Recueil OS Par-delà les ténèbres


RECUEIL OS : Ce recueil retrace les mois de convalescence de Lorelyne Jenkins à la Nouvelle Sainte-Mangouste suite à son accident.
C'est également dans ce sujet qu'elle reçoit les visites et les lettres. Les visites sont autorisées à partir du 20 décembre 2049.

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
Compte adulte d'Alaska Cross

Recueil OS Par-delà les ténèbres
15 novembre 2049

L'hôpital de la Nouvelle Sainte-Mangouste fut brusquement troublée par l’arrivée précipitée de deux silhouettes, l’une soutenant l’autre. Lorelyne était affaissée dans les bras de Sigmund, qu'il porta tant bien que mal jusqu'à l'accueil.

La jeune femme avait le teint pâle, il était presque translucide et contrastait avec des cernes violacées qui creusaient son visage. Ses yeux clos bougeaient légèrement sous ses paupières comme si elle était prise dans un cauchemar sans fin.

Une sorcière en uniforme qui devait manifestement être habituée à gérer des situations d’urgence, accourut vers eux.

« Posez-la ici, sur le brancard. Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Qu'aurait-elle répondu, à la place de Sigmund ? J'ai été possédé, par un esprit. Mais c’est bien plus que ça, je ne vois plus. Je suis totalement aveugle, il m'a arraché la vue. L'âme aussi, j'ai si mal.

La secrétaire hocha la tête, son expression passa rapidement par de l'inquiétude, ce n'était pas un récit habituel. L'hôpital voyait rarement des cas de possessions maléfiques.

« Nous allons l'évaluer.... Voyons voir... Interaction avec un esprit malveillant, elle est totalement inconsciente et ne répond à aucun signe. Visiblement aveugle, elle montre des signes de douleur intense.

Vous avez les détails de la patiente ? Un nom, un âge, une profession, nous devons l'inscrire dans le registre.


Elle posa un regard incertain sur la patiente. Pendant ce temps, la professeur était plongée dans une obscurité qu’elle n’avait jamais connue, une nuit dense et suffocante qui s'étendait à l'intérieur de son esprit.

On pourrait la diriger vers le service de psychomagie. Ils traitent ce genre de choses... psychiques. La femme fronça les sourcils un instant. Ou alors... Je ne suis pas sûre, peut-être le service des accidents matériels pour commencer. Si nécessaire, ils la transféreront.

Suivez le couloir du rez-de-chaussée, deuxième porte à gauche. Le Ssrvice des accidents matériels prendra le relais.
»

Au-delà de cette douleur physique, il y avait un autre fardeau : celui de l’impuissance. Elle qui avait toujours été une femme forte, une duelliste émérite et une experte en arts divinatoires, se sentait désormais démunie. Mais le plus terrifiant était sûrement l’absence de repères, Lorelyne ne savait pas où elle était ni depuis combien de temps elle était dans cet état. Chaque seconde semblait une éternité, et elle se demandait si elle sortirait un jour de ce cauchemar.

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
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Recueil OS Par-delà les ténèbres
Le 6 décembre 2049
@Lorelyne Jenkins

Veronica gravit les marches de la volière d’un pas rapide, le parchemin soigneusement plié dans sa main. Entre le cours de potions qui venait de se terminer et celui de sortilèges qui débuterait dans une dizaine de minutes, elle savait qu’elle n’avait pas beaucoup de temps. La lettre était restée tout le week-end sur sa table de chevet, oubliée dans le tourbillon des révisions et des devoirs. Pourtant, chaque fois qu’elle croisait la cour de la tour de l’horloge et apercevait les corbeaux perchés en silence, elle se rappelait qu’elle devait l’envoyer.

Arrivée en haut, elle se boucha le nez. L’air de la volière était vif et chargé de l’odeur des plumes, mais celle qui saisissait surtout le nez était celle des fientes. Après un instant, elle attacha avec soin son message à la patte d’un des hiboux de Poudlard, et murmura quelques mots pour lui indiquer sa destination. Le message était bref, mais porteur d’une signification qu’elle espérait que Miss Jenkins comprendrait :
Miss Jenkins,

Presque un mois s’est écoulé depuis votre départ. Je ne sais pas ce qui vous est arrivé, et je préfère ignorer les rumeurs. Je vous souhaite un bon rétablissement, peu importe ce que vous traversez. Les corbeaux dans la cour de la tour de l’horloge continuent de veiller, même si leur croassement semble un peu plus grave sans vous. Mais ne vous inquiétez pas, leurs ailes battent toujours comme avant, et leur vol ne connaît aucune hésitation.

