lui adresser le moindre regard, il rangea son livre d’astronomie dans son sac. Méthodiquement, il replia ses carnets et ses brouillons se raccrochant au moindre geste qui lui donnerait l’illusion de garder le contrôle.
L’adolescent saisit le parchemin avec raideur. Il l’enroula sans brutalité mais d’une manière tellement mécanique qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un rouleau de papier toilettes. Sa main se serra légèrement sur le manuscrit roulé mais il ne bougea pas. Il n’était pas question d’aller le remettre à la professeure. Du moins pas tout de suite. Certainement pas sur commande. Une fois sa table parfaitement rangée et le télescope replié soigneusement, il se décida finalement à se diriger vers le bureau du Professeur Brenan. Il ne put s’empêcher de se retourner une dernière fois.
“Avec un peu de chance, vous aurez votre Optimal. On dira que c’est offert. Faut bien faire un peu de charité de temps en temps…”
Le petit brun tourna les talons avant que les deux premières années puissent rétorquer quoi que ce soit. Arrivé au bureau, il avait retrouvé sa politesse et un ton bien plus avenant face à la professeur. Pas fayot. Juste bien élevé. Il quitta la salle de classe sans plus de considération pour les deux jeunes filles.
Son bougonnement juvénile l’avait distrait et ses ruminements empêché de réaliser que Lavinia s’était emparé de son parchemin sans qu’il puisse vraiment réagir. Le garçon n’entendit pas les paroles de la vipère, son regard fixé sur son précieux travail. Son visage se décomposa alors qu’il la regardait ajouter les prénoms au bas de son feuillet. La lenteur volontaire qu’elle imprimait à son mouvement donnait à Ernest l’impression que chaque lettre qu’elle traçait lui brûlait les yeux.
Les lèvres scellées, la mâchoire crispée, Ernest rongeait son frein. Les points serrés par la colère, évidemment. Enfin pas exactement. Pas uniquement. Ce goût métallique qu’il avait dans la bouche. Comme un reflux amer. Une forme de dégoût recouvert d’un voile d’humiliation. Subtile, discrète, vicieuse. Elle avait osé poser son nom à côté du sien. Elle. Et Orlaith. Le petit brun savait qu’il s’agissait d’un travail de groupe. Il connaissait la finalité. Et pourtant…
Son regard était tombé sur son parchemin. Son travail était parfait. Son encre appliquée sur les lignes soigneusement. Ses annotations étaient minutieuses. Mais maintenant, il y avait également l’écriture de Lavinia W. Campbell. Pour l’adolescent, c’était presque une profanation. Ce n’était plus son travail. C’était devenu un objet de compromis. Presque souillée. Cette désappropriation le dégoûtait.
Il l’avait laissé faire. Muet. Paralysé entre l’envie de protester et celle de ne surtout pas lui donner ce genre de satisfaction. Il ne pouvait pas perdre son calme. Ce serait la laisser gagner. Alors qu’elle terminait son œuvre, le regard de l’adolescent était figé sur la colonne vertébrale bien droite de la blondinette. Figé sur sa manière si assurée de manipuler le parchemin comme si c’était le sien. Lavinia jouait faussement la neutralité tout en faisant son maximum pour le piquer à vif. Oh, elle était bonne pour ça. Pour faire croire que c’était lui le problème. Elle savait exactement où appuyer pour que ça fasse mal. Toujours.
Mais ce soir, sous le regard de la lune, le garçon qui avait toujours l’impression d’être piégé dans une spirale d’infériorité et de ridicule en avait assez. Dans sa tête tournait en boucle chaque pique, chaque regard méprisant. Ce soir, il ne pouvait plus se taire. Il n’en avait plus envie.
“C’est bon, t’as ton nom dessus. Tu peux faire semblant d’avoir fait le boulot maintenant…”
Sa voix était basse. Ce qui ne l’empêchait pas d’être froide et cinglant. Comme un sifflement glacé. Ça aurait pu être suffisant… Il aurait pu en rester là.
“... Même si t’as passé plus de temps à raturer le travail des autres qu’à observer quoi que ce soit dans ton foutu télescope.”