En espérant que cette lettre vous parvienne,
Veronica Blackburn.

#680853 - LE SERPENT VINT, VOIT ET VAINCRA - 5A RP - Fiche PR
Diablesse Sekhmet, Légionnaire Ultio, Mystérieuse Sinistros.
Sang Mélée & Métamorphomage

Recueil OS Par-delà les ténèbres
18 novembre 2049

Trois jours. Trois jours de coma depuis son arrivée à l'hôpital de la Nouvelle Sainte-Mangouste, des mesures qui s'étaient avérées nécessaires pour atténuer ses souffrances. Le diagnostic était encore difficile à déterminer, sa vue avait été arrachée violemment par une force obscure, et les médicomages analysaient l'étendue des dégâts. Ils constataient plus qu'un simple aveuglement... Etait-il irréversible ?

Malgré le coma, il semblait que Lorelyne luttait. Ses paupières frémissaient et des larmes coulaient de ses yeux clos, le corps médical n'en était pas certain mais il s'accordait à dire qu'elle possédait encore la conscience d'elle-même et de son environnement.

La priorité des médicomages étaient de préserver ce qu'il restait de ses yeux, aussi endommagés soient-ils, ils devaient tenter de limiter les séquelles irréversibles. Pour ce faire, les mesures furent draconiennes : la chambre de la jeune femme fut plongée dans le noir le plus total, la moindre source lumineuse était soigneusement éteinte ou masquée. Ils avaient ensuite appliqué un bandage de tissu blanc d’une finesse extrême sur les yeux de Lorelyne.

Ce tissu était loin d'être ordinaire puisqu'il avait été ensorcelé, il diffusait une magie douce et constante qui visait à calmer l’inflammation et à protéger les terminaisons nerveuses exposées. Il s'agissait d'une sorte de barrière entre ses orbites endommagées et tout élément extérieur, et elle devrait le porter durant de long mois.

« Les dommages sont plus profonds que nous ne l’avions pensé, murmurait une voix masculine grave.

Pensez-vous qu’elle puisse se réveiller un jour sans séquelle ?

Rien n’est certain. »

Préserver et protéger : tels étaient les mots d’ordre. La soigner n'était pour l'instant pas possible, ou du moins pas dans l'immédiat, alors Lorelyne devait s'en contenter. Les larmes avaient fini par arrêter se s'écouler, elle avait accepté cette sentence.

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
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Recueil OS Par-delà les ténèbres
20 décembre 2049

Après un mois plongée dans un coma artificiel où elle avait été consciente de tout sans pouvoir interagir, le réveil de Lorelyne fut lent et hésitant. Les sons qu’elle avait entendus durant son coma lui semblaient soudain plus nets. Le froissement du drap, le roulement des brancards... Puis peu à peu, elle sentit son corps.

Une douleur irradiait de son visage, particulièrement autour de ses yeux, une sorte de voile opaque l'empêchait de percevoir quoi que ce soit. La sensation des bandages serrés autour de son visage lui revint immédiatement, pourtant ce qui la terrifiait le plus, c’était l’absence totale de lumière. Ses doigts bougèrent légèrement, pour vérifier.

Au départ, elle pensait que c’était normal. Le bandage devait obstruer sa vision, et la pièce devait dans le noir le plus total. Mais plus les secondes passaient, plus l’obscurité semblait peser. Je ne sens rien, mes yeux… Je ne les sens plus. Elle cligna des yeux, du moins elle essaya. Mais il n’y avait aucun changement, aucune lumière, aucun mouvement.

La jeune femme inspira profondément, ses poumons protestant légèrement contre l'effort. Sa gorge était sèche, comme si elle n’avait pas parlé depuis une éternité, ce qui n’était pas loin de la vérité. Des bruits familiers commencèrent à émerger autour d'elle : le tintement d’une potion versée dans un flacon, des pas feutrés sur le sol, le grincement d’un fauteuil qu’on déplaçait. Chaque son semblait amplifié, prenant une importance nouvelle maintenant que sa vue lui faisait défaut.

« Jenkins ? demanda un médicomage.