Un crachin. Méprisant. Méprisable. Cela ne ressemblait pas à Ernest. Mais Lavinia le poussait dans ses derniers retranchements. Elle provoquait quelque chose de viscéral en lui. Une ambivalence qui l’irritait encore plus que la simple méchanceté. Sans lui adresser le moindre regard, il rangea son livre d’astronomie dans son sac. Méthodiquement, il replia ses carnets et ses brouillons se raccrochant au moindre geste qui lui donnerait l’illusion de garder le contrôle.
L’adolescent saisit le parchemin avec raideur. Il l’enroula sans brutalité mais d’une manière tellement mécanique qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un rouleau de papier toilettes. Sa main se serra légèrement sur le manuscrit roulé mais il ne bougea pas. Il n’était pas question d’aller le remettre à la professeure. Du moins pas tout de suite. Certainement pas sur commande. Une fois sa table parfaitement rangée et le télescope replié soigneusement, il se décida finalement à se diriger vers le bureau du Professeur Brenan. Il ne put s’empêcher de se retourner une dernière fois.
“Avec un peu de chance, vous aurez votre Optimal. On dira que c’est offert. Faut bien faire un peu de charité de temps en temps…”
Le petit brun tourna les talons avant que les deux premières années puissent rétorquer quoi que ce soit. Arrivé au bureau, il avait retrouvé sa politesse et un ton bien plus avenant face à la professeur. Pas fayot. Juste bien élevé. Il quitta la salle de classe sans plus de considération pour les deux jeunes filles.
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@Lavinia W. Campbell
@Lavinia W. Campbell
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
- COMPTE EN HIATUS -
Rira bien qui collera le dernier
Lavinia n'était pas sûre d'à qui s'adressait Ernest. Dans le doute, elle le prit pour elle et se retient à la dernière minute de lui sauter dessus pour l'étrangler. Lavinia était furieuse, alors qu'elle savait très bien qu'elle n'aurait pas dû l'être. Que lui importait la bave d'un sang-moldu ? Elle aurait dû lever les yeux au ciel avec condescendance, et l'ignorer royalement, ou bien renchérir sur une nouvelle pique discrète, mais acérée... Mais non. Elle ne supportait pas l'idée qu'Ernest continue de se comparer à elle et prétende qu'il valait mieux qu'elle.
Et puis, c'était complétement faux ! Elle n'avait pas fait semblant ! Elle avait travaillé sérieusement, aussi sérieusement que lui avait permis l'incompétence d'Orlaith ! Oui, elle avait raturé le travail de la Gryffone, mais parce qu'ils ne pouvaient décemment pas se reposer dessus, avec toutes les erreurs, les oublies et les inexactitudes qu'elle avait semés sur son parchemin ! Hors de question cependant de dire le fonds de sa pensée devant la Gryffondor, au risque de briser la complicité malsaine qui s'était tissée entre elles, unies face à Stevens. Elle l'aurait eu, son Optimal ! Ou peut-être pas... Mais une chose était sûre : elle avait été la seule d'entre eux deux à avoir pris au sérieux cet exercice comme il était, un travail de groupe. Alors, oui, s'ils obtenaient un Optimal, à eux trois, elle, Stevens et Orlaith, c'était surtout grâce à elle. Sans elle, à quoi cela aurait ressemblé, hein ? Les notes d'Orlaith auraient été données à la professeur, en même temps que deux autres cartes, tracés dans leurs coins. La consigne n'aurait pas été respectée, et ils auraient été pénalisés.
- Comme quoi, on peut faire des miracles même quand d'autre préfère le sabotage, siffla-t-elle entre ses dents, observant le garçon esquiver son ordre en prétextant de ranger son bureau.
Lavinia se concentra sur son propre bureau et accompagna Orlaith dans le rangement de son télescope, en s'assurant qu'elle ne commette pas d'impair si près de la fin des cours. Après avoir salué la professeur, elles suivirent les autres élèves dans les couloirs, derrière les préfets qui les escortaient. Orlaith et elle échangèrent quelques banalités, puis trouvèrent de nouveau un sujet de discussion commune en critiquant allégrement le garçon qui marchait devant elle, à l'arrière des rangs. Cela ne dura pas longtemps et les deux filles finirent par avancer dans un silence complice.
Soudain, alors que le groupe s'approchait d'une intersection marquant la séparation des élèves en deux groupes, les uns vers les cachots et les autres vers les dortoirs des Gryffondors, Lavinia perçut une voix non loin de son oreille, avec une formule et une intonation qu'elle reconnut aussitôt.
- Colloshoo...