Lorelyne hocha faiblement la tête, un effort monumental après des semaines d’immobilité. Elle tenta de parler, mais sa voix n’était qu’un murmure rauque.

... Où... ?

Ne forcez pas, tout va bien. Vous êtes à la Nouvelle Sainte-Mangouste, dans une chambre de soin. Vous avez été placée ici après un incident magique... Vous êtes restée inconsciente pendant près d'un mois. »

Le souvenir de cette nuit fatidique surgit alors brusquement dans son esprit : le cercle runique, la douleur déchirante, celle d’être arrachée à elle-même. La jeune femme serra les poings, elle avait encore tant de questions mais beaucoup de mal à les reformuler. Heureusement, le médicomage lui épargna cet effort.

« Vos yeux ont subi des dommages très graves à cause de cette possession, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour préserver ce qu’il en reste. Les bandages sont là pour les protéger et éviter toute infection.

Pour l’instant, vous êtes aveugle. Un léger moment de flottement lui laissa digérer la nouvelle. Mais rien n’est définitif, nous faisons tout notre possible pour explorer les options de guérison, c'est pour cela que nous devons vous garder encore quelques semaines... ou plusieurs mois. »

Être réduite à cette obscurité perpétuelle était une idée insupportable.

« En attendant, reposez-vous. »

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
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Recueil OS Par-delà les ténèbres
Nouvelle Sainte-Mangouste
1 janvier 2050

Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Helen Brooke, grand mère
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : C'est plus cohérent qu'Agatha soit présente pour accompagner sa grand mère. Elle ne peut pas se trouver toute seule dans un hôpital.



Agatha soupira en balançant ses jambes sous la chaise, les yeux rivés sur la grande horloge murale de la salle d’attente. Pourquoi est-ce qu’elle devait être là, déjà ? Ah oui, sa grand-mère avait un rendez-vous important avec un médicomage. Mais franchement, c’était long, trop long ! Elle n’avait rien à faire à part écouter les adultes parler de potions et de soins compliqués. Pas de cours à sécher, pas d’amis avec qui discuter, pas de créatures magiques à observer… Juste des murs blancs et l’odeur un peu bizarre de l’hôpital.

Elle laissa échapper un autre soupir en triturant l’ourlet de sa robe de sorcière. Ses doigts quittèrent son vêtement pour venir tapoter contre l’accoudoir de la chaise alors que son esprit divaguait. Peut-être qu’elle pouvait faire quelque chose pour passer le temps… Mais quoi ?

Son regard se posa sur le couloir désert qui s’étendait devant elle. Et si elle partait en exploration ? Personne ne lui avait dit de rester assise, après tout. Un sourire espiègle étira ses lèvres. Voilà une idée bien plus amusante !

C’était l’occasion rêvée pour une mission secrète. Oui, c’était ça ! Une mission d’infiltration ultra-secrète ! Agatha, super espionne en chef de Gryffondor, allait explorer Sainte-Mangouste et découvrir tous ses mystères. Elle longea les murs en se plaquant contre eux à chaque passage de médicomage, guettant le moindre signe d’un secret à percer. Elle se mit même à faire semblant de porter un communicateur invisible à son oreille :

- Ici Agent Agatha, tout est sous contrôle. Pas de menace en vue. Avançons.

Elle fit une roulade maladroite pour éviter une infirmière qui sortait d’une chambre et atterrit sur les fesses. Elle se releva aussitôt, épousseta sa robe et reprit son chemin, cette fois en sautillant. Son jeu du moment ? Ne pas marcher sur les lignes du carrelage. Un pied après l’autre, en équilibre, comme si tomber signifiait chuter dans un gouffre sans fond. Ses bras s’agitaient pour garder sa stabilité, et elle marmonnait des petits Oups ! chaque fois que son pied frôlait une ligne.

Mais soudain, un bruit attira son attention. Un frottement discret, un bruissement de tissu, un pas traînant dans le couloir. La lionne redressa la tête. Devant elle, une silhouette s’éloignait lentement. Quelqu’un avançait en tâtant les murs du bout des doigts, comme si la personne ne voyait pas où elle allait.

Agatha haussa un sourcil, intriguée. Elle accéléra un peu le pas. Puis, la silhouette s’arrêta. Et, lentement, elle se retourna.

Le cœur d’Agatha loupa un battement. Ses yeux s’écarquillèrent.

Cette femme… Ses yeux ! Ils étaient complètement blancs, vides, sans vie. Son visage creusé, ses cernes marquées, son corps maigre comme si elle n’avait pas mangé depuis des mois… Agatha eut un hoquet de terreur. Elle connaissait cette allure. Les Détraqueurs laissaient leurs victimes comme ça, vidées, transformées en coquilles humaines.

Elle venait d’Azkaban. C’était une évadée !

Agatha recula précipitamment, sa respiration s’accélérant. Son cerveau carburait à toute vitesse. Elle devait s’enfuir, prévenir quelqu’un, appeler un médicomage ou même le Conseil des Sorciers ! Mais alors qu’elle s’apprêtait à tourner les talons, un détail lui sauta aux yeux.

Elle connaissait cette femme.

La réalisation la frappa comme un sortilège. Elle la connaissait ! Elle l’avait déjà vue ! Mais où ?

- Vous êtes… la madame de la tour… ? bafouilla-t-elle, hésitante. Celle qui parle de trucs bizarres dans sa boule de cristal ?

Elle plissa les yeux, essayant de se souvenir. Oui, elle en avait entendu parler ! Une professeure qui lisait l’avenir et racontait des choses étranges… Mais elle n’avait jamais vu ses yeux comme ça. C’était effrayant !

- Vous avez… mangé un truc pas bon ? Ou… ou vous êtes possédée ?! s’écria-t-elle en plaquant ses mains sur sa bouche, les joues rouges de panique.

Elle fit un pas en arrière, puis un autre. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son n’en sortit. Elle voulut appeler quelqu’un, mais elle n’arrivait même pas à réfléchir correctement.

Et puis, sans réfléchir davantage, son instinct prit le dessus.

Elle pivota sur ses talons et détala dans le couloir comme si un affreux monstre était à ses trousses, son cœur battant à tout rompre. Elle esquiva une médicomage, faillit trébucher sur un guérisseur et s’engouffra dans un coin à l’abri, collée contre le mur, le souffle court.

Son esprit était en vrac. C’était une prisonnière d’Azkaban. Ou un fantôme. Ou un démon. Ou les trois en même temps.

Gryffonami 2025 | Agatha à chaque fois | Pitit Pingouin | +30000 PPs auprès de Miya hehe | Elam, mon Pouffy préféré | en compagnie d'Elou dans ce Royaume, derrière les portes de la Mort | p'tite crevette d'Elam 🦐

Recueil OS Par-delà les ténèbres
Ce matin-là, Lorelyne avait retiré son bandeau des yeux sous le conseil des médicomages. Assise au bord de son lit, elle avait hésité un long moment avant de se défaire de ce tissu blanc qui recouvrait son visage depuis des semaines.

« Vous n’en avez plus besoin, avait insisté le médicomage en charge de son cas quelques minutes plus tôt. Votre visage mérite de respirer à nouveau, et peut-être que cela vous aidera à avancer. »

Avancer, même si rien ne serait plus jamais comme avant. Mais elle avait obéi, parce qu’elle n’avait pas la force de contredire le corps médicomage, alors lentement, elle avait défait le nœud du bandeau et l’avait posé sur la table de chevet avant de se lever.

Ses doigts effleuraient les murs pour se guider dans les couloirs de Sainte-Mangouste, c'était sa nouvelle façon d'avancer. Chacun de ses pas étaient mesurés, elle avait encore du mal à s'habituer... Sans la vue, elle devait se fier à ses autres sens : le toucher et l'ouïe lui étaient précieux. Mais cette fois-ci elle ne réussit pas à s'orienter grâce aux conversations, car à son arrivée dans un couloir, elle fit face à un silence soudain, qui fut remplacé par des murmures.

Changement d’ambiance, elle le sentait. Ce n'était pas comme d'habitude : on lui demandait souvent de l'aide pour se déplacer et s'orienter, elle prenait appui sur l'épaule d'un visiteur ou suivait la voix d'un patient. Mais ce matin c'était différent, et sa nouvelle apparence devait en être la cause.

Puis, Lorelyne entendit des pas légers, presque sautillants. Elle s’arrêta en tendant l’oreille, un enfant ? Il murmura quelque chose, sa voix tremblait légèrement... Il avait peur ? Peur d'elle.

Vous êtes possédée. Ces mots résonnèrent comme coup de massue. Son estomac se tordit, une douleur venait d'envahir sa poitrine. Était-ce là l’image qu’elle renvoyait maintenant ? Une sorte de spectre errant, effrayant et terrifiant ?