Elle crût d'abord qu'Orlaith était folle... Puis réalisa que les préfets avaient déjà disparu dans leurs couloirs respectifs. Tous les autres élèves leurs tournaient le dos... Elle comprenait que ce soit tentant... La vipère continua d'avancer, se retenant pour se retourner vers sa compagne, les yeux rivés sur les pieds de Stevens. Sa marche perdit un bref instant son rythme, et une de ses semelles glissa légèrement sur le dallage, comme s'il avait marché dans une petite flaque d'eau. A ses côtés, Lavinia entendit Orlaith pester en silence, mécontente. Un sourire machiavélique se dessina sur le visage de la petite blonde.
Alors qu'Ernest s'apprêtait à tourner vers les cachots, Lavinia sortit doucement sa baguette de sa manche. Elle traça le symbole d'une manière précise, mais prenant le moins d'amplitude possible et souffla l'incantation.
- Colloshoo.
Elle rangea aussitôt sa baguette dans sa manche et Orlaith lui adressa un regard agréablement surpris. Elles dépassèrent Ernest, qui s'était soudain immobilisé, l'un par la droite et l'autre par la gauche, en lui donnant chacune un coup d'épaule. La Gryffone adressa un dernier sourire satisfait à la vipère, qui le lui rendit.
- Y a pas de quoi. Bonne nuit, Orlaith !
Et elles tournèrent dans leurs couloirs respectifs, disparaissaient à la vue du garçon encollé.
Action d'Orlaith vu avec elle avant son départ du site - Attaque vu avec Ernest.
Et puis, c'était complétement faux ! Elle n'avait pas fait semblant ! Elle avait travaillé sérieusement, aussi sérieusement que lui avait permis l'incompétence d'Orlaith ! Oui, elle avait raturé le travail de la Gryffone, mais parce qu'ils ne pouvaient décemment pas se reposer dessus, avec toutes les erreurs, les oublies et les inexactitudes qu'elle avait semés sur son parchemin ! Hors de question cependant de dire le fonds de sa pensée devant la Gryffondor, au risque de briser la complicité malsaine qui s'était tissée entre elles, unies face à Stevens. Elle l'aurait eu, son Optimal ! Ou peut-être pas... Mais une chose était sûre : elle avait été la seule d'entre eux deux à avoir pris au sérieux cet exercice comme il était, un travail de groupe. Alors, oui, s'ils obtenaient un Optimal, à eux trois, elle, Stevens et Orlaith, c'était surtout grâce à elle. Sans elle, à quoi cela aurait ressemblé, hein ? Les notes d'Orlaith auraient été données à la professeur, en même temps que deux autres cartes, tracés dans leurs coins. La consigne n'aurait pas été respectée, et ils auraient été pénalisés.
- Comme quoi, on peut faire des miracles même quand d'autre préfère le sabotage, siffla-t-elle entre ses dents, observant le garçon esquiver son ordre en prétextant de ranger son bureau.
Lavinia se concentra sur son propre bureau et accompagna Orlaith dans le rangement de son télescope, en s'assurant qu'elle ne commette pas d'impair si près de la fin des cours. Après avoir salué la professeur, elles suivirent les autres élèves dans les couloirs, derrière les préfets qui les escortaient. Orlaith et elle échangèrent quelques banalités, puis trouvèrent de nouveau un sujet de discussion commune en critiquant allégrement le garçon qui marchait devant elle, à l'arrière des rangs. Cela ne dura pas longtemps et les deux filles finirent par avancer dans un silence complice.
Soudain, alors que le groupe s'approchait d'une intersection marquant la séparation des élèves en deux groupes, les uns vers les cachots et les autres vers les dortoirs des Gryffondors, Lavinia perçut une voix non loin de son oreille, avec une formule et une intonation qu'elle reconnut aussitôt.
- Colloshoo...
Elle crût d'abord qu'Orlaith était folle... Puis réalisa que les préfets avaient déjà disparu dans leurs couloirs respectifs. Tous les autres élèves leurs tournaient le dos... Elle comprenait que ce soit tentant... La vipère continua d'avancer, se retenant pour se retourner vers sa compagne, les yeux rivés sur les pieds de Stevens. Sa marche perdit un bref instant son rythme, et une de ses semelles glissa légèrement sur le dallage, comme s'il avait marché dans une petite flaque d'eau. A ses côtés, Lavinia entendit Orlaith pester en silence, mécontente. Un sourire machiavélique se dessina sur le visage de la petite blonde.