« Non je... » Mais avant qu'elle ne puisse répondre, elle entendit la jeune fille prendre la fuite, les bruits de ses pas s'éloignaient au loin dans le couloir. Lorelyne resta immobile, l’échange était dur à encaisser.

La blonde porta une main tremblante à son visage, effleurant ses paupières closes. Elle comprit à cet instant que malgré les progrès médicaux et la fin de son besoin à porter ce bandeau, elle n’était pas prête à s'en défaire. Elle faisait peur. Cet incident avait réveillé en elle une crainte grandissante, celle d’être perçue comme une source de terreur ou de malaise alors qu'elle était professeur. La perspective de retourner à Poudlard l’effrayait, elle n’y avait pas encore songé concrètement, mais le moment approchait inévitablement. Les élèves, les autres professeurs, même le personnel... Tous remarqueraient son changement, tous auraient une réaction, peut-être similaire à celle de ce matin.

Alors sans attendre, elle rebroussa chemin vers sa chambre, le poids des émotions l'accablant davantage à chaque pas. Le bandeau blanc l’attendait, plié soigneusement sur la table de chevet et Lorelyne le noua autour de ses yeux avec un soin méticuleux. Elle inspira profondément, les médicomages avaient dit que son rétablissement était remarquable, mais elle savait qu’il lui faudrait encore du temps. Du temps pour s’adapter, pour accepter, pour comprendre comment retrouver sa place... Comment séparer l'ancienne Lorelyne de celle qu'elle était devenue ?

Elle ne pourrait pas retirer ce tissu devant ses élèves, pas après ce qu’elle avait ressenti dans ce couloir. Désormais, elle avait pris sa décision : ce bandeau ne la quitterait plus.

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
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Recueil OS Par-delà les ténèbres
25 février 2050

Le matin se leva doucement sur la Nouvelle Sainte-Mangouste, illuminant les larges fenêtres des couloirs qui s'infiltrait dans la chambre de Lorelyne. La pénombre laissa place à une faible lumière réconfortante qu'elle percevait à peine. Elle sentit l'activité de l'hôpital reprendre à travers les murs : les pas précipités des médicomages, les chuchotements des sortilèges de soin, et le tintement des fioles de guérison, une symphonie quotidienne qu’elle avait appris à reconnaître au bout de plusieurs mois.

La jeune femme se redressa lentement dans son lit, elle glissa ses doigts sur le bandeau blanc qui recouvrait toujours ses yeux, un geste qui était devenu rassurant, un toc. Bien qu’aveugle, elle avait peu à peu apprivoisé son environnement, les bruits et les odeurs lui servaient de repères pour naviguer dans cet espace et s'aventurer dans les couloirs. Ils étaient vastes, et leurs murs étaient ponctués de tableaux vivants qui représentaient des herboristes cueillant des mandragores ou des potionnistes concoctant des élixirs fumants. Les œuvres murmuraient parfois des conseils médicaux ou des anecdotes amusantes sur des traitements oubliés. Lorelyne sourit en entendant l’un des tableaux grommeler :

« La dernière fois qu’ils ont utilisé du jus de bubobulb pour ça, le patient a fini avec des pustules sur tout le corps ! »

Son bâton, un cadeau de Suileabhan Kohler, tapotait doucement le sol devant elle. Ce bâton était gravé de runes puissantes et il réagissait aux surfaces qu’il touchait en émettant un léger tintement pour indiquer les distances et les obstacles, il lui était devenu indispensable pour se déplacer. Il l'aida donc à se rendre vers l’aile des élixirs, pour son traitement hebdomadaire qui visait à la maintenir en forme. Les différentes potions qu’on lui fit boire avaient des goûts variés : l’une était sucrée comme du miel, une autre lui brûlait légèrement sa gorge, et une troisième laissait une sensation étrange de froid dans sa poitrine.

Après son traitement, Lorelyne prit le temps de marcher dans l’atrium principal où elle trouva un banc près d’une fontaine. La blonde s’assit, paumes tournées vers le ciel et elle plongea dans une méditation profonde. Son esprit était devenu son refuge, car bien qu’elle soit coupée de sa vision, Lorelyne débordait d'imagination. Elle ressentait aussi plus intensément le monde autour d’elle : le flux d’énergie magique dans l’air, les vibrations des objets et des personnes, et même la cadence particulière de la Nouvelle Sainte-Mangouste, où la vie et l’espoir semblaient battre comme un cœur collectif.

Alors qu’elle atteignit un état de calme intense, un souvenir s’imposa à elle, celui de son dernier cours à Poudlard, juste avant l’accident. Elle revoyait la salle remplie d’élèves curieux, leurs regards brillants tournés vers elle tandis qu’elle leur expliquait comment interpréter les visions d’une boule de cristal. L’idée de ne plus jamais les voir fit surgir une nouvelle douleur, qui n'avait rien à voir avec ses yeux cette fois-ci. La jeune femme inspira profondément, elle chercha à canaliser cette émotion : Accepter. Lâcher prise. Tout vient en son temps.

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Recueil OS Par-delà les ténèbres
01 mars 2050

Enfin libre. La date de ma libération a été avancée, après quatre mois à croupir dans cet hôpital, je suis enfin libre. Les médicomages ont dit que j'avais progressé, mais en réalité je n'ai rien fait... Je me suis contentée d'être cette âme errante dans les couloirs, de suivre leurs instructions et de méditer. La médiation m'a beaucoup aidé, je dirai même qu'elle m'a sauvé. Cet échappatoire m'était devenu indispensable pour que je puisse m'évader, non pas au sens littéral, mais dans mon esprit. Même si j'ai fui de nombreuses fois en m'imaginant escalader les grilles et courir sur plusieurs kilomètres, sans m'arrêter, sans me retourner. Je suis allée jusqu'au bout du monde, assez loin pour atteindre la mer du Nord et retourner dans mon pays à la nage. Mais à chaque fois que cette idée me traversait l'esprit je revenais à moi, je n'ai jamais pu aller plus loin malgré tous les efforts du monde. Même si j'ai mis du temps j'ai fini par comprendre : enseigner me manque. Ce n'est pas en Norvège que j'ai envie de retourner, c'est à Poudlard avec mes élèves.

Je n'appréhende plus de savoir comment je serai perçue, comment ils vont tous réagir face à ce changement autant physique que mental, la tour de divination, le club de duel, le lac noir... Tout me manque et me ramène là-bas. Encore une semaine, une petite semaine à patienter dans mon appartement à Pré-au-Lard pour m'habituer de nouveau à l'air écossais dont l'Angleterre a tout à envier et je serai de retour.

Ma vue a progressé alors le diagnostic a changé, je suis passée d'une patiente aveugle à malvoyante et les médicomages disent tous que c'est bon signe. Ça prendra du temps, mais il est possible que je retrouve la vue un jour, en attendant je perçois faiblement les formes et je vois la lumière, certaines couleurs aussi. Mais ça, c'est quand je ne porte pas mon bandeau, une chose rare que je fais à l'abri des regards, car pour l'instant il est en permanence sur mes yeux. J'ai peur, peur de retourner en arrière à cause d'une trop forte exposition à la lumière extérieure ou d'un accident qui pourrait les endommager à nouveau, ils sont bien trop fragiles, tout comme celle que je suis actuellement.

Mes valises sont prêtes, je n'avais pas grand chose à mon arrivée si ce n'est rien, mais je repars avec deux grosses malles de mon séjour. Ma table de chevet a fini par accumuler des lettres et de petits cadeaux de mes proches et de mes élèves, il faut également que j'emporte mon traitement, qui remplit à lui seul un compartiment entier avec toutes ses fioles et ingrédients. Les deux malles me suivent en lévitation, je quitte ma chambre d'hôpital pour la dernière fois et je parviens à me diriger vers la sortie à l'aide de mon bâton magique. Sur le chemin, je reconnais les voix des infirmiers et des médicomages qui m'ont soigné, ils sont venus me dire au revoir et j'ai un mot de remerciements pour chacun d'eux. L'un d'eux m'attrape le bras et nous sortons ensemble, il m'indique de bien lever un pied après l'autre, je comprends que nous descendons des marches.

« Prête ? » me demande-t-il alors que nous sommes immobiles, hors des murs de mon ancienne prison.