Alors qu'Ernest s'apprêtait à tourner vers les cachots, Lavinia sortit doucement sa baguette de sa manche. Elle traça le symbole d'une manière précise, mais prenant le moins d'amplitude possible et souffla l'incantation.
- Colloshoo.
Elle rangea aussitôt sa baguette dans sa manche et Orlaith lui adressa un regard agréablement surpris. Elles dépassèrent Ernest, qui s'était soudain immobilisé, l'un par la droite et l'autre par la gauche, en lui donnant chacune un coup d'épaule. La Gryffone adressa un dernier sourire satisfait à la vipère, qui le lui rendit.
- Y a pas de quoi. Bonne nuit, Orlaith !
Et elles tournèrent dans leurs couloirs respectifs, disparaissaient à la vue du garçon encollé.
Action d'Orlaith vu avec elle avant son départ du site - Attaque vu avec Ernest.
Rira bien qui collera le dernier
La première tentative, Ernest ne la remarqua pas vraiment. Il était bien trop absorbé par ses pensées. Bien trop pressé de retrouver le nid. Ce qui était paradoxal. La plupart du temps, le garçon fuyait la salle commune de Serpentard ou s’y cachait dans les coins. Mais l’adolescent avait également un sens aigu du règlement. Jamais il ne lui serait venu à l’idée de briser le couvre-feu. Enfin peut-être juste une fois. Mais il n’était pas allé beaucoup plus loin que la porte d’entrée des Cachots verts et argent et il avait eu tellement peur de se faire pincer qu’il avait rapidement rebroussé chemin.
Il suivait les autres élèves, d’un pas rapide. Légèrement voûtées, les épaules de l’adolescent étaient tendues, légèrement agitées par l’échange dont il venait de faire l’expérience. Par la crispation et la frustration du travail qu’on prenait. Qu’on s’arrachait. Qu’on s’appropriait. Une émotion à laquelle le petit brun n’était pas habitué, ce qui amplifiait très certainement son irritation. Et puis soudain, ses pieds refusèrent d’avancer. Il s’en était fallu de peu pour qu’Ernest ne se casse la figure. À coup de moulins à vent, il réussit in-extremis à retrouver l’équilibre. Plus ou moins.
Son cerveau moulina aussi fort que ses bras pour tenter de comprendre quel maléfice était à l'œuvre. Le garçon tenta de décoller ses pieds du sol mais ses efforts restaient vains. C’était comme si la pierre avait absorbé ses semelles et qu’il ne faisait plus qu’un avec le Château. Dans d’autres circonstances, il aurait trouvé l’idée fantastique. Et puis la surprise laissa rapidement la place à quelque chose d’autre. Quelque chose de plus violent. Pas douloureux mais brusque. Humiliant.
Le gamin n’avait pas encore recollé tous les bouts du puzzle trop occupé à tenter de décoller ses basques du sol quand il sentit deux chocs simultanés au niveau de ses épaules. Lavinia à droite. Orlaith à gauche. Deux pièces. Bien imbriquées. C’était elles. Elles avaient fait ça. Ensemble. La mâchoire de l’adolescent se serra mais pas question de répliquer quoi que ce soit. La colère aurait pu lui monter au joue comme la moutarde montait au nez. Mais une autre épée de Damoclès flottait à présent au-dessus de sa tête. Celle du couvre-feu. Du temps qui filait alors qu’il se retrouvait là, immobilisé. Et bientôt hors-la-loi.
Ernest tenta de se dégager une nouvelle fois. Sans succès. Et alors qu’il entendait encore la voix doucereuse de Lavinia, les rires étouffés qui résonnaient au loin ou peut-être dans sa tête, la colère froide se muait peu à peu en panique. Le gamin pouvait sentir le chaud sur ses joues, le chaud sur ses oreilles. Ce n’était qu’un sort. Ou peut-être pas que. C’était un message. Lavinia venait de piéger le garçon dans son propre silence, dans ses propres peurs (parce qu’il doutait qu’Orlaith ait pu lancer ce genre de maléfice).
Le gamin jeta des regards dans toutes les directions. Personne. Il aurait pu attendre. Demander de l’aide. Il devait bien y avoir un tableau ou un elfe actif dans les parages. Mais la situation était déjà bien humiliante. Le garçon se força à prendre une grande inspiration. Il n’y avait pas trente-six mille solutions. L’effet du sortilège finirait par tomber. Mais il ne savait pas quand. Et il ne pouvait pas prendre ce genre de risque. Le petit brun s’accroupit sur le sol et entreprit de dénouer ses lacets.
Là, en chaussettes dans le couloir, les lambeaux restant de sa fierté se dissolvaient définitivement. Ernest poussa un soupir et ravala le peu d’égo qu’il avait pour prendre le chemin des cachots. Il faudrait qu’il se lève aux aurores pour venir récupérer ses Chuck Taylor. En espérant qu’elles soient toujours là. Et quant à Lavinia… Ernest n’oublirait pas. Il n’oubliait jamais…
Il suivait les autres élèves, d’un pas rapide. Légèrement voûtées, les épaules de l’adolescent étaient tendues, légèrement agitées par l’échange dont il venait de faire l’expérience. Par la crispation et la frustration du travail qu’on prenait. Qu’on s’arrachait. Qu’on s’appropriait. Une émotion à laquelle le petit brun n’était pas habitué, ce qui amplifiait très certainement son irritation. Et puis soudain, ses pieds refusèrent d’avancer. Il s’en était fallu de peu pour qu’Ernest ne se casse la figure. À coup de moulins à vent, il réussit in-extremis à retrouver l’équilibre. Plus ou moins.
Son cerveau moulina aussi fort que ses bras pour tenter de comprendre quel maléfice était à l'œuvre. Le garçon tenta de décoller ses pieds du sol mais ses efforts restaient vains. C’était comme si la pierre avait absorbé ses semelles et qu’il ne faisait plus qu’un avec le Château. Dans d’autres circonstances, il aurait trouvé l’idée fantastique. Et puis la surprise laissa rapidement la place à quelque chose d’autre. Quelque chose de plus violent. Pas douloureux mais brusque. Humiliant.
Le gamin n’avait pas encore recollé tous les bouts du puzzle trop occupé à tenter de décoller ses basques du sol quand il sentit deux chocs simultanés au niveau de ses épaules. Lavinia à droite. Orlaith à gauche. Deux pièces. Bien imbriquées. C’était elles. Elles avaient fait ça. Ensemble. La mâchoire de l’adolescent se serra mais pas question de répliquer quoi que ce soit. La colère aurait pu lui monter au joue comme la moutarde montait au nez. Mais une autre épée de Damoclès flottait à présent au-dessus de sa tête. Celle du couvre-feu. Du temps qui filait alors qu’il se retrouvait là, immobilisé. Et bientôt hors-la-loi.
Ernest tenta de se dégager une nouvelle fois. Sans succès. Et alors qu’il entendait encore la voix doucereuse de Lavinia, les rires étouffés qui résonnaient au loin ou peut-être dans sa tête, la colère froide se muait peu à peu en panique. Le gamin pouvait sentir le chaud sur ses joues, le chaud sur ses oreilles. Ce n’était qu’un sort. Ou peut-être pas que. C’était un message. Lavinia venait de piéger le garçon dans son propre silence, dans ses propres peurs (parce qu’il doutait qu’Orlaith ait pu lancer ce genre de maléfice).
Le gamin jeta des regards dans toutes les directions. Personne. Il aurait pu attendre. Demander de l’aide. Il devait bien y avoir un tableau ou un elfe actif dans les parages. Mais la situation était déjà bien humiliante. Le garçon se força à prendre une grande inspiration. Il n’y avait pas trente-six mille solutions. L’effet du sortilège finirait par tomber. Mais il ne savait pas quand. Et il ne pouvait pas prendre ce genre de risque. Le petit brun s’accroupit sur le sol et entreprit de dénouer ses lacets.
Là, en chaussettes dans le couloir, les lambeaux restant de sa fierté se dissolvaient définitivement. Ernest poussa un soupir et ravala le peu d’égo qu’il avait pour prendre le chemin des cachots. Il faudrait qu’il se lève aux aurores pour venir récupérer ses Chuck Taylor. En espérant qu’elles soient toujours là. Et quant à Lavinia… Ernest n’oublirait pas. Il n’oubliait jamais…
FIN
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@Lavinia W. Campbell, merci pour ce RP
@Lavinia W. Campbell, merci pour ce RP
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
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