J'acquiesce et la seconde d'après, je suis aspirée dans un tourbillon qui finit par se stabiliser. Mon coeur flanche, je m'éloigne de quelques pas pour essayer de reprendre mes esprits mais je ne peux retenir un vomissement... Transplaner en étant aveugle est de loin la pire expérience ! Une fois remise je m'emploie à développer tous mes sens, suis-je bien arrivée ? Le craquement de la neige sous mes pieds, l'odeur du Haggis qui imprègne mes narines, le tintement des gallions dans la poche des passants. Je n'ai pas le moindre doute, je suis bien de retour à Pré-au-Lard. Ce village dont je me suis pris d'une grande affection, pour son authenticité et son coeur pur.

Finalement, je retrouve mon appartement où une odeur agréable de sauge flotte dans l'air, la déduction est rapide : les pièces ont été purifiées pendant mon absence pour effacer toutes traces de l'accident. Malgré ce qui a pu se passer ici je me sens en sécurité, je connais les effets d'une bonne purification, et même si je ne peux échapper à mes démons et à mes cauchemars, je sais qu'ils sont uniquement dans ma tête. Mes affaires retrouvent leur place avec l'aide d'un simple sortilège tandis que je retrouve mon lit, bien plus confortable que celui de Sainte-Mangouste. La fatigue l'emporte sur le reste, sur tous les autres défis auxquels je vais devoir faire face, et sur la préparation de ce fameux retour à Pré-au-Lard.

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
Compte adulte d'Alaska Cross

Recueil OS Par-delà les ténèbres
26 décembre 2049

Je n'étais pas sûre de savoir ce qui m'avait emmené jusqu'à la nouvelle Sainte Mangouste. Lorsque j'avais appris que Lorelyne était ici, je m'étais promis d'aller la voir. Je ne la connaissais pas spécialement bien, c'était une simple collègue. Pourtant j'avais ressenti le besoin d'aller lui montrer mon soutien. En tant qu'ancienne infirmière, je ne savais que trop bien ce qu'était le quotidien d'une personne dans un hôpital. Une routine, au milieu de douleurs et de souffrances, rythmée par le passage des infirmiers, des médicomages, et de tout le personnel qui aurait pu être utile pour arranger la situation.

Pour autant, je savais qu'une chose était capable de modifier la terne routine que l’hôpital imposait : les visites. Lorsque j'étais étudiante, il ne m'avait pas fallu très longtemps pour me rendre compte de l'importance de celles-ci. Chez certaines personnes, elles avaient la capacité de bouger et de remettre en route les patients en difficultés. De donner de l'espoir et de les aider. Je suppose, que c'était pour cette raison que je me tenais là, devant la porte de sa chambre, celle qu'on m'avait indiquée un peu plus tôt, un bouquet de pivoine dans les mains. J'avais choisis cette fleur car elle était liée à la guérison, et j'avais espéré que ses couleurs vives mettraient peu de couleur dans la chambre de Lorelyne.

Doucement, je frappais la porte et entrais lorsque j'en avais l'autorisation. Ayant été prévenue qu'elle n'avait plus la vue, je me présentais à elle et posait le bouquet sur une table à côté, espérant que cela lui fasse plaisir tout de même. Je n'avais que faire de sa condition actuelle, que faire de son bandeau ou de ce qu'elle avait fait. J'étais simplement préoccupée par comment elle se sentait, et souhaitait combler sa solitude. J'étais là, si elle en avait envie, pour parler ou non, je pouvais rester en tant que présence silencieuse, ou non. Pour lui parler des derniers ragots de Poudlard, ou encore du monde extérieur si elle en avait envie. Je n'étais pas là pour faire ma psychomage, simplement en tant que connaissance prenant des nouvelles et j'espérais que cela lui faisait plaisir.

Après un moment passée avec elle, d'une compagnie silencieuse ou non, je la laissais, me faisant la promesse intérieure de revenir. Cela me tenait à cœur, cela me donnait aussi le sentiment d'être utile, sans pour autant en faire beaucoup. Je savais à quel point ce geste pouvait être important, alors je le faisais, et je le referai jusqu'à sa sortie, prête à l'aider et à l'accompagner. Ce n'était peut-être pas mon rôle, et ne lui offrirai mon aide que si elle en ressentait le besoin, mais je souhaitais qu'elle sache qu'elle avait du soutien depuis Poudlard, que son retour était attendu.

@Lorelyne Jenkins, en espérant que cela te plaise. N'hésite pas s'il faut que je modifie quelque chose :cute:

Psychomage à la Nouvelle Sainte Mangouste depuis fin juillet 2050.
Don't Worry, Be Happy